Mercredi 8 juillet 2009

Tu veux la partie 1? clique ---> Not alive without you: chapitre 10 partie 1[LUTRAAH]


!!Attention, ceci est la partie 6!!

 


Pour toute réponse, je me tournai vers lui, et montai sur la table juste derrière moi. Jonas comprit par le son de la table, étant tous les deux complètements dans le noir. Être dans cette situation, ne sachant se voir m’excitait particulièrement. Imaginer les expressions, se focaliser simplement sur les sons me rendait encore plus envieux de lui.
Etant plus que détendu à présent, Jonas ne prit pas la peine de faire des préliminaires. Sa main se perdit juste quelques secondes entre mes cuisses avant de les écarter pour pouvoir s’installer entre elles confortablement. Il voulut prendre son sexe en main mais, très excité et ayant oublié toutes mes hontes, je le pris à sa place pour qu’il puisse me prendre à nouveau. Il rentra en moi doucement et commença directement ses coups de reins, qui me firent un effet dingue. J’entendais sa respiration prouver son excitation et sa manière de bouger assez rapidement montrait que cette situation l’excitait autant que moi. Le noir nous permettait d’avoir une surprise à chaque caresse, ne sachant où nos mains allaient sur le corps de l’autre, et lorsque je sentis la main de Jonas commencer à me masturber, des gémissements bien plus forts sortirent de ma bouche. Ses coups de reins étaient presque brusques, notre relation était à la limite d’être sauvage et cela me rendait complètement fou.
Je ne savais pas si la table allait supporter notre ébat mais nous nous en fichions totalement. Il n’y avait plus que notre excitation qui comptait et un besoin presque vital de la satisfaire, n’en pouvant plus après seulement quelques minutes. Je me rendis compte que j’étais encore plus sensible après avoir fait l’amour plusieurs fois de suite. Me sens étaient tous éveillés et à présent, je ressentais un extase pure et simple. Rien que la langue de Jonas dans mon cou me donnait envie de jouir encore et encore. J’avais l’impression d’être dans un état second, je ne savais plus vraiment ce qu’il se passait autour de moi. Jonas était en moi mais pas seulement par son sexe. J’avais l’impression qu’il se fondait en moi, par l’excitation, par le désir similaire que nous ressentions. Son sexe était au plus profond de moi et touchait cette part de moi qui avait éveillée tout à l’heure au point que je n’eus même pas le temps de le prévenir. J’eus une nouvelle fois un orgasme qui n’en finit plus. Je ne savais même plus si je gémissais fort ou pas, je ne sentais plus que mon corps exploser véritablement au point que je crus que j’allais m’évanouir. Ca ne s’arrêtait pas, je ne sus combien de temps ce moment dura exactement, et quand cette sensation était presque partie, elle revint un peu quand Jonas se mit à jouir à son tour en quelques coups de reins. Son cri fut plus rauque, plus brusque. Mais j’aimais ça. Et même énormément. Son côté bestial me donnait l’impression de ne pouvoir jamais m’arrêter d’avoir envie de lui. 
Jonas se retira de moi assez rapidement mais ne me lâcha pas. Ses lèvres vinrent se poser sur les miennes tendrement, ce qui contrastait complètement avec notre acte précédent.

Ce fut après plusieurs caresses et baisers que Jonas prit la parole en me prenant la main :
-    C’est rare quand je prends autant mon pied… Je suis crevé ! Il faudra vraiment qu’on se refasse ça plus souvent.
-    Je suis d’accord… dis-je en frôlant ses lèvres, sentant ses mains repasser dans mon dos et se collant à moi.
-    Tu es décidemment très étonnant comme mec.
J’émis un léger rire à l’entente de ce compliment et je ne pus m’empêcher de rougir légèrement. La fatigue remplaçant l’excitation, ma personnalité timide revenait de plus belle.
-    Je propose qu’on aille dormir maintenant… dit-il, devinant qu’il baillait par le son qu’il produisait.
Il tira gentiment ma main et arrivés à l’entrée de sa chambre, nous regardâmes l’état du lit. Il était clair que dormir dans ces draps était impossible. Jonas contenta de soupirer et préféra dire en allant vers une armoire :
-    On va aller dormir dans le canapé je crois…
-    Je peux… changer les draps si tu veux ? Après tout, c’est de ma faute…
-    Ta faute ? demanda Jonas en se tournant vers moi avec deux coussins, apparemment surpris.
-    Ben… répondis-je, à nouveau rougissant et mettant mes mains pour cacher au mieux mon intimité. C’est moi qui ai…
-    Joui ? Et moi, j’ai pas autant joui que toi peut-être ? On va laisser tout ça pour plus tard. Va prendre une douche, j’irai après toi.
Je passai rapidement en baissant la tête, tout à coup tout intimidé par la situation. Mais alors que je passais à côté de lui, je sentis la main de Jonas claquer doucement sur une de mes fesses. J’émis un hoquet de surprise en le regardant, rouge comme jamais alors que lui, nu comme un vers et montrant presque fièrement son intimité, riait de bon cœur. Il me fit un clin d’œil alors que je m’enfuyais pratiquement dans la salle de bain. Mais, maladroit comme jamais et intimidé au point que j’en oubliais où je marchais, je me pris le chambranle de la porte de plein fouet.
-    Thomas, ça va ? réagit aussitôt Jonas en faisant mine d’approcher.
-    Ca va ! m’écriai-je, feintant de ne pas avoir mal. Tout va bien… Je vais me laver !
Je courus presque à l’intérieur. Non pas par gêne, mais parce que je souffrais vraiment le martyre. Mon nez s’était cogné à toute volée contre le mur et la douleur était véritablement intense. Une fois seul, je pus grimacer, agiter mes mains, faire tout ce que je pouvais pour exprimer ma douleur silencieusement. Même une larme coula le long de ma joue…
-    Thomas… entendis-je de l’autre côté de la porte. Je peux entrer ?
-    Euh… Non. Tentai-je de dire normalement. Je… Je suis pas habillé !
Quelle remarque ridicule me disais-je après l’avoir dit. J’avais été à poil toute la soirée !
D’ailleurs, Jonas n’en prit pas compte et essaya d’ouvrir. Et bien sur, par le coup que j’avais reçu, j’avais oublié de fermer la porte à clef. Il put donc me voir dans un état très gênant. J’étais nu, ma main sur le nez, les larmes aux yeux et affichant clairement la souffrance que je ressentais.
-    Ca va pas… ?
-    Mais non ça va ! m’énervai-je bêtement. Tu le vois bien !
Il se contenta de s’approcher sans un mot, faisant comme si je ne l’avais pas agressé alors que moi, je m’en voulais déjà. Il me souleva légèrement le menton pour regarder si je n’avais rien alors que ma culpabilité me rongeait au point que je me sentis obligé de m’excuser.
-    Pardon… murmurai-je presque.
-    C’est rien… Tu veux que j’appelle Arnaud ?
-    Non, ça passe déjà un peu.
Et ce fut à ce moment-là qu’il se permit de rire de mon malheur.
-    C’est pas drôle… dis-je en lui tapant légèrement l’épaule, souriant malgré moi.
-    T’aurais du te voir… ! répondit-il, tout sourire. Tu t’obstinais à montrer que tu n’avais pas mal alors qu’à tes yeux, j’ai crus que tu t’étais cassé le nez.
-    J’ai l’art de faire toujours ce genre de choses…
-    Quoi ?
-    Me taper la honte… dis-je en baissant les yeux, rougissant.
-    Moi je dois avouer que ça m’excite…
A peine eussé-je le temps de remonter la tête pour le regarder qu’il colla déjà ses lèvres à moi en me plaquant contre l’évier. Sa langue vint toucher la mienne en une seconde, au point que je ne pus que répondre à son baiser sans réfléchir à ce qu’il venait de me dire. Ses mains vinrent se poser dans mon cou tandis qu’il approfondissait son baiser et alors qu’il partit en direction de mon cou, je me sentis à nouveau chavirer…
-    On va quand même pas recommencer…
Sans même prendre la peine de me répondre, Jonas descendit le long de mon torse, s’agenouillant devant moi en me faisant clairement comprendre ce qu’il avait l’intention de faire. Et malgré que j’étais éreinté par la nuit qu’on avait déjà passé, je ne pouvais m’empêcher de bander en sentant sa langue arriver à l’endroit ultime.

Jonas ne chercha pas à m’exciter davantage. Il savait déjà que je l’étais… Et ce fut donc sans plus de cérémonie qu’il prit mon sexe dans une main avant de commencer à me lécher les testicules de manière presque vulgaire tellement il se voulait provoquant. Mes joues s’empourprèrent à un point inimaginable mais je sentis en moi une sensation qui explosa littéralement dans tout mon corps. Une excitation que je n’arrivais pas à qualifier. Voir Jonas agenouillé devant moi et me lécher de cette manière, en me lançant des regards plus brûlants que tous les regards que l’on avait pu me lancer jusqu’à cette nuit, me donnait l’impression que  jamais je n’allais arrêter d’avoir envie de lui.
Il me fit une pipe qui me fit presque tomber par terre jusqu’à ce qu’au moment où je sentais le moment arriver de jouir, le moment où toute cette chaleur se rassemblait en moi pour sortir enfin de mon corps, Jonas arrêta et remonta vers moi brusquement pour s’écrier  sensuellement:
-    Prends-moi Thom !
Je fus obligé de lui demander de répéter, ma conscience étant trop éloignée pour me rendre compte de ses paroles. Il répéta comme je lui avais demandé et c’est à ce moment-là que je me rendis compte de la portée de ses paroles. L’impact fut tellement fort que j’en restais bouche bée et le regard fixé dans le sien pendant quelques secondes. Mon corps était d’un coup tellement tendu que même lui le remarqua. C’est sa manière d’arquer légèrement les sourcils qui me fit réagir. Je détournai le regard, ne sachant quoi dire…
-    Tu veux pas… ? demanda-t-il, surpris.
J’avais été rarement aussi embarrassé.
-    Je… commençai sans savoir ce que j’allais dire. Euh…
-    Ok… dit-il froidement, croyant que je ne voulais pas. Excuse-moi de t’avoir demandé…
-    C’est pas ça ! criai-je presque en le voyant s’éloigner.
-    C’est quoi alors ? Si t’as pas envie de me baiser, je te baise, la question est réglée.
-    Mais je vois bien que t’es énervé !
Jonas se contenta de soupirer. Il fallait que je lui dise ce que je pensais vraiment. Je savais qu’il allait mal réagir à ce que j’allais lui dire mais je le ressentais ainsi.
-    C’est pas mon rôle ! dis-je simplement.
-    Ton rôle… ?
-    Oui… mon rôle…. Répondis-je, rougissant à nouveau.
-    Et c’est quoi ton rôle ? Te faire baiser et c’est tout ? Ca vient de qui ça ?
Je baissais les yeux, ne sachant même pas prendre la défense de mon mari. J’entendis un léger rire ironique de Jonas, qui finit par répondre.
-    On sait de qui ça vient, évidemment… Mais tu vois, moi je suis pas ton cher mari alors, déjà, regarde-moi quand je te parle !
Je fis ce qu’il disait, mal à l’aise comme jamais. Son regard autoritaire et en colère me donnait envie d’aller m’enterrer dans un trou et de n’y ressortir que dans un millier d’année.
-    Ecoute Thom… commença-t-il. T’es un mec, ok ? T’as une queue, pas qu’un trou dans lequel des pauvres ratés viennent  se soulager ! Ca veut dire que toi aussi tu peux prendre des mecs et les baiser jusqu’à ce qu’ils ne sentent plus leur cul !
Ses paroles crues me transpercèrent littéralement le cerveau. Cela faisait des années que je me disais cela dans ma tête et pourtant, le fait de l’entendre me donnait l’impression d’enfin le comprendre. Peut-être qu’en effet, moi aussi j’avais le droit d’être en quelqu’un, de lui donner au lieu de recevoir.
Je me contentais de le regarder un moment, ne lâchant pas son regard. Lui aussi resta ainsi, sans bouger.
-    J’ai jamais pris personne… dis-je sans vraiment réfléchir, comme si je me l’avouais à moi-même.
Mais voilà, Jonas était là pour l’entendre. Et lui, ne s’attendait apparemment pas à ce genre de déclarations car il détourna le regard le premier.
-    Jamais ? demanda-t-il après un moment.
Je me contentai d’hocher la tête, à la fois honteux d’avouer une telle chose et soulagé.
-    Je t’apprendrais alors.
Et il sortir de la pièce sans un mot de plus. Je restai ainsi un moment, me demandant si j’avais rêvé cet instant. Je ne cessais de me poser une question : «  jusqu’où allions-nous allé ? ». Mais surtout, avais-je envie d’arrêter ?
A peine cette question était-elle posée dans ma tête que je préférais l’oublier. L’idée de prendre une telle décision m’était trop difficile pour le moment… Je contentais d’aller sous la douche, sans me poser plus de questions. Je revis Jonas revenir après quelques minutes, de nouveau un doux sourire à son visage et me rejoignit dans la douche. L’eau tomba sur son visage et il ne me fallut que ça pour avoir à nouveau envie de l’embrasser. Jonas était un véritable dieu de la séduction. Tout ce qu’il faisait était littéralement sexy, même les choses les plus stupides. A côté de lui, je n’étais décidemment pas grand-chose…
Je ne sais comment nous nous retrouvâmes à continuer ce que nous avions commencé. Jonas m’avait doucement soulevé et posé contre le carrelage, certes très froid. Il m’avait porté tellement facilement que j’en fus encore plus excité. Il entra à nouveau en moi, l’eau ne faisant qu’accentuer une fois de plus les sensations et nous fîmes l’amour ainsi. Il se déversa en moi, ne cherchant tous les deux à aucun moment à se retenir plus longtemps. Lui jouit en moi et n’ayant pas eu le temps de le faire, Jonas me masturba jusqu’au moment ultime.
Cette fois-ci fut vraiment la dernière de la nuit. L’heure était déjà avancée dans la matinée, nous voyions le ciel s’éclaircir, indiquant qu’il était sérieusement temps d’aller dormir. Ayant tous deux enfilés un pyjama, nous allions nous coucher dans le salon, le canapé étant bien plus confortable que je ne l’aurais pensé, ce qui me fit remarquer que j’étais réellement éreinté.
Je me couchai à ses côtés, une distance raisonnable nous séparant, et alors que j’étais à moitié assoupi, je sentis une main me caresser le visage. J’ouvris  légèrement les yeux, et remarquai que Jonas me regardais en train de m’endormir. Trop fatigué, je ne sus y prêter plus d’attention mais en vérité, j’aurais du. Son regard exprimait plus de choses que je n’aurais voulus qu’il exprime un jour…

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Mercredi 8 juillet 2009

!!Attention, ceci est la partie 5!!


