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Mercredi 8 juillet 2009
Salut les petits poulets!

Voilà ENFIN la suite! Veuillez m'excuser du retard mais voilà... L'air de rien, ça m'a pris du temps et en plus, j'ai pas trop eu que ça à faire. mais c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai continué la suite. Je suis vraiment désolée que vous ne l'ayez que mnt.
Je vous ai mis les 6 premières parties. Car mon chapitre va être beaucoup plus long que ceux de d'habitude, alors je me suis dit que pour pas saouler tout le monde j'allais mettre la première grosse partie et ensuite, mettre la fin du chapitre. Je le termine le plus vite possible et je vous publierai ça. J'espère que la suite vous plaira.

Vu que ça fait très très longtemps qu'il n'y a pas eu de suite, je comprends qu'on se souvienne pas de la suite. je vous fait un résumé rapidos:

Donc, Thomas s'est fait tabassé par Quentin (l'enculé) et a croisé Jonas (notre ange-gardien à tous) dans le magasin. Jonas l'oblige à venir chez lui. Arnaud vient s'excuser et soigner les plaies de Thomas, qui a beaucoup de mal à accepter un oeil sur son corps et un contact physique. Mais plusieurs jours après, le désir entre nos deux héros revient, Jonas essaie de faire une gâterie à Thomas, qui sera gâchée par l'arrivée d'Arnaud et Samuel. Le lendemain, Jonas se réveille a midi, ne se souvenant de rien de ses ébats de la veille et amène à manger à Thomas. Et là, trop excités tous les deux d'être ensemble, ils commencent à faire l'amour.
MAIS (il y en a toujours un mes chéries!), quand Jonas veut prendre Thomas, celui-ci se crispe. Il refuse sèchement que Jonas arrête leurs préliminaires et donc ce dernier n'en fait un peu qu'à sa tête. Il le prend et à ce moment-là, Thomas se met à pleurer. Il avoue à Jonas qu'il a raison. Il est drogué par Quentin pour coucher avec d'autres hommes Mais que cette fois, c'est encore pire car il lui a laissé un "souvenir"; c'est-à-dire une cassette vidéo du dernier ébat. Thomas avait regardé la vidéo quelques secondes et l'avait arrêté, incapable de continuer.
La fin du chapitre s'arrête par un Jonas bien en colère contre l'enculé de l'histoire et il réalise qu'ils ne sont pas que des amants.

"Rien que par sa présence dans ma maison, dans ce lit, dans mes bras, Thomas prenait une place dans ma vie bien plus grande qu’aucun de nous ne l’aurait cru…"

Voilà. Bonne lecture et j'espère que vous êtes pas trop fâchées du "retard".
lutraah*


Je ne savais pas ce qui m’avait pris de tout lui avouer…
Le sentir en moi m’avait tellement donné un sentiment de répulsion que je savais qu’il fallait que je lui en parle ou j’aurai rejeté la faute sur lui alors que s’il y avait bien une personne qui n’était pas en tort, c’était lui. Pourtant, je ne me sentais pas mieux. Je croyais qu’en lui parlant de ce que j’avais vécu, j’allais aller mieux et pouvoir tourner la page. Mais en vérité, c’était bien pire… L’on aurait dit qu’en parler à Jonas imposait que je me rende compte de la gravité de l’acte.  Je me rendais compte à quel point Quentin était cruel avec moi pour me filmer en train de coucher avec quelqu’un d’autre. A quel point c’était affreux de me droguer pour que je puisse devenir sa pute. Pourquoi n’avais-je pas un mari comme la plupart des hommes étaient ? Quelqu’un qui était jaloux dès qu’un autre me draguait, qu’il ne veuille pas que je boive ou prenne de la drogue pour mon bien et préserver ma santé ? N’était-ce pas ça l’amour ?
En pensant à cela, mes larmes s’accentuèrent. Je n’avais jamais pleuré comme ça, pas même quand j’étais seul. J’avais l’impression que j’allais devenir fou de chagrin et qu’on m’arrachait le cœur. Je le sentais battre difficilement, qu’il tentait de survive à ce que je vivais. Mais aujourd’hui, il n’y avait pas moyen. J’avais l’impression qu’on ne voulait de moi que du sexe, et que même celui qui était censé m’aimer ne voulait au final qu’être en moi et que je ferme ma gueule. Peut-être n’était-il pas bon que je sois avec Jonas. Peut-être aurait-il fallu que je sois seul pour pouvoir réfléchir…

Je regrettais tellement de choses… Tellement que je ne savais pas par quoi commencer ni à quoi penser. A quel moment de ma vie je m’étais trompé pour en arriver à ramper presque sur le sol pour ne pas me faire frapper par l’homme que j’aimais ? Mon père m’avait-il si détruit quand je lui avais avoué mon homosexualité pour que j’aie si peu de respect envers moi-même ?
J’entendais Jonas me demander doucement de me calmer, que tout allait bien mais non, rien n’allait. Je me rendais compte de beaucoup de choses et elles avaient été tassées tellement longtemps que je ne pouvais plus le supporter. Voir ses problèmes quand cela arrangeait n’était pas la solution, car tôt ou tard, les ennuis revenaient comme une claque en plein visage. Comme un énième coup de poing de Quentin…
Au bout de je ne sais combien de temps, je sentais que Jonas ne savait plus trop quoi faire. Il avait beau essayer de me prendre dans ses bras, je refusais. Ca me donnait l’impression de tromper davantage Quentin et ça, je ne pouvais pas le supporter à cet instant.
-    Tom, tu veux que j’appelle Arnaud pour qu’il te donne quelque chose ? demanda Jonas, les yeux exprimant un état de frustration et d’inquiétude extrême.
Sans trop réfléchir, je fis oui de la tête, sachant très bien que je n’allais pas me calmer de sitôt. J’avais besoin ne fut-ce qu’un simple calmant même si je n’aimais pas beaucoup.  Mais c’était la seule solution et heureusement, Jonas l’avait bien compris. Il partit seulement quelques minutes et tandis que j’étais toujours dans mon élan de découragement, je remarquais qu’il me guettait de l’autre bout de la pièce sans vraiment, découragé de pouvoir faire quoi que ce soit.

Arnaud arriva bien vite. Un coup de sonnette suffit pour que Jonas se rue vers la porte de la chambre pour aller ouvrir. Je les entendis échanger quelques paroles, Arnaud entrant dans la pièce rapidement en me regardant, sa trousse à la main.
-    Thomas.. dit-il sans plus de cérémonie, rapprochant une chaise près du lit. Je vais te donner quelque chose qui te permettra de dormir un peu.
Malgré la gêne que je ressentais, j’étais tout de même soulagé. J’avais besoin d’oublier un peu ce que je vivais sans arrêt.
Arnaud termina sa piqûre et rapidement, mes larmes cessèrent, me sentant de suite soulagé.
Il me sourit doucement et me dit de dormir pour mieux reprendre ses affaires et sortir, suivi de Jonas.
Je les entendis discuter un moment, malgré que je divaguais et vis après quelques minutes que Jonas rentrait sans faire de bruit, croyant certainement que je dormais.
C’est quand il vit que mes yeux n’étaient pas encore clos qu’il arriva auprès de moi pour s’assoir contre la tête de lit et me regarder.
Sans vraiment réfléchir, je réussis à bouger et posai ma tête sur ses jambes en l’enlaçant. Il posa aussitôt ses mains sur moi, un soulagement s’empara de moi quand je sentis ses doigts passer lentement dans mes cheveux.
-    Ca va mieux ? chuchota-t-il.
-    Oui…
-    Racontes-moi. Rajouta mon amant après un petit moment.
-    Raconter quoi ? niai-je.
-    Thomas… s’il te plait. Ne nie pas des choses que je devine. Je ne suis pas là pour te juger, je ne v…
-    Il a fait une cassette, le coupai-je, ne sachant pourquoi je le faisais.
-    Une cassette ?
-    Oui…, une cassette vidéo quand je…
Je n’osai pas continuer. Le raconter ou me le rappeler, je ne savais ce qui me faisait pleurer à nouveau. Sa main repassa plus fermement dans mes cheveux et me dit que ce n’était pas grave.
Seulement, cette fois je ne savais pas si c’était sous l’effet du calmant mais j’avais envie d’en parler. J’avais envie de dire la gêne, la honte et le trahison que je vivais chaque jour…
-    Je sais qu’il me drogue… Mais je ne peux rien faire, tu comprends ? S’il savait que j’étais au courant, ce serait encore pire. Et quand j’en prends, je me sens étrangement…
-    Excité ?
-    Oui… avouai-je.
-    Et ensuite ? Il amène d’autres hommes ?
Je fis oui de la tête et ajoutai en redoublant mes pleurs :
-    Je ne le veux pas ! je ne veux pas tous ces mecs Jonas…
-    Je le sais Thomas, je le sais…
-    Je ne suis plus moi-même quand c’est comme ça. J’ai envie simplement d’être baisé encore et encore alors que… dans la vraie vie, je ne les regarderais même pas !
-    Et il t’a filmé ?
-    Je n’ai regardé que quelques minutes, j’étais incapable de regarder plus longtemps. Je ne m’étais jamais vu aussi… pathétique ! Je suis horrible…
-    Tu n’es ni pathétique, ni horrible !
-    Je suis désolé… dis-je.
-    De quoi ?
-    De tout ça. Que tu doives supporter tout ça.
Je n’entendis aucune réponse, ce qui me fit encore plus mal. J’avais raison et il ne savait pas quoi dire pour me rassurer.

Je sentais la fatigue s’emparer de mon corps malgré moi. Je voulais encore discuter avec lui. Et là, Jonas reprit :
-    Tout ça, ce n’est pas de ta faute Tom. Tu n’y peux rien si la personne qui est censée t’aimer et te protéger te fait faire ce genres de choses.
-    Mais je semblais tellement aimer ! Ca me rend fou d’avoir vu ça ! Je n’aime pas, je n’aime pas faire ça comme ça !!
-    Je le sais Thomas, calme-toi…
-    J’en peux plus ! Je suis tellement fatigué…
-    Dors. Reposes-toi cette nuit…
Je fis ce qu’il me dit. Je préférai fermer les yeux et serrer Jonas tandis qu’il remit les couvertures sur moi pour que je me sente à l’aise. Je m’endormis lourdement, la main de Jonas me rassurant jusqu’au bout.
Les jours suivants passèrent tranquillement, sans plus une seule fois avoir à supporter une dispute ou un indifférent entre nous.
Je remarquai que Jonas avait très envie de moi ces derniers temps car il ne pouvait s’empêcher de me toucher et de m’embrasser d’une manière m’exciter. Seulement, cela se terminait toujours par un simple baiser. Je le sentais frustré mais il n’essayait jamais d’aller plus loin. Chaque fois, Jonas restait sage avant d’aller travailler, chose qui n’arrivait jamais pour moi d’habitude.
C’était bien simple, si ça avait été Quentin, ce dernier m’aurait forcé depuis longtemps.
Et de savoir que Jonas attendait patiemment me décoinçait jour après jour, me donnait envie de dépasser mes blocages pour pouvoir à nouveau passer une nuit chaude avec lui.


Suite de l'histoire; partie 2 : Not alive without you: chapitre 10 partie 2[LUTRAAH]

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Samedi 31 janvier 2009
/!\ PARTIE 2

Et c’était vrai. Malgré le fait que je déteste les hôpitaux, et que je doive rester loin de sa chambre, je n’avais pas envie de m’éloigner de lui plus que je ne l’étais.

Nous restâmes un moment dehors. Caroline avait passé un bras autour de mon épaule, m’attirant contre elle, tout en s’appuyant légèrement sur moi. Lorsqu’elle eut trop froid, elle me proposa de retourner dans la salle d’attente. Je n’en avais aucune envie, mais je me levais en silence et la suivit. Elle faisait de petits pas, comme pour garder un équilibre déjà fragile. Nous nous installâmes côte à côte. Elle avait toujours besoin de ma présence tout près d’elle, comme si cela lui donnait l’impression d’être moins seule pour supportait ce qu’elle vivait : ce qu’il y avait de pire pour une mère. Un instant, je me demandais comment aurait réagit la mienne dans une situation semblable. Serait-elle restée à mon chevet, tout aurait-elle voulu fuir la situation dans l’alcool ? Je ne m’hasardais pas plus longtemps sur cette réflexion, connaissant parfaitement la réponse à cette question. Ma mère était telle qu’elle était, je ne la changerais pas et je l’aimais telle qu’elle était. Mais je n’avais jamais était confronté à d’autres mères, et me retenir de faire la comparaison avec la mienne. Ce que j’avais de plus en plus de mal à comprendre, c’était que Bastien y soit totalement aveugle.
Nous attendîmes encore une heure, dont chaque minute passant me semblait une éternité. Les personnes commençaient à s’accumulée dans la salle d’attente alors que toute la nuit avait été calme. Je supportais mal le brouhaha qu’ils créaient et l’agitation qui régnait dans les couloirs avec les brancards et les infirmières. Pourtant, un homme s’en dissocia. Il n’eut pas besoin d’approcher encore plus de nous et de dire un mot pour que je comprenne que cet homme allait nous apporter le verdict. C’était surement son regard  grave et anxieux posé  sur Caroline qui m’alerta. Il approcha de nous, et je fis un signe à la mère de Bastien pour la prévenir de sa présence.

Nous nous levions de concert avec Caroline.

 

-               Vous êtes bien Madame Lejeune?

 

Caroline ne pu qu’acquiescer, aucun mot ne sortant de sa bouche.

-               Dans ce cas veuillez me suivre dans le couloir, dit-il en constatant le monde dans la salle d’attente.

 

Au summum de l’angoisse, nous suivîmes cet homme. Son pas me semblait beaucoup trop lent. J’avais envie de l’arrêter pour qu’il abrège enfin ce suspens qui durait pour moi depuis des semaines. Je serrais les poings, tentant de me ressaisir et surtout de me maîtriser. Toute cette cérémonie pour nous donner enfin le diagnostique était interminable. Je savais qu’il allait mal, mais j’avais terriblement peur d’en deviner la gravité. Le médecin nous guida jusqu’à un couloir plus tranquille où le va et vient des personnes était presque inexistant, nous permettant le calme pour qu’il parle enfin. Caroline, pâle comme un cachet d’aspirine, semblait avoir de plus en plus de mal pour tenir sur ses deux jambes, et je restais près d’elle au cas où…

 

-               Bon… Commença enfin à dire le médecin, après avoir effectués plusieurs tests de mémoire à votre fils qui se sont révélés intriguant, nous lui avons fait passé un scanner et…

-               Venez-en aux faits, le coupa Caroline.

 

Le médecin pâlit, prenant soudain un air plus grave. J’avais l’impression que mon cœur battait beaucoup plus fort sous l’impatience qu’il provoquait chez moi. Il semblait avoir quelque chose à lui apprendre de très difficile, surtout à une mère au sujet de son jeune fils. Je me refusais à penser au plus funeste des diagnostiques. Pourtant, ce qu’avait Bastien était loin d’être mineur, mais je priais pour que ce ne soit pas l’extrême opposé.

 

-               Madame, commença le médecin d’une voix professionnelle, votre fils a une tumeur.

 

Je n’eus pas le temps de me préoccuper de ma propre réaction, je vis Caroline vaciller et la rattrapais de justesse. S’appuyant lourdement sur moi, le médecin lui laissa un temps pour digérer l’information, avant de préciser.

-               Rassurez-vous, elle est bénigne. C’est une tumeur frontale mais elle est énorme. C’est étrange qu’il ait tenu le coup jusque là. Votre fils ne simulait pas sa douleur.

-               Qu’a… Qu’allez vous lui faire, articula difficilement la mère de Bastien. Vous allez pouvoir le soigner docteur ?

-               Nous devons l’opérer assez rapidement, je devrais pouvoir programmer l’opération pour après demain.

 

Caroline restait figé, fixant le médecin, tendit que j’avais du mal à entendre la suite de la conversation, j’avais l’impression que mes oreilles bourdonnaient. Pourtant j’entendis soudain une autre voix :

 

-               Caroline ! Dit assez fort le père de Bastien, François, qui arrivait juste derrière nous, essoufflé par sa course jusqu’ici.

 

Caroline se tourna vivement, se jetant dans les bras de son mari, qui la serra, hébété par son attitude.

-               François, Bastien va se faire opérer, il… Il a une tumeur au cerveau.

Gardant Caroline dans ses bras, François porta toute son attention sur le médecin, trahissant très aisément que la nouvelle le bouleversait. Il n’eut pas besoin de lui demander de plus amples explications, le médecin lui expliqua plus en détail ce que Bastien avait.  Une fois qu’il fut au courant de tout dans tous les détails, il demanda au médecin en s’énervant légèrement, s’il ne pouvait pas avancer l’opération. Le médecin répondit à la négative, et finit par leur demandais s’il se chargeait d’en parler à Bastien ou s’ils préféraient le faire. Ils répondirent de concert qu’ils allaient s’en chargé, et le médecin fini par les laisser seul, Durant toute cette scène, j’étais resté en retrait, étranger à cette famille qui n’était pas la mienne. Pourtant mon cœur battait pour Bastien et son futur incertain. Appuyé contre le mur, j’avais du mal à digérer l’information. François s’était mis à pleurer, tenant toujours sa femme dans les bras. Ils étaient seuls dans le couloir, et moi uniquement spectateur.  Ce n’est qu’après un long moment qu’ils se calmèrent, se décidant la mort dans l’âme à se diriger dans la chambre de Bastien pour lui annoncer le verdict. Son père m’invita à les suivre, et d’un pas pesant nous nous rendîmes dans la chambre ou ma présence n’était pas souhaitée. Cette fois-ci, je restais vers la porte, dans l’angle près du mur, m’approchant surtout pas trop de lui. Je ne voulais pas qu’il se sente envahi de ma présence. De plus cet instant ne m’appartenait pas, j’avais cette cruelle impression d’être intrus. Caroline et François se plaçaient d’un côté de l’autre du lit. Bastien m’apparaissait comme encore plus mal, alors que son état ne variait en rien d’hier soir. Le fait d’avoir mit le mot tumeur sur son état, le rendait encore plus grave.

Prenant une profonde inspiration, ce fut sa mère qui la première commença à parler :

 

-               Nous venons de discuter avec le médecin, qui nous parler du résultat des examens.

Tentant de passer sa main dans les cheveux de son fils, avec la tendresse qui caractérise une mère, elle se heurta à un refus, Bastien tourna légèrement la tête, l’évitant. Il attendait que sa mère poursuive, ce qu’elle fit en cachant au mieux sa peine.

-               Il nous a dit que… Enfin, tu souffres de… Tu as une… Dit Caroline, apparemment incapable de prononcer le mot « tumeur ».
-               Qu’est ce que j’ai ? Dit Bastien agacé par cette dose d’angoisse supplémentaire.

 

Ce fut son père qui intervint. Posant une main sur son épaule que Bastien ne repoussa pas, il lui annonça d’une voix grave et paternelle de quoi il souffrait. Bastien écouta sans sourciller, semblant encore moins bien réaliser que nous tous dans cette pièce. Il semblait totalement perdu, et heureusement, son père craqua et le prit dans ses bras… Bastien se laissa faire, sans pour autant se mettre à pleurer, ce qui aurait été tout à fait normal. Caroline les regardait tous les deux, et me sentant cette fois-ci vraiment de trop, je sortis de la chambre sans un bruit, espérant qu’ils n’y prêteraient pas attention. J’allais directement dehors, et jetais rageusement mon paquet de cigarette vide. Une de plus ne m’aurait pas fait de mal. J’avais besoin de faire autre chose, de me sortir de cette ambiance d’hôpital et de tout ce que Bastien était en train de vivre. J’y étais profondément impliqué tout en ne trouvant pas ma place. Je m’inquiétais pour Bastien, et je ne savais plus quoi faire pour évacuer tout ce que je ressentais. Alors que je m’asseyais sur un banc, un jeune homme d’environ cinq années de plus que moi se planta devant moi, me demandant en me tendant son paquet :

-               Une cigarette ?
-               Oui, je veux bien, merci. Répondis-je avec un sourire forcé.
-               Je m’appelle Jérémie et toi ?

-               Morgan, répondis-je simplement, pour une des rares fois ou j’avais très peu envie de parler à un bel homme.

Mais je savais que sa cigarette avait un prix… Alors que j’allumais la cigarette qu’il m’avait donné, il vint s’asseoir à côté de moi, lâchant un soupire.

 

-               Mon ami a eu un accident. Heureusement, ce n’est rien de grave. Il va pouvoir sortir dans une heure. Et toi ? Qu’est ce qui t’amène ici ? Me demanda-t-il sans la moindre pudeur.

-               Rien qui ne vous concerne, répondis-je, mettant des limites.

-               Très bien, désolé, je ne sais pas rester à ma place, tu m’as donné l’impression en sortant d’avoir besoin de parler, tu avais l’air assez mal.

-               Oui, je le suis en effet, dis-je, me tournant cette fois-ci sérieusement vers lui.


Je n’avais pas fait attention au regard qu’il avait posé sur moi, me faisant clairement comprendre que toutes ses questions et ses attentions n’avaient qu’un seul but. Il était assez grand, peut être un peu plus que moi, des cheveux bruns légèrement ondulé et assez courts. Beau corps, même si installé ainsi, il ne me permettait pas de le voir avec précisions. Mon regard revint sur ses yeux marron foncés, avec une légère touche de vert, qui le rendait intriguant. Je ne pouvais y être insensible.

-             Tu sais, je connais un moyen d’aller mieux, dit-il en se rapprochant sensiblement de moi et posant sa main sur mon genoux.

Certains auraient pu être choqué par ce rentre dedans, mais c’était loin d’être mon cas. Ce qu’il me proposait était mille fois mieux qu’une cigarette. Depuis combien de temps n’avais-je rien fait, me contentant de veiller sur Bastien chaque nuit. Sa main maintenant posé sur mon genoux, remonta sensiblement jusqu’à ma cuisse avec envie. Je la rattrapais, avant qu’elle n’aille trop loin, et me levais, tenant toujours sa main en l’incitant à faire de même.


-               Je connais un endroit tranquille pas très loin, me proposa-t-il, semblant comprendre que je lui cédais.

 

Cependant, il avait du mal à cacher sa surprise. Peu d’adolescent de mon âge devait accepter aussi facilement. Mais après tout, quel mal y avait-il à prendre un peu de plaisir ? Il partit devant et je le suivis sans un mot…

***

 

Je m’étais réveillé assez tard, ce matin là, après la nuit blanche que nous avions passé à l’hôpital. La mère de Bastien avait passé la journée avec lui, tandis que le père avait gardé les petits. Ils restaient ainsi aux côtés de Bastien à tour de rôle. Caroline n’allait pas tarder à rentrer, alors que j’étais en train de bouquiner dans le salon. Je n’avais envie de rien, et le livre restait ouvert sur mes genoux la plupart du temps sans que je ne tourne les pages. Je finis par me lever et allais aider le père de Bastien à préparer le repas. Il ne parlait presque pas, et je n’en avais pas la moindre envie non plus. Le silence était uniquement ponctué par le rire des deux enfants qui jouaient assis à la table de la cuisine avec de quoi dessiner.

La porte d’entrée ne tarda pas à  s’ouvrir, et nous entendîmes la voie de Caroline et de deux autres personnes. Le père me lança un regard intrigué. Il laissa tout ce qu’il était en train de faire, et prit la direction du couloir d’entrée. Curieux, je le suivis.

-               Je suis sincèrement désolé Madame, mais heureusement, nous venons de leur trouvé une autre famille et je pense que vous alléger de ces enfants est nécessaire. Vous ne pouvez pas continué ainsi avec votre enfant malade. Déclara une femme assez petite et pincée.

 

Mon cœur s’emballa, partir d’ici ? Il n’en était pas question. Je voulais suivre l’état de Bastien, je voulais rester ici, près de lui…

 

-               Quand partent-ils demanda Caroline, d’une voix dangereusement faible.

-               Maintenant, nous avons encore le temps. Les parents qui désirent les adopter définitivement sont prêts à les accueillir.

François et moi arrivâmes devant eux. Se plaçant très vite comme soutient auprès de sa femme, il demanda vivement :

-               Que se passe-t-il ?

 

Patiemment, une des deux femmes expliqua au père de Bastien qu’ils venaient de trouver une famille pour les deux petits, sans aborder tout de suite mon cas. Ils partiraient dès ce soir, le temps que Caroline fasse leur valise. Celle-ci se tenait à François, tentant de ne pas tomber pour de bon. C’était trop pour ses épaules, trop d’un coup pour elle. L’autre femme approfondis les explications, mais les deux parents avaient très bien compris que tout cela n’était que la cause de la maladie de leur unique enfant. Posant soudain son regard sur moi, une des deux femmes dit au père en continuant à me regarder :

 

-               Pour ce qui est de son cas, peut-on aller nous asseoir quelques minutes.

