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Soudain je sentis un regard lourd se poser sur moi, je relevais les
yeux, laissant échapper un gémissement de plaisir sous un coup de langue plus poussé, avant les planter dans les siens. Sans me lâcher du regard, il s’approcha de moi, se collant avec une
attitude qui se voulait sensuelle. Je n’étais pas lent d’esprit et j’avais très bien comprit ce qu’il voulait. Comme pour être sur d’avoir bien fait passé le message, il passa une main sur mes
fesses. Ce qu’était en train de faire Thomas était en train de me faire perdre la tête. J’étais à deux doigts de la jouissance. Se rapprochant encore plus de moi, Quentin me déclara qu’il me
voulait, ajoutant un vocabulaire particulièrement chaud. Soudain je sentit que Thomas avait de plus en plus de mal à se concentrer sur ce qu’il faisait. Je n’avais pas besoin de baisser les yeux,
je savais à qui il tentait désespérément de lancer un regard. Son mari ne vit rien et continua à me dire des tas de truc chaud. Ses mains glissaient de manière de plus en plus osée, dérapant vers
un lieu plus intime. Il se déplaçait de manière tactique, afin de se retrouver derrière moi. Thomas avait maintenant totalement cessé sa fellation. Je baissais finalement mes
yeux vers lui et vit à quel point il se sentait mal. Comment Quentin pouvait-il être aussi aveugle ? Comment pouvait-il faire souffrir l’homme qui semblait l’aimer plus que tout ?
Je ne pouvais pas c’était au-dessus de mes forces. Ce n’était pas que je n’avais pas envie de continuer, mais voir Thomas dans cet état me mettait presque hors de moi. Je ne pouvais pas lui faire
cela. Je trouvais donc assez rapidement une excuse qui n’était pas totalement fausse. Je m’écartais un peu, disant faussement mal à l’aise :
- Désolé, je ne dois pas rester trop longtemps, je dois bosser.
Ne voulant surtout pas céder quelque même à la tentation, je me levais et les laisser en plan dans ma chambre, me dirigeant dans la salle de bain. J’y allais plus pour me soulager que pour
vraiment me laver. Je fit couler rapidement l’eau, profitant de sa chaleur et de ma main droite je soulageais seule mon intimité qui n’avait pu l’être à cause de Quentin. C’était une soirée qui
sortait de l’ordinaire. Je ne m’étais vraiment pas attendu à ce genre de chose. J’en ressortais presque plus frustré que je ne l’avais été avant. Je ne mis pas longtemps à sortir, retournant dans
ma chambre pour attraper de nouveaux vêtements, choisissant cette fois ci de mettre un boxer. Ils étaient tous les deux déjà partit en ayant rassemblés leurs affaires. Je n’avais pas eu le temps
de leur dire au revoir, au du moins de revoir une dernière fois Thomas. Je me souvenais de son nom et était sur de ne pas l’oublié. Il avait fait un court passage dans ma vie et m’avait marqué.
Le bruit de la boîte juste en dessous de mes pieds montrait que la fête en bas était loin d’être fini. Je parcourus les couloirs dans le sens inverse. Arrivé dans la salle, je
fit un bref tour d’horizon et constatais qu’ils étaient partit pour de bon. Je vis alors mon ami de toujours assis à une table. Cette fois-ci il était venu sans son copain. Je me dirigeais vers
lui. Le voir et lui parler un peu me ferait le plus grand bien et me sortirait de cet état dans lequel je n’avais vraiment pas l’habitude d’être. Bien que cette soirée n’avait rien eu
d’extraordinaire, elle était finalement très spéciale. Marchant au milieu de tout ce monde, je retrouvais peu à peu le monde dans lequel je vivais, et dont je venais de m’éclipser quelques
heures.
Je souris, mais n’insistais pas. Pourtant ce n’était pas l’envie qui m’en manquait. Autant
dire que depuis hier, j’avais l’objet de mes désirs sous les yeux, je l’avais même vu nu sous la douche, et je me demandais comment je pouvais encore résistait. Frustré, je lui demandais alors,
cherchant par tous les moyens une solution possible, sachant maintenant pertinemment qu’il en avait autant envie que moi, même s’il n’en montrait rien :
- Tu fais quelque chose de spécial ce soir ? J’ai un ami qui fait une petite soirée avec son
copain, tu pourrais venir. On peut dormir là bas. Je ne travaille pas ce soir…
- Non… Je … J’ai Quentin qui m’attend à la maison, dit-il en baisant la tête et en détournant le
regard.
- Très bien, dis-je déçut.
Je pris la direction de la porte, sans chercher à rester plus longtemps, sachant que je ne résisterais pas plus longtemps, puis j’ajoutais tout de même :
- Tu as mon numéro si jamais tu changes d’avis… Je pars de ma boite à 20h.
Rapidement, je me retrouvais dehors : il commençait à pleuvoir et je n’avais pas de parapluie. D’un pas pressé, je me rendis dans la galerie commerciale du coin, j’avais quelques achats à
faire. Il me manquait quelques vêtements, et je profitais de cette après midi ou je n’avais pas grand-chose à faire pour les acheter. Je n’aimais pas particulièrement faire les magasins, mais de
temps en temps cela passait. J’y passais une partie de l’après midi, et environ une heure après que j’ai quitté Thomas, alors que j’essayais un pantalon, j’entendis mon portable sonner, me
signifiant que j’avais un message.
Agacé mais curieux, j’attrapais mon portable et vit qu’il s’agissait d’un message de Thomas qui disait :
« C’est ok pour ce soir, 20h, devant ta boîte… »
Un sourire s’afficha sur mon visage, ainsi il avait changé d’avis. Heureux, je finis rapidement mes achats avant de rentrer
chez moi. Je posais les nouveaux vêtements que j’avais acheté, avant d’aller me faire à manger. Je me préparais simplement des pâtes à l’eau, ayant la flemme de faire plus. Pendant qu’elles
cuisaient, j’allais ranger mes nouveaux achats et allumer la télé. Je ne parvenais pas vraiment à cacher ma joie à l’idée de le voir ce soir. Cependant léger petit détail me vint à
l’esprit : prévenir Arnaud. Devais-je lui dire avant que j’amenais quelqu’un et surtout lui en dévoiler l’identité. Je finis par choisir d’appeler Arnaud après mon repas.
J’allais m’installer dans le canapé, mangeant en regardant la télévision. Une fois terminé, je pris mon courage à deux mains et éteignit la télévision avant de prendre mon portable et de composer
nerveusement le numéro de téléphone de mon ami :
- Salut Jonas ! Tu as bien reçut mon texto ? C’est ok pour ce soir ? Commença-t-il à
peine eut-il décroché.
- Salut.
Oui, justement je t’appelle à ce sujet. J’ai proposé à un ami de venir et… dis-je hésitant.
- Et bien c’est super, pas de soucis il peu venir. Un ami hein… Qui c’est ? me demanda Arnaud,
d’une voix assez enjouée.
- Thomas, dis-je simplement en me jetant à l’eau.
Un grand silence suivit son nom, jusqu’à ce que Arnaud me dise :
- Jonas, tu fais comme tu veux, tu es un grand garçon, même si je t’ai dis le fond de ma pensée hier.
Maintenant si tu souhaite poursuivre dans cette voie, je ne vais pas m’y opposé. Vous arrivez à huit heure et quart, huit heure et demi ça te va ?
- Oui… Merci Arnaud.
- Tu ne devrais pas me remercié Jonas. Aller à tout à l’heure.
Je n’eus pas le temps de répondre qu’il avait déjà raccrochais. Je soupirais en me laissant aller dans le canapé.
Je passais une bonne heure devant la télé, jusqu’à ce que je remarque l’heure et décide
qu’il était temps de me préparer. J’optais pour une bonne douche après les courses de ce début d’après midi, puis m’habillait à la fois simplement et pour plaire à Thomas. Une fois prêt,
j’attrapais mon sac et les clefs de ma voiture et sortais dehors afin de me rendre au lieu de rendez vous. Arnaud n’habitais pas très loin et en un petit quart d’heure nous y serions.
Je me garais devant la boîte, j’avais une minute d’avance et Thomas n’étais pas encore là. Je mis la musique et m’allumai une cloppe pour patienter. Lorsque je fus à la troisième cigarette, je
regardais l’heure avec rage, il était maintenant 20h15 et Thomas n’était toujours pas arrivé. Je me demandais pourquoi je l’avais attendu aussi longtemps. Je remis le contact près à partir,
lorsque je vis une silhouette dans le rétroviseur, marcher rapidement vers moi. Un sourire vint étirer mes lèvres lorsque je reconnu Thomas et sans hésiter, je sortis la main de la voiture lui
faisant signe. Thomas me reconnu et fit le tour de la voiture avant de venir prendre place à côté de moi. Une fois assis sans la voiture il referma la porte, et déclara d’une voix qui cachait
assez mal sa gêne :
-
Désolé pour le retard… Et encore merci pour l’invita…
Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que déjà je l’avais coupé d’un baiser, ayant réprimé cette envie depuis trop longtemps. Retrouver ses lèvres et leur gout unique
était toujours un plaisir nouveau et réel. Pour le moment, je préférais mettre de côté les doutes. Je voulais profiter de Thomas qui avait finis par céder et m’avais finalement rejoins. Trop
heureux de le revoir, de pouvoir de nouveau posséder ses lèvres, j’oubliais son retard, j’oubliais tout ce qui n’étais pas lui et lui offrait un baiser qu’il n’oublierait pas de si tôt. Je
pouvais sentir les battements de son cœur battre la chamade, comme encore sous la propre surprise de ce qu’il venait de faire. J’étais sur qu’il avait du mener un lourd combat intérieur, pesant
le pour et le contre. Je finis par quitter ses lèvres, lorsque le manque d’air fut trop important. Alors que j’étais en train de tourner la clef dans le contact, une question me vint à l’esprit,
je savais que ça ne me regardait pas et pourtant je ne résistais pas à la poser :
- Et qu’as-tu fait de Quentin ?
- Je… Il est en déplacement pour le week-end, il ne rentrera que lundi.
D’une voix assez chaude et sensuelle, me rapprochant de lui, je murmurais à son oreille :
- Dans ce cas je vais pouvoir pleinement profiter de toi…
sans lui laisser le temps d’une quelconque réaction, j’enclenchais la première, et m’engageais sur la route en direction de chez mon amis Arnaud. Thomas mis du temps avant de ne plus être
totalement rouge. Cette timidité extrême devait le rendre fou et j’aimais plus que tout m’amuser de celle-ci. Le chemin se fit dans le silence, Thomas enfoncé dans son siège, semblant réaliser à
peine ce qu’il venait de faire. A vrai dire, j’étais dans le même état que lui-même si je ne le montrais pas. Je ne venais pas simplement d’inviter Thomas à baiser, mais bien plus que cela. Je
venais de l’inviter à passer une soirée avec mes amis. Qu’est ce que cela allait entraîner ? Dans quoi était-ai-je en train de m’embarquer ? Je jetais un coup d’œil vers Thomas, il
s’était habillé très simplement, pas comme on pouvait souvent le voir. Et ces vêtements lui allaient à ravir. Il portait une simple chemise légèrement entrouverte et un jean qui se déposait
habillement sur son corps qui avait toujours ce même effet sur moi. Un frisson me parcourut. En l’observant simplement, je m’étais totalement concentré sur lui et j’en avais oublié toutes mes
interrogations. A quoi bon se poser des tas de questions après tout. J’avais envie de passer une soirée avec lui et je l’avais invité. Il avait accepté ma demande et nous nous retrouvions tous
les deux dans ma voiture. Je devais faire appel à tout mon sang froid pour ne pas lui sauter dessus et ravir une nouvelle fois ses lèvres d’un baiser. Depuis hier soir, l’avoir à côté de moi et
ne pas le toucher était une vraie torture. Pourtant, je savais qu’il n’était maintenant que question de patience. Il était rare que j’en fasse preuve mais Thomas en valait largement le coup.
Nous ne tardâmes pas à arriver devant la maison d’Arnaud, et nous nous garâmes juste derrière sa voiture. Je me tournais vers Thomas, et déclarais simplement :
- Voilà,
c’est ici.
Thomas acquiesça et nous sortîmes de la voiture, nous dirigeant vers la porte d’entrée de chez Arnaud. Je me souvenais du premier jour ou nous étions aller visiter cette maison avec Arnaud et
Samuel. Celui-ci ne comprenait pas pourquoi j’avais besoin de les accompagner, faisant ressortir sa légère jalousie vis-à-vis de la relation privilégiée que j’entretenais avec
Arnaud. Pour lui, lorsqu’ une relation était terminée, on devait définitivement tirer un trait sur l’autre, afin qu’il n’empiète pas sur leur relation nouvelle. Mais j’avais
était son meilleur ami avant de devenir son amant, et ils nous étaient impossible de couper les ponts. Nous nous aimions, mais pas de la même manière. Il me voulait pour lui seul, et jamais je
n’avais pu m’y résigner. Nous souffrions de cette relation et nous avions préféré redevenir simplement d’excellents amis qui ne couchent pas ensemble. Une fois devant la porte, je dis à
Thomas :
- Tu vas voir, ils sont très sympas. On va passer une soirée agréable et surtout mets-toi à ton aise, tu
n’as pas à te sentir mal à l’aise ou gêné avec eux.
Thomas m’offrit simplement un petit sourire stressé avant que je n’ouvre sans frapper sous son regard surprise.
Aussitôt une voix cria :
- Arnauuud, Jonas et son petit ami sont là.
Samuel avait bien sur fait exprès d’employer ce vocabulaire, donnant tout de suite le ton de la soirée qui ne s’annonçait pas si tranquille que cela. Arnaud ne tarda pas à arriver, m’offrant un
sourire et omettant de faire de même à Thomas. Je préférais sur le coup me dire que c’était moi qui fabulais, et attendre de voir comment tout cela allait évoluer.
- Tu me
présentes ? demanda alors Arnaud.
Je tournais la tête vers Thomas qui semblait au bord du malaise. Je posais alors ma main sur son épaule, comme pour lui montrer que j’étais là, et fit ce que Arnaud venait de me
demander :
- Arnaud
voici Thomas, Thomas je te présente Arnaud.
- Enchanté, déclara Arnaud, se tournant sans lui laisser le temps de lui répondre. Nous le suivîmes en
directions du salon, où Samuel était assis sur le canapé sirotant une bière. Nous prîmes place, Thomas et moi sur des fauteuils voisins et Samuel et Arnaud sur le canapé d’en face. Je pris mon
paquet de cigarette, puis je demandais à Arnaud plus par habitude que par politesse :
- Je peux ?
- Oui, je vais aller ouvrir la fenêtre.
J’allumais donc une cloppe, tentant de me calmer. Je n’aimais pas du tout la manière dont ils accueillaient Thomas, et j’étais à deux doigts de partir avec lui sans demander mon
reste. Le silence tomba, personne ne semblait vouloir commencer à parler. Arnaud jetais un regard à Thomas qui commençait sérieusement à me taper sur les nerfs. Samuel nous
jetais de temps des regards passant de moi à Thomas. J’aurais mille fois préféré passé une soirée avec Thomas seul à seul et je regrettais déjà de l’avoir amener. Il était d’ailleurs de plus en
plus mal et l’envie d’aller tout près de lui était de plus en plus forte. Soudain, Arnaud brisa le silence en s’adressant à Thomas :
- Alors Thomas ? Quentin va bien ? Il n’était pas là ce week-end ?
Alors que j’allais répondre une réplique bien cinglante, le téléphone sonna. Arnaud se leva et alla répondre, tandis que Samuel se leva prétextant qu’il avait besoin d’aller aux toilettes. Je
tournais la tête vers Thomas qui lui aussi s’était levé. Intrigué je demandais :
- Thomas ?
- Je suis désolée, je vais partir… C’était une mauvaise idée…
Je me levais aussitôt marchant vers lui et le prenant dans mes bras, sans qu’il cherche à se défaire de mon étreinte. Mes bras passaient le long de son corps comme pour le réconforter. Je lui
murmurais alors à l’oreille après avoir déposé un petit baiser sur sa joue :
- Si jamais tu devais partir Thomas, je partirais avec toi. Je suis désolé qu’ils agissent ainsi, je
vais aller parler à Arnaud. Assied-toi, je reviens.
En m’écartant de lui, je ravissais ses lèvres d’un baiser, et après un sourire, je me dirigeais dans la cuisine afin de rejoindre Arnaud qui était au téléphone. J’avais de plus en plus de mal à
cacher ma colère. Arnaud m’avait déçut et cela n’allait pas se passer comme ça. J’ouvrais la porte de la cuisine qu’il avait fermée, et pénétrait dans la cuisine, refermant un peu trop bruyamment
la porte. Arnaud se tourna vers moi, surpris de mon état. Heureusement, il écourta sa conversation, et à peine eut-il raccroché que je l’attaquais :
- Qu’est ce qui te prend Arnaud ?!
- Quoi ? fit-il, prenant un air d’ignorant.
- Ne fait pas celui qui n’as pas compris, si tu as un problème avec Thomas tu aurais pu très clairement
me dire que tu n’avais pas envie qu’il vienne, on serait allé ailleurs ce soir, dis-je en commençant déjà à hausser le ton.
- Quoi ? Tu serais resté avec lui ? Enfin Jonas, dans quoi tu t’embarques !! me
répondit-il sur le même ton.
- Comme tu me l’as dit au téléphone, tu m’as déjà donné le fond de ta pensée à ce sujet. Maintenant on
passe à autre chose ! Je suis grand je fais ce que je veux de ma vie sexuelle et sentimentale. Pourquoi cela te prend tellement à cœur ? Est-ce que j’ai une fois jugé ta relation et ton
couple avec Samuel ?
- On ne parle pas de moi.
- Oui, on parle de moi, dans ce cas pourquoi tu t’en prends à Thomas de cette manière ?
- Tu crois
franchement qu’il en a quelque chose à faire de toi ? répliqua-t-il. Enfin Jonas, réveille-toi. Tu n’es qu’un coup pour lui !! Lundi, il retrouvera son mari et tu seras le pauvre con
dans l’histoire !
- En quoi je serais le pauvre con. J’ai ce que je veux de lui et il a ce qu’il veut de moi. Du moment
que les sentiments n’interviennent pas là dedans.
- Alors c’est pour cela que tu l’invite à une soirée avec nous. Dis-moi Jonas, tu l’invites lui et pas
les autres simplement parce que tu l’as baisé plus d’une fois ou parce que tu aimes sa présence. Fais moi rire Jonas, si tu ne ressentais strictement rien pour lui, il ne serait pas là en ce
moment assis sur mon canapé.
- Ca me regarde Arnaud. Ce que j’aimerais pour ce soir, c’est passer une simple soirée sympa ou tu
arrêtes d’être aussi con et mauvais avec Thomas. Tu t’excuses et commence cette soirée sur un autre ton. On ne parle plus de tout ça.
Il ne répondit rien, et cela ne me convenait pas. Je pris sur moi pour ne pas poursuivre plus loin dans la conversation, n’ayant pas envie de me disputer plus longtemps avec lui.
- Arnaud… On ne va quand même pas se faire la gueule pour ça…
Nos regards se croisèrent pour ne plus se quitter. Je m’approchais de lui avant de l’étreindre dans mes bras.
- Tu m’auras vraiment tout fait… souffla-t-il à mon oreille.
Je raffermis mon étreinte, me collant tout contre son corps sans le moindre sous-entendu. C’est à ce moment là qu’un toussotement étouffé ce fit entendre, nous faisant nous séparer pour
s’apercevoir qu’il s’agissait de Samuel. Il ne fit aucun commentaire sur ce que nous étions en train de faire, habitué depuis le temps à la proximité que nous entretenions.
- Vous comptez passer toute la soirée ici ?
- On arrive Sam, répondit Arnaud.
Je failli répliquer quelque chose pour chercher un peu Samuel, mais ce n’était pas vraiment le moment. Sans un mot de plus, il repartit dans le salon, rejoindre Thomas, suivit de près par Arnaud
et moi. Arrivé au salon, Thomas avait changé de place, se mettant sur le canapé. Aussi, j’allais m’asseoir à côté de lui, laissant les fauteuils à Arnaud et Samuel.
Arnaud s’assit en face de nous, puis après une grande inspiration, il s’adressa à Thomas avec un léger sourire :
- Je tiens à m’excuser Thomas, je suis allé trop loin tout à l’heure. Reprenons la soirée comme si rien
ne s’était passé.
Il s’adressa ensuite à Samuel :
- Sam tu veux bien aller chercher à de quoi boire s’il te plait.
Samuel acquiesça et se leva quelques secondes après. Pendant ce temps j’en profitais pour m’approcher un peu de Thomas, ce qui ne parut pas vraiment lui déplaire. Nous échangeâmes un petit
sourire avant que m’allume de nouveau une cigarette et que je demande à Arnaud :
- Sinon le boulot ça marche bien ?
- Oui, j’ai eu l’occasion de revoir un certain client qui se lamentait de ne pas te revoir dans la salle
d’attente.
Je ne répondis pas à sa petite pique, mis j’eux le regard intrigué de Thomas posé sur moi.
Arnaud sauta sur l’occasion pour ajouter à mon attention :
- Disons qu’il l’a soigné à sa façon sans la moindre discrétion dans mon cabiné.
- Tu travail dans quoi ? demanda Thomas, sans relever ce que venait de sous-entendre Arnaud alors
qu’il avait semble-t-il parfaitement saisi.
Je suis médecin… Au fait, ça va mieux ta main Jonas ? Demain on pourra t’enlever tes
bandes je pense.
Je n’aimais pas particulièrement qu’il aborde cela devant Thomas. Mon cocard s’était dissipé mais ma blessure à la main restait bien en évidence.
Timidement, Thomas tourna la tête vers moi, et de sa petite voix qui avait toujours le même effet sur moi, il me demanda :
- Tu t’es fait cela comment ?
Je ne m’attendais vraiment à ce qu’il me pose cette question, et le pire dans tout cela, c’est que je ne savais vraiment pas quoi lui répondre, ni de quelle manière cacher mon trouble. Je jetais
un rapide regard d’appel à l’aide à Arnaud qui semblait tout aussi gêné que moi, toute cette scène ne passant pas inaperçu aux yeux de Thomas.
Heureusement, pour une fois, Samuel fit quelque chose d’utile, il choisit ce moment-l) pour revenir avec un plateau rempli de nourriture et de boisson.
- Vous êtes bien silencieux… déclara-t-il.