Rapidement heureusement, il le mit en moi et commençai de suite à faire des vas et viens qui me firent pousser des soupirs de plaisir. Je m’accrochai aux draps et faisant aller mon bassin presque aussitôt, le plaisir d’avoir quelque chose en moi me rendant incontrôlable malgré que j’étais le seul à en avoir. Les yeux fermés, je me contentai de garder en mémoire chaque sensation que je ressentais, gémissant plus fort quand sa langue venait se perdre sur mon corps en même temps que le gode se trouvait au plus profond de moi. Ce fut au bout d’un moment que je sentis en effet ce bouillonnement qui montait de plus en plus. Un véritable émoi empara tout mon corps, je n’arrivais plus à contrôler le moindre de mes gestes ou de mes bruits. Je me rendais compte que je bougeais beaucoup, je n’arrivais pas à rester sans bouger tellement l’émotion était forte, je ne savais pas quoi faire de mes mains qui s’accrochaient désespérément là où elles pouvaient, ne pouvant malheureusement pas toucher Jonas qui, je le savais, mettait tout son cœur à l’ouvrage.
La jouissance montait, montait, montait jusqu’à ce que n’en pouvant plus, je me permis de jouir. Seulement cela dura un temps que je croyais n’avoir jamais duré aussi longtemps. Je criai le nom de Jonas plusieurs fois jusqu’à jouir presque sans voix tellement le plaisir était fort.
Je dus prendre de longues secondes avant de m’en remettre. Je transpirais déjà beaucoup mais je n’étais surtout pas satisfait. Malgré l’orgasme que j’avais eu grâce à Jonas, j’avais encore envie de lui et apparemment, vu son état quand j’ouvris les yeux, il ressentait la même chose…
Il me mangeait littéralement des yeux au point que je me sentais comme une petite chose sans force à un point tel que j’avais presque peur de ce qu’il allait me faire.
Il se mit au dessus de moi en souriant et dit en approchant ses lèvres des miennes :
-    Tu me fais bander à mort… T’étais tellement sexy !
Je sursautai tout à coup quand son pénis toucha ma peau, lui ne se gêna pas à se moquer de moi, pouffant de rire.
-    Rigole pas ! m’exclamai-je, rougissant. Je pensais pas que tu étais si…
-    Excité ? demanda Jonas en se mordant la lèvre et posant son front contre le mien.  Si tu savais à quel point… Te voir en plein orgasme… Je trouve même pas les mots.
-    Couche toi. Dis-je tout à coup, voulant tenir ma promesse.
-    Pourquoi ? Tu crois peut-être que je vais dormir maintenant ? Faut pas rêver !
-    Tu m’as demandé d’être plus… entreprenant, non ?
A peine eussé-je terminé ma phrase que Jonas se mettait déjà sur le dos. Il mit ses bras derrière la tête, bandant comme jamais. J’étais un peu impressionné par l’impatience de Jonas. Je savais qu’il attendait beaucoup de moi, mais j’étais stressé et j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Je voulais vraiment de tout cœur le faire grimper aux rideaux comme il me l’avait fait, malheureusement il attendait surement beaucoup de moi et de mon côté, je n’étais pas capable d’exciter quelqu’un comme il me l’avait fait un peu plus tôt.
Je préférai me débarrasser d’une partie de mon stress – l’autre ne pouvant partir- et me mit donc au dessus de lui, son pénis se frottant contre le mien me rendant à nouveau horriblement excité. Lentement, je me mis à lui embrasser les mamelons, approfondissant l’acte petit à petit en bougeant le bassin. Il suffit de ça pour que Jonas n’en puisse plus, il gémissait et murmurait mon nom doucement, sa main se perdant dans mes cheveux et mon cou.
-    Thomas… dit-il après un bon moment. J’en peux plus. Il faut que je te prenne, je peux plus me retenir !
Il voulut reprendre le dessus, certainement trop pressé mais je le repoussai gentiment, voulant aller jusqu’au bout cette fois. J’avais envie de tout cœur de faire jusqu’au bout ce que j’avais prévu de faire. En une petite minute, j’avais à nouveau Jonas en moi. Je ne savais plus exactement depuis combien de temps il ne m’avait plus pris mais je me rendis compte tout à coup à quel point ça m’avait manqué. Les mains de Jonas se posèrent sur mes cuisses aussitôt et il bougea déjà le bassin pour que je commence à faire de même. Ce que je fis. Gêné qu’il regarde mon corps de cette manière, je commençai à faire ce dont il avait envie en me couchant un peu sur lui. Jonas profita pour m’embrasser avant de s’aller à gémir comme il en avait envie. Je ne l’avais jamais vu exprimer son plaisir comme ça. Peut-être était-ce parce qu’il n’avait finalement rien à faire car de mon côté, je gémissais beaucoup moins, concentré pour lui donner un maximum de plaisir.
Je dus avouer que le fait qu’il soit à ma merci me plaisait énormément. Même si nous l’avions déjà fait dans cette position, j’avais l’impression que c’était différent cette fois. Une sorte de déclic s’était produit en moi, confirmant cela par un déhanchement bien plus érotique que bien entendu, Jonas apprécia tout particulièrement.
Je me mis à bouger d’une manière différente. Mon bassin ondulait de manière plus séductrice, plus coquine. Je me redressais au fur et à mesure jusqu’à, à califourchon, je me laisse aller totalement. En bougeant lentement, je jetai ma tête en arrière et fermai les yeux, au summum de mon plaisir au point que j’en oubliais presque les gémissements de Jonas. Mais celui-ci se redressa à son tour, ce qui changea les sensations. Je posai à nouveau les yeux sur lui, qui semblait être exactement dans le même état que moi. Ses yeux reflétaient un désir et une excitation que je n’aurais jamais su décrire. Sa bouche entrouverte donnait envie de mettre un terme à cette distance, si courte pourtant. Ce que je fis. Je me jetai presque sur ses lèvres, l’attirant contre moi le plus possible. Mes mouvements s’arrêtèrent un moment, nous ne faisions plus que nous embrasser et pourtant, cela suffisait. Sa langue était chaude, délicate, qui m’emplissait d’un confort qui masqua un moment l’impatience de l’excitation. Jusqu’à ce que la main de Jonas se posa sur mon sexe durement gonflé, au bord de la jouissance qu’il se mit à caresser comme pour me faire comprendre qu’il voulait que je continue à bouger.
-    Thomas… murmura-t-il dans un gémissement en bougeant légèrement le bassin.
Continue. Tu t’en sors très bien, je tiendrais plus longtemps.
-    Moi non plus… Je vais jouir Jonas, c’est trop bon. Répondis-je difficilement, dans un déhanchement prononcé.
Je fis coucher Jonas en m’abaissant vers lui, les mains posées sur les draps, des deux cotés de sa tête. Les siennes se posèrent sur mes fesses, bougeant du bassin et m’excitant davantage jusqu’à ce que je remarque à son expression qu’il allait jouir. Sa respiration était saccadée, et ses membres commençaient légèrement à trembler. Jonas était en plein orgasme et rien que cela me fit jouir. Je me couchais presque sur lui, et fis quelques derniers vas et viens qui me firent presque crier ma joie. Ma tête contre son épaule, je sentis sa semence se répandre en moi dans un ultime gémissement de sa part, me donnant une impression d’abandon total de mes hontes, de mes souvenirs, de moi-même.
Nous restâmes ainsi un long moment, dans les bras l’un de l’autre et sans un mot. Son pénis était toujours en moi, et pourtant, cette situation me plaisait particulièrement. Sa main gauche parcourait mon dos, laissant une chaleur sensuelle à chaque passage.
-    C’était bon…souffla-t-il doucement après un temps. J’adore quand t’es comme ça. T’es tellement chaud que ça me donne envie de recommencer encore une fois.
-    Encore ? demandai-je en me redressant légèrement, voulant voir s’il se fichait de moi.
-    Pas toi ?
Sa main massa aussitôt doucement une de mes fesses. Même si je commençais à être fatigué, savoir qu’il avait autant envie de moi me rendait heureux comme jamais. A voir son regard et son sourire, je compris qu’il ne plaisantait pas du tout.
-    T’as pas envie ?
-    Attends au moins une minute.. dis-je en rigolant. Laisse-nous le temps de reprendre notre souffle.
-    C’est vrai que t’as beaucoup donné cette fois-ci. Comme jamais d’ailleurs. C’était très chaud… Tu étais très chaud…
-    Je t’ai vu avoir un orgasme… dis-je en posant mon front contre sa joue, souriant.
-    Enorme.
-    Je t’avais dit que j’étais génial au lit…
-    Te vante pas trop… J’attends de voir si ce n’était pas que la chance du débutant.
-    Oh ! criai-je en me redressant vivement.
Jonas se mit à rire à mon air faussement vexé.
-    Je ne sais pas ce qui me retient de te… commençai-je pour continuer ensuite une autre phrase, ne sachant de toute façon quoi lui faire. Je dois être vexé parce que tu crois que j’ai eu de la chance ou parce que tu crois que je suis un débutant.
-    Je sais pas, à toi de voir…
Je pris alors ses mains que je lui mis au dessus de sa tête et ne sachant où j’avais mis ma gêne pour faire cela, je me mis à bouger lentement à nouveau contre son sexe.
-    Je vais te punir… lui dis-je, tout de même timidement.
-    Et comment… ? demanda Jonas en relevant la tête pour frôler mes lèvres.
Alors, je le lâchai et me redressai pour m’assoir sur le bord du lit. Me levant, je lui dis en rigolant :
-    En te laissant comme ça…
Jonas regarda son sexe à nouveau en érection, et reposa ensuite sur son regard sur moi en souriant. Quand il se releva pour vouloir m’attraper, je me mis à courir pour sortir de la chambre. Je m’enfuis dans le noir de la maison et alors que je croyais que Jonas allait allumer pour me retrouver, je l’entendis marcher doucement dans la maison, rentrant dans mon jeu. Il m’appelait lentement, à ma recherche jusqu’à ce que je me prenne dans mon propre piège. Je shootai sans faire exprès dans la table, jurant trop bruyamment.
-    Je t’ai eu ! cria-t-il en me prenant possessivement par la taille.
Une de ses mains glissa aussitôt jusqu’à mon sexe pour le caresser intensément. Je posai ma tête sur son épaule, abandonnant depuis un moment ma « punition », remis complètement de notre ébat précédent.
-    On reprend ça… ? chuchota-t-il dans mon oreille, laissant par son souffle, parcourir un frisson le long de ma colonne vertébrale pour arriver dans mes reins, ultra-sensibles ce soir-là…


Suite de l'histoire; partie 6: Not alive without you: chapitre 10 partie 6[LUTRAAH]
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Mercredi 8 juillet 2009

!!Attention, ceci est la partie 4!!


Seulement, il me rejoignit aussitôt et se mit au dessus de moi, presque à m’écraser en me tenant les mains pour que je ne me débatte pas. Il rigolait de ma gêne et moi je ne pouvais que l’accompagner en l’entendant me demander sans arrêt lequel j’avais utilisé. Mais alors que je croyais qu’il allait laisser tomber, il se mit tout à coup à me chatouiller. Je tentai de me défaire de ses mots mais rien n’y faisaient, il avait une force que j’avais rarement vu à part chez Quentin.
Je rigolais tellement que je m’étranglais presque. Je le suppliais d’arrêter mais il prétendait à chaque fois que tant que je n’avouais pas, il continuerait. Alors, j’ai laissé tomber :
-    D’accord, d’accord, je vais te le dire ! tentai-je de dire tout en rigolant.
-    Promis ? demanda-t-il en s’approchant brutalement de mon visage.
-    Oui… répondis-je, rougissant à nouveau.
-    Alors… ?
Il se mit face à moi, les yeux ronds à attendre. Je sentais une pression me prendre l’estomac, je n’osais pas le dire… Et pourtant, quand je tenais mes promesses, je les tenais.
-    Alors ? répéta Jonas.
-    Le gode !
Je le poussai brutalement et me retournai sur le ventre, me mettant presque en boule pour ne pas qu’il me regarde. Je rigolais mais en même temps, j’avais tellement honte que je n’osais pas me montrer. Je n’entendis rien pendant quelques secondes, et j’entendis subitement Jonas éclater de rire. Tellement que je  crus qu’il se fichait de moi.
-    Arrête ! C’est pas drôle ! dis-je en me resserrant sur moi-même.
-    Mais bien sur que si !! Je m’attendais pas à ça. Je ne savais pas que t’étais comme ça.
-    Comment ? demandai-je en me redressant. Coincé et fermé à tout ?Je ne suis pas comme ça !
Je voulus me lever, à présent un peu choqué. Je ne voyais pas pourquoi tout le monde me prenait pour quelqu’un de si coincé. J’étais loin de l’être. J’adorais le sexe, presque toutes les positions alors que l’on me dise ce genre de chose m’énervait extrêmement.
Jonas me prit subitement la main et je ne pus qu’être assis sur le bord du lit. Il me dit aussi vite :
-    T’es loin d’être coincé, sinon j’aimerais pas autant baiser avec toi. T’es super chaud au lit, je le sais. T’énerves pas comme ça. J’ai juste envie que tu sois un peu plus entreprenant, mais j’ai bien vu que ça changeait alors fais pas une crise pareille…
-    Tu veux que je le fasse ?
-    Quoi ?
-    Prendre des initiatives..
-    Ca me semble évident !
-    Je ne l’ai jamais fait parce qu’on m’a jamais permis de le faire.
-    Avec moi, tu peux te lâcher… Je ne demande que ça. Je veux que tu me sautes dessus. Dit-il d’une toute autre manière.
Je le regardai cette fois, sans aucune gêne. Je tentai de comprendre le regard qu’il me lançait, le voyant s’éclaircir par les éclairs encore présents.
A présent, je me sentais capable de le faire et sans réfléchir plus loin, je lui sautais dessus comme il en avait envie. Il ne s’y attendait absolument pas, et je fus le premier à être surpris quand je remarquai que je le poussai violemment vers l’arrière. Seulement, cela ne se passa pas comme je l’avais prévu. Jonas, surpris, se laissa faire et se cogna d’une force incroyable contre la tête de lit.
-    Aaaaouw ! cria-t-il. Putain, ça fait mal !!
-    Jonas !! Je suis désolé, je voulais pas ça… Je voulais… Excuse-moi ! Ca va ?
-    Ouais… répondit-il en faisant la grimace et frottant sa main sur son crâne.
-    Tu veux de la glace ? T’as besoin de quelque chose ? Je dois appeler Arnaud ?
-    « Salut Arnaud, tu veux bien venir, je crois que j’ai explosé le crâne de Jonas en voulant prendre des initiatives pour une partie de jambe en l’air… » Je crois pas que tu voudras… Et puis, ça ne sert à rien. Ca va déjà mieux.
Il sourit et voyant bien qu’il jouait la comédie pour ne pas m’affoler, je ne pus que reculer de lui. Je me sentais tout à coup tellement nul que j’avais envie de m’enfuir loin d’ici. J’avais envie qu’il m’oublie et qu’il ne se rappelle pas de ce mec complètement nul au lit et en plus psychopathe.
-    Désolé… dis-je en baissant la tête.
-    C’est pas grave… Ca arrive à tout le monde !
-    Non… Pas aux vrais mecs. Je suis vraiment nul…
-    Arrête ça, ça m’est déjà arrivé plein de fois ce genre de truc.
-    Ah oui, et quand ?
Il réfléchit un moment et apparemment gêné pour moi, il finit par répondre avant de se mettre à rire :
-    En fait, je crois que non…
-    Tu vois… Tu devrais simplement me baiser un coup, je suis bon qu’à ça.
Je me couchai tout à coup démoralisé et découragé. Moi qui avais eu envie toute la soirée, même encore après m’être soulagé, tout était maintenant refroidi. J’avais eu envie que Jonas me prenne sans arrêt toute la nuit et finalement, je me retrouvais comme un con après lui avoir fait mal.
-    Qu’est-ce que tu sais faire ? demanda-t-il en se couchant presque sur moi, posant son menton sur mon épaule.
-    Je sais rien faire à part me faire baiser..
-    Arrête ce jeu de victime, c’est pas avec moi que tu dois faire ça. Moi je veux qu’une chose, c’est que tu baises avec moi… Si je voulais que tu fermes ta gueule, je me contenterais d’un mec en boite.
-    Je sais embrasser... Et… tailler des pipes.
-    Dis donc, tu parles bien crûment tout à coup.
-    Pardon…
-    Je plaisante ! J’adore… Continues, ça m’excite quand tu parles comme ça.
Sa bouche s’approcha tout à coup de mon cou et il se mit à lécher le lobe de mon oreille avant de reprendre :
-    J’ai adoré quand tu m’as fait ça… Ca m’a fait un effet dingue. Tu recommences ?
Je le vis alors se mettre sur le lit à côté de moi, attendant ma réponse. Il n’y avait que moi qui pouvais décider maintenant si je prenais ou non des initiatives… Et à présent, il était temps de le faire. Lentement. Mais au  moins je le faisais.
Je me tournai vers lui et me redressai à nouveau. Quel cinéma pensai-je. Heureusement, Jonas était quelqu’un de patient car je faisais un mélodrame pour chaque petite chose qui ne tournait pas dans mon sens. J’étais plus égoïste que je ne le pensais. Jonas, lui, pensait à mon bien-être et à ce que j’avais envie, et une fois qu’il s’agissait de ce qu’il avait envie, je fuyais. Fuir avait toujours été ma deuxième vocation. Faire face aux choses était généralement trop dur.
Je me devais à présent d’être différent avec lui. S’il faisait des efforts pour moi, je devais au moins lui offrir ce qu’il voulait quand nous couchions ensemble.
Sans un mot, je me mis à califourchon sur lui et entourai mes bras autour de son cou. Jonas attendait, sans rien faire mais je le savais très curieux de la suite, un léger sourire s’affichant sur le coin de ses lèvres. Je lui rendis son sourire, plus expressif de mon côté et légèrement rougissant, j’ôtai son t-shirt de pyjama. Revoir sa peau nue me fit un effet auquel je ne m’attendais pas. La très faible lumière rendait ses pectoraux encore plus musclés, l’étant déjà bien assez à mon gout, ce qui fit monter une excitation que j’avais du mal à ne pas montrer. Jonas, cette fois-ci, fit la même chose pour moi et cela fait, nous nous jetâmes presque l’un sur l’autre. Je me collai à lui plus intensément et retrouvai sa langue avec un plaisir inimaginable.
Après un moment, ses mains déjà en train de me caresser les fesses à même la peau, il se décolla de moi pour reprendre sa respiration. De mon côté, j’avais un mal fou à me retenir. A peine était-il éloigné de moi, que j’en redemandais déjà. Il me sourit tandis que j’embrassais ses lèvres, profitant également pour respiration comme je le pouvais.
-    Ca te dirait qu’on pimente un peu ? demanda-t-il tout à coup.
Pour bien lui faire sentir mon impatience à faire ce genre de choses maintenant, je me contentai de gémir en m’accrochant à lui et frottant légèrement mon intimité contre la sienne.
-    Aller… J’ai envie de voir ce que t’as fait tout à l’heure…
-    Non ! dis-je brusquement en me reculant.
-    Pourquoi ? répondit-il également dans un gémissement plaintif. C’est excitant, j’ai envie de regarder.
-    J’ai fait ça parce que… je n’avais pas le choix, c’est tout. Je ne suis pas comme ça.
-    Comment ? Tout le monde fait ça !
Sans attendre ma réponse, il se leva en me poussant gentiment. Je me contentai de le regarder se diriger vers le tiroir, en me rendant compte maintenant que la lumière était allumée et que je n’étais pas aussi pressé que tout à l’heure à quel point il était rempli.
-    T’as envie de quoi ? J’ai de tout…
Finalement, je me levai pour le rejoindre et m’accroupi devant le tiroir. Peut-être avait-il raison. Ca allait peut-être nous exciter davantage et rendre le moment encore plus inoubliable. Il jeta un regard sur moi en souriant, plus coquin que jamais.
-    Qu’est-ce que tu penses de ça ? demanda-t-il en prenant un simple gode en main.
-    Banal… répondis-je, légèrement rougissant.
-    T’as raison.
Il balança par terre et retourna à sa contemplation. Je regardai par la même occasion les différents dvd qu’il avait, me disant qu’on ferait ça plus tard.
-    J’ai trouvé.
Il sortit une sorte de gode que je n’avais jamais vu.
-    C’est un Aneros. Ca te dit ?
-    C’est un simple gode… dis-je un peu déçu.
-    Ca vient directement te stimuler la prostate. C’est pas qu’un simple gode, non.
Je le pris en main et le regardai pendant un moment jusqu’à ce que je le sente s’approcher de moi avec un regard qui voulait clairement dire qu’il me voyait déjà avec ça dans les fesses. Je finis par sourire timidement et le lui tendit à nouveau. Il me tira alors brusquement la main et après quelques secondes seulement, je me retrouvai couché, le bas de mon pyjama baissé et Jonas en train de me lécher avidement les testicules. Pendant qu’il me faisait plaisir, je lui repris ce « jeu » des mains et le regardai. Il avait un style particulier, j’étais curieux de savoir quelles sensations cela pouvait faire. Il était assez étroit mais qui sait… Je finis par prendre le lubrifiant qui se trouvait sur la table de chevet et éteins à nouveau la lumière tandis que le plaisir montait déjà en le sentant me sucer.
Le noir encombra la pièce et le fait de ne rien voir le temps de m’habituer m’excita davantage. Il n’y avait que la sensation qu’il me procurait qui me prouvait que je n’étais pas seul.
Après quelques minutes, m’étant habitué à l’obscurité, je vis Jonas se redresser et venir à mes lèvres un moment. Il s’était apparemment déshabillé, bandant déjà.
Il prit le gode en profitant de caresser mes doigts, rougissant à nouveau comme un imbécile avec son regard. Nous n’entendions plus ni l’orage, ni les éclairs ni les vagues. Nous étions entrés dans une bulle excitante, impatiente et je n’avais qu’une hâte, que cela se fasse encore plus intense.
Le voir enduire le gode en faisant des gestes bien explicites en me regardant fixement me fit bander à un point inimaginable. Je me mordis la lèvre, n’en pouvant plus…
-    Ecarte les jambes… dit-il d’une voix qui me rendait aussi faible qu’un agneau.