Le père acquiesça et nous prîmes tous place dans le salon. Prenant une inspiration, une des deux assistantes sociales commença à prendre la parole :

-               Comme vous le savez, Morgan sera majeur dans 4 mois. Lui trouver une autre famille d’accueil provisoire avant sa majorité tient du miracle, mais il peut toujours être placé en centre pour attendre. C’est pourquoi je me tourne d’abord vers toi Morgan, dit-elle, me faisant face. Désires-tu rester ici, ou bien partir dans un centre pour les quelques mois qui te restent ?

 

Je sentis le regard des parents posés sur moi, mais je n’eus pas besoin d’eux pour connaître ma réponse. Je savais ce que je voulais. C’est pourquoi, sans la moindre hésitation, je déclarais :

-               Je préfère rester ici…

Ma phrase prononcée avec une telle détermination, fit presque sursauter Caroline. Je ne savais même pas s’ils désiraient ma présence, mais égoïstement, ce n’étaient pas eux qui m’importaient. Les deux femmes me regardèrent sceptique avant de me demander de nouveau :

-               Tu en es sur ?

-               Oui, affirmais-je.
-               Bien, si tu veux bien nous laisser seuls maintenant, nous aimerions nous entretenir avec Caroline et François.

Acquiesçant, je me levais et me rendis directement dans la chambre de Bastien que je partageais avec lui. Je devais avouer que la présence de celui-ci me manquait. Je m’y étais habitué, même s’il n’était pas forcément très sociable. J’avais été souvent seul la plupart du temps et n’avait jamais souffert de la solitude comme ce soir là. Mais la personne qui me manquait le plus était ma petite sœur, dont je n’avais aucune nouvelle depuis trop longtemps. Aurais-je seulement le droit de la voir dans quatre mois à ma majorité ? Et que devenais ma mère…
M’asseyant sur mon lit, adossé au mur, j’attrapais un magasin que j’avais déjà feuilleté des centaines de fois, laissant défiler les pages, sans même les regarder. Ce ne fut qu’après une bonne demi-heure que les assistantes sociales vinrent me voir, me prévenant que je restais ici et qu’elles allaient partir avec les deux petits. Je me levais pour les rejoindre en bas, ayant tout de même envie de leur dire au revoir. La petite me sera fort dans ses  bras, s’étant attaché à moi plus que je ne le pensais. Quand pourrais-je prendre ma petite sœur ainsi de nouveau ?
Caroline était dévastée et je savais qu’il suffisait qu’ils s’en aillent pour qu’elle s’effondre. Demain son fils se faisait opéré et elle perdait une partie de sa famille. Les adieux durent très dur pour elle comme pour François, et lorsque la voiture démarra, je restais un peu dehors, prétextant l’envie de fumer une cigarette, mais désirant surtout leur laisser un moment d’intimité avant que François n’aille rejoindre Bastien. M’asseyant sur les marches, je regardais la balançoire et les quelques jeux qui étaient dans le jardin. Ils n’avaient maintenant plus aucune utilité. Lâchant un soupire, je finis par me lever, rentrant dans la maison, ignorant Caroline et François dans le salon, allant directement dans la chambre.
J’y passais presque toute la soirée, Caroline restant dans son coin et moi dans le mien. L’envie de sortir n’était pas là, et je décidais simplement de me coucher tôt, ignorant les pleurs de Caroline que je pouvais entendre. Je ne pouvais rien pour elle et toute cette souffrance était trop dur à supporter et bien trop lourde. La solitude était finalement préférable. Qu’aurais pu lui dire ou faire de toute façon ?
Je mis beaucoup de temps à m’endormir, les yeux grand ouverts, fixant le plafond, avant de les fermer et de m’endormir sans en avoir conscience…

 

Le lendemain matin, je fus réveillé par Caroline assez tôt, qui m’appeler de la porte.

-               Morgan, réveille toi, il faut que tu ailles en cours aujourd’hui, tu as assez manqué le lycée.

Me redressant d’un bon, je me rappelais que c’était aujourd’hui que Bastien se faisait opéré. Caroline était déjà en train de descendre les escaliers, ne me laissant pas le choix. Je savais qu’entamer cette discussion avec elle était inutile, je devrais subir une journée de cours avant de me ruer à l’hôpital pour savoir ce qu’il en était. Je n’avais pas vu Bastien hier, et je savais qu’il ne souhaitait toujours pas ma présence. Je n’osais même pas imaginer son état. Passant à la salle de bain, je ressortis propre et fraîchement habillé. Descendant à la cuisine, je m’arrêtais avant de rentrer, entendant une discussion au sujet de Bastien entre son père et sa mère qui je le pressentais prendrait fin lorsque je rentrerais.

                                                                                                                                              

-               Je te préviens Caroline, Bastien vit très mal le fait qu’on ait du lui raser la tête, et c’est à peine s’il m’a adressé un mot ce matin lorsque je suis partis. Il va de plus en plus mal moralement et je ne vois pas quoi faire pour l’aider… Je viens aujourd’hui avec toi, l’opération commence à 14h00. Morgan va…
-               Il va au lycée, le coupa Caroline.
-               Oui, il vaut mieux pour lui qu’il soit occupé, et qu’il ne traîne pas ici ou à l’hôpital. Il a déjà loupé assez de cours, répondis François.

N’ayant pas envie d’en entendre plus à mon sujet, et pestant contre le peu de nouvelle que j’avais de Bastien de part cette courte discussion, je rentrais dans la cuisine, dans un silence de plomb.

-               Bonjour Morgan.
-               Bonjour, répondis-je simplement, en m’asseyant à table après avoir pris le nécessaire pour petit déjeuner.
-               Je vais prendre une douche, dit François à notre attention.


Nous laissant seul, Caroline vint s’asseoir en face de moi, me faisant clairement comprendre qu’elle avait à me parler. Buvant une gorgée de jus d’orange, je la regardais, lui montrant que j’étais réceptif à ce qu’elle allait me dire.

-               Les petits n’étant plus là, j’aimerais que tu prennes leur chambre. Cela ne sert plus à rien que tu partages ta chambre avec Bastien. Je… J’aimerais te demander quelque chose Morgan.


La regardant je savais parfaitement quel sujet délicat elle voulait aborder, et choisir ce jour était comme m’interdire de l’ouvrir au vu des circonstances. Je n’étais pas du tout d’accord avec elle au sujet de la soit disant homosexualité de son fils.

 

-               J’aimerais que tu laisse Bastien tranquille et que tu ne cherches pas à le rendre comme toi, il a déjà assez de… problèmes.
-               Le rendre comme moi ? Demandais-je, feignant l’innocence

-               Il vaut mieux que le regard de Bastien se porte sur les filles. Dit-elle assez gêné, mais ferme et déterminée. L’homosexualité n’est pas faite pour lui.

-               Ah, c’est pour ça que tu me changes de chambre, par peur que je ne touche à Bastien ! M’exclamais-je, ne cachant pas ma colère.

-               Oui, me répondis froidement sa mère, se moquant de ma réaction.


Me levant d’un coup, préférant ne pas aller plus loin dans ce genre de conversation, seulement au vu des circonstances, je ne pus me retenir de dire en quittant la cuisine :

-               Me changer de chambre ne me limite en rien si je voulais vraiment de lui. Et puis Bastien est assez grand pour faire son choix à ce sujet là…

Je sentis soudain la main de Caroline m’attrapais brusquement, me forçant à me retourner. Son instinct de mère protégeant son fils parlait pour elle.

 

-               Je vais être plus clair, je ne te le demande pas, je te l’interdit. Ne touche pas à Bastien.

 

Me dégageant vivement d’elle, je déclarais avant de monter chercher mon sac :

-               Qui t’as dit qu’il m’intéressait !

 

Montant les marches quatre à quatre, j’attrapais mon sac posé sur le sol, y fourrant de quoi écrire et prenant mes quelques livres. Mettant mes chaussures, il me fallut peu de temps pour attraper ma veste et prendre la direction de la sortie. Caroline ne m’arrêta, et cinq minutes plus tard, je me retrouvais à marché vivement, une cigarette à la main, en direction du lycée. Je sentais que la journée allait être longue et je n’attendais qu’une chose, que les cours qui n’avaient même pas encore commencé finissent pour que je puisse enfin aller voir Bastien. Caroline allait-elle aussi m’interdire cela ? Je soupirais en tapant sur un caillou qui traînait sur mon chemin. A quelle heure allait-il être opéré, nous n’avions même pas parlé de cela ce matin…

 

-               Morgan ! Cria soudaine une voix derrière moi.

Me retournant, je pus voir Aurore. Elle tombait mal, c’était vraiment la dernière personne que j’avais envie de voir. Profitant de son effet de surprise, elle sauta sur moi me faisant une bise de force.

 

-               Alors ça fait un moment qu’on ne t’a pas vu ! Qu’est ce qui t’es arrivé ?

Bien évidemment Bastien ne l’intéressait pas le moins du monde. N’ayant aucune envie de parler avec elle, je répondis assez brièvement :

-               Rien qui ne te concerne Aurore.

La laissant sur place en lui tournant le dos, je pris la direction du bureau des surveillants pour faire signer mon absence. Etonnamment, elle me laissa en paix.


La journée fut assez longue, je choisis de rester dans mon coin, angoissant seul pour Bastien. Aurore ne me lâcha pas d’une semelle à la pose de midi, ne comprenant pas que je n’avais pas la patience nécessaire pour la supporter. Aucun professeur ne me demanda la raison de l’absence de Bastien. Soit ils étaient déjà au courant, soit ils s’en moquaient ouvertement. Si personne ne remarquait qu’il n’était pas là, ce n’était pas mon cas. Après l’avoir surveillé pendant deux semaines, cette fois-ci je m’ennuyais. Les cours passaient à une lenteur insurmontable et la chaise occupée par Aurore à mes côtés ne m’aidait pas. Il n’y eu pas un seul instant ou je ne m’inquiétais pas au sujet de Bastien. Était-il sur la table d’opération à ce moment là ? Etait-est-ce fini ? Ou bien angoissait-il à l’idée de se faire ouvrir le crâne… Je n’osais même pas imaginer son état, mais je savais que ma place était ici et non à ses côtés. Il me restait encore un cours d’une heure après celui-ci, un cours de langue, les seules ou Bastien montrait son intérêt.
L’intercours arriva plus vite que je ne l’aurais pensé. Nous restions dans la même salle, mais plusieurs en profitèrent pour sortir et s’aérer un peu. Nous avions une pause, et j’avais le temps d’aller me fumer une cigarette. Dans un peu plus d’une heure, je pourrais enfin me rendre à l’hôpital. Rien qu’à cette idée, je sentis les battements de mon cœur s’accélérer. Retournant en classe discrètement, je retournais à ma table du fond, ou les affaires d’Aurore étaient toujours posées. Elle n’avait pas décidé de changé de place. M’asseyant, je vis qu’elle était la seule à ne pas être revenu en cours. Les autres parlaient dans leur coin, chacun en petit groupe. Était-ce ça que Bastien voyait tous les jours ? La vie des autres défilé devant lui sans qu’il n’y trouve sa place ?
C’est à ce moment là que Aurore arriva, passant la porte avec un grand sourire aux lèvres et s’exclamant à haute voix :

-               Et vous savez quoi !

La plupart tournèrent la tête vers elle alors qu’elle se mettait à rire d’un air moqueur.

-               Ce naze de Bastien a une tumeur au cerveau et il se fait opérer aujourd’hui !

La haine s’infiltra dans me veine lorsque je vis la réaction des autres. Alors que certains riaient avec elle, d’autres s’en foutaient totalement, retournant à leur occupation. J’étais donc le seul dans cette pièce à m’inquiéter réellement pour sa vie. Attrapant mon sac, je me levais, ne voyant plus aucun intérêt à rester avec eux. Arrivé à la hauteur d’Aurore qui était devant la salle de classe, je la tirais brusquement dehors. Ne mâchant pas mes mots, je la plaquais contre le mur, en étant ferme mais non violent. Pour la première fois croyait-elle certainement, elle voyait mon vrai visage.

 

-               Tu sais comment on appelle les personnes comme toi ! Commençais-je. Ca te fait rire c’est ça le pire. Tu es cruelle, alors qu’il peut mourir à tout moment.

Je n’allais pas trahir les sentiments de Bastien à son égard, mais l’idée même qu’il croit l’aimer me rendait fou. Je n’avais jamais supporté l’attitude immature et sans cœur de ceux de cette classe comme la plupart de ceux que j’avais pu connaître. Je n’avais vraiment plus rien à faire ici.

 

-               A l’avenir ne m’adresse même plus la parole, ça n’en vaut pas la peine.

Lui tournant le dos, je pris le chemin le plus court pour sortir de cet établissement où j’étouffais. La peur que Bastien ne s’en sorte pas m’envahissais si brusquement, que je sentais les larmes monter, et ma gorge se noua pour les retenir. L’idée même qu’il quitte cette terre maintenant alors qu’il n’avait rien connu et que la vie ne lui avait rien donné me comprima le cœur. Je me fis la promesse que s’il s’en sortait, je l’aiderais à découvrir ce que la vivre était réellement. Je voulais le soutenir, l’aider à aller plus loin que ce que les autres prévoient pour lui, qu’il se laisse enfin aller à être lui-même. Il ne pouvait pas continuer ainsi, si sa tumeur ne venait pas à bout de lui, c’était ce qu’il s’imposait qui allait le tuer. S’était-il seulement senti tout simplement bien et libre un jour ?
Le bus arrivé, et j’écraser ma cigarette avant de monter dedans. S’il ne prenait pas de retard, dans un peu moins de vingt minutes, je serais à l’hôpital. J’avais tant de chose à lui dire et à lui faire comprendre. Je savais que cela serait difficile, et qu’il n’allait pas accepter mon initiative à bras ouverts, mais je ne lui laisserais pas le choix.
Lorsque le bus s’arrêta, j’étais déjà debout vers la porte, prêt à descendre. C’est en courant que je fis le trajet jusqu’à l’hôpital. Je ne ralentis que lorsque je passais l’accueil. Je connaissais  la localisation de la chambre de Bastien et je m’y rendis directement. Mon cœur faillit louper un battement en la découvrant vide. Je priais intérieurement pour qu’il soit encore sur la table d’opération. Me dirigeant d’un pas vif, je tentais de garder mon calme du mieux que je pouvais, mais mes mains tremblaient déjà sans que je puisse les contrôler. Arrivé à la salle d’attendre, je repérais tout de suite la mère de Bastien dans les bras de son mari en larmes. Les yeux rougis de François me montraient qu’elle n’était pas la seule à pleurer. Mes jambes faillirent flancher, en m’imaginant le pire. Ce ne fut que lorsque je m’arrêtais devant eux que Caroline redressa la tête s’apercevant de ma présence.  Je n’avais pas envie d’entendre, pourtant je ne pus m’empêcher de commencer à demander :

-               Qu’est ce que…

Ce fut François qui prit la parole, Caroline en était incapable. Je ne la comprenais que trop bien, comment dire à voix haute que son fils n’était plus de ce monde. J’avais envie de hurler, ne sachant plus trop où j’en étais. Ma vue commençaient à se brouiller, ma poitrine se comprimait si fort que j’avais l’impression que mon cœur se battait héroïquement pour chaque battement. Ca ne pouvait pas se terminer comme ça !

-               Il y a eu des complications, commença François.

Désirait-il m’achever à parler si lentement. Qu’il en vienne au but, qu’il n’annonce enfin le verdict.

 

-               Il est encore sur la table d’opération… Ils ne peuvent pas nous en dire plus.

Un espoir, si minime soit-il, fit battre mon cœur légèrement plus vite. Plus pâle que jamais, François se leva soudain, et m’attrapa vivement, me prenant dans ses bras. S’était-il rendu compte que  mes jambes n’allaient plus me tenir une seconde de plus. Craquant, je ne pus retenir mes larmes, suppliant intérieurement de toutes mes forces qu’il s’en sorte et qu’il ne nous abandonne pas…

 

 

 A SUIVRE 
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : I feel you
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Samedi 31 janvier 2009
Première partie /!\

Lorsque sa mère me demanda de sortir de la chambre, je m’exécutais aussitôt, comprenant qu’ils avaient besoin d’une discussion tous les deux. Ce ne fut pas pour autant que je m’éloignais de la chambre une fois à l’extérieur, restant derrière la porte après l’avoir fermé. Je ne savais que trop penser de l’état de Bastien. Quelque chose clochait. J’avais surveillé Bastien pendant plusieurs jours, et même le lâcher des yeux quelques secondes me mettait dans un état d’inquiétude.

               
-
               Bastien... Commença-t-elle d’une voix calme qui cachait mal son inquiétude.

-               J’ai pas envie de te parler. Répondit-il trop rapidement à mon gout.

-               Je vois bien que… que tu es malheureux. Seulement, je ne sais plus quoi faire.

-               Il n’y a rien à faire ! Et je ne suis pas malheureux… J’ai des supers parents, des frères et des sœurs adoptifs géniaux… Et surtout maintenant avec Morgan dans ma chambre, c’est le bonheur !! Dit-il ironiquement.

 

Si sa mère acceptait sans aucun souci l’homosexualité chez un autre comme moi, sa tolérance ne s’étendait pas à son fils et elle le démontra en répondant :

-               Justement, en parlant de lui… Tu sais que tu peux m’expliquer tout Bastien. J’ai réagis impulsivement l’autre jour mais si tu as des questions… Si tu te poses des questions et que tu crois avoir besoin d’expérience auprès des… des garçons, je…

Heureusement que ma mère ne m’avait pas fait ce coup là. Pour dire vrai, elle se moquait totalement de mes préférences sexuelles. Que j’aie un petit ami ou une petite amie ne lui apportait rien, ne s’attachant qu’aux choses qui la touchait personnellement. Je pleins Bastien du calvaire qu’elle lui infligeait, alors qu’à ce moment même il méritait bien autre chose.

 

-               Maman ! Cria-t-il. Je ne suis pas pd ! Je te l’ai déjà dit ! Tu ne m’écoutes vraiment pas !!

-               Tu en parles à ta psychologue ? Tu n’es pas homosexuel, je le sais bien. Tu ne peux pas l’être, tu n’as jamais eu de problèmes…

 

Se rendait-elle compte de l’état de Bastien ! Je bouillais intérieurement. Mon cœur battait, je craignais le pire, sans trop savoir pourquoi, je le présentais. Je dus me faire violence pour ne pas entrer dans la chambre à nouveau.

 

-               Quoi ? Mais t’es complètement dingue !! Pourquoi tu dis autant de conneries ?
-
               Reste poli quand même s’il te plait ! Répondit-elle plus vivement en se relevant.
-
               Pourquoi est ce que je dois gueuler ? Parce que je n’ai jamais eu de problème ou parce que tu ne veux pas que je sois moi-même ?
-
               Tu veux dire que tu es comme Morgan ? Cria-t-elle, hors d’elle. Tu l’as embrassé ? Vous avais fait des choses ensemble ? J’avais raison n’est-ce pas ? Quand je t’ai trouvé ce jour-là, tu…

Mes poings se serrèrent, résistant une fois de plus.

 

-               Non ! Hurla-t-il. Pourquoi tu ne me crois pas ? Pourquoi es…

J’entendis peut de temps après un bruit sourd comme une masse tombant sur le sol, suivit de très près par le cri de sa mère. Sans réfléchir, je rentrais dans la chambre pour découvrir Bastien étendu sur le dos, sa mère catastrophée penchée sur lui. S’apercevant de ma présence lorsque j’approchais un peu plus, elle me demanda de m’aider à le soulever pour le mettre dans son lit la voix brisée par l’angoisse d’une mère ayant son enfant en danger. Je ne répondis rien, et m’exécutait. Une fois installé, j’allais chercher ce qu’elle me demanda, tandis qu’elle rabattait la couverture sur lui. Cela ne semblait être qu’un évanouissement, mais vis-à-vis de tout ce qui venait de se passer ses derniers temps j’étais fortement inquiet. Lorsque je revins en courant dans la chambre, grimpant les escaliers quatre à quatre,  j’arrivais tout essoufflé, tendant tout ce que sa mère m’avait demandais. Bastien respirait paisiblement, se semblait dormir comme jamais il n’avait eu l’occasion depuis deux semaines. Sa mère était pâle comme un linge, mais elle ne quittait pas Bastien des yeux. L’anxiété tirait ses traits, elle semblait ne plus vraiment savoir quoi faire avec son fils, la culpabilité la rongeant de l’intérieur. J’aurais aimé que Bastien prenne le temps de réellement observait sa mère, et qu’il la voix passer une main tendrement dans ses cheveux avant de murmurer son nom.

Elle se redressa soudain, se tournant vers moi. Je n’avais pas remarqué la force qu’elle puisait en elle pour résister à la panique. Seulement au vu de ses gestes presque tremblant et de ses mains se crispant d’angoisse. Inspirant profondément, elle me demanda brièvement :

-
               Morgan est ce que tu peux rester auprès de lui. Je vais appeler le médecin et son père.

Elle inspira de nouveau, la panique se lisant dans ses yeux. Elle tentait d’avoir la meilleure réaction possible, mais son cœur lui criait de prendre Bastien dans ses bras.

 

-               Je le surveille… Dis-je, mal à l’aise face à son effroi.

Sans un mot, elle lança un dernier regard à Bastien avant de se précipiter vers le téléphone. Je pus l’entendre de la chambre appeler le médecin en catastrophe, parlant fort et perdant son sang froid. Je crus comprendre qu’il n’allait pas tarder à venir voir Bastien. Je n’écoutais pas la suite, me concentrant de nouveau sur celui que je devais surveiller. Sa respiration était pesante et profonde, signe irréfutable qu’il avait accumulé une fatigue énorme. Alors que j’approchais une main pour le toucher, je m’arrêtais en chemin, figeant ma main dans l’espace. Je devais prendre mes distances. Je ne pouvais pas le toucher alors qu’il n’en n’avait certainement pas la moindre envie.

J’allais m’asseoir sur mon lit, lâchant un soupire. Me plaçant de façon à pouvoir le voir, Je résistais contre m’en envie de m’allumer une cigarette qui aurait parfaitement convenu à la situation. Les yeux perdu dans le vague dans la direction de Bastien, je surveillais cependant attentivement sa respiration, rythme lent et régulier, s’accélérant de temps en temps. Je l’avais surveillé pendant deux semaines, et l’angoisse grandissait dangereusement en moi, Bastien avait quelque chose de plus que de simples crises de panique. Sa mère arriva dans la chambre peu de temps après, s’adressant directement à moi après un regard posé sur Bastien.

-
               Le médecin arrive, j’ai appelé mon mari, il arrive lui aussi. Je vais aller m’occupais des enfants, tu peux continuer à…

Je ne  laissais pas le temps de terminer sa phrase, acquiesçant de la tête.

-
               Appelle-moi s’il se passe quelque chose, dit-elle, lançant un regard anxieux sur Bastien, avant de sortir de la chambre.

J’attrapais un magazine sur ma table de nuit, plus pour m’empêcher de m’inquiéter que pour réellement le lire. Mes yeux passaient sur les pages sans trop faire attention aux pages qui défilaient. Plusieurs fois je jetais un coup d’œil à Bastien qui semblait dormir la respiration calme et régulière.  Alors que j’arrivais vers les dernières pages, Bastien se redressa soudain, posant ses pieds sur le sol, regardant droit devant lui, extrêmement calme.

-
               Bastien ? Murmurais-je presque, comme si j’avais peur de déclencher quelque chose.

Bastien se tourna un cours instant vers moi, mais finit bien vite debout sur ses deux jambes comme s’il ne m’avait pas vu. Ses deux mains passèrent de chaque côté de son t-shirt, il l’enleva totalement avant que je ne comprenne ce qui c’était passé. Mon regard s’attarda seulement quelques secondes sur son torse, ne pouvant m’en empêcher, mais ce fut a vu de ses mains s’attaquant à sa braguette qui me faire réagir. Me levant j’allais directement vers lui et l’arrêtait, l’appelant par son nom. Bastien ne me regarda presque pas. Je le ramenais jusqu’à son lit, et il s’y coucha sans bronché. Il ferma presque aussitôt les yeux, et se rendormi, comme si rien ne s’était passé. Je remontais la couverture sur lui, tentant de me convaincre que ce n’était qu’une légère crise d’insomnie. Cette hypothèse sonnait faux. M’asseyant de nouveau sur mon lit, je ne lâchais pas Bastien des yeux.

 

A peine trois minutes plus tard, j’entendis Bastien me demander :

 

-               Morgan ? Qu’est ce que je fou dans mon lit.

 

Alors qu’il tournait la tête vers moi je le regardais hébété sans trop savoir quoi lui répondre. Mais il se moqua de mon silence et ajouta :

-               Quelle heure est-il ? Il faudrait que je me lève.

-               C’est bientôt le soir Bastien, reste couché, tu as besoin de repos.

Bastien n’eus pas la moindre réaction, restant immobile un court instant avant de me demander à nouveau :

-
               Quelle heure est-il ? Il faudrait que je me lève.

-               Bastien ? Demandais-je inquiet. Tu te moques de moi ou tu ?

Me redressant pour aller chercher sa mère, Bastien acheva de me décider lorsqu’il me demanda encore :

-
               Quelle heure est-il ? Il faudrait que je me lève.