Samuel nous demanda chacun ce que nous souhaitions et nous servis avant de ranger un peu et de poser de quoi manger. La conversation s’engagea alors sur un sujet bien différent et un ton bien
plus léger, et je sentis alors une main se poser délicatement sur la mienne. Je tournais la tête surpris vers Thomas. Je savais que ce geste était lié à ce qui s’était passé juste avant et
j’étais particulièrement touché par cette attention. Avec un petit sourire, je m’approchais encore plus de lui et passais mon bras par-dessus mon épaule l’attirant vers moi dans un geste
affectueux que je n’offrais que très rarement.
Cela semblait d’ailleurs surprendre Arnaud qui nous jeta un regard intrigué. Thomas d’abord tendu, se laissa aller dans l’éteinte de mes bras, callant sa tête sur mon épaule.
L’ambiance elle aussi gagna en détente et le début de la soirée se passa sur un ton de légèreté. Arnaud s’éclipsa quelques minutes afin d’aller mettre en route le petit repas qu’il nous avait
préparé, suivit de près par Samuel qui alla lui donner un coup de main. C’est ainsi que je me retrouvais seul avec Thomas. Sans la moindre hésitation, je tournais la tête vers lui et approchais
ma bouche près de son oreille lui susurrer :
- Tu dais
que tu es particulièrement… Habillé comme ça tout contre moi. S’ils n’étaient pas là… je…
Je passais sensuellement ma langue sur le lobe de son oreille. Je sentis Thomas frissonner rien qu’à ce contact. Dieu que j’aimais sa sensibilité à fleure de peau… Ma main ne pu rester une
seconde de plus inactive, et nonchalamment, je la posais sur sa cuisse pour remontait lentement le long de celle-ci par l’intérieur.
Je lui susurrais encore quelques mots qui passèrent le barrage de mes lèvres :
-
D’ailleurs, ce n’est pas vraiment ce qui me gêne…
Ma bouche glissa alors automatiquement dans son coup, alors que ma main n’était pas loin de toucher son but. Malheureusement Thomas, qui semblait à deux doigts de céder à ma proposition se leva
d’un coup se détachant de ma propre emprise. Il commença à bredouiller quelque chose d’incompréhensible, avant que Arnaud ne dise :
- Vous pouvez venir, le repas est prêt.
Je me levais en poussant un soupire qui trahissait ma frustration, puis parti à la suite de Thomas en direction de la cuisine.
Cependant, un peu avant que nous arrivions à la salle à manger, j’attrapais Thomas par le bras, le forçant se tourner vers moi. Sous l’effet de la surprise, et sans qu’il ait
eut le temps de faire quoi que ce soit, je ravissais ses lèvres lui transmettant sans aucune retenue ma forte envie de lui. Il eut à peine le temps d’entrouvrir ses lèvres que déjà ma langue
venait à la recherche de la sienne. Mes mains partirent d’assault à la rencontre de son corps, dans une étreinte possessive et passionnée. Je le sentais se perdre dans mes bras, sans trop savoir
comment me résister. Alors que j’étais à deux doigts de l’attirer dans une des chambres, ne tenant plus, un toussotement étouffé dans le dos de Thomas nous fit nous séparer.
- Je vous dérange peut être ? demanda Arnaud. A table…
Sans un mot de plus et dans un silence gêné de la part de Thomas, dont la couleur des joues était plus que rouge, nous allâmes nous installé à table.
Arnaud était assis à côté de Samuel et en face de Thomas et moi. Nous mangeâme tranquillement, parlant de tout et de rien. Thomas se détendait de plus en plus, riant aux âneris de Samuel ou
échangeant quelques mots avec Arnaud. Je ne pus m’empêcher de poser ma main sur sa cuisse au moment du dessert. Je souris intérieurement en voyant ses jours rosirent.
Lentement et d’une manière assez sensuellement, je caressais sa cuisse, sans pour autant
être trop explicite. J’avais besoin de sentir son corps sous ma main et pour le moment je me contentais de cela. Je ne savais même pas pourquoi j’agissais ainsi. Arnaud avait peut être finalement
raison, dans quoi été-ai-je en train de m’embarquer ? Tous ces gestes, toutes ses attentions… Au plus profond de moi, je me rendais maintenant compte que ce n’étais pas uniquement une pure
attirance sexuelle comme j’avais avec tout les autres hommes. Pourtant, je ne voulais pas de cela. Etait-est-ce aussi parce que je ne parvenais pas vraiment à l’atteindre ? Certes je
couchais avec lui, je prenais un plaisir fou tout autant que Thomas en prenait. Notre relation était basée uniquement su cela, mais… Pour la première fois quelque chose manquait. J’avais cette
impression d’avoir une chose incomplète, de n’obtenir de Thomas que la moitié de ce que je désirais.
Lorsque Thomas glissa sa main sur la mienne, je me sentis envahi de cette douce chaleur que jamais il ne m’avait semblé avoir ressenti, ou du moins celle-ci remontait à bien trop longtemps.
Avec Arnaud, lorsque nous formions une sorte de couple, le seul homme qui avait porté le nom de « petit ami de Jonas », out était bien différent. Certes je l’avais aimé, mais jamais de
la même manière que lui m’avait aimé. Jamais je n’avais eut un geste tendre envers lui, une caresse provenant de ma propre envie. Arnaud en réclamait toujours de ma part, ressentant un manque
cruel de mon délaissement. Je restais distant, ne pouvant pas m’empêcher d’aller voir ailleurs sans le cacher, enfonçant son amour pour moi à chaque fois un peu plus, le rendant chaque jour plus
triste et souffrant. C’était moi qui avait du y mettre fin, mais jamais nous n’avions pu nous résoudre à couper les ponts. Une semaine après notre rupture, nous étions redevenu les meilleurs amis
du monde l’un pour l’autre, toujours prêt à aider ou à faire quoi que ce soit pour l’autre. Je crois même que je serais prêt à donner plus que ma propre vie pour lui. L’amour qui nous unissait
était inaltérable et indéchiffrable. Seulement c’était aussi un amour impossible et inespéré car jamais je ne pourrais lui donner ce qu’il voulait de moi et il en était de même pour lui. Le seul
que notre relation pouvait parfois dérager, était Samuel qui vivait assez mal la complicité qui nous unissait.
Arnaud se leva, allant chercher le dessert, pendant que Samuel commençait à débarrasser.
J’allais me lever pour aider, mais Samuel m’en empêcha en disant que ce n’était pas la peine. Une fois seul avec Thomas, je tournais la tête vers lui et lui demandait :
- Ca va ? Tu passes une bonne soirée ? Tu n’hésite pas à me dire si quelque chose ne va
pas.
- Non, non, me répondit-il. Je passe un très bon moment.
-
Et tu n’es pas au bout de tes surprises…ajoutais-je sous un air lourd de sous entendus.
Alors que j’allais m’approcher de lui afin de lui voler un baiser, je réprimais mon envie jurant mentalement sur celui que j’étais en train de devenir.
Thomas ne sembla rien remarquer, et Arnaud ne tarda pas à arrivé suivit
de Samuel, en déclarant :
- J’ai fait un dessert préféré Jonas : une tarte aux fraises. Ca te plait j’espère ?
demanda-t-il à l’attention de Thomas.
- Oui, s’empressa-t-il de répondre, c’est aussi un de mes desserts préféré.
- Ca ne m’étonne pas, déclara Samuel sur une pique de sarcasme.
- Que veux-tu dire par là ? Lui demandais-je.
- Rien, enfin tu dois certainement le savoir me répondit-il.
- Je vous sers une part, nous coupa Arnaud, ne voulant pas assister à une de nos petites disputes. On va
le prendre dans le salon, ça sera plus tranquille.
Chacun prit une part et nous nous rendîmes tous les quatre au salon. Arrivé devant le canapé, Samuel déclara :
- On vous laisse le canapé…
Je ne pris même pas la peine de lui répondre, et passait devant lui, suivit de Thomas avant de m’asseoir sur le canapé et d’invité Thomas à faire de même. Après une hésitation, il vint prendre
place un peu trop éloignée de moi et d’un simple mouvement, j’amenuisais cette distance inutile. Nous mangeâmes le dessert tranquillement, félicitant Arnaud pour sa cuisine et le remerciant pour
le repas et cette soirée qui était maintenant déjà bien avancée.
Samuel choisit d’ailleurs ce moment là pour attaquer de nouveau, n’ayant apparemment aucune envie d’en finir. Il s’adressa à Thomas et déclara :
- C’est sur que ce n’est pas avec Jonas que tu auras droit à ce genre de petit plat. Il sait à peine se
faire cuire des pâtes et encore. Heureusement que Arnaud est là pour le nourrir de temps en temps.
-
Je crois qu’il ne vaut mieux pas que je réponde, mais je peux juste signaler au passage que à part mettre la table et débarrassé, tu n’as pas fait grand-chose… Le seul effort que tu dois fournir
avec lui c’est le baiser.
- Ferme là Jonas, ça ne te regarde pas ! Déclara très sèchement Arnaud, tentant de couper court à
cet énième début de dispute.
Il jeta alors un regard noir à Samuel qui allait ajouter quelque chose. Je posais mon assiette à dessert sur la table basse et attrapait mon paquet de cigarette. Après m’en être allumé une, je me
laissais aller en arrière, sans trop coller Thomas afin de ne pas l’enfumer. L’ambiance mit cette fois-ci plus de temps à se détendre, mais au bout d’une vingtaine de minutes, tout semblait être
oublié. Je m’étais rapproché de Thomas alors qu’il avait cette fois ci de sa propre initiative, posé sa main sur ma cuisse. J’avais aussitôt passé mon bras autour de sa taille, et Thomas était
venu posé sa tête sur mon épaule. Plus le temps passait et plus je me rendais compte que Thomas manquait cruellement de ce genre de geste d’affection. Le pire était qu’il
venait maintenant la chercher chez la plus improbable des personnes…
Je sentais parfois le regard de Arnaud se poser sur moi et plus précisément sur ma main offrant une caresse à Thomas. Je pouvais comprendre qu’il n’apprécie par particulièrement cela, s’était
battu pour en avoir de ma part alors que nous formions tous les deux un vrai couple. La suite de la soirée défila assez vite, sans trop que nous nous rendions compte du temps qui passait. Thomas
devenait de plus en plus lourd dans mes bras, signifiant qu’il commençait à s’assoupir. Je n’aurais su dire pourquoi mais ainsi avec mes amis et avec Thomas tout contre moi, je me sentais serein
comme rarement il m’était offert de l’être.
Soudain, Arnaud posa une question qui eut pour effet de mettre fin à ce sentiment, réveillant même un peu Thomas, certainement sous l’effet de la curiosité :
- Et ta mère Jonas ? Comment va-t-elle ?
- Pas mieux que d’habitude, me contentais-je de répondre assez froidement.
Je sentis le regard intrigué de Thomas se poser sur moi, mais je fis tout pour ne surtout pas le croiser. Heureusement, Arnaud compris que je n’avais pas envie d’aborder plus avant ce sujet, et
en changea assez rapidement.
La fin de soirée eut raison de Thomas qui finit par s’endormir paisiblement sur mon épaule. Alors qu’avec un petit sourire amusé de le voir ainsi, je dégageai une des ses mèches de cheveux qui
lui barrait le visage, Samuel déclara :
- C’est vrai qu’on dirait un parfait petit couple…
- Ta gueule Samuel, répliquais-je simplement. Bon, il se fait tard, je vais aller me coucher. On peut
prendre la chambre d’ami Arnaud ?
-
Bien sur… Tu viens avec moi, je vais faire le lit.
Avec une extrême douceur, je me dégageais de l’étreinte de Thomas qui trop profondément endormi, ne s’aperçut de rien. Nous nous rendîmes ensuite tous les deux dans la chambre, attrapant au
passage des draps propres. Le silence dura quelques minutes, une fois dans la chambre, jusqu’à ce que je demande à Arnaud qui avait une expression assez triste depuis un moment :
- Quelque chose ne va pas Arnaud ?
Arnaud releva la tête vers moi, et je pus alors voir une simple larme couler au coin de son œil, descendant le long de sa joue. S’en apercevant, il tenta de se reprendre passant sa manche sur son
visage afin d’effacer ce que je venais de voir. D’une petite voix assez perturbée, il me demanda alors, semblant prendre énormément sur lui afin de se lancer :
- Dis moi Jonas, qu’est ce que tu ressens précisément pour Thomas ? Je… Je ne t’ai jamais vu agir
ainsi… Tu n’as jamais été comme ça… Avec aucun autre homme… Pas même… Pas même avec moi…
Je connaissais Arnaud par cœur et à son expression et à ses mains tremblantes qu’il tentait de cacher, je sentais qu’il allait pleurer. Je contournais le lit, afin de m’approcher de lui et sans la moindre hésitation, je le pris dans mes bras, le serrant très fort, presque jusqu’à l’étouffer. A sa question, jamais je n’aurais pu lui donner de réponse et lui-même le savait pertinemment. Si j’avais pu me douter jusqu’à maintenant que Arnaud éprouvait encore beaucoup pour moi, bien plus qu’il ne le devrait, j’en avais la preuve à l’instant même. Il avait pu supporter tous les hommes avec qui j’avais pu coucher, des histoires sans lendemain, mais pour Thomas, c’était trop dur et il était maintenant en larme au creux de mes bras, répondant faiblement à mon étreinte. Je ne sus combien de temps nous restâmes ainsi, collé l’un contre l’autre, offrant mon épaule à Arnaud ; lui qui m’avait si souvent donné la sienne. Lorsque les larmes se tarirent, c’est en silence que nous nous séparâmes. Je l’aidais à faire le lit, sans dire un mot, puis avant qu’il ne sorte de la chambre, je l’attrapais par le bras, le forçant à se retourner. Il me regarda surpris et sans qu’il n’ait eu le temps de faire quoi que ce soit, je déposais délicatement mes lèvres sur les siennes, en un chaste baiser. Puis dans une dernière étreinte, je soufflais deux mots à son oreille que je n’avais fait don à personne d’autre, avant de me séparer de lui. Un petit sourire triste étira ses lèvres, avant qu’il ne me tourne le dos et sorte de la pièce. Il passa par la salle de bain afin de se rincer le visage tandis que j’allais rejoindre Thomas encore assoupis sur le canapé. Un soupire traversa mes lèvres, la deuxième partie de la nuit ne faisait que commencer…
A suivre...
Partie 1
Assis sur le canapé dans mon appartement de la boîte, je tentais de remettre mes idées en
place. Thomas était là, à quelques mètres moi, nu en train de se prendre une douche, et je n’avais même pas envie de l’y rejoindre. Déjà profondément troublé par le fait que Thomas m’appelle, je
l’étais encore plus par le fait qu’il soit dans cet état. Il semblait si perdu… Si affaibli… J’avais beau tenté de me convaincre, ce n’était pas vraiment de la pitié que j’éprouvais pour lui,
c’était un sentiment différent qui m’impliquais malgré moi. Je me rendais compte que cela était douloureux pour moi de le voir ainsi. Je me pris soudain la tête entre les mains. Dans quoi
était-ai-je en train de m’embarquer… ? Que dirais Arnaud s’il me voyait agir ainsi ? Je suis sur qu’il se moquerait de moi…
Je fus sortit de mes pensés par la toux bruyante de Thomas qui provenais de la douche. Les multiples questions que je posais à son sujet et l’inquiétude que je ressentais pour lui, revinrent au
galop. Pourquoi était-il venu me voir ? Il ne me fallait pas bien longtemps pour comprendre qu’il s’était fait viré de chez lui, ne doutant pas des actions que Quentin
pouvais commettre. Mais pourquoi avait-il choisi de venir m’appeler à l’aide. Car il me semblait bien que c’était un appel à l’aide, bien masqué, même invisible aux yeux de
Thomas. Comment pouvait-il être dans un tel état de détresse, comment pouvait-on ne pas le remarqué et y être insensible ?
Je finis par me lever, me disant qu’il aurait besoin de vêtements propres et plus chaud. Je me dirigeais vers mon armoire, tentant de trouver quelque chose qui lui irait bien
et qui lui tiendrais chaud. Puis, ne voulant pas le gêné, et me foutant qu’il soit nu sous la douche, je rentrais dans la salle de bain embuée de vapeur. Thomas était sous la douche, dos à moi,
se tenant la tête entre les mains et laissant couler l’eau chaude sur lui. Je me débarrassais des vêtements en les posant sur la petite commode. Puis, lentement, je m’approchais de lui, à la fois
curieux et inquiet de le voir dans cet état. Encore une fois, je n’étais pris d’aucune envie de le rejoindre, je sentais que c’était tout sauf ce dont il avait besoin. Même si je n’étais pas
indifférent la vu de son corps nu, je savais me tenir.
Une chose alors frappa mon attention. Il avait, tout le long du coup, une grande marque bleu violacée, comme si on l’avait frappé. Les pires craintes me saisirent alors. Mon cœur se sera sans que
je sache pourquoi. J’étais partagé entre l’envie d’aller le voir et de le consolé et l’envie de fuir tout ça le plus vite possible. Je finis par choisir l’entre deux, sortant de la salle de bain
et retrouvant ma place sur le canapé et le verre à la main. Qu’allais-je faire ? Allais-je lui en parler, lui poser des questions ? Ce n’était surement pas la bonne
idée. Je ne voyais pas du tout de quelle façon j’allais pouvoir réagir quand il arriverait, extrêmement mal à l’aise. Encore une fois je ne comprenais pas pourquoi il était venu chercher refuge
chez moi, son amant de seulement quelques fois. En faisait cela, il me donnait plus d’importance à ses yeux, plus de confiance, et j’en étais profondément touché, je ne pouvais le nier. Ce fut
après de longues minutes qu’il réapparut dans la pièce qui servait de salon, vêtu de ses propres vêtements, toujours aussi troublé.
Surpris, je lui demandais en me levant :
- Tu n’as pas mis les vêtements que je t’ai mis ?
- Non… je… C’est très bien comme ça. Merci de m’avoir laissé prendre une douche..
Amusé de sa réponse, je n’en laissais cependant rien paraître, sachant qu’il n’avait pas besoin de cela. C’est pourquoi je répondis simplement :
- C’est rien ne t’inquiète pas.
Mes questions à son sujet étaient toujours omniprésentes. Comment régir ? Je revoyais son dos dans mon esprit, la souffrance qui exhalait de lui était maintenant plus qu’évidente. Il était
là, juste devant moi, et même en plein milieu de sa détresse, il était plus que désirable. Mais pas le désir au sens d’un assouvissement purement sexuel, mais le désir de le
prendre dans mes bras en le voyant rougir ainsi. Sans tenir plus longtemps, je me dirigeais vers lui, certainement un peu trop rapidement car il eut un mouvement de recul. N’ayant pas l’envie de
faire durer cela plus longtemps, je le pris aussitôt par le bras pour le prendre un peu trop brusquement dans mes bras. J’avais besoin de le sentir tout contre moi, l’étreindre simplement. Je
sentais que c’était nécessaire pour lui comme pour moi. Il était dans un tel état… Totalement perdu, ne sachant même plus à quoi se rattacher. En l’étreignant ainsi simplement dans mes bras,
j’avais le sentiment de lui apporter quelque chose, comme si c’était tout à fait naturel. Or étais-ce mon rôle ? Pourquoi me sentais-je aussi bien lorsqu’il était ainsi tout contre moi, à
inspirer son odeur et à sentir son cœur battre faisant écho au mien. Il restait là, tendu mais se laissant faire, les bras le long du corps sans la moindre réaction. Sentant que cela ne suffisait
pas et guidé par mon instinct, j’approchais mon visage du sien dans le but de l’embrasser. Je ne voulais cependant pas d’un baiser qui conduirait directement à le mettre dans mon lit et à le
braquer, non juste un baiser de tendresse et de réconfort. Mes lèvres rencontrèrent les siens, les effleurant à peine, reflétant une simple envie chaste, des baisers comme rarement j’en offrais
pour ne pas dire jamais. Qu’étais-je en train de faire ? Je ne me reconnaissais même plus…
Je me sentais pourtant bien, juste ainsi, tout contre lui, sentant bientôt la chaleur de nos corps se mêler, créant entre nous une sorte de petit cocon. Un simple échange affectueux, je n’avais
connu ça qu’avec Arnaud lorsque nous sortions ensemble, mais j’avais fini par tout gâché, ne concevant pas les choses de la même manière. Si j’avais été fidèle comme le bon petit couple parfait,
si j’avais était aimant comme il l’avait été avec moi, je serais à la place de Samuel aujourd’hui, mais ce n’était certainement pas une place qui me convenais. J’étais plus qu’attaché à mon style
de vie. Alors pourquoi étais-je en train d’agir ainsi avec Thomas ? J’avais à peine effleuré ses lèvres et pourtant je sentais encore leur gout sur les miennes. Ce fut au bout d’un long
moment qu’il me serra à son tour, très légèrement. Je savais que c’était déjà que c’était beaucoup pour lui. Pourquoi sentais-je mon cœur battre la chamade à le sentir faire cela pour moi ?
Pourquoi me sentais-je si bien lorsque je l’avais si près de moi ? Dans quoi étais-je en train de tomber ? Etait-est-ce son petit air triste qui m’avait amené ici et le mal être qu’il
reflétait ? Tout ce que je savais c’était que je n’aurais pu faire autrement.
Plus le temps passait et plus la situation dans laquelle nous nous trouvions devenait
bizarre et ambiguë. Il fallait que sorte, que je m’éloigne de Thomas et ce dans quoi il était en train de m’embarqué. C’est pourquoi après un moment, aussi gêné que lui, je lui dis :
- Je vais retourner travailler… Tu veux… venir avec moi ?
Comme à son habitude, il resta figé, sans m’offrir la moindre réponse. Il était en fait, aussi déboussolé que moi par ce qui venait de se passer et ce qu’il avait du vivre avant de venir chercher
refuge chez moi. Je rajoutais donc :
- Tu peux rester ici, je ne reviendrais pas. Tu n’as qu’à te reposer et si jamais, je viendrais te
réveiller avant que je parte.
Il se contenta de hocher la tête. Sans trop réfléchir, je sortis, sachant que si je venais encore à l’embrasser ou à l’enlacer je ne sortirais jamais de cette chambre et m’enfermerai dans ce que
je ne voulais pas. Je ne regrettais pas ce qui venait de se passer, mais je m’étais laissé emporter et je n’aimais pas le fait de ne pas être maître de moi-même. Je ne
descendis pas directement à la salle de danse, je me rendis d’abord aux toilettes afin de me passer un peu d’eau sur le visage. Si au début de la soirée j’avais eu envie de me faire plusieurs
mecs dans la nuit, l’envie m’avait maintenant totalement quitté. J’allais rejoindre Arnaud et Samuel et passer le reste de la nuit avec eux.
