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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 19:58

 

ATTENTION !!!!! Ceci est la partie CINQ du chapitre 12!

Mais d'abord, va lire ceci:  Nous sommes de retour!!!!!!!! ça te rafraîchira la mémoire.

clique sur ce lien, tu te retrouveras sur la première:  Not alive without you: chapitre 12 partie 01 [LUTRAAH]

 

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Nous nous retrouvâmes rapidement à la discothèque. Comme je l'avais prévu, en à peine dix minutes, je me retrouvai tout seul au bar. Quentin ne m'adressa plus un seul regard et ce, pendant deux heures. Pendant un longtemps, je cherchai Jonas du regard discrètement. Mais je ne parvins pas à le trouver… Je finis par tout laisser tomber et me tournai vers le barman pour commander à boire. Quitte à passer une mauvaise soirée, autant qu'elle soit alcoolisée...

 

Au bout de deux heures, j'étais toujours resté à la même place sans bouger et sans être appelé une seule fois. Quentin de son côté, discutait avec un homme en lui touchant sans pudeur les fesses et semblait complètement saoul. Moi, je restais là, à attendre. L'alcool me rendait légèrement saoul également mais tout de même assez conscient pour me rendre compte que la soirée restait ennuyeuse comme la pluie. Je posai ma tête sur le bar, prêt à m'endormir pour laisser passer le temps quand je sentis une main se poser discrètement sur ma cuisses. Je relevai vivement la tête, prêt à bondir pour éviter de me faire draguer par n'importe qui quand je vis le sourire chaleureux de Jonas. Il l'était là, enfin. Je me sentis si soulagé que je ne regardai même pas si Quentin était dans les parages.  Son oreille s'approcha de moi après qu'il ait jeté un regard autour de lui et vint me parler près de mon oreille, la musique assourdissante. Le souffle de Jonas me fit tant frissonner que je dus lui demander de me répéter, n'ayant pas écouté un traitre mot de ce qu'il venait de dire, tant la sensation de sa main et de son souffle sur moi me faisait tourner la tête. 

 

- Je dis, je n'avais pas mon portable sur moi tout à l'heure, désolé. 

- Oh… dis-je soudain en rougissant violemment. 

 

J'avais complètement oublié ce message vocal. J'avais tellement honte que je tournai la tête du sens opposé. Qu'allait-il dire? Allait-il se moquer de moi ou pire, me juger? Mon coeur battait à tout rompre, le revoir était autant un soulagement qu'une souffrance… Il me demanda alors de le suivre, ce que je fis après avoir jeté un bref coup d'oeil pour trouver Quentin. Mais il ne se trouvait même plus à l'endroit où il était. Sans doute était-il en train de prendre du bon temps… Ce fut donc sans réellement réfléchir que je suivis Jonas jusqu'à la chambre dans laquelle nous avions couché ensemble la première fois… Et également la deuxième… Cette pensée me fit légèrement sourire. J'avais l'impression que tout cela faisait déjà des siècles.

 

Ayant pris une distance raisonnable, je le vis de loin traverser le long couloir heureusement pratiquement vide, où il ouvrit la porte de son appartement personnel. Il laissa la porte ouverte et quand je rentrai, lui était déjà en train de retirer sa veste. L'idée qu'on passe la nuit entière ensemble m'effleura l'esprit… J'aurais tellement voulu que ça se passe ainsi. Rien qu'à cette pensée, j'eus une légèrement érection que je dus stopper aussitôt, sachant pertinemment que rien n'allait se passer comme je le désirais. Mais au moment où je fermai la porte et que la musique semblait étouffée, un lourd silence s'installa entre nous deux. Je restais là, appuyée contre la porte, les mains derrière le dos sans savoir quoi faire ou que dire… Jonas, lui, restait à une distance bien trop grande pour moi et je sentais son regard mon pénétrer, sans parvenir à l'imiter. Mes yeux eux, étaient fixés sur le magnifique plancher qui se trouvait sous nos pieds. 

 

C'est quand je vis les chaussures noires et parfaitement cirées de Jonas se trouver dans mon champs de vision que je me permis d'enfin lever la tête. Il me souriait mais dans son regard, je lisais clairement une inquiétude immense. Peut-être pour moi, ou avait-il des soucis très prenants en ce moment… Ses mains vinrent se poser délicatement sur mon cou, m'entraînant vers lui. Son corps se colla au mien et je pus enfin retrouver les lèvres de Jonas, si douces. Sans se faire prier, mes bras s'enroulèrent autour de lui comme s'ils l'avaient toujours fait et nos langues se joignirent afin d'échanger un baiser langoureux et tendre à la fois. Sa main droite parcourut le bas de mon dos tant que son bras gauche était enroulé autour de ma nuque afin que je sois le plus proche de lui et que notre baiser soit profond. L'on aurait dit que nous ne nous étions plus embrassé comme ça depuis des années. Il s'arrêta bien trop vite à mon gout même si cela faisait déjà de longues minutes mais peut-être valait-il mieux que cela reste ainsi. 

 

Au moment où je voulus faire un mouvement de recul, pensant que nous allions tous les deux prendre une distance respectable, je sentis l'étreinte de Jonas encore plus forte. Nos visages s'effleuraient encore et je pus clairement comprendre le regard de Jonas… La peur, celle que je lui avais expliqué que je ressentais pour moi-même. Le regard que j'avais lu quand je me regardais dans le miroir. Celle qui semblait incontrôlable et irréparable… Mais il me communiqua quelque chose de plus; pas la moquerie ou le jugement que j'appréhendais mais une compassion si grande que je crus n'en avoir jamais connu de telle. Je sentis ma tête se poser naturellement dans le creux de son épaule après avoir ressenti à nouveau ce besoin pressant de lui auprès de moi. Je le remerciai mentalement d'être encore et toujours présent alors que je lui faisais tant de peine… 

 

J'emplis mes poumons de son parfum frais et caressa mon visage contre sa peau si douce. Cela me permit de ne plus penser à rien un moment, juste sentir, toucher… Ces deux sens que l'on avait tendance à vite oublier.

 

- Il faut que tu quittes ce dingue. lâcha subitement Jonas, me réveillant brutalement du monde dans lequel son corps m'avait emmené. 

 

Je ne m'attendais absolument pas à ce genre de déclaration. Elle m'estomaqua tellement que j'eus un léger mouvement de recul, préférant le regarder droit dans les yeux en fronçant les sourcils. 

 

- Qu'est-ce que tu racontes? demandai-je.

 

Il posa sa main sur mon cou tendrement, son visage trahissant le malaise de cette conversation. Il se doutait de ma réaction que je n'arrivais pas à contrôler. Rien que l'hypothèse de quitter Quentin me rendait malade. 

 

- Thom… tout ça, c'est malsain…

 

Il commença à faire les cents pas pour réfléchir plus concrètement à ce qu'il comptait dire. De mon côté, je restais immobile, ne sachant que penser. 

 

- Tu es complètement sous son emprise. Il faut que ça s'arrête…

- Tu veux qu'on arrête de se voir? demandai-je. 

 

Je feignais l'ignorance, c'était préférable…

 

- Je ne dis pas ça, du tout… Ce que je veux dire, c'est que le message que tu m'as laissé tout à l'heure, c'était… inquiétant. Tu te rends compte que ce que tu as voulu faire?

- J'ai… j'ai dramatisé les choses. Quentin n'est pas entièrement responsable, je sui…

- Non! coupa-t-il en haussant le ton. Non ça, je ne veux pas l'entendre. Ne remets pas la faute sur toi.

- Ce que je veux dire, c'est que j'ai peté les plombs, c'est moi, pas lui…

 

Cette réflexion eut le mérite d'agacer Jonas qui lâcha un râle d'énervement. 

 

- Ne le défends pas! 

- Je ne le défends pas… dis-je, culpabilisant de mettre Jonas dans une telle rage. 

- Bien sur que si, Thomas! Regarde-toi! C'est toi qui est à bout, lui il vit parfaitement sa petite vie… Tu ne te rends pas compte qu'il te manipule complètement. Tu dois le quitter!

- Certainement pas! crachai-je en haussant le ton fermement. C'est impossible! Tu ne connais rien de nous, tu juges la situation sans savoir. 

 

Je voulus partir mais alors que j'allais atteindre la porte, Jonas me retint par le bras. Violemment, j'essayai de me défaire de son emprise, la peur prenant le dessus dès que la moindre personne tentait de prendre le dessus sur mes actes. Jonas sembla le comprendre de lui-même et me lâcha aussitôt. 

 

- Ca me concerne Thomas! Le jour où on s'est vus rien que nous deux, ça m'a concerné. dit-il vivement. 

- Ca n'a concerné personne jusqu'à maintenant. Tout le monde s'en fout! Et quand tu auras eu ce que tu voulais Jonas, toi aussi tu m'oublieras. Moi sans Quentin, je suis tout seul. Je n'ai pas d'amis, je n'ai plus de famille. Rien. La seule personne qui m'aime, c'est lui!

 

Les yeux de Jonas transpercèrent les miens. Jamais il ne m'avait regardé avec autant d'intensité au point que je ne savais pas s'il voulait me faire du mal ou le contraire. Je me collai légèrement contre la porte alors qu'il me répondit d'un ton glacial.

 

- Quentin ne t'aime pas, Thomas!

- Si… répondis-je dans un souffle, blessé par ses paroles.

- Non… Il ne t'aime pas de la bonne manière.

- Peut-être… Mais c'est le seul. 

- Thomas, je suis là moi. Je peux t'aider. 

 

Sa phrase me fit un hoquet d'ironie. Jonas s'enfonçait en croyant bien faire. 

 

- Et qu'est-ce qu'il faudra que je fasse pour ça? Il faudra que je sois ta petite femme comme je le suis déjà? Il faudra que je baise avec toi pour que tu m'aides comme on fait déjà? C'est parce que je fais ce que tu veux au pieu donc je te plais un peu plus que tous les autres salauds que tu baises? crachai-je sans faire attention à l'air choqué de Jonas. Non merci, Jonas. Ca tu vois, j'ai déjà donné. Ca, je donne tous les jours de ma vie depuis cinq ans. 

- Tu ne comprends rien de ce que je veux dire.

- Tout ce que je comprends, c'est que tu veux faire ça pour ta petite conscience. 

- C'est toi qui m'as demandé de l'aide pas plus tard que tout à l'heure! cria-t-il en s'éloignant. 

- Oublie! dis-je en reprenant mon calme. C'est vrai, tu m'as beaucoup aidé. Ca m'a fait du bien que tu me donnes l'illusion d'être important… Mais je ne suis pas aussi stupide que tout le monde essaie de me faire croire… Tu es exactement comme les autres. Quand tu seras tranquille avec ta conscience et que tu auras eu ce que tu voulais de moi… 

 

Je ne finis même pas ma phrase, je me contentai de soupirer. Pourquoi me disait-il de telles choses? Et pourquoi étais-je si cruel? Mais il tentait de détruire la muraille que je m'étais forgée, cela me rendait comme fou. Jonas se contentait de rester là à me regarder, les mains appuyées sur ses hanches qui montraient parfaitement à quel point il était fou de rage. 

 

- Laisse tomber, Jonas. finis-je. Quentin m'aime. Il me l'a dit hier, mentai-je.

- En te frappant avec quoi?

 

C'en était trop. En furie, j'ouvris la porte pour mieux la claquer derrière moi. Je redescendis dans la pièce principale où l'ambiance était à son maximum. La soirée n'aurait pas pu être pire. Je voulus aller prendre l'air mais alors que je me dirigeai telle une bombe vers la sortie, Quentin me retint par le bras. Ce fut la goutte d'eau, car je me défis dans son emprise en lui hurlant de me lâcher. 

 

Sa main vint me gifler tout à coup tellement fort que je perdis l'équilibre et dus m'appuyer contre le mur à côté de nous pour reprendre mes esprits. 

 

- T'en veux une deuxième? me cria-t-il en me serrant la gorge. 

 

Alors que je sentis le deuxième coup arriver, un videur de la discothèque déposa rudement son immense main sur l'épaule de Quentin et le recula en criant de sa voix rauque. 

 

- Monsieur, suivez-moi. 

 

L'on comprenait qu'à son ton ne désirait aucune réaction mais Quentin complètement saoul, le toisait dédaigneusement

 

- Et pourquoi?

 

Tout en reculant Quentin de moi en le tirant par sa chemise, il rajouta

 

- Pas de violence dans l'établissement. Dehors!

- On est mariés, je fais ce que je veux de lui! Il est à moi!

 

Il tenta de se défaire du videur mais celui-ci le tira sans ménagement jusqu'à la sortie. De mon côté, je repris mes esprits en le regardant s'éloigner qui criait de le lâcher en prétendant qu'il allait le faire virer. Je vis alors Jonas, non loin de là, regarder la scène et il posa ensuite les yeux sur moi, toujours aussi furieux. C'est quand il partit dans la même direction que Quentin et son bourreau que je compris la machination. En tentant de pousser le plus rapidement possible vers la sortie, je priai pour qu'il n'arrive rien à Quentin.

 

Cependant, quand j'arrivai à la sortie, je vis déjà Quentin plus loin dans la ruelle avec le videur qui lui jeta un coup de pied. Jonas arriva près des deux personnes et cria

 

- Pas de violence "dans" l'établissement. Ni ailleurs!

- Jonas! criai-je en le voyant s'approcher d'un pas déchaîné et courant vers eux. 

 

Je savais parfaitement ce que Jonas allait faire. Il allait profiter de l'état alcoolisé de Quentin. Et alors que ce dernier se releva, la joue rouge et titubant, il ne vit pas assez tôt Jonas qui lança littéralement son poing sur le visage de mon époux. Je re-criai après lui qui profitait que Quentin soit sur le sol pour à nouveau lui donner une série de coups de poing. 

 

- Jonas, arrête! hurlai-je en arrivant sur lui et maudissant le peu de force que j'avais. 

 

Je tentai de tirer Jonas vers l'arrière mais celui-ci était bien trop ancré sur le sol pour faire attention à moi. D'une main, il tenait le col de la chemise de Quentin afin de le tenir légèrement dressé et de l'autre, il envoyait son poing sans s'arrêter. Quentin semblait à moitié conscient de ce qui lui arrivait, son visage commençait à être ensanglanté.

 

- Jonas! Tu es devenu fou! Arrête, tu vas le défigurer! Je t'en prie. suppliai-je en versant des larmes de panique. 

 

Je tirai encore une fois son bras pour le faire arrêter mais par réflexe, il me poussa si fort de sa main libre que je tombai à la renverse. Cela sembla le réveiller tout à coup. Son bras s'arrêta dans les airs, le poing en sang, ses veines pulsaient tellement fort qu'on voyait son rythme cardiaque s'emballer. Il me regarda, quelques taches de sang sur le visage et le lâcha aussitôt quand je me redressai pour me relever, pleurant toutes les larmes de mon corps. 

 

- Thomas… me dit-il, la voix alarmée. Excuse-moi, ça va?

 

J'étais stupéfait de voir qu'il voulait m'aider à me relever, rejetant violemment sa main. Je vis tout à coup Quentin qui restait là, sur le sol et inconscient. Me mettant à genoux à ses côtés, je l'appelai pour tenter de le réveiller mais mes mains tremblantes n'osèrent pas lui toucher le visage. Son nez était cassé, sa bouche pleine de sang dans laquelle il manquait une dent non loin de là, son arcade semblait éclatée. Tout le côté gauche de son visage était complètement dévasté. Je composai alors aussi vite le numéro des urgences tout en continuant à l'appeler alors que Jonas lui, semblait complètement déstabilisé et perdu.

 

- Thomas… répéta-t-il alors que je ne faisais pas attention à lui. Je suis désolé… Thomas… redit-il en essayant de me convaincre à me relever en me tirant légèrement le bras. 

- Jonas! hurlai-je en me relevant précipitamment. Vas-t-en! Tu as déjà assez fait comme ça! 

- Il l'a mérité! cria-t-il alors aussi brusquement. Il te traite comme un chien! Je ne regrette absolument pas ce que j'ai fait, il mériterait encore pire! Il mériterait de crever!

 

Comme si ces paroles avaient à nouveau monter la rage en lui, il voulut à nouveau s'abaisser afin de continuer ce qu'il avait commencé mais je l'arrêtai en m'étonnant cette fois de la force que j'avais. 

 

- Dégage! crachai-je le plus durement possible, le regardant droit dans les yeux, ne me rendant même pas compte que je continuais à pleurer. Tu es encore pire que lui! 

- Pire…? répéta-t-il en grimaçant. 

- Je ne veux plus te revoir. Plus jamais! Sors de nos vies, c'est compris? Tu as tout gâché! Dégage!

 

A ces mots, je me laissai tomber au chevet de Quentin et lui serra la main en l'amenant à ma bouche, sur laquelle je déposai un baiser, priant de toutes mes forces pour qu'il n'ait rien de grave. La présence de Jonas me répugnait.

 

- Vas-t-en! répétai-je en criant.

 

Ma main passa dans les cheveux de Quentin, qui sembla tout à coup reprendre légèrement ses esprits. 

 

- Mon amour! m'empressai-je de dire. L'ambulance arrive, tout va bien aller. 

 

L'ambulance arriva en effet dans le coin de la rue alors que Jonas, lui, s'éloignait vers l'entrée de sa discothèque, dépité. 