 

Plus qu’inquiet, je me mis à sa hauteur et constatant l’absence de t-shirt sur lui, j’attrapais celui qu’il avait négligemment enlevé et le lui tendis. Si sa mère arrivait, je suis sur qu’elle ne verrait pas d’un très bon œil son fils à moitié nu. Bastien le mis, sans même me parler, le regard dans le vide comme absent.
Attrapant ensuite sa main, je le forçais à me regarder. Lui demander un instant de concentration et de présence semblait être impossible, pourtant je lui dis calmement :

-
               Bastien reste ici, je reviens.


C’est à ce moment là que j’entendis le médecin et la mère de Bastien monter dans les escaliers. Allant les rejoindre, je leur fis un bref résumé de ce qui venait de se passé, omettant le fait qu’il ait voulu se déshabiller complètement, expliquant qu’il avait juste tenté de le faire. Le médecin paraissait lui aussi inquiet, et sa mère ne cachait plus sa panique. Il me posa plusieurs questions ciblées sur ce qui c’était passé durant ces derrières semaines. Je commençais à véritablement m’en vouloir de ne pas avoir parlé de tout ce que j’avais constaté chez Bastien ces derniers temps.

 Anxieux, j’entrais avec eux, découvrant Bastien, assis sur son lit, vaseux et complètement perdu. Il nous lança un regard interloqué, ne comprenant apparemment pas la raison de notre présence ici. Le médecin ne perdit pas de temps. Il s’approcha de Bastien, posant son trousse de médecin sur le lit à côté de Bastien. Sortant tout son matériel, il commença par regarder ses pupilles, avant de prendre son pouls et sa tension. Caroline, la mère de Bastien, se tenait à côté, à l’affut de la moindre de réactions du médecin, et je me surpris à être dans le même état qu’elle.  Bastien quand à lui semblait très faible, soumis à ce qu’on lui faisait. La lueur de colère qui brillait le plus souvent dans ses yeux était comme éteinte.

-               Est-ce que tu te sens fatigué en ce moment Bastien ? Ta tension est très basse. Lui demanda souvent le médecin.

Bastien acquiesça simplement, ne prenant pas la peine de parler.

 

-               Sur une échelle de un à dix, quels est le niveau de douleur de tes maux de têtes ?

                                                  

Bastien hésita avant de répondre très brièvement :


-
              Neuf…

Je sentis sa mère tressaillir, et j’esquissais un geste vers elle avant que le médecin se tourne vers nous et nous demande
  en tentant de garder son sang froid.

-
              Il faut appeler une ambulance, je préfère que son cas soit vu à l’hôpital. Ils auront le matériel pour véritablement l’examiné
-
              Qu’est ce qu’il a ? demanda aussitôt Caroline, la voix très faible.
-
              Je ne peux encore confirmer mon diagnostique.

Blanche comme un linge, je décidais d’agir. Je sortis de la chambre, prévenant que j’allais chercher le téléphone, puis revint en courant l’apporter au médecin. Mon cœur battait à une allure folle, j’avais peur pour Bastien, peur que l’air du médecin soit identique au mal de Bastien.

-
              Je n’ai pas besoin d’aller à l’hôpital, tenta Bastien lorsque je revins dans la chambre.

-              Bastien, ne dit pas de bêtises dit sa mère.

Il ne répondit rien lorsqu’il m’aperçut. Je tendis le téléphone au médecin, sentant que ce serait lui le plus à même de les appeler. Sa mère s’assit à côté de lui, et passa tendrement la main dans ses cheveux. Bastien ne la rejeta pas, comme il aurait eut l’art de le faire, mais c’était comme s’il ne se rendait pas vraiment compte de ce geste. Il lui lança un simple regard, avant de se perde je ne sais ou. Ne sachant trop que faire, je m’appuyais contre le mur, tentant de cacher mon angoisse plus à Bastien qu’aux autres. Le médecin avait finis son coup de fil, et me tendis le téléphone, disant qu’ils n’allaient pas tarder. La mère de Bastien tenta alors de prendre son fils dans ses bras, mais Bastien sembla revenir à lui quelques minutes. Refusant une telle étreinte, il la repoussa sans grande conviction, mais de manière assez claire pour que sa mère n’insiste pas. Nous entendîmes la porte d’entrée claquée, signe que le père était de retour et il ne tarda pas à lui aussi arrivé dans la chambre. Le médecin lui expliqua brièvement la situation, tandis qu’il s’approchait de son fils. Il s’assit de l’autre côté de Bastien et alors qu’il allait parler, sa mère me demanda d’aller surveiller les petits. A contrecœur, je sortis de la chambre, après un dernier regard lancé à Bastien.

 

Je me retrouvais en bas de escaliers, me dirigeant dans le salon ou j’entendais les deux petits jouer le plus sagement que leur âge le leur permettait. Lorsque je leur proposais d’aller jouer dehors profitant des derniers rayons du soleil, ils accueillirent la nouvelle avec joie. J’avais d’une part besoin de m’aérer, de fumer une cigarette, et l’envie inutile de guetter l’arrivé de l’ambulance était trop forte.

Arrivé dehors, ils coururent vers la balançoire, tandis que je leur demandais cinq minutes. Sans perdre de temps, je sortis machinalement une cigarette de mon paquet, et l’allumait. Tirant ma première bouffée, j’expirais profondément, tentant d’évacuer le surplus de stress. Mais cela était inutile. Bien vite, mon regard se posa sur la rue, attendant impatiemment qu’une camionnette déboule avec sont gyrophare. Je n’avais pas du tout aimé l’air du médecin, et j’aurais préféré rester dans la chambre pour en savoir plus. Je tenais à Bastien, peut être un peu plus que je ne l’aurais du.
Lorsque la sirène de l’ambulance retenti, je sautais sur mes deux pieds, et invitant les enfants à rentrer, je courus jusqu’à la chambre de Bastien pour avertir de leur venues. Bastien était entre son père et le médecin, soutenu, presque portait, il ne semblait pas tenir sur ses jambes.

-               Ils sont là… Dis-je brièvement.

J’avais surveillé Bastien pendant deux semaines, mais je ne l’avais jamais vu aussi mal. Ils transportèrent Bastien jusqu’à l’entrée, et à peine eurent-ils ouverts la porte, que les ambulanciers s’occupèrent de Bastien. Rapidement, avec des gestes précis, il le mire sur la civière, le faisant entrer par la porte de derrière. Alors que Caroline montait à l’arrière avec Bastien, son père m’attrapa par l’épaule et me demanda très sérieusement :

 

-               Je vais garder les enfants, ça ne te dérange pas d’accompagner Caroline et Bastien ?

Comprenant qu’ils s’inquiétaient pour tous les deux, j’acquiesçais avant de monter à l’avant de l’ambulance. Nous partîmes aussi vite qu’ils étaient venus, roulant excessivement vite, la sirène allumée. Le cœur battant je croyais que nous n’allions jamais arrivé, alors que le trajet dura à peine dix minutes. Une fois garés devant l’hôpital, ils sortirent Bastien sur un fauteuil roulant, chose qui me fit un drôle d’effet. Sa mère était livide et nous nous rendîmes très rapidement à l’accueil. Cette précipitation de la part des ambulanciers était particulièrement angoissante. Bastien fut vite emmener en sale d’auscultation avec sa mère, pendant qu’on me dit d’attendre sur un des sièges de la salle d’attente. Je m’assis un moment, prenant un magazine avant de le reposer deux minutes plus tard. Impossible de me concentrer et surtout de me calme. Comprenant que les examens aller prendre un certain temps, je décidais d’en profiter pour sortir et m’allumer une cigarette. J’eus largement le temps d’en fumer une deuxième, avant de retourner dans cette salle d’attente. Je détestais les hôpitaux, m’y était rendu plusieurs fois avec ma sœur pour aller chercher ma mère.

Trois bons quarts d’heure passèrent, et je me levais presque immédiatement lorsque j’aperçu Caroline, la mère de Bastien revenir. Elle était seul, et comme épuisée.
Je n’eus pas besoin de lui poser de questions, m’expliquant ce qu’il en était.

 

-               Ils ne peuvent pas encore dire ce qu’il a. La suite des examens se fera demain matin. Ca ne te dérange pas de passer la nuit ici ? Nous pouvons aller dans sa chambre.


J’acquiesçais simple en la suivant dans le dédale des couloirs. Le trajet se fit dans le silence, et je pouvais sentir Caroline tendue comme jamais. Arrivé devant la porte qui devait être la chambre de Bastien, Caroline s’arrêta puis se tourna vers moi. Sans me laisser le temps de réagir, elle me prit dans ses bras, me serrant très fort, dans une étreinte maternelle. Je la lui rendis, passant fébrilement mes bras autour d’elle. Elle semblait en avoir besoin tout autant que moi. Tapotant ensuite tendrement dans mon dos, elle se sépara de moi, poussant un soupire, les yeux humides. Sans un mot, elle se tourna et posa sa main sur la poignée. Son contrôle d’elle-même ne tenait qu’à un fil. La porte s’ouvrit alors que la pièce était plongée dans l’obscurité, Bastien devant dormir. Caroline s’approcha du lit tandis que je refermais la porte derrière nous.
 

-
               Bastien, tu dors ? Lui demanda-t-elle en murmurant.

-               Non, lui répondit Bastien d’un ton si faible qu’il était à peine perceptible.


Sa mère s’approcha vivement du lit, allumant la lumière du chevet, attrapant sa main avant de s’asseoir tout prêt de lui.

-               Tu as mal mon chéri ?

-               Non, dit-il une seconde fois, le regard posé ailleurs.

Je ne m’approchais pas trop prêt du lit, gardant une distance, ne trouvant pas vraiment ma place. Bastien semblait encore plus pâle que d’habitude et la lumière lui donnait un teint verdâtre. Le voir si petit et faible dans son lit d’hôpital me mettait vraiment mal à l’aise.

 

-               Tu as besoin de quelque chose mon chéri ? Ajouta sa mère quelques secondes plus tard, embêté de se sentir impuissante.

 

Bastien qui avait jusqu’à maintenant son regard dans le vague, posa soudain ses yeux sur moi, comme s’il ne s’était pas aperçut de ma présence jusqu’à présent. Bien que dans les vapes, il semblait à cet instant portait toute sa maigre concentration sur moi. Je n’aimais pas la froideur de ce regard, bien qu’habitué. Pourtant, celui-ci me déstabilisa, Sans tourner la tête vers sa mère, me toisant toujours de ce regard presque haineux, il demanda à sa mère, alignant pour la première fois depuis mon arrivé plus de deux mots :

-
               Je veux qu’il sorte d’ici !

 

 Il me fallut un certain temps avant de réagir, mais pas assez pour que sa mère dise quelque chose. Tournant le dos, je sortis de la chambre sans un bruit, et me dirigeais vers la salle d’attendre. Je ne pouvais nier mon énervement vis-à-vis de son attitude, mais je ne parvenais pas à lui en vouloir. D’ailleurs, je remarquais que je ne lui en voulais presque jamais. J’étais même déçu qu’il n’accepte pas ma présence, mais je le comprenais. De plus j’étais resté à le surveiller tellement pendant ces derniers temps, qu’il ne devait plus me supportait. Maintenant sa mère veillait sur lui. Alors que j’allais tourner à droite, une main m’attrapa par le poigné, me força à me retourner, et la voix de Caroline se fit entendre :

-
               Morgan…

Je me tournais vers cette femme épuisé par l’angoisse pour la vie de son fils.

-
               Je suis désolée Morgan… Je… Dit-elle ne trouvant plus ses mots.
-
               Ce n’est rien, je comprends. Dis-je, tentant de lui ôter toute culpabilité. Je vais fumer une cloppe, et je serais dans la salle d’attente.
-
               Merci, souffla-elle sans lâcher mon poignet.

 

Sa poigne n’était pas bien forte, je pus m’en dégager facilement, sans aucune violence. Lui tournant le dos, je la laissais rejoindre son fils. Si elle devait s’inquiéter pour quelqu’un, c’était bien pour lui.

 

 

***

 

Il ne devait pas être loin de six heures du matin, lorsque je lâchais un soupire. Je n’avais presque pas fermé l’œil de la nuit, me contentant de m’assoupir un peu sur mon siège. La salle d’attente était totalement vide. Fouillant dans les poches de ma veste, je trouvais quelques pièces, et décidais de me prendre un café pour me réveiller un peu. Trouvant rapidement une machine après avoir demandé mon chemin à une infirmière Prenant mon café, je retournais une énième fois dehors, pour fumer la dernière cigarette de mon paquet. M’asseyant sur un banc, je regardais la ville prendre vie sous le soleil naissant. Le temps passait de plus en plus lentement, n’étant que plus impatient de savoir ce que Bastien avait. Il n’allait pas tarder à subir des examens plus poussés.

Au lieu de retourner tout de suite dans l’hôpital que je ne supportais plus, je restais encore dehors malgré la fraîcheur matinale. De plus en plus de voitures roulaient sur l’avenue en face de moi, et quelques oiseaux voletaient et se posaient à la recherche de potentielle nourriture que j’aurais sur moi. Je n’avais pas faim du tout. Finissant ma dernière gorgée de café qui était maintenant froide. Après un long moment où je restais sur mon banc, les yeux dans le vide, j’entendis des pas hésitants s’approcher de moi, et Caroline ne tarda pas s’asseoir à côté de moi. Tournant ma tête vers lui, elle ne tarda pas à me dire :

 

-               La suite des examens vient de commencé, Bastien est avec le médecin, ils vont lui faire des tests sur la mémoire et lui faire passé un scanner. Dans quelques heures nous aurons le verdict et…
Sa voix se noua dans sa gorge, incapable de dire un mot de plus.

Je ne répondis rien, me contentant de poser ma main sur la sienne, la serrant fort en tentant de lui apporter mon soutien. Elle mit beaucoup de temps avant de déglutir et de se reprendre. Au teint pâle et aux yeux cernés qu’elle avait, je compris qu’elle avait encore moins dormi que moi.

 

-               Mon mari ne va pas tarder, je l’ai eu au téléphone. Il dépose les enfants à l’école et il arrive. Je te dispense de lycée pour aujourd’hui, à moins que tu ne t’en sentes capable.

-              Je préfère rester ici, répondis-je. 



 SUITE DANS LA PARTIE 2
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Jeudi 25 décembre 2008

ATTENTION, PARTIE 3!


Il me dirigea jusqu’à mon lit et ne sachant ce qu’il se passait vraiment, voyant tout dans le vague. Tout colère en moi était partie, j’étais à présent trop mal pour avoir une quelconque envie de crier sur Morgan ou de le gifler. A vrai dire, mon état m’inquiétait tellement que je n’arrivais à penser à rien d’autre. Dès que j’étais couché, je le vis sortir de la pièce sans que j’eusse le temps de le retenir et j’attendis quelques minutes pour le voir ensuite revenir avec ma mère qui semblait inquiète. Je me redressai en la voyant s’approcher de moi. S’il y avait une chose dont je n’avais pas envie, c’est qu’elle s’inquiète pour moi, elle était encore plus énervante qu’à l’habitude.

-       Bastien, qu’est-ce qui s’est passé ?

-       Rien… dis-je en m’appuyant sur la tête de lit, énervé.
Fiche-moi la paix.

-       Mon pauvre chéri.. ignora-t-elle en s’asseyant sur le bord de mon lit et mettant sa main sur mon front.

En sentant cela, je la rejetai aussitôt violemment.

-       Il est comme ça depuis presque deux semaines.. intervint alors Morgan.

-       La ferme ! criai-je presque.
Tu la fermes !!

-       Qu’est-ce que tu veux dire ? demanda ma mère.

-       Il fait des cauchemars, il a des migraines qui le rendent dingue… Dès qu’il rentre des cours, il va dormir, il sait même plus jouer à sa console.

Voir la tête que faisait ma mère m’énervait encore plus. Cette peur cette pitié, je la détestai. Seulement, alors que je croyais que Morgan avait fini, celui-ci continua sur sa lancée.

-       En plus de ça, il a des vertiges. Il fait croire qu’il trébuche mais je vois bien que c’est pas ça. Et je l’ai vu plusieurs fois courir aux toilettes et revenir blanc comme un mort ! Et là, il a failli s’évanouir

-       C’est des conneries ! J’ai rien de tout ça !

-       Bastien ! dit maman.
Si c’est vrai, dis-le moi. Je ne veux pas qu’il t’arrives quelque chose…

-       Et t’as rien remarqué ? criai-je, en laissant finalement tomber le mensonge.
Ca fait presque deux semaines et t’as rien remarqué ? Ca montre comme t’en à rien à foutre !!

Un lourd silence se fit et après un moment, ma mère reprit en tournant la tête légèrement vers Morgan. Elle lui demanda alors de sortir pour qu’elle parle avec moi et dès que la porte fut fermée, je me sentais pris au piège. Maintenant, cette conversation allait être très sérieuse, sans dispute… Peut-être que finalement, m’énerver avec elle était plus facile, cela évitait la remise en question. Mais voir ma mère calme, mais inquiète.

-       Bastien…commença-t-elle.


 

-       J’ai pas envie de te parler. Répondis-je rapidement en croisant les bras et regardant sur le côté.

-       Je vois bien que… que tu es malheureux. Seulement, je ne sais plus quoi faire.

-       Il n’y a rien à faire ! Et je ne suis pas malheureux… J’ai de supers parents, des frères et sœurs adoptifs géniaux... et surtout maintenant avec Morgan dans ma chambre, c’est le bonheur !! dis-je ironiquement.

-       Justement, en parlant de lui… Tu sais que tu peux m’expliquer tout Bastien. J’ai réagis impulsivement l’autre jour mais si tu as des questions… Si tu te poses des questions et que tu crois avoir besoin d’expérience auprès des… des garçons, je..

-       Maman ! criai-je en me relevant difficilement.
je ne suis pas pd ! Je te l’ai déjà dit ! Tu ne m’écoutes vraiment jamais !!

-       Tu en parles à ta psychologue ? Tu n’es pas homosexuel, je le sais bien. Tu ne peux pas l’être, tu n’as jamais eu de problèmes…

-       Quoi ? Mais t’es complètement tarée ma parole ? hurlai-je presque.
Tu me rends dingue !! Pourquoi tu dis autant de conneries ?

-       Reste poli quand même s’il-te plait ! répondit-elle plus vivement en se relevant.

-       Pourquoi est-ce que je dois gueuler ? Parce que je n’ai jamais eu de problèmes ou parce que tu ne veux pas que je sois moi-même ?

-       Tu veux que tu es comme Morgan ? cria-t-elle, hors d’elle apparemment.

Elle me saisit le bras et m’impressionna en me criant bien plus fort et agressivement cette fois.

-       Tu l’as embrassé ? Vous avez fait des choses ensemble ? J’avais raison n’est-ce pas ? Quand je t’ai trouvé ce jour-là, tu..

-       NON ! hurlai-je.
Pourquoi tu ne me crois pas ? Pourquoi es..

Mon mal de tête repris de plus belle et la secouai légèrement pour reprendre mes esprits. Je tentai de dire quelque chose mais apparemment elle ne comprit pas grand-chose. Brusquement, mon regard se voila et alors que je voulais reculer, je sentis que mes genoux ne me tenaient plus. Je perdis connaissance en quelques secondes et sans même m’y attendre. Ce qui m’arrivait commençait sérieusement à m’inquiéter…

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Jeudi 25 décembre 2008

ATTENTION, PARTIE 2



Je ne sais pourquoi, mais j’exécutai aussitôt. Sans un mot, je me retournai et sentis qu’il se collait contre moi. Je pouvais clairement sentir qu’il avait envie de moi et moi, je sentais aussi une sensation étrange que je ne connaissais que quand j’étais totalement seul et que je pensais à Aurore. J’avais envie de me toucher ou plutôt qu’il me touche.
Seulement, quand je levai la tête, je vis tout à coup ma mère me regarder comme si j’avais fait un crime. Je la vis tout à coup s’approcher de moi et me gifler de toutes ses forces. Jamais je n’avais eu aussi mal, et alors que je baissais les yeux, je vis tout à coup ma jambe, celle que je haïssais.
Je la vis dans le même état que quand tout cela était arrivé, quand il m’était pris cette lubie pour que l’on me regarde il y a de cela 7 ans.
Voir ma chair saigner à nouveau me dégoutait, elle me faisait à nouveau horriblement mal. J’entendis alors un gémissement de dégout et celui-ci n’était autre que celui de Morgan.
Son regard avait totalement changé. Il me regardait d’un air de dégout au point que je me mis subitement à pleurer. Je le vis subitement reculer et me tourner le dos pour s’en aller. Je tournai ensuite la tête vers ma mère… Elle n’était plus là. Je me sentis tout à coup tomber dans un tunnel et me réveillai.

J’étais assis sur mon lit et tentai de reprendre mes esprits. J’avais tellement chaud, je transpirais comme jamais et ma poitrine me serrait aussi fort que quand j’avais une crise.

-       Bastien…

 

Je me retournai brusquement vers la voix qui était celle de Morgan.

-       Ca va ?

 

Il était assis sur le bord de mon lit sans que je ne l’ai senti et alors que je me rappelais seulement de ce qu’il s’était passé dans mon rêve avec lui, il prit la parole :

-       Tu as fait une crise pendant que tu dormais, je savais pas quoi faire ! Je vais appeler ta mère !

-       Non ! lui criai-je.
Qu’elle reste là où elle est ! Je me fiche d’elle, elle me tourne le dos de toute façon.

J’avais fait référence à mon rêve sans m’en rendre compte mais celui-ci m’avait tellement bouleversé que je ne savais plus trop ce que je disais ou faisais. C’est en sentant les larmes couler le long de mes joues que je les fis disparaitre aussi vite par un revers de la main, ne supportant pas que Morgan me voit ainsi.

-       T’es sur que ça va ? J’ai eu trop peur, me refais pas ça !

-       Te fous pas de ma gueule, tu te fiches bien de moi ! Arrête de me coller tout le temps et fais comme tout le monde !

-       Justement, non ! Moi je me rends bien compte de ce qu’ils font alors, je ne fais pas la même chose. Qu’est-ce qui t’arrives ? Je vois bien qu’il t’arrives pleins de trucs, t’es malade ou quoi ? Pourquoi t’en parles pas à ta mère ou ton père ?

-       Rien du tout, ok ? Fous-moi la paix, tout va bien.

-       Rien ne va ! Tu fais une crise en dormant, tu transpires comme un malade et je ne parle même pas de ce qui t’arrives tous les jours ! Tu crois que je le vois pas ?

-       On s’en fout ! dis-je en me recouchant et lui tournant le dos.
Tout le monde s’en fout et de toute façon, ça passera. Je ne suis pas malade, c’est compris ?

 

Après quelques secondes, je sentis qu’il quittait mon lit, apparemment abandonnant la partie. Alors que je fermais les yeux pour tenter de me remettre de mon rêve, qui me donnait à nouveau une migraine pénible, je l’entendis rajouter quelque chose :

-       Tu sais si je m’inquiète, c’est peut-être parce que j’éprouve une certaine affection pour toi, tout simplement.

 

Je repensai immédiatement à mon rêve. Je le revoyais si beau et m’imaginai la sensation que j’avais éprouvé en le sentant si proche. Sentir sa main contre moi m’avait tellement excité que je me donnais envie de me frapper. Si je n’avais pas vu ma mère dans ce rêve, jusqu’où serait-il allé ? Jusqu’où les caresses de Morgan seraient allé ? Jusqu’au moment ultime ?

-       Je suis pas une pédale comme toi !

 

J’entendis Morgan me traiter de con, mais je laissai tomber. Je n’avais ni la force ni le moral de répondre à ça.
Je me rendormis heureusement vite, car s’il y avait bien une chose à laquelle je ne pouvais pas penser, c’était à ce rêve. Et puis, de toute façon, que devais-je en penser ? Ce n’était ni un désir, ni une peur… Ce rêve ne voulait absolument rien dire, j’en étais absolument persuadé. Mon « moi » dans ce rêve n’était pas celui de la réalité, je ne pouvais pas agir ainsi.

 

Deux autres jours passèrent après ceci. Je me forçais à ne pas y repenser, mais très souvent, la vue de Morgan en train de me caresser me revenait et à chaque fois, j’avais cette impression bizarre que je remettais sur mon état vaseux qui lui, ne s’était pas non plus décidé à me foutre la paix. J’étais de plus en plus mal chaque jour et à présent, même jouer à la console était devenu presque insupportable pour ma tête. Je devenais inquiet de mon propre état mais je n’osais pas le dire… A chaque fois que j’adressais la parole à mes parents, cela se transformait en dispute, de plus en plus sévères les unes que les autres. Cela devenait d’ailleurs insupportable… Manger était déjà devenu une épreuve pour moi et faire semblant d’aller bien me demandait une énergie folle alors, devoir supporter en plus les engueulades me rendait fou et je savais très bien que j’étais encore plus désagréable.

 

En ce moment, j’avais besoin de ma mère et j’avais besoin de lui parler de mon état. Mais je ne savais pas pourquoi, je n’y arrivais pas. Dès que je voulais lui parler, une phrase arrogante et prétentieuse sortait. Elle y répondait de sorte de me vexer encore plus que je ne l’étais. Et à chaque fois, ça terminait en cri et de mon côté, je retournais dans ma chambre avec une migraine et des vertiges à n’en plus finir. Il n’y avait que ce Morgan qui s’entêtait à me demander si j’allais bien, et il continuait à me regarder ou plutôt ; à me surveiller.