C’est ce que je fis, après m’être repris et avoir pris une grande inspiration. Je traversais la piste de danse, dans chercher à séduire, donnant quelques ordres et conseils au passage, vérifiant
que tout allait bien, avant de rejoindre Arnaud qui était seul à une table dans le fond. Je m’assis à côté de lui. M’en voulait-il encore un peu pour ce que j’avais fait aujourd’hui à son
cabinet ? Apparemment c’était oublié, c’était une colère passagère.
- Samuel n’est pas avec toi ? Demandais-je alors surpris.
- Il viendra peut être nous rejoindre plus tard, il a du boulot. Et toi alors, tu reviens de la
haut ? Un bon coup ?
- Il finit souvent tard en ce moment, dis-je en tentant de détourner la conversation.
Mais Arnaud n’était pas né de la dernière plus et pouvait lire en moi comme dans un livre ouvert.
- Qu’est ce que tu foutais jusqu’à maintenant Jonas ? demanda Arnaud suspicieux.
- C’est quoi que tu es en train de faire Arnaud ? Un interrogatoire ou une banale discussion entre
amis.
- Oula, calme-toi Jonas. Désolé, je te taquinais un peu ! Mauvais coup alors…
- Si on veut, répondis-je, ne voulant pas m’appesantir sur le sujet. Tu veux un autre verre ? Je
vais m’en chercher un.
Je revins quelques minutes plus tard, avec deux verres à la main, les posant sur la table et retrouvant ma place sur le fauteuil à côté d’Arnaud. Il resta silencieux après
avoir soufflé un merci. Il savait que je lui cachais quelque chose et n’aimait pas cela du tout. Au bout de longue minutes, ne tenant plus je finis par me confessé, rageant sur le fait qu’il
avait encore gagné. Que risquais-je après tout, il n’y avait rien à juger…
- Thomas
m’a appelé ce soir. Je lui avais donné mon numéro en cas de besoin et..
- Je vois tout à fait de quels types de besoins tu veux parler ! déclara-t-il sur un ton moqueur me
coupant.
Je ne m’en préoccupais pas et poursuivis :
- Bref, il avait quelques soucis et est en train de dormir là haut. Tu l’aurais vu rentrer frigorifier,
et ce qui m’inquiète c’est que…
Arnaud me coupa encore une fois, mais cette fois-ci plus du tout sur le ton de la plaisanterie.
- Dis-moi que vous avez couché ensemble ???
- Non… répondis-je simplement.
- Putain Jonas !! Dans quoi tu t’embarques ? Je pensais au départ que c’était juste un coup
comme ça. Tu aides les coups que tu baises maintenant ?
- Non, dis-je sur la défensive. Je le lui avais proposé à lui et il en avait besoin.
- Ce ne sont pas tes affaires Jonas, tu ne sors pas avec et tu as déjà assez de problèmes personnels
comme ça pour rajouter en plus le fait de rentrer dans ce genre de relation.
- Quelle relation ? Il n’y a strictement rien entre nous à part du cul.
- C’est pour ça qu’il dort dans ton lit et que tu ne l’as pas touché.
- Il n’allait vraiment pas bien ! Je n’allais pas le violer non plus !
- Ca n’a rien à voir Jonas, ce que j’essaye de te dire c’est que ce n’est pas ton rôle. Il a un mari et
n’a pas besoin d’un amant, surtout toi. C’était bien une fois, deux fois, maintenant tu ferais bien mieux de mettre fin à tout cela, cette histoire va t’apporter des problèmes.
- Qu’est ce qui te prend Arnaud ? Tu es jaloux ?
- Jaloux de quoi ? S’offusqua Arnaud.
- Jaloux de Thomas, répliquais-je.
- Ecoute Jonas, notre histoire c’est du passé, ça fait bien longtemps que j’ai tiré un trait dessus,
j’en ai assez souffert.
- Alors pourquoi cela te pose-t-il tant de problèmes ? lui-demandais-je.
- Parce que je sais ou tout cela va mener. Et à la fin tu n’en ressortiras pas indemne.
- Tu veux dire ?...
- Qui à la place la plus fragile dans l’histoire ? Thomas l’homme marié ou toi, l’homme seul qui
sert de baiseur à un mec insatisfait. Il ne fait que se servir de toi Jonas.
- J’y trouve mon compte, dis-je en me levant, las de la tournure qu’avais pris la conversation. Ne
t’inquiète pas pour moi.
- Jonas reste avec moi, c’est bon, on ne parle plus de ça… Je voulais juste t’exposé mon avis, je ne
veux pas d’une dispute pour ça…
Je me retournais vers lui, le regardant droit dans les yeux. Moi non plus je n’en voulais pas, mais je n’aimais pas la façon dont il avait parlé de Thomas. Il fallait que je me calme, c’est
pourquoi je lui dis simplement, avec un léger sourire :
- Je reviens, j’ai deux trois trucs à régler avec les videurs.
- A tout de suite, me répondit Arnaud, amenant son verre à sa bouche et buvant une gorgée.
J’avais mentis à Arnaud. En réalité, j’allais voir comment allait Thomas. Son état
m’inquiétais plus que je ne le pensais. Je montais assez rapidement les marches qui menaient à mon appartement, me rinçant les yeux au passage sur plusieurs hommes d’une beauté non négligeable.
Une fois devant ma porte, je l’ouvris délicatement, et sans un bruit je me glissais à l’intérieur. Les lumières étaient éteintes, et je ne cherchais pas à les allumer, ne souhaitant pas forcément
que Thomas s’aperçoive de ma présence. Alors que j’approchais de ma chambre, je jetais un coup d’œil à travers la porte entrouverte. Thomas y était bien couché, mais un petit bruit à peine
audible attira mon attention. Eté-ai-je en train de fabuler ou Thomas était en train de pleurer ? Autant dire que je ne m’y attendais pas du tout. Désappointé et décontenancé, je ne savais
pas comment réagir. Devais-je allais le rejoindre ? Je repensais à l’attitude qu’il avait eu tout à l’heure, peut être n’avait-il pas voulu pleurer devant moi, et je le comprenais
parfaitement. J’hésitais un moment, avant de finir par respecter son choix, m’éclipsant avec la même discrétion dont j’avais fait preuve lorsque j’étais venu.
La suite de la nuit se passa tranquillement. Lorsque j’allai rejoindre Arnaud, nous ne parlâmes plus de Thomas, passant un moment agréable avec mon ami profitant d’être seul avec lui. Nous nous
séparâmes assez tôt le matin, vers 7h00. Arnaud alla dormir chez lui, rejoignant son amant qui s’inquiété, et j’allais aider à ranger et nettoyer un peu la boîte avant d’aller
réveiller Thomas puis de rentrer chez moi. Je ne savais pas vraiment comment réagir avec lui, et je devais que j’appréhendais ce moment lorsque je me retrouvais devant la porte de mon
appartement. Une fois la porte ouverte, je pénétrais dans l’appartement avec la même discrétion dont j’avais fait preuve hier soir. J’allais jusqu’à la chambre et j’eus la
surprise de la découvrir vide lorsque j’entrouvrais la porte. Après un rapide coup d’œil sur l’ensemble de l’appartement, je vis qu’il ne restait plus aucune trace de son passage, il avait du
partir pendant la nuit. Sentant la fatigue accumulée de la nuit venir, je me posais sur le lit, sentant que je n’aurais pas la force de rentrer chez moi maintenant. Je finissais par me demander
si tout cela n’avait pas était qu’un rêve. Mais l’odeur de Thomas imprégnant les draps me disaient le contraire. Je me surpris d’ailleurs à prendre sentir cet odeur avec plus d’insistance que je
ne l’aurais du. Je ne pouvais me mentir : ne pas l’avoir touché hier m’avait pas mal frustré, au point que je n’avais couché avec aucun autre homme.
J’avais été surtout troublé par son état. Que lui était-il arrivé pour qu’il vienne chercher refuge ici… Sur cette dernière pensée, je me laissais aller à fermer les yeux après avoir simplement
ôté mes chaussure et m’être allongé sur les couvertures n’ayant pas le courage de faire plus. Alors que j’étais près à rejoindre les bras de Morphée, j’entendis une sonnerie de portable provenant
de la table de nuit. Il ne me fallut pas très longtemps pour réaliser que ce n’était pas le mien, mais certainement celui de Thomas. En soupirant je pris le téléphone et lu que l’interlocuteur
n’était autre que Quentin. Intelligemment, je ne répondis pas et laissais sonner jusqu’à ce qu’il tombe sur la messagerie. L’envie était forte d’aller écouter ce que ce salaud avait à lui dire,
mais ce n’était pas dans mes habitudes. Je reposais le téléphone sur la table de nuit, j’irais lui amener au magasin cet après-midi, après avoir dormi un peu. Cependant, à peine était-ai-je en
train de m’endormir de nouveau que son téléphone sonna de nouveau. Je le pris rageusement et vit que c’était encore Quentin. Je finis par me lever et allait mettre le téléphone
dans la pièce la plus éloignée de ma chambre. Je ne savais pas pourquoi, mais j’avais l’intuition qu’il ne fallait surtout pas l’éteindre. Je fermais la porte de la chambre
pour avoir la paix, et allai m’allongeais de nouveau sur le lit. A peine deux minutes plus tard, j’entendais au loin la sonnerie du téléphone. Je ne comprenais vraiment pas
comment Thomas pouvais rester avec cet homme. Je ne l’aurais pas supporté plus d’une journée. Cet homme ressemblait finalement beaucoup à mon père par certain côté, tout ce que je n’avais jamais
voulu être. Et les marques dans le dos de Thomas devaient certainement être un acte de Quentin. Cela ne me regardait pas et pourtant, je m’y sentais déjà impliqué malgré moi. J’entendis encore le
portable sonner un bon nombre de fois, mais le sommeil finis par prendre le dessus, n’ayant pas beaucoup dormi ces derniers temps. Ce ne fus que vers deux heures de l’après-midi que j’ouvris de
nouveau les yeux. Je m’étirai en me levant avant de me débarrassé des vêtements de la veille et d’aller directement sous la douche après avoir mis la petite cafetière en route. Je pris une douche
fraîche, tentant de me réveiller tant bien que mal, puis après m’être habillé assez simplement, j’allais attraper ma tasse de café et mon paquet de cigarette pour me mettre sur
le canapé.
Je dus me relever, ayant oublié un cendrier, et c’est à ce moment là que le portable de Thomas sonna de nouveau. Je l’attrapais au passage et vit qu’il avait déjà 21 appels en absences de
Quentin. Lui ramener son portable serait ma première priorité lorsque je sortirais d’ici. Ce fut mon propre portable qui sonna peu de temps après. Arnaud me rappelait par message que nous allions
à la piscine demain midi et que comme c’était mon jour de repos ce soir, il me proposait une petite soirée chez lui. Je posais les deux portables sur la table, je lui répondrais plus tard. Je
m’allumais enfin cette fameuse cigarette, me laissant aller en arrière. Dans quoi tout cela était en train de m’embarquer ? Ne devais-je finalement pas écouter Arnaud…
Une fois mon café bu et ma cloppe finit, j’attrapais un truc à manger, mettais une veste et sortie afin d’aller au magasin de Thomas qui n’étais pas très loin d’ici. Une bonne marche à pied me
ferait le plus grand bien. Je me retrouvais donc vingt minutes plus tard à l’entrée de se petite boutique. J’entrais, déclenchant la petite sonnerie avertissant de ma présence,
puis marchais directement jusqu’au comptoir, attendant que Thomas n’arrive.
Il ne tarda pas à arrivé et lorsqu’il me vit, il m’offrit à ma plus grande surprise un petit sourire gêné avant de me dire :
- Bonjour. Désolée d’être parti comme ça ce matin…
- Ce
n’est pas bien grave… dis-je. Tu as pu te reposer, ça va un peu mieux qu’hier ? lui demandais-je alors légèrement inquiet.
Bien sur, je n’allais surement pas aborder le fait que je l’ai entendu pleurer ou encore les marques qu’il avait dans le dos. M’offrant un sourire qui sonnait légèrement faux, il me
répondit simplement :
- Oui, merci… Merci pour hier soir…
- Pas de soucis. C’est bien moi qui te l’avais proposé. N’hésite pas la prochaine fois non plus. Tiens
au fait, dis-je, tu as oublié ça chez moi.
Je sortis de ma poche son portable et le lui tendit.
Alors, ouais... j'ai, enfin nous avonscommencé une nouvelle (oups, désolée! salut, c'est lutraah :p) seulement, on a eu beau
se creuser les méninges, on a jamais trouvé de titre! lol mais ce serait trop bête de pas publier et vous faire profiter (espérons-le) pour un simple titre. Si vous avez une idée, elle est la
bienvenue... En attendant, bonne lecture les louloutes*
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- Bastien, éteins-moi ces stupides jeux vidéos et descends ! Il va arriver.
- Maman, je suis en pleine partie là !!
- Ne discute pas ! Morgan vient d’une famille difficile, il faut que nous donnions le bon exemple.
- Pfff.. dis-je en lançant ma manette.
- Et ne souffle pas ainsi ! Tu devrais être content d’avoir un nouveau membre de la famille…
Obligé, je me levai pour me rendre à l’entrée de la maison comme nous le faisions à chaque fois qu’un nouvel
adolescent en difficulté arrivait.
Mes parents accueillaient des enfants en situation familiale difficile qui les obligeait à la quitter pour un moment, tout ceci n’étant que de passage. Certains pouvaient passer de deux mois à un
ou deux ans dans la famille, jusqu’à parfois trois ou quatre. A chaque fois, je devais les accueillir avec le sourire à l’entrée avec ma mère tandis que mon père allait le chercher.
En ce moment, deux autres enfants, frères de 5 et 7 ans et heureusement calmes. Nous avions parfois des cas abominables qui, malgré mes 17 ans, me rendaient complètement fou.
En clair, je détestais cette situation et ces gosses. Mes parents étaient tellement occupés à être une parfaite famille pour des enfants à problèmes qu’ils ne faisaient même plus attention à leur
propre fils. Tout était organisé pour leur donner à eux le meilleur confort qui existait : énorme maison dans le sud, jardin magnifique,
piscine, 4 chambres dont un immense grenier aménagé que j’allais partager avec le futur nouveau habitant.
Ce fut donc les mains dans les poches, habillé comme je l’étais pendant le week-end, j’arrivai aux escaliers à l’entrée de la maison, traînant des pieds.
- Tu aurais quand même pu te mettre autre chose, non ?
- Quoi… demandai-je en regardant mes vêtements.
- Enlève tes mains de tes poches s’il-te plaît.
J’obéis en soupirant et attendis heureusement peu de temps avant de voir la voiture arriver dans la propriété.
Le soleil tapait horriblement fort aujourd’hui, ma peau brulait alors que j’étais à l’extérieur depuis à peine dix minutes. Ma mère descendit rapidement les marches avec les petits et allaient
tous les trois accueillir mon père et mon nouveau « frère ». Quand je le vis sortir, je ne pus que me dire que nous allions avoir un petit casseur avec nous. La peau blanche et fin,
apparemment grand, il était habillé d’une veste en cuir noir avec un jean de la même couleur et un simple t-shirt blanc. Ses cheveux noirs étaient mi-longs, je n’aurais jamais dit qu’il avait à
peu près le même âge que moi.
Il sortit de la voiture et regardait ma famille comme si il débarquait sur la planète mars mais je me sentis tout à coup ridicule quand il posa le regard sur moi, un léger sourire moqueur aux
lèvres.
Mais me fichant totalement de ces nouveaux venus stupides, je remontai aussitôt les deux étages pour aller me réfugier dans ma moitié de grenier où je pouvais reprendre mes jeux. S’il y avait
bien des moments où j’avais la paix, c’était quand j’avais ma manette en main et mon écran devant moi. Je me passai bien du son, il ne faisait que me stresser de toute façon.
J’eus la paix seulement un quart d’heure, maman et ce Morgan arrivant déjà dans la chambre :
- Et voici ta chambre, que tu partageras avec Bastien qui..
Apparemment en me voyant devant mon écran, cela ne lui faisait pas plaisir. Elle se mit les mains sur les hanches et dit d’une façon autoritaire mais pour une fois gentille :
- Bastien, quand est-ce que tu vas lâcher cette manette ?! Je vais te la confisquer si ça continue.
Je me levai donc et me tournai sans un quelconque intérêt pour eux. J’avais simplement mis mon jeu en pause,
j’attendais de recommencer. Morgan restait à côté de maman, le regard rebelle mais qui n’avait pas l’air spécialement dangereux et dont je me fichais particulièrement. Une main dans sa poche,
l’autre sur son sac qui pendait à son épaule… Vraiment, il se la jouait à mort.
- Morgan, je te présente mon fils, Bastien. Bastien, voici Morgan. Sois gentil avec lui.
Celui-ci sourit aux derniers mots de ma mère. C’est vrai qu’il y avait de quoi rire. J’avais le même âge que lui et j’avais l’impression d’être un véritable gamin, un fifils à sa maman à côté de cette grande perche à qui on aurait pu donner la vingtaine. Il s’approcha alors de moi en regardant légèrement la pièce et vint me serrer la main.
- Salut.. dit-il la voix grave.
Je ne pris même pas la peine de lui répondre. Je ne fis que lui serrer la main pour ne pas lui laisser dans le
vent mais ne lui montrait aucune espèce d’importance. Ce n’était pas moi qui devais l’adopter, je n’avais aucun rôle à jouer.
Ma mère nous laissa « faire connaissance » rapidement et laisser Morgan s’installer, allant terminer de préparer le repas. Une fois la porte fermée, je tournai aussitôt le dos à Morgan
et me remit à jouer sans faire attention à lui.
Lui tournant le dos, je ne vis pas ce qu’il faisait. Il devait sans doute déposer ses affaires… C’est après seulement quelques minutes que je l’entendis m’adresser la parole, chose que je n’avais absolument pas envie d’imiter :
- Ca te dérangerait pas de poser ton jeu cinq minutes qu’on fasse connaissance ?
- …M’intéresse pas. Dis-je en faisant un mouvement en même temps, comme pour aider mon personnage à avancer dans le jeu.
- Ok, je vois…dit-il plus pour lui-même dans une profonde inspiration.
Après de longues secondes de tranquillité qui me semblèrent très courtes, Morgan rajouta :
- Dis… T’aurais pas un cendrier ?!
Un cendrier ?! Je me retournai aussitôt et vis qu’il était en train de fumer sa cigarette, comme si nous
étions dans le lieu pour cela. Mais pour qui se prenait-il ? Fumer dans la chambre et encore pire, il était installé dans mon lit pour le faire.
Je mis directement mon jeu en pause et me ruai sur lui. Tout d’abord, je virai ses pieds de mes draps et ensuite, sans lui demander sa permission, je pris sa cigarette de la bouche et allai
ouvrir la fenêtre pour mieux la jeter.
S’il croyait qu’il allait faire la loi, il se trompait.
- On fume pas dans cette chambre !
Sans un mot de plus, je retournai à mon jeu, le laissant certainement un peu ahuri.
Ces gens m’énervaient. Ils se croyaient tout droit sortis de la cuisse de Jupiter ou quoi ?! Je sentais que cette année vécue avec lui allait être pénible. J’espérais de tout cœur qu’il
fasse une connerie pour qu’il soit placé ailleurs.
Seulement, pensant qu’il avait compris et qu’il allait me foutre la paix, ce ne fut rien de tout ça. Ma mère nous appela pour manger mais alors que j’appuyai sur le bouton pour sauvegarder ma
partie, je vis Morgan s’approcher de mon jeu et appuyer sur le bouton pour l’éteindre :
- Non !!! m’écriai-je en tendant la main stupidement.
- Puisqu’on va partager cette chambre, autant mettre les choses au clair…
- Putain, pourquoi t’as éteins mon jeu ?!! demandai-je agressivement en me levant.
Tout en se dirigeant vers la porte, Morgan dit, les mains dans les poches :
- Parce que t’as jeté ma clope tiens ! C’est cher tu sais…
- Sale con, t’es pas chez toi ici.. murmurai-je une fois qu’il fut parti.
Après avoir pesté un moment contre lui et d’avoir balancé toutes les insultes que je pouvais m’imaginer, je finis par descendre,
voyant déjà tout le monde assis pour manger, n’attendant plus que moi.
Le repas se fit dans un silence religieux, jusqu’à ce que ma mère tente de mettre une bonne ambiance, voyant bien la tension qu’il y avait déjà entre nous deux.
Il n’avait qu’à ne pas me chercher. C’était lui qui avais fumé dans ma chambre et avait mis ses pieds dans mon lit, je n’avais rien à me reprocher.
Je n’écoutai que d’une oreille la conversation, éternellement la même à chaque fois qu’il y avait un nouveau venu ; tentative désespérée avec Morgan qui ne répondait pas ou par de micro
phrases.
Mais alors que j’avais pratiquement finis et que je m’apprêtais déjà à sortir de table, j’entendis Morgan dire, un grand sourire moqueur collé à son stupide visage :
- En tout cas, votre fils est très mignon ! Bon, un peu trop visé sur les jeux vidéo et fifils à ses parents mais… Vraiment pas mal !
Nous le regardions tous, je sentis mon visage rougir et chauffer de honte. Pourquoi disait-il une chose pareille ? Etait-il…
- Je suis gay ! dit-il subitement. Est-ce que ça vous pose un problème ?
Bien sur que oui pensai-je !! Dis-le, maman !! Papa, t’es un homme, vas-y !!
- B… Bien sur que non.. dit tout à coup mon père. C’est juste que…
- Nous ne connaissons pas trop de personnes qui sont…Enfin, des… reprit ma mère.
- Des pd ? rajouta Morgan avec le sourire provocateur.
Il me regarda subitement et je ne pus que détourner le regard. Mes parents étaient-ils débiles à ce point ? Qui allait
devoir dormir avec lui ? Qui allait devoir supporter ses envies et ses poussées sexuelles ? Allait-il me violer ? Et puis… Comment ça se faisait entre mecs ?! Il n’y a pas
de…
J’eus un frisson de dégoût en m’imaginant la chose. Il n’y avait qu’une possibilité et celle-ci me terrifiait. Il n’avait pas intérêt à tenter quoi que ce soit !
A ce moment, je ne pouvais plus entendre quoi que ce soit. Je quittai la table sans un mot, angoissé comme jamais, chose que je
détestais qui arrive. C’était le genre de situation stressante que je devais fuir absolument pour que mes crises ne recommencent pas.