 

 

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FIN

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Suite au prochain chapitre <3

Par Lutraah - Publié dans : Not alive without you
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 19:57

 

 

Je ne me réveillais que le lendemain. Je sentais mon visage bouffi et mes yeux étaient irrités, l'on aurait dit que j'avais pleuré durant toute la nuit. Mon corps était tellement enfoncé dans le matelas que je crus ne jamais pouvoir me relever. Cependant, j'étais bien emmitouflé dans les draps, et un verre d'eau avec un médicament m'attendaient sur le bord de la table de nuit. Quentin avait une fois de plus regretté son geste et espérait se faire pardonner. Il fonctionnait toujours comme ça… Cela me fatigua déjà tellement que je voulus me rendormir. Mais mon esprit semblait bien éveillé, et je le laissai voyager dans un monde parallèle, plongé entre une réalité et un monde vide, absent de toute émotion. Et alors que je me sentais à nouveau sur le point de m'endormir, je repensai à Jonas. Je ne sus pourquoi cet homme me vint en pensée mais ma culpabilité monta d'un cran. Décidément, à chaque fois que j'allais au plus mal, je pensais à lui.

 

Mais j'avais tellement envie de parler à quelqu'un… A qui d'autre pouvais-je le faire? De plus, Jonas écoutait tellement bien. Je le sentais attentif à moi et à mes ressentis. Même si ce n'était que pour avoir ce qu'il voulait de moi, c'est-à-dire du sexe, j'avais terriblement envie de lui parler. Pour la première fois, j'avais envie de me confesser, envie de lui dire que j'étais en pleine folie, que je me faisais peur. La veille, j'avais tenté de me suicider… Cette pensée m'effraya tellement que je pris mon portable précipitamment afin de composer son numéro que j'avais retenu pour ne pas avoir à l'enregistrer. 

 

Je composai les quelques chiffres et soupirai pour évacuer l'appréhension de lui parler mais le besoin était tellement grand que je n'y prêtai pas d'attention. Je voulais dire à quelqu'un que ça n'allait pas du tout… que j'étais au bout du rouleau.

 

- Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie de Jonas Delas. Je ne suis là pour l'instant mais laissez-moi un message et je vous rappellerai.

 

Biip.

 

- Salut Jonas… dis-je, improvisant face à la surprise de tomber sur sa messagerie. C'est moi… C'est Thomas. 

 

Soudain, je repensai à Quentin. Et s'il se trouvait dans la maison. Sans dire un mot au téléphone, je fis un rapide tour de la maison en trottinant et fus soulagé de n'y voir personne. Je m'installai donc dans le canapé, joignant ma main à mes yeux tellement ils me faisaient souffrir. 

 

- Voilà… Euh… Je t'appelais pour savoir comment tu allais. balbutiai-je. Je… Je t'ai vu hier et je me sentais vraiment mal d'être ainsi passé à côté de toi sans te prêter la moindre attention. C'est compliqué… tu comprends? Enfin, je suis désolé. 

 

Je ne sus plus quoi dire. Tout à coup, je trouvais ce message ridicule et stupide. Je m'excusai une dernière fois et voulus raccrocher. Mais au moment où je voulus fermer la conversation, je repris vivement mon portable à mon oreille et je débitai tout, du début à la fin.

 

- En fait, je t'appelle pour te dire que de mon côté, je ne vais pas très bien. Non… En fait, ça ne va pas du tout. Quentin, il a…

 

A cette seule pensée de ce qu'il m'avait fait, j'avais à nouveau la voix emplie de larmes

 

- Il a fermé mon magasin… Il prétend que c'est pour l'argent… Mais je ne le crois pas. Il veut m'enfermer ici. Jonas, si tu savais les choses horribles qu'il m'a dites hier… C'était tellement cruel. Je me suis mis en colère, j'ai pété les plombs… Je me suis fait tellement peur, j'en tremble encore. 

 

J'étais tellement gêné de lui parler que je marquais de longues pauses à chaque phrases. Je ne savais pas quoi lui dire tant j'avais de choses à dire, tant cela faisait des années que je cherchais quelqu'un à qui me confier.

 

- Je crois que j'ai besoin d'aide, Jonas… arrivai-je à dire. Hier, j'étais vraiment à deux doigts de faire une bêtise. Quentin avait cette arme et… Mon Dieu, si elle avait été chargée… Si elle avait été chargée, je ne serais plus là. Je ne pourrais plus te parler. Et ça je n'en ai pas envie, j'ai envie de continuer à te parler. A te voir. 

 

En disant ces mots, je réalisai à quel point j'avais envie d'être près de lui, de sentir son corps chaud contre moi, juste pour me sentir vivant. 

 

- Je n'ai rien et tu es la seule personne qui se soucie de moi. Enfin, je crois… Je ne sais plus quoi penser. Je crois qu'il faut que je fasse quelque chose, sinon j'y laisserai ma peau. Quentin va me tuer, je le sens. Et s'il ne le fait pas en me frappant, il le fera en me poussant à bout pour que je le fasse moi-même. Bref, voilà. Excuse-moi… Ce message est vraiment ridicule. Je me sens honteux de t'avoir dit tout ça… Je te laisse. Si tu ne me rappelles pas, je comprendrais tout à fait. Je comprendrais d'ailleurs que tu ne veuilles plus me voir. Ma vie est tellement compliquée que moi-même j'aimerais ne plus en entendre parler. Je suis désolé que tu sois rentré dans toutes ces histoires. Merci de m'avoir tant aidé, déjà. Tu es vraiment quelqu'un de bien… Et je le pense. Ne me rappelle pas… Ca vaut mieux pour toi. Je m'en veux déjà assez que tu aies à me supporter, alors… Laisse tomber. Tout ira bien. 

 

J'étais tellement persuadé du contraire que ma voix n'arrivait même pas à être convaincante. Tout ce que je pouvais ressentir, c'était un vide rempli de désespoir. Et alors que j'avais tant besoin de lui, je me retrouvais sans le vouloir, à dire au revoir à Jonas.

 

- Merci pour tout ce que tu as fait pour moi. Je te souhaite sincèrement que tu rencontres quelqu'un un jour qui ne sera pas aussi compliqué… Merci. répétai-je encore et encore. 

 

Je lui dis au revoir et me mordis la lèvre à sang quand je remarquai que tout ce que j'avais dit sur ce message n'était que son bien à lui. J'étais fier de ne pas avoir été aussi égoïste que je l'étais aux habitudes. Mais maintenant, je n'avais vraiment plus rien… ni personne. 

 

Au même moment où je raccrochais mon portable, Quentin rentra dans la pièce. Je poussai un soupir de soulagement. S'il m'avait surpris au téléphone, je n'aurais pas donné cher de ma peau. Il me regarda avant de s'installer sur la table basse, face à moi.

 

- Ca va mieux?

 

Je me rendis compte que la colère que j'avais contre lui qu'aux habitudes j'aurais tûe, était toute aussi vive que la veille. 

 

- Et mon magasin? demandai-je en croisant les bras.

- Pfff… Tu vois. Quand je veux être sympa avec toi, tu fais tout pour me pousser à bout. Tant pis pour toi. 

 

Tout en se levant pour se diriger vers le bar, il rajouta:

 

- Au fait, on sort ce soir. Des amis d'Australie viennent nous voir.

- Viennent TE voir, tu veux dire? Pourquoi je ne peux pas rester ici? Je n'ai pas envie de sortir. 

- Ce n'était pas une proposition, Thomas. 

- J'ai pas envie… 

 

Un silence se suivit mais j'entendis tout à coup un bruit de verre qui se brisait violemment. Il se brisa juste au mur qui se trouvait face à moi, le whisky se trouvant dans le verre se répandant partout sur le mur et le meuble posé contre. L'odeur vint jusqu'à mon nez et alors que je me retournais pour voir Quentin, je le vis s'approcher de moi vivement. Il se mit alors à califourchon sur moi et prit ma gorge entre sa main, qu'il serra juste assez pour que je puisse à peine respirer. J'étais là, coincé entre le canapé et lui.

 

- Regarde-moi! hurla-t-il.

 

Mes yeux pétrifiés arrivèrent dans les siens et encore une fois, l'impression que toute sa personne et son aura m'envahissait littéralement. Et alors que je pensais qu'il allait à nouveau me menacer, il s'approcha tout à coup vers moi et m'embrassa bestialement. Sa langue s'imposa dans ma bouche et força la mienne. Je tentai de le repousser mais il lâcha alors sa main de ma gorge et prit mes deux bras qu'il remonta derrière la tête. Cela dura de longues secondes mais heureusement, il s'arrêta. Ma peur avait pris le dessus… 

 

- Je pense qu'on s'est compris. 

 

Je me contentai d'un hochement de tête pour réponse. Lui se contenta de me dire comme si de rien n'était qu'il devait faire quelques courses et que je devais être prêt pour 23H00. Sans un mot de plus, il se releva et partit en prenant sa veste. 

 

Et c'est donc à 22H30 que je me retrouvais habillé en train de me coiffer, sachant pertinemment que j'avais intérêt à être parfaitement présentable. Alors que je mettais une touche de parfum, mon portable se mit à sonner.

 

- Allô? dis-je intrigué, ne connaissant pas le numéro.

- Bonsoir, c'est Arnaud. dit l'ami de Jonas d'un ton glacial.

- B...Bonsoir… dis-je, très mal à l'aise.

- Est-ce que tu as des nouvelles de Jonas? 

- Non… Pourquoi? 

- Tu n'es pas au courant?

- Non… dis-je encore, intimidé. 

- Sa boite de nuit est en vente. Un de ses employés me l'a dit. Pourquoi est-ce qu'il a fait ça? Je n'arrive pas à le joindre, en plus. s'emporta-t-il. Est-ce que tu lui as dit quelque chose? Il s'est passé quelque chose? Vraiment, je ne comprends pas pourquoi tu…

- Je n'ai pas de nouvelles de lui! répondis-je sèchement. Je l'ai juste croisé hier. 

 

Pour qui toutes ces personnes se prenaient-elles pour me parler sur ce ton? J'en avais plus qu'assez. Je me contentai de terminer rapidement la conversation.

 

- J'y vais ce soir. Si je le vois, je lui dirai de te téléphoner… Excuse-moi mais… je dois raccrocher. Au revoir…

- C'est ça! me répondit-il avant de raccrocher. 

 

Je déposai mon téléphone, ma colère me rendant soudain faible, laissant place à ce désespoir qui habitait toute mon âme. Et dire que je me préparais pour aller devoir faire semblant de sourire pendant des heures. Je ne m'en sentais pas la force… Mais je continuai tout de même car je repensais à Jonas et à ce que je venais d'apprendre. Sa boite mise en vente… Ce n'était pas normal. Il fallait que j'en ai le coeur net, que les choses soient claires. J'espérais de mon coeur le voir ce soir. Et sans trop vouloir m'en rendre compte, je me mis tout à coup à reprendre ma présentation, allant jusqu'à changer de chemise afin qu'elle plaise davantage à Jonas qu'à Quentin. Je voulais qu'il me voit, qu'il me regarde. Je regardai un long moment mon reflet dans le miroir et essayai d'afficher un sourire qui ne me convainquis pas du tout. Je regardai mes mains, ma bague… Je n'éprouvais que du dégout face à ce corps. Comment pouvais-je être respecté alors que je ressentais la même chose que Quentin ressentait à mon égard. 

 

- Thomas, tu es là? appela Quentin, arrivé à la maison.

- J'arrive…

 

Suite à la partie 5:    Not alive without you: chapitre 12 partie 05 [LUTRAAH]

Par Lutraah - Publié dans : Not alive without you
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 19:56

 

- Qu'est-ce qui se passe… murmurai-je.

 

A ce moment, Quentin arriva dans mon champ de vision, et à travers la vitre, je lisais clairement à son regard qu'il était parfaitement au courant.

 

- Qu'est-ce que c'est? m'empressai-je de demander quand il arriva à l'intérieur, paniqué.

- Justement… dit-il, très mal à l'aise. Je voulais t'en parler…

- C'est quoi, ça? haussai-je le ton. Qu'est-ce qui se passe, Quentin? 

 

Je me retournai pour vérifier si tout était en place. Rien n'avait bougé. Mais pourtant, ce panneau montrait bien au public que le lieu était à vendre. 

 

- Dis-moi! criai-je, ne voyant pas de réponse.

 

Je me surprenais de l'audace que je prenais. Mais la rage en moi me semblait trop forte à supporter.

 

- Viens. On va rentrer et je t'expliquerai. dit-il calmement.

 

Il voulut me prendre le bras gentiment pour m'accompagner à l'entrée mais je reculai. 

 

- Je ne partirai pas tant que je n'aurai pas ma réponse. Tu veux vendre "mon" magasin?

- D'accord. Je vais t'expli…

- Tu n'as pas le droit! criai-je, sachant de toute façon ce qu'il allait me dire.

- Thomas. J'ai des soucis en ce moment, d'accord? J'ai des problèmes d'argent. Je ne peux plus te payer cet endroit.

- Des soucis de fric? Tu rigoles? Tu viens de claquer des milliers de dollars rien qu'aujourd'hui. 

 

J'avais subitement une rage que je n'arrivais pas à qualifier. C'était la première fois que je me sentais aussi en colère. J'aurais voulu tout briser, tout jeter à la figure de Quentin. 

 

- On rentre. dit-il tout à coup, mettant close cette discussion.

- Pas question! Je ne partirai pas tant que tu n'auras pas laissé tomber cette idée stupide! criai-je en jetant le panneau sur le sol. 

 

Je ne pus m'empêcher de shooter dedans, l'envoyant valser dans le coin de la pièce, ce qui eut le mérite d'exacerber Quentin. Celui-ci m'empoigna le bras et ne me donna plus le choix. Je tentai en vain de me défaire de son emprise, mais il avait bien trop de force pour moi. Nous arrivâmes rapidement à la voiture alors que tous les regards étaient sur nous. De mon côté, je ne pouvais m'empêcher de lui crier dessus. Je lui hurlai pratiquement de me lâcher, que je ne voulais pas partir tant que le problème n'était pas réglé. 

 

Le trajet en voiture fut la même chose. Je ne pus contenir mes larmes. Je me sentais tellement trahi que face à la froideur et le stoïcisme dont il faisait preuve à ce moment-là, ma haine n'était qu'accentuée. Je lui demandai pourquoi il me faisait ça. Tout cela n'avait pas de sens. 

 

Rapidement, nous arrivâmes à la maison. Je claquai la porte tellement fort que Quentin me hurla de me calmer. Mais je n'en avais pas finis. J'attendais simplement d'être à la maison afin que Quentin ne soit pas trop mal à l'aise à cause de ma crise de nerfs.

 

- Comment as-tu osé? hurlai-je, une fois à la maison, jetant ma veste sur le sol.

- Et toi, comment oses-tu hurler comme ça? Tu veux que je hurle? Tu le veux? 

 

Quentin se dirigea vers moi en furie au point que je crus qu'il allait me frapper. Ses yeux étaient bestiaux mais il se contenta de me pousser pour aller se servir un verre.

 

- C'est ça! Vas-y. rigolai-je ironiquement. Evite le sujet! C'est vrai, je suis tellement heureux ici. Pourquoi aurais-je besoin de cet endroit.

 

Devant son silence, je ne pus m'empêcher de recommencer. Je ne savais pas ce qu'il me prenait, mais Quentin avait réveillé en moi un flot de rage que j'avais gardé en moi. Ce qu'il faisait… C'était une des pires trahisons de toute ma vie.

 

- Quentin! hurlai-je de toutes mes forces. 

 

Sans arriver à me contrôler, je lui lançai un coussin au visage qui lui fit renverser son verre sur sa chemise.

 

- C'est une chemise à 200 dollars! Espèce de con! hurla-t-il. 

- Ecoute-moi quand je te parle! 

 

Quentin s'approcha si près que je pus voir la veine de sa tempe gauche battre à toute vitesse, me jaugeant de toute sa hauteur. Et d'un ton glacial et serrant les dents, il me dit de parler. De mon côté, perdant tout de même de mon assurance - ou plutôt de ma folie - je balbutiai un moment.

 

- C'est bien ce qu'il me semblait. murmura-t-il en s'éloignant.

 

Je laissai mes larmes couler un instant, culpabilisant à nouveau de ne pas pouvoir continuer et dire ce que je désirais. La peur m'envahissait à chaque instant. J'étais fatigué de retentir cette pression constante. Quentin reprit alors, d'un ton bien plus calme sans y ajouter une once de douceur et de compassion:

 

- J'ai estimé que cet endroit me coutait trop cher. 

- C'est pour ça qu'on a fait tout ça aujourd'hui? Tu voulais te faire pardonner?

- Me faire pardonner de quoi? me dit-il, droit dans les yeux, se resservant un verre par après. Je n'ai rien fait de mal, Thomas. Je pense que tu es déjà suffisamment gâté comme ça. 

- Gâté? murmurai-je.

 

Je n'en revenais pas de ce qu'il disait. Je hurlai à nouveau mon dernier mot, comme pour me l'intégrer. Alors, durant toutes ces années, il me considérait comme gâté? Comme un chien à qui on offrait un bel os afin de pouvoir mieux le traiter comme on le désirait? Je me sentais chavirer. Et dire que quelques heures auparavant, je n'avais osé douter de lui plus longtemps. J'avais une fois de plus cru en sa bonne foi. 