 

Le seul jour où il pouvait me foutre la paix était celui quand j’allais chez la psychologue. Même si cette femme m’ennuyait horriblement et qu’à chaque fois, je me demandais ce que je foutais ici, au moins je n’avais pas à supporter Morgan et son regard de pitié.
Ce jour-là fut par contre, plus pénible que les autres. J’avais énormément de mal à tenir droit tellement ma tête me faisait mal. Mais s’il y avait une chose que j’étais parvenu à faire, c’était de faire semblant que j’allais bien. J’avais tellement mal depuis des jours que je ne me rappelais plus quelle sensation cela faisait quand on se sentait bien. Ma décision d’en parler à ma mère s’imposait de plus en plus. Même si mon envie de partir loin d’ici, de cette planète et de ne jamais y remettre les pieds était fort, la peur était bien là. Mes vomissements était de plus en plus rapprochés, les aspirines défilaient et mon sommeil commençait après l’école jusqu’au lendemain. C’était presque décidé. Malgré mes différends avec ma mère en ce moment, j’allais devoir lui en parler. Mon corps n’était plus apte à supporter encore énormément de jours comme ces derniers.


Ce fut donc en rentrant vers 17h00, après un temps incroyablement long et pénible chez la psy, qui encore une fois, ne nous avait amené à rien, que je rentrais. Je dus ce jour-là m’arrêter une fois en trajet tellement je me sentais mal et j’avais envie de vomir mais je finis par arriver.
Dès que ma mère entendit la porte se fermer, elle me cria d’attendre là et arriva près de moi. Rien que de la voir, je ne savais pas pourquoi mais ça me saoulait. Je la regardais en tirant littéralement la gueule et attendis comme elle me l’avait demandé. Elle, arriva avec un sourire et dit aussitôt en murmurant :

-       Il y a cette jeune fille qui t’attend dans ta chambre… Aurore, ta petite copine.

-       Quoi ? criai-je rapidement.
Qu’est-ce qu’elle fait là ? Quand est-ce qu’elle est arrivé ?

 

Mes espoirs étaient-ils enfin réalisés ? Je n’avais jamais rien espéré de plus que de voir Aurore en tête à tête et qu’elle s’intéresse à moi. Bon Dieu que j’étais stressé de la savoir dans ma chambre. Qu’elle soit assise sur mon lit me rendait nerveux comme jamais. Qu’est-ce que j’allais faire une fois près d’elle ?

-       Elle est très jolie et très gentille. Tu as la copine parfaite…

-       Ouais ! dis-je en partant déjà, sans vraiment écouter ma mère.

 

Je montai étonnement vite les escaliers. D’habitude, il me fallait un temps et une énergie de fou pour arriver jusqu’à ma chambre mais cette fois, en quelques secondes j’y étais. J’inspirai profondément plusieurs fois jusqu’à la porte et ouvris la porte. Ce que je vis me fit l’effet d’un coup de poignard dans le dos.
Aurore était assise sur un lit, oui. Mais pas le mien, et elle ne m’attendait certainement pas. La voir chipoter dans les cheveux de Morgan en rigolant comme elle ne l’avait jamais fait avec moi me fit tellement mal que je ne sus quoi dire ni quoi faire. Morgan, en me voyant, se leva immédiatement comme pris sur le fait. Alors il n’était pas aussi pédale que je l’avais prétendu et qu’il ne l’avait prétendu… Morgan était peut-être aussi hétéro que moi et avais très envie d’Aurore. Et à voir comme elle se comportait, la drague de cet enfoiré fonctionnait très bien. Il y avait tellement d’autres filles, pourquoi choisissait-il celle-là ? Me détestait-il finalement autant que pour vouloir la fille dont j’étais amoureux depuis des années ? Je haïssais ce mec ! Je ne pouvais pas détester davantage quelqu’un que lui.

-       Bastien, Aurore est là pour les cours… elle voulait que je lui explique un truc. dit-il d’un air faussement décontracté.

-       Bien sur. Dis-je simplement en essayant de paraitre le plus naturel possible, pour ne pas qu’Aurore comprenne ma jalousie.  

-       Je crois que je vais y aller… dit-elle en nous regardant, mal à l’aise.

-       C’est ça.. répondis-je rapidement en me dirigeant déjà vers l’ordinateur.

 

Pourquoi est-ce que je ne réagissais pas plus brusquement ou plus violemment ? Je n’en avais aucune idée. J’avais envie d’arracher les yeux de Morgan et de foutre dehors Aurore mais je n’y arrivais pas. Tout ce que je savais faire, c’était de supporter. Je n’en pouvais plus… Voir ce beau couple là me dégoutait plus que tout le reste. C’était la goutte d’eau qui faisait déborder le vase.

Je n’avais plus qu’une envie, c’était de disparaitre de cette planète. Je ne pouvais plus supporter qu’on se fiche de moi de cette façon… Le cœur brisé en plus me donnait envie de mourir…
Je l’entendis chuchoter quelque chose à Morgan et elle me dit doucement au revoir mais je n’y répondais pas. A quoi bon être gentil cette fois ? A quoi bon me faire passer pour quelqu’un de génial alors que je ne l’étais pas et que de toute façon, je ne lui plaisais pas ?

La porte se referma et aussitôt, j’entendis Morgan me dire :

-       Bastien, c’est pas ce que tu crois, elle est..

-       Tu vois pas que j’ai mal à la tête ? dis-je brusquement.
Alors, fous-moi la paix, je veux rien entendre.

-       Je veux quand même t’expliquer comment est cette fille ! Te fais pas d’illusions Bastien, c’est une vraie salope !

 

En entendant cela, une rage monta en moi tellement forte que je me relevai et me tournai vers lui en criant

-       Ta gueule Morgan, ferme ta gueule ! Cette fille est tout sauf une salope ! C’est toi le connard dans tout ça ! Je suis certain que tu la dragues parce que tu sais très bien que je suis am..

Je m’arrêtai ça ces mots. Avouer que j’avais une faiblesse pour quelqu’un n’était peut-être pas la solution, même s’il était au courant.

-       Amoureux d’elle ? demanda-t-il.
Justement, c’est parce que t’es amoureux d’elle que je te dis ça. Je veux pas que tu tombes de haut en voyant qui elle est réellement. Elle me fait du rentre-dedans depuis que je suis arrivé au lycée, elle a chaud au cul !

-       Comment tu peux dire ça ? criai-je encore plus fort en m’approchant de lui, hors de moi.

-       Elle a qu’une envie, c’est que je la baise, t’as pas compris ça ?

Je ne sais pas ce qu’il me prit, mais sans vraiment m’en rendre compte, je lui flanquai mon poing dans la figure. Je ne pouvais pas entendre davantage. La fille que j’aimais ne pouvait pas être comme ça ! Alors que je me rendais compte de ce que je faisais et en voyant Morgan mettre sa main à sa mâchoire, je sentis tout à coup un vertige me prendre tellement fort que j’en perdis l’équilibre. Si Morgan ne m’avais pas rattrapé, je serais tombé sur le sol comme une masse.  

-       Bastien.. me dit-il en me tenant fermement.
Couches-toi.

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Jeudi 25 décembre 2008

ATTENTION, PARTIE 1 ------> bonne lecture :)

-       Maman ! Je vais t’expliquer !!

-       Il n’y a rien à comprendre Bastien… dit maman en allant dans la cuisine pour continuer le repas.

-       C’est pas ce que tu crois, il s’est rien passé !

-       Ecoute… Si tu as des questions à propos du.. du sexe… demande à ton père, d’accord ?

-       Mais il se passe rien avec ce connard ! criai-je tout à coup.

Elle n’allait tout de même pas croire que par ma position que Morgan m’avait forcé à avoir, j’étais attiré par lui… C’était impossible ! Jamais je n’allais être un jour attiré par Morgan, ni par un homme. Je n’aimais qu’une personne et c’était Aurore. Elle était la seule personne gentille avec moi, et ce n’était certainement pas un mec comme Morgan qui allait l’être avec moi.

Ma mère, qui me tournait le dos, posa soudain son couteau sur le plan de travail  et se tourna vers moi brusquement. Elle semblait si choquée et déçue que ça me rendait encore plus fou de rage :

 

-       Tu étais dans une position on ne peut plus explicite. Je vais faire en sorte que vous soyez dans une chambre séparée. Tu ne seras pas gay !

 Je ne sais pourquoi, mais l’entendre me dire que je n’allais pas être gay me choqua. J’avais l’impression qu’elle me forçait de choisir quelque chose. Même si je n’allais certainement jamais l’être, elle me donnait une pression et un «non-choix » qui m’exaspéra.

 

-       Pourquoi ? répondis-je.
Si je l’étais, ça te gênerai ? Tu n’aimes pas avoir un fils qui n’est pas normal. Tu me le reproches déjà bien assez non ? Est-ce que tu peux être encore plus déçue que tu ne l’es déjà ?

-       Je n’ai pas dit ça. Cria-t-elle.
Les gens comme ça souffrent assez dans cette société, c’est tout. Tu es déjà fragile quant à tes problèmes mentaux, je ne ve..

-       Mes problèmes mentaux ? Qui est le plus taré dans l’histoire ?

-       Comment peux-tu dire une chose pareille ? Je suis ta mère !

-       Et je suis ton fils !! Ca t’empêche pas d’en être gênée ! Si tu pouvais me foutre dans une cave, tu le ferais, avoue !

 

Au moment où je prononçais ma phrase, je n’avais pas vu mon père arriver derrière moi. Je sentis tout à coup une main me tourner l’épaule assez fortement et c’était lui, qui me regardait avec son air des plus sévères, qui m’impressionnais toujours plus que je ne le voulais :

 

-       C’est quoi le problème, encore ? demanda-t-il gravement.

-       C’est ta femme le problème ! répondis-je en détournant les yeux.

-       Ma femme, c’est aussi ta mère. Et tu lui dois le respect alors excuse-toi tout de suite.

-       Si vous me respectiez, peut-être que je le ferais. Mais tout ce que vous vous contentez de me faire, c’est de m’engueuler, de me critiquer… et de me gifler ! rajoutai-je en marquant bien les derniers mots pour faire tiquer mon père.

-       Si je t’ai giflé, c’est pour une raison. Maintenant, c’est à toi de la chercher, c’est compris ? me répondit-il plus fort.

-       Et si j’ai dit que je vous détestais, c’était pour une raison aussi non ? A part votre jolie petite vie, vos gosses qui n’en ont rien à foutre de vous et votre couple merdique, vous regardez même pas votre fils ! Ras-le cul ! Vous faites vraiment chier, cette baraque est pourrie !

-       Tu veux bien rester poli ? hurla presque ma mère.
J’en ai marre de tes crises de nerfs ! T’es qu’un gamin, alors tais-toi maintenant. Et si tu veux râler, vas voir dans ta chambre et tu n’as pas intérêt à ce que je te revois dans la même situation que tout à l’heure ou je te fais changer de chambre.

 

Sans un mot de plus, je poussai mon père pour aller dans ma chambre et en montant les escaliers, je me contentai de hurler que je n’étais pas une pédale. Je n’allais certainement pas être comme Morgan. Et je ne voulais pas avoir une raison de plus pour me faire détester de mes parents. J’étais fatigué d’être toujours regardé d’aussi près pour leur propre bien. Ils ne pensaient qu’à eux, je ne pouvais plus supporter ça. S’il y avait une seule solution pour que je me casse, je l’aurai prise et enfui de cette maison et cette famille à tout jamais.

Je rentrai dans ma chambre en furie et en claquant la porte tout en jetant un œil à Morgan compréhensif. Il n’avait pas intérêt à m’adresser la une seule seconde ou j’allais péter un plomb.

Je m’assis à mon bureau et posai mes mains sur mes tempes en essayant de me calmer. J’étais au bord d’exploser.. Je n’en pouvais plus de cette pression. Et plus je sentais ça, plus j’avais peur d’avoir une crise.
Plus j’avais peur d'elle, plus j’étais persuadé qu’elle allait arriver.

-       C’est de ma faute, je suis désolé. Entendis-je tout à coup de derrière moi.

-       Fous-moi la paix, s’il-te plait ! demandai-je en sentant ma respiration se f      aire plus courte.
Je suis au bord d’une crise, laisse-moi. Avouai-je après un moment.

-       Tu veux quelque chose ?

-       Non… non, j’ai juste besoin de silence !

 

Croyant que Morgan avait compris, je tentais de respirer comme je pouvais pour calmer mon début de crise de panique, bien que je savais très bien que tout cela ne servait presque jamais à rien. Après une minute, je n’y arrivais toujours pas. Je jetai ma tête en arrière pour essayer de me contrôler mais il n’y avait pas moyen. Je sentais que je paniquais à l’idée d’en faire une. Pire, je sentais que je paniquais à l’idée que je n’allais pas avoir ma mère pour la faire. Je ne voulais pas y aller. J’avais trop peur qu’elle refuse, qu’elle me dise que c’était de la comédie et puis de toute façon, j’étais moi-même trop en colère pour avoir envie d’aller auprès d’elle.

-       Bastien, ça va ? demanda Morgan, sentant qu’il était inquiet.

-       Non… avouai-je, les larmes aux yeux en me levant.
Je sens… Je sens que ça vient !

 

Je fis quelques pas, déjà paniqué tandis que Morgan se levait.

 

-       Je vais appeler ta mère ! dit-il en voulant prendre la porte.

-       Non ! Surtout pas ! Je.. Je ne veux pas la voir ! dis-je en posant déjà mes mains sur mes genoux tellement j’avais du mal à tenir normalement.

-       Qu’est-ce que je dois faire ?

-       Vas-t-en. Je veux personne !

Je ne savais pas ce qu’il se passait, mais cette fois-ci, je savais qu’il y avait quelque chose de plus grave. Je pris aussitôt le bras de Morgan et le mit dehors en prenant soin de fermer la porte à clef. Je l’entendis tambouriner la porte mais je n’y fis pas plus attention que ça. J’avais tellement mal à la poitrine que je ne me concentrais que sur l’idée de calmer cette crise. Pour la première fois de ma vie, j’allais faire ma crise tout seul et cette idée me terrifiait encore plus. Qu’est-ce que je pouvais bien faire pour me calmer alors que je devais simplement attendre ? Attendre que mon état de terreur s’en aille, supporter ma peur de mourir… En seulement quelques secondes, j’étais sur les genoux, une main posée sur le sol et l’autre sur ma poitrine sans parvenir à me calmer. Ma respiration se saccadait et je sentis ma poitrine se serrer davantage. Mes pensées noires prirent le dessus, les larmes se mettant à couler indéniablement. Seulement cette fois, une chose avait changé.
Cette peur de mourir vint à moi mais ma réaction fut toute autre. Je n’avais plus qu’une envie, c’était que cela se fasse une bonne fois pour toute. J’étais fatigué de tout ça. De supporter ces crises de panique, cette colère en moi, cette famille, ce lycée et surtout, cette solitude. Je me rendis compte à quel point je me sentais seul à mourir. Heureusement, ma crise finit après une demi-minute, mais je restai dans cette position sans bouger, la tête posée par terre. Un mal de tête vint me déranger encore plus que je ne l’étais déjà et alors que je sentais que mes larmes allaient couler, j’entendis à nouveau la voix de Morgan m’appeler.

-       Dégages ! dis-je, la voix faible, fatigué de cet instant.

-       Bastien, laisse-moi rentrer.

-       Va te faire foutre !! Je veux avoir la paix, dégages de ma vie ! criai-je alors.

 

Tous des parasites, pensais-je ! Je n’en pouvais plus de tous ces gens… Ils me bouffaient mon énergie à toujours être près de moi. Il n’y avait pas une seule personne qui voulait vraiment mon bonheur alors pourquoi étaient-ils là ?
Je me résignai à lui ouvrir après quelques minutes et allai dormir, mon mal de tête étant bien trop fort à supporter. Heureusement, Morgan le comprit quand je lui dis sèchement et je pus m’endormir tranquillement.

Plusieurs jours passèrent et rien ne s’était arrangé de mon état physique. Je me sentais très vaseux depuis et des migraines venaient au moins trois fois par jour pour ne pas vouloir partir avant un bon moment ; ce qui me rendait encore plus irritable. Je sentais que le moindre mot de n’importe qui à mon égard me rendait encore plus de mauvaise humeur ; et même quand je voulais répondre gentiment, je ne pouvais pas m’empêcher de répondre sèchement. Surtout ce Morgan qui restait sans arrêt près de moi. Je voyais bien qu’il se posait des questions sur mon état mais de là à me suivre partout, cela me rendait nerveux et du coup, je réagissais encore plus méchamment. Mes migraines me rendaient de plus en plus fou. Les cours me donnaient l’impression qu’ils duraient deux jours. Je m’endormais au moindre cours, et même pendant les cours d’espagnol et d’anglais, je m’endormais ou me déconcentrais en un rien de temps ; chose qui d’habitude ne m’arrivait jamais. S’il y avait bien quelque chose que j’aimais dans ma vie, c’était d’apprendre les langues. J’apprenais l’anglais et l’espagnol au lycée, et de mon côté, je m’amusais à étudier le chinois et l’allemand pour mon propre plaisir.
Je voulais faire ça plus tard. Pouvoir parler le plus de langues possible pour pouvoir voyager et parler directement avec les gens. La curiosité des cultures était ce que j’appelais ma véritable passion. Rien d’autres ne m’intéressait plus que les langues depuis des années.

Seulement, depuis ces derniers jours, je ne m’y intéressais plus du tout. J’étais incapable d’écouter plus de dix minutes, perdant totalement le fil de mes idées et ayant une envie irrésistible de m’endormir tout le temps. J’eus la remarque plusieurs fois mais je ne pouvais pas m’en empêcher. La moindre concentration me donnait ou un mal de tête affreux, ou alors j’avais envie de m’endormir après quelques minutes.

 

Cela faisait maintenant une semaine que j’étais dans cet état. Une nuit de plus où j’allais mourir de chaud et dormir à moitié tellement mon mal de tête allait m’emmerder. Malgré les deux aspirines que je pouvais prendre tous les soirs et tous les matins, rien n’y changeait. Je me droguais presque aux médicaments et heureusement que personne ne s’en rendait compte car je pense que ma mère serait devenue folle. Je m’endormis heureusement assez rapidement, à chaque fois éreinté de mes journées où je ne fichais rien, mais je commençai rapidement à m’agiter.

Je savais au fond de moi que je faisais un rêve mais dans celui-ci, je voyais toutes les choses que je ne voulais pas. La première personne fut Morgan. Celui-ci était habillé d’un costume noir que j’eus du mal à me dire qu’il était laid dedans et je le vis s’approcher de moi lentement. Je voulus reculer mais un mur que je n’avais pas vu était derrière moi et m’empêchais d’aller plus loin. Bien trop rapidement à mon gout, il arriva à quelques centimètres de moi, assez proche pour que je sente le tissu de son costume contre moi. Sans un mot, il s’approcha encore plus de moi et je sentis une partie de son corps me fit aussitôt rougir. Je ne voulais pas qu’il fasse ce que je pensais et en même temps, j’en avais très envie. Je sentais mon corps chauffer et je ne pus bouger d’un millimètre, ne sachant que faire. Sa main vint alors brusquement sur mon jean sans que je puisse faire quelque chose mais dans ce rêve… je ne fis absolument rien pour enlever sa main. Je la laissais là et j’avais même très envie qu’il la laisse plus longtemps. Seulement, après une seule caresse, il l’enleva et après un sourire me dit enfin quelque chose.

-       Retournes-toi. Murmura-t-il.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : I feel you
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Jeudi 25 décembre 2008
Suite de la partie 2

Nous bouillonnions tout les deux du même feu, et l’idée de ne pouvoir l’assouvir tout de suite était encore plus excitante. Malheureusement, il fut rapidement l’heure de partir et alors que nous nous levions pour y aller, j’allais retrouvais Thomas qui était allé dans la cuisine pour je ne sais quoi. Je le trouvais affairé à ranger et à mettre la vaisselle sale dans le lave-vaisselle. Silencieusement, je m’approchais de lui, me collant insidieusement dans son dos. Il sursauta, laissant tomber ce qu’il tenait dans sa main, frémissant tout entier au contact de mon corps contre le sien.


-
              Passe une bonne nuit, lui soufflais-je au creux de l’oreille, avant de déposer mes lèvres dans la peau de son cou satinée et merveilleusement chaude.

J’ajoutais après un temps ou je sentais Thomas tremblant de désir dans mes bras :

 

-              Demain il n’y a aucun visiteur de prévu… Ce n’est donc qu’un léger contretemps.

 

Mes mains glissèrent sensuellement sur ses hanches, me moquant de la l’arrivée possible de Samuel ou de Arnaud dans la cuisine, s’impatientant du fait que je ne vienne pas tout de suite. Thomas finit par se tourner, me faisant face. Sans trop en avoir conscience nos lèvres se rejoignirent sur son initiative. Les baises de Thomas… Jamais je n’en avait connu d’aussi savoureux. Sa frustration et l’absence d’envie de me voir partir paraissait très clairement, faisant échos en moi. Pourtant attendre et savourer par la suite étaient plus sage. Mais je n’avais jamais agit sagement... La jambe de Thomas passa autour des miennes, tandis qu’il prenait appuis contre l’évier et m’enlaçais pour m’attirer toujours plus près… Il agissait avec tellement d’envie et si peu de timidité que j’étais en train de perdre pied. Etait-ce cela le Thomas qui pensait à lui ? Dieu que je le désirais ainsi…

Thomas n’avait tout comme moi aucune envie de partir. Après tout pourquoi pas. Répondant à ses envies, je craquais, l’embrassant avec deux fois plus de vigueur. Me collant de tout mon long contre lui, je lui faisais clairement comprendre quelles étaient les idées qui me saisissaient. Mes mains glissèrent tout le long de son dos, tandis que mes lèvres partaient de nouveau à la découverte de son cou. Mais bien vite je revins savourer ses lèvres et ses baisers, comme un dépendant insatiable. Ne tenant plus, voulant le sentir encore plus près de moi, je le saisis par les hanches, le soulevant comme s’il ne pesait presque rien et s’assis sur l’évier dans la position la plus confortable que cela nous le permettait. Bien vite je prenais place entre ses jambes qu’il referma sur moi comme pour m’empêcher de m’enfuir et être sur de me garder. Loin d’être raisonnable, nos mains glissèrent sous nos vêtements, n’étant que trop désireux de sentir la peau de l’autre s’embraser.

 

-              Jonas, qu’est ce que tu fous, quand est-ce qu’on p… S’exclama Arnaud, la voix coupée lorsqu’il nous vit dans cette position indécente.

 

Thomas sursauta et s’écarta légèrement de moi, le regard fuyant comme jamais. Arnaud trouva assez vite sa répartit, tandis que nous nous séparions :

-              Je ne crois pas que ce genre d’activité soit vraiment recommandé tout de suite dans ce genre de lieu pour l’un d’entre vous. Enfin, c’est le médecin qui parle…
-
              J’arrive Arnaud, répliquais-je sèchement, peu amusé par sa pique.

 

Me retournant vers Thomas, je remis une de ses mèches indisciplinées derrière son oreille, avant de lui dire :

 

-              Crois-moi… Je resterais bien… Dis-je en le dévorant des yeux.

 

Puis peu habitué à faire des compliments, j’ajoutais :

 

-              Je sais qu’on te l’a déjà dit, mais merci pour ce repas…

 

M’approchant alors de lui, effleurant à peine ses lèvres d’un baiser, je lui murmurais enfin à l’oreille :

 

-              Je préfère bien mieux quand tu penses à toi Thomas...

Sans un mot de plus je me détournais de lui contrecœur. Arnaud m’attendais dans le couloir.

-              Samuel n’est pas là ? Demandais-je surpris de ne pas le voir. 
-
              Il est dans la voiture, je fais le trajet avec toi. Il veut rentrer assez tôt ce soir.