Alors que j’arrivais à l’escalier, je remarquai que j’avais oublié mon dessert que je prenais toujours dans ma chambre et hésitant d’abord un moment, je décidai d’aller le chercher. Seulement,
arrivé près de la porte de la cuisine, je vis par l’embrasure de la porte que ma mère demandait aux deux petits d’aller jouer dans le salon. Ceux-ci sortirent par l’autre porte de la cuisine et
elle regarda Morgan d’un air sérieux. Papa prit tout à coup la parole :
- Nous aimerions tout de même te parler d’une petite chose à propos de Bastien…
Non ! Ils n’allaient pas leur dire non plus. Ca allait être le sujet de moquerie de ce soir, je le sentais. En plus d’être un accro à ses jeux, c’était un malade mental qu’allait penser Morgan.
- Oui, en fait… reprit une fois encore maman. Bastien a depuis deux ans ce qu’on appelle des… troubles de la panique.
- Comment ça ? demanda Morgan, à moitié intéressé et continuant à manger.
- Et bien… Il a comme des crises de temps en temps. Elles peuvent venir à un moment stressant ou pas. En fait, ça vient n’importe quand et n’importe où…
- Et alors ?!
Mon père se mit à lui expliquer des choses totalement insensées. Il parlait comme si j’étais un cas bon pour la psychiatrie. Je n’étais pas un dégénéré bon sang, je vivais comme tout le monde. J’avais une vie moi, je savais me tenir. Pourquoi disait-il que je ne supportais pas la foule, que je pouvais passer mes journées sur mes jeux vidéo, que je ne voyais que rarement mes amis et j’en passe ?! Si mes parents voulaient éviter ce genre de situation, il fallait peut-être d’abord arrêter de parer de moi comme si j’étais timbré, ils auraient du savoir que c’était justement quand ils parlaient de moi dans cette situation, que cela me rendait dingue.
Rapidement, j’allais mettre mes chaussures. Je voulais sortir d’ici, cette maison me rendait malade.
Je mis ma veste et descendait les escaliers quatre à quatre en allant à la cuisine, l’air de rien. En réalité, j’étais vraiment en rogne, mais je voulais sortir et j’avais besoin
d’argent :
- Papa, je peux avoir 20 euros ? J’emmène Aurore au cinéma.
- Dans ma veste, elle est au porte-manteau.
- Merci ! dis-je simplement en sortant rapidement de la pièce.
- Et pas de bêtises hein !
Sans un mot de plus, je sortis de la maison.
Depuis toujours, je faisais croire à mes parents que j’avais des amis et que j’allais les voir de temps en temps. Cette fois, j’avais inventé que j’avais une copine depuis quelques mois et que je
l’emmenais au cinéma…
En réalité, je n’avais aucun ami et aucune copine. Je n’en voulais de toute façon pas spécialement. Je les jalousais tous de s’entendre dans ma classe, mais je ne pouvais pas leur en vouloir… Ils
étaient tout de même gentils avec moi, c’est juste qu’ils ne me parlaient pas beaucoup. Peut-être était-ce de la timidité, mais en tout cas, je pouvais clairement dire que je mentais à mes
parents tout simplement pour ne pas les inquiéter. J’étais un jeune normal, juste un peu seul ou solitaire, je ne savais pas vraiment et je ne voulais pas que mes parents pensent que mes crises
me rendaient associable.
A chaque fois, j’allais au cybergame qui n’était pas bien loin de chez moi. En un quart d’heures, nous étions au centre-ville et je restais donc une grosse partie de ma soirée à jouer à
différents jeux. J’adorais ça, j’en étais réellement accor. Beaucoup aurait pensé que j’étais quelqu’un qui n’avait pas de vie, mais les jeux vidéo était réellement la seule chose qui me
plaisait. Je n’étais pas jugé quand je perdais, on ne me criait pas dessus, j’étais félicité quand je gagnais. Même si tout cela était virtuel, je m’en satisfaisais pleinement.
J’eus une paix incroyable pendant deux heures. Deux heures tout seul, dans une tranquillité absolument où personne ne me
dérangeait ou me parlait. Que j’aimais ces moments…
Mais que je détestais quand il s’arrêtait. Je vis tout à coup Morgan arriver à côté de moi. S’il apprenait que je n’étais pas avec Aurore, il allait immédiatement le répéter à mes parents. Et
puis, il allait se foutre de moi… Un jeune de 17 ans qui ment pour aller jouer à ses jeux vidéo, qui n’a pas de copine ni d’ami à voir… C’était pathétique. Lui devait
certainement être un garçon important, qui n’avait pas peur de parler à des gens, qui avait des amis rapidement. Il devait certainement des copines tout le temps… Enfin… Des copains. Est-ce qu’il
baisait avec eux ?
N’osant pas trop penser à ça et comme pris sur le fait, je fus paralysé et je fixais mon écran.
- Alors, Aurore est plus là ?
- Non, elle…hum, elle a du rentrer chez elle il n’y a pas longtemps.
Je priais qu’il ne demande pas d’explications plus précises. Je ne savais pas mentir longtemps et inventer des trucs cohérents,
il ne fallait pas qu’il me demande quoi que ce soit. Je ne pouvais pas supporter, je sentais son regard imposant sur moi, j’avais déjà l’impression d’étouffer. Et puis, sa présence… Je n’aimais
pas ce type, il y avait quelque chose qui clochait. Avec ses allures de délinquants, il avait l’air moqueur et méchant. Je ne voulais pas de lui près de moi. Je savais très bien que je n’avais
pas une vie aussi amusante que la sienne. Il avait peut-être des problèmes familiaux, mais je savais qu’il s’amusait plus que moi, pas la peine qu’il me le dise.
Sans lui dire quoi que ce soit, je me levai, enfilai ma veste et sortit d’un pas rapide. Seulement, il me rattrapa, voulant apparemment marcher avec moi. Pourquoi voulait-il rester avec
moi ? Je ne lui faisais pas assez comprendre qu’il ne me plaisait pas ? Il marcha avec moi sans un mot, et ne supportant plus sa présence, je m’arrêtai vers lui et
déclarai :
- Ecoute, je… Tu ne m’intéresses pas ! Je ne suis pas comme toi, je n’aime pas les mecs !
- Tu ne m’intéresses pas.. dit-il dans un rire.
- Alors c’était quoi ton cinéma en disant que j’étais…
- Mignon ?
J’acquiesçai.
- Tu es mignon… Mais tu n’es pas mon genre. Et puis, je voulais juste que tes parents sachent que je suis gay. Cherche pas plus loin petit…
- Petit… murmurai-je en reprenant ma route. Pauvre con.
- J’ai entendu. Répondit-il en me tapant l’épaule, heureusement en riant sinon je me serais enfui en croyant qu’il allait me tuer. Au fait, ça fait longtemps que t’es avec ta copine ?
Une des questions que je redoutais se fit malheureusement entendre. Je répondis un simple « non », sans jamais arriver à dire plus. S’il était un peu intelligent, il aurait pu voir que je mentais… Avec mes parents, c’était facile puisqu’ils ne s’y intéressaient qu’à moitié, mais là c’était une autre histoire. Heureusement, il regarda dans son paquet de cigarette et râla un moment quand il vit qu’il n’en avait plus, jetant par la même occasion son paquet de cigarette comme un imbécile par terre.
- Tu sais pas où je pourrais en acheter ?!
- Tu devrais arrêter de fumer ! T’as que 17 ans, tu..
- Oh dis !! J’ai ma mère pour me faire ces serments ! T’as le même âge que moi alors arrête tu veux… Tes jeux vidéo, c’est pas vachement mieux. Bon, je vais m’en acheter, je me casse.
Nous nous séparâmes là. Je n’avais aucune envie de le rattraper, je n’avais rien dit de mal. S’il voulait se détruire la santé
à cet âge-là, pas de soucis.
J’arrivai rapidement au lit, n’échangeant que quelques paroles sans intérêt avec ma mère. Je l’aimais beaucoup, mais il n’y avait que dans les moments en crise où je la voulais absolument auprès
de moi. Je soupirai longuement et plusieurs fois d’affilé. Je n’avais aucune envie que Morgan revienne. J’aimais mon quotidien quand j’étais seul, je n’avais pas envie de quelqu’un qui allait
commencer à m’emmerder tous les jours. Je m’en foutais de ces morveux à problème, j’avais les miens… Même si ma famille pouvait paraître parfaite, j’aurais bien fait n’importe quoi pour avoir des
parents qui n’avait pas un complexe d’infériorité en ayant su avoir qu’un enfant ; qui ne soit même pas celui qu’ils espéraient d’ailleurs…
Après trois quart d’heures, je ne trouvais toujours pas le sommeil. Ca m’arrivait de temps en temps, et très souvent quand il y avait un nouveau venu. L’air de rien, ça me perturbait et me
stressait. Et quand c’était des cas comme celui de Morgan, j’étais rapidement angoissé. C’est en pensant une fois de plus à ce retardé que j’entendis la porte s’ouvrir
« silencieusement ». Je me retournai et le vit qui rentrai seulement maintenant. Sans un regard pour moi, je le vis s’asseoir dans son lit et enlever sa veste. Il avait de fameuses
épaules. Il devait se bouger pas mal pour ressembler à ça. Je n’avais pas intérêt à l’emmerder… ni à être trop sexy pour lui. A ces pensées, je remontai mes couvertures jusqu’à mon nez. S’il
avait envie de moi et qu’il essayait de le faire de force, je n’aurais jamais su riposter. Il avait certainement trop de force…
Ce mec me stressait, je ne savais rien y faire. Je devais le fuir et pourtant, rester ici était ma seule solution. Plus j’y pensais, et plus j’étais paniqué à l’idée de faire une crise, ce qui ne
faisait qu’engendrer les effets.
Je savais que j’étais complètement fou car si ça tombe, il n’allait jamais rien tenter sur moi puisque apparemment, je n’étais pas son genre. Seulement, je ne pouvais pas m’en empêcher. Je sentais que je quittais petit à petit mon corps, je n’arrivais pas à faire la part des choses… Alors que j’essayais de me maîtriser, de me gifler mentalement pour me réveiller, j’entendis tout à coup Morgan râler :
- T’as pas envie d’arrêter de bouger ? On entend que toi ici !
Ce fut bizarrement la phrase de trop, je sentais que ça arrivait, il me fallait ma mère à tout prix. Je ne voulais pas que
Morgan voie ça dès le premier jour de son arrivée, mais je n’arrivais pas à me raisonner. Je me levai subitement du lit et quittai la pièce en trombe, dans le but d’arriver auprès de maman, il
n’y avait qu’elle que je voulais. Je ressemblais réellement à son fifils à sa maman, mais je n’y pouvais rien et à ces moments, je ne m’en rendais même pas compte.
Je ne savais pas comment je faisais pour descendre, parce qu’à ces moments, je savais à peine rester debout. J’entendis une voix lointaine, je supposai que c’était celle de Morgan mais je m’en
fichais. Mon objectif était la chambre de ma mère. Je l’appelai quelques fois mais arrivé aux dernières marches, mes jambes ne me supportèrent plus. Heureusement, je ne me fis rien et cela fit
assez de bruit pour que ma mère arrive :
- Maman… dis-je en commençant déjà à pleurer, sentant que ma poitrine se compressait.
J’avais l’impression d’être un enfant dans ces cas. Je ne savais rien faire pour me calmer, il fallait juste
attendre que ça passe. Aussitôt, ma mère vint à moi et appela papa pour avoir un sachet dans lequel respirer. Nous avions tellement l’habitude de ce genre de scènes à présent. Nous savions tous
que dans 20 minutes, je serais en train de dormir profondément dans mon lit et que ce serait fini jusqu’à la prochaine qui pouvait arriver le lendemain, comme dans deux semaines…
Une fois ma mère à ma hauteur, je m’agrippai à elle comme je le faisais à chaque fois, empoignant son pull et sentant ma respiration s’écourter. C’était abominable… A chaque fois, je croyais que
j’allais mourir et à chaque fois, je le répétai inlassablement à ma mère. Elle me disait à chaque fois que non, ça allait passer mais j’avais tellement peur. Cette impression que mon cœur allait
s’arrêter de battre à chaque seconde, ça me rendait fou. Je devenais fou… Et le fait de ne pas pouvoir respirer convenablement, cela me demandait une énergie incroyable et mon corps était tendu
au point que j’en aurai eu des crampes en me relâchant.
Je me mettais dans un état épouvantable à chaque fois et sans que je le veuille…
Ma mère, elle, restait là, impuissante quant à ma détresse. Elle ne pouvait faire que me consoler, me parler calmement et mon père m’amenait à chaque fois ce sachet dans lequel je devais respirer
mais qui ne changeait absolument rien.
Heureusement, ces moments s’arrêtaient à chaque fois. Après plusieurs minutes qui me semblaient une éternité, je sentais l’air revenir peu à peu dans mes poumons, ma poitrine était moins
compressée et mes tremblements cessèrent peu à peu. Mes larmes, elles, n’allaient pas s’arrêter de sitôt ; comme à chaque fois. Je desserrai lentement le pull de ma mère et une fois que mes
parents jugèrent que j’étais plus ou moins calme, que ma respiration étaient encore un peu saccadée mais lente, mon père me transportait comme aux habitudes jusqu’à mon lit ; incapable de
marcher de toute façon. Je ne faisais plus attention à Morgan à ce moment, mais j’entendis lui et mon père échanger quelques mots. Papa me déposa dans mon lit et me parla calmement jusqu’à ce que
je sente, après quelques minutes, un sommeil horriblement lourd et pesant me tomber dessus.
Ces crises me rendaient réellement fou… Finalement, je n’étais pas comme tous les jeunes. J’étais un malade mental.
Un an auparavant…
La veille avait peut-être été le pire jour de ma vie. Je me réveillai difficilement avec un mal de tête abominable. Je me rappelais d’absolument tout et cette fois-ci, je n’allais pas pouvoir
supporter d’avantage. Il fallait que je parte, c’était pour sauver ma peau. Si je restais avec Quentin, je savais qu’il allait me tuer et cette fois avait été la limite.
Je sentis, au fur et à mesure que ma conscience revenait, que Quentin me tenait la main, la tête baissée. En le voyant, je ne ressentais plus aucun amour en cet instant, juste de la peur…
Qu’est-ce qu’il allait me faire à présent ? Arrêter ? Bien sur que non. Ca, j’avais arrêté d’y croire.
Je bougeai aussitôt ma main de la sienne, terrifié et me rendant compte que j’étais à l’hôpital, donc en sécurité. Celui-ci releva la tête, il avait les yeux abattus et pleins de larmes, j’en
aurai eu presque pitié…
- Thomas…
J’évitai son regard par-dessus tout et touchai ma tête en sentant quelque chose. Apparemment, j’avais un bandage.
J’essayais de rassembler mes pensées pour ne pas paniquer et pleurer mais les larmes ne pouvaient pas rester là. J’en avais trop à verser depuis deux ans ; larmes que je retenais toujours en me
disant qu’il y avait pire que mon cas et que je n’avais pas à me plaindre.
Je n’étais plus seul… J’étais totalement abandonné à présent et battu. Je n’arrivais à me le dire encore clairement mais cette fois, je me devais de le faire. Je devais m’avouer que mon mari me
battait depuis deux ans à présent.
Quentin me reprit la main de force et déclara en pleurant :
- Thomas, je suis vraiment désolé ! Je ne recommencerais plus, je te le jure !
- Tu me l’as promis il y a deux ans…
- Cette fois-ci, je ne dis vraiment pas de conneries Thomas !! J’arrête, je vais travailler moins, je te le jure. Je rentrais juste énervé, je v..
- Enervé… dis-je dans un soupir exténué.
Tu rentrais énervé donc, j’en payais le prix fort. Quentin… Est-ce que tu te rends compte que j’ai brisé une porte en verre avec ma tête rien que parce que tu m’as poussé ? Je devrais être mort
!
Et à cet instant, j’aurai préféré… pensai-je.
- Je te le promets Thomas !! dit Quentin comme s’il sentait qu’il était sur le point de me perdre.
Je vais me calmer, je vais tout faire, absolument tout pour que tu me pardonnes. Je t’aime tellement, je ne pourrais pas…
Il se mit soudainement à pleurer toutes les larmes de son corps et me dit au moins une dizaine de fois « pardon ».
Il me serrait et dans un souffle me dit qu’il ne voulait pas me perdre.
Je lui avais pardonné une fois de plus et depuis, il n’avait plus jamais recommencé…
- Tu l’as mérité !! Ne me regarde pas comme ça ! me dit-il tout à coup, me sortant de mon enfer pour entrer dans le
nouveau.
J’avais posé ma main sur ma joue, totalement pétrifié. Le moment que je redoutais depuis un an était arrivé, je n’arrivais pas à le croire.
- Tu m’as frappé… dis-je en le regardant comme pour me rendre compte que c’était une réalité.
Sans un mot de plus, il m’empoigna à nouveau la gorge, la serrant au point que j’arrivais à peine à respirer.
- T’es toujours pas décidé à venir avec nous ?
Je sentis qu’il me serra davantage à ses derniers mots pour me mettre la pression mais je n’étais vraiment pas en état de faire quoi que ce soit.
- Quentin… suppliai-je de la voix en pleurant.
Je t’en prie…
- Bon très bien, tu l’auras voulu !
Je savais très bien qu’il allait mettre sa phrase en exécution, c’est-à-dire, me mettre dehors. Seulement, je n’étais
pas en état non plus de rester dehors.
Tout en me tirant par le bras, je tentai de l’en dissuader, continuant à pleurer sans même m’en rendre compte :
- Laisse-moi, je t’en supplie. Je suis encore malade, ne me jette pas dehors !
- Tu vas voir… L’air frais va te porter conseil !
Arrivés dehors, près de la grille, il lança mes chaussures entre les barreaux de la grille et pendant qu’il l’ouvrait, je déclarai en désespoir de cause :
- Si tu me fous dehors… Je ne reviendrais pas, Quentin !!
Il m’avait giflé, n’était-ce pas assez ? J’étais fou de lui dire une chose pareille. Pourquoi avais-je autant
d’assurance ? C’était une chose que j’avais appris à garder pour moi alors pourquoi devais-je les sortir sans même m’en rendre compte… A son regard et son calme, je savais très bien que ce
n’était pas bon du tout. Je perdis aussitôt le peu de confiance que j’avais eu je ne sais comment, et reculai d’un pas en le regardant. La gifle, ce n’était rien à côté de ce que je pouvais
risquer…
Sans même que j’ai le temps de réagir, il me reprit tout à coup la gorge et me poussa contre la grille si fort, que je me sentis m’écraser contre. A côté de lui, je ne valais pas grand-chose mais
trop terrifié, je n’osai même pas montrer la vive douleur que je ressentais dans le dos. J’étais paralysé par son regard, je n’osais pas faire un seul geste.
- Je te laisse une dernière chance… Ou tu dégages ou tu baises avec ce mec !
- Laisse-moi rentrer… soufflai-je.
je ne suis pas en état… Je t’en supplie…
- Alors, tu peux aller dormir dans ton magasin à la con, tu me sers à rien pour ce soir !
En quelques secondes, je me retrouvai derrière la grille, Quentin rentrant aussi vite et fermant la porte sans même
jeter un regard vers moi. Je restai là un moment, toussant plus d’énervement qu’autre chose et souffrant le martyre à cause de mon dos. Il m’avait poussé horriblement fort, je ressentais une
douleur sur toute la partie de mon dos sur laquelle Quentin avait poussé.
Qu’est-ce que j’allai faire ? Je n’avais nulle part où aller. Dans ce fichu magasin, il n’y avait rien pour que je sois chauffé convenablement, j’allais me réveiller le lendemain avec une
pneumonie si je restais ainsi. Il faisait un froid épouvantable, le vent était glacial et j’étais malade et en chemise dehors. Je mis mes chaussures et sachant que de toute façon, Quentin
n’allait pas m’ouvrir, je devais chercher une autre solution. Je n’avais même pas un sous sur moi…
Je me mis donc à marcher vers je ne sais où et mis mes mains dans mes poches pour tenter de me réchauffer comme je le pouvais. Ces quelques minutes me permirent de me rendre compte réellement de la situation ; Quentin m’avait frappé à nouveau et en plus m’avait jeté dehors… Qu’est-ce que j’avais fait pour que tout ça ressurgisse ? Je n’avais rien fait qui pouvais l’avoir choqué. Etait-ce Dieu qui me punissait de mon adultère ?
C’est à cette pensée que je sentis un papier qui me rappelait quelque chose : « Il y a mon numéro dessus, n’hésite pas à m’appeler si tu as besoin… ». Je vérifiai bien si c’était cela et en effet, le lendemain de la soirée, en mettant mes vêtements dans la machine à laver, j’avais récupérer ce bout de papier pour je ne sais quelle raison. Je l’avais gardé au cas où même si je me trouvais totalement stupide. S’il me l’avait passé, c’était par pure politesse… Il ne fallait certainement pas que je crois que Jonas voulait réellement m’aider. Tout ce qu’il voulait, c’était se vider les couilles en moi de temps en temps, rien de plus. J’étais juste un coup plus « particulier » de ceux qu’il se tapait aux habitudes. Je n’avais rien d’original, rien de spécial…
Et pourtant, je n’avais pas le choix… C’était ça ou je mourrais de froid avant la fin de la nuit. Déjà frigorifié, je
sortis mon portable de ma poche et composai, effaçai, recomposai et ré effaçai le numéro au moins quatre fois d’affilé. Si je l’appelais, n’allait-il pas me prendre pour le dernier des imbéciles
? Je savais que je n’avais que lui à appeler mais j’avais tellement peur d’être jugé. En plus de ça, il devait être en train de travailler à cette heure-ci ou peut-être était-il en train de
baiser avec une, deux, voir trois ou quatre personnes. J’allais peut-être le déranger et il n’allait certainement pas arrêter pour moi…
Après la sixième ou septième fois, connaissant le numéro par cœur à présent, je me forçai à approcher mon portable à mon oreille. Je respirai plusieurs fois de stress jusqu’à ce que je sois
paralysé en entendant Jonas décrocher :
- Oui ?
A entendre sa voix, je le dérangeais certainement, il n’avait pas l’air heureux de répondre.
- Jonas, je… C’est Thomas. Dis-je sans savoir où commencer ni quoi dire.
Je ne m’étais même pas préparé à une quelconque parole, j’allais devoir tout improviser, chose que je détestais faire seulement, je ne devais plus reculer à présent. Je dis d’une traite, hésitant malgré tout :
- Je peux… Je peux venir chez toi… Dans ta boite… Je veux te voir…
C’était la première connerie à laquelle j’avais pensé. En réalité, je n’avais aucune envie de le voir, mais je n’avais que lui qui était soupçonné accepter sans demander d’explications.