 

Pour toute réponse, il but une gorgée sans me jeter un regard. Je ne pus en supporter plus. Je marchai vivement jusqu'au dressing, niant ses appels. En ouvrant la porte du dressing, je vis qu'en effet, tout était rempli à craquer. J'avais un nombre de vêtement, chaussures et accessoires invraisemblables. Je haïssais cette pièce. C'était à cause de toutes ces choses qu'il me considérait comme gâté. J'étais tout sauf gâté. 

 

- Thomas, qu'est-ce que tu fous? cria Quentin.

 

Je ne lui répondis plus, j'étais comme possédé. J'entrepris de jeter sur le sol toutes mes affaires. J'arrachai mes vestes de leurs cintres, que je jetais au loin. Chaque pull, chaque chemise, chaque pantalon… Tout se retrouva sur le sol. Et c'est quand j'ouvris le tiroirs où se trouvaient tous les accessoires de valeurs que je me mis à nouveau à verser des larmes. 

 

- Si tu crois que toutes ces choses m'aident à mieux vivre! criai-je. Tu te mets le doigt dans l'oeil. 

 

Je pris alors une poignée de montres, bracelets que je jetai sur Quentin en me retournant.

 

- Arrête, Thomas! hurla Quentin en se protégeant le visage. Stop! Arrête ce cinéma.

- Je ne joue pas la comédie! protestai-je. Tu m'enlèves la seule chose que j'ai. Toutes ces conneries qui sont là, j'en ai rien à foutre! 

 

Et alors que je me retournai pour lui lancer une deuxième poignée, je le trouvai à quelques centimètres de moi. Il me prit fermement le poignet.

 

- Lâche ça tout de suite. 

 

Son regard dans le mien me dominait complètement, et je ne pus que me soumettre à son ordre. Ma respiration était saccadée, mon corps tremblait de tous ses membres.

 

- Je te déteste! ne pus-je m'empêcher de dire doucement en laissant couler mes larmes. Je te hais… Je te hais depuis des années! Tu m'enlèves la seule chose qui me reste. Comment peux-tu me faire ça?

- Je fais ce que je désire, tu entends? me cracha-t-il. Et si j'ai envie de détruire jusqu'à la dernière miette qui reste d'espoir en toi, je la détruirai. 

- Comment peux-tu me dire ça? soufflai-je après un moment, horrifié par ses paroles. 

- C'est comme ça l'amour, mon coeur. L'un marche, l'autre suit. 

 

J'étais impuissant face sa haine. Pour toute réponse, je me contentai de lui dire dans un sanglot:

 

- Tu me tueras un jour…

 

Il ne prit même pas la peine de répondre. Il se contenta de me lâcher et alors que je croyais avoir simplement abandonné, je sentis ma main se lever et se rabattra violemment sur sa joue. Je ne sus pourquoi j'avais fait ça. Je ne sus la folie qui m'avait pris d'avoir osé faire une telle chose. Je vis le regard de Quentin se voiler. Et alors que je lui demandais déjà de m'excuser, je sus parfaitement à sa manière de se positionner que j'allais regretter amèrement mes actes de ce début de soirée. 

 

- Pardon Quentin. Pardon, pardon, pardon… je ne voulais pas. Je t'assure… C'est parti tout seul, je ne voulais pas te faire ça. 

 

Je sentis sa main passer derrière ma nuque. Mes lèvres tremblaient sans que mon regard ne lâche le sien. Il me figeait de ses yeux, m'empêchant de détourner les miens. Je me sentais soumis tel un chien. 

Toute cette journée n'avait été qu'une machination. Il se servait totalement de moi. Je me sentais trahi comme je ne l'avais jamais été. Chaque fois que je pensais qu'il faisait un effort pour moi, je me retrouvais à être déçu bien plus que je ne pensais pouvoir l'être.

 

C'est dans un acte d'instinct de survie que je voulus me défaire de lui rapidement. Cela sembla marcher car Quentin ne s'y attendit pas mais il me rattrapa bien assez vite dans le couloir où il me fit un croche-pied. Je m'effondrai sur le carrelage froid, où je sentis ma mâchoire frapper contre, me lançant une douleur épouvantable. Mais je n'arrivais pas à y prêter de l'attention, je me contentais de crier sur Quentin pour qu'il me lâche, le suppliant de ne pas me faire de mal. 

 

Un premier coup de pied atteignit mes côtés pendant qu'il défaisait sa ceinture. S'en suivit un nombre de coups que je ne voulus pas calculer. Je tentai simplement de me protéger au mieux, attendant que sa crise passe. Quand il fut à bout de souffle, il se mit sur les genoux et prit ma mâchoire dans ses doigts pour la serrer horriblement fort et s'exclama:

 

- Tu es tout seul, Thomas! Personne n'est là pour t'aider. Ni ton père, ni ta mère… Ni tes débiles de soeurs! Tu es à moi. Tu m'appartiens!

 

Il me relâcha en donnant un dernier coup de ceinture et partit comme si de rien n'était, me laissant seul à ma douleur physique et à ma crise de larmes en repensant à cette famille que j'avais à jamais perdu. Et que je regrettais tellement que j'eus l'impression de mourir. 

 

Tel un automate, je me relevai après un moment et allai simplement ranger les affaires que j'avait jetées. Voilà la seule et unique chose que je pouvais faire… Ranger un maximum pour que ce mode de vie soit le plus caché possible. C'était malheureusement fatal. Je me fis réellement à l'idée pour la première fois que Quentin tuerait un jour. Et étrangement, cela ne me dérangea pas. J'osai même espérer que cela se fasse vite. Je choisis la facilité, car essayer de s'en sortir relevait de l'impossible. 

 

Et alors que je ramassai mes bijoux pour les remettre à leur place, je vis au fond du tiroir quelque chose qui ne m'appartenait pas. Je n'en crus pas mes yeux. Une arme se trouvait dans cette armoire… Dans celle où je rangeais mes objets de valeurs. Je le pris dans ma main, étonné de sa lourdeur mais hypnotisé par la puissance que je recevais d'elle. J'avais cette impression que je pouvais être enfin invincible. Qu'allait-il faire si je la gardais? Se souvenait-il seulement que cette arme se trouvait à ma portée? S'était-il dit qu'un jour peut-être, je serais tellement désespéré que je souhaiterais m'en servir. Je devais la mettre là où je l'avais trouvé, je me surpris à marcher vers le salon, cette arme à la main. Je me sentais comme fou, ne sachant plus contrôler ce que je faisais. Tout avait été tellement loin, mon esprit ne pouvait plus suivre la réalité. Alors, mon corps se chargeait de faire ce qu'il voulait…

 

C'est au son caractéristique du chargement du pistolet que Quentin tourna la tête en sa direction. Je voyais ce qu'il se passait par séquences, ne me rendant absolument pas compte de ce que je faisais en cet instant. Je dirigeai l'arme vers cet époux que je connaissais si peu, la main tremblante. Je n'avais jamais vu Quentin se relever aussi rapidement du divan, paniqué. 

 

"Ca y est", pensai-je. Je l'avais enfin ce pouvoir qu'il avait sur moi. 

 

- Nom de Dieu Thom! Qu'est-ce que tu fous? Lâche ça tout de suite! cria-t-il en levant légèrement les bras pour me montrer que j'étais le seul à avoir le dessus cette fois.

- C'est fini! lâchai-je sans réfléchir. Je ne peux plus… C'est trop pour moi. C'est beaucoup trop.

- Où est-ce que tu as trouvé cette arme? 

 

Il fit mine de vouloir avancer mais je lui hurlai tout à coup de ne pas bouger. Je me fis peur moi-même à cet instant. En moi se trouvait un désir que jamais je n'avais éprouvé… Celui de l'éliminer une bonne fois pour toute. Le jugement, la prison, la réclusion… Tout cela me semblait bien dérisoire face au calvaire que je vivais depuis des années. 

 

- Thomas… Ne fais pas ça. Tu le regretteras. dit Quentin, me sortant alors de mes pensées. 

 

C'est dans un sanglot que je lui répondis, mes paroles à peine perceptibles à cause du déchirement de ma voix.

 

- Quentin… Je t'aime. Mais là… Je n'en peux plus… 

 

Séchant rapidement mes larmes avec mon bras libre, je le vis tenter une approche. Il semblait déjà avoir repris son sang froid et se retrouvait être celui qu'il était tous les jours. C'est les mains en évidence qu'il répondit, un sourire à peine perceptible sur ses lèvres.

 

- Vas-y, Thomas. Fais-le si tu l'oses….

 

Alors que j'avais le doigt posé sur la gâchette, je le regardais, hésitant. Et alors que je pensais que je pouvais enfin lui dire tout ce que j'avais sur le coeur sans qu'il me domine comme il le faisait toujours, je le vis mettre dans ses mains dans ses poches en rigolant ironiquement.

 

- Tu es incapable de le faire. Tu m'aimes beaucoup trop pour tirer… s'exclama-t-il.

 

Cela me fit tellement de peine que je me mis à pleurer deux fois plus. Il avait tellement raison… "Que ferais-je sans lui" pensais-je. Je ne pouvais pas vivre tout seul… Sans lui. Il était ma raison d'être. Et même si elle était très restreinte, le peu qu'il me restait venait uniquement de sa présence. Comment ferais-je dans ce monde sans lui. 

 

- Oui… C'est vrai. Tu as raison… murmurai-je. Mais…

 

Et alors que Quentin commençait à s'approcher d'un pas lent, les mains toujours dans les poches et cette arrogance amplifiée pour l'évènement, j'eus l'impression d'être totalement en dehors de mon corps. Comme désincarné, je vis ma main portant l'arme se tourner et se poser sur ma tempe. Le froid du pistolet me fit frissonner et alors que je crus que j'allais ne plus savoir parler, je déclarai à Quentin dans un souffle

 

- Je t'aime trop. Mais moi, je me hais assez pour le faire.

 

Et alors que j'entendis Quentin hurler de ne pas le faire, tout se fit très vite. Mes yeux se fermèrent, mon doigt appuya sur la gâchette, mes oreilles se bouchèrent rendant les appels de Quentin imperceptibles. Ca y est… J'avais trouvé la libération la vraie.

 

Un clic. Le néant. Mais la douleur toujours aussi vive et présente. Dans un état second, mes yeux s'ouvrirent à nouveau. Ma vue était trouble mais je perçus tout de même mon époux me retirer l'arme et vider aussi vite le chargeur duquel rien ne sortit. Il la lâcha sur le sol et me prit dans ses bras en me serrant tellement fort que je ne sus respirer, se répétant à lui-même que "l'arme n'était pas chargée, l'arme n'était pas chargée…" Mon esprit ne pouvait en supporter davantage et comme pour fuir la réalité, je me laissai aller dans les bras de Quentin qui semblait si soulagé. Je m'évanouis, éreinté, consterné.

 

 

 

Suite à la partie 4:  Not alive without you: chapitre 12 partie 04 [LUTRAAH]

Par Lutraah - Publié dans : Not alive without you
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 19:55

 

Le lendemain fut merveilleux. Je me sentais tellement bien que j'avais l'impression de m'éveiller sur un nuage. Je me sentais comme le stéréotype de l'homme qui avait atteint un orgasme la veille et qui allait vivre une magnifique journée grâce à ça. Je m'étendis en baillant et voulus retrouver mon mari que je ne sentais plus contre moi. Mais personne… Les draps étaient tout froids, il était parti depuis un moment. Je mis rapidement mon peignoir et pensai qu'il était simplement parti travailler. C'est légèrement déçu par l'espoir d'avoir une journée pour profiter de lui que j'allai jusqu'à la cuisine chercher faire du café. 

 

Mais alors que j'allais abandonner l'idée de me faire un petit-déjeuner, j'entendis la porte d'entrée se refermer. Je trouvai Quentin, souriant, avec une odeur de croissants embaumant déjà la pièce. 

 

- Il y avait un monde fou! J'ai crus que j'allais devoir me battre pour les derniers. Mais… J'ai gagné!

- Tu es le plus fort, tout le monde sait ça.

- J'ai quand même du bousculer une vieille qui tentait de me dépasser.

 

Riant, j'entourai mes bras autour de son cou pour lui déposer un baiser, sentant alors sa main libre se poser aussitôt sur ma fesse, mon peignoir court révélant une partie de mon corps par mes bras relevés. Il me sourit d'un sourire que j'aurais voulu voir jusqu'à la fin de mes jours et il me donna une légère tape sur la fesse avant d'aller mettre les croissants la table. Je mis la table et nous contentions de déguster le petit-déjeuner en amoureux, comme si nous ne nous étions jamais arrêté à le faire. Quentin engloutit son croissant et but son café presque d'une gorgée avant de s'exclamer:

 

- Aujourd'hui, j'ai envie qu'on passe la journée ensemble. Ca te dit qu'on fasse les magasins ensemble? Ensuite… On pourrait aller dans ce restaurant que tu aimes, le… 

- "L'orangerie"?

- Voilà. Puis… pourquoi pas aller se faire faire un massage dans le centre? 

- J'adorerai… dis-je attendri par sa proposition de passer la journée rien qu'à deux.

- Et je propose que tu y ailles dans cette tenue! plaisanta-t-il. Ca te va à ravir ce… tout petit peignoir.

 

Il insista tellement sur les derniers mots qu'il me mit mal à l'aise. C'est timidement que je tentai de tirer un peu le tissu pour qu'il dissimule davantage mes cuisses.

 

- C'est un peu trop…? demandai-je les joues rouges.

- Juste assez pour moi. Mais il faudra juste qu'on aille se doucher ensemble, pour… calmer mon ardeur de te voir si dénudé. 

 

Pour seule réponse, je débarrassai mes mains des miettes de mon croissant et lui sourit en me levant et lui tirai la main vers la salle de bain. 

 

Après seulement une heure et demi de buée et de libération sexuelle, nous nous mîmes en route vers le centre commercial où il me permit de dépenser sans compter. Il me regarda essayer un bon nombre de tenues, critiquant positivement ou non. Je dus le repousser plusieurs fois de la cabine, bien trop gêné de ce qu'il avait en tête. Il se laissa également lui-même à essayer certains costumes qui éveillaient à mon tour un désir pourtant éteint depuis très peu de temps. 

La journée se passa d'une rapidité et d'une perfection qui m'angoissait. Tout se passait tellement bien que j'avais peur de ce qui allait suivre. Quentin m'avait offert des vêtements, une montre magnifique et horriblement cher, nous allâmes manger dans un restaurant gastronomique… Et tout cela avec le sourire, sans la moindre nervosité au point que cela en créait en moi. Avait-il quelque chose à se faire pardonner? J'en eu des soupçons tellement grands, que Quentin le remarqua. Alors que nous mangions à la terrasse de ce restaurant qu'il était vrai, j'appréciais particulièrement par la qualité de ses mets, je me rendis compte que je fixais Quentin sans discrétion tout en mangeant, l'air perplexe.

 

- Il y a quelque chose qui ne va pas? demanda mon époux.

- Rien! m'exclamai-je, un peu trop vivement, sorti tout à coup de mes préoccupations.

- Tu me fixes bizarrement. Un de tes cadeaux ne te plait pas? 

- Si! Enfin… je veux dire, non, pas du tout. Tout est parfait. Vraiment… parfait.

 

Je le rassurai d'un regard tendre et lui caressa la main pour lui faire oublier mon moment de doute. D'ailleurs, tout cela était stupide. Je me forçai à arrêter de penser. Finalement, je ne faisais qu'attirer le malheur sur moi, à force de cogiter de cette manière.

C'est quand nous sortîmes, bras dessus bras dessous que je le croisai. Cet homme. L'homme qui me procurait tout ce bien-être quand j'en avais besoin. Jonas. Je me raidis tout à coup à l'idée que nous allions le croiser. Je maudissais cette ville si petite. Si nous avions vécu dans un endroit plus grand, les chances de le croiser auraient été minimes. Mais je me retrouvais là, à marcher vers lui, heureusement des lunettes de soleil au nez qui me permettait d'oser le regarder. Je sentis alors le bras de Quentin se resserrer sur moi qui me paniqua. Et s'il savait tout. Et s'il était au courant alors qu'il ne me disait rien. Peut-être préparait-il sa vengeance. Peut-être qu'en réalité, j'étais beaucoup moins discret que je ne le pensais. Quentin avait tellement de connaissances… Tout à coup, je voulus mourir de honte de leur faire ça à tous les deux. Et le regard de Jonas me rendit malade. Le mépris, la jalousie, l'envie, la pitié… Toutes ces choses si négatives que j'avais créer en lui alors que le but n'était que le contraire de tout cela. Je ne pus m'empêcher de remarquer à quel point Jonas avait l'air mal. Le teint livide, les joues creusées… Il n'allait pas mieux que la veille. J'eus envie de m'arrêter, lui demander comment il allait, si je pouvais faire quelque chose pour lui mais je l'avais déjà bien assez enfoncé comme ça. Je ne pouvais plus me permettre de le voir comme bon me semble. Je me devais, pour son bien, le mien et celui de Quentin, de me forcer à ne plus le revoir. Ainsi pourrait-on tous reprendre le cours de nos vie comme elles l'étaient. Sans lui. Sans moi. 