Suite de l'histoire; partie 5: Not alive without you: chapitre 10 partie 5[LUTRAAH]
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Mercredi 8 juillet 2009

!!Attention, ceci est la partie 3!


Il soupira, hésita à décrocher mais finalement se résigna, agacé :
-    Allô ? déclara-t-il froidement, montrant clairement que ça devrait être important ou alors qu’il raccrochait.
Je repensai à son petit jeu auquel il voulait que je participe. Je m’amusai donc à passer mes mains très près de son entre-jambe et commençai à lécher le lobe de son oreille gauche. Je le vis réagir aussitôt, apparemment ayant trouvé un point très sensible. Il bougea légèrement la tête et sa main libre vint se poser sur ma tête pour que je ne m’arrête pas.
-    Bon, j’ai pas le temps là, j’ai dit que je venais pas à la boite ce soir. Je suis super occupé là… dit-il en tentant de prendre une voix normale.
Sans prêter d’attention à sa conversation, j’ouvris mon pantalon avant de prendre sa main pour la poser sur mon sexe. Je ne pouvais déjà plus attendre. Je ne savais pas si c’était parce que je n’avais plus couché avec lui depuis un petit moment mais je ressentais un manque vraiment pesant !

Malheureusement, Jonas se redressa brusquement, enlevant sa main par la même occasion en criant :
-    Quoi ? Quelle belle bande de petits enfoirés ! Ca va chier pour eux, j’arrive !
Il raccrocha en s’énervant encore plus et me repoussant doucement. Il se releva et remit de l’ordre dans ses vêtements ainsi que sa veste tout en m’expliquant :
-    Une banque de petits cons a tagué une façade de la boite. Ils ont été coincés par les flics, faut vraiment que j’y aille.
Il se tourna tout à coup vers moi et fis une tête qui voulait clairement dire qu’il avait pitié de moi. Mon état était-il si flagrant ?
-    Je suis désolé… rajouta-t-il. Ca m’agace autant que toi. En plus, tu y mettais vraiment du tien cette fois… Ca me rend malade de te voir avec ce regard et ton jean ouvert. Surtout avec l’état de ce qu’il y a dedans.
-    Reste, s’il-te plait ! répondis-je vivement.
Je savais que c’était égoïste de demander ça avec ce qu’il s’était passé mais je ne pouvais pas m’en empêcher. C’était plus fort que moi. Cette fois, j’étais persuadé que je voulais aller jusqu’au bout avec lui.
-    Thomas… dit-il en s’asseyant à mes côtés et me regardant. Je ne peux vraiment pas. Il va falloir que tu te soulages tout seul. On recommencera une prochaine fois mais crois-moi que si ce n’était que moi, je serais déjà en train de te sucer. Et te voir ainsi, ça rend les choses encore plus dures…
Je baissai le regard directement, honteux.
-    Désolé…
-    Va voir dans la chambre. Le dernier tiroir de la garde-robe, ça te feras patienter.
Sans un mot de plus, il me laissa seul. Le bruit de la porte me frustra plus que je ne l’avais prévu et décidai d’aller voir ce fameux tiroir pour essayer de me changer les idées. Une idée pour me faire débander, voilà ce que je devais avoir ! Je me levai vivement et courus presque jusqu’à la chambre et tenant mon pantalon pour ne pas qu’il tombe, encore ouvert, la chemise et tout mon corps dans un état lamentable.
J’ouvris le tiroir et le lâchai aussitôt pour me reculer légèrement.
S’il y avait bien une chose que je n’imaginais pas de Jonas c’était bien ça. Mes joues prirent feu et mes yeux défilèrent d’un côté à l’autre.
Un nombre de godes que je ne pouvais imaginer était là, devant moi, ainsi que des films pornos. Alors, Jonas Delas était quelqu’un de plus passif que je ne le pensais. Je le voyais comme un homme tellement actif qui ne se faisait jamais prendre mais apparemment, je m’étais bien trompé. Il y en avait de toutes les tailles, certaines que je ne pensais pas qui existait jusqu’à maintenant. Les films, eux, étaient de toutes les sortes.  Je me mis à regarder sans trop réfléchir…. Il y en avait pour tous les gouts. Des softs comme des hard. Je n’arrivais à y croire… J’étais là, en train de bander, à regarder la « collection » de Jonas dans ce tiroir. C’est au bout de quelques minutes que je me mis à rire lentement… Je m’imaginais tout à coup Jonas s’exciter tout seul devant la télévision, à s’enfoncer ces…  Ce fut en y pensant que je rougis encore plus et encore plus étonnement à bander plus. Je compris maintenant qu’il m’avait dit ça juste pour se foutre de moi. Il n’avait eu qu’une idée en tête, c’était de m’exciter davantage et de me frustrer encore plus. Je ne sus ce qu’il me prit, mais je m’emparai du premier gode qui me vint sous la main, le lubrifiant à côté et fermai le tiroir.
****
Il était maintenant 2h00 du matin. Je n’avais presque pas fermé l’œil… J’avais passé très peu de temps à me « soulager » mais beaucoup de temps à faire en sorte que Jonas ne le sache jamais. J’avais tout rangé comme je pouvais, priant pour qu’il ne m’en veuille pas s’il venait à l’apprendre. Peut-être n’avait-il pas pensé à ce que j’en utilise un et qu’il m’en voudrait s’il savait que je m’étais enfoncé un de ses godes en moi. J’avais tellement honte… Des pulsions pareilles ne m’arrivaient presque jamais, je ne savais pas ce qu’il m’avait pris. J’avais eus tellement envie de lui que je crois que je me serais contenté de simplement me masturber et me mettre quelques doigts. Et en voyant ces objets qui avaient la capacité d’aller beaucoup plus loin, je les avais pris. Sans savoir s’il le voulait bien…
Cela faisait trois heures que j’étais au lit, mais je n’avais dormi peut-être qu’une heure ; un terrible orage éclatant vers minuit. Il n’y avait plus d’électricité depuis un moment et je pouvais voir les éclairs énormes à travers les rideaux. Je les avais ouverts pour regarder, ne pouvant de toute façon pas dormir avec le bruit qu’il faisait. Et puis, même si j’avais un peu de mal à me l’avouer, je m’inquiétais énormément pour Jonas. L’orage était devenu dangereux, j’avais peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose. Mais je ne voulais pas non plus l’appeler, de peur de me faire passer pour quelqu’un de trop collant.
Ce fut vers 2h30 alors que le temps ne s’arrangeait pas du tout que j’entendis du bruit. La porte de la chambre s’ouvrit lentement et alors que j’allais l’appeler, je l’entendis se cogner sur quelque chose et murmurer une injure.
-    Je ne dors pas… dis-je pour lui éviter tout un cirque jusqu’au lit.
-    Je t’ai réveillé ?
-    Non, je ne  dormais pas à cause de l’orage et…
-    Et ?
-    J’attendais que tu rentres… avouais-je.
-    C’est gentil... répondit Jonas après avoir émis un léger rire.
-    Ca été ?
Jonas répondit, tout en se couchant à mes côtés, apparemment déjà changé :
-    Oui… Ce sont des petits gamins de 15 ans qui se sont amusés à tagué des « pédales », « pédophiles » et compagnie sur le mur… mais demain, ça devrait déjà être parti. Ils ont de la chance que je ne porte pas encore plainte contre eux, sinon leurs parents paieraient cher. Et puis, plusieurs problèmes s’en sont suivis dans la boite… Il y a des journées comme ça où on ferait mieux pas de se lever. Enfin bref… Je suis crevé.
Après un temps, il reprit :
-    Et toi ? Ca été la soirée ?
-    Oui… dis-je doucement, n’osant pas aborder le sujet et ayant surtout peur que lui se mette à en parler.
-    Soulagé ? demanda-t-il d’une toute autre manière.
Je ne sus quoi répondre. Devais-je lui en parler ou ignorer ? J’opterai pour la deuxième solution. Mieux valait que j’ignore complètement cette pulsion complètement stupide et abjecte.
-    Tu t’es branlé ou t’as préféré ouvrir le tiroir ?
Je remerciai Dieu qu’il me pose cette question quand il n’y avait plus d’électricité car je me mis à rougir brutalement.
-    T’as ouvert hein… T’en as fait usage ? rajouta-t-il après un petit temps. Je parie que t’as pas osé !
Mon réflexe fut de me tourner vers la fenêtre. Je n’osai pas regarder l’ombre de son visage changer, devinant alors qu’il sourirait. Je ne voulais pas qu’il le sache, j’avais trop honte de ce que j’avais fait. Je m’étais branlé et je m’étais enfoncé un objet en moi… Même s’il y avait beaucoup de gens qui le faisaient, je ne trouvais pas que l’on devait s’en vanter. C’était quelque chose de honteux et un peu ridicule… Se jeter sur un objet simplement parce que je n’avais pas Jonas pour me soulager, ce n’était pas mon genre. Je le sentis bouger tout à coup du lit et s’approcher de moi. Il prit une voix étonnée et apparemment ravie, chose qui me rendit encore plus gêné de la situation :
-    Ma parole Thomas !! T’en as utilisé un ? T’as regardé un des films ?
-    Non ! criai-je en tirant les couvertures vers moi pour me cacher au maximum.
-    Non pour laquelle ? Je sais que t’en fait un des deux, mais va savoir lequel. Le gode ? Non… Je t’imagine plus en train de regarder un film de cul en te branlant…
-    Arrête !
Cette fois-ci je me mis en dessous des couvertures, je ne pus plus tenir une seconde avec le regard de Jonas posé sur moi.

Suite de l'histoire; partie 4:  Not alive without you: chapitre 10 partie 4[LUTRAAH]
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Mercredi 8 juillet 2009

!!Attention, ceci est la partie 2!!


Ce fut un samedi soir, alors que j’avais passé la fin d’après-midi seul que je le vis rentrer, apparemment assez énervé. Ses sourcils étaient froncés, ce qui formait une légère ride sur son front que je trouvai malgré mon inquiétude, assez attirante.
Il vint sans un mot s’affaler à côté de moi dans le divan. Il desserra sa cravate et soupira, jusqu’à ce que, sans que j’eus le temps de dire quoi que ce soit, il tourna la tête et me toisa en approchant sa main de moi rapidement. Sans même chercher à faire de sous-entendus, sa main se mit directement à me caresser entre les jambes. Je voulus l’enlever, ne comprenant pas sa réaction mais alors je le faisais en prononçant son nom, Jonas enleva sa veste et me coucha pour se positionner entre mes jambes, m’embrassant d’une façon désespérée et excitée à la fois.
-    Jonas.. tentai-je de dire en me débattant un peu. Arrête ! Qu’est-ce qui te prends ?
-    J’ai envie de toi ! Laisse-toi faire, tu aimeras, tu verras.
Cette phrase me donna un frisson. Non pas de plaisir mais de peur. Je repensai aussitôt à tous ces hommes qui m’avaient dit ce genre de phrase et j’étais tellement étonné que cela sorte de la bouche de Jonas que je restai bête un moment. Je restai là, à sentir sa bouche me lécher le cou et ses mains parcourir sensuellement mon corps jusqu’à ce que je reprenne conscience de l’évènement et que je le poussai à nouveau plus violemment. Mais encore une fois, j’étais avec un homme qui avait bien plus de force que moi…
Après un temps, je commençais à pleurer, ayant perdu tout espoir pour qu’il arrête et suppliai une dernière fois. Ce fut à ce moment qu’il sembla quand même réaliser du mal qu’il me faisait. J’étais mort de peur, j’étais persuadé que j’allais devoir revivre ce que j’avais déjà du supporter mais heureusement, il recula en se rendant compte de ce qu’il était en train de faire.
Je me redressai alors vivement et remarquai qu’il avait déjà ouvert son jean. Alors il était vraiment sur le point de me violer !
Je ne pus m’empêcher de le gifler de toutes mes forces avant de me lever pour tenter de m’enfermer dans la chambre. Seulement, Jonas me rattrapa assez tôt et m’empêcha de fermer la porte.
-    Qu’est-ce que tu fais ? hurlai-je en reculant dans la chambre.
Sans me répondre, Jonas me prit dans ses bras et me serra fort. De mon côté, je ressentais ça comme une agression supplémentaire et tentai de me défaire de son emprise. Je tremblais. Je ne savais pas qu’une telle situation allait nous arriver un jour.
-    Je suis désolé. Dit-il sincèrement, me serrant encore plus fort en sentant que je me débattais.
-    Pourquoi tu m’as fait ça ? J’ai eu peur Jonas !
-    Je n’ai pas réfléchis… dit-il en enfouissant son visage dans mon cou tandis que je cessais tout mouvement, à bout de souffle.
-    Qu’est-ce que tu as ? Tu es revenu dans un état…
-    Je suis allé voir ma mère. Je n’en peux plus qu’elle attende son fils de 5 ans…
-    Jonas… me contentai-je de dire sans savoir comment réagir.
-    Ne dis rien ! s’exclama-t-il vivement. S’il-te plait… Reste comme ça, juste un peu.
Pour toute réponse, je lui pris la main lentement et l’amenai jusqu’au salon et voulus reprendre ce que nous aurions du faire au début. Je le fis s’assoir et m’assis à mon tour.
-    Mets ta tête sur mes genoux.
Sans un mot, il m’obéit. De mon côté, je commençai à lui caresser les cheveux et le visage d’une façon que je voulais des plus rassurantes…
Il me serra à nouveau et enfuis son visage dans mon bas ventre, sachant que cette fois il n’y avait rien d’ambigu.
Nous restâmes ainsi un moment sans changer de position. J’entendis plusieurs fois Jonas racler la gorge comme pour s’empêcher de pleurer.
Après plusieurs minutes, je le vis tourner la tête pour me regarder. Sa main dériva sur mon cou de manière tendre pour me tirer jusqu’à lui et me voler un baiser comme je les aimais. La  seule chose qui m’arrêtait un peu était le fait qu’il avait un gout d’alcool et de cigarette dont je ne m’étais pas rendu compte plus tôt.
Sa langue vint me caresser doucement la mienne ce qui me fis inconsciemment, approfondir le baiser. J’aimais sa langue et ses lèvres, j’adorais sa main sur ma nuque, son souffle et son odeur me donnait toujours envie de me fondre en lui.
Il avait ce petit quelque chose de particulier que chez de rares mecs je pouvais profiter ; la transmission. Il me transmettait son mal-être, et je faisais tout pour lui faire comprendre que j’étais là autant qu’il l’était pour moi.
Il me demanda ensuite de se coucher près de lui, ce que je fis aussi vite. De façon sure de lui, il se colla à moi pour ne pas tomber du divan et m’écarta une jambe que j’enroulai autour de lui.
Il se mit lentement à m’embrasser le cou en m’enlaçant virilement ; tout ce que j’aimais pour me sentir bien. Je sentis pourtant qu’il déraillait à nouveau. Sans un mot mais de manière moins « personnelle », Jonas ouvrit trois boutons de ma chemise et passa une main sur mon épaule avant de se remette à la caresser lascivement.
Ayant apparemment bien l’habitude, il sut se servir que d’une main pour en ouvrir deux autres. Ma chemise à moitié ouverte à présent, il parvenait  aisément à caresser mon torse, le laissant faire plus que je ne l’avais fait ces derniers temps. Cette fois, je pris quelques initiatives.
Je voulais vraiment qu’il voit que je faisais des efforts pour lui. Je ne voulais plus être une simple « étoile de mer » : jambes écartées à attendre que l’on me baise. Je voulais le caresser, le rendre fou de désir et d’excitation. J’avais envie qu’il supplie mon nom…
Et j’avais surtout envie qu’il puisse se sentir mieux, ne fut-ce qu’un peu. Malgré une peur au ventre de faire quelque chose de moi-même, je décidai d’approfondir le baiser – auquel il répondit aussitôt- et lentement, je me mis au dessus de lui, à califourchon. Il arrêta son baiser pour se mettre un peu plus confortablement et semblait étonné de ce que je faisais. Je détournai les yeux directement, gêné.
-    Tu progresses… dit-il tout à coup chaudement. Continues comme ça, j’adore…
Je ne pus m’empêcher de rire, je ne savais pas pourquoi. Sans doute parce que j’étais très gêné, et que ce qu’il me disait me faisait plaisir.
Alors, je pus continuer. Jonas, pendant que je reprenais mon sérieux, passa sa main sur mes hanches en continuant à m’embrasser le cou et une clavicule légèrement découverte.
Une fois à nouveau en état de faire ce que j’avais commencé, je fis, l’air de rien, quelque chose que je ne me savais pas capable de faire. Mes hanches se mirent à bouger lentement et brusquement, je sentis les réactions de Jonas changer. Sa main pressa ma hanche pendant un moment et passa ensuite sous ma chemise, tandis qu’il reprit ma bouche avidement. Il semblait tellement excité d’un coup que je m’arrêtais quelques secondes, surpris.
Celui-ci eut l’air de le comprendre et se calma… Cependant, cela ne m’empêcha pas de recommencent doucement. Je m’excitais moi-même un peu trop. Je n’étais pas aussi fort que Jonas, j’avais du mal à me retenir longtemps quand j’étais excité et vu que cette fois c’était moi qui le faisait, écoutant mes désirs autant que les siens, mon envie était doublée. 
Seulement, comme si Jonas le comprenait inconsciemment et voulais jouer un peu, il se mit à caresser la partie de mon corps qui réagissait le plus…
Mon coup de hanche se fit plus insistant sur son sexe et sa main, ce qui le fit pousser un rire moqueur. Je ne pus m’empêcher de rougir brutalement à nos réactions ; la mienne car j’avais fait ça sans réfléchir, ça avait été une pure pulsion. Chose que je n’avais jamais vraiment connu.
-    Continues comme ça, je te dis. Répéta-t-il en recommençant à me caresser.
-    Pas ici… dis-je en approchant mon visage du sien.
-    Pourquoi pas ? Tu peux très bien t’en sortir tout seul…
Le portable de Jonas sonna tout à coup dans sa poche.