- Est-ce que ça va ? demanda-t-il.
- Bien sur ça va ! dis-je en tentant un rire discret et faux.
Bon… Je peux venir ?
- Euh.. Ou..oui, bien sur. Je travaille là, tu seras là dans combien de t..
- 30 minutes ! Je serais là dans une demi-heure, ça te va ? demandai-je, pressé.
Je savais que je lui mettais la pression et que je l’obligeais presque à me voir, mais je n’avais pas le choix moi non plus. Alors autant que je ne perde pas mon temps…
- Bien sur…dit-il, semblant être un peu déboussolé.
Je t’attendrais à l’arrière pour que tu n’ais pas à payer l’entrée.
- Merci… répondis-je tout de même gêné de la situation.
Je suis désolé de m’imposer com..
- Thomas, t’es sur que ça va?
- Tout va bien, ne t’inquiète pas... Je vais arriver. A toute à l’heure.
Je raccrochai sans trop écouter s’il me répondait ou pas et me mit à marcher jusque là. Mon mal de tête me donnait l’impression qu’il avait doublé d’intensité et ma toux ne voulait apparemment pas se calmer non plus.
Après cette demi-heure de marche, j’arrivai près de la boite à moitié congelé, j’avais les mains qui tremblaient, ma chemise n’aidant pas du tout à me réchauffer. Je fis le tour de la boite et vis aussitôt Jonas attendre en fumant une cigarette. En fait, j’étais terrifié… Qu’il voit mon état et puis, qu’il se pose trop de questions. Même s’il n’allait peut-être rien me demander, je savais qu’il se les poserait à lui-même et rien que ça me gênait à mourir.
Il fallait monter quelques marches et lui avait pris une pose on ne peut plus allumeuse en souriant fièrement
- Alors, je t’ai manqué ?
J’esquissai un sourire, plus de politesse que d’envie. Il se redressa quand il me vit monter les marches et se rendait apparemment compte que je mourrais de froid. Il enleva aussitôt sa veste comme si c’était la chose la plus naturelle et me la mit sur les épaules sans un mot. Je devais avouer que recevoir un peu d’attention, même minimale comme celle-ci, me faisait du bien. Je regardai un moment Jonas, gêné de venir à l’improviste ainsi mais celui-ci n’en dit pas un mot et me prit la main subitement pour que l’on rentre. Heureusement, nous ne dûmes pas traverser la piste, un couloir et un escalier nous donnait directement accès à sa chambre.
Il me laissa entrer et encore une fois, je restai là, planté au milieu de la pièce. Je ne savais pas ce que je pouvais
faire. Tout ce dont j’avais envie à cet instant, c’était de dormir pour oublier cette désastreuse soirée mais voilà, je devais un minimum semblant puisque Jonas était là.
Celui-ci alla augmenter le radiateur dès qu’il referma la porte et me demanda si je voulais quelque chose à boire. Oui, un bon verre allait me faire du bien…
Il me servit un alcool et dès qu’il me le tendit, je ne pus que le boire cul sec. J’étais horriblement gêné de la situation, je ne savais pas quoi dire ni quoi faire. Peut-être que Jonas
n’attendait qu’une chose, c’était que j’arrête mon cinéma et que j’écarte les jambes pour qu’il me baise.
C’est à ce moment que je me rendis compte qu’en réalité, j’avais évité de baiser avec Quentin et un autre homme pour en
fait, me retrouver dans la même situation avec Jonas. Celui-ci avait certainement envie de me baiser un bon coup et de retourner travailler sans un regard de plus pour moi. Mais moi, je n’avais
pas envie de ça. Peut-être d’un baiser, quelques caresses mais je n’étais certainement pas prêt à passer la vitesse supérieure et à me faire prendre ce soir.
Jonas me regarda quelques secondes en voyant que j’avais vidé mon verre si vite mais ne me posa toujours aucune question. Il se contenta de faire des yeux surpris quelques secondes avant de boire
une gorgée de son verre. Il le déposa ensuite sur la table et me regarda d’une autre façon, un léger sourire s’affichait sur ses lèvres, un sourire qui voulait clairement dire qu’il avait ce dont
je pensais en tête. Il s’approcha de moi au point que je sente son souffle sur moi. De mon côté, je serrai un peu plus sa veste contre moi et baissant la tête jusqu’à ce que je sente sa main se
poser délicatement dans mon dos et son souffle arriva dans mon cou. Il déclara, la voix douce et sexy :
- Alors comme ça, tu voulais me voir…
Pour ne pas lui dire la vérité, je me contentai d’un léger hochement de tête timide. Je devais avouer quand même que de le voir, cela me faisait du bien. Même s’il ne voulait que mon cul, au moins il voulait du sexe qui me permettait d’être comme j’étais. Rapidement, je sentis ses lèvres se poser dans mon cou quand tout à coup, je fus interloqué par ses bras. Il semblait me serrer contre lui, comme s’il était content de me voir… Je restai immobile un moment, sentant de ce qu’il me restait comme odorat à cause de mon rhume, son parfum.
Au moment où je commençais seulement à me détendre, sentant que ses mains ne s’aventuraient toujours pas plus loin, je gâchai malheureusement en toussant un moment. Il se redressa aussitôt, et me regarda d’un air interrogateur et mis sa main sur mon front :
- Mais qu’est-ce que tu fous ici ?! demanda-t-il, semblant être en colère.
T’es malade !
- Tout va bien…répondis-je.
C’est rien du tout, juste une petite grippe, ça passera rapidement.
- T’as de la température Thomas… T’es sur que c’était pour venir me voir que t’es venu ici ?
- Bien sur ! déclarai-je peut-être un peu vivement.
je veux dire… Oui…
Jonas soupira et retourna boire son verre sans un mot. Il semblait aussi perdu que moi. Un lourd silence s’installa dans la pièce, aucun de nous deux ne savait quoi dire ni que faire. De mon côté, je n’avais plus la force de faire un quelconque effort. J’étais tellement triste et en manque de pleins de choses que je n’arrivais même plus à le cacher. Jonas sembla avoir tout à coup une idée et me déclara en posant vivement son verre sur la table :
- Tu as encore froid ?
- Non… menti-je.
Ca va…
- Tu veux peut-être prendre une douche ?
Je levai les yeux vers lui, peut-être lui jetai-je un regard trop expressif car il leva aussitôt les bras. Cela me donnait une certaine impression de la première fois où nous avions couché ensemble. Cela me semblait déjà si lointain…
- Je n’irai pas avec toi, je te le promets ! dit-il dans un sourire qui se voulait rassurant.
- Je ne veux pas te déranger…
- Tu es là non ? Si tu me dérangeais, j’aurai inventé une excuse alors… tu peux aller te réchauffer dans la salle de bain.
Sans un mot, il me fit un geste d’invitation vers la salle de bain, que je finis par accepter. Je me dirigeai lentement vers la salle de bain en enlevant sa veste.
C’est vrai que ça allait peut-être me faire du bien. Je fermai la porte, remarquant qu’il n’y avait, bien entendu, pas
de clefs pour que je puisse m’y enfermer. Pudique comme s’il était en train de me regarder, je me déshabillai et régla la température au maximum pour me réchauffer. Il avait eu raison de me
proposer d’aller prendre une douche, cela me faisait un bien fou. Ca m’aidait à rassembler mes idées, même si j’étais toujours aussi perdu avant et après. Je ne ressentais rien en ce moment à
part l’eau sur ma peau. Mes sentiments, mes émotions, même mon mal de tête et ma fièvre, je ne les sentais pas. Je pense que j’étais arrivé à un stade de désespoir tellement profond que je ne
parvenais plus à savoir ce qu’il en était.
Le reste du temps, je restai droit comme un « i », seul mon visage était dans mes mains de désespoir.
Je sortis tout de même, à présent réchauffé et un peu honteux d’avoir pris tant de temps pour une simple douche. Je vis des vêtements propres posés sur le meuble. En plus, il m’avait mis des vêtements… Je n’osai même pas les porter. Je remis les miens et laissai ceux de Jonas là où ils étaient. Je n’allais pas non plus mettre ses vêtements, ça aurait été vraiment trop déplacé. Je sortis donc de la salle de bain en priant qu’il soit partis mais malheureusement, il était assis dans le divan et m’attendait apparemment.
- Tu n’as pas mis les vêtements que je t’ai mis ? demanda-t-il en se levant.
- Non.. je… C’est très bien comme ça. Merci de m’avoir laissé prendre une douche…
- C’est rien ne t’inquiète pas.
Il me regarda un moment qui me sembla horriblement long. Il avait un regard de pitié, je ne savais pas pourquoi et alors
que je rougissais à nouveau bêtement, je le vis s’approcher un peu trop rapidement à mon gout. J’eus un mouvement de recul mais il me prit aussitôt le bras pour me prendre brusquement dans ses
bras. Je restai encore plus paralysé que quand il me serrait légèrement. Là, je pouvais clairement dire que c’était une étreinte, qu’il me serrait contre lui et cela me paraissait bizarre. Je ne
savais pas pourquoi il faisait ça. Par pitié de me voir dans un état lamentable ? Je restai là, les bras le long du corps et tendu sans savoir comment réagir jusqu’à ce qu’il approche son visage
du mien dans le but de m’embrasser.
Ce genre de baiser était de suite reconnaissable… Ce n’était pas un baiser qui voulait aller plus loin, un baiser qui voulait simplement dire « on baise ? ». Celui-ci était tout simplement des
lèvres qui se rencontrent par simple envie chaste. Ca me faisait peur… Je ne savais pas pourquoi il faisait ça. J’étais tendu à mourir et en même temps, recevoir de l’affection telle que celle-là
me faisait un bien fou. J’étais totalement contradictoire avec mes sentiments. Une partie de moi voulait qu’il arrête ça car je considérais le fait d’être affectueux avec un autre comme le pire
adultère. Et je voulais à la fois qu’il continue, qu’il m’en donne plus. Qu’il m’enlace et m’embrasse… Je voulais avoir l’impression d’être quelqu’un, même pour ne fut-ce que quelques
minutes…
En pensant à cela, j’eus les larmes aux yeux. Dans quelle situation étais-je… Quelle erreur dans ma vie avais-je fait pour me retrouver là-dedans. Jonas m’enlaça à nouveau à ce moment et je ne pus que le serrer légèrement également. Je me sentais bien et très triste, c’était un sentiment étrange. J’avais envie de pleurer près de lui, mais jamais je ne me serais laissé aller si facilement. J’avais une épaule sur laquelle pour une fois me reposer, mais je ne me permis pas de le faire tout simplement parce que j’avais peur qu’il me prenne pour un fou si je le faisais et qu’il fuit. Jonas était un peu ma bouée de sauvetage sans que nous le voulions vraiment.
Après un moment, aussi gêné que moi, il me dit :
- Je vais retourner travailler… Tu veux..venir avec moi ?
A vrai dire, étant déboussolé par le moment et également par le fait qu’il ne tente pas de coucher avec moi, je ne répondis pas. Voyant que je n’allais pas le faire, il rajouta :
- Tu peux rester ici, je ne viendrais pas. Tu n’as qu’à te reposer et si jamais, je viendrais te réveiller avant que je parte.
Je me contentai d’un hochement de tête. Il me laissa donc sans une dernière étreinte ni un baiser. A mon avis, il
s’était laissé emporté et le regrettais car il était partis extrêmement vite. Il avait du faire ça pour me faire plaisir et maintenant que c’était fait, il s’en allait.
Je restai donc là un moment sans savoir quoi faire mais me résignai à aller me coucher, le cœur lourd. Demain allait être une journée abominable, je le sentais…
Je me couchai dans un soupir, je détestais dormir ailleurs que chez moi. Je n’arrivais jamais à m’endormir avant des heures mais là, j’étais tellement épuisé de tout ce qui s’était passé et ce
retour infernal dans le passé que j’allais m’endormir rapidement.
Et pourtant, une fois dans le noir, seul avec comme seul bruit les basses en arrière-son, je ne pus contenir mes larmes.
Je me sentais ainsi tout le temps en réalité.
J’avais l’impression d’être dans le néant et que peu à peu, Quentin me laissait seul et m’abandonnait sans se retourner.
Je me réveillai vers 6h30 du matin par un léger rayon de soleil dans les yeux. J’avais pleuré un moment mais ça m’avait
fait du bien pour une fois. Même si je me levai par pure obligation et parce que je ne voulais pas voir Jonas, je me sentais un peu mieux que la veille.
Une fois sur les deux jambes, je fis en sorte que Jonas retrouve son appartement comme si je n’étais jamais venu, ainsi, il allait être débarrassé une bonne fois pour toute. J’avais déjà été
assez lourd toute la soirée…
Rapidement et sans me retourner, je m’en allai. S’il y avait bien une chose que je ne voulais pas faire avant de retrouver Quentin, c’était de voir Jonas et son regard de pitié.
Salut salut la compagnie, c'est
Lutraaaaaaah!
Je voulais juste vous toucher un petit mot. Je vais pas tourner autour du pot parce que j'ai la flemme et que j'ai terminé 12 pages word de chapitre (même si..nya! c'était cool de réécrire!)
J'ai eu un gros point d'interrogation sur moi-même. Donc, j'ai arrêté d'écrire pas mal de temps mais voilà. Avec Lybertys, on va cesser le système de reprendre le chapitre de l'une et de l'autre.
On va chacune à notre tour faire la suite, sans pour autant vous larguer dans certaines choses hein! lol
On n'oublie pas la compréhension, pas de panique!
Voilà voilà, je pense qu'il faut pas plus hein, vous avez compris :p
gros bisou à toutes, bonne lecture :)
Lutraah et Lybertys chérie*
Un peu déboussolé par le baiser et cette carte que je tenais dans la main en cet instant, je restai un moment devant la porte et regardai le bout de papier. Je ne
savais toujours pas vraiment la raison pour laquelle il me l’avait donné, ses raisons avaient été trop implicites. Je me sentais déstabilisé par ce moment si intense et puis, ces attentions
particulières qu’une fois que l’on ferait une fois que l’on s’attache l’un à l’autre comme le baiser en guise d’au revoir. Tout cela était bizarre… Et puis, ce baiser était tellement doux, sans
envie particulière exceptée celle d’avoir une dernière fois mes lèvres avant de me laisser m’en aller... Sans que je me rende compte, je portai mes doigts à ma bouche en souriant légèrement.
Peut-être que cette relation allait-elle me faire du bien après tout, même si je ne savais toujours pas si j’allais le rappeler. J’en aurai, de toute façon, été incapable… J’espérais peut-être
intérieurement qu’il me rejoigne un jour dans mon magasin pour venir voir comment j’allais.
Avec lui, j’allais avoir mon cotas d’attention et j’allais rentrer chez moi ensuite, pleinement satisfait pour retrouver l’homme que j’aimais.
Seulement, en cet instant précis, j’allais devoir faire face à la colère de Quentin. Je le savais très bien. Il m’était impossible de m’en aller sans qu’il ne le
remarque, même si c’était le cas une dizaine de minutes. Là, je devais me résigner à descendre, prenant avant une profonde inspiration. Je traversai la piste, détestant voir tous ces corps se
coller les uns contre les autres comme s’ils étaient des bêtes en manque, retrouvant rapidement l’endroit où nous nous étions installés au départ. Pourtant, Quentin n’était pas assis là.
Je regardais aussitôt autour de moi, paniqué à l’idée qu’il m’ait laissé là ou qu’il m’ait vu plus tôt en train d’embrasser Jonas. Alors que je regardai vers la piste en espérant qu’il soit en
train de danser, je sentis tout à coup quelqu’un me tirer le bras violemment derrière moi. Même si j’étais soulagé que c’était Quentin, à son regard, je me sentis immédiatement tout petit. Son
regard voulait clairement dire qu’il était en rage et il sentait l’alcool à plein nez :
- Qu’est-ce tu foutais ? hurla-t-il.
T’étais où, hein ?! Ca fait dix putains de minutes que je te cherche, bordel ! Trois quart d’heure que t’es partis, tu foutais quoi ? Tu baisais avec quelqu’un d’autre ?!!
N’osant pas répondre et paralysé par la peur, il me secoua par les épaules et rajouta
- T’étais en train de baiser hein ?! C’est ça ? Réponds-moi Thomas ou tu le regretteras !
- Non…je te jure… dis-je assez fort pour qu’il l’entende.
Je savais très bien qu’il ne savait rien. Quentin me soupçonnait et prétendait toujours que je couchais à droite et à gauche, sachant que s’il l’apprenait un jour, cela allait se passer autrement. Je sentis qu’il empoigna ma chemise, à peine droit tellement il avait bu et au moment où il allait rajouter quelque chose, je le vis se retourner sur le côté. Un homme imposant, apparemment un videur, l’avait accosté et dit, la voix grave et autoritaire tout en croisant les bras :
- Il y a un problème, monsieur ?
Quentin me lâcha aussitôt et répondit que non, sans plus de cérémonie. J’évitai le regard du videur, qui je savais septique et après qu’il demande à mon mari de se
calmer un peu, ce dernier alla s’asseoir en me forçant à venir avec lui. Il s’approcha l’air de rien de mon oreille et m’ordonna de ne jamais recommencer avant de m’ignorer à nouveau le reste du
temps.
Bon Dieu, heureusement que le videur avait été là ou alors j’aurais eu de gros ennuis. Cela ne pouvait pas continuer ainsi, c’était vraiment trop risqué. Ou je devais trouver une autre solution
ou alors je devais couper court à ce début de relation totalement ridicule. Mon regard tomba une dernière fois sur Jonas qui semblait avoir repris le cours de sa soirée tout à fait normalement et
parlait avec ses amis. Bizarrement, cela me fit me rendre compte d’une chose.
C’est que je n’avais aucune importance une fois que nous n’étions plus ensemble. Même si moi non plus, je devais avouer que je ne pensais plus à lui, j’avais l’impression d’être de trop. J’étais
donc si vite oublié que ça…
Ma première idée se confirma. Heureusement que Quentin était là pour me montrer que j’existais. Sans lui, j’étais invisible, personne ne ferait attention à moi.
Après vingt minutes d’ignorance totale, Quentin tourna la tête, complètement saoul et déclara, sa voix me prouvant davantage son ivresse :
- Thomas… Je t’aime !
Je ne pus que sourire légèrement en entendant cela. Même si cela n’était pas dans les meilleures conditions, les rares fois où Quentin me le disait, je le prenais
directement comme si c’était sa première déclaration. Heureux, je déposai un léger baiser sur sa joue et décidai qu’il était grand temps que l’on rentre. Dans ces moments, je savais que je
pouvais prendre cette décision. Lui n’était vraiment pas en état pour se rendre même compte qu’il n’était pas à la maison.
Je me relevai et l’aidai donc à marcher jusqu’à la voiture, où je pris le volant. Comme je le faisais assez souvent, je l’aidai machinalement, encore aux anges de cet élan du cœur, à le
déshabiller et à se mettre au lit. Il se laissait à chaque fois totalement faire, les seules fois où il montrait qu’il avait réellement besoin de moi. Et puis, sa douceur ressortait à chaque fois
dans ces moments. Quand je voulus le coucher, il me força à s’installer avec lui en me disant qu’il fallait que je dorme. Il me serrait comme il ne le faisait jamais et rien que pour cela, je
restai ainsi, à le serrer également comme j’en avais envie pour une fois. Malheureusement, Quentin, étant trop ivre, s’endormit en seulement une petite minute, ne me laissant à peine le temps de
profiter de sa douceur.
Mais étant trop bien ainsi, je me laissai à m’endormir également, ne prenant même pas la peine de déshabiller, encore dans les bras de mon mari.
Le réveil fut dur le lendemain. A 7h00, le réveil sonna, ne nous laissant dormir que quelques heures à peine. De mon côté, je me réveillai avec un mal de tête, un
mal de gorge et un rhume. C’était bien le moment de tomber malade, tiens…
Quentin se releva, apparemment avec la gueule de bois et alla s’enfermer dans la salle de bain sans un mot ni un regard. Je restai encore quelques secondes dans mon lit mais étant trop mal et
sentant que j’étais prêt à me rendormir, je préférais me lever mais une fois assis, je dus attendre un peu, ayant une chute de tension comme j’en avais rarement. Prenant mon courage à deux mains,
je me relevai et enlevai ma chemise pour mettre un t-shirt avant la douche, le temps de faire le petit-déjeuner de Quentin. Celui-ci ressortit et prit une tasse de café mais déposai tout de même
un léger baiser sur ma joue en disant bonjour avant de plonger dans son journal. Un quart d’heure plus tard, la porte se referma, étant à nouveau seul.
J’avais fait semblant de ne rien avoir le temps que Quentin déjeune mais dès qu’il fut parti, j’allai prendre ma température.
38,1. Je n’étais à présent plus étonné d’avoir l’impression qu’il faisait une chaleur monstre. Devant tout de même aller travailler, j’allai prendre ma douche et commençai une journée abominable.
En plus de tousser et d’éternuer toute la journée, mes yeux se fermaient tous seuls par la fatigue et mon mal-être.
A 17h00 pile, je fermai le magasin et ayant depuis quelques heures horriblement froid et le temps ne se gâtant pas, je me dépêchai de rentrer pour me coller sous les couvertures. Je m’endormis d’épuisement et fus réveillé à 19h15 par la voix de Quentin à l’entrée de la chambre. J’ouvris les yeux, prenant peur qu’il prenne mal le fait que le repas n’était pas préparé et me redressai aussitôt. Il soupira bruyamment et comme je l’avais prévu, râlait :
- Putain, je me tape presque 12h00 de travail et je sais même pas bouffer en rentrant chez moi. Merci Thomas !
- Je suis désolé… dis-je.
Je me suis assoupi. Je vais préparer à manger tout de suite.
Quentin soupira une nouvelle fois et quitta la pièce. Plus comme une machine et n’écoutant pas mon corps, j’allai dans la cuisine pour faire quelque chose de simple
mais qui donnait l’impression d’être compliquée, donnant ainsi l’impression à Quentin que je m’étais cassé la tête pour le satisfaire. En réalité, je n’étais pas du tout en état. Mon rhume
m’empêchait presque de respirer et dès que je toussais, j’avais l’impression de cracher des lames de rasoirs. Seulement, Quentin n’y fit strictement pas attention. Les seuls mots qu’il me dit
pendant le repas furent « j’invite des amis ce soir ».
« Amis » voulait malheureusement dire « plan baise » et une chose était certaine : je n’avais aucune envie de coucher avec qui que ce soit ce soir.