 

Mais cette pensée me serra tellement le coeur que je dus me mordre la lèvre afin de ne pas pleurer. Nous le croisâmes sans que personne ne remarque le regard qu'il me lançait. De mon côté, lâche comme je l'étais, je me contentai de baisser la tête de honte, haïssant tout à coup cette journée. 

 

Vers la fin de la journée, alors que nous revenions du centre de bien-être qui m'avait procuré un bien fou et où j'avais réussi à me détendre. Nous nous approchâmes alors de mon magasin, et je demandai à Quentin si nous pouvions nous arrêter une minute le temps de reprendre le courrier. 

 

- Thomas, je sais pas… On n'a plus trop le temps, là.

- S'il-te plait, c'est au bout de la rue! Je n'en aurai pas pour longtemps.

 

Sur ces mots, je lui déposai un baiser sur les lèvres et trottinai jusqu'à l'entrée où je découvris une chose étrange. Un panneau était collé à la porte d'entrée où il était inscrit "à vendre". J'ouvris le magasin et y pénétrai pour vérifier ce panneau. Je découvris alors un numéro de téléphone. Celui de Quentin…

 

 

Suite à la troisième partie:   Not alive without you: chapitre 12 partie 03 [LUTRAAH]

Par Lutraah - Publié dans : Not alive without you
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 19:53

Je repartis de chez Jonas, chancelant. Je trouvais fou cet effet qu'il me procurait. Une sensation qui se trouvait au plus profond de mes entrailles. J'aurai supporter ça durant toute la journée… Durant toute ma vie.

Mais l'heure n'était pas à cela et je me concentrai sur la route pour cette commande que je devais achever, qui heureusement alla très rapidement. Je refermai alors mon magasin, heureux du travail accompli. 

 

Je m'affairai chez moi, à nettoyer de fond en comble la maison, pour qu'elle soit ainsi parfaite une fois que Quentin allait rentrer cette nuit. Ce voyage, je le sentais, l'avait épuisé. J'espérai au fond de moi qu'il ne soit pas fatigué au point qu'il voudra passer ses nerfs sur moi.

 

La soirée et nuit furent calmes. Ce fût au milieu de la nuit que je sentis une chaleur s'appuyer contre mon dos. Quentin était rentré. Et à son étreinte, il semblait serein.

- Quentin… dis-je la voix endormie. Je suis désolée, je ne me suis pas réveillé…

- Ce n'est pas grave… me répondit-il en déposant un baiser sur ma joue.

- Tu as fait bon voyage?

- Oui… Mais c'était horriblement long. Et je ne sais pas pourquoi mais dès que j'ai ouvert les yeux ce matin, j'ai eu envie de toi.

 

Sur cette même phrase, je sentis sa main passer en dessous de mon bas de pyjama. Ses lèvres passèrent dans mon cou en se collant à moi davantage, me permettant alors de sentir d'après son intimité à quel point il avait effectivement envie de moi. Sa main vint éveiller le désir qui monta aussitôt. Je me retournai sur le dos pour qu'il puisse avoir plus de facilité à son oeuvre, ainsi que pour lui donner le baiser qu'il méritait pour son retour. 

 

- Je vois que tu es aussi content de me voir… dit Quentin d'une voix suave et chaude.

- Je suis toujours heureux de te retrouver mon amour. répondis-je, fronçant les sourcils et en poussant un léger soupir de satisfaction par la masturbation que je recevais.

 

Quentin entreprit de me retirer mon t-shirt et prit alors ma main pour que je devienne actif. J'ouvris sans broncher son bouton de pantalon et délivra son pénis déjà gonflé par le désir… Je ne sus par quel miracle, mais je me sentais extrêmement à l'aise cette nuit, ce qui n'était pas arrivé depuis très longtemps. J'avais l'impression de retrouver le Quentin d'autrefois. Je croisai son regard qui semblait à la fois excité et inquiet. Je ne savais pas pourquoi il avait ce voile d'angoisse dans ses yeux mais je savais par contre pertinemment qu'il ne fallait pas lui demander. Tout ce qu'il voulait ce soir, c'était se vider la tête…

 

Il se mit sur le dos, attendant une fellation que je lui donnai avec plaisir. L'entendre gémir à mes coups de langue m'excitait énormément. Je compris la raison pour laquelle je me sentais si à l'aise, c'était tout simplement parce que je n'avais plus eu de sexe depuis un moment. Auparavant, je n'en voulais plus du tout, sachant comment tout cela allait finir à chaque fois. Mais étrangement, depuis que je connaissais Jonas, je sentais un feu en moi que j'avais besoin de calmer assez souvent. Je le remerciai mentalement de me permettre de pouvoir apprécier au moins une fois de temps en temps, le plaisir de profiter de ces moments. 

 

Quentin stoppa mes pensées quand il me dit de me calmer, ne me rendant même pas compte que j'avalai complètement son pénis, en pleine euphorie du moment tous les deux. 

 

- Doucement Thomas, ou je ne vais pas pouvoir me retenir longtemps. Qu'est-ce que tu as ce soir? Tu es chaud comme la braise...

 

Tout en remontant vers sa bouche, je lui dis qu'il m'avait tout simplement manqué. Un long baiser s'en suivit, nos langues avides l'une de l'autre. Mon bassin se mit spontanément à simuler l'acte sexuel, sentant le pénis de Quentin se frotter contre mon pénis, frôlant mon orifice qui me fit pousser un léger gémissement à l'idée de ce qui allait suivre. Mon mari chercha de sa main tout en me léchant un téton. La luminosité était très basse, mais la lumière des lampadaires traversant légèrement les rideaux rendaient les muscles de Quentin encore plus puissants. Ma tête tourna à cette vue, l'excitation à son maximum, rendant mes mouvements de hanches plus insistants. Comme s'il l'avait compris, il trouva enfin le lubrifiant.

 

Un léger froid suivit d'un doigt vint en moi, des vas-et-vient suivit d'un deuxième doigt. Je me sentais chavirer avec la langue de Quentin en plus se promener dans ma bouche, mon cou et le creux de mon épaule… Cela ne dura qu'une minute pour qu'il les retire, bien trop excité également. Il rapprocha mon corps encore plus du sien avec une légèrement brutalité due à l'impatience. Et alors que j'allais m'en occuper, il me fit me redresser légèrement et prit son pénis en main. Il me fit comprendre de m'empaler lentement dessus, ce que je fis en poussant un léger gémissement qui lui fit briller les yeux de plaisir. Par de légers coups de bassin, il me dit d'y aller, ce que je fis sans un mot de plus. Me collant à lui qui était en position assise, je m'aidai de la barre de la tête de lit pour bouger avec plus de vigueur, ce qui ne déplaisait à personne. Les mains de Quentin se mirent sur mes hanches pour suivre mon rythme et nous nous mirent tous deux à soupirer et gémir notre plaisir. Je ne pouvais m'empêcher de pousser de léger cris de temps à autre, d'habitude si discret mais Quentin était tellement prévenant à mon plaisir que je ne pouvais contenir tout cela en moi. Cela ne lui parut pourtant pas le gêner le moins du monde, puisqu'il lui arrivait de me suivre dans mon cri de joie. 

 

Nous changeâmes de position suivant les sensations les plus agréables mais trop rapidement à mon gout, je sentais l'apogée de mon plaisir m'emmener, ne sachant le contrôler. Quentin me donnait quelque chose de tellement rare, que je n'arrivais à me dire de le calmer et donc par conséquence, le diminuer. 

 

Mais heureusement pour moi, je vis au visage et au regard de Quentin qu'il était sur le point de jouir également. A présent sur le dos, une jambe remontée sur une de ses épaules, je le sentais se mouver au plus profond de moi, atteindre quelque chose qui n'était pratiquement jamais atteint; l'extase. Mon corps tout entier brûlait, mon coeur battait à tout rompre, mes lèvres en feu ne faisaient que chauffer davantage quand elles touchaient le corps de mon amour. Je me sentis alors partir au moment où Quentin, à bout, laissa sa semence se déverser en moi. Cette puissance me fit atteindre ma propre jouissance qui je croyais, n'allait jamais finir. Il me fallut de longues secondes pour revenir sur terre, trouvant Quentin, reprendre son souffle dans mon cou. 

 

Un bonheur tellement grand s'immisça en moi que j'en dus retenir des larmes. Je pensai à cette instant que c'était la première fois que nous avions fait l'amour de cette façon depuis nos tout premiers ébats. 

 

Seulement, quand il releva le visage, je retrouvai cette expression du début, mêlée à l'excitation. Maintenant que cette dernière s'était évanouie, je retrouvai son regard envahi par cette préoccupation. Il mêla ses doigts au miens et déposa un baiser plein de désolation sur mes lèvres. Je ne savais pas quoi dire. Il ne baissait les armes pratiquement jamais alors que cela arrivait, je ne savais jamais comment agir. Fallait-il me lancer dans des questions, quitte à le regretter par après? Ou cela allait-il justement lui faire du bien et cela allait nous rapprocher…

 

- Qu'y-a-t-il…? osai-je murmurer.

- Je te trouve juste magnifique. répondit-il avec une voix étonnement affaiblie. Tu es la plus belle chose que j'ai, tu le sais, ça?

- Oui… 

 

J'étais perplexe. C'est à ce moment-là que je remarquai à quel point ses cernes étaient creusées. J'étais alarmé il le vit car il tenta aussitôt de me rassurer.

 

- Tout va bien, tu es sur? 

- Je suis encore en toi, je crois que ça ne peut qu'aller bien. dit-il dans un sourire forcé. 

 

Il déposa un rapide baiser sur le coin de mes lèvres, me laissant à mes questions intérieures. Il se retira de moi, et se coucha sur le côté, en me prenant possessivement dans les bras de dos. Je remarquai l'heure tardive et décidai de ne pas y prêter davantage d'attention, sachant que de toute façon, il ne me répondrait pas… je sentis derrière moi un soupir de sa part, qu'il n'avait pourtant pas l'habitude d'en pousser. 

 

 

 

suite à la deuxième partie:  Not alive without you: chapitre 12 partie 02 [LUTRAAH]

Par Lutraah - Publié dans : Not alive without you
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Dimanche 20 novembre 2011 7 20 /11 /Nov /2011 19:22

Salut les gens (qu'il reste),

 

 

COME BACK!!!!

 

Vous n'y croyiez plus, hein?
Ben moi non plus!

 

Mon Dieu, je me rends compte que ça fait près de DEUX ANS que cette BIIIP de lutraah n'a plus rien écrit. Ca faisait tellement longtemps que j'ai du demander à ma super partenaire de la mort, liberty(s?) (elle me déteste, je sais jamais écrire son pseudo) le nom du blog, le mail pour entre dans le blog et le mot de passe.
Je ne me rappelais de RIEN RIEN RIEN!


Et je vous présente mes excuses, même si après autant de temps, je pense que vous préfereriez que je vienne chez chacune d'entre vous afin de vous montrer que je me fouette le dos toutes les 10 secondes.  

 

Bref.. Voilà. Si vous avez encore le courage et la patience de lire... Ca y est. J'ai repris Not Alive Without You, et liberty(s?) a repris I Feel You. (d'ailleurs, faut que je relise cette histoire parce que mon cerveau a supprimé cette information)

RECAPITULATIONS.

 

Dans Not Alive...

 

Thomas --> Victime de la vie qui se fait tabasser!

Quentin --> Mari de Thomas et Grand méchant loup (grrr)

Jonas --> Prince charmant un peu foireux... mais gentil et magnifique au pieu.

 

Donc, ils se rencontre tous les trois en boite - dont le patron n'est autre que notre cher Jonas Delas (Sérieux liberty, t'auras pu trouver un autre nom de famille)

Ils couchent ensemble tous les trois, d'abord Thomas et Jonas, Thomas qui est bien sur le pantin de Quentin... Ils vont être amenés à se revoir et Jonas va devenir l'amant du doux Thomas car HEY... c'est le seul qui fait jouir Thomas, merde!

 

Bon, Thomas se fait taper sur la tête, etc etc.

Dans le dernier chapitre se trouve Arnaud - le meilleur amie de Jonas et ami d'enfance. Ils ont déjà été en couple, mais souvenez-vous, Arnaud est d'une fidélité à couper au couteau et Jonas baise tout ce qui est beau et bougent (ou pas).  
Ils finissent pas se quitter bien avant que notre histoire ne débute. Arnaud lui, durant l'histoire, sortait avec un prénommé Samuel qui détestait Jonas et le fait qu'Arnaud attendra toute sa vie Jonas.

et donc dans notre chapitre 9, Samuel et Arnaud sont à bout, ils se disputent sans arrêt, un type drague à mort Arnaud, lui envoie des sms etc etc. Un soir, il va être amené à tromper Samuel avec un monsieur du nom de Kyle... mais son nom, on s'en fout, c'est juste que je l'ai lu récemment!

 

Samuel l'apprend, il quitte Arnaud qui vient vivre chez Jonas et se laisse aller à une dépression post-tromperie (quel nul! Liberty, t'avais-je dit que je déteste ce médecin d'Arnaud?) Il espère plus que jamais de se remettre avec Jonas avec qui, un soir, va coucher... Jonas est tenté, il  a envie, il se laisse tenter en se disant que ce serait sans suite. 

QUE NENI! Puisqu'une fois tous les deux libérés de leurs pulsions, Arnaud lui fait une jolie déclaration d'amour que Jonas va s'empresser de nier en partant.  

 

 

Bouh bouh bouh, tout le monde est malheureux...

 

A la fin et je ne sais plus trop les tenants et aboutissants, Jonas est malade et Thomas vient l'aider à se remettre de cette maladie par deux fois. Et la deuxième fois, Arnaud vient complètement bourré en petant un plomb. Samuel arrive aussi (pièce de théatre, quoi!) et pète les plombs aussi. Jonas aussi. Tout le monde pète les plombs à part Thomas qui va se réfugier car pauvre petit, supporte déjà ça bien assez! Par une discrétion sans nom d'Arnaud - ce débile - Samuel apprend que Jonas et Arnaud ont baisé. Ils se quittent définitivement. Arnaud s'en va après que Jonas l'ait foutu également dehors... Ainsi que THomas!

 

Bref, le chapitre se termine quand Arnaud envoie une lettre à Jonas disant qu'il partait à l'étranger, ayant un besoin vital de distance afin de mieux l'oublier (fouteur de merde et il se casse après)

 

Ca se termine quand Jonas rencontre l'infirmière de la maison de repos où se trouve sa mère (souvenez-vous, elle a la maladie d'Alzheimer), avec qui... VOUS VERREZ!!!!!!

 

 

KISSOU KISSOU LES GIRLS (haha! Kitsch à mort la fille)

 

Et m'en voulez pas trop, alleeeeer!!

 

ps: je vais poster dès à présent le chapitre mais il est long donc pour les plus rapides, un peu de patience :) )

 

 

ps2: au fait, ce jour-là, thomas vient aussi pour soigner Jonas en apportant des médocs, un film et du pop corn. ils passent quelques heures ensemble, et il repart car Quentin va revenir de voyage. Vous avez besoin de le savoir car je commence au moment où Thomas part de chez Jonas. d'ailleurs Jonas embrasse gouluement Thomas avant qu'il parte!

 

ALLER ZOUP ZOUP AU CHAPITRE :   Not alive without you: chapitre 12 partie 01 [LUTRAAH]

Par Lutraah
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 13:33

Chouchou, ici c'est la partie 9. Direction chapitre 1 pour ta lecture :) Not alive without you: chapitre 11 partie 01[LYBERTYS]


Partie 9.


Je ne fis pas grand-chose de ma soirée, et après avoir mangé léger et pris les médicaments apportés par Thomas, j’allais me coucher, n’ayant envie de rien.