J’acquiesçais simplement avant d’attraper mes affaires, choisissant de me préparer à l’appartement, n’ayant que trop trainé ici. Bien vite, nous nous retrouvâmes dans la voiture et Arnaud, d’humeur taquine commença à dire :

-              Désolé Jonas, on aurait vraiment du appeler. Je nous soupçonne d’être arrivés à un très mauvais moment… Vu la gêne de Thomas au début et la façon dont vous vous êtes dévoré des yeux. Deux vrais mâles en rut !
Je tournais la tête vers lui. Un sourire satisfait de sa bêtise ornait ses lèvres. Une chose était sûre, j’avais pour une fois particulièrement hâte que la soirée passe vite afin de rentrer chez moi…

 

***

 

J’ouvris péniblement les yeux, dans un état vaseux. Je ne savais pas vraiment où j’étais et il me fallut un temps pour me rendre compte que j’étais étendu sur le canapé de mon appartement. Un mal de tête me vrillait les tempes, certainement du au trop plein d’alcool que j’avais ingurgité inconsciemment pour oublier mon désir pour une personne. Avec combien d’hommes j’avais couché cette nuit là ? J’étais moi-même incapable de m’en rappelé si ce n’est que l’état de mon corps meurtri était témoin de mon orgie. Je tournais lentement ma tête vers la pendule, pour m’apercevoir qu’il était midi. Même dans le brouillard, je me redressais peu être un peu trop vite avec une pensée très nette : Thomas. Il ne m’en fallut pas plus pour me lever. Vacillant, j’allais d’abord prendre une aspirine, avant d’aller sous la douche. J’avais cette désagréable impression de me sentir coupable : l’avoir laissé seul jusqu’à maintenant dans un tel état alors que j’étais loin de m’être privé cette nuit. Je me préparais étonnamment vite, oubliant bien vite mon état. Le café et la cigarette pourrait attendre. Sortant dehors, j’allais directement au chinois du coin, me rappelant qu’il était très bon. Je commandais un peu de tout, me retrouvant dans la même position que Thomas, sans trop savoir ce qui lui ferait plaisir. Servi assez rapidement, je pris ensuite ma voiture et rentrait enfin chez moi. Thomas était assis sagement sur le canapé, lisant un livre et c’est à peine s’il leva le regard vers moi lorsque je pénétrais dans le salon. Loin de me laisser déstabiliser, je déclarais :


-
              Que dis-tu de manger sur la plage ? Il fait encore juste assez chaud en plus il y a du soleil aujourd’hui et il n’y a pas de vent.


Thomas redressa la tête surpris vers moi et avec un sourire j’ajoutais :

 

-              J’ai pris du chinois, j’espère que tu aimes ?

 

Un sourire vint faire échos sur ses lèvres, et refermant son livre, il se redressa et déclara :

 

-              Oui ! Ca fait super longtemps que je n’en ai pas mangé.

Et c’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur la plage, assis tout les deux sur un tissus, les plats étalés devant nous, tout de même au chaud dans nos vestes.
  Thomas ne se priva pas de manger et ce fut d’ailleurs la première fois que je le voyais avaler autant de choses. Je ne pus m’empêcher de sourire, satisfait de mon choix. Les vagues masquaient notre silence… Alors que Thomas entamait enfin son dessert, je m’allumais une cigarette, me contentant de poser mon regard sur lui avec comme paysage de fond les vagues allant et venaient. Son visage allait beaucoup mieux et je savais que le traitement d’Arnaud y était pour beaucoup. Même ses traits semblaient moins meurtris que le jour où je l’avais récupérer. Il semblait plus détendu, moins sur le qui-vive. Cela ne faisait que l’embellir… La colère contre son mari qui commençait à me prendre fut interrompu lorsque Thomas goutant à un nouveau  dessert s’exclama :


-
              Hum c’est super bond ! Goute ça ! Dit-il en me tendant un morceau entre ses deux doigts.


M’approchant un peu, je l’attrapais directement avec ma bouche, en profitant pour effleurer ses doigts de mes lèvres, faisant rougir un peu plus ses joues déjà rosies par l’air frais.

Grisé par cette simple action, je souris, un air malicieux étirant mes traits avant de me rapprocher de lui. Une fois tout près de lui, je saisis un petit morceau de ce dessert, puis après l’avoir porté à ma bouche, j’allais recouvrir ses lèvres, lui offrant ce dessert qu’il allait apprécier d’une toute autre façon. Avalant le morceau que je lui offris, je caressais lentement ses lèvres au gout sucré avant de l’embrasser très délicatement, nous laissant sur notre faim lorsque je m’éloignais de lui.


-
              Ce n’est pas meilleur comme ça ?

 

Légèrement abasourdi, Thomas revint très vite à lui. Ce fut à son tour de me surprendre. M’attirant à lui, il prit possession de mes lèvres plus sauvagement, faisant preuve de plus d’initiatives qu’il n’en avait jamais faites.

Le désir monta en flèche et la plage déserte était comme une incitation à aller plus loin. Comme je lui avait promis, rien ne nous en empêcherais aujourd’hui.
Thomas s’écarta de moi, et après une brève hésitation, il se lança, plus à l’aise qu’il ne l’avait jamais été et me demanda avec un petit air coquin:

 

-              Où en étions-nous arrivés hier ?

 

Pour toute réponse, il eut un baiser diablement plus chaud et sensuel, me retrouvant que trop vite dans mon état de la veille. Thomas était dans un état de manque qui le poussait à être plus entreprenant, ce qui était loin de me déplaire. Répondant à son ardeur, je l’approchais de moi, l’enlaçant avant de glisses mes lèvres dans son cou. Il frissonna violement, ayant été allé directement sur une de ses zones sensibles. Sa sensibilité extrême me mettait toujours dans cet état second, et je devais me faire violence pour ne pas aller plus vite. Alors qu’une de mes mains passais entre ses jambes, massant seulement l’intérieur de ses cuisses, Thomas se crispa légèrement et me repoussa. Il jeta un coup d’œil à droite et à gauche, comme affreusement gêné. Comprenant la raison de ses agissements, j’expliquais simplement :

 

-              Thomas, il n’y a personne ici…

 

Ne lui laissant rien le temps de répliquer, et m’emparais de nouveau de ses lèvres. Seulement, il semblait impossible qu’il se relâche. Comprenant qu’il ne veuille pas le faire ici, mais ayant du mal à cacher mon désir mêlé d’impatience, je finis par m’éloigner de lui. Sous son regard inquiet, je rassemblais en un rien de temps ce qui trainé sous le tissus, puis me levant je lui tendis la main.  Intrigué, il accepta que je l’aide à le lever et ce fut sans la moindre tentative de résistance contre mon envie que je m’emparais de ses lèvres. Le chauffant comme j’avais l’art de le faire avec n’importe qui, je glissais vers son oreille lorsque je le sentis pantelant et enivré de désir :

 

-              Allons dans un endroit bien plus intime et plus approprié…

 

Sans lui laisser le temps d’y réfléchir, je l’attrapais lentement par le bras après avoir rassembler dans l’autre le reste des affaires. Après lui avoir volé un dernier baiser, nous nous précipitions tous les deux jusque chez moi, cachant très mal notre impatiente. Une fois la porte fermée derrière nous, je délaissais presque aussitôt toute mes affaires, les laissant tomber sur le sol. Nous nous jetâmes l’un sur l’autre après un bref regard, sans la moindre hésitation. Son regard était chaud comme la braise et me donnait un avant gout de ce que nous allions faire. Nos lèvres se quittaient pas pendant que nous tentions d’arriver jusqu’à ma chambre. Mes mains étaient déjà à même sa peau, le débarrassant au plus vite de ses vêtements, ayant plus que besoin de voir son corps sans ces artifices. Thomas de son côté, réalisait la même chose sur moi, se désinhibant plus qu’il ne l’avait jamais fait. Tout mon corps brûlait de cette puissante envie de le sentir à même ma peau, frémissant à ce contact chaud et enivrant. Rien que son odeur me rendrait fou.  Mes lèvres plongèrent dans son coups alors qu’il ne lui restait que ses sous vêtements, semant un à un ses vêtements. Lorsque nous arrivâmes enfin dans ma chambre, poussant la porte négligemment, Thomas était totalement nu, et il ne restait sur moi que mon boxer qui trahissait mon désir pour cet homme. Je n’eus pas besoin de véritablement pousser Thomas qui tomba sur le dos dans le lit entre fait. J’étais là, le dominant de ma hauteur, imprimant cette image indécente de lui, n’attendant que ma présence tout contre lui, gardant quand même une certaine forme de pudeur qui lui était propre. Alors que j’allais le rejoindre, mettant fin à cette torture d’attente dans laquelle il était placé depuis bien trop longtemps, une pensée étrange vint prendre place dans mon esprit, m’arrêtant un instant. A part Arnaud, personne n’avait partagé ce lit intimement avec moi. Troublé, je me trouvais comme hypnotisé par la vision de Thomas et immobilisé par mes pensées. Des questions m’assaillirent : Pourquoi l’avais-je emmener ici ? Coucher avec lui dans ce lit n’été-est-ce pas un comportement étrange de ma part ? Ou cette relation allait nous mener ? Qu’étions-nous en train de faire ? Qu’est ce que je ressentais pour lui ? …


-
              Jonas …?

Une petite voix me tira de mes pensées, me ramenant sur terre et me rendant compte que Thomas rougissait, de plus en plus mal à l’aise sous mon regard posé sur lui, à ma totale merci. Depuis quant me posais-je autant de question ? Surtout dans un moment pareil ! Il ne m’en fallut pas plus pour passer enfin à l’action. Posant lascivement mes mains de chaque côté de mes hanches, je baissais mon boxer sans pudeur, d’une façon qui fut loin de le laisser indifférent. Son regard posé sur moi, bien que rougissant, il ne semblait pas parvenir à quitter des yeux mon corps. Il semblait le détailler consciencieusement, ne s’en ressentant comme moi que doublement plus chaud et désireux. Rejetant en l’oubliant totalement mon boxer plus loin, je consentis enfin à le rejoindre, d’une démarque féline. Remontant à quatre pate jusqu’à ses lèvres, je ne me gênais pas pour effleurer à peine son corps du mien, prenant cependant garde à ne pas lui faire mal. Même s’il allait mieux, je savais qu’il était loin d’être totalement guéris. J’oubliais ses bleus, m’appliquant uniquement à ce que ce genre de chose ne nous empêche de rien. Effleurant à peine ses lèvres de ma langue, caressant son visage de mon souffle tiède, je me redressais, le chevauchant de telle manière à ce que nos deux virilités se touchent à peine.

Le dévorant littéralement des yeux, je vis ses joues s’empourprer. Consentant à ne pas le faire se languir de mes caresses, je posais avec une lenteur exagérée ma main sur son torse, descendant innocemment jusqu’à ses abdominaux qui se contractèrent à mon passage. Caressant lascivement chaque partie de son corps accessible, je m’en refusais encore une bien que Thomas ne demande que cela. Ses yeux d’abord fuyant finirent par se poser sur moi, et l’intensité de son regard me troubla.

 

-              Je pourrais te regarder comme ça pendant des heures, dis-je sans trop me rendre compte de mes paroles.

 

Thomas rougis, affreusement mal à l’aise. Ma main caressa avec plus d’érotisme son torse, se rapprochant irrémédiablement du lieu ardemment désiré par Thomas. Lorsque ma main effleura à peine son intimité douloureusement gonflé, Thomas se cambra légèrement, sa sensibilité poussée à l’extrême. Désirant lui faire oublier sa frustration, ou la rendre plus agréable, je m’abaissais de nouveau, capturant ses lèvres avec volupté. Les bras de Thomas m’attirèrent plus près comme s’il voulait que mon corps le touche tout entier. Nous nous gémîmes de concert lorsque nos deux virilités entrèrent en contact, Thomas tout de même plus discrètement que moi. Ses ongles qui s’étaient plantés dans ma peau se décontractèrent au fut et à mesure de notre baiser, toujours plus enfiévré. Déhanchant langoureusement du bassin, frottant nos intimités l’une contre l’autre, Thomas ne savait plus trop où il en était, me laissant mener la danse. Cependant, lorsque je m’écartais un peu trop de lui, il ne se gênait pas pour amoindrir l’espace entre nos deux corps, comme si même un simple contact était pour lui vital. Pour le moment, aucune grimace de douleur n’était apparut sur son visage, et je continuais à œuvrer en ce sens. Jugeant que nous avions largement assez pris de temps, après avoir éveillé ses sens, je me redressais de nouveau, le surplombant et dans un effet de surprise, je posais ma main sur son sexe sans prévenir. Thomas hoqueta de plaisir, le regard enfiévré regardant dans le vague. Ne lui laissant pas de répits, j’entamais des caresses plus poussé, sentant sa peau sous moi, torride, humide et au bord de l’explosion. Mon désir monta d’un cran et comme à chaque fois je le réfrénais.

De là ou j’étais, ses mains ne pouvaient pas me toucher, et Thomas se contentant de serrer les poings dans les draps. Ma main s’exécutait sans rythme défini, accélérant, ralentissant, m’arrêtant progressivement ou brusquement. Mon autre main caressait mon propre sexe, comme pour me permette de patienter, m’offrant la même chose qu’à Thomas. Capricieux, mon amant semblait tout de même attendre plus qu’une simple main. Y consentant, j’hottais brusquement ma main, lui arrachant un petit cri de frustration qui ravit mes oreilles. Un sourire malicieux et pervers accroché au coin des lèvres, Thomas me regardait presque suppliant ne supportant pas les quelques secondes où rien ne se passait. M’abaissant de nouveau sur lui, je capturais ses lèvres un bref instant, laissant mon emprunte, avant de caresser son cou de la manière la plus tendre et la plus érotique qui soit. Un gémissement qui m’apparut encore plus mélodieux s’envola dans la chambre, me faisant dangereusement frissonner de désir. Son torse n’échappa pas au supplice de ma bouche, alors que ses mains posées de nouveau sur mes épaules m’intimaient d’aller encore plus bas. Sans précipitation, j’arrivais sur ses adnominaux, jouant avec son nombril, mimant l’acte. Ses yeux enflammés se posèrent sur moi, alors que sa prévenir, j’accédais enfin à sa requête au moment ou il s’y attendait le moi. Son corps entier se cambra, tandis qu’un cri silencieux lui échappa. Ma bouche se délecta consciencieusement de son intimité douloureusement gonflé tandis que ma main venait faire patienter la mienne qui se trouvait dans un état semblable. Toujours cette sensibilité si extrême, un mouvement si minime soit-il provoqué des réactions démesurées de sa part. Nous poursuivîmes ainsi durant un moment, Thomas murmurant mon nom plusieurs fois au milieu de ses gémissements, sa main perdue dans mes cheveux. Je lui offrais sans rien lui demander en échange. J’avais terriblement chaud. J’avais cessais de m’offrir du plaisir, me concentrant uniquement sur celui de Thomas, lui apportant au mieux ce qu’il désirait, guidait comme je le pouvais par ses réactions, lui donnant à chaque fois un peu plus de moi-même. Lorsqu’il me prévint qu’il ne tiendrait pas plus longtemps dans une voix entrecoupé, son corps se cambrant, je l’accompagnais jusqu’à la fin, et il se déversa dans ma bouche dans un cri qu’il ne pu retenir.

Il me fallut très peu de temps pour remonter jusqu’à ses lèvres, mais beaucoup plus pour les effleurer, plongeant ses yeux dans les miens. Une de ses mains passa derrière ma nuque et m’attira soudain à lui pour un baiser enfiévré. Dieu que j’aimais ses lèvres, ses baisers, son corps tout entier, son odeur, sa chaleur… Ce fut mon désir pour lui devenu trop puissant qui me poussa à le quitter un instant. Attrapant mon lubrifiant dans ma table de nuit qui ne m’avait jamais servi ici, j’en mis rapidement sur mes doigts avant de reporter toute mon attention sur lui. Après un dernier baiser volé, je descendis jusqu’au lieu désirer sans le quitter des yeux. Avec douceur et savoir faire, le prévenant avec une petite inclinaison de la tête, je laisser entrer en lui un premier doigt.  Son regard se changeant, ses yeux se voilèrent et son corps entier se tendit. Cessant tout mouvement, inquiet, je lui demandais aussitôt :

 

-              Thomas ? Ca va ? Tu veux que j’arrête ?

 

Mon amant se contenta de hocher négativement de la tête, fermant les yeux comme pour se couper de moi. Ne le supportant pas, j’allais capturer ses lèvres, comme pour lui montrer ma présence, et ma douceur. Je ne lui voulais aucun mal, et s’il fallait tout arrêter maintenant ou plus tard, je voulais qu’il le comprenne à travers ce baiser. Légèrement, je fis bouger mon doigt en lui, mais il mit beaucoup plus de temps qu’à l’accoutumé à se détendre. Lorsqu’il ouvrait les yeux, c’était pour fuit mon regard. Une chose était évidente, nous ne prenions tous les deux plus autant de plaisir qu’au début des préliminaires. Thomas me cachait bien plus qu’il ne semblait vouloir me le dire, sa manière de m’embrasser le trahissait. Le deuxième doigt lui fit lâcher mes lèvres, réitérant ma demande, je cessais de nouveau tout mouvement :

-              Thomas…
-
              Ne t’arrête pas, continu articula-t-il difficilement.

-              On peut arrêter Thomas, ce n’est pas grave, je…
-
              Non ! Dit-il vivement en me coupant. Faisons le maintenant !

 

Quelque part blessé par des paroles aussi froides, je cessais d’être celui que je n’étais habituelle qu’en sa présence. Il ne voulait pas que je m’inquiète pour lui, et bien j’allais maintenant m’occupais de mon propre plaisir. Cruellement, je voulais lui montrer celui que je pouvais être, lui prouvant aussi je ne supportais pas qu’il me parle sur ce ton. Notre relation était trop ambiguë, et elle commençait à me peser. N’écoutant que mon envie, je retirer mes doigts et vint me placer au dessus de plus, prêt à le prendre. N’étant pas non plus un bourreau, incapable de l’être du moins face à lui, je lui demandais une dernière fois, comme pour lui laisser une autre chance :

-
              Tu es sur Thomas ?

Son regard fuyant aurait du m’alerter, mais il acquiesça de la tête comme déterminé. Lâchant mon frein, je pris possession de lui, avec douceur mais avec bien moins de tendresse que d’habitude. Thomas m’attira brusquement contre lui, enfouissant sa tête dans mon cou, crispant ses mains sur mes omoplates. Après l’avoir laissé s’habituer, laissant s’affluer en moi le plaisir de me sentir enfin en lui, je commençais quelques déhanchés.  Mais le plaisir que j’en retirais n’était rien par rapport à ce que je m’étais imaginé. Malgré moi, je me concentrais sur les réactions de Thomas, et les larmes qui coulèrent dans mon cou m’alertèrent très vite. Vexé, je n’avais pas fait attention à lui comme je l’aurais du. Je ne savais pas tout ce que Quentin lui avait fait subir, mais Thomas semblait être encore plus profond et sombre que je ne le pensais. Me retirant, je cessais tout, mettant fin à ce que nous avions tant désiré et qui était en train de virer au cauchemar. M’allongeant à côté de Thomas, toute forme d’excitation physique avait disparut de nos deux corps. Thomas ne perdit pas de temps et se cacha sous les couvertures, me tournant le dos, pleurant silencieusement. Je ne savais pas s’il supporterait le fait que je m’approche de lui. Pourtant lorsque je posais ma main sur son épaule, il ne me rejeta pas. Je ne fis pas plus, murmurant simplement son nom accompagné d’excuses. Nous étions allés trop loin. Thomas tremblait comme une feuille, pleurant de plus en plus bruyamment. Alors que j’allais de nouveau lui parler, il se tourna brusquement vers moi, rompant le contact. Ses yeux étaient mi-clos, et je compris qu’il voulait que je garde une légère distance entre nous. Il avait besoin de ma présence, mais pas de mon contact.

 

-              Je…Commença-t-il la voix enrouée et les yeux dans le vague.

Il inspira profondément, comme pour se donner du courage. Je ne dis rien, ne peur de rompre son envie de se libérer un peu de ce qui le rongeait.

 

-              Tu avais raison Jonas… Il… Mon mari me drogue pour que je couche avec d’autres sous ses yeux. Mais…

Sa voix se bloqua. Mon cœur battait extrêmement vite. Qu’est ce que Quentin lui avait fait de pire que tout ce que j’avais déjà appris ? Ses tremblements reprirent de plus bel, comme si ses nerfs étaient en train de lâcher. Après une profonde inspiration entrecouper, il me déclara d’un seul souffle :

-
              Cette fois-ci, il m’a laissé un souvenir d’un de ses nuits avant son départ. La dernière fois Jonas, il m’a filmé et il m’a offert la cassette… Je me suis vu juste quelques secondes Jonas et je…

Je ne laissais pas poursuivre, posant ma main sur sa bouche. Je le pris dans mes bras, sans lui laisser le choix. Il ne pouvait pas refuser cette étreinte. Des spasmes violents de ses sanglots secouèrent son corps qui était déjà à vif. Quelques larmes de douleur partagées dont Thomas n’eus pas connaissance coulèrent sur mes joues. Seul son nom murmuré et quelques paroles de réconfort s’échappèrent de mes lèvres pour caresser son oreille. Mais je savais que ce n’était rien par rapport  à ce qu’il ressentait. Ses bras finirent par m’entourer, me serrant aussi fort que je l’attirer contre moi. Seules les couvertures nous séparaient, mais cela suffisait à rassurer Thomas. Ses pleurs ne diminuaient pas en intensité, bien au contraire. Je ne savais plus quoi faire. Ce que j’avais fait pour lui jusqu’à maintenant était tellement insignifiant. Je prononçais une dernière fois son nom, avec tellement de douleur qu’il fit frissonner Thomas d’un je ne sais quoi. Vers ou allions nous ? Quel était notre avenir ? Rien que par cette nuit, je réalisais que nous n’étions plus que de simples amants. Rien que par cette étreinte, nous échangions bien plus que nous ne l’aurions du, nous n’étions pas de simples amis. Rien que par sa présence dans ma maison, dans ce lit, dans mes bras, Thomas prenait une place dans ma vie bien plus grande qu’aucun de nous ne l’aurait cru…



A suivre... 
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Jeudi 25 décembre 2008
Suite de la partie 1

Ce fut le bruit de la sonnerie à ma porte qui nous fit tous deux sursauté, coupant court à cet instant. Thomas m’interrogea du regard, se demandant qui pouvait bien me rendre visite. Désirant le mettre au courant même s’il était trop tard, je déclarais en me levant :

                                                  

-               Arnaud est médecin, il est venu hier et il vient te soigner aujourd’hui. Tu en as besoin Thomas.

-               Mais… mais… Commença-t-il à bégayer blanc comme un linge.
-
               Thomas… Tu n’es pas en position pour discuter de toute façon. Et ne t’inquiète pas, Arnaud est un très bon médecin. Je reviens je vais ouvrir la porte.

Le temps que j’aille ouvrir à Arnaud, Thomas était partit se réfugié dans ma chambre, dans une réaction plus qu’enfantine, mais que je comprenais parfaitement au vu de son état.

 

-               Désolé, je n’ai pas pu me libérer avant, me dit Arnaud à peine rentré.
-
               Ne t’inquiète pas, je me suis réveillé il y a peu.


Nous entrâmes dans le salon, après avoir débarrassé Arnaud de son manteau.

-
               Il dort encore ? Me demanda-t-il.
-
               Non, il est dans la chambre, je viens de lui apprendre le pourquoi de ta venue...

Arnaud acquiesça sans rien dire, comprenant parfaitement que cela ne devait pas être facile pour lui. J’accompagnais Arnaud jusqu’à ma chambre, me disant que ma présence rassurerait peut être un peu Thomas. Celui-ci redressa la tête lorsque nous pénétrâmes dans la pièce. Il était assis sur le bord du lit, entortillant ses doigts d’angoisse.

Arnaud approcha, et je restais derrière lui, alors que Thomas déviait son regard vers moi, comme s’il m’en voulait mais qu’il cherchait mon aide malgré tout.  Arnaud s’arrêta à quelques mètres de lui, gardant une distance respectable, n’empiétant pas sur son espace. Il s’abaissa pour être à sa hauteur, gardant cet air impassible qui ne le jugeait pas.

-               Thomas, dit-il d’une voix étonnamment douce, tonalité qu’il n’avait jamais employée avec lui. Je…

 

Thomas tourna alors son regard vers lui, comme intrigué par son attitude, gardant tout de même sa méfiance.

 

-               Je… Dit-il avant d’enfin se lancer. J’ai vraiment agit comme un con avec toi !


Thomas sursauta presque de surprise, me jetant un bref coup d’œil, puis reportant toute son attention sur Arnaud.

 

-               Toutes les horreurs que j’ai pu te dire… Poursuivit Arnaud, oublie-les, je les ai dite sur le coup de la colère. Tu… J’avais mais raison, mais ça n’avais finalement rien à voir avec toi. Je n’ais qu’un imbécile et ce que je t’ai dit la dernière fois dans ce bar… Je n’ai fait que dire tout haut les rumeurs qui circulent, mais je n’aurais jamais pensé que ce soit à ce point réel.

 

Son sac de médecin posé à ses côtés, il le repris avant d’ajouter :

                                                                                                                                                           

-               Je ne peux rien faire pour me faire pardonner, si ce n’est repartir sur de nouvelle base. Je suis médecin, et si tu veux bien, je te propose de te soigner, car tu sembles en avoir sérieusement besoin…

 

Alors que Arnaud commençait à s’approcher de lui, Thomas se redressa brusquement et le contournant en prenant la direction de la sortir, il s’exclama ;

 

-               Non, je… Je n’en ai jamais eu besoin.