A 22h30, alors que j’étais à moitié endormi devant la télévision, lutant de toutes mes forces pour ne pas me laisser aller, la sonnerie de la grille retentit.
En quelques minutes, ils étaient rentrés et Quentin m’envoyait leur préparer quelque chose à boire et à grignoter. Je me levai donc, les autres m’ignorant autant que je le faisais et, à moitié
inconscient tellement je me sentais mal, je me dirigeai jusqu’à la cuisine.
Quentin arriva à peine une minute plus tard et voulut me dire quelque chose mais s’arrêta net en me voyant :
- Ca va pas ?
« A ton avis ?! », pensais-je. Sans lui répondre, je sortis les verres pour leur servir à boire. Quentin répéta sa question mais n’ayant toujours pas envie de lui répondre, il s’approcha de moi et me prit le bras en s’énervant légèrement :
- Putain Thomas tu vas me répondre oui !!
Je lâchai aussitôt ce que j’avais en main et voulus pour une fois répondre, voulant plus que tout avoir la paix. Mais au moment où j’ouvris la bouche, je vis son regard plus inquiet qu’énervé. Je laissai donc tomber et préférai me calmer en lui disant faiblement :
- Non… Je ne sais pas ce que j’ai, depuis ce matin je ne me sens pas bien.
- Tu aurais pu me le dire quand même, non ?! me dit-il d’un ton de reproche.
M’étant entre-temps mis la main sur le visage d’épuisement, je redressai aussitôt la tête en déclarant, énervé :
- Ca saute aux yeux pourtant non ?!
Je vis bien Quentin avaler sa colère parce que je n’étais pas bien ou alors ma façon de lui parler aurait été très rapidement punissable. Il mit sa main sur mon
front et me tira ensuite sans un mot la main vers la chambre, où il me força à me coucher. Il m’ordonna à mon plus grand bonheur de me reposer cette nuit et de ne pas aller travailler le
lendemain. Il dit qu’il allait renvoyer ses amis chez eux pour aujourd’hui et pour une fois qu’il pensait à moi, je n’allais certainement pas le refuser. Je crois qu’en seulement dix minutes, je
me suis endormi profondément, un sommeil apaisant et réparateur.
Je me réveillai le lendemain à 10h00, sentant vite un tissu légèrement humide sur mon front. Quentin s’était occupé de moi… Peut-être était-ce parce que j’étais malade et donc plus sensible à la
déprime, mais j’en eus les larmes aux yeux. Il avait même préparé des médicaments et un verre d’eau avec un mot « prends ça trois fois dans la journée, je reviendrais plus tôt ce soir ».
La journée me fut bénéfique. J’envoyai au moins une dizaine de sms à Quentin pour lui dire que je l’aimais à la folie et me sentis en plus de ça, rapidement mieux. Ma fièvre était presque passée et je dus donc patienter jusqu’à ce que Quentin revienne. Seul mon mal de gorge avait décidé de rester, toussant je ne sais combien de fois chaque minute ; une toux sèche qui me faisait abominablement mal.
A 19h00, heure à laquelle Quentin rentrait aux habitudes, il n’était toujours pas revenu. Je me doutais bien qu’il y avait quelque chose au bureau puisqu’il m’avait
dit qu’il reviendrait plus tôt. Je ne devais pas commencer à être en colère pour si peu, ça aurait été égoïste de ma part et je me remis donc à patienter calmement son retour.
Ce fut seulement à 20h00 qu’il arriva. Je me redressai en entendant la porte d’entrée s’ouvrir mais m’arrêtai bien vite en entendant qu’il parlait. Une voix lui répondit. J’étouffai aussitôt ma
toux dans les draps pour ne pas que cet homme m’entende et je me mis à les écouter. Tant qu’ils parlaient, c’était rassurant…
Mais comme je m’étais imaginé, après quelques minutes, un énorme silence s’imposa. Je ne sais par quelle force morale je le fis, mais je m’approchai de la porte, le
souffle presque coupé.
J’entendis, une fois près de la porte, la voix de cet inconnu qui demanda à Quentin :
- T’es sur que ça dérange pas ton mec ?
- Mais non je te dis ! Je lui demanderai qu’il se joigne à nous après mais d’abord, je veux te baiser un coup.
- J’attends que ça depuis ce matin ! Tu m’as allumé dès que tu m’as dit bonjour, je l’ai bien vu.
- C’est normal, t’es vraiment trop canon.
Assez parlé maintenant. Vire tes fringues que je te la foute bien profond !
Je ne savais même plus réagir face à ces situations. A part aller me recoucher en attendant, c’était tout ce que je pouvais faire. Crier au scandale… Jamais je
n’aurais même oser y penser. Tout ce que je fis à ce moment, c’était retourner dans mon lit sans un mot. J’étais comme sous le choc…
Pourquoi est-ce que je ressentais à chaque fois cette même douleur ? Après tout ce temps, elle aurait du être moins dure, je devais être habitué maintenant. Et pourtant… Elle était tout le temps
là, toujours à scruter la moindre déprime ou évènement qui pourrait me détruire un peu plus. Je restai là, en entendant ces gémissements, cris et paroles sans pour autant les entendre vraiment.
Elles m’atteignaient directement au cœur, mes oreilles ne me servaient finalement qu’à intermédiaire pour que la douleur s’installe en moi. J’étouffai ma toux, voulant le moins possible me faire
entendre jusqu’à ce que j’entende peu de temps plus de tard l’homme avec qui Quentin couchait, jouir dans une parole des plus obscènes, comme Quentin les aimait.
Je n’éprouvais plus que dégoût. Lui qui s’était soucié de mon bien-être la veille, là, il était en train de baiser et avait jouit dans un cul de plus.
Quelle importance avais-je à part cette foutue bague qui nous officialisaient comme époux et cette maison que l’on partageait ?
Je savais parfaitement pourquoi j’étais malade. Je n’arrivais tout simplement plus à avaler cette situation. Et dire que je regrettais de l’avoir trompé… Je n’en voyais plus les raisons, je ne
voyais plus que celles pour recommencer. Une haine sourde s’installa en moi quand je le vis entrer avec son pantalon encore ouvert, accompagné en plus du mec. Celui-ci me sourit, sourire auquel
je ne répondis absolument pas.
- Tu pourrais dire bonjour quand même ! dit tout à coup Quentin en s’approchant de la table de nuit, de laquelle il sorti un joint.
- Bonjour… dis-je alors, la voix aussi froide que le Pôle Nord.
- Salut ! dit-il en entrant dans la pièce sans aucune gêne et regardant autour de lui.
Putain, ta baraque est quand même vachement belle.
Son regard s’arrêta soudainement sur moi, et il rajouta dans un sourire qui se voulait allumeur :
- Ton mec aussi d’ailleurs. Aussi beau que tu le prétendais…
- N’est-ce pas ? déclara Quentin d’un air déconcentré, trop occupé à allumer son joint.
- On va passer un bon moment… dit-il tout à coup, ce qui me fit me rappeler que Quentin avait dit plus tôt que le projet était de faire un plan à trois.
- Qu’est-ce qu’il veut dire ? demandai-je doucement en soulevant la tête vers Quentin.
- Tu le sais très bien Thomas, fais pas ta chochotte…
Il s’éloigna tout à coup, me laissant une nouvelle fois au bord des larmes, mais pour une raison tout à fait différente de celle de ce matin. Il échangea quelques
paroles en sortant en passant le joint à l’homme et sortant en même temps un sachet de cette saloperie. Avait-il vu mon état ?
Peut-être ma fièvre était-elle presque tombée, mais cela ne voulait pas dire que j’étais guéri, bien au contraire. Il voulait que je baise avec eux, mais se fichait-il de moi au point qu’il fasse
comme si je n’étais pas malade ? Ca m’énervait à un point inimaginable et voir cet homme tout à coup venir se coucher dans le lit, à la place de mon propre mari, j’en aurai bien gerbé sur lui. Il
me fit un sourire qui me fit aussitôt me lever, je savais très bien qu’il tentait une approche que je me laisse faire mais cette fois-ci, c’était trop.
Seulement, en voyant que je me levais, Quentin releva aussitôt la tête et semblait tout à coup menaçant. Je ne pouvais pas… Même avec toute la volonté du monde, je
savais que l’envoyer merder d’une façon brusque serait risqué pour moi.
En évitant son regard, je partis donc de la pièce rapidement, l’entendant m’appeler plus d’une fois. Il me rejoignit aussi vite, furieux et me prit directement le bras en me criant :
- Qu’est-ce tu fous, là ?? Tu m’as humilié !!
- Je ne veux pas !! criai-je aussi fort que lui, ne sachant où je trouvais la force.
Je ne veux plus me faire baiser par tous ces mecs !! Ils n’en ont rien à foutre de moi. Et toi non plus d’ailleurs, tu m’ignores complètement !
- Arrête un peu ton mélodrame, bordel ! me dit-il en me poussant violemment contre le mur.
Comme je l’avais prévu, il devint agressif. Pourquoi avais-je parlé ainsi. J’avais pourtant retenu la leçon il y a quelques années. Il empoigna ma gorge et me tapa la tête au mur. Mon mal de tête était parti pendant la journée, mais il reprit de plus belle après ce coup. Seulement, terrifié, je ne faisais plus attention à ma maladie. Son regard me paralysait, me glaçait le sang… Et ses paroles me donnaient l’impression à chaque fois dans ces moments, qu’il allait me tuer :
- Tu vas me faire le plaisir de venir avec nous ! C’est compris ? hurla-t-il les derniers mots.
- Je t’en supplie… demandai-je en pleurs à présent.
Je suis encore malade, pourquoi tu veux toujours que je fasse ça ? Je ne suis p..
- La ferme !! Tu baises ou tu te casses, c’est toi qui choisis !
- Non ! criai-je.
J’ai nulle part où aller !! J’en ai marre de tout ça. J’en ai marre que tu me trompes !
A peine avais-je finis ma phrase que je vis le bras de Quentin prendre de l’élan et atterrir violemment sur ma joue. Ce moment, que je craignais depuis un an maintenant, était alors arrivé…
Deux jours après, je me rendais au cabiné de Arnaud pour qu’il me change mes pansements et regarde l’état de ma
main. Il m’avait dit de passer hier. Mon cocard avait presque disparut et j’avais hâte de pouvoir me servir de ma main normalement. Car avoir une seule main pouvais être assez handicapant dans
certaines situations. Arrivé à l’accueil, je signalais ma présente et allait m’asseoir attendant mon tour. Je jetais un coup d’œil à tous les patients : deux vielles dames, une jeune fille,
une mère et son enfant. Je pris un magazine, n’ayant rien à regarder ou à faire. La patience et l’attente n’était vraiment pas dans mes cordes. Je finis par reposer celui que je venais prendre.
Il manquait des pages et il devait avoir plus de deux ans. Au moment où j’allais en prendre un autre, je sentis quelqu’un s’asseoir juste en face de moi. Je relevais la tête, intrigué, ayant
l’impression d’être observé. C’est alors que mes yeux se posèrent sur l’inconnu et ne purent décrocher de son visage et surtout de son corps. On pouvait vraiment dire que ce mec était un
canon ! Il avait un corps musclé de rêve, le genre d’homme qui devait posséder l’autre divinement bien. Une envie de me faire dominé par cet homme à l’instant me saisi tellement fort qu’il
sembla s’en apercevoir lui aussi. Si jamais prendre les autres, j’adorais me faire prendre et surtout par ce genre de mec. Il portait un t-shirt blanc que l’on pouvait voir à travers sa veste
noire entrouverte. Sa peau bien bronzée faisait ressortir ses traits bien dessinés. Ses épaules largue, lui donnait un air puissant. Je ne parvenais pas à détacher mon regard de son corps, le
miens frissonnait déjà de désir. Ses cheveux bruns mi-longs et ses yeux bleu foncé étaient mis en valeur par sa peau bronzée. Nos regards finirent par se croiser, et c’est
alors qu’il se redressa, un sourire pervers affiché sur le visage. Je mis très peu de temps à comprendre qu’il m’invitait à le suivre, chose que je fis sans aucune hésitation. Il semblait
connaître le lieu aussi bien que moi, et marchait d’un pas assuré vers un endroit où nous serions tranquilles tous les deux pour faire notre affaire. Mes yeux glissèrent tout naturellement
jusqu’à la chute de ses reins, totalement séduits ses fesses agréablement moulée dans son jean. Comment un tel homme pouvait-il exister ? Quoi qu’il en soit, j’étais plus
qu’heureux de l’avoir croiser sur ma route. L’envie de poser mes mains sur son corps si tentateur était omniprésente et heureusement que nous allions pouvoir le faire d’ici quelques instants.
Encore quelques pas et nous pourrions nous laisser aller l’un l’autre à nos pulsions bestiales, une simple bonne baise, comme je les aimais. Il s’arrêta soudain, ouvrant une porte, avant de
disparaître. Etant quelque mètre derrière lui, j’attrapais la porte de justesse avant qu’elle ne se referme. A peine eu-je le temps de rentrer que je me sentis tiré par lui. La porte se referma
assez violemment, le verrou fut fermé tout aussi vite, et je me retrouver plaqué contre le mur en train de l’embrasser sauvagement. Il y avait tant de masculinité dans ce baiser que j’y perdais
pied. Je lui cédais sans la moindre hésitation la place du dominant. Ses mains étaient déjà en train de s’attaquer à ma chemise, ma veste ayant déjà glissé sur le sol. A peine l’eut-il ouverte
qu’il glissa sa main sur ma peau, sans aucune pudeur, dans une volonté de me soumettre. Grisé par ce genre d’attention, je laissais déjà échapper un gémissement. Ma main valide, légèrement aidé
de l’autre, commença à s’attaquer à son tour à la veste de cet homme. Mais il ne me laissa pas l’occasion de le faire seul. Il s’écarta brusquement de moi, et ôta sa veste, avant de venir prendre
le bas de son t-shirt qui faisait ressortir divinement bien ses muscles avant de le tirer vers le haut dans le but de l’enlever. Voir ses muscles en action juste devant mes yeux, sans pouvoir
encore y toucher, me donnait très chaud. Heureusement, il ne mit pas longtemps avant de venir se coller tout contre moi, entrant en contact avec la peau déjà brûlante de mon torse. Je le
remerciais mentalement d’avoir ouvert préalablement ma chemise, cela me permettant d’avoir un contact direct avec sa peau. Je pouvais déjà sentir son érection, et il n’hésita pas une seconde de
plus avant de mettre sa main sur mon intimité en une caresse très osé. Je poussais un hoquet de surprise mêlée de plaisir. Il vint glisses lèvres dans mon coup pour me dire d’une voix exagérément
chose, tout en mordillant mon oreille :
- Tu sais que tu es vraiment bandant comme mec ! Je regrette pas d’être venu chez le médecin !
A peine eut-il finit sa phrase, qu’il reposa sa main sur ma virilité, reproduisant le même genre de caresse. Alors que je posais une main sur son torse imberbe si tentateur, ma main fus retenue
par la sienne : il m’avait saisit le poignet et déclara, continuant de s’occuper de mon cou :
- Laisse-toi faire, je vais te baiser comme jamais.
Je ne cherchai pas à aller à l’encontre de sa décision, m’étonnant moi-même d’être aussi docile. Je laissais donc tomber mes bras de chaque côté de mon corps, sans chercher à toucher ce corps, en
ayant pourtant tant envie… Mais ce qu’il était en train de me faire détourna rapidement mon attention, il était déjà en train de s’attaquer à l’ouverture de mon pantalon, ne
semblant pas vouloir perdre de temps. Je ne pu me retenir de gémir lorsqu’il caressa mon sexe à main nu. La tension était belle est bien là, le poussant toujours plus loin. Il revint prendre mes
lèvres, me communiquant sa passion et son désir pour moi plus que présent. Ses mains commençaient maintenant à s’attarder plus longtemps sur mes fesses, les massant dans un geste puissant
possessif. Soudain, il quitta mes lèvres et se pencha vers mon oreille une fois de plus, laissant derrière lui un trainée brulante, et me m’ordonna de la même voix chose :
- Tourne toi tout de suite, j’veux voir ton p’tit cul de plus près….
Je ne me fis pas prier. Plus que tout en cet instant, je voulais le sentir en moi, et satisfaire ce désir insatiable qui m’avais saisi à l’instant même ou j’avais posé les yeux sur lui. Il posa
ses mains sur mon cou, me faisant frissonner, avant de les glisser le long de mes épaules et de mes bras entraînant avec elles ma chemise. Une fois ma chemise ôtée, il continua sa course avec un
érotisme fou, me débarrassant de la même manière de mes autres vêtements. J’étais maintenant nu et totalement offert à cet homme que j’avais vu pour la première fois il y avait moins de vingt
minutes. J’attendais qu’il repose sa main sur mon corps, mais lui tourna la tête je ne voyais pas ce qu’il faisait. J’avais donc tous les sens en éveil, curieux de ce qui allait arriver. Je
sentis peu à peu une chaleur dans mon dos, jusqu’à le sentir comme collé sur moi alors qu’il ne restait plus qu’un millimètre d’air entre sa peau et la mienne. Jamais je ne tentai d’amenuiser
cette distance de mon propre chef, ni de tourner la tête. Je sentis soudain quelque chose de chaud et d’humide sur mes épaules, qui ne pouvaient être autre que sa langue. Bientôt ses lèvres
vinrent s’y rejoindre, suivis d’une ses mains effleurant à peine mes fesses. Lorsque je sentis peu de temps après tout son corps se coller contre le mien, je ne pu que gémir sous le plaisir que
cela me procura. Il continua ainsi, se faisant légèrement désiré de la plus agréable des façons. Ses mains quittèrent bientôt mon corps, pour mieux me retrouver peu de temps après, sentant un
liquide sur mes fesses, suivit d’un doigt me pénétrant. Durant toute la préparation, accélérée par le lubrifiant, il s’occupa parfaitement de mes épaules et de mon cou à l’aide de sa bouche. Je
ne me retenais pas de gémir, n’attendant maintenant plus qu’une chose, qu’il retire ses doigts et me prenne enfin. Comme s’il avait compris, il retira ses deux doigts qui étaient maintenant en
moi, et sembla ouvrir son pantalon. Soudain, d’un coup brusque et sans prévenir, il fut en moi, me retenant difficilement de hurler sous le plaisir et la douleur si particulière dans ce genre de
moment. Il ne perdit pas de temps pour commencer son déhanché sur un rythme déjà soutenu, laissant un râle de plaisir raque typiquement masculin me donnant terriblement chaud. Bientôt, il entama
un rythme endiablé. Les deux mains posées sur mes hanches, il prenait de l’élan pour s’enfoncé toujours plus intensément et profondément en moi. Quand à moi, je me maintenais comme je le pouvais
contre le mur. J’aurais bien hurlé de plaisir, mais je me retenais en pensant au lieu. Arnaud m’en voudrait déjà assez de faire ça dans son cabiné. J’adorais ce genre de moment là, si puissant.
Je sentais en moi, allant et venant, attisant comme jamais mon corps déjà en feu. Le plaisir était trop grand, mais voulant qu’il le soit encore plus, je fis glisser ma main valide sur mon sexe,
dans la volonté de le satisfaire. Nos corps étaient déjà transpirants par l’intensité. Il me soufflait des mots plus chauds que les autres, me félicitant plusieurs fois pour mon cul divin.
J’étais vraiment tombé sur un bon coup, et il nous mena de main de maître jusqu’à la jouissance. Ce fut le sentir jouir en moi dans cette voix si érotique qui eut raison de ma
retenu. Je me déversais à mon tour dans ma main. Je tentais de reprendre mes esprits, lorsqu’au lieu de se retirer de moi, je le sentis se mouvoir de nouveau lentement. Il était encore dur, et
cet homme semblait en revouloir une seconde fois. Je me déhanchais légèrement pour lui donner mon assentiment, et il ne se dit pas prier. Il vint poser sa bouche sur mon épaule, comme pour se
retenir les bruits de sa bouche devenant trop bruyants. Bientôt, il me retourna, se retirant momentanément. De ses bras puissant, il me souleva, m’appuyant au mur et d’un habile coup de rein, il
me reprit, m’obligeant à laisser échapper un petit cri de plaisir. Il réalisait cette position parfaitement. Je laissais mes bras entouré son cou pour me maintenir le plus agréablement possible
dans cette position. J’eus cette fois-ci beaucoup plus de mal à me retenir de crier, je faillis presque mordre son épaule, ma tête étant maintenant enfoui dans son cou. Son odeur masculine et son
parfum aurait rendu fou n’importe qui. Nous jouîmes cette fois-ci en même temps. Il se retira pour me reposé sur le sol, s’appuyant légèrement pour se reprendre après l’effort que nous venions de
faire. Un sourire béat s’affichait sur nous lèvre, nous venions de passer l’un l’autre un petit moment plus qu’intense et comme je les aimais. Tout naturellement, nous nous habillâmes et après
quelques mots échangés, il sortit, me laissant seul dans les toilettes. Je jetais un coup d’œil dans la glace, me passais un peu d’eau fraîche pour me remettre, et après avoir remis mes affaires
en place, je sortais de la salle de bain et tombais nez à nez avec le fameux docteur…
- Tiens, salut Arnaud, dis-je innocemment, tendant de feindre ne rien avoir fait.
- Franchement Jonas, tu peux pas trouver d’autres lieux qu’ici ? J’apprécie pas vraiment…
Je lui fis un sourire faussement gêné. Je dis alors, tentant de détourné la conversation par de l’humour afin que ça ne finisse pas en dispute :
- Tu aurais pu me dire que tu
avais ce genre de patient, j’aurais du faire médecin !
Cela ne le fit pas rire, mais eut au moins pour résultat de clore le sujet :
- Allez, viens me montrer ta main.
Une fois qu’il m’eut soigné et refait mes pansements. Avisant l’heure, je me rendis à la boîte, j’avais des choses à voir avec mes serveurs.
Le début de soirée fut assez long, il y avait peu de personnes, et cela réduisait les champs de mecs baisables. Vers une heure du matin, ils commencèrent enfin à arriver. Je quittais mes amis et
quelques autres qui s’étaient joins à nous ce soir là, pour aller sur la piste de danse, ayant repéré ma cible. C’est alors que je sentis mon portable vibrer dans ma poche. D’habitude, dans ce
genre de moment, je laissais sonner, ne voulant pas être dérangé. Mais depuis que ma mère était en maison spécialisée, je me méfiais toujours et c’est ce qui me poussa à jetais un coup d’œil sur
l’écran pour voir l’identité de l’interlocuteur. Je fus intrigué lorsque je vis que c’était un numéro inconnu. Je ne sais pas si ce fut la curiosité qui me poussa à m’éloigner rapidement pour
finalement décrocher :
- Oui ? Déclarais-je assez froidement.