Suite de l'histoire; partie 3:  Not alive without you: chapitre 10 partie 3[LUTRAAH]
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Mercredi 8 juillet 2009
Salut les petits poulets!

Voilà ENFIN la suite! Veuillez m'excuser du retard mais voilà... L'air de rien, ça m'a pris du temps et en plus, j'ai pas trop eu que ça à faire. mais c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai continué la suite. Je suis vraiment désolée que vous ne l'ayez que mnt.
Je vous ai mis les 6 premières parties. Car mon chapitre va être beaucoup plus long que ceux de d'habitude, alors je me suis dit que pour pas saouler tout le monde j'allais mettre la première grosse partie et ensuite, mettre la fin du chapitre. Je le termine le plus vite possible et je vous publierai ça. J'espère que la suite vous plaira.

Vu que ça fait très très longtemps qu'il n'y a pas eu de suite, je comprends qu'on se souvienne pas de la suite. je vous fait un résumé rapidos:

Donc, Thomas s'est fait tabassé par Quentin (l'enculé) et a croisé Jonas (notre ange-gardien à tous) dans le magasin. Jonas l'oblige à venir chez lui. Arnaud vient s'excuser et soigner les plaies de Thomas, qui a beaucoup de mal à accepter un oeil sur son corps et un contact physique. Mais plusieurs jours après, le désir entre nos deux héros revient, Jonas essaie de faire une gâterie à Thomas, qui sera gâchée par l'arrivée d'Arnaud et Samuel. Le lendemain, Jonas se réveille a midi, ne se souvenant de rien de ses ébats de la veille et amène à manger à Thomas. Et là, trop excités tous les deux d'être ensemble, ils commencent à faire l'amour.
MAIS (il y en a toujours un mes chéries!), quand Jonas veut prendre Thomas, celui-ci se crispe. Il refuse sèchement que Jonas arrête leurs préliminaires et donc ce dernier n'en fait un peu qu'à sa tête. Il le prend et à ce moment-là, Thomas se met à pleurer. Il avoue à Jonas qu'il a raison. Il est drogué par Quentin pour coucher avec d'autres hommes Mais que cette fois, c'est encore pire car il lui a laissé un "souvenir"; c'est-à-dire une cassette vidéo du dernier ébat. Thomas avait regardé la vidéo quelques secondes et l'avait arrêté, incapable de continuer.
La fin du chapitre s'arrête par un Jonas bien en colère contre l'enculé de l'histoire et il réalise qu'ils ne sont pas que des amants.

"Rien que par sa présence dans ma maison, dans ce lit, dans mes bras, Thomas prenait une place dans ma vie bien plus grande qu’aucun de nous ne l’aurait cru…"

Voilà. Bonne lecture et j'espère que vous êtes pas trop fâchées du "retard".
lutraah*


Je ne savais pas ce qui m’avait pris de tout lui avouer…
Le sentir en moi m’avait tellement donné un sentiment de répulsion que je savais qu’il fallait que je lui en parle ou j’aurai rejeté la faute sur lui alors que s’il y avait bien une personne qui n’était pas en tort, c’était lui. Pourtant, je ne me sentais pas mieux. Je croyais qu’en lui parlant de ce que j’avais vécu, j’allais aller mieux et pouvoir tourner la page. Mais en vérité, c’était bien pire… L’on aurait dit qu’en parler à Jonas imposait que je me rende compte de la gravité de l’acte.  Je me rendais compte à quel point Quentin était cruel avec moi pour me filmer en train de coucher avec quelqu’un d’autre. A quel point c’était affreux de me droguer pour que je puisse devenir sa pute. Pourquoi n’avais-je pas un mari comme la plupart des hommes étaient ? Quelqu’un qui était jaloux dès qu’un autre me draguait, qu’il ne veuille pas que je boive ou prenne de la drogue pour mon bien et préserver ma santé ? N’était-ce pas ça l’amour ?
En pensant à cela, mes larmes s’accentuèrent. Je n’avais jamais pleuré comme ça, pas même quand j’étais seul. J’avais l’impression que j’allais devenir fou de chagrin et qu’on m’arrachait le cœur. Je le sentais battre difficilement, qu’il tentait de survive à ce que je vivais. Mais aujourd’hui, il n’y avait pas moyen. J’avais l’impression qu’on ne voulait de moi que du sexe, et que même celui qui était censé m’aimer ne voulait au final qu’être en moi et que je ferme ma gueule. Peut-être n’était-il pas bon que je sois avec Jonas. Peut-être aurait-il fallu que je sois seul pour pouvoir réfléchir…

Je regrettais tellement de choses… Tellement que je ne savais pas par quoi commencer ni à quoi penser. A quel moment de ma vie je m’étais trompé pour en arriver à ramper presque sur le sol pour ne pas me faire frapper par l’homme que j’aimais ? Mon père m’avait-il si détruit quand je lui avais avoué mon homosexualité pour que j’aie si peu de respect envers moi-même ?
J’entendais Jonas me demander doucement de me calmer, que tout allait bien mais non, rien n’allait. Je me rendais compte de beaucoup de choses et elles avaient été tassées tellement longtemps que je ne pouvais plus le supporter. Voir ses problèmes quand cela arrangeait n’était pas la solution, car tôt ou tard, les ennuis revenaient comme une claque en plein visage. Comme un énième coup de poing de Quentin…
Au bout de je ne sais combien de temps, je sentais que Jonas ne savait plus trop quoi faire. Il avait beau essayer de me prendre dans ses bras, je refusais. Ca me donnait l’impression de tromper davantage Quentin et ça, je ne pouvais pas le supporter à cet instant.
-    Tom, tu veux que j’appelle Arnaud pour qu’il te donne quelque chose ? demanda Jonas, les yeux exprimant un état de frustration et d’inquiétude extrême.
Sans trop réfléchir, je fis oui de la tête, sachant très bien que je n’allais pas me calmer de sitôt. J’avais besoin ne fut-ce qu’un simple calmant même si je n’aimais pas beaucoup.  Mais c’était la seule solution et heureusement, Jonas l’avait bien compris. Il partit seulement quelques minutes et tandis que j’étais toujours dans mon élan de découragement, je remarquais qu’il me guettait de l’autre bout de la pièce sans vraiment, découragé de pouvoir faire quoi que ce soit.

Arnaud arriva bien vite. Un coup de sonnette suffit pour que Jonas se rue vers la porte de la chambre pour aller ouvrir. Je les entendis échanger quelques paroles, Arnaud entrant dans la pièce rapidement en me regardant, sa trousse à la main.
-    Thomas.. dit-il sans plus de cérémonie, rapprochant une chaise près du lit. Je vais te donner quelque chose qui te permettra de dormir un peu.
Malgré la gêne que je ressentais, j’étais tout de même soulagé. J’avais besoin d’oublier un peu ce que je vivais sans arrêt.
Arnaud termina sa piqûre et rapidement, mes larmes cessèrent, me sentant de suite soulagé.
Il me sourit doucement et me dit de dormir pour mieux reprendre ses affaires et sortir, suivi de Jonas.
Je les entendis discuter un moment, malgré que je divaguais et vis après quelques minutes que Jonas rentrait sans faire de bruit, croyant certainement que je dormais.
C’est quand il vit que mes yeux n’étaient pas encore clos qu’il arriva auprès de moi pour s’assoir contre la tête de lit et me regarder.
Sans vraiment réfléchir, je réussis à bouger et posai ma tête sur ses jambes en l’enlaçant. Il posa aussitôt ses mains sur moi, un soulagement s’empara de moi quand je sentis ses doigts passer lentement dans mes cheveux.
-    Ca va mieux ? chuchota-t-il.
-    Oui…
-    Racontes-moi. Rajouta mon amant après un petit moment.
-    Raconter quoi ? niai-je.
-    Thomas… s’il te plait. Ne nie pas des choses que je devine. Je ne suis pas là pour te juger, je ne v…
-    Il a fait une cassette, le coupai-je, ne sachant pourquoi je le faisais.
-    Une cassette ?
-    Oui…, une cassette vidéo quand je…
Je n’osai pas continuer. Le raconter ou me le rappeler, je ne savais ce qui me faisait pleurer à nouveau. Sa main repassa plus fermement dans mes cheveux et me dit que ce n’était pas grave.
Seulement, cette fois je ne savais pas si c’était sous l’effet du calmant mais j’avais envie d’en parler. J’avais envie de dire la gêne, la honte et le trahison que je vivais chaque jour…
-    Je sais qu’il me drogue… Mais je ne peux rien faire, tu comprends ? S’il savait que j’étais au courant, ce serait encore pire. Et quand j’en prends, je me sens étrangement…
-    Excité ?
-    Oui… avouai-je.
-    Et ensuite ? Il amène d’autres hommes ?
Je fis oui de la tête et ajoutai en redoublant mes pleurs :
-    Je ne le veux pas ! je ne veux pas tous ces mecs Jonas…
-    Je le sais Thomas, je le sais…
-    Je ne suis plus moi-même quand c’est comme ça. J’ai envie simplement d’être baisé encore et encore alors que… dans la vraie vie, je ne les regarderais même pas !
-    Et il t’a filmé ?
-    Je n’ai regardé que quelques minutes, j’étais incapable de regarder plus longtemps. Je ne m’étais jamais vu aussi… pathétique ! Je suis horrible…
-    Tu n’es ni pathétique, ni horrible !
-    Je suis désolé… dis-je.
-    De quoi ?
-    De tout ça. Que tu doives supporter tout ça.
Je n’entendis aucune réponse, ce qui me fit encore plus mal. J’avais raison et il ne savait pas quoi dire pour me rassurer.

Je sentais la fatigue s’emparer de mon corps malgré moi. Je voulais encore discuter avec lui. Et là, Jonas reprit :
-    Tout ça, ce n’est pas de ta faute Tom. Tu n’y peux rien si la personne qui est censée t’aimer et te protéger te fait faire ce genres de choses.
-    Mais je semblais tellement aimer ! Ca me rend fou d’avoir vu ça ! Je n’aime pas, je n’aime pas faire ça comme ça !!
-    Je le sais Thomas, calme-toi…
-    J’en peux plus ! Je suis tellement fatigué…
-    Dors. Reposes-toi cette nuit…
Je fis ce qu’il me dit. Je préférai fermer les yeux et serrer Jonas tandis qu’il remit les couvertures sur moi pour que je me sente à l’aise. Je m’endormis lourdement, la main de Jonas me rassurant jusqu’au bout.
Les jours suivants passèrent tranquillement, sans plus une seule fois avoir à supporter une dispute ou un indifférent entre nous.
Je remarquai que Jonas avait très envie de moi ces derniers temps car il ne pouvait s’empêcher de me toucher et de m’embrasser d’une manière m’exciter. Seulement, cela se terminait toujours par un simple baiser. Je le sentais frustré mais il n’essayait jamais d’aller plus loin. Chaque fois, Jonas restait sage avant d’aller travailler, chose qui n’arrivait jamais pour moi d’habitude.
C’était bien simple, si ça avait été Quentin, ce dernier m’aurait forcé depuis longtemps.
Et de savoir que Jonas attendait patiemment me décoinçait jour après jour, me donnait envie de dépasser mes blocages pour pouvoir à nouveau passer une nuit chaude avec lui.


Suite de l'histoire; partie 2 : Not alive without you: chapitre 10 partie 2[LUTRAAH]

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Samedi 31 janvier 2009
/!\ PARTIE 2

Et c’était vrai. Malgré le fait que je déteste les hôpitaux, et que je doive rester loin de sa chambre, je n’avais pas envie de m’éloigner de lui plus que je ne l’étais.

Nous restâmes un moment dehors. Caroline avait passé un bras autour de mon épaule, m’attirant contre elle, tout en s’appuyant légèrement sur moi. Lorsqu’elle eut trop froid, elle me proposa de retourner dans la salle d’attente. Je n’en avais aucune envie, mais je me levais en silence et la suivit. Elle faisait de petits pas, comme pour garder un équilibre déjà fragile. Nous nous installâmes côte à côte. Elle avait toujours besoin de ma présence tout près d’elle, comme si cela lui donnait l’impression d’être moins seule pour supportait ce qu’elle vivait : ce qu’il y avait de pire pour une mère. Un instant, je me demandais comment aurait réagit la mienne dans une situation semblable. Serait-elle restée à mon chevet, tout aurait-elle voulu fuir la situation dans l’alcool ? Je ne m’hasardais pas plus longtemps sur cette réflexion, connaissant parfaitement la réponse à cette question. Ma mère était telle qu’elle était, je ne la changerais pas et je l’aimais telle qu’elle était. Mais je n’avais jamais était confronté à d’autres mères, et me retenir de faire la comparaison avec la mienne. Ce que j’avais de plus en plus de mal à comprendre, c’était que Bastien y soit totalement aveugle.
Nous attendîmes encore une heure, dont chaque minute passant me semblait une éternité. Les personnes commençaient à s’accumulée dans la salle d’attente alors que toute la nuit avait été calme. Je supportais mal le brouhaha qu’ils créaient et l’agitation qui régnait dans les couloirs avec les brancards et les infirmières. Pourtant, un homme s’en dissocia. Il n’eut pas besoin d’approcher encore plus de nous et de dire un mot pour que je comprenne que cet homme allait nous apporter le verdict. C’était surement son regard  grave et anxieux posé  sur Caroline qui m’alerta. Il approcha de nous, et je fis un signe à la mère de Bastien pour la prévenir de sa présence.

Nous nous levions de concert avec Caroline.

 

-               Vous êtes bien Madame Lejeune?

 

Caroline ne pu qu’acquiescer, aucun mot ne sortant de sa bouche.

-               Dans ce cas veuillez me suivre dans le couloir, dit-il en constatant le monde dans la salle d’attente.