Pourtant, alors que j’étais étendu dans mon lit, je ressentis comme un manque. Privé de sexe ces derniers jours, j’en ressentais pour la première fois l’envie. Peut-être étais-ce du à la venu de Thomas. Souriant, je me laissais aller à penser aux nombreuses choses que nous avions fait tous les deux, chassant avec difficulté le souvenir d’Arnaud qui se faisait tenace. Laissant mes mains parcourir mon corps sous les draps, je lâchais un soupire. Je n’allais pas tout de suite toucher mon sexe, lui laissant le temps de s’éveiller. Je fermais les yeux pour mieux me plonger dans mon plaisir solitaire. Je n’utilisais aucun artifice, laissant mes mains allaient où bon leur sembler. La chaleur commençait à monter en moi, ma respiration s’accélérant. Tout mon corps prouvait que je commençais à m’exciter et pourtant, seul mon sexe restait au repos. Surpris, mais loin de me laissait abattre, je poursuivis, finissant par glisser plus précisément ma main sur mon intimité encore endormi. Lentement, je lui offris des caresses, les mêmes que j’offrirais à un amant. Patiemment, j’attendis qu’une excitation monte, me donnant pour excuse la fatigue et la maladie encore présente. Une de mes mains s’activait sur mon sexe, tandis que l’autre s’aventurait à ma guise sur le reste de mon corps. J’arrivais presque à oublier Arnaud, chassé par Thomas et toute la flopé de mes autres amants. J’avais plutôt matière pour ce faire.
De la surprise et la patience, je finis par passer par l’agacement. Mon sexe était toujours au repos alors qu’il aurait déjà du montrer une réaction. Mais il ne se passait strictement rien, comme s’il ne répondait à aucun de mes stimuli. Mon cœur commença à battre étrangement vite. Ce n’était plus l’excitation qui le guidait, mais l’angoisse grandissante. J’eus beau persévérer à l’aide de toute ma volonté rien ne vient, me privant du plaisir espéré. Déçu et touché dans mon orgueil masculin plus que je ne l’aurais cru, je quittais précipitamment mon lit. Attrapant ma veste et mon paquet de cigarette après avoir enfiler des vêtements qui traînaient, je sortis sur la plage. Prenant le temps d’allumer une cigarette, je me mis à marcher droit devant moi, comme si je tentais de fuir ce qui venait de m’arriver dans ma chambre.  C’était la première fois, et je ne trouvais pas de raison valable à cet état. Mes pas se faisaient de plus en plus rageurs, avançant sans jamais m’arrêter, fumant cigarette sur cigarette, épuisant les forces que j’avais récupérer ces jours-ci.
Un nouvel étourdissement me saisit et je tombais brusquement sur les genoux dans le sable. J’avais une envie oppressante de pleurer, mais je me retins. Jamais je ne m’abaisserais à cela. Je n’aurais été qu’un faible.
Rien que l’idée de ne plus être capable de baiser me rendait fou. J’avais envie de hurler, de me rouer de coup. Je n’avais pas une haute estime de mon être ces jours-ci et c’était le coup de grâce. Une haine sans nom s’emparait de moi, alors que l’on m’enlevait la seule chose pour quoi j’étais capable.
Que serait ma vie sans cela ? Tout cela ne prouvait que les dires d’Arnaud. J’étais seul et la seule chose qui me rattachait aux autres, même à Thomas semblait m’avoir été enlevée…
Ce ne fut qu’à l’aube que je réussis à rentrer. Mes jambes avaient refusaient de m’obéir. J’étais littéralement frigorifié, mais je ne l’avais remarqué que lorsque le soleil commençait à se lever. Le temps c’était comme arrêtait lorsque j’étais tombé à genoux. J’étais resté dans le sable à fixer l’horizon le regard vide à constaté la réalité de la vie que je menais. Si j’étais resté figé, le temps avait continué à défilé, impitoyable.
A bout de nerfs, j’allais sous la douche et me fis couler un bain brûlant dans l’espoir de récupérer un peu de chaleur. Je m’assoupis à moitié dans le bain, continuant de trembler légèrement. Je ne savais pas quoi faire. Sortant du bain, j’allais me coucher, comme pour fuir ma vie qui devenait un enfer. Comment avais-je pu tomber aussi bas, en si peu de temps…

 

Deux jours étaient passés depuis cet incident. Si mon état physique s’était amélioré et que je comptais retourner travailler le lendemain, mon problème d’érection était loin d’être réglé.  Ce n’étais pourtant pas faute d’avoir essayé, avec ou sans accessoires à différent moment de la journée. Je me sentais aussi pitoyable qu’haineux envers moi.
Je me sentais d’une humeur irascible même si je n’avais croisé personne depuis la visite de Thomas. Après m’être rasé ma barbe de plusieurs jours, et habillé de propre, je me préparais à aller rendre visite à ma mère, l’ayant négligé ces derniers temps. Regardant mon reflet dans le miroir, je soupirais en me voyant amaigri. Il fallait sérieusement que je me ressaisisse. Ce n’étais pas mon genre de me laisser aller ainsi à m’apitoyer sur mon sort. Je n’avais pas eu de nouvelles d’Arnaud mais j’avais pris la décision de l’appeler ce soir. Allant voir mon courrier avant de partir, je fus surpris de recevoir une lettre manuscrite au milieu des factures et publicité. Je tournais l’enveloppe et mon cœur s’emballa étrangement lorsque je lu le nom et l’adresse de mon ami.
Retournant dans le salon, je m’assis confortablement sur le canapé avant de décacheter la lettre.  Je reconnaissais son écriture et son côté irrégulier prouvait qu’il avait écrit avec émotion.   Arnaud ne faisait pas exception, il avait une écriture horrible de médecin. Ce n’était pas son genre de m’écrire des lettres. Elle n’était pas très longue. Me concentrant et appréhendant un peu, je me lançais enfin dans la lecture.


 «            Cher Jonas,


Lorsque tu recevras cette lettre, je serais surement déjà parti. J’ai besoin de temps et d’éloignement pour réfléchir et me remettre de tout ce qui vient de se passer. J’ai beaucoup réfléchi à ton conseil, et je trouve que ne plus te voir pendant quelques temps est la meilleure chose pour nous deux. Ce matin, on m’a proposé une formation à l’étranger pendant plusieurs mois, et j’ai sauté sur l’occasion. Je pars dès demain. Tu as raison, je me fais bêtement du mal à espérer quelque chose de toi depuis toujours et je crois que j’ai enfin compris que cela n’arriverait pas. Je l’ai seulement compris lorsque tu as refusé de m’aider ce soir où Samuel est venu chez toi. Je t’en ai d’abord énormément voulu de m’avoir mis dehors. Tu ne faisais que confirmer ton égoïsme. J’avais besoin de toi, besoin de ta présence, de ta tendresse, mais surtout de ton amour. Mais j’ai finalement compris pourquoi tu m’avais rejeté. Si j’étais resté cette nuit là, il n’y aurait pas eu cette coupure franche entre nous. Nous serions redevenus des amis, et j’aurais continué à espérer en secret une relation sérieuse avec toi. Mais je ne peux plus maintenant. Tu n’imagines pas à quel point je souffre Jonas et la douleur de la perte de Samuel n’a rien à voir avec cela.
Elle n’est finalement que minime. Au fond, je ne faisais qu’utiliser Samuel, agissant égoïstement avec lui. Certes je l’aimais, mais pas comme je t’aime toi et je ne vois que la distance pour m’en détacher. C’est ce que nous aurions du faire depuis le début. Je ne regrette pas ce que je t’ai dit, même si cela était déclamé sur le coup de la colère. Je t’aime Jonas, et je t’en veux de ne pas me rendre cet amour. Je meurs à petit feu à côté de toi, tu m’es nocif et je le réalise enfin…
Cependant, je ne te souhaite qu’une chose, et tu vas me trouver mièvre et idiot  lorsque je vais te l’écrire. Je souhaite que tu trouves enfin une personne faite pour toi, une personne que tu aimes. J’espère de tout mon cœur que tu connaîtras cela un jour et que tu laisseras à cette personne de la place dans ta vie. Je sais maintenant que cela ne sera pas moi, je devrais t’en vouloir et pourtant je ne souhaite que ton bonheur.
Si la vie que tu mènes actuellement te convient, alors peu importe du moment que tu es heureux. Mais ne reste pas seul Jonas, aucun être humain ne peut survivre seul.
C’est pourquoi je vais finir ma lettre ainsi. Tu n’imagines pas l’inquiétude que j’ai à te laisser ainsi, mais promets-moi de poursuivre tes principes sans en pâtir. Tu dois être en train de te dire de me mêler de mes affaires, mais je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose. Je garde mon numéro de portable si tu as réellement besoin de me joindre, mais malheureusement une coupure franche me paraît la plus appropriée. Ne m’oublie pas cependant.

Je t’aime.

Arnaud

 

Je repliais la lettre et la posais sur la table. Mon cœur se compressait, je me sentais mal, mais les larmes ne venaient pas. Ce ne fut qu’à cet instant que je réalisais combien j’aimais Arnaud. Imaginer qu’il ne serait plus là me fit un vide immense, comme pris d’un vertige au bord d’une falaise. Je me levais précipitamment, attrapais mes clefs de voiture. J’avais envie de m’effondrait, mais je ne voulais surtout pas me laisser aller à ce genre de chose. Je venais de perdre le seul être qui m’étais réellement cher dans ce monde, mon seul ami, même si ce n’était que momentané. Plus rien ne serait pareil entre nous, c’était terminé, comme une rupture, une rupture douloureuse… Mais c’était pour le bien de mon ami. Si tout mon être me criait de l’appeler, de m’excuser, de lui dire de revenir, je m’en empêchais violemment. Arnaud avait pris la décision la plus censé en s’en aller. Il avait enfin fait ce qu’aucun de nous deux n’étais parvenu à faire jusqu’à aujourd’hui. Il était le plus fort de nous deux. Je l’admirais, je l’aimais et je le laissais partir…


Assis sur un banc dans le parc de la maison de repos de ma mère, je n’avais pas envie de rentrer chez moi. Personne ne m’y attendait, seule ma solitude. Etrangement, c’était moi qui avait été le plus absent des deux lors de ma visite avec ma même.
Un petit vent frais passait sur mon visage, mes yeux se perdant sur les personnes âgées venues prendre l’air elles aussi.
Qu’allais-je faire maintenant ? J’étais seul, et je ne pouvais même plus bander, tel un moins que rien. J’étais étrangement investit de la même envie qu’Arnaud. J’avais envie de partir, mais pour changer de vie. Je voulais changer de travail, de changer de ville, de quitter cet endroit, de m’y éloigner et de ne plus revenir. Plus rien ne me rattacher ici. Egoïstement, je pensais que même pas mère ne se soucierait pas de mon absence. Je viendrais simplement la voir moins fréquemment. A quoi bon mes visites qu’elle oubliait dès lors que j’avais franchi le pas de la porte ?
Je perdais ma liberté ici, elle s’était terni, j’avais besoin de renouveau, sans m’avouer que je voulais simplement fuir…
Perdu dans mes pensées, je ne vis pas une femme arriver, s’asseyant simplement à côté de moi, sans demander si cela me déranger.

-              Bonjour, finit-elle par me dire, ne voyant pas de réaction de ma part.

Me tournant vers elle, je répondis la même chose machinalement. Pourtant mes sourcils se froncèrent. Elle portait l’uniforme d’infirmière, mais je ne l’avais jamais ici vu auparavant. Et pourtant elle avait quelque chose de familier, sans que je sache dire de quoi il s’agissait précisément.

-              Vous êtes nouvelle ici ? Finis-je par lui demander devant son silence.
-              Oui, j’ai commencé il ya deux jours.  Vous êtes Jonas ? C’est bien cela.
-              Euh oui… Lui répondis-je en fronçant les sourcils, sans pour autant lui demander comment elle connaissait mon nom.

Pourtant, elle répondit à ma question muette.

-              Je m’occupe de votre mère, elle me parle beaucoup de vous petit, et je vous ai vu avec elle tout à l’heure…

Je ne répondis rien à cela. S’il y avait bien une chose dont je n’avais pas envie de parler c’était de ma mère.

-              Désolée, je vous dérange peut-être ? Me dit-elle, soudain gênée. Mais je vous ai vu ici et je ne sais pas, j’ai eu envie de parler à ce fameux Jonas. Mais je vais vous laisser maintenant, excusez moi encore. Finit-elle en se levant.

-              Si vous m’aviez dérangé, je vous l’aurais tout de suite fait comprendre, lui répondis-je avec un sourire. Mais je préfère tout de suite vous prévenir, j’aime les hommes.

Faussement vexés, mais pas choquée le moins du monde par la découverte abrupte de mon homosexualité, elle se rassit à côté de moi.

-              Si j’avais vraiment voulu vous draguer, je ne m’y serais pris ainsi. Je suis mariée. Cependant, je peux dire que vous êtes une perte pour la gente féminine, fit-elle avec un clin d’œil. Je ne peux pas rester longtemps, je suis simplement en pause.

Je répondis à son sourire, amusé par ce qu’elle dégagé, comme un bol d’air frais, contrastant avec ma mine maussade. Alors que je sortais une cigarette, elle m’en demanda une tout naturellement.

-              Je suis désolée, j’ai oublié mon paquet dans ma voiture, je vous en rendrais une la prochaine fois.

Elle se mit alors à parler en prenant le peu de pause alors que je l’écoutais silencieusement. Alors que j’aurais pu être ennuyé de l’entendre ainsi me débiter tout un discours, je fus curieusement intéressé et elle parvint à me captiver par son discours. Il était rare que je sois en contact avec des femmes. Ainsi, j’appris qu’elle était nouvelle dans la ville et qu’elle s’ennuyait parce qu’elle ne connaissait pas grande monde. Son mari avait été muté et elle l’avait suivit, trouvant un travail ici par chance et contact.
Elle partit aussi vite qu’elle était venue lorsqu’elle vu l’heure.

-              Oh mon dieu, le temps de ma pause est largement dépassé, il faut que je file. Contente d’avoir fait votre connaissance. J’espère vous revoir ici ! On ira boire un café la prochaine fois.
-              Avec plaisir, répondis-je.
-              A bientôt.

Et c’est ainsi qu’elle fila à travers les arbres du parc en courant. Je la regardais en souriant, mais ce sourire s’effaça bien vite lorsque je me retrouvais seul avec moi-même, toujours aussi perdu avec cette envie présente de nouveaux horizons. Je n’étais pas du genre à agir sous un coup de tête, mais je décidais d’envisager la situation avec sérieux. Me redressant, je finis par me lever et rejoindre ma voiture. Avant tous ses projets, beaucoup de travail m’attendait à mon club suite à ma longue absence…



La suite: chapitre 12.
Ps: dites-moi si vous voulez que je mette dans quelques temps déjà une partie de mon chapitre ou si vous préférez avoir tout d'un coup... ;)

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 13:32

Partie 8.


Le plus difficile fut de me réveiller le lendemain vers midi dans le même état que la veille voire pire. Le silence régnant dans ma maison que j’avais tant chéri me pesait aujourd’hui douloureusement. Je me redressais difficilement et me rendis laborieusement à la salle de bain, pris de vertiges. Allumant la lumière et me plaçant devant le miroir en me maintenant tant bien que mal au lavabo, je soupirais en voyant l’état de mon visage. Un bel œil au beure noir, et un filé de sang sécher qui coulait le long de mon nez jusqu’à l’angle de ma douche.
Silencieusement, je filais sous la douche, m’asseyant directement au fond de celle-ci, incapable de tenir debout. Après un temps que je jugeais interminable, je fus propre mais n’avais qu’une envie : m’étendre à nouveau pour dormir.
Mais alors que je me dirigeais vers mon canapé, j’entendis quelqu’un sonner à la porte. Autant dire que j’hésitais à aller ouvrir. Mon envie de ne voir personne ne s’était pas envoler et était toujours bien présente.  Mais je me décidais finalement à ouvrir et qu’elle ne fut pas ma surprise de voir Thomas devant chez moi. Après ce que je lui avais dit et fait subir malgré moi la veille, c’était vraiment la dernière personne que je m’attendais  à voir.
Un petit sourire étira ses lèvres face à ma surprise, puis sans me dire un mot et encore moi me demander mon avis, il déposa un bisou sur ma joue et rentra chez moi. Se dirigeant directement vers la cuisine, je le regardais faire, hébété.  Je finis par le suivre et remarquais en même temps que lui que rien n’avait bougé depuis la veille où nous avions quitté la cuisine. Se retroussant les manches, Thomas commença à récupérer ce qui pouvait l’être et se mit à faire à manger.
Me rapprochant de lui, poussé par l’orgueil, je lui dis :

-              Ce n’est pas nécessaire Thomas, ne te sens pas obligé.

Thomas se retourna pour me répondre et j’eus l’impression qu’il le fit un peu trop vite. Tout fut soudain flou et je perdais la notion de l’espace autour de moi. Je ne savais plus si j’étais debout ou bien allongé. Tout fut blanc pendant de courtes secondes et lorsque la vue me revint, je me retrouvais à genoux par terre avec Thomas abaissé près de moi, me maintenant tant bien que mal, et m’appelant, mort d’inquiétude, par mon nom.
Sans me laisser le choix, il m’aida aussitôt à me rendre jusqu’au salon et me fit m’étendre sur le canapé.

-              Ca va mieux ? Me demanda-t-il avec sérieux. Ne me fais plus une frayeur comme ça. Reste là et je vais te faire à manger. Tu dois avaler quelque chose sinon tu ne guériras pas.  Je suis sur que tu es mort de faim.

Sans vraiment l’écouter je souris. J’avais l’impression d’entendre ma mère. Fermant les yeux, je ne le vis pas partir. Je l’entendis légèrement s’affairer dans la cuisine, me reposant comme je le faisais depuis trois jours. Je somnolé lorsqu’il revint. Je refusais son aide pour me redressais et je le remerciais pour le repas. Il s’assit à côté de moi avec une assiette légèrement moins remplie.  Si je n’avais pas particulièrement faim au début, ce ne fut qu’après plusieurs bouchées que je réalisais combien mon corps manquait de nourriture. J’avais perdu un peu de poids ces derniers temps avec toutes ces histoires. Ce n’était rien d’alarmant, mais il ne fallait pas que je perde plus et je me trouvais à la limite.
Si l’appétit m’était revenu, il me fut cependant difficile de finir mon assiette et ma lenteur m’insupportait. Thomas avait finit depuis un moment et je me donnais l’impression d’être un vieillard. Retrouvant quelques forces, je voulus me lever pour ramener mon assiette mais Thomas m’en empêcha et fila dans la cuisine pour faire la vaisselle. J’étais assez mal à l’aise de me faire materner ainsi. Ce n’était pas dans mes habitudes et pourtant j’en avais besoin. Thomas ne tarda pas à revenir, avec quelques cachets et un linge humide à mettre sur mon front. Sans me laisser le choix, il me fit m’allonger à nouveau et pris place à côté de moi, à genoux sur le tapis.
C’est à ce moment là seulement que je me sentis obligé de lui dire, culpabilisant pour la veille :

-              Excuse-moi pour hier soir Thomas, toute la scène et la manière dont je t’ai parlé…
-              Ce n’est pas grave, me coupa Thomas. Je comprends…

Un silence s’installa. Mes yeux étaient à moitié clos mais je luttais pour continuer d’être près de Thomas. Sa présence m’apaisait étrangement, sans que je sache dire pourquoi. C’est alors qu’il commença à me demander, les joues rouges :

-              Est-ce que c’est vrai que tu as… Avec Arnaud.