- Jonas, je… C’est Thomas, me répondit-il la voix étonnement faible.
Ainsi, plus tôt que je ne l’avais pensé, alors même que je ne croyais pas cela possible, il m’avait appelé… Je n’eus pas le temps de répondre, que déjà il débitait, semblant avoir préparé son
texte et anxieux de m’appeler :
- Je peux… Je peux venir chez toi… Dans ta boîte… Je veux te voir…
Sans trop réfléchir, perdu dans l’union de nos
langues, j’attrapais un de ses bras de ma main blessée. La douleur fut vive et m’obligea un instant à quitter ses lèvres. Je jurais un mot grossier, laissant le temps à Thomas re reprendre ses
esprits. Il est vrai que là ou nous étions placé, la discrétion et le secret de ce que nous étions en train de faire était grandement menacé. Alors que j’allais retrouver ses lèvres, oubliant la
douleur sourde de ma main, je sentis la sienne se poser sur mon torse et me pousser légèrement.
Amusé par son regard de nouveau gêné par le mien interrogateur, j’attendis qu’il penne la parole. Cela semblait vraiment être une épreuve pour lui. Voyant au bout de longues seconde qu’il
n’ouvrirait pas la bouche, je lui demandais :
- Quelque chose ne va pas ?
Je savais très bien qu’il voulait que nous allions dans ma chambre, du moins c’est ce que son corps semblait me dire. Mais j’avais envie de l’entendre de sa bouche, je voulais l’entendre me le
demander. Apparemment l’alcool ne l’aidait pas tant que cela à vaincre sa timidité sur ce point-là. Je le vis virer au rouge sous la simple lampe sombre du couloir et commencer à bégayer quelque
chose d’incompréhensible. Si je n’avais pas autant envie que lui, je l’aurais fait mariner encore un peu.
- Tu veux monter ? Dis-je en passant délicatement un doigt de sa joue jusqu’à son menton.
La réponse de Thomas fut simplement un « oui » de la tête. Sa timidité me frustrait de plus en plus.
- Ah oui ? Déclarais-je d’une
vois assez chaude. Et que veux-tu y faire ?
Je crois que j’étais allé un peu trop loin. C’était de trop pour Thomas qui craqua et me poussa un peu plus violemment avant de reprendre le chemin de la boîte. Je l’attrapai de justesse par le
bras, n’ayant aucune envie que tout se finisse là. Il se retourna brusquement, à la fois g^né et agacé du petit jeu que j’avais eu avec lui. Sans dire un mot, d’un simple regard, il sembla
comprendre. Tenant toujours son poignet fermement mais sans violence je le tirais légèrement, l’invitant à me suivre. Et c’est ainsi que nous parcourûmes les couloirs pour mous rendre jusqu’à un
lieu plus approprié. La musique se fait plus ténue et seules les basses nous parvenaient. J’aimais ce moment-l), où l’envie nous prenait presque à la gorge et où les couloirs nous semblait
désespérément long. Thomas ne m’opposait aucune résistance et me suivait docilement. Après tout, il en avait tout autant envie que moi, seulement, il ne l’exprimait pas aussi explicitement que
moi ? J’avais parcouru des milliers de fois ces couloir avec un ou plusieurs hommes mais rares étaient les fois ou j’étais aussi impatient d’atteindre mes appartements.
Heureusement, nous finîmes par les atteindre. Je
lâchais un instant la main de Thomas dans le vit d’attraper mes clef et d’ouvrir la porte Thomas ne bougea pas d’un pouce. Après un dernier regard pour lui, j’ouvris la porte. Thomas ne bougea
pas d’un pouce. Après un dernier regard pour lui, j’ouvris la porte. Je me retenais de plus en plus difficilement. Je souhaitais posséder ses lèvres encore et encore, jamais un baiser ne m’avait
rendu aussi fou. Sa position, tête baissée, main jointes et doigts s’entortillant me donnait envie de lui sauter dessus. Comment pouvait-il être aussi craquant ? Normalement ce type d’homme
n’était vraiment pas mon genre.
Je l’invitais à passez devant moi, ce qu’il fit après une dernière hésitation ? Je ne me gênais pas pour faire glisses mes yeux sur le bas de son dos. IL s’arrêta à quelques pas de la porte,
me laissant juste la place pour la fermer ; ce que je fis avant de me tourner pour être face à lui ? Mes yeux glissèrent sur son corps, autant dire que je le dévorais des yeux. Il
pourrait encore ces vêtements qui ne lui allaient pas du tout. Mais cela n’enlevait rien à sa beauté, ni au charme qu’il exerçait sur moi ? Je marchais soudain vers lui, et le désir puissant
que Thomas lisait dans mes yeux le fit reculer jusqu’à se retrouver coincé par le mur. Je posais mes mains sur le mur, une de chaque côté de Thomas, asseyant une fois de plus ma domination.
Lentement j’approchais de ses lèvres, et alors que Thomas commençait à avoir les yeux mi-clos, j’arrêtais ma course. Ne me sentant pas venir, il ouvrit les yeux, tentant de comprendre ce
qui l’allait pas. Au sourire que j’affichais, il comprit que je me jouais de lui. Il afficha un air faussement boudeur qui me fit craquer. Je parcourais rapidement les derniers centimètres qui
nous séparaient, mais vexé, Thomas tourna la tête me privant de ses lèvres. N’était pas du genre à supporter d’être priver de quelque chose, je me vengeais en en profitant pour glisser dans son
cou passant directement sur un point que j’avais découvert érogène la dernière fois. Je sentis son corps frémir un cours instant, mais déjà je m’étais éloigné, lui laissant à peine le temps de se
satisfaire de ce genre d’attention. Un court instant, son visage refléta la frustration que je lui faisais ressentir avant de redevenir l’homme réservé. Je restais là, immobile, attendant qu’il
vienne de lui même. Peut être regrettait-il d’avoir tourné la tête quelques instant avant… Ses yeux se plongèrent dans les miens, soutenant mon regard. Rares était les fois ou j’avais pu avoir
autant de temps pour admirer la prunelle de ses yeux. Ils reflétaient tellement de choses. Ce n’était un regard vide de tout, ou un simple regard comme j’avais souvent le droit avec d’autre qui
n’exprimait que l’envie de me baiser ou d’être baisé. Non, celui de Thomas me faisait presque me prendre et oublier un court instant le lieu où je me trouvais. Thomas ne faisait toujours aucun
mouvement vers moi, attendant que ce cède à mon petit jeu. Seulement je n’avais moi aussi aucune envie de lui céder. Je voulais qu’il sorte ne serait-ce qu’un instant de son état de passivité
totale. C’est après une très longue minute passé à nous fixer l’un l’autre, que je le vis enfin amorcer une approche. Trouvant que c’était déjà beaucoup, fermant légèrement les yeux, je vins à sa
rencontre. Mes lèvres se déposèrent sur les siennes déjà entrouvertes. Ainsi, il s’impatientait vraiment…
Etant de toute façon dans le même état que lui, je laissais ma langue aller à la rencontre de la sienne, pénétrant dans sa bouche avec une douceur et un érotisme sans pareille. Sa langue vint se
joindre à la mienne, ne trahissant aucune hésitation. Ma main valide glissa sensuellement le long de sa hanche ; il y avait quelque chose de frustrant à ne pouvoir utiliser que celle-ci. Ne
sentant toujours pas les siennes se poser sur mon corps, je décidai de l’aider un peu. Cessant un instant mes caresses, je desserrais ma cravate et ouvrit le col de ma chemise. Puis j’attrapais
une de ses mains tout en continuant de dévorer ses lèvres, et la posai sur ma hanche, l’invitant à me toucher. Mon collant se colla au sien, faisant bien exprès de coller mon érection naissance
contre sa jambe, remontant jusqu’à être debout. Sa mains commençant enfin à ses déplacer, allant même jusqu’à se glisser après un temps sous ma chemise. L’alcool devait y être pour beaucoup. Il y
avait tellement de timidité dans ces attouchements, mais cela était si doux, si inhabituel… Je finis par quitter ses lèvres, presque à contre cœur, dérapant dans son cou. Je laissais aller ma
main jusqu’à son entre-jambe, osant une simple caresse poussée qui le fit s’arquer en arrière, retenant un gémissement. Je l’avais pris par surprise et j’adorais cela. J’aurais cependant bien
aimé entendre le son de sa voix, mais je savais qu’il fallait bien plus pour cela.
Alors que je m’attaquais à son cours, je glissais plusieurs fois ma main vers son sexe, ne faisant que le frôler. C’est après un temps, voulant passer à quelque chose de plus concret, que je me
reculais et lui demandais /
- Que veux tu que je fasse ?
Aussitôt je vis Thomas devenir très pâle et ne plus savoir vraiment ou se mettre. Cependant, étrangement, et certainement inconsciemment, il posa sa main sur son sexe, ce qui ne me passa
évidemment pas inaperçu. Souriant, l’air légèrement moqueur, je posais ma main sur la sienne et lui susurrais :
- Tu veux que je m’occupe de ça ?
Thomas, plus mal à l’aise que jamais hocha légèrement la tête. De nature sadique, j’en profitais une dernière fois et répliquais alors en m’approchant tout près de son oreille :
- Alors demande-le moi… Je veux t’entendre me dire « suce-moi ».
Je m’écartais légèrement de lui, voulant surtout le voir gêné et admirer son visage lors de sa demande. Comme pour l’aider un peu, ma main frôla encore plusieurs fois son sexe qui commençait tout
comme le mien à être bien trop à l’étroit. Alors que je l’interrogeais maintenant du regard, je le vis me faire « non » de la tête. Je me décollais un peu de lui, lui faisant
clairement comprendre que je ne ferais rien dans qu’il me le demande. J’avais presque envie d’éclater de rire tellement il semblait mal à l’aise. Je suis sur qu’il aurait tout donné pour être
ailleurs ou du moins ne pas être soumis à ce genre de chose. Il baissait déjà la tête, lorsque je posais deux doigts sur son menton dans le but que son regard croise le mien ? Or celui-ci
restait désespéramment fuyant. Je choisis de l’encourager au lieu de l’enfoncer plus qu’il ne l’était déjà :
- Ce ne sont que deux petits mots…
C’est alors que contre toute attente, j’entendis une petite voix souffler à contre cœur les deux mots désirés, même si c’était loin d’être sur le ton et la manière dont je l’aurais souhaité. Mais
je savais que ce que venait de dire Thomas était déjà plus que n’importe qui aurait pu espérer de lui.
Maintenant qu’il m’avait dit ce qu’il voulait, j’allais accéder à sa requête. Je n’avais plus l’intention de traîner. Après tout, nous n’avions pas des heures devant nous. Quentin était en bas,
et même s’il ne se préoccupait pas de Thomas, une trop longue absence se ferait forcément remarquer. Je retrouvais ses lèvres, laissant en même temps mes mains dériver sur son corps. Malgré ma
main blessée, j’y parvins avec un peu plus de difficulté qu’à la normale, mais ce n’était pas désastreux non plus. J’étais plutôt habile avec mes doigts. Lorsque sa chemise fut entière ouverte, je passai un doigt tout le long de son torse, très lentement de haut en
bas. Il sembla pas pouvoir réprimer un frisson de bien-être. Était-il à ce point en manque de sexe comme je le pratiquais avec lui pour être ainsi… Il était tellement sensible que je me demandais
comment on pouvait agir, du moins au début, différemment avec lui. Ma main valide s’arrêta l’ouverture de son jeans. D’un mouvement habile, je dégrafai un à un les boutons, collant en même temps
tout mon corps contre le sien en un léger déhanchement, me frottant sensuellement à lui. Je rejoignis ses lèvres, voulant de nouveau goûter à son baiser. Il ne fit cette fois-ci aucun
mouvement de tête, m’accueillant plus impatient que jamais. Il était sur qu’il était excité à l’idée de ce que je n’allais pas tarder à lui offrir. Cela se sentait rien qu’à sa façon d’être
contre moi. S’il parvenait à cacher beaucoup de chose, de part sa réserve et sa timidité maladive, son corps à ce moment précis le trahissait. Sentant que l’attente était largement suffisante que
l’ouverture de son jeans était totalement dégrafée, je quittais ses lèvres pour descendre avec une lenteur et une langueur spécialement calculée. Je pris même le luxe de m’attarder sur l’un de
ses tétons durcis de plaisir ; sa peau frissonnante me rendait tout aussi fou qu’il ne l’était. Alors que je léchais de manière sensuelle son torse, descendant progressivement, mes mains
s’occupèrent, en lui offrant en même temps une caresse, de baisser son pantalon et de glisser son boxer. Le goût de sa peau m’était maintenant familier, et c’est avec plaisir que j’y goûtais une
nouvelle fois.
J’allais doucement, mais pas trop quand même, sachant que ce genre de petit jeu pouvait finir par être bien plus que frustrant. Ce n’était pas le but recherché. Arrivé presque à niveau de son
sexe, maintenant à genoux, je reculais légèrement la tête et lever les yeux afin de voir son visage.
Il avait fermé les yeux, souhaitant apparemment
profiter de l’instant totalement, comme coupé du monde visuel et plongé dans celui de la pure sensation physique. Il était temps de passez aux choses sérieuses. J’allais lui offrir une fellation
comme jamais il n’en avait eut, encore plus foudroyante que la dernière fois. Il allait devoir user de toutes ses forces pour rester debout sur ses deux jambes et j’allais jouer avec cela. Avec
ma main valise, j’effleurai d’abord son sexe en érection, avant de finir par le saisir dans une caresse bien plus poussée qui fit cambrer tout son corps et lâcher un cri muet non maîtrisé. Sans
hésiter un seul instant, j’avançais maintenant ma tête pour lui offrir de ma bouche et de ma langue une caresse digne de ce nom. Cette fois-ci, un son s’échappa de sa bouche, bien vite étouffée
par sa main. J’entamais alors des caresses, toutes plus habiles les unes que les autres. J’allais le pousser à devoir retirer sa main afin de pouvoir exprimer le trop plein de plaisir. Au fur et
à mesure de ce que j’étais en train de lui offrir, il finit par poser l’une de ses mains sur mon épaule, appuyant légèrement son dos contre le mur, tentant de se maintenir. Ses jambes étaient
tremblantes. J’allais et venais, changeant d’intensité suivant ses réactions, lui faisant prendre des chemins divers à ma guise. Voulant tout de même ajouter un peu de piment dans la chose, de
manière tout à fait naturelle, je cessais de masser son bas ventre et portait ma main valide à ma bouche dans le but de l’humidifier. Thomas poussa un léger gémissement de mécontentement face à
cette courte pose, sans pour autant ouvrir les yeux et en chercher la cause. Reprenant ma sucions je laissais vagabonder ma main sur ses fesses, écartant légèrement son bassin du mur pour avoir
la place nécessaire. Sans vraiment prévenir, mais avec tact, je laissais pénétrer un doigt en lui, insistant en même temps sur une caresse buccale. C’est à ce moment là que je pu entendre ce
gémissement que j’avais voulu dès le départ, un gémissement de bien être à l’état pur. Je continuai à la préparer, prenant soit de le guider à ma guise. Le sentir ainsi, fébrile, entre mes mains,
tout comme à ma merci, me donnais une impression de puissance. Chacune de ses réactions dont j’étais l’auteur, le rendais encore plus désirable. Sans qu’il le veuille vraiment, il me chauffait
plus que jamais. Mon jeans était maintenant bien trop serré. De ma main libre, bien que blessée, j’entrepris d’ouvrir mon pantalon, m’offrant un peu plus d’espace, avant de reporter toute mon
attention sur Thomas. J’insérai maintenant un deuxième doigt en lui, avant de relever les yeux pour voir l’expression qu’il affichait. A sentir ses mains se crisper de plus en plus sur mes
épaule, et à voir ses yeux clos et son expression, il n’était plus très loin de la jouissance. Haletant, il ne semblait plus trop savoir ou il était. Je reportais mon attention sur ce que j’étais
en train de lui faire. Etamant des mouvements de ciseau de ma main en lui, je le suçais avec plus de vigueur, faisant tout pour le pousser aux portes de la jouissance. Il semblait avoir de plus
en plus de mal à se retenir et je ne faisais rien pour l’y aidé. Ce fut finalement dans un profond gémissement rauque et terriblement chaud, qu’il se libéra dans ma bouche. Cela me donna encore
plus envie de lui. Sans quitter son corps de ma langue, tout en plongeant mon regard dans ses yeux maintenant ouvert, je remontais tout le long de son corps, m’attardant sur chaque partie
réactive. Le corps de Thomas frissonnait de plaisir. Attisé par les légers gémissements étouffés dans ses lèvres, j’accélérais légèrement ma course pour les rejoindre. Je lui lançais un
regard de prédateur qui semblait le faire fondre sur place. C’est ivre de plaisir que je rejoignis ses lèvres, me délectant de leur saveur. Mordillant sa lèvre inférieure, je finis par rencontre
de nouveau sa langue, l’embrassant avec avidité non sans douceur. Malgré l’envie presque bestiale que nous avions l’un de l’autre, il y avait toujours cette douceur et cette patience. Le but
était le plaisir commun partagé, et surtout que l’un de nous deux ne se sentent pas lésé. Mon unique main valide profitait de caresser la peau de Thomas pour deux, tendant de combler la
frustration de ne pas pouvoir l’enivrer de mes deux mains. Enhardit par la beauté de son corps, je me laissais aller à lui murmurer en glissant dans son cou :
- Si tu savais comme ton corps est magnifique, on ne se lasserait jamais de le savourer.
Je sentis Thomas frissonner au contact de mon souffle dans son cou. Mais une main sembla me repousser. En effet Thomas exerçait une pression sur ma poitrine, me forçant à reculer. Lui cédant, je
m’écartais de lui, le regardant dans un air d’incompréhension :
- Qu’est ce qui t’arrive ?
- Pas besoin de tous ces faux compliments, je suis pas là pour ça.
A peine eut il finit de parler, qu’il me tourna le dos, posant ses mains sur le mur dans un pose plus que suggestive. Si j’étais d’abord surpris, je n’aimais pas du tout sa réaction. Tout
perdait son charme, et mon excitation retomba aussitôt. J’aurais pu le baiser simplement, sans plus de préparation, le prendre la contre le mur et simplement me vider les couilles. Je me sentais
pour la première fois étrangement blessé par sa réplique froide. Si je baissais parfois comme ça, ce n’était pas le cas avec Thomas. Malgré moi j’en voulais plus, et n’arrivant pas à
l’admettre, je m’éloignais de lui. Baise comme ça, très peu pour moi. J’avais tout une foule d’homme en bas pour le faire. Ce n’était pas ce que je recherchais avec Thomas. Sans cette chose,
Thomas n’avait plus rien de particulier à mes yeux, et étant déjà consommé, il ne m’intéressait plus. J’étais biens plus frustré maintenant et le prendre contre le mur comme il désirait, sans
tout « ces faux compliments », ne ferait que l’aggraver.
Passablement énervé, je lui tournais le dos,
refermant mon pantalon, et lui disant d’une voix très froide et impersonnelle :
- Dans ce cas tu peux partir !
Je ne tournai pas la tête, mais je l’entendis
rassembler ses vêtements. Je finis tout de même après un temps à tourner la tête vers lui. Thomas était de nouveau habillé, et avait la main sur la poignée de la porte. Mais au lieu de l’ouvrir,
il tourna la tête vers moi un court instant. Dès que nos regards se croisèrent, ils ne se quittèrent plus. Ca ne pouvait pas se finir comme ça, nous le savions tous deux parfaitement. Ce seul
échange de regard suffit à raviver dans chacun de leurs yeux un désir de l’autre incommensurable. Je ne sus lequel des deux eut l’initiative du premier pas vers l’autre, mais je me
retrouvais à parcourir très rapidement les quelques mètres qui séparaient nos corps, trouvant pendant ce court trajet qu’il était déjà trop long. J’avais besoin de le sentir prêt de moi, tout
contre moi, pour aller vers l’union la plus parfaite. Mon excitation était remontée en flèche et lorsque j’atteins Thomas dans une étreinte fusionnelle, je sentis le désir me vriller les reins.