 

Au summum de l’angoisse, nous suivîmes cet homme. Son pas me semblait beaucoup trop lent. J’avais envie de l’arrêter pour qu’il abrège enfin ce suspens qui durait pour moi depuis des semaines. Je serrais les poings, tentant de me ressaisir et surtout de me maîtriser. Toute cette cérémonie pour nous donner enfin le diagnostique était interminable. Je savais qu’il allait mal, mais j’avais terriblement peur d’en deviner la gravité. Le médecin nous guida jusqu’à un couloir plus tranquille où le va et vient des personnes était presque inexistant, nous permettant le calme pour qu’il parle enfin. Caroline, pâle comme un cachet d’aspirine, semblait avoir de plus en plus de mal pour tenir sur ses deux jambes, et je restais près d’elle au cas où…

 

-               Bon… Commença enfin à dire le médecin, après avoir effectués plusieurs tests de mémoire à votre fils qui se sont révélés intriguant, nous lui avons fait passé un scanner et…

-               Venez-en aux faits, le coupa Caroline.

 

Le médecin pâlit, prenant soudain un air plus grave. J’avais l’impression que mon cœur battait beaucoup plus fort sous l’impatience qu’il provoquait chez moi. Il semblait avoir quelque chose à lui apprendre de très difficile, surtout à une mère au sujet de son jeune fils. Je me refusais à penser au plus funeste des diagnostiques. Pourtant, ce qu’avait Bastien était loin d’être mineur, mais je priais pour que ce ne soit pas l’extrême opposé.

 

-               Madame, commença le médecin d’une voix professionnelle, votre fils a une tumeur.

 

Je n’eus pas le temps de me préoccuper de ma propre réaction, je vis Caroline vaciller et la rattrapais de justesse. S’appuyant lourdement sur moi, le médecin lui laissa un temps pour digérer l’information, avant de préciser.

-               Rassurez-vous, elle est bénigne. C’est une tumeur frontale mais elle est énorme. C’est étrange qu’il ait tenu le coup jusque là. Votre fils ne simulait pas sa douleur.

-               Qu’a… Qu’allez vous lui faire, articula difficilement la mère de Bastien. Vous allez pouvoir le soigner docteur ?

-               Nous devons l’opérer assez rapidement, je devrais pouvoir programmer l’opération pour après demain.

 

Caroline restait figé, fixant le médecin, tendit que j’avais du mal à entendre la suite de la conversation, j’avais l’impression que mes oreilles bourdonnaient. Pourtant j’entendis soudain une autre voix :

 

-               Caroline ! Dit assez fort le père de Bastien, François, qui arrivait juste derrière nous, essoufflé par sa course jusqu’ici.

 

Caroline se tourna vivement, se jetant dans les bras de son mari, qui la serra, hébété par son attitude.

-               François, Bastien va se faire opérer, il… Il a une tumeur au cerveau.

Gardant Caroline dans ses bras, François porta toute son attention sur le médecin, trahissant très aisément que la nouvelle le bouleversait. Il n’eut pas besoin de lui demander de plus amples explications, le médecin lui expliqua plus en détail ce que Bastien avait.  Une fois qu’il fut au courant de tout dans tous les détails, il demanda au médecin en s’énervant légèrement, s’il ne pouvait pas avancer l’opération. Le médecin répondit à la négative, et finit par leur demandais s’il se chargeait d’en parler à Bastien ou s’ils préféraient le faire. Ils répondirent de concert qu’ils allaient s’en chargé, et le médecin fini par les laisser seul, Durant toute cette scène, j’étais resté en retrait, étranger à cette famille qui n’était pas la mienne. Pourtant mon cœur battait pour Bastien et son futur incertain. Appuyé contre le mur, j’avais du mal à digérer l’information. François s’était mis à pleurer, tenant toujours sa femme dans les bras. Ils étaient seuls dans le couloir, et moi uniquement spectateur.  Ce n’est qu’après un long moment qu’ils se calmèrent, se décidant la mort dans l’âme à se diriger dans la chambre de Bastien pour lui annoncer le verdict. Son père m’invita à les suivre, et d’un pas pesant nous nous rendîmes dans la chambre ou ma présence n’était pas souhaitée. Cette fois-ci, je restais vers la porte, dans l’angle près du mur, m’approchant surtout pas trop de lui. Je ne voulais pas qu’il se sente envahi de ma présence. De plus cet instant ne m’appartenait pas, j’avais cette cruelle impression d’être intrus. Caroline et François se plaçaient d’un côté de l’autre du lit. Bastien m’apparaissait comme encore plus mal, alors que son état ne variait en rien d’hier soir. Le fait d’avoir mit le mot tumeur sur son état, le rendait encore plus grave.

Prenant une profonde inspiration, ce fut sa mère qui la première commença à parler :

 

-               Nous venons de discuter avec le médecin, qui nous parler du résultat des examens.

Tentant de passer sa main dans les cheveux de son fils, avec la tendresse qui caractérise une mère, elle se heurta à un refus, Bastien tourna légèrement la tête, l’évitant. Il attendait que sa mère poursuive, ce qu’elle fit en cachant au mieux sa peine.

-               Il nous a dit que… Enfin, tu souffres de… Tu as une… Dit Caroline, apparemment incapable de prononcer le mot « tumeur ».
-               Qu’est ce que j’ai ? Dit Bastien agacé par cette dose d’angoisse supplémentaire.

 

Ce fut son père qui intervint. Posant une main sur son épaule que Bastien ne repoussa pas, il lui annonça d’une voix grave et paternelle de quoi il souffrait. Bastien écouta sans sourciller, semblant encore moins bien réaliser que nous tous dans cette pièce. Il semblait totalement perdu, et heureusement, son père craqua et le prit dans ses bras… Bastien se laissa faire, sans pour autant se mettre à pleurer, ce qui aurait été tout à fait normal. Caroline les regardait tous les deux, et me sentant cette fois-ci vraiment de trop, je sortis de la chambre sans un bruit, espérant qu’ils n’y prêteraient pas attention. J’allais directement dehors, et jetais rageusement mon paquet de cigarette vide. Une de plus ne m’aurait pas fait de mal. J’avais besoin de faire autre chose, de me sortir de cette ambiance d’hôpital et de tout ce que Bastien était en train de vivre. J’y étais profondément impliqué tout en ne trouvant pas ma place. Je m’inquiétais pour Bastien, et je ne savais plus quoi faire pour évacuer tout ce que je ressentais. Alors que je m’asseyais sur un banc, un jeune homme d’environ cinq années de plus que moi se planta devant moi, me demandant en me tendant son paquet :

-               Une cigarette ?
-               Oui, je veux bien, merci. Répondis-je avec un sourire forcé.
-               Je m’appelle Jérémie et toi ?

-               Morgan, répondis-je simplement, pour une des rares fois ou j’avais très peu envie de parler à un bel homme.

Mais je savais que sa cigarette avait un prix… Alors que j’allumais la cigarette qu’il m’avait donné, il vint s’asseoir à côté de moi, lâchant un soupire.

 

-               Mon ami a eu un accident. Heureusement, ce n’est rien de grave. Il va pouvoir sortir dans une heure. Et toi ? Qu’est ce qui t’amène ici ? Me demanda-t-il sans la moindre pudeur.

-               Rien qui ne vous concerne, répondis-je, mettant des limites.

-               Très bien, désolé, je ne sais pas rester à ma place, tu m’as donné l’impression en sortant d’avoir besoin de parler, tu avais l’air assez mal.

-               Oui, je le suis en effet, dis-je, me tournant cette fois-ci sérieusement vers lui.


Je n’avais pas fait attention au regard qu’il avait posé sur moi, me faisant clairement comprendre que toutes ses questions et ses attentions n’avaient qu’un seul but. Il était assez grand, peut être un peu plus que moi, des cheveux bruns légèrement ondulé et assez courts. Beau corps, même si installé ainsi, il ne me permettait pas de le voir avec précisions. Mon regard revint sur ses yeux marron foncés, avec une légère touche de vert, qui le rendait intriguant. Je ne pouvais y être insensible.

-             Tu sais, je connais un moyen d’aller mieux, dit-il en se rapprochant sensiblement de moi et posant sa main sur mon genoux.

Certains auraient pu être choqué par ce rentre dedans, mais c’était loin d’être mon cas. Ce qu’il me proposait était mille fois mieux qu’une cigarette. Depuis combien de temps n’avais-je rien fait, me contentant de veiller sur Bastien chaque nuit. Sa main maintenant posé sur mon genoux, remonta sensiblement jusqu’à ma cuisse avec envie. Je la rattrapais, avant qu’elle n’aille trop loin, et me levais, tenant toujours sa main en l’incitant à faire de même.


-               Je connais un endroit tranquille pas très loin, me proposa-t-il, semblant comprendre que je lui cédais.

 

Cependant, il avait du mal à cacher sa surprise. Peu d’adolescent de mon âge devait accepter aussi facilement. Mais après tout, quel mal y avait-il à prendre un peu de plaisir ? Il partit devant et je le suivis sans un mot…

***

 

Je m’étais réveillé assez tard, ce matin là, après la nuit blanche que nous avions passé à l’hôpital. La mère de Bastien avait passé la journée avec lui, tandis que le père avait gardé les petits. Ils restaient ainsi aux côtés de Bastien à tour de rôle. Caroline n’allait pas tarder à rentrer, alors que j’étais en train de bouquiner dans le salon. Je n’avais envie de rien, et le livre restait ouvert sur mes genoux la plupart du temps sans que je ne tourne les pages. Je finis par me lever et allais aider le père de Bastien à préparer le repas. Il ne parlait presque pas, et je n’en avais pas la moindre envie non plus. Le silence était uniquement ponctué par le rire des deux enfants qui jouaient assis à la table de la cuisine avec de quoi dessiner.

La porte d’entrée ne tarda pas à  s’ouvrir, et nous entendîmes la voie de Caroline et de deux autres personnes. Le père me lança un regard intrigué. Il laissa tout ce qu’il était en train de faire, et prit la direction du couloir d’entrée. Curieux, je le suivis.

-               Je suis sincèrement désolé Madame, mais heureusement, nous venons de leur trouvé une autre famille et je pense que vous alléger de ces enfants est nécessaire. Vous ne pouvez pas continué ainsi avec votre enfant malade. Déclara une femme assez petite et pincée.

 

Mon cœur s’emballa, partir d’ici ? Il n’en était pas question. Je voulais suivre l’état de Bastien, je voulais rester ici, près de lui…

 

-               Quand partent-ils demanda Caroline, d’une voix dangereusement faible.

-               Maintenant, nous avons encore le temps. Les parents qui désirent les adopter définitivement sont prêts à les accueillir.

François et moi arrivâmes devant eux. Se plaçant très vite comme soutient auprès de sa femme, il demanda vivement :

-               Que se passe-t-il ?

 

Patiemment, une des deux femmes expliqua au père de Bastien qu’ils venaient de trouver une famille pour les deux petits, sans aborder tout de suite mon cas. Ils partiraient dès ce soir, le temps que Caroline fasse leur valise. Celle-ci se tenait à François, tentant de ne pas tomber pour de bon. C’était trop pour ses épaules, trop d’un coup pour elle. L’autre femme approfondis les explications, mais les deux parents avaient très bien compris que tout cela n’était que la cause de la maladie de leur unique enfant. Posant soudain son regard sur moi, une des deux femmes dit au père en continuant à me regarder :

 

-               Pour ce qui est de son cas, peut-on aller nous asseoir quelques minutes.

Le père acquiesça et nous prîmes tous place dans le salon. Prenant une inspiration, une des deux assistantes sociales commença à prendre la parole :

-               Comme vous le savez, Morgan sera majeur dans 4 mois. Lui trouver une autre famille d’accueil provisoire avant sa majorité tient du miracle, mais il peut toujours être placé en centre pour attendre. C’est pourquoi je me tourne d’abord vers toi Morgan, dit-elle, me faisant face. Désires-tu rester ici, ou bien partir dans un centre pour les quelques mois qui te restent ?

 

Je sentis le regard des parents posés sur moi, mais je n’eus pas besoin d’eux pour connaître ma réponse. Je savais ce que je voulais. C’est pourquoi, sans la moindre hésitation, je déclarais :

-               Je préfère rester ici…

Ma phrase prononcée avec une telle détermination, fit presque sursauter Caroline. Je ne savais même pas s’ils désiraient ma présence, mais égoïstement, ce n’étaient pas eux qui m’importaient. Les deux femmes me regardèrent sceptique avant de me demander de nouveau :

-               Tu en es sur ?

-               Oui, affirmais-je.
-               Bien, si tu veux bien nous laisser seuls maintenant, nous aimerions nous entretenir avec Caroline et François.

Acquiesçant, je me levais et me rendis directement dans la chambre de Bastien que je partageais avec lui. Je devais avouer que la présence de celui-ci me manquait. Je m’y étais habitué, même s’il n’était pas forcément très sociable. J’avais été souvent seul la plupart du temps et n’avait jamais souffert de la solitude comme ce soir là. Mais la personne qui me manquait le plus était ma petite sœur, dont je n’avais aucune nouvelle depuis trop longtemps. Aurais-je seulement le droit de la voir dans quatre mois à ma majorité ? Et que devenais ma mère…
M’asseyant sur mon lit, adossé au mur, j’attrapais un magasin que j’avais déjà feuilleté des centaines de fois, laissant défiler les pages, sans même les regarder. Ce ne fut qu’après une bonne demi-heure que les assistantes sociales vinrent me voir, me prévenant que je restais ici et qu’elles allaient partir avec les deux petits. Je me levais pour les rejoindre en bas, ayant tout de même envie de leur dire au revoir. La petite me sera fort dans ses  bras, s’étant attaché à moi plus que je ne le pensais. Quand pourrais-je prendre ma petite sœur ainsi de nouveau ?
Caroline était dévastée et je savais qu’il suffisait qu’ils s’en aillent pour qu’elle s’effondre. Demain son fils se faisait opéré et elle perdait une partie de sa famille. Les adieux durent très dur pour elle comme pour François, et lorsque la voiture démarra, je restais un peu dehors, prétextant l’envie de fumer une cigarette, mais désirant surtout leur laisser un moment d’intimité avant que François n’aille rejoindre Bastien. M’asseyant sur les marches, je regardais la balançoire et les quelques jeux qui étaient dans le jardin. Ils n’avaient maintenant plus aucune utilité. Lâchant un soupire, je finis par me lever, rentrant dans la maison, ignorant Caroline et François dans le salon, allant directement dans la chambre.
J’y passais presque toute la soirée, Caroline restant dans son coin et moi dans le mien. L’envie de sortir n’était pas là, et je décidais simplement de me coucher tôt, ignorant les pleurs de Caroline que je pouvais entendre. Je ne pouvais rien pour elle et toute cette souffrance était trop dur à supporter et bien trop lourde. La solitude était finalement préférable. Qu’aurais pu lui dire ou faire de toute façon ?
Je mis beaucoup de temps à m’endormir, les yeux grand ouverts, fixant le plafond, avant de les fermer et de m’endormir sans en avoir conscience…

 

Le lendemain matin, je fus réveillé par Caroline assez tôt, qui m’appeler de la porte.

-               Morgan, réveille toi, il faut que tu ailles en cours aujourd’hui, tu as assez manqué le lycée.

Me redressant d’un bon, je me rappelais que c’était aujourd’hui que Bastien se faisait opéré. Caroline était déjà en train de descendre les escaliers, ne me laissant pas le choix. Je savais qu’entamer cette discussion avec elle était inutile, je devrais subir une journée de cours avant de me ruer à l’hôpital pour savoir ce qu’il en était. Je n’avais pas vu Bastien hier, et je savais qu’il ne souhaitait toujours pas ma présence. Je n’osais même pas imaginer son état. Passant à la salle de bain, je ressortis propre et fraîchement habillé. Descendant à la cuisine, je m’arrêtais avant de rentrer, entendant une discussion au sujet de Bastien entre son père et sa mère qui je le pressentais prendrait fin lorsque je rentrerais.

                                                                                                                                              

-               Je te préviens Caroline, Bastien vit très mal le fait qu’on ait du lui raser la tête, et c’est à peine s’il m’a adressé un mot ce matin lorsque je suis partis. Il va de plus en plus mal moralement et je ne vois pas quoi faire pour l’aider… Je viens aujourd’hui avec toi, l’opération commence à 14h00. Morgan va…
-               Il va au lycée, le coupa Caroline.
-               Oui, il vaut mieux pour lui qu’il soit occupé, et qu’il ne traîne pas ici ou à l’hôpital. Il a déjà loupé assez de cours, répondis François.

N’ayant pas envie d’en entendre plus à mon sujet, et pestant contre le peu de nouvelle que j’avais de Bastien de part cette courte discussion, je rentrais dans la cuisine, dans un silence de plomb.

-               Bonjour Morgan.
-               Bonjour, répondis-je simplement, en m’asseyant à table après avoir pris le nécessaire pour petit déjeuner.
-               Je vais prendre une douche, dit François à notre attention.


Nous laissant seul, Caroline vint s’asseoir en face de moi, me faisant clairement comprendre qu’elle avait à me parler. Buvant une gorgée de jus d’orange, je la regardais, lui montrant que j’étais réceptif à ce qu’elle allait me dire.

-               Les petits n’étant plus là, j’aimerais que tu prennes leur chambre. Cela ne sert plus à rien que tu partages ta chambre avec Bastien. Je… J’aimerais te demander quelque chose Morgan.