Je me tendis aussitôt et Thomas s’empressa de dire avec timidité :

-              Excuse moi, je suis débile de demander cela, je n’aurais jamais du, oublie ma question…

 

Je ne pus m’empêcher de soupirer. Je n’avais pas honte de la réponse. Je pouvais la lui donner. Me redressant légèrement pour lui parler plus en face, je dis d’une voix terne emprunte d’un dégout de moi-même :

-              Malheureusement oui. J’ai couché avec Arnaud. Je pourrais te dire qu’on était bourré, me chercher des excuses… Mais ce serait hypocrite et je ne le suis pas. Il a voulu, il était mal face à sa relation bancale avec Samuel, et je n’ai pas su dire non.

Le silence suivit et Thomas se mit à fuir légèrement mon regard alors que j’ajoutais surement par besoin d’évacuer un peu :

-              Arnaud ne m’a pas rappelé depuis hier soir, et je ne sais même pas si je dois le faire. Je ne sais plus quoi faire avec toute cette histoire.


Je soupirais de douleur et de lassitude. Cette histoire m’atteignait bien plus que je ne le pensais et l’état de mon corps n’était que de la surface. Face au silence de Thomas je ne pus m’empêcher de lâcher :

-              Toi aussi tu me trouves horrible c’est ça ?...

-              Non ! S’empressa de dire Thomas un peu vivement. Je… Euh…

Il ne savait pas quoi dire. D’ailleurs qu’y avait-il à dire. J’étais horrible, et il n’y avait pas de conseil pour cette situation qui ne faisait que se noircir. Mon regard se voila et ce fut à mon tour de fuir son regard.

Le silence retomba entre nous, ne voyant pas quoi ajouter, et j’osais à peine imaginer ce que Thomas pensait de moi en cet instant. Il ne devait pas avoir une plus haute opinion de moi. Je sautais sur tout ce qui bougeait sans morale et cela était aussi valable pour mon meilleur ami. Je savais qu’i ne l’exprimerais jamais tout haut et pourtant cela m’aurait fait du bien d’entendre à quel point j’étais écœurant.
Allait-il se détourner de moi ? C’était malheureusement ce que je lui conseillais. Mais qu’étais-je pour lui, à part son amant, partageant seulement de la baise. En outre, si cela était vrai, pourquoi étais-je là pour lui lorsqu’il en avait besoin et inversement. Excepté Arnaud, Thomas avait été le seul à voir mes défauts et mes faiblesses. Quels étaient réellement nos rapports ? Est-ce qu’être là l’un pour l’autre était véritablement être des amants ? J’aimais le sexe avec lui plus que tout, mais j’aimais aussi en cet instant présent le savoir prêt de moi. Le regard baissé et emprunt de tristesse, je ne pouvais voir ce qu’il faisait, même si je sentais ses yeux posés sur moi, me scrutant tel un juge.
Je ne savais étrangement plus quoi dire et encore moins quoi faire. Pour la première fois, c’était moi qui n’osais pas le regarder en face. C’est alors que je sentis sa main tiède se poser sur mon avant bras, tandis que l’autre passait avec douceur sur ma joue, m’invitant sans obligation à tourner la tête vers lui. Un frisson parcourut mon échine lorsque je croisais enfin son regard. En cet instant, il pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert. J’étais perdu, tout autant que mon être criait ma détresse. Thomas semblait serein et avait ce je ne sais quoi que je ne parvenais pas à décrire. Déstabilisé, je ne faisais qu’attendre, sans savoir ce qu’il avait décidé de faire. Lentement, sans lâcher mon regard, il rapprocha son visage du mien. Etait-ce de la compassion que son regard reflétait ? Ma tête tournait et je ne savais pas si cela était vraiment du à la fièvre.
Je pouvais sentir le sang battre dans mes tempes, envahi d’un ressentis qui m’étais jusqu’alors inconnu. Thomas n’était maintenant qu’à plus que quelques millimètres, et peu de doutes planaient quand à ce qui allait suivre...  J’accueillis ses lèvres en le laissant mener la dance, même si la tendresse qu’il dégageait me déstabilisait. Envahi par sa chaleur, je ne me rendais compte qu’à cet instant combien j’étais froid intérieurement. Sa main glissait sur ma nuque, alors que sa langue investissait ma bouche, à la rencontre sa jumelle. Jamais il ne m’avait embrassé ainsi, c’était un baiser différent de tous les précédents. Il ressemblait étrangement au baiser qu’il m’avait donné lorsque j’avais perdu mon père, mais je ne le vivais pas aujourd’hui comme un simple réconfort. Sa langue enlaçait la mienne, me menant loin de mes problèmes et de mon état actuel. Me laissant transporter par Thomas, je commençais à me sentir étrangement bien, retrouvant un sentiment qui semblait m’avoir quitté depuis longtemps. J’atteignais avec lui comme une sorte de paix intérieure, trouvant refuge dans s on affection. A demi allongé sur moi, je m’écartais légèrement du bord du canapé pour lui laisser un peu de place, tout en l’attirant à l’aide de mes bras pour le serrer fort contre moi. J’avais besoin de sentir cette présence, tout autant que ce baiser qu’il m’offrait, plus que les mots qu’il ne savait me donner. Je parvenais à retrouver une certaine place. Thomas ne me jugeait pas, et il était en train de me le prouver. Alors que je rejetais ma propre existence et mes actes, Thomas me ramenait peu à peu, me faisant me sentir vivre. Je ne savais comment il était capable de cela, mais je me laissais simplement transporter, sans penser, simplement exister.
Thomas restait allongé contre moi, enlacé dans mes bras. Nous ne cherchions pas l’acte sexuel, de simples baisers et caresses étaient échanger, n’allant pas plus loin que de la tendresse. Je ne savais pas si cet état tiendrait dans le temps, mais je le prenais comme une pause qui m’étais accordé, un instant de repos que je n’étais parvenu à avoir jusqu’à cet instant.
Lorsque nos échanges cessèrent, Thomas resta allongé près de moi, à moitié couché sur moi, la tête posée sur mon torse. Je ne le repoussais pas, bien au contraire, le retenant de mes deux bras. Je voulais rester encore dans cette petite bulle, je ne voulais pas retomber maintenant dans ma vie. En réalité, je voulais m’en échapper, en sortir, tourner le dos à tout cela et partir le plus loin possible pour être quelqu’un d’autre, pas le Jonas Delas que tout le monde connaissait. Mes yeux commençaient à se fermaient, emporté par la fatigue alors que je tentais de lutter. Mais si je n’étais plus cette personne, alors que serais-je ? Que pouvais-je être à par Jonas, cet homme qui se revendiquait libre et qui transpirait d’égoïsme ? Pouvais-je être différent ? Ce fut cette dernière question qui effleura mon esprit avant de sombrer dans le sommeil.
J’étais entre deux rêves lorsque je sentis cette chaleur si confortable me quitter. J’entrouvris à moitié les yeux et Thomas sembla me murmurer qu’il devait y aller. Sans vraiment lui répondre, je sombrais à nouveau, trop engourdit de sommeil. 

Je m’éveillais seulement en début de soirée. Le soleil était encore présent, bien que la luminosité s’amoindrissait à travers les rideaux. M’étirant, je me redressais et me retrouvais en position assise. Tout était à sa place et rien ne laissais deviner la venu de Thomas cet après-midi.
Je commençais à être perdu quand à nos rapports. Il était simplement venu me voir, par inquiétude au sujet de mon état et ce qu’il avait fait pour moi cet après midi avait amélioré mon état plus que je ne l’aurais cru. Et cela ne s’arrêtait pas à seulement un repas préparer, mais ce sentiment de solitude et de rejet de mon être s’était comme légèrement estompé, réduit un bref instant pour me perdre de respirer, comme une bouffée d’air frais.

Je ne savais pas comment il s’y était réellement pris, et si tout cela avait été fait consciemment. Je repensais à sa présence dans cette maison, à la raison de sa première venue, et au moment qu’il avait passé chez moi.
Etions-nous des amants ? Des amants ne se comportaient pas ainsi l’un pour l’autres, des amants ne se voyaient que pour coucher ensemble et rien de plus, gardant leur propre vie séparée sans y interférer. Etions-nous dans ce cas-là des amis ? Des amis ne couchaient pas ensembles. Un pincement vif et violent me sera le cœur à cette dernière pensée, Arnaud revenant aussitôt à mon esprit. Non, des amis ne devaient jamais coucher ensembles…
Me redressant vivement, je dus rester un moment sans bouger, ma tête se remettant à tourner. Pour la première fois de depuis plusieurs jour, je voulais une cigarette et prendre l’air, signe que ma guérison physique était en bon chemin.
Marchant hagard jusqu’à la cuisine, tentant de repousser de mon esprit les images d’Arnaud et moi commettant l’irréparable,  et tout ce qui s’en suivait, je ne pus que sourire amusé et touché en voyant mon repas du soir soigneusement préparé par Thomas.
Ne pouvant gâcher sa nourriture, et même si je n’étais pas parti pour me nourrir, je me retrouvais sur ma terrasse, le ventre plein, savourant une simple cigarette en regardant la mer calme.
Mes yeux commençaient déjà à se fermer et je pouvais sentir la fièvre remontrer malgré les cachets. Ce fut surtout le froid et les frissons qui me forcèrent à rentrer. N’ayant pas envie d’une chose particulière, j’allais simplement me coucher, désirant fuir grâce au sommeil mes pensées qui tournaient sans cesse autour d’Arnaud. Je ne savais même pas si je devais l’appeler et encore mois quoi lui dire. Ce fut avec l’angoisse au ventre à son sujet que je sombrais à nouveau.

Je me réveillai tout en sueur le lendemain en fin de matinée. J’avais passé une nuit atroce. Je ne me rappelais plus de mes cauchemars avec précision, mais Arnaud y était présent. Je frottais mes poignets comme si j’avais été attaché à nouveau mais cette fois-ci contre mon gré.
Je me levai précipitamment, désirant quitter ce lit et par là même ces cauchemars.
Arrivé dans la salle de bain, je sursautais en voyant mon reflet. Les cernes qui ornaient mon visage donnaient l’impression que je n’avais pas dormi depuis des jours et un tourment insatiable se déchaînait dans mes prunelles. Jamais je ne m’étais vu ainsi, aussi misérable.
Soupirant, je me passais de l’eau sur le visage, comme si cela pouvait y changer quelque chose, avant de filer sous la douche pour me débarrasser des souvenirs de cette nuit.
Alors que je sortais de la salle de bain avec une simple serviette nouée sur la taille une fois que j’eus terminé, j’entendis sonner à ma porte. Surpris et ne réfléchissant pas vraiment quand à ma tenue, j’allais ouvrir, me demandant qui cela pouvait être. Et ce fut encore Thomas, le même et éternel sourire timide affiché sur son visage. Je le vis aussitôt rougir quant à ma tenue peu décente, bien qu’il ne se gênait pas non plus pour regarder. Malheureusement pour lui, et pour moi, je n’étais pas en état de grand-chose aujourd’hui encore.

-              Je ne te dérange pas ? Finit-il par me demander.
-              Bien sur que non Thomas… Répondis-je volontairement charmeur avant de lui laisser la place pour rentrer.

Je le suivais dans le salon et il finit par se tourner vers moi et m’expliqua :

-              Je t’ai pris quelques médicaments plus adapter à ton état à la pharmacie, et j’ai amené un dvd et du maïs pour faire du pop-corn… Si tu te sens en état bien sur !
-              Merci Thomas, répondis-je simplement.

J’avais normalement du mal avec le fait que l’on s’occupe ainsi de moi, mais étrangement avec Thomas c’était différent. C’était comme si je mettais ma fierté de côté. Contrairement au jour précédent, je l’aidais à faire à manger après m’être habillé sous sa demande. Nous profitâmes du soleil sur la terrasse, ne parlant pas énormément, mais appréciant le silence que nous partagions, ponctué par le bruit tumultueux des vagues.
Nous n’abordâmes pas le sujet d’Arnaud, et de ce que j’avais fait, car je n’en ressentais pas le besoin, ou plutôt, n’en avait pas la moindre envie. Je voulais prendre du recul, me sortir un peu de tout cela et Thomas m’aidait dans ce sens. Lorsqu’il sentit que je commençais à fatiguer, nous allâmes nous installer confortablement dans le salon pour le film. Alors que je m’occupais de mettre en place le dvd, Thomas alla faire du pop-corn. Il revint avec un plat rempli et pris place à côté de moi sur le canapé, posant son saladier sur ses genoux. Il n’hésita pas à se coller à moi, et je l’enlaçais d’un bras, posant ma main sur son épaule opposée.
Il avait amené une comédie et je savais que son choix n’était pas fait au hasard. Ma pensée se confirma durant le film alors qu’il n’arrêtait pas de me jeter des regards inquiets sans pouvoir les contenir. Je fus touché plus que je ne l’aurais cru, même si l’idée que mon état minable soit si transparent m’agaçait.
Durant tout le film, nous restâmes soudés l’un contre l’autre, comme si Thomas sentait que j’avais besoin de sa chaleur. Une fois le film terminé, il s’écarta de moi à contrecœur :

 

-              Je suis désolé Jonas, je vais devoir y aller, j’ai une commande de meuble à terminer pour un client avant demain…
-              Tu n’as aucune obligation à rester ici Thomas et encore moins à t’excuser, dis-je en me levant à mon tour. Merci pour tout ce que tu fais pour moi…
-              C’est normal, me dit-il avec un sourire qui aurait fait craquer plus d’un homme sur cette planète. Par contre je ne pourrais pas venir demain, je suis désolé…. Quentin… Il sera de retour… Annonça-t-il plus hésit
ant.

-              Je comprends, répondis-je assez froid malgré moi.

Cela n’avait rien à voir avec de la jalousie, mais je ne comprenais toujours pas comment Thomas pouvait ainsi s’accrocher à un homme aussi exécrable que Quentin. Il méritait tellement mieux… Rien que l’image de l’état de son corps la dernière fois me mettait hors de moi. Mais je ne pouvais rien y faire et n’avais pas mon mot à dire dans cette histoire.
Je raccompagnais Thomas jusqu’à la porte et alors qu’il allait sortir, je l’attrapais par le bras, le forçant à se tourner vers moi.  Sans lui laisser le temps de réagir, mes lèvres se collèrent contre les siennes pour lui offrir un baiser dument mérité. Passé l’instant de surprise, Thomas y répondit avec vigueur. Sans ce baiser, je fis passer plus qu’un simple merci et j’espérais que Thomas le remarquerait.


S’il m’avait donné un baiser étrange hier, c’était à mon tour aujourd’hui. Nous nous séparâmes chancelant, lorsque l’air vint à manquer. Glissant directement jusqu’à son oreille après avoir croisé son regard grisé, je lui murmurais :

-              Je te promets de rattraper ce temps perdu la prochaine fois et de te remercier comme il se doit…

Ces paroles me ressemblaient plus que le baiser que je venais de lui donner. C’était comme si je retrouvais une petite part de moi-même.
Nous nous quittâmes avec un sourire et un dernier baiser qui laissa des rougeurs sur les joues de Thomas. Une fois qu’il fut partit, je sentis la fatigue due à la maladie me prendre de nouveau et m’installais simplement sur mon canapé devant la télévision. Sans m’en rendre compte, je m’assoupis jusqu’au soir.

Chapitre 9: Not alive without you: chapitre 11 partie 09[LYBERTYS]
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 13:31

Partie 7.


Thomas se gara devant chez moi, et alors que j’allais sortir, je lui proposais plus pour m’excuser et par envie de partager un peu plus de temps avec lui :

-              Tu veux boire quelque chose avant de rentrer chez toi ?

Je ne sais pas si Thomas accepta car l’idée lui plaisait ou simplement parce qu’il avait peur que je n’arrive pas à parcourir les derniers mètres. Mais il s’empressa d’accepté et il fut déjà dehors en train de m’ouvrir la portière. Refusant son aide pour marcher jusqu’à chez moi, je l’invitais à rentrer et nous allâmes directement jusqu’à la cuisine.

-              Tu veux manger quelque chose ? Lui demandais-je en m’apercevant qu’il était l’heure du repas
-              Euh… Oui pourquoi pas…

Je n’avais vraiment pas faim, mais je l’invitais à s’asseoir et commençait à préparer à manger avec les moyens du bord. Je m’autorisais cependant avant un autre doliprane et un grand verre d’eau.
Le silence planait dans la cuisine et je sentais Thomas m’observer sirotant un verre que je lui avais servi. Que je sois malade ou non, une chose était sur, je n’étais pas doué pour faire à manger.
Thomas finit par se lever et me dit avec plus d’assurance que précédemment :

-              Je peux au moins t’aider à faire à manger !