 

Malheureusement pour lui, je me trouvais juste devant la sortie, et alors qu’il passait à côté de moi d’un pas pressé, je le saisi par le bras peut être un peu trop fort. Il grimaça, laissant échapper un léger gémissement de douleur. J’avais bien remarqué qu’il ne se servait pas beaucoup de cette main. Ne le lâchant pas, je le forçais à se tourner vers moi, et n’ayant pas d’autre choix pour qu’il accepte de se faire soigner, je déclarais sur un ton assez autoritaire lui faisant comprendre qu’il n’y aurait pas d’autre choix possible que ceux-ci :

 

-               Thomas, c’est Arnaud ou c’est l’hôpital !

Thomas devint soudain très pâle et comprenant que j’étais plus que sérieux, il soupira plus d’appréhension que de colère. Il me tourna le dos et retourna s’asseoir sur le lit, résigné. Je savais qu’il aurait du mal à me le pardonner, mais il était question de sa santé. Arnaud demandant s’il pouvait venir à s’asseoir à ses côtés, et Thomas accepta comme absent. Mon ami
 s’approcha et vint s’asseoir à ses côtés, ouvrant son sac sur le lit et sortant tout le nécessaire. Il me demanda d’aller lui chercher un bol d’eau chaude et une serviette afin de commencer à nettoyer un peu ses plaies sur le visage avant de les désinfecter. Je jetais un coup d’œil à Thomas avant de sortir, mon cœur se serrant en le voyant si perdu et torturé.

Lorsque je revins, Thomas était torse nu, le regard voilé de larmes. Son torse était dans un état semblable à celui de son visage, maculé d’hématomes. Je posais ce qu’Arnaud m’avait demandé à côté de lui, avant de serrer les poings de colère. J’en aurais bien pleuré avec lui, tant cela était dur de voir à quel point il devait souffrir. Je n’osais même pas imaginer son état intérieur à cet instant précis. Dévasté, vidé, perdant le peu de dignité qui lui restait. J’aurais voulu le prendre dans mes bras et le laisser pleurer de tout son saoul, mais je savais que cela ne l’aiderais pas. Il était dans un tel état, que je ne voyais même plus quoi faire pour lui, me sentant totalement inutile et impuissant. Il fallait que je me ressaisisse.
Arnaud le soigna consciencieusement, et le bilan fut en plus des hématomes, un poigné légèrement foulé. J’étais soulagé qu’il n’ait rien de plus, seulement Arnaud lui demanda alors hésitant :

 

-               Est-ce que tu as d’autres blessures ?


Son regard sous entendais des blessures à l’entre-jambe. Thomas devint soudain encore plus pâle qu’il ne l’était déjà, mais se ressaisi plus vite qu’il n’était possible, avant de déclarer en se maîtrisant le mieux possible :

 

-               Non, je n’ai rien d’autre.

-               Tu es sur ? Demanda Arnaud, loin d’être dupe.

 

Au regard que Thomas nous lança, nous comprîmes tout deux que ce n’était pas la peine d’insister. Nous savions tous les trois que c’était le cas, mais nous respectâmes son choix de ne pas poursuivre plus loin la consultation.
Arnaud attrapa son carnet d’ordonnance et écrivit tout ce dont il avait besoin pour continuer les soins. Maintenant soigné, son visage avait une allure un peu moins effrayante, mais son regard n’en restait pas pour autant abyssale. Après lui avoir donné plusieurs conseils sur la poursuite des soins, Arnaud se leva et s’excusa car il avait un rendez vous dans peu de temps. Thomas ne nous regardais presque plus et murmura un merci et un au revoir à Arnaud avant que je ne le raccompagne jusqu’à la sortie.

Avant de sortir, je remerciais à mon tour Arnaud pour ce qu’il venait de faire, et Arnaud me précisa :


-
               Il a besoin de beaucoup de repos… Aussi bien pour son corps que pour son état mental.


Puis il ajouta après un instant d’hésitation :


-
               Tu as bien fait de le ramener ici, cette maison t’a fait beaucoup de bien à toi aussi…


Cette maison, je l’avais acheté peu de temps après notre séparation, et il avait finalement passé beaucoup de temps ici avant qu’il ne rencontre Samuel. Je lui souris en repensant au passé, un voile de mélancolie passant sur les yeux d’Arnaud. Ce qu’il venait de faire, soigner Thomas et s’excuser était abandonner enfin une partie de lui-même et je savais que cela lui demandais beaucoup. Sans lui laisser le temps, je l’attirais à moi et lui volait un baiser, aussi étrange que cela puisse paraître, un simple baiser symbolisant l’amour profond que nous nous portions et qui nous faisais à chaque fois cet effet étrange…

Ce baiser termina dans une simple étreinte, Arnaud dans mes bras, me serrant fort comme rarement. J’y répondit, l’enlaçant de mes deux bras, lui offrant un instant de tendresse que je lui avais si rarement donné par le passé. Arnaud avait tant fait pour moi,  par rapport à ce que je lui avais apporté, et je savais que le simple merci que je lui soufflais à l’oreille à l’instant était loin d’être suffisant.
Arnaud me quitta sans un mot et je refermais la porte derrière lui. Sans trop attendre, j’allais rejoindre Thomas et je vis qu’il était allongé dans le lit, les rideaux tirés, la tête enfouie sous la couette.
Comprenant son besoin de solitude et ayant pas mal de chose à faire, je lui dis simplement :

-              Je pense que tu préfères rester ici, j’ai pas mal de truc à faire. Je reviens dans quelques heures. N’hésite pas à faire comme chez toi. A tout à l’heure. 
Thomas ne répondit rien, et respectant son silence, je sortis de ma chambre sans un bruit, puis attrapant ma veste, mes clefs de voiture, mon portefeuille et mon paquet de cigarette, je sortis de chez moi. J’avais une pile de papier qui m’attendait au travail et j’allais les ramener pour travailler ici. Certes c’étai toujours une règle que je m’étais imposé : ne jamais travailler dans mon vrai chez moi, mais je pouvais bien faire une entorse cette fois-ci… J’avais aussi quelques courses à faire, que je n’avais pu faire en rencontrant Thomas dans ce magasin. De plus cela me ferait du bien de sortir, j’en avais vraiment besoin.

 

***

 

Ayant fini tout ce que j’avais à faire dehors, j’étais maintenant devant chez moi. Cette nuit je devrais aller à la boîte, mon absence se faisant vraiment trop sentir. Le lendemain serait mon jour de congé, et j’en profiterai pour passer plus de temps avec Thomas. Je devrais aussi aller rendre visite à ma mère, visite que je repoussais déjà depuis trop longtemps. Pénétrant dans ma maison, j’eus la surprise de voir que rien n’avait bougé, Thomas devant toujours être dans ma chambre. Me débarrassant de mes affaires, je décidais de le rejoindre, profitant du moment de repos qui m’était impartit. Thomas était dans la même position dans laquelle je l’avais laissé, seulement il tourna la tête au moment ou j’arrivais. Il avait beau avoir le visage blessé, cela n’enlevait rien à sa beauté. Ses yeux clignotèrent comme s’ils avaient du mal à s’habitué à la faible intensité de lumière, et il était fort probable qu’il ait passé un bon moment à pleurer. Lorsque je m’étendis à côté de lui, je me rendis compte combien son corps m’avait manqué et réalisé que mon dernier rapport remontait à notre dernière fois chez lui. Sans trop me rendre compte je n’avais couché avec personne d’autres durant ces quelques jours, passant le plus clair de mon temps chez moi. Et mon envie de lui était loin de s’être tarie.

 

-               Je vais devoir aller bosser cette nuit, ça fait trop longtemps que je n’y suis pas allé. Je viens juste me reposer un peu… Prétextai-je en tentant d’ignorer mes envies.

 

Alors qu’il se tournait vers moi, je m’approchais encore plus de lui. Juste un baiser, c’était tout ce que  Thomas serait capable de me donner ce soir, mais j’en avais bien trop envie. Comme hypnotisé par son regard, je m’approchais de lui, tandis qu’un de mes bras passait lentement derrière sa nuque pour l’attirer doucement vers moi. J’avais l’impression d’avoir oublié l’intensité du gout de ses lèvres, mais tout me revint de manière très vive en mémoire lorsqu’elles rencontrèrent les miennes. Une des ses mains s’agrippa à mon épaule, comme s’il était pris d’un vertige alors que nos lèvres prenaient conscience l’une de l’autre. Il ne fallut pas plus d’un frôlement aérien de ma langue sur ses lèvres pour qu’il les entrouvre en une invitation plus qu’explicite. Il était vraiment loin de refuser ce baiser, et celui-ci gagna en avidité lorsque nos langues se rencontrèrent. Cependant, il restait toujours cette même timidité de départ, qui s’envolait lorsqu’il se laissait enfin aller, m’offrant ces baisers divins.

Je me laissais aller, submergé par un violent frisson lorsque sa main quitta son épaule pour se glisser sous mon t-shirt. Il agissait si rarement de cette manière que je ne fis rien pour l’arrêté trop heureux de ce genre d’initiative. J’aimais sentir sa main découvrir mon corps de cette façon, et cette hésitation me faisait vibrer.

 Il ne m’en fallut pas plus pour sentir le manque de ne l’avoir fait depuis des lustres. Ma main glissa sous son t-shirt, l’envie de toucher un autre corps étant trop forte. Perdu au milieu de notre baiser, Thomas cessa un bref instant avant de reprendre, se contractant malgré lui. L’image de son corps meurtri me heurta de plein fouet. Thomas n’était pas apte à assouvir nos envies. Je fis alors une chose que je n’aurais jamais cru faire avec lui : je refusais. Le repoussant délicatement mais fermement, en prenant garde à ne pas lui faire mal, je captais son regard étonné par un tel rejet. A peine eut-il croisé le mien qu’il comprit et s’éloigna de moi aussitôt. Dans l’état dans lequel je pouvais tomber d’un instant à l’autre, je savais que je ne saurais me retenir et ne pourrais lui offrir la douceur et la tendresse nécessaire à son état.
Me tournant le dos, il se cacha sous sa couette, mais d’une manière différente qu’il l’avait toute la journée. Pour la première fois, j’étais mal à l’aise. Je n’avais jamais de ma vie refusé ce genre de chose et j’étais un peu perdu, m’avançant dans le domaine de l’inconnu où mes faits et gestes n’étaient pas écrits. Je posais une main sur son épaule, murmurant son prénom, mais la réponse fut presque immédiate :

 

-              Tu ne devais pas aller à ta boîte ? Me demanda-t-il sèchement.

 

Je ne répondis rien, comprenant qu’il n’y avait plus rien à faire si ce n’est m’en aller.

 

-              Je rentrerais assez tard, le prévins-je avant de sortir de ma chambre.

J’allais prendre une rapide douche, me  préparant tel un rituel comme chaque soir. Je savais ce dont j’avais besoin, et j’allais l’appliquer dès ce soir. Je ne pouvais pas continuer comme cela. J’étais en train de me ramollir. La mort de mon père m’avait rendu tel que j’avais toujours refusé d’être. Il était pour moi vital que je me vide la tête, et que je sois simplement. Tous les problèmes qui entouraient ma vie en ce moment étaient plus qu’oppressant. Le Jonas d’avant se devait de retenir et c’était uniquement sur lui que Thomas pourrait compter.

Une dernière touche de parfum, mes joues fraîchement rasé, je m’appliquais une lotion et passais un peu d’eau dans mes cheveux indisciplinés. Fin près, je me décidais enfin à sortir…
Je fus très rapidement devant ma boîte, me garant sur la place qui m’était réservé. Elle n’allait pas tarder à ouvrir, et cela me laisserait le temps de boire un café et de faire un rapide tour dans mon appartement pour que tout soit parfait. Il ne me resterait plus que le choix de mes compagnons cette nuit. Arnaud et Samuel ne seraient pas là ce soir, j’allais pouvoir en profiter pour faire ce que je faisais le mieux…

 

***

 

Le dernier des quatre  hommes venait de partir, fermant la porte. J’étais totalement nu, allongé dans le lieu de nos ébats, le drap recouvrant simplement mes parties intimes. Je me sentais vidé, mais incroyablement bien. J’avais l’impression que mon cœur c’était remis à battre et que je vivais de nouveau, vivant pleinement mon existence. C’était comme cela que je me sentais vivre. Il n’était pas loin d’une heure très matinale. La musique avait cessé en bas, et je n’eus pas à me questionner sur la durée de nos ébats : une grande partie de la nuit. J’étais loin de m’être trompé dans mes choix. Je ne ressentais plus rien, savourant ce simple moment d’existence, étendu sur mon lit. Mon appétit semblait être enfin rassasié. J’aurais pu me laisser aller à fermer les yeux simplement et m’endormir, mais j’avais pour une fois quelqu’un qui m’attendais chez moi. C’était d’ailleurs une pensée étrange à laquelle j’étais très peu habitué. Ne pouvant décemment pas rentrer sans m’être lavé, je pris le chemin de la douche, me disant qu’elle me permettrait de me tenir éveiller jusqu’à mon retour. Je passais un temps fou sur l’eau, lavant mon corps et profitant de ses bienfaits. Après avoir choisis une tenue simple, je rangeais rapidement mon appartement, changeant les draps et remettant tout en ordre pour une prochaine fois qui ne tarderait pas autant que celle-ci. Une cigarette et un simple café avalé, je quittais mon travail après avoir pris la pile de papier que je devais encore traiter. J’avais pas mal de commande à passer, et des soirées spéciales à organiser.

Lorsque je rentrais chez moi, la maison était sans vie. Thomas devait certainement encore dormir, et j’allais le rejoindre très vite. Posant mes dossiers sur mon bureau, je me rendis presque aussitôt dans ma chambre. La lumière y était éteinte et Thomas se trouvais sous les couvertures. Comme la veille, je me mis en pantalon de pyjama silencieusement. Alors que je me tournais vers lui, je sursautais en le trouvant en position assise, me fixant. Je ne l’avais même pas entendu se réveiller. Dormait-il seulement lorsque j’étais rentré ?

 

-              Tu as bien dormi ? Lui demandais-je. Je suis désolé si je t’ai…
-
              Je, me coupai Thomas hésitant. Ca ne fait qu’une heure que je dors…

Ses mains s’entortillaient de stress, me montrant qu’il avait autre chose à me dire. Je gardais le silence, attendant qu’il poursuivre.

 

-              Je… je m’excuse de t’avoir jeté comme ça tout à l’heure…

 

L’innocence qui perçait dans sa voix me fit fondre et je ne pus que m’asseoir sur lit, un léger sourire dessiner sur mes lèvres. Avec tendresse, je l’approchais de moi, et m’emparait de ses lèvres. C’était un baiser bien plus langoureux que notre précédent, sans envie à caractère sexuel. Juste un simple baiser qui dévoila certainement à Thomas ce que j’avais fait cette nuit. La frustration ne transparaissait plus entre mes lèvres. Thomas répondit à mon baiser, s’accrochant à moi comme s’il perdait pied. Lorsque nous lèvres se séparèrent, je plongeais mon regard dans le sien. Il reflétait tellement de choses… Le décalage que je ressentais à être avec Thomas contrastait sévèrement avec ce que je venais de faire quelques heures plus tôt. Déboussolé, je finis par m’allonger tout contre lui, le prenant délicatement dans mes bras.  Thomas ne refusa pas, bien au contraire. Une fois confortablement installé, il laissa échapper un soupir de contentement. Epuisé, je ne tardais pas à le rejoindre dans les limbes du sommeil.

 

 

Je me réveillais seul dans le lit. Comme hier matin, je pus entendre Thomas s’affairer dans ma cuisine. Surpris par cette attitude, pensant certainement que c’était ce que Quentin attendait de lui chaque matin, je me dis qu’il faudrait que je lui dise qu’il n’était vraiment pas obligé de faire cela, d’autant plus qu’il était mon invité. De plus, c’était loin d’être dans mes habitudes de me faire ainsi servir. Après m’être rapidement habillé, j’allais le rejoindre dans la cuisine. Il s’affairait à préparer des crêpes, dont la pile encore fumante était posée dans une assiette à côté de lui. Me servant une tasse de café encore chaude, je vis Thomas se tourner vers moi avec un léger sourire, me disant bonjour. J’y répondis avant d’ajouter en m’allumant une cigarette et en m’asseyant à table :


-
              Tu sais Thomas, un café me suffit amplement le matin…

 

Affreusement gêné, Thomas rougis et finir par bredouiller :

-              Je me suis dis que cela te ferait plaisir de… Je…

-              Ne te met pas dans cet état Thomas. Merci c’est vraiment gentil, mais ne te sens pas obligé de…
-
              Ca me fait plaisir, s’empressa-t-il de répondre.

 

Je ne répondis rien, n’étant pas d’attaque pour le moment à engager cette discussion. Thomas posa l’assiette de crêpes sur la table qu’il avait déjà préparée et nous prîmes place l’un en face de l’autre pour un petit déjeuner comme rarement je n’en avais pas mangé depuis longtemps. Il était indéniable que Thomas était un bon cuisinier et je n’omettais pas de le complimenter. Plus je mangeais et plus je me rendais compte de mon réel appétit.
Ce fut totalement repu que je débarrassais, empêchant avec difficulté Thomas de le faire.
 
La journée se passa tranquillement. Thomas lu un livre en se reposant sur mon fauteuil tandis que je réglais tous mes devoirs pour mon travail. Je finis par le laisser en fin d’après midi, n’explicitant pas que mon rendez vous était avec ma mère. Cette visite fut tout aussi éprouvante que les précédentes, et je rentrais quelques heures après, sur les nerfs. De l’extérieur de ma maison, je pouvais voir la cuisine allumée. Rentrant, l’odeur de savoureux petit plat vint me caresser les narines. Après un bref regard dans mon appartement, il ne me fallut pas longtemps pour me rendre contre que Thomas avait fait du rangement et surtout du ménage. Déjà agacé par ma mère, je réagis certainement un peu excessivement lorsque je vis Thomas au milieu d’une tonne de plats divers et varié.


-
              C’est quoi tout cela ? Demandais-je ébahi.
-
              Je ne savais pas vraiment ce que tu aimais, alors j’ai fais plusieurs choses différentes et…

-              Stop ! Le coupais-je peut être un peu trop sèchement.

 

Il sursauta et un éclair de peur passa sans ses yeux, vestige de sa vie avec Quentin.

 

-              Tu n’as pas à faire tout cela ! M’expliquais-je. Tu es ici pour te reposer pas pour…

Les mots me manquèrent et Thomas répliqua aussitôt :

-              Je te fois bien cela… Tu fais déjà beaucoup en acceptant que je reste chez toi.
-
              Tu ne me dois rien ! Si j’accepte que tu sois là, ce n’est pas pour que tu nettoies tout mon appartement et que tu me prépare à manger comme tu le fait avec ton mari. Précisais-je, n’étant pas d’accord avec ses justifications.

J’avais été dur avec lui et loin d’être assez patient. Les larmes commencèrent à perler sur le coin de ses yeux et il s’exclama soudain :

 

-              Alors ce n’est que par pitié que tu m’as pris chez toi…
-
              Ne dis pas n’importe quoi, répliquais, alors que Thomas sortait de la cuisine.

 

Je soupirais, j’avais dépassé les limites et Thomas était loin d’avoir compris ce que je voulais lui dire. Me levant j’allais le rejoindre lorsqu’il passa devant moi, son sac à la main. Comprenant qu’il allait partir, je le saisis par le bras, le forçant à me faire face et à me regarder. Les larmes inondant ses yeux, je n’hésitais pas à me lancer.

 

-              Thomas, tu crois vraiment que je suis le genre d’homme à agir par pitié.

 

Il baissa aussitôt les yeux, ne sachant plus que faire, pleurant de plus belle. Cela ne m’arrêta, me poussant au contraire à poursuivre :

-              Je ne veux pas que tu te charges de tout cela. Tu es mon invité, et tu dois avant tout te reposer…

Après un temps, j’ajoutais ce que je voulais lui dire depuis un bon moment :

 

-              Pense à toi Thomas, uniquement à toi, et pas au confort des autres…

 

Thomas redressa son regard, le plantant dans le mien, comme surpris de mes paroles, qui semblait le faire réfléchir. Je le lâchais, lui redonnant de l’espace et de la liberté pour qu’il analyse au mieux sa situation et médite mes paroles. Me fixant toujours, il lâcha soudainement son sac, qui tomba sur le sol à ses pieds, me montrant alors qu’il voulait rester. Alors que j’allais parler, Thomas se jeta brusquement sur moi, s’emparant mes lèvres pour m’offrir un baiser qui me bouleversa. Jamais il ne m’avait donné et montré tant de lui. Jamais je ne l’avais senti se laisser ainsi aller à ses envies, rejetant capricieusement ce qu’il ne voulait pas, réclamant clairement ce qu’il voulait de moi. Je l’attirais encore plus près de moi, répondant avidement à ce baiser, lui faisant clairement comprendre qu’il me plaisait.  Alors que mes mains s’insinuaient sous ses vêtements, touchant directement la peau de son dos, je sentais Thomas frissonner, vibrant de plaisir. Jamais je ne l’avais senti autant ainsi : être lui-même. Rien que cette idée augmenta considérablement mon désir de lui, tout comme il semblait saisir mon amant. Les mains de Thomas finirent par se poser sur moi à mon plus grand contentement, passant sous ma chemise non sans impatience. Le collant doucement contre le mur en souvenir de l’état de son corps, je le coinçais avec mon corps, posant ma virilité en éveil contre la sienne. Tous les hommes du monde ne parviendraient pas à me faire détourner de ce corps qui faisait monter le désir en moi toujours plus fort et puis puissant. N’ayant aucune envie de perde du temps, et mue par l’envie d’offrir à Thomas ce qu’il semblait désirer, une de mes mains devint plus baladeuse, jusqu’à se poser possessivement sur son sexe déjà durcis.

 

-              Jonas… Laissa-t-il échapper au milieu d’un hoquet de surprise.

Il n’eut pas le temps de parler plus, car bientôt ma main caressa sans pudeur son intimité avec une sensualité déconcertante, tandis que ma bouche recouvrait la sienne mêlant nos langues dans un ballet qui nous faisait perdre pied, tant l’érotisme qu’il dégageait était conséquent. Bientôt, les boutons de son jeans furent enlevés et ma main se glissa sans aucune honte à l’intérieur, laissant encore le tissu de son boxer m’empêchant un contact direct. C’était avec une autre partie de mon corps que je voulais le toucher à cet endroit. Quittant ses lèvres, les mains de Thomas se posèrent sur mes épaules alors que je glissais dans son cou, laissant passer mes lèvres suaves sur sa peau sensible et dans l’attente de mon passage. J’ignorais ses bleus, les effleurant avec une douceur telle qu’il était impossible que je lui fasse mal. Un gémissement s’échappa des lèvres de Thomas alors j’ouvrais sa chemise, laissant passer ma langue sur ses boutons de chair durci par le plaisir et l’envie. Ma main s’occupait toujours savamment de son sexe, tout en conservant la barrière de tissus qui semblait le frustrer plus que je ne l’aurais cru. Pour une fois un peu plus soumis à ses envies, j’accélérais ma descente, finissant à genoux en face de la partie de son corps convoité. Sans attendre, je baissais son pantalon et son boxer, les laissant me dévoiler l’intimité certainement douloureusement gonflée de Thomas. Même gêné d’être ainsi exposé, son corps ne pu s’empêcher de désirer tout entier la suite de ce qui devait logiquement se passer. De nature clémente ce soir, j’accédais à sa requête, effleurant l’extrémité de son sexe avec ma langue, tandis que ma main droite le saisissait et que de l’autre je m’agrippais à sa hanche. Un gémissement échappa de ses lèvres mêlé de plaisir et de frustration, tandis que ses ongles se planté dans mes épaules. J’avais cette drôle l’impression qu’aujourd’hui, plus que toute les autres fois, il était atteignable, me dévoilant bien plus de lui-même qu’il ne l’avait jamais fait. Ce que j’entrapercevais chez lui n’était pas descriptible. Ma langue joua encore plusieurs fois à simplement l’effleurer, laissant son corps se contracter sous mes attentions. Achevant son supplice après un temps, je lui donnais un coup de langue plus prononcé, avant de le prendre entièrement en bouche, l’insinuant petit à petit en moi. Ses jambes tremblèrent et je le senti s’appuyer un peu plus sur moi et contre le mur, ayant du mal à tenir debout.  Mais alors que j’allais entamer une fellation digne de se nom, redressant les yeux vers lui pour voir l’expression extatique qui s’affichait sur son visage, quelqu’un sonna à ma porte. En un instant je me rappelais que nous étions le seul soir de la semaine ou Arnaud et Samuel venait me chercher pour aller en boîte avant qu’elle n’ouvre, passant d’abord une partie de la soirée chez moi. Apparemment, le fait que Thomas soit là, n’avait rien changé à la tradition.
Je m’écartais brusquement de lui, expliquais brièvement la situation à Thomas qui semblait désespérer de la situation et dans le même état que moi. Devoir couper net à une telle scène était atroce et inhumain.

-              C’est Arnaud et Sam. Va terminer ton affaire aux toilettes, dis-je en ramassant le sac de Thomas pour aller le ranger avant d’ouvrir.