La regardant je savais parfaitement quel sujet délicat elle voulait aborder, et choisir ce jour était comme m’interdire de l’ouvrir au vu des circonstances. Je n’étais pas du tout d’accord avec elle au sujet de la soit disant homosexualité de son fils.

 

-               J’aimerais que tu laisse Bastien tranquille et que tu ne cherches pas à le rendre comme toi, il a déjà assez de… problèmes.
-               Le rendre comme moi ? Demandais-je, feignant l’innocence

-               Il vaut mieux que le regard de Bastien se porte sur les filles. Dit-elle assez gêné, mais ferme et déterminée. L’homosexualité n’est pas faite pour lui.

-               Ah, c’est pour ça que tu me changes de chambre, par peur que je ne touche à Bastien ! M’exclamais-je, ne cachant pas ma colère.

-               Oui, me répondis froidement sa mère, se moquant de ma réaction.


Me levant d’un coup, préférant ne pas aller plus loin dans ce genre de conversation, seulement au vu des circonstances, je ne pus me retenir de dire en quittant la cuisine :

-               Me changer de chambre ne me limite en rien si je voulais vraiment de lui. Et puis Bastien est assez grand pour faire son choix à ce sujet là…

Je sentis soudain la main de Caroline m’attrapais brusquement, me forçant à me retourner. Son instinct de mère protégeant son fils parlait pour elle.

 

-               Je vais être plus clair, je ne te le demande pas, je te l’interdit. Ne touche pas à Bastien.

 

Me dégageant vivement d’elle, je déclarais avant de monter chercher mon sac :

-               Qui t’as dit qu’il m’intéressait !

 

Montant les marches quatre à quatre, j’attrapais mon sac posé sur le sol, y fourrant de quoi écrire et prenant mes quelques livres. Mettant mes chaussures, il me fallut peu de temps pour attraper ma veste et prendre la direction de la sortie. Caroline ne m’arrêta, et cinq minutes plus tard, je me retrouvais à marché vivement, une cigarette à la main, en direction du lycée. Je sentais que la journée allait être longue et je n’attendais qu’une chose, que les cours qui n’avaient même pas encore commencé finissent pour que je puisse enfin aller voir Bastien. Caroline allait-elle aussi m’interdire cela ? Je soupirais en tapant sur un caillou qui traînait sur mon chemin. A quelle heure allait-il être opéré, nous n’avions même pas parlé de cela ce matin…

 

-               Morgan ! Cria soudaine une voix derrière moi.

Me retournant, je pus voir Aurore. Elle tombait mal, c’était vraiment la dernière personne que j’avais envie de voir. Profitant de son effet de surprise, elle sauta sur moi me faisant une bise de force.

 

-               Alors ça fait un moment qu’on ne t’a pas vu ! Qu’est ce qui t’es arrivé ?

Bien évidemment Bastien ne l’intéressait pas le moins du monde. N’ayant aucune envie de parler avec elle, je répondis assez brièvement :

-               Rien qui ne te concerne Aurore.

La laissant sur place en lui tournant le dos, je pris la direction du bureau des surveillants pour faire signer mon absence. Etonnamment, elle me laissa en paix.


La journée fut assez longue, je choisis de rester dans mon coin, angoissant seul pour Bastien. Aurore ne me lâcha pas d’une semelle à la pose de midi, ne comprenant pas que je n’avais pas la patience nécessaire pour la supporter. Aucun professeur ne me demanda la raison de l’absence de Bastien. Soit ils étaient déjà au courant, soit ils s’en moquaient ouvertement. Si personne ne remarquait qu’il n’était pas là, ce n’était pas mon cas. Après l’avoir surveillé pendant deux semaines, cette fois-ci je m’ennuyais. Les cours passaient à une lenteur insurmontable et la chaise occupée par Aurore à mes côtés ne m’aidait pas. Il n’y eu pas un seul instant ou je ne m’inquiétais pas au sujet de Bastien. Était-il sur la table d’opération à ce moment là ? Etait-est-ce fini ? Ou bien angoissait-il à l’idée de se faire ouvrir le crâne… Je n’osais même pas imaginer son état, mais je savais que ma place était ici et non à ses côtés. Il me restait encore un cours d’une heure après celui-ci, un cours de langue, les seules ou Bastien montrait son intérêt.
L’intercours arriva plus vite que je ne l’aurais pensé. Nous restions dans la même salle, mais plusieurs en profitèrent pour sortir et s’aérer un peu. Nous avions une pause, et j’avais le temps d’aller me fumer une cigarette. Dans un peu plus d’une heure, je pourrais enfin me rendre à l’hôpital. Rien qu’à cette idée, je sentis les battements de mon cœur s’accélérer. Retournant en classe discrètement, je retournais à ma table du fond, ou les affaires d’Aurore étaient toujours posées. Elle n’avait pas décidé de changé de place. M’asseyant, je vis qu’elle était la seule à ne pas être revenu en cours. Les autres parlaient dans leur coin, chacun en petit groupe. Était-ce ça que Bastien voyait tous les jours ? La vie des autres défilé devant lui sans qu’il n’y trouve sa place ?
C’est à ce moment là que Aurore arriva, passant la porte avec un grand sourire aux lèvres et s’exclamant à haute voix :

-               Et vous savez quoi !

La plupart tournèrent la tête vers elle alors qu’elle se mettait à rire d’un air moqueur.

-               Ce naze de Bastien a une tumeur au cerveau et il se fait opérer aujourd’hui !

La haine s’infiltra dans me veine lorsque je vis la réaction des autres. Alors que certains riaient avec elle, d’autres s’en foutaient totalement, retournant à leur occupation. J’étais donc le seul dans cette pièce à m’inquiéter réellement pour sa vie. Attrapant mon sac, je me levais, ne voyant plus aucun intérêt à rester avec eux. Arrivé à la hauteur d’Aurore qui était devant la salle de classe, je la tirais brusquement dehors. Ne mâchant pas mes mots, je la plaquais contre le mur, en étant ferme mais non violent. Pour la première fois croyait-elle certainement, elle voyait mon vrai visage.

 

-               Tu sais comment on appelle les personnes comme toi ! Commençais-je. Ca te fait rire c’est ça le pire. Tu es cruelle, alors qu’il peut mourir à tout moment.

Je n’allais pas trahir les sentiments de Bastien à son égard, mais l’idée même qu’il croit l’aimer me rendait fou. Je n’avais jamais supporté l’attitude immature et sans cœur de ceux de cette classe comme la plupart de ceux que j’avais pu connaître. Je n’avais vraiment plus rien à faire ici.

 

-               A l’avenir ne m’adresse même plus la parole, ça n’en vaut pas la peine.

Lui tournant le dos, je pris le chemin le plus court pour sortir de cet établissement où j’étouffais. La peur que Bastien ne s’en sorte pas m’envahissais si brusquement, que je sentais les larmes monter, et ma gorge se noua pour les retenir. L’idée même qu’il quitte cette terre maintenant alors qu’il n’avait rien connu et que la vie ne lui avait rien donné me comprima le cœur. Je me fis la promesse que s’il s’en sortait, je l’aiderais à découvrir ce que la vivre était réellement. Je voulais le soutenir, l’aider à aller plus loin que ce que les autres prévoient pour lui, qu’il se laisse enfin aller à être lui-même. Il ne pouvait pas continuer ainsi, si sa tumeur ne venait pas à bout de lui, c’était ce qu’il s’imposait qui allait le tuer. S’était-il seulement senti tout simplement bien et libre un jour ?
Le bus arrivé, et j’écraser ma cigarette avant de monter dedans. S’il ne prenait pas de retard, dans un peu moins de vingt minutes, je serais à l’hôpital. J’avais tant de chose à lui dire et à lui faire comprendre. Je savais que cela serait difficile, et qu’il n’allait pas accepter mon initiative à bras ouverts, mais je ne lui laisserais pas le choix.
Lorsque le bus s’arrêta, j’étais déjà debout vers la porte, prêt à descendre. C’est en courant que je fis le trajet jusqu’à l’hôpital. Je ne ralentis que lorsque je passais l’accueil. Je connaissais  la localisation de la chambre de Bastien et je m’y rendis directement. Mon cœur faillit louper un battement en la découvrant vide. Je priais intérieurement pour qu’il soit encore sur la table d’opération. Me dirigeant d’un pas vif, je tentais de garder mon calme du mieux que je pouvais, mais mes mains tremblaient déjà sans que je puisse les contrôler. Arrivé à la salle d’attendre, je repérais tout de suite la mère de Bastien dans les bras de son mari en larmes. Les yeux rougis de François me montraient qu’elle n’était pas la seule à pleurer. Mes jambes faillirent flancher, en m’imaginant le pire. Ce ne fut que lorsque je m’arrêtais devant eux que Caroline redressa la tête s’apercevant de ma présence.  Je n’avais pas envie d’entendre, pourtant je ne pus m’empêcher de commencer à demander :

-               Qu’est ce que…

Ce fut François qui prit la parole, Caroline en était incapable. Je ne la comprenais que trop bien, comment dire à voix haute que son fils n’était plus de ce monde. J’avais envie de hurler, ne sachant plus trop où j’en étais. Ma vue commençaient à se brouiller, ma poitrine se comprimait si fort que j’avais l’impression que mon cœur se battait héroïquement pour chaque battement. Ca ne pouvait pas se terminer comme ça !

-               Il y a eu des complications, commença François.

Désirait-il m’achever à parler si lentement. Qu’il en vienne au but, qu’il n’annonce enfin le verdict.

 

-               Il est encore sur la table d’opération… Ils ne peuvent pas nous en dire plus.

Un espoir, si minime soit-il, fit battre mon cœur légèrement plus vite. Plus pâle que jamais, François se leva soudain, et m’attrapa vivement, me prenant dans ses bras. S’était-il rendu compte que  mes jambes n’allaient plus me tenir une seconde de plus. Craquant, je ne pus retenir mes larmes, suppliant intérieurement de toutes mes forces qu’il s’en sorte et qu’il ne nous abandonne pas…

 

 

 A SUIVRE 
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : I feel you
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Samedi 31 janvier 2009
Première partie /!\

Lorsque sa mère me demanda de sortir de la chambre, je m’exécutais aussitôt, comprenant qu’ils avaient besoin d’une discussion tous les deux. Ce ne fut pas pour autant que je m’éloignais de la chambre une fois à l’extérieur, restant derrière la porte après l’avoir fermé. Je ne savais que trop penser de l’état de Bastien. Quelque chose clochait. J’avais surveillé Bastien pendant plusieurs jours, et même le lâcher des yeux quelques secondes me mettait dans un état d’inquiétude.

               
-
               Bastien... Commença-t-elle d’une voix calme qui cachait mal son inquiétude.

-               J’ai pas envie de te parler. Répondit-il trop rapidement à mon gout.

-               Je vois bien que… que tu es malheureux. Seulement, je ne sais plus quoi faire.

-               Il n’y a rien à faire ! Et je ne suis pas malheureux… J’ai des supers parents, des frères et des sœurs adoptifs géniaux… Et surtout maintenant avec Morgan dans ma chambre, c’est le bonheur !! Dit-il ironiquement.

 

Si sa mère acceptait sans aucun souci l’homosexualité chez un autre comme moi, sa tolérance ne s’étendait pas à son fils et elle le démontra en répondant :

-               Justement, en parlant de lui… Tu sais que tu peux m’expliquer tout Bastien. J’ai réagis impulsivement l’autre jour mais si tu as des questions… Si tu te poses des questions et que tu crois avoir besoin d’expérience auprès des… des garçons, je…

Heureusement que ma mère ne m’avait pas fait ce coup là. Pour dire vrai, elle se moquait totalement de mes préférences sexuelles. Que j’aie un petit ami ou une petite amie ne lui apportait rien, ne s’attachant qu’aux choses qui la touchait personnellement. Je pleins Bastien du calvaire qu’elle lui infligeait, alors qu’à ce moment même il méritait bien autre chose.

 

-               Maman ! Cria-t-il. Je ne suis pas pd ! Je te l’ai déjà dit ! Tu ne m’écoutes vraiment pas !!

-               Tu en parles à ta psychologue ? Tu n’es pas homosexuel, je le sais bien. Tu ne peux pas l’être, tu n’as jamais eu de problèmes…

 

Se rendait-elle compte de l’état de Bastien ! Je bouillais intérieurement. Mon cœur battait, je craignais le pire, sans trop savoir pourquoi, je le présentais. Je dus me faire violence pour ne pas entrer dans la chambre à nouveau.

 

-               Quoi ? Mais t’es complètement dingue !! Pourquoi tu dis autant de conneries ?
-
               Reste poli quand même s’il te plait ! Répondit-elle plus vivement en se relevant.
-
               Pourquoi est ce que je dois gueuler ? Parce que je n’ai jamais eu de problème ou parce que tu ne veux pas que je sois moi-même ?
-
               Tu veux dire que tu es comme Morgan ? Cria-t-elle, hors d’elle. Tu l’as embrassé ? Vous avais fait des choses ensemble ? J’avais raison n’est-ce pas ? Quand je t’ai trouvé ce jour-là, tu…

Mes poings se serrèrent, résistant une fois de plus.

 

-               Non ! Hurla-t-il. Pourquoi tu ne me crois pas ? Pourquoi es…

J’entendis peut de temps après un bruit sourd comme une masse tombant sur le sol, suivit de très près par le cri de sa mère. Sans réfléchir, je rentrais dans la chambre pour découvrir Bastien étendu sur le dos, sa mère catastrophée penchée sur lui. S’apercevant de ma présence lorsque j’approchais un peu plus, elle me demanda de m’aider à le soulever pour le mettre dans son lit la voix brisée par l’angoisse d’une mère ayant son enfant en danger. Je ne répondis rien, et m’exécutait. Une fois installé, j’allais chercher ce qu’elle me demanda, tandis qu’elle rabattait la couverture sur lui. Cela ne semblait être qu’un évanouissement, mais vis-à-vis de tout ce qui venait de se passer ses derniers temps j’étais fortement inquiet. Lorsque je revins en courant dans la chambre, grimpant les escaliers quatre à quatre,  j’arrivais tout essoufflé, tendant tout ce que sa mère m’avait demandais. Bastien respirait paisiblement, se semblait dormir comme jamais il n’avait eu l’occasion depuis deux semaines. Sa mère était pâle comme un linge, mais elle ne quittait pas Bastien des yeux. L’anxiété tirait ses traits, elle semblait ne plus vraiment savoir quoi faire avec son fils, la culpabilité la rongeant de l’intérieur. J’aurais aimé que Bastien prenne le temps de réellement observait sa mère, et qu’il la voix passer une main tendrement dans ses cheveux avant de murmurer son nom.

Elle se redressa soudain, se tournant vers moi. Je n’avais pas remarqué la force qu’elle puisait en elle pour résister à la panique. Seulement au vu de ses gestes presque tremblant et de ses mains se crispant d’angoisse. Inspirant profondément, elle me demanda brièvement :

-
               Morgan est ce que tu peux rester auprès de lui. Je vais appeler le médecin et son père.

Elle inspira de nouveau, la panique se lisant dans ses yeux. Elle tentait d’avoir la meilleure réaction possible, mais son cœur lui criait de prendre Bastien dans ses bras.

 

-               Je le surveille… Dis-je, mal à l’aise face à son effroi.

Sans un mot, elle lança un dernier regard à Bastien avant de se précipiter vers le téléphone. Je pus l’entendre de la chambre appeler le médecin en catastrophe, parlant fort et perdant son sang froid. Je crus comprendre qu’il n’allait pas tarder à venir voir Bastien. Je n’écoutais pas la suite, me concentrant de nouveau sur celui que je devais surveiller. Sa respiration était pesante et profonde, signe irréfutable qu’il avait accumulé une fatigue énorme. Alors que j’approchais une main pour le toucher, je m’arrêtais en chemin, figeant ma main dans l’espace. Je devais prendre mes distances. Je ne pouvais pas le toucher alors qu’il n’en n’avait certainement pas la moindre envie.

J’allais m’asseoir sur mon lit, lâchant un soupire. Me plaçant de façon à pouvoir le voir, Je résistais contre m’en envie de m’allumer une cigarette qui aurait parfaitement convenu à la situation. Les yeux perdu dans le vague dans la direction de Bastien, je surveillais cependant attentivement sa respiration, rythme lent et régulier, s’accélérant de temps en temps. Je l’avais surveillé pendant deux semaines, et l’angoisse grandissait dangereusement en moi, Bastien avait quelque chose de plus que de simples crises de panique. Sa mère arriva dans la chambre peu de temps après, s’adressant directement à moi après un regard posé sur Bastien.

-
               Le médecin arrive, j’ai appelé mon mari, il arrive lui aussi. Je vais aller m’occupais des enfants, tu peux continuer à…

Je ne  laissais pas le temps de terminer sa phrase, acquiesçant de la tête.

-
               Appelle-moi s’il se passe quelque chose, dit-elle, lançant un regard anxieux sur Bastien, avant de sortir de la chambre.

J’attrapais un magazine sur ma table de nuit, plus pour m’empêcher de m’inquiéter que pour réellement le lire. Mes yeux passaient sur les pages sans trop faire attention aux pages qui défilaient. Plusieurs fois je jetais un coup d’œil à Bastien qui semblait dormir la respiration calme et régulière.  Alors que j’arrivais vers les dernières pages, Bastien se redressa soudain, posant ses pieds sur le sol, regardant droit devant lui, extrêmement calme.