J’acceptais avec un sourire, me déridant un peu. J’étais content de le revoir, de le savoir ici. Ma solitude prenait un autre sens. Nous n’allions surement pas coucher ensemble au vu de mon état, mais il restait quand même ici. Il se sentait surement redevable pour la roue de sa voiture...

-              Comment vas-tu ? Finis-je par lui demander.
-              Assez bien, me répondit-il avec un sourire.
-              Quentin est en déplacement ? Lui demandais-je.
-              Oui pour quelques jours…
-              En tout cas, drôle de façon de chercher à me voir. La prochaine fois évite de crever ta roue. Tu sais que tu peux juste m’appeler. Dis-je en le taquinant un peu.

Thomas s’offusqua et nous continuâmes à parler de tout et de rien. Au lieu de m’aider, il finit par faire complètement à manger et je restais simplement à côté le regardant faire. Puis le silence revient doucement, et Thomas sembla plus gêné. Je ne l’aidais pas vraiment à se lancer et attendis patiemment qu’il me parle. Et c’est ce qu’il fit peu de temps après :

-              Jonas, je… Je voulais te dire que... Je… Je m’excuse pour l’autre soir lors de la fête…

Il ne me fallut pas longtemps pour me souvenir de ce moment là. Mon cœur se pinça en repensant à son état cette nuit là. Je le regardais : Thomas était là devant moi, des rougeurs sur les joues à quelques centimètres de moi. Je fus pris d’une envie soudaine de l’embrasser. Jusqu’à maintenant, je ne l’avais même pas touché. J’avais envie d’être tout près de lui, de chercher de contact d’une autre personne. Mon attitude changea, Thomas s’en aperçus mais il ne bougea pas, murmurant simplement mon prénom.  Lentement, je m’approchais de lui, rêvant déjà au gout de ses lèvres et à la chaleur qu’il allait m’apporter. Mais le destin en avait décidé autrement. Au moment où nos lèvres allait juste se toucher, quelqu’un sonna et se mit à tambouriner brusquement la porte. Frustré tout autant que semblait l’être Thomas, je me rendis dans l’entrée, suivit de près par Thomas qui coupa le feu, le repas étant prêt.
L’intrus qui venait de nous déranger n’était autre qu’Arnaud. A peine eussè-je ouvert la porte, qu’il se jeta sur moi en voulant m’embrasser. Il empestait l’alcool et j’eus toute les peines du monde à le repousser, loin d’être dans une forme olympique. Je refermais la porte d’entrée, alors qu’Arnaud rentrait dans le salon sans un regard pour Thomas.  Le suivant, ne sachant pas à quoi m’attendre avec lui et étant la dernière personne que j’avais envie de revoir, il se retourna brusquement vers moi et commença à dire la voix rauque et déformée par l’alcool :

-              Je suis désolé Jonas… Vrai… vraiment désolé pour tout ce que je t’ai dis il y a deux jours, je n’en pensais pas un mot. Je suis… Je suis sur… Je suis sur que toi aussi tu regrettes tout ce qui s’est passé.

Sans me laisser le temps de répondre, il se jeta à nouveau sur moi, m’enlaça vigoureusement et plaqua ses lèvres contre les miennes. Ma seule défense fut de rester les lèvres closes. Arnaud s’en aperçut qu’à moitié et s’écarta de moi en me déclarant combien il m’aimait. Pendant ce temps, Thomas restait planté à quelques pas de nous sans savoir quoi faire.
Arnaud me regarda soudain en fronçant les sourcils et plaqua une main sur mon front. Rassemblant un peu ses esprit, il déclara :

-              Mon dieu Jonas, mais tu es brûlant ! Qu’est ce que tu fais debout ! Tu aurais pu m’appeler, ou au moins aller voir un médecin. C’est tout toi ! Tu n’es vraiment pas raisonnable. Je paris que tu t’es soigné au doliprane. Tu ne….

Et s’en suivit d’un blabla interminable que je n’écoutais plus. J’étais perdu. Il y avait deux jours Arnaud m’envoyait mes quatre vérités en face et il faisait ce soir comme si rien ne s’était passé, se laissant même aller à me faire une leçon de morale comme si nous étions un parfait petit couple.

-              Ne bouge pas, finit-il par dire, je vais voir ce que tu as dans ta pharmacie !

 

Me tenant lamentablement au fauteuil, je me tournais vers Thomas, désolé que tout ceci se passe en sa présence.

-              Je suis désolé pour tout ça Thomas. C’est une longue histoire… Tu ferais peut être mieux d’y aller, je sens que ma soirée va être longue… Soupirais-je.
-              Tu es sur que ça va aller ? Me demanda Thomas, ne sachant plus trop sur quel pied danser.
-              Aucune idée…

Thomas finit par suivre mon conseil et remit sa veste pour partir, sans me lâcher du regard, prouvant qu’il s’inquiétait pour moi.
Je tentais au mieux de cacher le malaise qui me saisissait. La simple idée de me retrouver seul à seul avec Arnaud me donnait un haut le cœur, mais je ne voulais pas m’appuyer sur Thomas et lui infliger ce genre de scène. Il avait déjà assez avec sa propre vie et nous n’étions que de simples amants. Je soupirais de découragement alors que j’entendais Arnaud me crier que ma pharmacie était désespérément vide.  Lançant un regard à Thomas qui continuait de m’observer anxieux, je l’attrapais par la taille pour le raccompagner, désirant profiter un peu de sa chaleur avant qu’il ne s’en aille. J’aurais vraiment aspiré à une soirée simple avec lui, mais entre ce que je souhaitais et la réalité, il y avait un monde. Et cela n’était vraiment pas finit.
Alors que j’allais ouvrir la porte, quelqu’un sonna à nouveau. Je tombais nez à nez avec Samuel. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu. Glacial, son regard posé sur moi ne renvoyait que de la haine et de la colère. Ne faisant attention à moi que quelques secondes, il me bouscula presque pour passer et rentrer chez moi.
Au même instant, Arnaud arrivait dans le salon, et Samuel se mit à hurler :

-              Bon dieu j’en étais sur ! Qu’est ce que tu fiches ici !

Thomas disparut de mon champs de vision, tandis que les cris résonnés douloureusement dans ma tête.

-              C’est plutôt à moi de te demander ça ! S’écria Arnaud sur le même ton.

Le sang de Samuel ne fit qu’un tour et il brailla à son tour ;

-              Tu es venu encore une fois pour chialer devant ma porte complètement bourré, et je vois que je me suis inquiété comme un con ! J’aurais du m’en douter ! Tu cours tout de suite chez Jonas !  Et moi qui te cherchais partout en craignant que tu aies fait une connerie !  Oh et puis merde, après tout j’en ai rien à foutre, nous ne sommes plus ensemble alors tu peux bien aller chez lui comme bon te semble.


Cette dernière phrase énerva particulièrement Arnaud s’emporta à nouveau et se mit presque à hurler :

-              J’ai essayé de te parler tout à l’heure, je dormais chez Jonas en attendant…
-              Je suppose que tu couches avec aussi… Répliqua Samuel sèchement.

Si habituellement ce genre de réplique faisait exploser Arnaud, ce ne fut pas le cas. Celui-ci ne répondit rien, et c’est ce qui alerta Samuel. Mon ami se mit à me regarder et mon cœur s’emballa. Cet imbécile était en train de lui avouer ce que nous avions fait. Samuel nous fixait tout les deux et ce ne fut que lorsque Arnaud regarda Samuel bouche bée et qu’il finit par baisser les yeux que Samuel eut sa réponse.
J’eus presque mal pour Samuel qui se mit à rire les larmes aux yeux.

-              Est-ce que c’est bien vrai Arnaud, je ne rêve pas ?

Arnaud ne répondit rien et Samuel ajouta la voix brisée :

-              J’ai du mal à le croire…. Alors que notre couple allait déjà au plus mal, tu couches en plus avec ce connard ! Tu aurais pu tous te les faire, mais il a fallut que ce soit Jonas. Comment as-tu pu…

La colère remplaça la peine vive qui l’avait habité un bref instant. La renflouant au plus profond de lui, brisé il empoigna Arnaud en lui demandant :

-              Qu’est ce qui t’a pris Arnaud. Je t’aimais… J’étais sur le point de te pardonner ton geste avec l’autre type et tu…

Ce fut au tour d’Arnaud de se sentir au plus mal, mais je n’allais pas bien mieux. Ma tête tournait et je ne cessais de me répéter que j’étais la cause de tout ceci… La poigne de Samuel se ramolli et Arnaud lui échappa pour tomber à genoux, les larmes ruisselants sur ses joues à flots.

-              Excuse-moi Samuel. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je te veux toi et pas un autre.
-              Ne me prend pas pour un con ! Il ne veut simplement pas de toi c’est ça ! Je ne peux plus te faire confiance Arnaud, le faire avec Jonas c’était me rayer de ta vie.
-              Mais je t’aime… Supplia Arnaud.

La douleur et la haine déchira les traits de Samuel, et je vis son poing se lever dans les airs. Rassemblant toutes mes maigres forces, je me décidais à intervenir, lui criant d’arrêter.
Samuel qui semblait avoir ignoré ma présence jusqu’à maintenant, reporta toute son attention sur moi. 

-              Finalement, Arnaud a déjà assez mal comme ça. Dit-il froidement en me regardant et en shootant légèrement dans Arnaud pour se défaire de son emprise alors que celui-ci pleurait sans savoir s’arrêter.

Reportant toute sa colère sur moi, il commença à m’insulter violemment. Je supportais de moins en moins les cris, je commençais à voir flou et mes oreilles bourdonnaient étrangement. Une pitié sans nom m’envahie pour Arnaud et l’état dans lequel il était réduit. Je n’avais fait que l’enfonçais. Peut être que ce fut à cause de cela que Samuel ne me supporta plus. Comment pouvais-je regarder ainsi mon ami,  alors que j’étais la cause de tout cela ? Comment avais-je pu faire cela à leur couple ?Ne supportant pas mon absence de réponse, Samuel fonça sur moi et m’envoya son poing en plein dans mon visage, comme je le méritais. Je m’effondrais littéralement sur le sol, perdant l’équilibre alors qu’une douleur sans nom me saisit la tête.
Tout fut noir pendant un court instant, et lorsque j’ouvris de nouveau les yeux, sonné, je sentis le gout du sang dans ma bouche.
J’entendais vaguement Arnaud essayer une dernière fois de rattraper Samuel, en lui suppliant de le pardonner. Mais c’était définitivement finit, Arnaud avait blessé Samuel trop profondément et celui-ci souffrait. Je ne lui en voulais même pas pour son coup. Je l’avais mérité, mais je voulais surtout m’éloigner de tout cela et de toutes leurs histoires. Samuel finit par déclarer sèchement, juste avant de claquer la porte :

-              Ne cherche plus à me voir Arnaud ! C’est terminé ! Crevez ensemble si ça vous chante, je ne veux plus entendre parler de vous.

Toujours étendu sur le sol, je ne savais même pas comment me relever. Le gout du sang dans ma bouche se faisait de plus en plus précis, et j’avais l’impression que l’on frappait ma tête avec un marteau. J’étais épuisé et je ne supportais plus la douleur qui irradiait mon corps.
J’entendais Arnaud pleurer de toute son âme, mais je n’avais pas la force de me relever et de l’aider. Egoïstement, je ne voulais qu’une chose : qu’il s’en aille avant que je ne tombe dans les pommes. Mais celui-ci vint vers moi, pleurant toujours et tenta de m’aider à me lever en s’excusant dans un vocabulaire incompréhensible. Ce ne fut qu’une fois assis sur le sol, me tenant ainsi uniquement parce qu’il me maintenait en me disant qu’il allait s’occuper de moi et combien il était désolé que je lui murmurais de partir. Je ne faisais pas cela parce que je ne voulais plus le voir, mais je n’avais plus de force, au point de m’évanouir de fatigue. Je voulais simplement dormir, et j’étais incapable de le soutenir. Mon visage se crispait de douleur face à la migraine qui s’emparait de moi.
Arnaud ne m’écouta pas, et tenta quand même de me relever en continuant de pleurer et de déblatérer de phrases que je n’arrivais pas à comprendre. A bout de nerf, je lui criais presque méchamment de partir et de me laisser seul. Ce n’était pas contre lui, mais je ne pouvais pas aider mon ami. Arnaud s’écarta brusquement, choqué de me voir lui parler ainsi et perdu de ne pas m’avoir pour soutient. Sans un mot, il se redressa et me fixa un court instant, assis sur le sol, à deux doigts de m’étendre à nouveau. La détresse que je pouvais lire dans son regard ne m’atteignait même pas. J’avais conscience de ce qu’il devait ressentir. Il avait vraiment besoin de moi et je n’étais pas là : j’étais bel et bien l’égoïste qu’il avait décrit.
Avant de me tourner le dos, il m’envoya un dernier regard désespéré, abandonné par les deux hommes qu’il aimait. La douleur que je ressentis à le voir s’en aller ainsi de chez moi fut insoutenable, j’avais comme cette cruelle impression de le perdre pour de vrai. Quelque chose venait de se briser, et je n’étais même pas capable de tendre la main vers lui pour le rattraper. La porte se referma doucement, sans colère, juste de la souffrance.
M’adossant légèrement au fauteuil derrière moi, ce n’est qu’à cet instant seulement que je me rappelais de la présence de Thomas. Je ne savais même pas ou il était. S’il n’avait pas été là, j’aurais passé la nuit ici. Faisant appel à mes dernières forces, je me relevais. Ma tête tournait, je n’aspirais qu’à m’étendre dans mon lit dans le noir, seul.
J’appelais plusieurs fois Thomas sans réponse. Me déplaçant en m’aidant des murs pour tenir debout, je finis par le trouver dans la chambre, assis par terre dans le noir, recroqueviller sur lui-même. Il était terrifié et il voyait déjà assez de violences et de cris dans sa propre vie. Mais comme pour Arnaud, je n’avais pas la force de faire quoi que ce soit pour lui en cet instant.
Allumant la lumière, je le fis sursauter et il redressa la tête. En silence, j’allais m’assoir sur le bord du lit, incapable de tenir debout une seconde de plus.
Thomas écarquilla les yeux quand son regard se posa sur mon visage. Se relevant presque immédiatement, il me demanda  où était ma pharmacie pour me soigner. Malheureusement, je ne voulais pas qu’on prenne soin de moi. J’avais mérité ce coup, tout comme je méritais d’être seul. Alors qu’il s’approchait de moi pour inspecter mon visage je ne me retins pas et comme avec Arnaud je le repoussais violemment et lui dit de partir, lui expliquant que je ne voulais voir personne et que j’avais uniquement envie de dormir.
Mais Thomas ne l’entendit pas de cette oreille et se mit à insister un peu, surement au vue de mon état qui l’inquiétait. Loin de faire dans la dentelle, je le repoussais encore une fois, plus froidement,  en m’allongeant dans le lit.
Thomas soupira et sans vraiment apprécié son traitement alors qu’il n’y était pour rien, il s’en alla sans un mot.
J’entendis la porte se fermer pour la dernière fois et sa voiture démarrée dans l’allée. J’étais enfin seul.  Le silence retomba dans mon appartement, mais ce n’étais pas celui que j’avais espéré. C’était ce genre de silence lourd et pesant. Fermant les yeux sans difficultés, je me mis soudain à regretter le départ de Thomas. Il aurait été là pour moi, et c’était mentir que de dire que je n’avais besoin de personne. Ce fut sur cette dernière pensée que je tombais dans un sommeil profond sans même m’en apercevoir.

 

chapitre 8: Not alive without you: chapitre 11 partie 08[LYBERTYS]

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Vendredi 1 janvier 2010 5 01 /01 /Jan /2010 13:30

Partie 6.


Une semaine était passée depuis cette nuit là et jamais je n’avais passé aussi peu de temps chez moi.  J’évitais ouvertement Arnaud qui continuait à rester chez moi. Il avait le cœur brisé, mais tentais de me le cacher au mieux. Ma maison était toujours propre et un repas m’attendait à chaque fois, sans qu’il sache si je rentrais ou pas. Souvent, je ne faisais que passer quelques minutes chez moi, et rester à dormir dans mon club. Mais Arnaud était toujours là, comme s’il m’attendait en gardant espoir. Lorsque nous restions plus de quelques minutes ensemble, Arnaud commençait à avoir les larmes aux yeux. Mais au lieu de le consoler, je ne faisais que me lever et partir, espérant qu’il fasse enfin de même.
Nous n’avions pas reparlé de ce qui venait de se passer. Mais après une semaine à éviter d’être chez moi, j’étais fatigué, et je n’aspirais qu’à une chose, finir mon après midi sur ma terrasse à regarder la mer et à savourer le calme qu’elle m’apportait. Je garais ma voiture en espérant qu’Arnaud soit enfin partit. Je n’arrivais pas à le lui dire, et le penser continuellement me faisait terriblement mal. Je ne supportais plus sa présence, j’étais odieux, froid comme jamais je ne l’avais été avec lui et il continuait à rester à mes côtés. J’étais sa faiblesse, et je ne supportais pas de le voir se mettre dans cet état pour moi, et de ternir son image.