 

Rouge de honte, Thomas s’y rendis directement sans un mot. Après un bref coup d’œil à l’appartement, réajustant mes vêtements, je me dépêchais d’aller ouvrir à mes deux amis, sachant que j’aurais du mal à ne pas leur faire sentir qu’ils arrivaient à un très mauvais moment. Alors que j’ouvrais la porte, je ne pouvais m’enlever l’image de Thomas en train de faire son affaire aux toilettes. Je détestais me faire arrêter dans ces moments là, d’autant plus que lorsqu’Arnaud et Samuel partiraient, ce serait pour aller avec moi à la boîte, m’empêchant toute relation avec Thomas. Je l’imaginais dans le même état que moi, et ce fut non sans un sourire en coin que j’ouvris à mes amis.

 

-              Salut Jonas ! On a hésité à te prévenir de notre venu, mais on s’est dit que tu t’en souviendrais. Vous étiez en train de manger ? Me demanda Arnaud.

-              Nous allions avoir un repas intéressant en effet, ne puis-je m’empêcher de sous-entendre.

Samuel et Arnaud ne relevèrent pas et j’ajoutais alors qu’ils se débarrassaient de leurs manteaux.

-              Il y a largement assez à manger pour tout le monde, si ça vous dit ?
-
              Avec plaisir.

Et c’est ainsi que nous allions nous installer à table. Alors qu’Arnaud s’exclamait combien tout cela avait l’air bon, Thomas entra dans la cuisine. Ses yeux pétillaient d’une lueur que moi seul pouvait comprendre, et ils ne me croisèrent que brièvement, au vu de la tinte rosée sur ses joues. Je ne pus m’empêcher de sourire, avant de répondre à Arnaud :


-
              C’est Thomas qui a tout préparé.

-              Ca je m’en doute Jonas, tu sais à peine faire cuire des pates.


Arnaud et Samuel aperçurent enfin Thomas et le saluèrent amicalement. Aucun des deux ne le dévisagea sur ses marques encore existence au visage, offrant ainsi à la soirée un ton de légèreté. Nous nous installâmes tous à table et les compliments sur la cuisine de Thomas ne s’arrêtèrent que lorsque le dessert fut terminé. Bien évidement, Thomas était assis en face de moi, et je ne me gênais pas pour le dévorer du regard et l’effleurer de on pied non innocemment. Celui-ci semblait perdre l’appétit et passait beaucoup de temps à me fixer sans trop même s’en rendre compte, ce qui ne passa pas inaperçu au regard d’Arnaud qui ne fit cependant aucun commentaire. Pour la première fois, Samuel et Arnaud montrèrent leur vrai visage à Thomas et ne furent en rien désagréable avec lui. Tout aurait pu être parfait, s’ils n’étaient pas arrivés à ce moment précis. Nous finîmes dans le salon, parlant de tout et de rien, oubliant les évènements passés qui nous avaient divisés. Même Thomas finit par se sentir un peu plus à l’aise, devant se sentir pour la première fois véritablement inclus avec nous. Cela ne nous empêcha pas de nous lancer des regards emplis de sous-entendus et des contacts et effleurements faussement involontaires.

Suite dans la partie 3
 
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Jeudi 25 décembre 2008

Il ne devait pas être loin de 18h00 lorsque je me décidais à aller faire quelques courses. Je n’avais plus grand-chose chez moi, et je n’aurais pas le temps après, reprenant mon travail ce soir. J’étais censé rejoindre ensuite Arnaud et Samuel devant ma boîte vers huit heure du soir, afin de boire un coup et de nous détendre. Nous nous étions réconcilié à moitié et cette soirée avant l’ouverture du ma boîte était faite pour améliorer peu à peu nos rapports. Alors que je poussais la porte du magasin, mon regard se posa sur un homme de taille moyenne, grossièrement emmitouflé en train de régler ses achats. Il portait un bonnet à l’intérieur du magasin, un pull à col roulé, comme pour se cacher. Sa posture en elle-même le criait : la tête basse, rentrée entre les épaules.  Ma curiosité étant titillée sans trop savoir pourquoi, je m’approchais un peu de lui. Quelle ne fut pas ma surprise de croire reconnaître Thomas à quelques mètres de moi ! Il semblait être seul, et je ne parvenais pas bien à voir son visage. Il me tourna le dos, et ce fus certainement à sa démarche ou sa manière d’être que je sus que c’était lui. D’un bref regard, je vérifiais que Quentin n’était pas dans les parages avant de m’approcher de lui. Le voir ainsi replié sur lui-même ne me laissais rien présager de bon, aussi je pressais le pas pour arriver derrière lui. L’attrapant par le bras, l’appelant en même temps par son nom. Thomas se retourna vivement, ayant la même attitude qu’une bête traquée. Je ne pus réprimer un sursaut de surprise lorsque je vis l’état de son visage. La moitié de sa figure était recouverte de bleu, boursoufflée comme après un coup bien trop violent. J’articulais avec difficulté son nom, alors que je sentais mon cœur se comprimer bien trop douloureusement. Son regard semblait tellement vide et meurtri. Jamais je ne l’avais vu ainsi. Etait-ce vrai ? Thomas était bel et bien un homme battu. A voir l’état de son visage, j’avais peine à imaginer celui de son corps. Qui avait pu oser le toucher ainsi ? Un élan de haine me saisit, alors que Thomas se détourner de moi, marchant assez vite malgré son air vacillant. Etant loin d’être prêt à le laisser seul dans cet état, je partis à sa suite, marchant sur ses talons. Comment pouvait-il tenir encore debout malgré son état et pourquoi s’imposait-il se courses. Je comprenais le fait qu’il me fuit ainsi, mais après tout ce qu’il avait fait pour moi, croyait-il réellement que j’allais le laisser ainsi.

Thomas finit par arrivé à sa voiture, et mis ses courses dans le coffre, sans pouvoir calmer les tremblements qui secouaient ses mains. J’avais du mal à garder mes yeux sur son visage aussi salement amoché. Pourquoi personne ne lui été venu en aide ? Certainement parce qu’il était encore plus seul que moi…


-
              Thomas, tentais-je une fois de plus alors qu’il fermait son coffre m’ignorant avec superbe.


Je posais ma main sur la sienne, mais il la retira comme si j’avais la peste.

Ne comprenant qu’un semblant de discussion serait possiblement uniquement lorsque nous serions dans un lieu un peu plus confinais, je fis le tour de sa voiture, et pris la place du passager sans lui demander son avis alors qu’il se mettait au volant.

Calmement, sans me regarder, la tête baisser, les mains crispées sur le volant, Thomas me dit la voix basse :


-
              Jonas sors d’ici s’il te plait… Laisse-moi seul.

-              Te laisser seul ? Tu plaisantes j’espère ! M’exclamais-je.

-              Est-ce que j’ai l’air de plaisanter…

Sa voix était si faible… Ignorant son rejet, je posais
  ma main sur sa cuisse. Je ne savais que trop quoi dire. Que dire en le voyant ainsi…  Brusquement, il poussa violement ma main en criant :

 

-              Lâche-moi ! Ne me touche pas. Sors de cette voiture, je ne demande pas grand-chose… Fou moi la paix !

-              Thomas mais regarde ton état, te laisser seul comme ça ! Jamais ! Répliquais, sans pour autant réitérer mon geste.

Même si la question me brûler les lèvres je n’osais pas lui demander qui lui avait fait subir un tel enfer, bien que je me doutais un peu de son identité.

-              Laisse-moi t’aider Thomas, tu sembles en avoir plus que besoin.
-
              Ce qui pourrait m’aider, répondit Thomas excédé, c’est que tu sortes de cette voiture !

Des larmes commençaient à rouler sur ses joues. Impuissant face à tant de douleur, je ne pus que le regarder, chose qu’il ne supportant pas.

-              Je ne veux pas de ta pitié ! Maintenant dégage et arrête de me fixer comme ça !

 

Je ne trouvais rien à répondre. Je restais immobile, jurant contre moi-même de ne rien pouvoir faire dans cette situation. La seule chose que je pouvais faire c’était resté à ses côtés. Il était tout simplement impossible que je  le laisse seul. Rester là, à ses côtés jusqu’à ce qu’il craque complètement et lui apporter le simple espace de mes bras… Cela ne tarda pas, Thomas me hurlant, sans savoir contenir un sanglot bruyant :

-              Dégage !! Sors d’ici !! Fou moi la paix !! Je préfère rester seul : Thomas l’homme battu par son mari que pleurer en plus sur l’épaule de quelqu’un qui ne veut de toute façon que me baiser !!!

J’aurais pu très mal réagir à la fin de sa phrase. J’aurais pu sortir et le laisser là, il ne voulait de toute façon pas de mon aide. J’aurais pu être blessé en plus d’être en colère. Mais la seule chose que je fis, ce fut de l’attirer à moi en m’approchant de lui, le serrant très fort dans le creux de mes bras, tandis qu’il tentait de me repousser sans conviction, le corps secoué de spasmes. Ce que je vais d’apprendre malgré lui, me faisait dégager une haine sans nom envers l’homme qui portait le nom de mari. Je finis par murmurer à son oreille :

 

-              C’est finit Thomas, je suis là…

Il me céda, passant ses deux bras autour de ma taille, me serrant aussi fort qu’il en était capable. Il tremblait comme une feuille et lentement de passais ma main dans son dos comme pour tenter d’apaiser sa détresse. Je ne sus combien de temps nous restâmes ainsi, Thomas pleurant dans mes bras dans un état si faible que je me demandais comment il avait fait pour rester encore debout. Le peu de gens s’attardant trop sur nous, se faisaient rejeter très rapidement par un regard très froid de ma part. Je n’osais pas le serrer trop fort, sentant son corps meurtri tout autant que son état intérieur. J’avais la cruelle impression qu’il pouvait verser encore toute les larmes mais que cela ne suffirait pas à amoindrir
  sa douleur. Alors qu’il y a quelques jours je pleurais dans ses bras, c’était maintenant à mon tour d’endosser son rôle. Depuis combien de temps Thomas vivait cet enfer ? Je n’osais même pas y penser…
Ce fut finalement Thomas qui se sépara de moi, le teint livide et les larmes continuant inlassablement de rouler sur son visage meurtri. Etant venu à pied depuis ma boîte et ne pouvant décemment pas le laisser comme cela, je lui dis avant de poser ma main sur la poignée de la voiture :


-
              Je vais prendre le volant, tu n’es vraiment pas en état de conduire.


Etonnamment, Thomas me céda et telle une automate, il acquiesça avant de sortir de la voiture et de venir prendre ma place. Ma main effleura la sienne lorsque nous nous croisâmes et je dus me faire violence pour ne pas le reprendre dans mes bras presque aussitôt. Après avoir bouclés nos ceintures, je démarrais sans lui demander la route, sachant maintenant où il habitait. Je ne comptais pas le laisser chez lui, mais je ne lui avais pas dit tout de suite, de peur de le braquer. Aussi, une fois arrivé dans la rue qui était la sienne, je lui proposais assez calmement :

 

-              Tu vas simplement prendre des affaires chez toi, et tu vas venir passer un peu de temps chez moi…

 

Thomas tourna brusquement la tête vers moi, comme apeuré, ne s’attendant certainement pas à une telle proposition :

-              Non, je… Je ne veux pas aller dans ta boîte, il y a trop de monde, je veux… Finit-il par articuler difficilement.

-              Je n’habite pas dans ma boîte Thomas, le coupais-je. J’ai une maison, et je ne te laisse pas le choix.

-              Mais… Mais… Tenta-t-il de plus en plus mal à l’aise. 

-              Enfin, s’il tu n’auras pas d’ennuis, m’empressais-je de répondre en pensant à Quentin qui était l’origine de tout cela.

Thomas baissa subitement la tête, encore plus abattu qu’il me semblait possible, avant de dire d’une voix éteinte :

-              Il est partit pour deux mois…

 

Mon cœur loupa un battement. La colère du déformer mes traits. Cet homme s’enfuyait-il pour ne pas avoir sous les yeux ce qu’il lui avait infligé ? Ravalant ma haine, pensant que ce n’était certainement pas le moment de débattre de Quentin avec Thomas, je lui répondis alors, me retenant de poser une main sur son épaule, le sentant craintif :

 

-              Raison de plus pour venir chez moi dans ce cas.

Je coupais le contact, avant de sortir de la voiture et de faire le tour pour ouvrir la porte Thomas. Résigné, n’ayant pas la force de tenir tête à qui que ce soit, Thomas se leva et pris le chemin de sa maison. Je le suivis de près, constatant le cœur serrer sa démarche hésitante du à la douleur physique.

Une fois chez lui, je l’accompagnais partout où il allait, pour être sur qu’il finisse par faire marche arrière. Après un détour par sa garde-robe ou il prit uniquement de vêtements simple, nous passâmes dans sa sale de bain. Je ne lui posais pas de question sur le fait qu’il ait évité consciencieusement le salon, préférant faire des détours par les pièces l’entourant, comprenant qu’il y avait certainement vécu une chose à laquelle je ne préférais pas penser. Ses larmes s’étaient taries, mais je savais que ce ne serait que pour un moment de courte durée. Je dus insister encore un peu pour qu’il quitte son appartement, et nous nous retrouvâmes tous les deux sur le chemin de ma maison. Je ne savais pas vraiment si Thomas réalisait ce que cela faisait pour moi de l’emmener là bas. C’était en quelque sorte mon sanctuaire, mon petit coin à moi que j’utilisais le plus souvent pour me ressourcer. Je voulais lui faire partager cet endroit, endroit ou seul mes proches avaient mit les pieds.  Je voulais lui faire découvrir le simple fait de s’asseoir sur la plage à regarder la mer, le laisser fermer les yeux et simplement écouter le bruit des vagues. Mais ce que je désirais surtout, c’est faire revenir un léger sourire sur son visage qui n’était pas prêt de m’en offrir hein.


-
              Je te préviens, dis-je lorsque nous arrivâmes devant chez moi, ce n’est pas le grand luxe, mais j’espère que tu t’y plairas…


Après m’être garé, j’attrapais son sachet de courses et ses affaires dans le coffre, tandis qu’il sortait de la voiture. Semblant entendre le bruit des vagues, Thomas tourna la tête vers moi interloqué et me demanda :


-
              Tu habites à côté de la mer ?
-
              Oui, répondis-je avec un léger sourire, ma maison donne sur la plage, j’y vais souvent. On pourra y faire un tour demain…

Thomas ne répondis rien, se contentant d’observer puis de me suivre lorsque je me dirigeais vers la porte d’entrée, cherchant mes clefs dans ma poche. Une fois la porte je me tournais vers Thomas, apparemment assez mal à l’aise, les yeux rougis et le visage tuméfié. Je ne le touchais pas, ni ne le regardais de manière désagréable, me contentant d’être détendu pour qu’il se sente à l’aise.

-              Installe-toi, dis-je en posant ses affaires dans le salon. J’ai quelques coups de fils à passer, et après je te ferais visiter si tu veux.

 

Thomas regardais partout autour de lui, comme un enfant découvrant quelque chose de nouveau, l’observant dans les moindres détails.

-              Tu veux boire quelque chose en attendant ?  Ou manger ? Lui demandais-je hésitant. Je vais mettre tes courses au frais.
-
              Juste un verre d’eau s’il te plait, dit-il la voix extrêmement basse.

-              Je t’apporte cela tout de suite, répondis-je avant de prendre la direction de la cuisine.

Quand je revins, il s’était assis sur le canapé, fixant la mer par la petite baie vitrée, comme hypnotisé. Il sursauta lorsqu’il m’entendit poser le verre sur la table basse, ne m’ayant apparemment pas vu arrivé.
  Il me remercia, avant que je lui dise que je revenais dans peu de temps.
Une fois dans la cuisine, je passais tout d’abord un coup de téléphone à mon travail, leur expliquant qu’ils devraient se débrouiller une nuit de plus sans moi, mais que je passerais tout de même pour voir si tout aller bien. Mon second coup de fil fut pour Arnaud, qui décrocha presque aussitôt.

 

-              Tiens, salut Jonas, je voulais justement t’appeler, on risque d’avoir un peu de retard avec Samuel.

-              Je ne vais pas pouvoir venir ce soir, j’ai un empêchement de dernière minute…
-
              Et quel genre d’empêchement, dit Arnaud moqueur. Un jolie p’tit cul auquel tu n’as pu résister ? Tu le fais même passé avant ton ami ?

-              Thomas a quelques problèmes, il va passer un peu de temps chez moi, lui expliquais-je.
-
              A ta boite ? Demanda Arnaud surpris et craignant ma réponse.
-
              Non, chez moi… Soufflais-je, craignant une nouvelle dispute.

Un silence suivit mes derniers mots, jusqu’à ce qu’Arnaud finisse par dire :

 

-              J’espère que tu ne vas pas te fourrer dans des histoires auxquelles il ne vaut mieux pas s’approcher…
-
              Ne dis pas n’importe quoi Arnaud.

Je finis par ajouter hésitant :

 

-              Est-ce que tu pourras passer un peu plus tard, je…

-              Bien sur Jonas, s’empressa de répondre Arnaud. Mais qu’est ce qui arrive à Thomas ?
-
              C’est… Je t’expliquerais, fini-je par répondre.

-              Ok… Répondis Arnaud sur un ton plus grave, comprenant que j’étais sérieux.

A vrai dire, j’étais plus que touché par l’état de Thomas, et cet état d’impuissance était assez difficile à surmonter.
  

-              Je passerais dans la soirée, ajouta-t-il. A tout à l’heure.
-
              Merci Arnaud, à tout.

Je raccrochais, attrapant deux bières dans mon frigo avant de rejoindre Thomas. Quand je revins dans le salon, je le trouvais dans la même position, regardant la plage maintenant baigner d’obscurité. Me rappelant me retour dans la maison quelques fois le matin, où à la place de Thomas avant d’aller dormir, je lui dis une fois à sa hauteur :

-
              On peut voir le soleil lever le matin, parfois je peux le voir quand je rentre du travail… Ca te dit de prendre un peu l’air sur la plage ?

 

Thomas acquiesça, l’idée semblant lui plaire, même s’il n’était pas en état de me montrer son enthousiasme. Il se leva et me suivit. J’attrapais au passage mon paquet de cigarette, en ayant bien besoin, et gardais les deux bouteilles de bière à la main. La plage était déserte, et alors que nous marchions côte à côte, respectant la distance qu’il imposait entre nous, une légère bise venait caressait notre visage. Les vagues remuaient doucement, bercées par le vent. Je m’arrêtais assez près de celle-ci, et m’assis, suivit de près par Thomas. Je lui tendis sa bière ouverte, tandis que je posais la mienne dans le sable, le temps de m’allumer une cigarette. Thomas ne la refusa pas, et commença à boire assez vite. Je respectais son silence, aussi je me tus, laissant le clapotis des vague caresser nos oreilles. Tournant la tête vers lui, après avoir bu  une gorgée je vis les larmes recommençaient à couler sur ses joues, tandis que ses yeux étaient rivés vers l’horizon. Il venait de finir sa bière, l’ayant certainement bu d’un trait. Ne pouvant rester  ainsi à ne rien faire, j’écrasais ma cigarette dans le sable, puis m’approchais de lui. Avec délicatesse et énormément de tendresse, je passais mon bras autour de ses épaules, l’invitant à poser sa tête sur une des miennes.  Il accepta étonnamment avec beaucoup de facilité de geste, posant sa tête sur moi. Ma main caressa tendrement sa joue, tandis que les larmes coulaient de plus belles, Thomas pleurant silencieusement. Je me sentais de plus en plus mal, comme si je réalisais peu à peu que sa douleur me dépassait. Thomas était bien plus fort qu’il ne le laissait paraître ou qu’il ne le pensait lui-même. Avoir tenu seul jusqu’ici était de l’ordre de l’insurmontable et il était toujours là. Même mon épaule pour pleurer semblait terriblement minime face à son désespoir. Le tenant ainsi tout contre moi, je savais qu’il était maintenant trop tard : Thomas était en train de prendre plus place très important dans ma vie, plus importante qu’elle n’aurait du l’être. Ce n’était pas uniquement parce qu’il était dans un tel état que je l’emmenais chez moi, c’était parce qu’il m’était particulier et unique… Nous restâmes très longtemps ainsi, ne bougeant presque pas, finissant progressivement ma bière. Seule la lune et la lumière de la ville nous éclairaient encore, nous laissant dans  une obscurité assez étrange.
Ce fut le froid qui, commençant à être trop saisissant, me poussa à proposer à Thomas de rentrer. Il s’arracha à mon étreinte avec difficulté et était encore assis lorsque je me retrouvais debout, ramassant les cadavres de bouteille et mon mégot de cigarette. Alors que Thomas tenta de se lever, je le vis vaciller comme pris d’un malaise. Je le rattrapais de justesse alors qu’il allait basculer vers l’avant. L’alcool et les émotions qu’il avait du vivre devaient en être les causes.

Le soutenant tandis qu’il se reposait lourdement sur moi, nous rentrâmes chez moi. Je lui proposais d’aller dormir dans ma chambre, chose qu’il ne fut pas en état de discuter. Après l’avoir amené jusqu’au lit, ou il s’assit, j’allais lui chercher ses vêtements et rejetant mon aider, je lui dis :


-
              Je devrais faire un tour à mon boulot d’une petite heure environ dans la nuit, ne t’inquiète pas si en te réveillant tu ne me trouves pas. Fait comme chez toi, installe-toi le plus confortablement possible et surtout repose toi, tu en as vraiment besoin…


Assommé par mon flot de paroles, il murmura un simple merci, avant que je prenne congé, le laissant seul dans ma chambre.
Arrivé dans mon salon, hagard, je choisis de m’asseoir un peu, plus bouleversé par l’état de Thomas que je ne l’aurais cru. Je ne tardais pas à m’allumer une cigarette, soupirant en me laissant aller dans le canapé. Si ma vie était déjà un bordel monstre en ce moment, je n’osais pas imaginer celle que vivait Thomas depuis toutes ces années. J’aurais du faire plus attention, j’aurais croire les racontars et me fier à mon intuition sur Quentin. Mais en réalité qu’aurais-je pu faire ? Au lieu de penser aux évènements passés, mieux valait me concentrer sur le moment présent, sans même imaginer l’avenir.
  C’est alors que j’entendis frapper à ma porte. Me rappelant de la visite de Arnaud, j’allais lui ouvrir, soulager de retrouver mon ami.

 

-              Tu as une petite mine, me dit Arnaud en me voyant avant de me serrer dans les bras en guise de bonjour.

 

Nous allâmes nous installé dans le canapé, tandis que j’offrais à boire à Arnaud, m’allumant une autre cigarette une fois à côté de lui.

 

-              Thomas n’est pas là ? Demanda soudain Arnaud en jetant un coup d’œil dans la pièce.
-
              Il avait besoin de dormir, il est dans mon lit.

Remarquant mon ton assez grave, Arnaud posa sa main sur ma jambe, ne cachant pas son inquiétude avant de me demander :

-              Qu’est ce qui se passe Jonas ?

-              Je suis dans la merde Arnaud, cédai-je en me décidant à lui raconter. Si Thomas est dans ma chambre, c’est parce qu’il a fait un malaise.
-
              Un malaise ?
-
              Arnaud, dis-je en articulant difficilement, Thomas vient d’être tabassé par son mari, et ce n’est apparemment pas la première fois… Je ne sais plus trop quoi faire, ajoutais-je tremblant. Tu verrais son visage et l’état dans lequel il est…

Arnaud devint soudain très pâle, semblant penser pour la première fois humainement à Thomas et pas comme un danger pour moi et une ombre sur ma vie.

-              Je… je peux le voir, me demanda-t-il soudain, son attitude de médecin prenant le dessus.

Comprenant parfaitement ses motivations, j’hochais simplement la tête.

-              Il doit certainement s’être endormi, expliquais-je en me levant.
-
              Je veux juste voir si je peux faire quelque chose pour lui, me dit Arnaud, plus inquiet que je ne l’aurais cru. S’il dort, je repasserais demain s’il a besoin de mes soins.

Arnaud ne semblait pas réellement s’imaginer l’état de Thomas. Le cœur serré, je le guidais jusqu’à ma chambre. J’ouvris la porte tout doucement, ne voulant surtout pas le réveiller, ayant plus que tout besoin de repos. M’approchant de Thomas, suivit de près par Arnaud, je constatais qu’il dormait profondément. Allumant la lampe de chevet pour qu’Arnaud se rende compte, je le vis sursauter d’effroi et s’exclamer tout bas :

-              Comment peut-on infliger cela à une personne…

Il s’approcha lentement, observant avec son œil d’expert son visage déformé par les coups.

-
              Je n’ose même pas imaginer l’état du reste de son corps. Laissons-le dormir, mais je reviendrais demain. Chuchota-t-il très sérieusement.

 

Après quelques minutes, nous finîmes par sortir de la chambre, Arnaud apparemment plus que chamboulé. Il alla directement se servir une bière dans mon frigo, avant de s’asseoir à la table de ma cuisine. Son teint était beaucoup trop pâle aussi je lui demandais :

-              Arnaud ? Ca ne va pas ?

Relevant les yeux vers moi, il fit par dire la voix étrangement nouée :

-              Comment j’ai pu lui dire de telles monstruosités. J’ai été affreux avec lui alors qu’il avait besoin d’aide.