-
               Bastien ? Murmurais-je presque, comme si j’avais peur de déclencher quelque chose.

Bastien se tourna un cours instant vers moi, mais finit bien vite debout sur ses deux jambes comme s’il ne m’avait pas vu. Ses deux mains passèrent de chaque côté de son t-shirt, il l’enleva totalement avant que je ne comprenne ce qui c’était passé. Mon regard s’attarda seulement quelques secondes sur son torse, ne pouvant m’en empêcher, mais ce fut a vu de ses mains s’attaquant à sa braguette qui me faire réagir. Me levant j’allais directement vers lui et l’arrêtait, l’appelant par son nom. Bastien ne me regarda presque pas. Je le ramenais jusqu’à son lit, et il s’y coucha sans bronché. Il ferma presque aussitôt les yeux, et se rendormi, comme si rien ne s’était passé. Je remontais la couverture sur lui, tentant de me convaincre que ce n’était qu’une légère crise d’insomnie. Cette hypothèse sonnait faux. M’asseyant de nouveau sur mon lit, je ne lâchais pas Bastien des yeux.

 

A peine trois minutes plus tard, j’entendis Bastien me demander :

 

-               Morgan ? Qu’est ce que je fou dans mon lit.

 

Alors qu’il tournait la tête vers moi je le regardais hébété sans trop savoir quoi lui répondre. Mais il se moqua de mon silence et ajouta :

-               Quelle heure est-il ? Il faudrait que je me lève.

-               C’est bientôt le soir Bastien, reste couché, tu as besoin de repos.

Bastien n’eus pas la moindre réaction, restant immobile un court instant avant de me demander à nouveau :

-
               Quelle heure est-il ? Il faudrait que je me lève.

-               Bastien ? Demandais-je inquiet. Tu te moques de moi ou tu ?

Me redressant pour aller chercher sa mère, Bastien acheva de me décider lorsqu’il me demanda encore :

-
               Quelle heure est-il ? Il faudrait que je me lève.

 

Plus qu’inquiet, je me mis à sa hauteur et constatant l’absence de t-shirt sur lui, j’attrapais celui qu’il avait négligemment enlevé et le lui tendis. Si sa mère arrivait, je suis sur qu’elle ne verrait pas d’un très bon œil son fils à moitié nu. Bastien le mis, sans même me parler, le regard dans le vide comme absent.
Attrapant ensuite sa main, je le forçais à me regarder. Lui demander un instant de concentration et de présence semblait être impossible, pourtant je lui dis calmement :

-
               Bastien reste ici, je reviens.


C’est à ce moment là que j’entendis le médecin et la mère de Bastien monter dans les escaliers. Allant les rejoindre, je leur fis un bref résumé de ce qui venait de se passé, omettant le fait qu’il ait voulu se déshabiller complètement, expliquant qu’il avait juste tenté de le faire. Le médecin paraissait lui aussi inquiet, et sa mère ne cachait plus sa panique. Il me posa plusieurs questions ciblées sur ce qui c’était passé durant ces derrières semaines. Je commençais à véritablement m’en vouloir de ne pas avoir parlé de tout ce que j’avais constaté chez Bastien ces derniers temps.

 Anxieux, j’entrais avec eux, découvrant Bastien, assis sur son lit, vaseux et complètement perdu. Il nous lança un regard interloqué, ne comprenant apparemment pas la raison de notre présence ici. Le médecin ne perdit pas de temps. Il s’approcha de Bastien, posant son trousse de médecin sur le lit à côté de Bastien. Sortant tout son matériel, il commença par regarder ses pupilles, avant de prendre son pouls et sa tension. Caroline, la mère de Bastien, se tenait à côté, à l’affut de la moindre de réactions du médecin, et je me surpris à être dans le même état qu’elle.  Bastien quand à lui semblait très faible, soumis à ce qu’on lui faisait. La lueur de colère qui brillait le plus souvent dans ses yeux était comme éteinte.

-               Est-ce que tu te sens fatigué en ce moment Bastien ? Ta tension est très basse. Lui demanda souvent le médecin.

Bastien acquiesça simplement, ne prenant pas la peine de parler.

 

-               Sur une échelle de un à dix, quels est le niveau de douleur de tes maux de têtes ?

                                                  

Bastien hésita avant de répondre très brièvement :


-
              Neuf…

Je sentis sa mère tressaillir, et j’esquissais un geste vers elle avant que le médecin se tourne vers nous et nous demande
  en tentant de garder son sang froid.

-
              Il faut appeler une ambulance, je préfère que son cas soit vu à l’hôpital. Ils auront le matériel pour véritablement l’examiné
-
              Qu’est ce qu’il a ? demanda aussitôt Caroline, la voix très faible.
-
              Je ne peux encore confirmer mon diagnostique.

Blanche comme un linge, je décidais d’agir. Je sortis de la chambre, prévenant que j’allais chercher le téléphone, puis revint en courant l’apporter au médecin. Mon cœur battait à une allure folle, j’avais peur pour Bastien, peur que l’air du médecin soit identique au mal de Bastien.

-
              Je n’ai pas besoin d’aller à l’hôpital, tenta Bastien lorsque je revins dans la chambre.

-              Bastien, ne dit pas de bêtises dit sa mère.

Il ne répondit rien lorsqu’il m’aperçut. Je tendis le téléphone au médecin, sentant que ce serait lui le plus à même de les appeler. Sa mère s’assit à côté de lui, et passa tendrement la main dans ses cheveux. Bastien ne la rejeta pas, comme il aurait eut l’art de le faire, mais c’était comme s’il ne se rendait pas vraiment compte de ce geste. Il lui lança un simple regard, avant de se perde je ne sais ou. Ne sachant trop que faire, je m’appuyais contre le mur, tentant de cacher mon angoisse plus à Bastien qu’aux autres. Le médecin avait finis son coup de fil, et me tendis le téléphone, disant qu’ils n’allaient pas tarder. La mère de Bastien tenta alors de prendre son fils dans ses bras, mais Bastien sembla revenir à lui quelques minutes. Refusant une telle étreinte, il la repoussa sans grande conviction, mais de manière assez claire pour que sa mère n’insiste pas. Nous entendîmes la porte d’entrée claquée, signe que le père était de retour et il ne tarda pas à lui aussi arrivé dans la chambre. Le médecin lui expliqua brièvement la situation, tandis qu’il s’approchait de son fils. Il s’assit de l’autre côté de Bastien et alors qu’il allait parler, sa mère me demanda d’aller surveiller les petits. A contrecœur, je sortis de la chambre, après un dernier regard lancé à Bastien.

 

Je me retrouvais en bas de escaliers, me dirigeant dans le salon ou j’entendais les deux petits jouer le plus sagement que leur âge le leur permettait. Lorsque je leur proposais d’aller jouer dehors profitant des derniers rayons du soleil, ils accueillirent la nouvelle avec joie. J’avais d’une part besoin de m’aérer, de fumer une cigarette, et l’envie inutile de guetter l’arrivé de l’ambulance était trop forte.

Arrivé dehors, ils coururent vers la balançoire, tandis que je leur demandais cinq minutes. Sans perdre de temps, je sortis machinalement une cigarette de mon paquet, et l’allumait. Tirant ma première bouffée, j’expirais profondément, tentant d’évacuer le surplus de stress. Mais cela était inutile. Bien vite, mon regard se posa sur la rue, attendant impatiemment qu’une camionnette déboule avec sont gyrophare. Je n’avais pas du tout aimé l’air du médecin, et j’aurais préféré rester dans la chambre pour en savoir plus. Je tenais à Bastien, peut être un peu plus que je ne l’aurais du.
Lorsque la sirène de l’ambulance retenti, je sautais sur mes deux pieds, et invitant les enfants à rentrer, je courus jusqu’à la chambre de Bastien pour avertir de leur venues. Bastien était entre son père et le médecin, soutenu, presque portait, il ne semblait pas tenir sur ses jambes.

-               Ils sont là… Dis-je brièvement.

J’avais surveillé Bastien pendant deux semaines, mais je ne l’avais jamais vu aussi mal. Ils transportèrent Bastien jusqu’à l’entrée, et à peine eurent-ils ouverts la porte, que les ambulanciers s’occupèrent de Bastien. Rapidement, avec des gestes précis, il le mire sur la civière, le faisant entrer par la porte de derrière. Alors que Caroline montait à l’arrière avec Bastien, son père m’attrapa par l’épaule et me demanda très sérieusement :

 

-               Je vais garder les enfants, ça ne te dérange pas d’accompagner Caroline et Bastien ?

Comprenant qu’ils s’inquiétaient pour tous les deux, j’acquiesçais avant de monter à l’avant de l’ambulance. Nous partîmes aussi vite qu’ils étaient venus, roulant excessivement vite, la sirène allumée. Le cœur battant je croyais que nous n’allions jamais arrivé, alors que le trajet dura à peine dix minutes. Une fois garés devant l’hôpital, ils sortirent Bastien sur un fauteuil roulant, chose qui me fit un drôle d’effet. Sa mère était livide et nous nous rendîmes très rapidement à l’accueil. Cette précipitation de la part des ambulanciers était particulièrement angoissante. Bastien fut vite emmener en sale d’auscultation avec sa mère, pendant qu’on me dit d’attendre sur un des sièges de la salle d’attente. Je m’assis un moment, prenant un magazine avant de le reposer deux minutes plus tard. Impossible de me concentrer et surtout de me calme. Comprenant que les examens aller prendre un certain temps, je décidais d’en profiter pour sortir et m’allumer une cigarette. J’eus largement le temps d’en fumer une deuxième, avant de retourner dans cette salle d’attente. Je détestais les hôpitaux, m’y était rendu plusieurs fois avec ma sœur pour aller chercher ma mère.

Trois bons quarts d’heure passèrent, et je me levais presque immédiatement lorsque j’aperçu Caroline, la mère de Bastien revenir. Elle était seul, et comme épuisée.
Je n’eus pas besoin de lui poser de questions, m’expliquant ce qu’il en était.

 

-               Ils ne peuvent pas encore dire ce qu’il a. La suite des examens se fera demain matin. Ca ne te dérange pas de passer la nuit ici ? Nous pouvons aller dans sa chambre.


J’acquiesçais simple en la suivant dans le dédale des couloirs. Le trajet se fit dans le silence, et je pouvais sentir Caroline tendue comme jamais. Arrivé devant la porte qui devait être la chambre de Bastien, Caroline s’arrêta puis se tourna vers moi. Sans me laisser le temps de réagir, elle me prit dans ses bras, me serrant très fort, dans une étreinte maternelle. Je la lui rendis, passant fébrilement mes bras autour d’elle. Elle semblait en avoir besoin tout autant que moi. Tapotant ensuite tendrement dans mon dos, elle se sépara de moi, poussant un soupire, les yeux humides. Sans un mot, elle se tourna et posa sa main sur la poignée. Son contrôle d’elle-même ne tenait qu’à un fil. La porte s’ouvrit alors que la pièce était plongée dans l’obscurité, Bastien devant dormir. Caroline s’approcha du lit tandis que je refermais la porte derrière nous.
 

-
               Bastien, tu dors ? Lui demanda-t-elle en murmurant.

-               Non, lui répondit Bastien d’un ton si faible qu’il était à peine perceptible.


Sa mère s’approcha vivement du lit, allumant la lumière du chevet, attrapant sa main avant de s’asseoir tout prêt de lui.

-               Tu as mal mon chéri ?

-               Non, dit-il une seconde fois, le regard posé ailleurs.

Je ne m’approchais pas trop prêt du lit, gardant une distance, ne trouvant pas vraiment ma place. Bastien semblait encore plus pâle que d’habitude et la lumière lui donnait un teint verdâtre. Le voir si petit et faible dans son lit d’hôpital me mettait vraiment mal à l’aise.

 

-               Tu as besoin de quelque chose mon chéri ? Ajouta sa mère quelques secondes plus tard, embêté de se sentir impuissante.

 

Bastien qui avait jusqu’à maintenant son regard dans le vague, posa soudain ses yeux sur moi, comme s’il ne s’était pas aperçut de ma présence jusqu’à présent. Bien que dans les vapes, il semblait à cet instant portait toute sa maigre concentration sur moi. Je n’aimais pas la froideur de ce regard, bien qu’habitué. Pourtant, celui-ci me déstabilisa, Sans tourner la tête vers sa mère, me toisant toujours de ce regard presque haineux, il demanda à sa mère, alignant pour la première fois depuis mon arrivé plus de deux mots :

-
               Je veux qu’il sorte d’ici !

 

 Il me fallut un certain temps avant de réagir, mais pas assez pour que sa mère dise quelque chose. Tournant le dos, je sortis de la chambre sans un bruit, et me dirigeais vers la salle d’attendre. Je ne pouvais nier mon énervement vis-à-vis de son attitude, mais je ne parvenais pas à lui en vouloir. D’ailleurs, je remarquais que je ne lui en voulais presque jamais. J’étais même déçu qu’il n’accepte pas ma présence, mais je le comprenais. De plus j’étais resté à le surveiller tellement pendant ces derniers temps, qu’il ne devait plus me supportait. Maintenant sa mère veillait sur lui. Alors que j’allais tourner à droite, une main m’attrapa par le poigné, me força à me retourner, et la voix de Caroline se fit entendre :

-
               Morgan…

Je me tournais vers cette femme épuisé par l’angoisse pour la vie de son fils.

-
               Je suis désolée Morgan… Je… Dit-elle ne trouvant plus ses mots.
-
               Ce n’est rien, je comprends. Dis-je, tentant de lui ôter toute culpabilité. Je vais fumer une cloppe, et je serais dans la salle d’attente.
-
               Merci, souffla-elle sans lâcher mon poignet.

 

Sa poigne n’était pas bien forte, je pus m’en dégager facilement, sans aucune violence. Lui tournant le dos, je la laissais rejoindre son fils. Si elle devait s’inquiéter pour quelqu’un, c’était bien pour lui.

 

 

***

 

Il ne devait pas être loin de six heures du matin, lorsque je lâchais un soupire. Je n’avais presque pas fermé l’œil de la nuit, me contentant de m’assoupir un peu sur mon siège. La salle d’attente était totalement vide. Fouillant dans les poches de ma veste, je trouvais quelques pièces, et décidais de me prendre un café pour me réveiller un peu. Trouvant rapidement une machine après avoir demandé mon chemin à une infirmière Prenant mon café, je retournais une énième fois dehors, pour fumer la dernière cigarette de mon paquet. M’asseyant sur un banc, je regardais la ville prendre vie sous le soleil naissant. Le temps passait de plus en plus lentement, n’étant que plus impatient de savoir ce que Bastien avait. Il n’allait pas tarder à subir des examens plus poussés.

Au lieu de retourner tout de suite dans l’hôpital que je ne supportais plus, je restais encore dehors malgré la fraîcheur matinale. De plus en plus de voitures roulaient sur l’avenue en face de moi, et quelques oiseaux voletaient et se posaient à la recherche de potentielle nourriture que j’aurais sur moi. Je n’avais pas faim du tout. Finissant ma dernière gorgée de café qui était maintenant froide. Après un long moment où je restais sur mon banc, les yeux dans le vide, j’entendis des pas hésitants s’approcher de moi, et Caroline ne tarda pas s’asseoir à côté de moi. Tournant ma tête vers lui, elle ne tarda pas à me dire :

 

-               La suite des examens vient de commencé, Bastien est avec le médecin, ils vont lui faire des tests sur la mémoire et lui faire passé un scanner. Dans quelques heures nous aurons le verdict et…
Sa voix se noua dans sa gorge, incapable de dire un mot de plus.

Je ne répondis rien, me contentant de poser ma main sur la sienne, la serrant fort en tentant de lui apporter mon soutien. Elle mit beaucoup de temps avant de déglutir et de se reprendre. Au teint pâle et aux yeux cernés qu’elle avait, je compris qu’elle avait encore moins dormi que moi.

 

-               Mon mari ne va pas tarder, je l’ai eu au téléphone. Il dépose les enfants à l’école et il arrive. Je te dispense de lycée pour aujourd’hui, à moins que tu ne t’en sentes capable.

-              Je préfère rester ici, répondis-je. 



 SUITE DANS LA PARTIE 2
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : I feel you
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Jeudi 25 décembre 2008

ATTENTION, PARTIE 3!


Il me dirigea jusqu’à mon lit et ne sachant ce qu’il se passait vraiment, voyant tout dans le vague. Tout colère en moi était partie, j’étais à présent trop mal pour avoir une quelconque envie de crier sur Morgan ou de le gifler. A vrai dire, mon état m’inquiétait tellement que je n’arrivais à penser à rien d’autre. Dès que j’étais couché, je le vis sortir de la pièce sans que j’eusse le temps de le retenir et j’attendis quelques minutes pour le voir ensuite revenir avec ma mère qui semblait inquiète. Je me redressai en la voyant s’approcher de moi. S’il y avait une chose dont je n’avais pas envie, c’est qu’elle s’inquiète pour moi, elle était encore plus énervante qu’à l’habitude.

-       Bastien, qu’est-ce qui s’est passé ?

-       Rien… dis-je en m’appuyant sur la tête de lit, énervé.
Fiche-moi la paix.