Rentrant chez moi, je fus soulager de l’entendre sous la douche. Cela retardait le temps d’un face à face. Il fallait que nous parlions, mais aucun de nous deux ne savaient pas où commencer. Attrapant un cendrier et un verre de jus de fruit, je sortis sur ma terrasse. Je ne remarquais qu’à cet instant seulement combien la journée était douce et ensoleillé. Les vaguelettes claquaient doucement sur la plage, et les quelques mouettes se battait un morceau de poisson. J’allumais ma cigarette en soupirant, profitant de ces cinq minutes de calme que je n’avais pas eu chez moi depuis trop longtemps.

Mais Arnaud ne tarda pas à me rejoindre. Hésitant, il s’assit en face de moi, et me demanda l’air de rien :

-              Tu as passé une bonne journée ?
-              Oui… Répondis-je brièvement, n’ayant aucune envie d’une conversation s’étalant sur des platitudes.

Autant être honnête, je n’avais pas envie de conversation. Mais cela ne semblait pas être à son goût.

-              Tu ne travailles pas ce soir ?
-              Non. Soufflais-je sur le même ton.
-              On… On pourrait… On pourrait faire quelque chose ensemble…
-              Je ne pense pas que c’est une bonne idée Arnaud. Et, as-tu régler ton problème avec Samuel ? Il serait peut être temps non ? Demandais-je brusquement, sans réaliser ce que je lui demandais.

Arnaud commença à avoir les larmes aux yeux. Le regardant véritablement, je remarquais les traits tirés de son visage. Ses yeux étaient continuellement rouges, et des cernes prouvaient qu’il ne trouvait pas facilement le sommeil. Arnaud était épuisé, perdu, lessivé.
Ne pouvant d’avantage rester insensible, je me redressais légèrement, éteignait ma fin de cigarette et vint m’asseoir à côté de lui. Sans oser le toucher, je tentais de dire :

-              Excuse moi Arnaud. Je…
-              Non c’est de ma faute, c’est moi qui aie voulu… Et, je ne sais plus quoi faire Jonas, je suis perdu…
-              J’ai accepté de le faire Arnaud, il faut être deux pour ce genre de chose. Et je sais pertinemment que c’était la dernière chose dont tu avais besoin.  
-              Merci de me le dire Jonas, comme si je ne l’avais pas compris.

Je posais ma main sur la sienne, crispée sur sa jambe alors qu’il tentait de retenir ses larmes, fuyant mon regard.

-              Ecoute Arnaud, tu es la personne à qui je tiens le plus, et ça me tue d’être à l’origine de ton état. Ne crois pas que je vis parfaitement bien les choses. Mais je ne me vois pas en couple Arnaud, je ne me vois pas aimer comme ça, ce n’est pas fait pour moi.
-              Est-ce que c’est vraiment ce que tu souhaites ? Me demanda-t-il en redressant brusquement la tête vers moi et ancrant son regard dans le mien. Vivre seul toute ta vie ? Ne jamais avoir personne qui te rejoint le soir à la maison ? Quelqu’un qui te connais et qui soutient, quelqu’un qui t’aime et que tu aimes…
-              Les couples ne sont pas comme ça Arnaud. Ce n’est que l’idéalisation des premiers mois.
-              Tes parents ne sont pas un modèle unique Jonas ! Les couples ne finissent pas forcément comme ta mère et ton père ! On pourrait être heureux tous les deux, on pourrait essayer ! Laisse-moi te prouver le contraire, laisse-moi au moins essayer ! S’emporta-t-il le regard brillant.

-              Ne dis de bêtises Arnaud, on a déjà essayé.
-              Nous n’étions pas assez mature. On a changé Jonas. Je suis prêt maintenant, je me moque que tu ailles coucher à droite à gauche si c’est ce dont tu as besoin pour que l’on soit heureux. Je veux juste être l’homme le plus important de ta vie, y avoir ma place. Je veux vieillir avec toi Jonas.

Mon cœur se serra. Jamais, jamais je ne voudrais lui faire vivre cela. La simple idée qu’il m’attendre chaque soir et le voir au fil des années rongé par la jalousie et usé par ma personne. Je n’étais pas fait pour lui. J’étais son poison.  Même si c’était la plus belle déclaration de ma vie, et que je ne risquais pas d’en entendre de semblable, j’y restais insensible. Je ne pouvais pas l’entendre.

-              Et tu crois que tout ira bien pour moi aussi, que j’aurais la conscience tranquille en rentrant lorsque ça me chante. Je ne peux pas te faire ça Arnaud.
-              Si cela te gêne de coucher à droite à gauche, pourquoi ne restes-tu pas avec un seul, avec moi. Je ne te suffirais pas ?
-              Arnaud, nous avons déjà parlé de cela mille fois…

Mon ami se leva brusquement. Ce n’était plus des larmes qui inondaient ses yeux. Il était en colère et il claqua sèchement :

-              Je vais te dire la raison de tout cela : tu ne m’as jamais véritablement aimé !

Je restais sans voix. Assis sur ma chaise, le laissant le dominer, sans savoir quoi lui répondre. Et je n’en eus pas le loisir. Emporté par sa colère, il ajouta :

-              Tu n’es qu’un égoïste, ta manière de vivre est égoïste ! Tu ne penses qu’à toi et jamais une seule fois dans ta vie tu n’as pris en compte les sentiments des autres. Tu es l’homme le plus cruel que je connaisse. Au fond depuis le début de notre relation dans le passé, tu n’as jamais envisagé de vivre véritablement avec moi. Samuel avait raison. Tu te contentes de profiter des autres et tu clames à qui veut l’entendre que tu veux être seul. Mais tu vas finir par véritablement l’être Jonas et tu verras si c’est véritablement ce que tu désirais. Tu as peur de prendre le risque d’aimer. Tu fonces tête baissée vers ce qui s’en éloigne. Tu fuis, tu ne fais que cela et tu bases ta vie ainsi. Comment ais-je pu ainsi t’admirer, te citer en exemple, toi et ta vie de liberté. Moi je vais te dire ce que tu es : tu n’es qu’un lâche !

Sa dernière phrase claqua aussi froidement que l’était devenu mon cœur. J’avais mal mais je ne le laissais pas paraître. Arnaud m’avait fait mal, parce que ses paroles étaient criantes de vérité. Je n’allais pas le nier, je n’avais pas le contredire. Il réalisait enfin qui j’étais. Il fallait que je le laisse s’éloigner, que je le laisse me tourner le dos, que je le laisse vivre sa vie sans m’accrocher à lui. J’avais encore besoin de lui, et sa présence me serait toujours nécessaire. Mais je lui avais trop pris et il n’avait plus rien à me donner. Il fallait que je rompe ce dernier lien qui nous unissait avant qu’il ne regrette ses paroles, emporté par sa colère. Avec tout le mal du monde, je me levais et lui fit face. D’une voix froide et indifférente, ne laissant que mes mains trembler, je lui dis :

-              On ferait mieux de ne plus se voir pendant quelques temps Arnaud…

Je ne sentis sa claque qu’au moment ou sa main atterrit sèchement sur ma joue. Il avait de la force, presque plus que moi. La brûlure fut aussi cinglante que l’insulte qu’il me lança au visage avant de me tourner le dos.  Sans rien ajouter, il rentra dans la maison, rassembla ses affaires, et claqua bruyamment la porte. Depuis le moment où j’avais reçu sa claque et où il avait claqué la porte, je n’avais pas bougé d’un pouce, restant simplement figé dans le temps, le regardant faire par la baie vitrée. Ce ne fut que lorsqu’il disparut de ma vue que je revins à moi. Les mots blessants d’Arnaud m’avaient touché plus que je ne l’avais cru, et je fus violemment envahi d’un dégout de mon être intense.
Un haut le cœur me saisi et j’eu juste le temps de courir jusqu’aux toilettes avant de vider le peu que contenait mon estomac. Des spasmes brusques me saisirent, suivit de crampes, alors que je ne vomissais plus que de la bile. Mes mains tremblaient et je me mis à transpirer, envahi d’une vague chaleur contrastant avec la froideur qui m’habitait. J’avais aussi chaud que j’avais froid. Coincé dans ce paradoxe, je filais dans la salle de bain et me fis couler un bain. Je mis un temps infini avant de parvenir à me déshabiller complètement, le corps courbaturé comme roué de cou. J’avais mal mais je ne savais pas mettre le doigt sur la véritable origine de cette douleur. Ma joue était encore rouge du coup reçu et un mince filé de sang coulé de ma lèvre légèrement éclatée. Me glissant avec peine dans l’eau, je m’y installais et ne bougeais plus. Ce ne fut qu’à cet instant seulement que je laissais couler mes larmes. Je venais de perdre mon seul ami qui avait enfin vu clair en ma personne. Je n’avais rien fait pour le retenir ou le contredire, car c’était ce qu’il lui fallait. Il était à peine partit qu’il me manquait déjà. La pression accumulée pendant plus d’une semaine se relâchait enfin, mais j’avais l’impression de me retrouver coincé, pris dans un trou à ras, loin de la liberté que j’avais rêvé.

Je ne sus combien de temps je restais là, continuant à pleurer silencieusement. Mes larmes finirent cependant par se tarir, me laissant emplie d’un grand vide.

La chaleur de l’eau n’arrivait pas à m’apaiser,  et son poids sur mon torse me donnait m’oppressait cruellement. Ne m’y sentant plus à l’aise, mon bain ayant perdu toute vertu relaxante, je finis par me hisser hors de l’eau. J’eus tellement de mal que je me donnais l’impression d’être un vieillard, un homme réduit à ramper, sans la moindre force, un moins que rien. Après m’être séché, et vêtu simplement, je me traînais littéralement jusqu’à mon lit. Je m’y étendis et ne perdis pas de temps pour rabattre les couvertures sur mon corps. Celui-ci fut pris d’un violent frisson avant de me mettre à trembler comme une feuille.
Perdu face à mon état, je n’arrivais pas à trouver la paix. Les paroles d’Arnaud revenaient sans cesse me hanter, m’enfonçant toujours plus loin.  Je ne l’avais jamais aimé, je fuyais l’amour comme s’il s’agissait de la pire chose du monde alors que tant d’être le chérissait.  Etais-je seulement capable de le faire à défaut de le vouloir…

Meurtri comme jamais je ne l’avais été, je ne parvins à trouver le sommeil que très tard dans la nuit, espérant me réveiller dans un tout autre état, espérant me réveiller dans une autre vie, dans une autre peau, espérant ne plus être le même homme.

J’ouvris les yeux très tôt le lendemain avec l’impression d’avoir été passé à tabac. Un mal de crâne lancinant me saisit lorsque je tentai de me lever.  Prenant sur moi, je marchais en vacillant jusqu’à la salle de bain. Ouvrant mon placard à la recherche de médicaments, je ne trouvais qu’une pauvre petite boite de doliprane à moitié entamé. N’ayant ni le courage ni la force d’aller chercher autre chose à la pharmacie, et ne me voyant pour rien au monde appeler Arnaud, je me contentais de mes cachets avec un grand verre d’eau et repartais au lit. J’y passais la journée, me relevant uniquement pour vomir alors que mon estomac était déjà vide. Des crampes violentes me saisissaient, mais je tentais de passer outre, restant recroquevillé en attendant que le temps fasse son action. Je ne cessais de me répéter que demain irait mieux.
Lorsqu’arriva le soir, j’appelais brièvement mes employés pour leur dire que je ne viendrais pas, sans quitter mon lit.
Le lendemain fut une journée semblable à la précédente, mais ne supportant plus l’inaction malgré mon état, je me décidais à prendre une douche. Je ne voulais pas sortir pour voir du monde, mais simplement prendre un peu l’air sur la plage, évitant de penser que rien que l’idée de m’y déplacer me semblait être une montagne à gravir.
Lorsque je sortis de la douche, je ne regardais que très brièvement le reflet que me renvoyait le miroir, ne désirant par m’appesantir sur mon état. J’étais très rarement malade et avait peu l’habitude.
M’habillant assez chaudement, le corps continuellement parcourut de frissons, je me préparais à sortir lorsque j’entendis mon téléphone portable sonner.  Le temps de l’atteindre fut trop long et lorsque je l’attrapais, il cessa de sonner.
Alors que je m’attendais à voir le nom d’Arnaud d’affiché, ce fut celui de Thomas. Surpris et inquiet à l’idée qu’il lui soit arrivé quelque chose, je l’appelais immédiatement. Celui-ci ne mit pas beaucoup de temps à répondre.
-              Allo… Jonas ? Je ne te dérange pas ? Me demanda-t-il hésitant.
-              Désolé, je n’ai pas eu le temps de décrocher. Un souci ?

-              Je… Je ne suis pas loin de chez toi et… Je viens de…Commença-t-il sans sembler parvenir à former une phrase cohérente et à oser me dire ce qui n’allait pas et ce qu’il voulait.
-              Je te manquais ? Dis-je en rigolant, me moquant légèrement de lui.
-              Non ce n’est pas ça. Je veux dire. Je viens de crever, et je ne sais pas à qui demander. Et je me disais que tu savais peut être changé une roue… Comme tu n’habites pas loin… Enfin je me rends compte maintenant que j’aurais pu appeler un mécanicien. Désolé de t’avoir embêté. Débita-t-il à toute vitesse, de plus en plus mal à l’aise.
-              Tu te trouves où exactement ?

-              Non, ne te dérange pas, je….
-              Thomas, dis-je, ayant peu de patience au vu de mon état. Dis-moi où tu te trouves, j’arrive.

Thomas baissa les armes et finit par me dire où il était. Heureusement il n’était qu’à quelques rues. Je ne me sentais pas d’aller plus loin. Honnêtement, je n’étais pas réellement en état de changer une roue, mais ma fierté m’empêcher de refuser cela à Thomas. Si je n’avais envie de voir personne en cet instant, Thomas faisait exception, et l’idée de ne pas l’aider m’était impossible.
Attrapant une veste et les clefs de ma maison, je fus bientôt dehors en direction de l’endroit indiquer. Je mis bien plus de temps qu’à l’accoutumée,  mais je finis par voir la voiture de Thomas et celui-ci assis sur le muret à côté, attendant, légèrement mal à l’aise. Lorsqu’il me vit arriver, il s’empressa de se relever, et fit quelques pas vers moi :

-              Vraiment tu n’étais pas obligé, merci de prendre du temps… Jonas ? Tu es sur que ça va ? Tu es tout pâle ?

Ayant peu envie de m’appesantir sur mon état de santé actuel, je répondis brièvement :

-              Un petit coup de froid rien de plus… Bon, sais-tu ou est ta roue de secours ? Demandais-je en m’appuyant discrètement sur le poteau pour me remettre du trajet qui m’avait en réalité épuisé.
-              Oui ! Dans le coffre il me semble, attends je vais voir, dit-il en se précipitant pour le faire.


Je profitais du temps qu’il trouve et sorte le pneu pour me remettre, et lorsqu’il eut finit, j’approchais et pris les outils.  Ma tête tournait dangereusement mais mon orgueil me forçait à le cacher. 

Je commençais en silence, n’ayant pas la force de maintenir une conversation en plus. Certains de mes mouvements étaient gauche et trop faible, et l’agacement commençait à monter en moi. Alors que je peinais à dévisser la roue, j’entendis Thomas qui était jusqu’alors resté à mes côtés en silence :

-              Ca va Jonas ? Tu es sur que tu n’as pas besoin d’aide ?
-              Si j’en avais besoin, je te l’aurais demandé, répondis-je assez sèchement malgré moi.

J’aurais mieux fait de rester couché. En réalité, j’étais d’une humeur de chien, mal dans ma peau, malade et encore loin d’être remis de l’affrontement avec Arnaud. Mais ce qui m’énervait le plus c’était le fait d’être dans cet état alors que Thomas était là ; et pire encore, lui parler ainsi alors qu’il n’y était pour rien.
Mais le plus dur restait à venir. Plus le temps passait et plus j’avais de mal. Alors que j’avais presque fini et que je tentais pour la troisième fois après une pause de fixer la roue, Thomas me demanda à nouveau :

-              Je vais finir Jonas, je peux te remplacer maintenant…

Je pouvais sentir l’inquiétude pointé dans sa voix. Enervé d’être aussi faible et de savoir que Thomas s’en apercevait en étant aussi prévenant, je répondis agressivement que j’allais finir et qu’il me laisse faire.  Même si je prenais bien plus de temps qu’il en aurait fallut pour le faire, je menais ma tache jusqu’à son terme. Satisfait, je me redressais, peut être un peu trop brusquement et fut pris d’un vertige qui manqua de me faire tomber, me rattrapant lamentablement à la voiture. Ma tête tournait et était douloureuse tout comme le reste de mon corps et alors que je me demandais comment j’allais pouvoir rentrer, j’entendis Thomas me dire :

-              Merci beaucoup Jonas ! Je… Je te raccompagne ?

Baissant les armes et passant une main sur mon visage, je répondis :

-              Oui je veux bien s’il te plait.

Et c’est ainsi que nous nous retrouvâmes tous les deux dans sa voiture, pour un cours trajet.  Retrouvant lentement mes esprits, je restais cependant silencieux, peu enclin à engager une conversation.

chapitre 7: Not alive without you: chapitre 11 partie 07[LYBERTYS]
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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