Restant assez froid, étant loin d’avoir digéré ce désaccord entre nous, je déclarais :

-              Ce n’est pas à moi qu’il faut le dire Arnaud…

 

Après avoir attrapé une pomme, n’ayant pas particulièrement faim, surtout dans mon état, je m’assis en face de lui. Nous parlâmes un peu de sa situation, avant d’aborder sa visite du lendemain. Ce n’est que lorsque je vis l’heure, que je m’excusais de devoir le mettre dehors, devant passer à mon travail. Je lui demandais de me déposer, me permettant ainsi de récupérer ma voiture pour le retour. Arnaud accepta sans la moindre hésitation, et nous sortîmes de l’appartement, allant vérifier une dernière fois que Thomas dormait bien.

 

**

 

Je rentrais assez tard. Quelques soucis avaient demandaient ma présence plus longtemps et désirant rentrer tout de suite après, j’avais du mal à garder les yeux ouvert sur le chemin du retour. Une fois ma voiture garé, il ne me fallut pas longtemps pour retrouver le trajet jusqu’à ma chambre. Thomas avait occupé mes pensées toute la nuit, et je n’aspirais qu’à une chose, le retrouver chez moi, m’assurer qu’il allait bien et m’endormir à ses côtés. Une fois dans la chambre, constatant que Thomas dormait toujours, j’allumais la lampe de chevet puis cherchait dans mon armoire un truc à me mettre sur le dos pour dormir, ayant un invité dans mon lit. Ce n’était pas comme s’il ne m’avait jamais vu nu, mais je sentais que pour cette nuit ce serait dans l’ordre des choses. J’optais pour un simple bas de pyjama, et alors que je me déshabillais avant de le mettre, j’entendis Thomas murmurer mon prénom. Me tournant vers lui, je remarquais qu’il était assis sur le lit. Comme affreusement gêné et mal à l’aise, il commença à bafouiller encore endormi:


-
               Je… je ne vais pas te déranger plus longtemps…Excuse moi… Je… je vais te laisser et rentrer chez moi...
-
               Ne dis pas de bêtise, répondis-je simplement, avant d’enfiler mon bas de pyjama et de prendre la direction du lit.


Sans lui laisser le choix, je m’allongeais à côté de lui, le forçant à faire de même, avant d’éteindre la lumière.


-
               Je ne sais pas si tu as encore sommeil, mais moi je suis épuisé. Un mec a foutu le bordel à la boîte et réglé ça m’a pris un temps interminable, dis-je d’un ton étrangement normal et posé.


Thomas était allongé, comme paralysé et n’osant plus bouger. Ne résistant pas, je m’approchais de lui et passant mon bras derrière sa tête, je me collais à lui dans un geste si tendre et délicat, qu’il ne le refusa pas. Au contraire, il finit par se tourner vers moi et soupira de bien être, acceptant nos position. Lentement, je dégageais une mèche de cheveux de son visage, avec douceur, ne voulant surtout pas lui faire mal. Ma main se posa ensuite dans son dos, l’effleurant subtilement
  comme pour l’apaiser. C’est ainsi que nous finîmes par nous endormir tout les deux, avec cette impression étrange de l’avoir toujours fait.

 

Lorsque j’ouvris de nouveaux les yeux, une odeur étrange de café embaumait mon appartement. Thomas n’était plus dans le lit, et il me semblait l’entendre s’agiter dans la cuisine. Je posais mes yeux sur le réveil, il n’était pas loin de onze heure et demi du matin. Je m’étirais longuement, avant d’attraper un t-shirt et de rejoindre Thomas. Celui-ci était en train de s’affairer à sortir tout le nécessaire découvrant ma cuisine sans le moindre gène. Fraichement habillé, il avait certainement du prendre une douche. Peu habitué à avoir quelqu’un qui fasse cela chez moi, n’invitant de toute façon jamais personne, je m’avançais en silence jusqu’à la table, alors que Thomas était de dos.


-
               C’est en quel honneur tout ça ? Demandais-je amusé, une fois assez proche de lui.  

 

Thomas sursauta un peu trop vivement, avant de se retourner.

 

-               Je… j’ai… Je me suis dis que ça te ferais plaisir avant que je…
-
               C’est gentil Thomas, mais tu n’étais vraiment pas obligé.

Thomas me fixa un instant, le regard voilé comme hier de cette tristesse si profonde. Il finit par baisser les yeux et pris simplement place à table, remuant nerveusement son café après y avoir mit un sucre. Ouvrant la fenêtre, j’attrapais mon paquet de cigarette et un cendrier avant de venir prendre place en face de lui. Je mangeais les tartines qu’il m’avait préparé, plus pour lui faire plaisir que par faim. Thomas grignotait faiblement, les yeux rivé dans sa tasse. Après avoir fini de manger, je bu une gorgée de café, allumant ensuite ma cigarette. C’est à ce moment là seulement que Thomas se décida à parler.

 

-               Je… Merci pour hier soir. Je ne vais pas te déranger plus longtemps, je vais rentrer maintenant.

Surpris, j’avalais de travers ma gorgée, toussotant pendant un bon moment avant de répondre laborieusement :

-               Ne dis pas de bêtise Thomas, tu restes ici.
-
               Mais, il vaut mieux que je rentre chez moi… Bredouilla-t-il. Je ne vais pas… Et puis Quentin n’est pas là, je serais…
-
               Tu seras seul ! Le coupais-je. Et c’est vraiment loin d’être une bonne idée. Tu ne me déranges pas du tout Thomas, sinon je ne t’aurais jamais proposé de venir ici. Tu peux rester le temps que tu veux, et je ne te laisse pas le choix pour les jours à venir en tout cas. Ici tu pourras vraiment te reposer je me trompe ? Et tu en as plus que besoin.


Inondé sous mon flot de parole légèrement autoritaire, Thomas baissaient la tête, m’envoyant simplement un regard fuyant. Posant alors ma mains sur la sienne qui traficoter un petit truc sur la table, je lui offris un sourire qui se passait de mot. Je ne faisais pas cela par pitié, ni quoi que ce soit de ce genre. Non, je faisais cela parce qu’il était quelqu’un de spécial pour moi, qui n’avait encore aucun terme précis pour le définir. Il avait besoin d’aide et je lui avais tendu la main, comme il l’avait fait pour moi, sans rien désirer en contrepartie. Et je recommencerais sans jamais hésiter. Son regard finit par croiser le mien, aucun mot ne fut échangé et pourtant, tant de choses s’exprimer en ce simple échange. Je ne consentis à lui lâcher la main que lorsqu’il répondit faiblement à mon sourire.



A suivre dans la partie 2 

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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Jeudi 25 décembre 2008
Suite de la partie 1. 

Je me réveillai dans mon lit, voyant qu’il faisait nuit. Je tournai légèrement la tête sur le côté pour regarder l’heure mais abandonnai en court de route, déjà épuisé et souffrant le martyre. Je remarquai alors que mon œil était apparemment caché par un bandage. Je voulus porter ma main à celui-ci mais je fus tout à coup arrêté par une main.

 

-       N’y touche pas Thomas. Dit tout à coup Quentin.

 

Pris de peur en le reconnaissant et étant certain qu’il allait recommencer, je m’assis et reculai de à l’autre bout du lit rapidement. C’était un réflexe que je ne pouvais cacher. Après ce que j’avais vécu, en sentant la douleur de ses coups dans mes côtes et à mon visage, je ne pouvais qu’avoir peur de lui. Et pourtant, son regard me disait clairement qu’il s’était calmé et que sa crise était passée. Il regrettait, comme d’habitude…

 

-       Thomas.. dit Quentin tout à coup.
Je suis désolé de ce qui s’est passé… Ca n’aurait pas du arriver. Mais.. C’était pour que tu comprennes !

-       Comprendre quoi ? hurlai-je déjà en pleurant.

-       Parce que tu as vu quelque chose que tu ne devais pas ! cria-t-il aussi fort que moi.
Je t’ai fait comprendre que t’as pas intérêt à le répéter à qui que ce soit.

-       Quentin, tu sais très bien que je n’irai jamais dire une chose pareille ! Alors, pourquoi t’as recommencé ?

-       Je ne vais pas discuter avec toi maintenant, je te laisse te calmer. Dit-il en se levant et voulant partir.

-       Pourquoi t’as recommencé ? répétai-je en redoublant de cri et de pleurs.

-       La ferme ! hurla-t-il tout à coup.

 

J’arrêtai aussitôt. Je savais que je ne devais pas aller trop loin et je regrettais déjà d’avoir hurlé aussi fort.

 

-       La ferme.. répéta-t-il plus calmement.
Je sors ce soir, toi reposes-toi et ne bouge pas d’ici.

 

Sans un mot, il partit, me laissant à nouveau comme avant… seul. Bêtement, je pris la même réaction qu’avant également, et je me recouchai pour mieux pleurer en entendant la porte se fermer. J’eus une crise de larmes comme je n’en avais pas eu depuis longtemps et finit par faire comme il me l’avait dit, m’endormir profondément jusqu’au lendemain. Je passai une nuit horrible, malgré que je ne me réveillai pas une seule fois. Je sortis de mon sommeil avec des nausées et une douleur aux côtes à la limite du supportable.
Mais tout cela ne m’atteignait bizarrement pas. J’étais dans un tel état de choc que je ne me rendais pas réellement compte que le peu de ma vie normale que j’avais retrouvé avait été a nouveau bousillé. Quentin était certainement partit travaillé et je me retrouvais donc seul pour la journée, que je gâcha en restant au lit. Je n’avais ni la force, ni l’envie de bouger. Je me contentai de m’endormir de temps à autre et le reste du temps, de regarder dans le vide. Je n’avais même pas envie d’ouvrir un livre ou de regarder la télé. Tout ce dont j’avais besoin, c’était du noir complet et du silence. Mon portable resta allumé au cas où Quentin m’appelait mais je ne comptais pas décrocher à qui que ce soit d’autre. Je recommençais malgré moi exactement le même schéma que j’avais quand j’étais frappé tous les jours par lui. Je dormais toute la journée à part quand je devais faire le ménage et aller faire les courses, je délaissais mon magasin et je pleurais sans arrêt.

 

Et comme aux habitudes que je reprenais, vers 17h00, je me levai et allai me préparer pour être présentable auprès de Quentin quand il allait revenir à la maison.
Il rentra à la maison à 18h30, quand j’étais en pleine cuisine, essayant de faire un effort pour qu’il apprécie et qu’il ne m’agresse pas.

Il vint directement près de moi et me tourna le visage pour voir mon œil.

 

-       T’as mal ?

-       Pas vraiment… menti-je un peu.

 

Il me lâcha le visage brusquement et sans un mot de plus, il alla regarder la télévision en attendant de manger. Je tentai de faire comme je pouvais, sachant qu’une seule  erreur de ma part pouvait éclater une soirée entière d’horreur. Et certainement par le stress, cette erreur se produisit. Au moment où je voulus prendre le plat après avoir mis la nourriture dedans, celui-ci glissa de ma main et malgré que je tentai de le rattraper comme je pouvais, il se brisa à mes pieds en mille morceaux. J’entendis aussitôt Quentin se relever et moi pris de panique, je m’agenouillai pour ramasser comme je pouvais.

 

-       Qu’est-ce t’as foutu ? entendis-je aussitôt mon mari crier, ce qui me fit sursauter.

-       Je suis désolé.. tentai-je de dire sans faire trembler ma voix.
Le plat m’est tombé des mains, je n’ai p..

-       Qu’est-ce qu’on va bouffer maintenant, hein ? T’as rien préparé d’autre je suppose ?

-       Je suis désolé.. répétai-je en baissant la tête et arrêtant de ramasser.

-       T’es bon à rien ou quoi ? t’as vu ce que t’as fait ? dit-il en shootant légèrement dans un morceau du plat cassé.

 

Je me redressai vivement et voulus aller chercher un balai pour ramasser ce que j’avais fait, mais devant passer à côté de lui, Quentin m’arrêta la route par le bras et me regarda comme il l’avait fait hier.

 

-       Tu vas faire quelque chose pour que je bouffe, moi ? Non bien sur. Tu penses toujours qu’à toi !

-       Je suis désolé.. me contentai-je dire encore une fois, stupidement.

-       Arrête de t’excuser. C’est pas très grave.. rajouta-t-il étonnement avant de me lâcher le bras.

 

J’étais plus qu’étonné. Moi qui croyais qu’il allait me frapper ou autre chose, je partis en direction du placard, stupéfait. Et pourtant, je n’aurai peut-être pas du l’être autant. Ce qui m’avait étonné ne m’étonna plus quand je sentis un coup me frapper la tête. Quentin s’était en fait fichu de moi et avait utilisé je ne sais quoi pour me frapper. Je tombai brusquement à terre et y portai ma main de douleur.

 

-       T’as sérieusement cru que t’allais t’en sortir comme ça ? J’ai bossé toute la journée moi, et la moindre des choses est d’arriver quand la bouffe est prête ! Sois déjà content que je n’ai rien fait en voyant que ce n’était pas prêt quand je suis arrivé. T’es bon à rien !

 

Un coup de pied s’en suivit, comme aux habitudes. Je tentai de me recroqueviller au mieux que je pouvais, sachant très bien comment ça allait finir. Je me mis en boule, cachant ma tête et attendis simplement, comme un pauvre homme soumis aux crises de son mari qui devait, normalement, l’aimer.
Heureusement après ce seul coup de pied, son portable se mit à sonner et il y répondit rapidement en se dirigeant vers la chambre. Je me relevai aussitôt pour ramasser les bouts plat brisé et me mit à la tâche pour lui faire quelque chose de rapide.
Je n’eus
  le temps de lui faire à manger que pour lui, n’ayant de toute manière, plus l’appétit ni l’envie de manger. Il arriva pile au moment où j’avais terminé et heureusement, il ne dit rien. Il se contenta de prendre son assiette sans un regard pour moi, et alla se mettre devant la télévision.

Après une petite demi-heure, alors que j’étais seulement en train de me détendre un peu, je l’entendis m’appeler.

 

-       Oui… demandai-je en arrivant près du divan.

-       Assieds-toi.

 

Je savais très bien la raison pour laquelle il voulait que je m’asseye, je le connaissais trop bien pour ne pas arriver à comprendre une chose aussi flagrante. Ce soir, s’il ne m’amochait pas, c’était pour que je sois conscient quand il allait se permettre ses désirs que je qualifiais de vicieux. Quentin était le genre d’homme a aimer la violence pendant un acte qui ne devait être en rien de tout ça, et à son regard quand je m’assis à côté de lui, mon idée se confirma.

 

-       Déshabilles-toi. Déclara-t-il simplement.

 

Il me tendit brusquement un verre et m’ordonna de le boire avant. Je me rappelai tout d’un coup d’une chose que Jonas m’avait dis. Savoir à présent que Quentin me droguait me donnait envie de m’enfuir auprès de Jonas et de coucher avec lui assez de fois pour avoir l’impression de m’être suffisamment venger pour rentrer chez moi.
Mais en ce moment-même, je n’avais pas le choix. Je ne devais pas me permettre de lui en parler car je savais qu’il allait nier et qu’en plus, il allait m’en vouloir par-dessus tout. Alors, je me contentai de me taire et de vider ce verre qui me forçait à avaler encore une fois ma colère.
Ce qui suivit, fut totalement dans le vague. Quentin me prit mon verre des mains et me fit glisser dans le fauteuil, me laissant rentrer dans un état comateux.

Je me réveillai le lendemain, dans mon lit avec des douleurs que j’eus du mal à supporter les premières minutes. Allongé sur le ventre, je me redressai et vis les draps complètement en désordre, ce qui me prouvai aussitôt ce que j’avais pensé. Quentin avait du bien profité de cette nuit et vu la douleur que je ressentais aux fesses, j’étais certain qu’il ne m’avait pas pris qu’une seule fois. Après plusieurs minutes, étant encore totalement dans le brouillard, je remarquai des coups un peu partout sur le corps, mais principalement entre les cuisses. Que m’avait-il fait pour avoir toutes ces marques ? Et que m’avait-il donné pour que je ne me rappelle absolument de rien ?
Le dernier souvenir était dans le divan, et je me retrouvais le lendemain, allongé dans un lit complètement nu et couvert de traces de sperme et de coups. Peut-être ne valait-il pas mieux que je m’en rappelle… A voir mon état, je sentais que je ne devais pas le savoir ou alors j’allais avoir du mal à le supporter. J’entendis tout à coup la voix de Quentin de l’autre bout de la pièce.

 

-       Bonjour mon amour… Ca va ?

 

Je le vis adossé au mur de la chambre, buvant sa tasse de café tranquillement.

 

-       Qu’est-ce qui s’est passé ? demandai-je, la voix basse et encore totalement dans le vague.

-       T’étais très chaud hier, mes amis t’ont tous adorés !

-       Quoi ?

-       T’en redemandais, ils se sont servis, c’est tout. Tu ne t’en rappelles pas ?

 

Son air innocent me donnait presque envie de gerber. Il savait très bien que je ne m’en rappelais pas puisqu’il m’avait fait boire cette saloperie.

 

-       Quand tu t’es lavé, viens dans le salon, j’ai quelque chose à te montrer.

 

Je n’eus même pas le temps de me rendre vraiment compte de ce qu’il m’avait dit, qu’il était déjà partit. Difficilement, je me redressai et me relevai du lit.
Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne me touchait pas spécialement. Je savais que pleins de mecs me passaient dessus, mais peut-être qu’au final, je ne méritais pas vraiment mieux. En 20 minutes, j’étais lavé et je me dirigeai donc jusqu’au salon avec une douleur aux fesses si forte que j’avais du mal à marcher normalement.

Quentin me vit et me dit aussitôt de m’assoir. Je ne savais pas ce qu’il me voulait mais une chose était sûre, c’est que j’avais envie plus que tout qu’il sorte de cette maison pour le moment.
C’est au moment où j’allais lui demander ce qu’il voulait qu’il tourna la tête vers moi et me tendit la télécommande :

 

-       Je vais devoir partir en voyage avec des potes pour le boulot.

-       Combien de temps ? demandai-je, paniqué à l’idée, contradictoire de celles que j’avais d’habitudes, qu’il parte.

-       2 mois.

-       Deux mois ? Pourquoi tu ne m’emmènes pas ? Qu’est-ce que je vais faire ?

-       T’inquiète. J’ai filmé exprès cette vidéo pour toi… Pour que tu puisses te soulager quand je serais pas là. C’est très excitant.

-       Une vidéo ?

-       Vas-y, allume.

 

Perplexe, j’allumai la télévision et mis en route la vidéo. Je fus scotché à la première seconde en me voyant complètement nu, les mains attachées dans le dos avec des menottes et un bandeau qui cachait mes yeux. Mais le pire de tout ça, était de voir quatre mecs que je n’avais jamais vu ni d’Eve ni d’Adam, nus également, en train de se masturber les uns aux autres. Quentin parlait en même temps de filmer, étant lui, derrière la caméra. Je l’entendis tout à coup me parler. Ce qui me frappait peut-être le plus, était que je ne me rappelais d’absolument rien. Je regardais cette vidéo comme si je n’avais jamais été présent. Qui était l’homme qui était attaché ? Ca ne pouvait pas être moi !

 

-       Thomas, ça va ?

 

Alors qu’apparemment j’étais complètement dans le vague, la tête et les épaules contre le lit, les fesses relevées pour un gars qui s’approchait déjà de moi.

 

-       Mh.. Je bande ! J’ai envie que quelqu’un me baise !

 

M’entendre dire une chose pareille me dégouta à un point tel que j’arrêtai aussitôt la vidéo. J’étais incapable de regarder la suite, en sachant que j’étais aussi excité alors qu’avant de prendre cette saloperie qu’il m’avait fait prendre, je n’avais absolument pas envie de sexe.
Voulant partir, je me relevai mais fus arrêté aussitôt par le bras de Quentin :

 

-       Quoi, c’était pas ce que tu voulais ? J’ai pensé à toi en faisant cette vidéo ! T’as aimé ça, alors viens pas faire ta petite pute effarouchée maintenant !

 

Je me tournai vers lui, les larmes aux yeux. Chaque fois qu’il empruntait des mots aussi durs, ça me donnait envie de mourir. Pourquoi fallait-il toujours qu’il me parle ainsi ? Pourquoi me faisait-il toujours aussi mal alors que je l’aimais ?
Pris par la colère du moment, je ne pus m’empêcher de le gifler de toutes mes forces.

 

-       Comment tu peux me faire ça ? criai-je ensuite.
Je te hais Quentin ! Tu n’es plus le même depuis notre mariage, j’en peux plus !

 

Même si je savais que j’allais le regretter, je ne pouvais me taire en ce moment. Je le vis relever la tête lentement et plus il voulait s’approcher de mon visage, plus je reculai jusqu’à m’arrêter contre le mur. Au moment où je sentais qu’il allait vraiment s’énerver, heureusement la sonnerie de la grille de l’extérieur retentit. Une larme coula le long de ma joue sur le coup de l’émotion.

Quentin, sans un mot, alla chercher sa valise qu’il avait fait avant mon réveil et revint une dernière fois près de moi, qui n’avait pas bougé d’un pouce. Je vis tout à coup son poing prendre de l’élan et atterrir violemment sur mon visage.

Je me mis à pleurer aussitôt et tombai par terre de douleur. Son poing avait atterri directement sur ma joue et étant le mal de trop, je me mis à pleurer sans faire attention à Quentin, qui avait toujours horreur des gens qui pleuraient. Celui-ci partit pour ces deux mois sans un mot, sans un regard, sans rien… Il me laissait toujours seul, en croyant que j’allais toujours être là quand il revenait. La porte claqua et ce fut à ce moment-là que je me lâchai complètement. Les larmes de cette vidéo, de la douleur que je ressentais dans mon corps jusqu’au plus profond de mon âme me rendait fou de douleur. J’étais sur le sol, ne pensant même plus cette fois à me relever. Trop fatigué, trop en colère pour vouloir en ce moment quoi que ce soit.
Je finis par me relever après un temps que je ne pris même pas la peine de calculer et allai changer aussitôt tout ce qui pouvait me rappeler de loin ou de près cette soirée. J’allais mettre la cassette vidéo quelque part où je la ressortirais que quand je serais obligé par Quentin, j’allai enlever ces draps où tous ces hommes m’étaient passés dessus et finit par m’allonger dans les nouveaux pour m’endormir jusqu’en fin d’après-midi.
Je ne savais même pas si mon visage était amoché, je m’en fichais totalement. De toute façon, pendant deux mois, je n’allais voir personne alors pourquoi devais-je m’en soucier. Je sentais que ma joue
  et mon œil gonflaient mais la douleur physique à côté de celle que je ressentais en moi n’était encore rien. Je me sentais au bord d’un précipice, dans lequel Quentin me poussait de plus en plus.

 

Vers 18h00, je me retrouvais au magasin pour faire quelques courses. Je n’avais pas eu le choix. Je n’avais plus rien dans le frigo et s’il y avait bien une chose que j’avais envie de faire à ce moment-même, c’était de manger tout et n’importe quoi. J’allais me faire la soirée la plus déprimante de tous les temps, et je comptais bien me réfugier dans la nourriture.

Plusieurs personnes me regardaient ou plutôt, regardait mon œil. Avant de partir, j’avais eu le malheur de voir mon visage dans le miroir et je fus tellement horrifié, que je mis aussitôt un bonnet pour partir en ville. Avec cela, j’avais enfilé un sous-pull à col roulé et un énorme pull par-dessus avec un pantalon large, comme pour que l’on m’oublie et que je passe inaperçu. On ne voyait presque rien, mais il suffisait qu’on me regarde un peu mieux et on voyait la trace sur tout mon côté gauche du visage.
mais cela m’importait peu. Je devais avouer que j’étais complètement à l’ouest. Le regard fermé, je n’acceptais absolument rien ni personne en ce moment-même. Quitte à être malheureux, autant l’être seul que de l’être avec des gens qui accentue ce malheur. Je ne pouvais compter sur personne, même pas moi-même…
En arrivant à la caisse, je payai à la caissière, et voulant partir rapidement, je pris mon sachet en baissant le plus possible la tête pour que personne ne remarque que j’avais le visage complètement amoché. Je voulus sortir du magasin sans que personne ne me remarque, les épaules relevées et la tête basse. D’habitude, je n’étais absolument pas habillé aussi mal, et heureusement, il était impossible qu’on me reconnaisse. Le bonnet en plus, il aurait fallu quelqu’un qui me connaisse bien et ait déjà fait attention à moi pour qu’il arrive à voir que c’était moi.

 

Je sentis tout à coup quelqu’un me prendre le bras. Vivement, je me retournai en entendant mon nom, ne m’attendant absolument pas à ce qu’on me reconnaisse et reconnus par malheur Jonas.

S’il y avait bien une personne que je ne voulais pas voir, c’était lui. Car avec lui, j’allais devoir lui expliquer ce qu’il s’était passé. J’allais être obligé de lui dire explicitement que mon mari m’avait frappé et que dans un coin de mon armoire se trouvait une vidéo du monstre qui était en moi.

 

 

 

 A suivre... 
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Not alive without you
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