-       Mon pauvre chéri.. ignora-t-elle en s’asseyant sur le bord de mon lit et mettant sa main sur mon front.

En sentant cela, je la rejetai aussitôt violemment.

-       Il est comme ça depuis presque deux semaines.. intervint alors Morgan.

-       La ferme ! criai-je presque.
Tu la fermes !!

-       Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda ma mère.

-       Il fait des cauchemars, il a des migraines qui le rendent dingue… Dès qu’il rentre des cours, il va dormir, il sait même plus jouer à sa console.

Voir la tête que faisait ma mère m’énervait encore plus. Cette peur cette pitié, je la détestai. Seulement, alors que je croyais que Morgan avait fini, celui-ci continua sur sa lancée.

-       En plus de ça, il a des vertiges. Il fait croire qu’il trébuche mais je vois bien que c’est pas ça. Et je l’ai vu plusieurs fois courir aux toilettes et revenir blanc comme un mort ! Et là, il a failli s’évanouir

-       C’est des conneries ! J’ai rien de tout ça !

-       Bastien ! dit maman.
Si c’est vrai, dis-le moi. Je ne veux pas qu’il t’arrives quelque chose…

-       Et t’as rien remarqué ? criai-je, en laissant finalement tomber le mensonge.
Ca fait presque deux semaines et t’as rien remarqué ? Ca montre comme t’en à rien à foutre !!

Un lourd silence se fit et après un moment, ma mère reprit en tournant la tête légèrement vers Morgan. Elle lui demanda alors de sortir pour qu’elle parle avec moi et dès que la porte fut fermée, je me sentais pris au piège. Maintenant, cette conversation allait être très sérieuse, sans dispute… Peut-être que finalement, m’énerver avec elle était plus facile, cela évitait la remise en question. Mais voir ma mère calme, mais inquiète.

-       Bastien…commença-t-elle.


 

-       J’ai pas envie de te parler. Répondis-je rapidement en croisant les bras et regardant sur le côté.

-       Je vois bien que… que tu es malheureux. Seulement, je ne sais plus quoi faire.

-       Il n’y a rien à faire ! Et je ne suis pas malheureux… J’ai de supers parents, des frères et sœurs adoptifs géniaux... et surtout maintenant avec Morgan dans ma chambre, c’est le bonheur !! dis-je ironiquement.

-       Justement, en parlant de lui… Tu sais que tu peux m’expliquer tout Bastien. J’ai réagis impulsivement l’autre jour mais si tu as des questions… Si tu te poses des questions et que tu crois avoir besoin d’expérience auprès des… des garçons, je..

-       Maman ! criai-je en me relevant difficilement.
je ne suis pas pd ! Je te l’ai déjà dit ! Tu ne m’écoutes vraiment jamais !!

-       Tu en parles à ta psychologue ? Tu n’es pas homosexuel, je le sais bien. Tu ne peux pas l’être, tu n’as jamais eu de problèmes…

-       Quoi ? Mais t’es complètement tarée ma parole ? hurlai-je presque.
Tu me rends dingue !! Pourquoi tu dis autant de conneries ?

-       Reste poli quand même s’il-te plait ! répondit-elle plus vivement en se relevant.

-       Pourquoi est-ce que je dois gueuler ? Parce que je n’ai jamais eu de problèmes ou parce que tu ne veux pas que je sois moi-même ?

-       Tu veux que tu es comme Morgan ? cria-t-elle, hors d’elle apparemment.

Elle me saisit le bras et m’impressionna en me criant bien plus fort et agressivement cette fois.

-       Tu l’as embrassé ? Vous avez fait des choses ensemble ? J’avais raison n’est-ce pas ? Quand je t’ai trouvé ce jour-là, tu..

-       NON ! hurlai-je.
Pourquoi tu ne me crois pas ? Pourquoi es..

Mon mal de tête repris de plus belle et la secouai légèrement pour reprendre mes esprits. Je tentai de dire quelque chose mais apparemment elle ne comprit pas grand-chose. Brusquement, mon regard se voila et alors que je voulais reculer, je sentis que mes genoux ne me tenaient plus. Je perdis connaissance en quelques secondes et sans même m’y attendre. Ce qui m’arrivait commençait sérieusement à m’inquiéter…

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : I feel you
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Jeudi 25 décembre 2008

ATTENTION, PARTIE 2



Je ne sais pourquoi, mais j’exécutai aussitôt. Sans un mot, je me retournai et sentis qu’il se collait contre moi. Je pouvais clairement sentir qu’il avait envie de moi et moi, je sentais aussi une sensation étrange que je ne connaissais que quand j’étais totalement seul et que je pensais à Aurore. J’avais envie de me toucher ou plutôt qu’il me touche.
Seulement, quand je levai la tête, je vis tout à coup ma mère me regarder comme si j’avais fait un crime. Je la vis tout à coup s’approcher de moi et me gifler de toutes ses forces. Jamais je n’avais eu aussi mal, et alors que je baissais les yeux, je vis tout à coup ma jambe, celle que je haïssais.
Je la vis dans le même état que quand tout cela était arrivé, quand il m’était pris cette lubie pour que l’on me regarde il y a de cela 7 ans.
Voir ma chair saigner à nouveau me dégoutait, elle me faisait à nouveau horriblement mal. J’entendis alors un gémissement de dégout et celui-ci n’était autre que celui de Morgan.
Son regard avait totalement changé. Il me regardait d’un air de dégout au point que je me mis subitement à pleurer. Je le vis subitement reculer et me tourner le dos pour s’en aller. Je tournai ensuite la tête vers ma mère… Elle n’était plus là. Je me sentis tout à coup tomber dans un tunnel et me réveillai.

J’étais assis sur mon lit et tentai de reprendre mes esprits. J’avais tellement chaud, je transpirais comme jamais et ma poitrine me serrait aussi fort que quand j’avais une crise.

-       Bastien…

 

Je me retournai brusquement vers la voix qui était celle de Morgan.

-       Ca va ?

 

Il était assis sur le bord de mon lit sans que je ne l’ai senti et alors que je me rappelais seulement de ce qu’il s’était passé dans mon rêve avec lui, il prit la parole :

-       Tu as fait une crise pendant que tu dormais, je savais pas quoi faire ! Je vais appeler ta mère !

-       Non ! lui criai-je.
Qu’elle reste là où elle est ! Je me fiche d’elle, elle me tourne le dos de toute façon.

J’avais fait référence à mon rêve sans m’en rendre compte mais celui-ci m’avait tellement bouleversé que je ne savais plus trop ce que je disais ou faisais. C’est en sentant les larmes couler le long de mes joues que je les fis disparaitre aussi vite par un revers de la main, ne supportant pas que Morgan me voit ainsi.

-       T’es sur que ça va ? J’ai eu trop peur, me refais pas ça !

-       Te fous pas de ma gueule, tu te fiches bien de moi ! Arrête de me coller tout le temps et fais comme tout le monde !

-       Justement, non ! Moi je me rends bien compte de ce qu’ils font alors, je ne fais pas la même chose. Qu’est-ce qui t’arrives ? Je vois bien qu’il t’arrives pleins de trucs, t’es malade ou quoi ? Pourquoi t’en parles pas à ta mère ou ton père ?

-       Rien du tout, ok ? Fous-moi la paix, tout va bien.

-       Rien ne va ! Tu fais une crise en dormant, tu transpires comme un malade et je ne parle même pas de ce qui t’arrives tous les jours ! Tu crois que je le vois pas ?

-       On s’en fout ! dis-je en me recouchant et lui tournant le dos.
Tout le monde s’en fout et de toute façon, ça passera. Je ne suis pas malade, c’est compris ?

 

Après quelques secondes, je sentis qu’il quittait mon lit, apparemment abandonnant la partie. Alors que je fermais les yeux pour tenter de me remettre de mon rêve, qui me donnait à nouveau une migraine pénible, je l’entendis rajouter quelque chose :

-       Tu sais si je m’inquiète, c’est peut-être parce que j’éprouve une certaine affection pour toi, tout simplement.

 

Je repensai immédiatement à mon rêve. Je le revoyais si beau et m’imaginai la sensation que j’avais éprouvé en le sentant si proche. Sentir sa main contre moi m’avait tellement excité que je me donnais envie de me frapper. Si je n’avais pas vu ma mère dans ce rêve, jusqu’où serait-il allé ? Jusqu’où les caresses de Morgan seraient allé ? Jusqu’au moment ultime ?

-       Je suis pas une pédale comme toi !

 

J’entendis Morgan me traiter de con, mais je laissai tomber. Je n’avais ni la force ni le moral de répondre à ça.
Je me rendormis heureusement vite, car s’il y avait bien une chose à laquelle je ne pouvais pas penser, c’était à ce rêve. Et puis, de toute façon, que devais-je en penser ? Ce n’était ni un désir, ni une peur… Ce rêve ne voulait absolument rien dire, j’en étais absolument persuadé. Mon « moi » dans ce rêve n’était pas celui de la réalité, je ne pouvais pas agir ainsi.

 

Deux autres jours passèrent après ceci. Je me forçais à ne pas y repenser, mais très souvent, la vue de Morgan en train de me caresser me revenait et à chaque fois, j’avais cette impression bizarre que je remettais sur mon état vaseux qui lui, ne s’était pas non plus décidé à me foutre la paix. J’étais de plus en plus mal chaque jour et à présent, même jouer à la console était devenu presque insupportable pour ma tête. Je devenais inquiet de mon propre état mais je n’osais pas le dire… A chaque fois que j’adressais la parole à mes parents, cela se transformait en dispute, de plus en plus sévères les unes que les autres. Cela devenait d’ailleurs insupportable… Manger était déjà devenu une épreuve pour moi et faire semblant d’aller bien me demandait une énergie folle alors, devoir supporter en plus les engueulades me rendait fou et je savais très bien que j’étais encore plus désagréable.

 

En ce moment, j’avais besoin de ma mère et j’avais besoin de lui parler de mon état. Mais je ne savais pas pourquoi, je n’y arrivais pas. Dès que je voulais lui parler, une phrase arrogante et prétentieuse sortait. Elle y répondait de sorte de me vexer encore plus que je ne l’étais. Et à chaque fois, ça terminait en cri et de mon côté, je retournais dans ma chambre avec une migraine et des vertiges à n’en plus finir. Il n’y avait que ce Morgan qui s’entêtait à me demander si j’allais bien, et il continuait à me regarder ou plutôt ; à me surveiller.

 

Le seul jour où il pouvait me foutre la paix était celui quand j’allais chez la psychologue. Même si cette femme m’ennuyait horriblement et qu’à chaque fois, je me demandais ce que je foutais ici, au moins je n’avais pas à supporter Morgan et son regard de pitié.
Ce jour-là fut par contre, plus pénible que les autres. J’avais énormément de mal à tenir droit tellement ma tête me faisait mal. Mais s’il y avait une chose que j’étais parvenu à faire, c’était de faire semblant que j’allais bien. J’avais tellement mal depuis des jours que je ne me rappelais plus quelle sensation cela faisait quand on se sentait bien. Ma décision d’en parler à ma mère s’imposait de plus en plus. Même si mon envie de partir loin d’ici, de cette planète et de ne jamais y remettre les pieds était fort, la peur était bien là. Mes vomissements était de plus en plus rapprochés, les aspirines défilaient et mon sommeil commençait après l’école jusqu’au lendemain. C’était presque décidé. Malgré mes différends avec ma mère en ce moment, j’allais devoir lui en parler. Mon corps n’était plus apte à supporter encore énormément de jours comme ces derniers.


Ce fut donc en rentrant vers 17h00, après un temps incroyablement long et pénible chez la psy, qui encore une fois, ne nous avait amené à rien, que je rentrais. Je dus ce jour-là m’arrêter une fois en trajet tellement je me sentais mal et j’avais envie de vomir mais je finis par arriver.
Dès que ma mère entendit la porte se fermer, elle me cria d’attendre là et arriva près de moi. Rien que de la voir, je ne savais pas pourquoi mais ça me saoulait. Je la regardais en tirant littéralement la gueule et attendis comme elle me l’avait demandé. Elle, arriva avec un sourire et dit aussitôt en murmurant :

-       Il y a cette jeune fille qui t’attend dans ta chambre… Aurore, ta petite copine.

-       Quoi ? criai-je rapidement.
Qu’est-ce qu’elle fait là ? Quand est-ce qu’elle est arrivé ?

 

Mes espoirs étaient-ils enfin réalisés ? Je n’avais jamais rien espéré de plus que de voir Aurore en tête à tête et qu’elle s’intéresse à moi. Bon Dieu que j’étais stressé de la savoir dans ma chambre. Qu’elle soit assise sur mon lit me rendait nerveux comme jamais. Qu’est-ce que j’allais faire une fois près d’elle ?

-       Elle est très jolie et très gentille. Tu as la copine parfaite…

-       Ouais ! dis-je en partant déjà, sans vraiment écouter ma mère.

 

Je montai étonnement vite les escaliers. D’habitude, il me fallait un temps et une énergie de fou pour arriver jusqu’à ma chambre mais cette fois, en quelques secondes j’y étais. J’inspirai profondément plusieurs fois jusqu’à la porte et ouvris la porte. Ce que je vis me fit l’effet d’un coup de poignard dans le dos.
Aurore était assise sur un lit, oui. Mais pas le mien, et elle ne m’attendait certainement pas. La voir chipoter dans les cheveux de Morgan en rigolant comme elle ne l’avait jamais fait avec moi me fit tellement mal que je ne sus quoi dire ni quoi faire. Morgan, en me voyant, se leva immédiatement comme pris sur le fait. Alors il n’était pas aussi pédale que je l’avais prétendu et qu’il ne l’avait prétendu… Morgan était peut-être aussi hétéro que moi et avais très envie d’Aurore. Et à voir comme elle se comportait, la drague de cet enfoiré fonctionnait très bien. Il y avait tellement d’autres filles, pourquoi choisissait-il celle-là ? Me détestait-il finalement autant que pour vouloir la fille dont j’étais amoureux depuis des années ? Je haïssais ce mec ! Je ne pouvais pas détester davantage quelqu’un que lui.

-       Bastien, Aurore est là pour les cours… elle voulait que je lui explique un truc. dit-il d’un air faussement décontracté.

-       Bien sur. Dis-je simplement en essayant de paraitre le plus naturel possible, pour ne pas qu’Aurore comprenne ma jalousie.  

-       Je crois que je vais y aller… dit-elle en nous regardant, mal à l’aise.

-       C’est ça.. répondis-je rapidement en me dirigeant déjà vers l’ordinateur.

 

Pourquoi est-ce que je ne réagissais pas plus brusquement ou plus violemment ? Je n’en avais aucune idée. J’avais envie d’arracher les yeux de Morgan et de foutre dehors Aurore mais je n’y arrivais pas. Tout ce que je savais faire, c’était de supporter. Je n’en pouvais plus… Voir ce beau couple là me dégoutait plus que tout le reste. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.

Je n’avais plus qu’une envie, c’était de disparaitre de cette planète. Je ne pouvais plus supporter qu’on se fiche de moi de cette façon… Le cœur brisé en plus me donnait envie de mourir…
Je l’entendis chuchoter quelque chose à Morgan et elle me dit doucement au revoir mais je n’y répondais pas. A quoi bon être gentil cette fois ? A quoi bon me faire passer pour quelqu’un de génial alors que je ne l’étais pas et que de toute façon, je ne lui plaisais pas ?

La porte se referma et aussitôt, j’entendis Morgan me dire :

-       Bastien, c’est pas ce que tu crois, elle est..

-       Tu vois pas que j’ai mal à la tête ? dis-je brusquement.
Alors, fous-moi la paix, je veux rien entendre.

-       Je veux quand même t’expliquer comment est cette fille ! Te fais pas d’illusions Bastien, c’est une vraie salope !

 

En entendant cela, une rage monta en moi tellement forte que je me relevai et me tournai vers lui en criant

-       Ta gueule Morgan, ferme ta gueule ! Cette fille est tout sauf une salope ! C’est toi le connard dans tout ça ! Je suis certain que tu la dragues parce que tu sais très bien que je suis am..

Je m’arrêtai ça ces mots. Avouer que j’avais une faiblesse pour quelqu’un n’était peut-être pas la solution, même s’il était au courant.

-       Amoureux d’elle ? demanda-t-il.
Justement, c’est parce que t’es amoureux d’elle que je te dis ça. Je veux pas que tu tombes de haut en voyant qui elle est réellement. Elle me fait du rentre-dedans depuis que je suis arrivé au lycée, elle a chaud au cul !

-       Comment tu peux dire ça ? criai-je encore plus fort en m’approchant de lui, hors de moi.

-       Elle a qu’une envie, c’est que je la baise, t’as pas compris ça ?

Je ne sais pas ce qu’il me prit, mais sans vraiment m’en rendre compte, je lui flanquai mon poing dans la figure. Je ne pouvais pas entendre davantage. La fille que j’aimais ne pouvait pas être comme ça ! Alors que je me rendais compte de ce que je faisais et en voyant Morgan mettre sa main à sa mâchoire, je sentis tout à coup un vertige me prendre tellement fort que j’en perdis l’équilibre. Si Morgan ne m’avais pas rattrapé, je serais tombé sur le sol comme une masse.  

-       Bastien.. me dit-il en me tenant fermement.
Couches-toi.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : I feel you
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