Nous nous enlaçâmes et nos lèvres s’unir aussitôt. Sans perdre un seul instant, comme si notre vie était en jeu, nos langues virent se mêler farouchement. Les deux bras de Thomas n’hésitèrent pas
à passer le long de mon dos et à me serrer si fort tant le désir était forte. C’était la pure passion qui guidait nos gestes. Mes mains passaient et repassaient dans son dos, finissant dans sa
nuque pour approfondir au maximum le baiser l’attirant toujours plus près. Ma main valide se faufila entre les pans de sa chemise encore ouverte, embrasant sa peau déjà de braise. Il frissonnait
à chaque contact, tout contre moi, sensible comme jamais. Le désir était trop important, il était maintenant plus que nécessaire de l’assouvir. Je voulais le sentir là, toujours plus prêt,
me fondre en lui à jamais. Une véritable bataille se livrait entre nos langues. Nos deux érections maintenant plus que conséquentes étaient frottées l’une contre l’autre sous nos déhanchements et
mouvement de bassins involontaires. Ivre de désir, je n’en pouvais plus, il fallait que tout se passe maintenant, tout mon corps et toute mon âme ne réclamait que cela Malgré la timidité qui
continuait à transparaitre à travers son baiser, Thomas laissait se déchainer la passion qui avait prit possession de nos corps. Je fus finalement le premier à craquer. Je ne sus comment je
parvins à m’écarter de son corps plus que brûlant et l’attirait avec moi jusqu’à mon lit. Les mots n’étaient plus nécessaires. Nos regards et nos corps se suffisaient à eux même. Thomas me suivit
sans aucune hésitation, restant coller tout contre moi, amenuisant le plus possible à chaque instant entre nous. Nous n’étions plus séparables, notre vie en dépendait. Arrivé devant lit,
j’arrachais presque ma chemise sous les yeux brûlants de Thomas, ne supportant plus ce tissu qui ne faisait qu’entraver notre chemin. Mes autres vêtements subirent le même sors. Maintenant
éparpillés sur le sol, ils perdirent tout intérêt dans notre monde. N’écoutant que mes désirs, je me jetais presque sur lui, attrapant une de ses mains pour la posé sur mon corps. J’étais trop
impatient pour lui laisser le temps d’être timide. Je voulais sentir sa main caresser ma peau encore et encore. Heureusement, il ne perdit pas de temps avec cela, il se colla de lui même contre
mon corps dénudé. J’allais maintenant m’occuper de ses vêtements. Si je n’avais pas pu supporter les miens, c’était encore moins le cas des siens. Je fis glisser sa chemise de ses épaules, lui
portant autant d’attention qu’au mien. J’avais l’impression de découvrir son corps pour la première fois. Sa peau douce et satinée me donnait envie de la dévorer. Je glissais ma langue au creux
de son épaule, quittant un instant ses lèvres. A l’aide de mon unique main, je lui ôtais ensuite son jeans et le reste de ses affaires, le plus vite que je pu. Bientôt, nous nous retrouvâmes tous
les deux nus devant le lit à nous dévorer l’un l’autre de caresses et de baiser. Nous nous laissâmes tout deux tomber sur le lit, ne laissant en aucun cas de l’espace entre nos deux corps. Au
dessus de lui, je commençais déjà mes me déhancher légèrement mimant l’acte, frottant nos deux virilités. Nos lèvres ne parvenaient à se quitter, Thomas se serrait fort comme jamais. Pourtant ma
main valide quitta un instant son corps pour saisir le tube de lubrifiant placé stratégiquement sur la table de nuit. Le ramenant près de moi, je poursuivis le baiser avec encore plus d’intensité
avant de quitter ses lèvre et de me redresser, dominant Thomas de toute ma hauteur. Les yeux du jeune homme se posèrent tout de suite sur mon corps à défaut de m’avoir contre lui. Je saisis le
tube et mis très sensuellement du lubrifiant sur sa main. Je trouvai très vite une place entre les jambes de Thomas. Tout en m’abaissant très lentement au dessus de lui, je laissai glisser
ma main vers l’orifice de Thomas, étalant le produit et insérant un doigt en lui en même temps que nos langues se retouchaient. Thomas se cambra légèrement, poussant cri presque muet dont le
plaisir transparaissait bien plus que la douleur. Tout était tellement intense…
Je ne mis pas beaucoup de temps, jugeant l’endroit déjà suffisamment détendu, à insérer un deuxième doigt, avec une lenteur et une douceur exemplaire. Ce fut à peine si Thomas le remarqua,
gémissant de plaisir lorsque j’entamai mes vas et viens et mouvement de ciseau. Les gémissements de l’un l’autre venait se perdre dans nos bouches. Ce n’était que le manque d’air qui nous força à
cesser de temps en temps notre baiser. Jugeant le troisième doigt superflu et ne pouvant surtout pas attendre une minute de plus, je finis après un temps par retirer mes doigts, pour venir
m’appuyer sur le coude de ma main blessé d’un côté de sa tête. Nos langues ne se quittèrent pas et les jambes de Thomas vinrent s’enrouler autour de ma taille pour m’aider à ce qui allait suivre.
D’un mouvement de bassin ample et délicat, et à l’aide de mon autre main, je me retrouvais en Thomas quittant un instant ses lèvres pour exprimer oralement le débordement de plaisir. Thomas
se laissa aller à gémir bruyamment. C’est avec lenteur que je commençais à me mouvoir en lui, ne parvenant pas à rester totalement immobile. Thomas semblait souffrir un peu, mais cette douleur
était loin d’empiété totalement le plaisir. IL laissa échapper un long gémissement bruyant lorsque je retournais plus profondément en lui. Nos baisers reprirent de plus belle, faisant écho à ce
que nos corps étaient en train de faire. Les jambes de Thomas toujours enlacé autour de ma taille l’aider à tenir dans le mouvement qui devint de plus en plus intense. Ses mains vinrent se
crisper dans mon dos. Je quittais un instant ses lèvres pour admirer l’homme que j’étais en train de posséder. Je voulais revoir cette expression qu’il avait à chaque fois dans ces moments là qui
me ravissait un peu plus à chaque instant. Alors qu’il poussa plusieurs gémissements, ne parvenant plus à en contenir un seul et ne cherchant même plus à le faire, je cessais brusquement tout
mouvement, m’attirant un gémissement de mécontentement qui échappa de ses lèvres entrouvertes. Aussitôt ses yeux se plantèrent dans les miens, dans la plus totale incompréhension. Avoir vu sa
beauté venait de me ramenait à ce qu’il avait dit juste avant cela, aux derniers mots qu’il avait prononcé. Voulant tout de suite remettre les choses au clair avant d’aller plus loin, je
déclarais, ayant du mal à cacher le plaisir que je ressentais à être ainsi en lui :
-
Ne dis plus jamais que ce que je dis est faux. Tous les compliments que je t’ai fait jusqu’à maintenant étaient vrai
à mes yeux Thomas ! Tu es un homme magnifique…
Et comme pour prouver mes dires, je retrouvais ses lèvres, sachant qu’il ne me répondrait pas. Sans prévenir, j’entrepris un déhanchement plus brusque que les précédents qui fit presque crier
Thomas de plaisir. Cette fois-ci, Thomas du réellement s’accrochait à mot. Ma tête glissa dans cou, tout comme la sienne dans le mien. Sentir son souffle erratique et gémissements bruyants et non
contenus dans mon cou me rendait fou. De mon côté je ne cherchais pas non plus à cacher le plaisir que je prenais. J’entrainai Thomas toujours plus loin, jouant avec nos résistances. Je sentais
déjà Thomas presque à bout. Ses gémissements plus espacés et plus graves prouvait qu’il était en train de se retenir. J’accélérai mes mouvements, parvenant toujours à aller plus profondément en
lui. Ce fut peu de temps après, dans un cri rauque que Thomas jouit sans avoir le temps de me prévenir. C’est alors que je me souvins de la situation extérieure. Je ne devais pas laisser de
traces sur et en Thomas. C’était trop de risques pour lui : l’homme marié. Après encore deux vas et viens en lui, en profitant un maximum, je me retirais de lui, me mettant sur le côté,
l’entrainant à faire de même. Nous nous retrouvâmes face à face, les yeux dans les yeux. Si Thomas avait jouit, c’était loin d’être mon cas, et il fallait que je me libère de cette tension. Me
retirer de lui dans un moment si intense avait été particulièrement frustrant. De ma main valide j’étais déjà en train de me caresser, mimant l’acte. Je finis par attraper la main de Thomas pour
la poser sur mon sexe, j’avais besoin de me sentir touché par un autre et trouvais cela bien plus excitant. Cependant, j’oubliais un instant à qui je demandais de faire cela. Thomas déjà rouge
cramoisi, détournais le regard lorsqu’il eut sa main sur mon sexe. Comment pouvait-il être encore coincé après tout ce que nous avions fait. Avec mon aide, il commença à me caresser, mais la
vigueur était loin d’être au rendez vous. Certes c’était agréable, mais j’avais besoin de quelque chose de bien plus intense. Je finis par m’occuper moi même de mon érection, trop exciter.
Thomas retira sa main et je vis alors son regard dévier sur ce que j’étais en train de m’offrir. Je pouvais lire une sorte de plaisir à me regarder ainsi dans ses yeux. Je décidais de jouer le
jeu. Jamais je n’aurais imaginé ce petit côté voyeur chez lui et pourtant, il ne cessait de faire glisser ses yeux sur moi, regardant ma main, mon sexe et remontant parfois jusqu’à mon
visage pour voir mon expression. J’insistais la chose, laissant échapper des gémissements, finalement excité d’être ainsi regardé. Je ne tins pas bien longtemps étant déjà à bout depuis un
moment. Je finis par jouir, dans un gémissement qui ne cacha pas le plaisir intense du moment. Ivre de sensations et de plaisirs, j’allais retrouver ses lèvres, allant au delà de mes retenues de
la dernière fois. Après tout, j’avais cédé une deuxième fois seul avec lui, pourquoi ne le laisserais-je pas aller à l’embrasser même après avoir baiser. Ses bras fébriles m’enlacèrent à leur
tour et il répondit un peu plus timidement à mon baiser, sans cacher le plaisir pris dans ce genre d’attention de ma part. Quelques caresses furent échangées, de simples tendresse pour un moment
agréable et intime où chacun récupérer son souffle et se remettait peu à peu. Ce fut le manque de temps qui nous poussa à arrêter, sentant déjà mes mains repartir sur son corps pour une deuxième
fois. Je me redressais et m’écarter de lui après un dernier baiser.
Une fois debout, je lui tendis de quoi s’essuyer et ramassais ses vêtements pour les lui donner, prenant en compte sa timidité. Il me lança un regard surprit face à ce geste, ne semblant pas s’y
attendre. Je lui souris simplement, attrapant mes vêtements et m’habillant en même temps que lui. Une fois habillé, je vins m’asseoir sur le bord du lit à ses côtés. J’attrapais dans la poche de
mon jean une de mes cartes, avec mon numéro de portable inscrit dessus. Je savais à quoi je m’engageais en faisant ce geste tout comme je le savais lorsque j’avais cédé à cette deuxième fois. Je
ne savais même pas vraiment pourquoi j’allais lui là tendre. Peut être pour coucher avec lui de temps en temps et de prendre du bon temps comme nous venions de le faire, peut être aussi parce que
durant l’acte j’avais pu voir des marques sur son corps de violence qui avait du avoir lieu pendant des actes avec d’autres personnes. Cela m’avait intrigué malgré moi, et j’étais loin d’aller
aborder ce sujet avec lui. Et puis c’était aussi loin d’être la première raison qui me poussait à la lui donner. J’hésitai un peu, appréhendant sa réaction. Allait-il me prendre pour un con et se
moquer de moi, chose que j’aurais certainement faite à sa place. C’est au moment où je la lui tendais que je compris que je me sentais totalement ridicule.
- Qu’est ce que c’est ? Me demandant-il abasourdit lorsqu’il la saisit.
- Il ya mon numéro dessus, n’hésite pas à m’appeler si tu as besoin…
Après un léger silence, Thomas répliqua, un sourire moqueur qui me déplut affiché sur son visage :
- Pour baiser c’est ça ?
A peine eut-il prononcé sa phrase, qu’il remarqua ce qu’il venait de faire et de dire. Ses joues prirent une teinte rosée. A mon tour amusé, je lui répondis simplement :
- Pas uniquement.
La situation devenant bien trop gênante pour tout les deux, je me levais de nouveau, prenant la direction de la porte. Alors que j’allais sortir, j’entendis Thomas m’appeler timidement :
- Jonas ?
- Hn, répondis-je en me retournant vers lui.
Thomas fuit aussitôt mon regard et resta muet, semblant hésiter à me parler. Je l’encourageais en disant :
- Tu as quelque chose à me demander ?
Il hocha timidement la tête et après une inspiration, il me demanda d’une traite, sans vraiment chercher à prendre son souffle :
- Qu’est ce que t’es fait à la main et au visage ?
- Oh ça… répondis-je, soudain déstabilisé.
Ne m’attendant pas à cette question, il me fallut un court instant pour trouver une phrase qui suffirait à y répondre et qui n’engagerait pas plus loin la conversation.
- Problèmes familiaux, ajoutais-je.
Thomas ne chercha pas en savoir plus, ayant déjà fait beaucoup en osant me poser la question. Nous prîmes tout les deux la direction de la porte, l’accompagnant uniquement jusqu’à la sortie afin
que nous ne redescendions pas tous les deux au même moment. Il me jeta un dernier coup d’œil, ajoutant un sourire gêné. Il tenait toujours dans sa main la carte que je lui avais donnée. Alors
qu’il avait la main sur la poignée de la porte, je sentis son trouble. Il était sur qu’allait maintenant affronter son mari ne semblait pas l’enchanter.
- Thomas ? Dis-je.
Celui-ci eut à peine le temps de tourner la tête que j’avais pris possession de se lèvres une dernière fois. Je ne sus pas vraiment ce qui avait poussé ce geste. Après un baiser assez
bouleversant, je quittais ses lèvres et lui sourit en m’écartant de lui.
- A une prochaine, n’hésite pas à m’appeler dès que tu as besoin, ou tu simplement envie.
Thomas fit un sourire gêné, avant de partir, murmurant à peine un « au revoir ».
Me retrouvant seul, je rangeais un peu l’appartement et allai m’offrir une douche. Ce soir j’avais envie de rentrer chez moi. Etrangement, je n’avais plus envie de baiser avec d’autres hommes ce
soir, j’avais eu ma dose d’intensité avec Thomas. Je voulais finir sur la qualité, la quantité n’étant pas le plus important pour moi, même si mon mode de vie ne le prouvait pas. Je recherchais
toujours le plaisir, et fondé ma vie dessus.
Une fois que tout fut fais, je descendis dans la boîte, rejoindre mes amis qui avait du y arriver. Je ne comptais pas particulièrement leur parler de ce que je venais de faire, c’est à dire
coucher une fois de plus avec Thomas, car je savais que j’allais avoir droit à une boutade de leur part, et je ne voulais surtout pas entendre leur point de vu sur ce sujet. Je repensais au
baiser que je lui avais donné. C’était une attitude qui n’était pas dans mes habitudes. Je me demandais ce qui m’avait poussé à le faire…Simplement l’envie, mais pourquoi y avais-je cédé aussi
facilement ? Je l’avais fait sans réfléchir, poussé par l’ambiance. Et aussi, pourquoi lui avais-je donné mon numéro et proposé de l’aide ? Et pire encore, pourquoi l’avais-je repris
lorsqu’il avait dit que c’était uniquement pour baiser… Qu’est ce que je cherchais d’autre avec lui, ci ce n’est cela ? Mon attitude commençait à m’effrayer, il fallait que je me reprenne.
Retourner en bas avec les autres me ferait le plus grand bien. Je ne devais plus revoir Thomas. De toute façon, qu’est ce qui me prouvait qu’il oserait m’appeler ? Vu sa timidité, il était
bien loin d’être capable d’une telle chose, et surtout pour quelle raison le ferait-il ?
Je cessais de penser à tout cela, me disant que tout cela suffisait. J’arrivais en bas, la musique faisait bouger les hommes et les femmes sur un rythme effréné, je laissais glisser mes yeux sur
le corps de quelques uns, profitant des belles choses.
C’est alors que mon regard se posa sur l’homme que je venais de quitter. Quentin le tenait fermement par les épaules et semblait à deux doigt de le frapper. Je ne pouvais entendre ce qu’il lui
disait, mais Thomas était totalement soumis et ne disait rien, la tête baisser, subissant les mots blessants et la colère de son amant. Je ne sus pourquoi cette scène me serra le cœur, mais je me
dépêchais d’aller voir un de mes employés videur et lui dit d’aller calmer Quentin qui commençait à sérieusement s’emballer. Je tentais de me dire que je faisais cela pour la sécurité de ma boîte
et non pour venir en aide à Thomas. Quentin semblait être totalement bourré. Assistant à la scène de loin, je vis que Quentin se calma assez vite avec l’aide du videur et alla s’asseoir avec
Thomas, le tenant fermement par la taille comme sa chose. Au moment où je vis que Thomas allait regarder dans ma direction, je détournai le regard et allai directement rejoindre Arnaud qui me
faisait un signe de la main.
J’allais les rejoindre, et ne vis plus Thomas de la soirée.
Alors que je sentais qu’il allait venir, et que j’étais en train de mettre en œuvre tout mon savoir faire, il se redressa
subitement, avant de me pousser un peu trop brusquement à mon goût.
- Qu’est-ce que t’as ? Je me donne à fond, je t’ai dis de te laisser faire ! T’aimais bien non ?
- Oui ! Si, je… dit-il Je vais jouir !
- Et alors ? Dis-je abasourdit par ses paroles.
- Je ne veux pas que vous... tu... enfin…
- Avaler ? Si j’avais pas envie de le
faire, je le ferai pas. Mais là, j’ai envie alors... recouche-toi !
Ce fut presque comme un ordre, mais je détestais être arrêté en plein milieu, surtout dans ces moments là. Il se recoucha sans un mot, attendant la suite. Son corps, déjà légèrement luisant de
transpiration était un véritable pousse au crime, et pourtant je réussis à me contenir. Je ne cherchais même pas à reprendre doucement, trop frustré, et j’avalai presque son sexe, tout en le
léchant voulant l’entendre hurler de plaisir. Ses gémissements trahissaient encore sa retenue, mais je sentais que ce n’était plus qu’une question de temps. J’accélérai la cadence, il était à
bout. Il se déversa enfin en moi, dans un gémissement remplie de chaleur, semblant avoir atteint un état très proche du septième ciel. Mon savoir faire avait très bien mis au service de son
plaisir et il semblait avoir du mal à s’en remettre. Je remontais enfin jusqu’à lui, en l’effleurant comme si je sentais son odeur dont je n’arrivais pas à me laçait. Ayant maintenant envie de
m’occuper aussi de mon plaisir, je lui souris et déclarai :
- On va passer aux choses sérieuses maintenant… Allonges-toi convenablement et ne t’inquiète pas. Tout
se passera très bien.
Je sentais qu’il fallait lui dire ce genre de chose, car il était malgré tout inquiet. L’ambiance était tout à fait détendu et chaude. J’étais vraiment en train d’expérimenter quelque chose que
je n’avais fait que très rarement, et était aussi malgré moi un peu inquiet de ce qui se passait dans ma tête. Ses yeux se laissaient de plus en plus aller à glisser sur mon corps. Tant de
regards s’y était posé, mais pourquoi celui de Thomas me faisait cet effet particulier que je n’aurais sur décrire. Son corps fin, paraissait maintenant entre mes bras si fragile… Même son
physique était différent de ceux avec qui j’avais l’habitude de baiser. Cet érotisme qu’il dégageait était en train de me rendre fou.
Thomas fini par se redresser pour reculer jusqu’aux coussins, continuant de rougir, ce qui avait le don de me faire craquer doublement. Je le caressais sans aucune gêne amusé de l’effet produit
sur lui. Je le savais maintenant, j’adorais jouer avec sa timidité.
Je m’avançais sur les genoux jusqu’à lui, et lui écartai les jambes pour me coller à lui. Jamais je n’aurais pensé être plus excité encore lorsque je sentis son sexe contre le mien qui était
maintenant douloureux. Tout en lui embrassa ses épaules et son cou, je me remis à parler :
- Tu as déjà gémis, c’est bien. Maintenant, je veux t’entendre crier, hurler s’il le faut.
A peine eus-je prononcé cela que je passais mes doigts tout près de son orifice, le faisait pousser un hoquet de surprise. Il
s’accrocha à un de me bras assez fort. J’adorais prendre les gens par surprise et mon sourire ne le lui cachait pas.
Je me redressai tout à coup, le regarda avec un léger sourire. Le moment ultime était enfin arrivé, j’allais vraiment pouvoir prendre mon pied. Je pris rapidement dans ma valise un tube de
lubrifiant, n’ayant plus le courage de tenir le temps d’une trop longue préparation pour me recevoir. Thomas semblait tout autant excité que moi. Je m’abaissai vers lui après avoir ouvert le tube
et m’en mit sur deux de mes doigts. J’en versais ensuite sur son orifice. Thomas sembla se retenir de pousser un gémissement. Tout comme moi, il semblait plus que tout désirer l’acte. Lentement,
je fis rentre un doigt en lui, lui faisant pousser un gémissement qu’il ne put cette fois contenir. Même si j’accélérai un peu cette préparation avec le lubrifiant, il était hors de question de
passer outre. A voir Thomas, il ne devait pas y avoir le droit très souvent. Son érection reprit de plus belle lorsque je commençais mes vas et viens. De mes côtés il était de plus en plus dur de
tenir.
Il semblait être en plein extase, mais je voulais encore qu’il aille plus loin. Je m’approchais de son oreille après avoir contemplé l’expression de son visage, les yeux clos, le souffle court.
D’une fois excessivement chaude pour qu’il m’entende vraiment je susurrai :
- Vraiment… T’es bandant quand tu prends ton pied. Tu vas tellement aimer que tu en redemanderas encore
et encore…
A ces derniers mots, J’entrai une deuxième fois assez brusquement sachant qu’il était lubrifié. Il ne put
retenir un cri étouffé dans un gémissement plus fort. C’était ce genre de gémissements qui me faisait perdre la tête et qui me rendait fou de plaisir. Sa voix ainsi était plus chaude que jamais.
Voir Thomas ainsi, totalement détendu et excité à la fois, c’était bien mieux que la dernière fois.
Mes doigts se firent de moins en moins profonds en lui, jusqu’à se retirer totalement de lui. Cela faisait bien trop longtemps que la préparation avait commencé, toute peur l’avait quitté et je
n’aurais pu tenir une seconde de plus. Il ne cessait pas de gémir légèrement, même si je ne lui faisais plus rien pendant quelques secondes. J’avais réussis à le faire monter au summum de
l’excitation et j’en tirais une certaine fierté. Sa position plus que suggestive : les bras au dessus de sa tête, ses jambes bien écartées, totalement offert, me faisait perdre la tête. Je
ne me retenais pas de dire que j’avais une jolie vue. J’avais l’impression que jamais je ne me lasserais de ce spectacle et pourtant ce serait la seule et unique fois que nous coucherions
ensemble. Pourtant, malgré moi, j’aurais voulu que ce moment ne cesse jamais. J’avais connu le lit de nombreux hommes et rares étaient les fois ou tout était aussi intense. Il n’y avait
étrangement pas que cette pure envie de baiser bestiale. Certes nous tenions tous les deux à assouvir quelque chose, mais c’était spécial.
Après un dernier regard, assez rapidement, ne me contenant plus, je pris ses deux jambes pour les lui relever légèrement. En m’appuyant ensuite d’un bras sur le lit, je pris mon sexe et le mit contre son orifice. Sans vraiment savoir pourquoi, je me retins un temps, comme pour le torturer, me torturant pas la même occasion. Bien trop timide, Thomas ne craqua pas. Seul son regard semblait me supplier d’y aller. Ce fut donc moi qui craquai, lui disant en souriant que je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi têtu. Je rentrai enfin en lui d’une lenteur calculer. Galvanisé par le pur plaisir que je ressentais à l’instant, j’avais du mal à être attentif à ses réactions. Heureusement il ne semblait pas souffrir. Cela devait avoir un lien avec ma préparation.
Je ne regrettais pas d’avoir attendu jusqu’à maintenant, le plaisir en était décuplé. Contrairement à Thomas, je ne me retins
pas de gémir lentement et longuement. Il fallait que j’exprime ce que je ressentais. J’avais déjà eut tellement de mal de me retenir jusque là, je n’allais pas me retenir pour ce genre de chose.
De plus, pour moi, c’était prouver à l’autre que l’on prenait son pied. J’affichai un sourire presque béat, ma frustration allait enfin prendre fin et cela de la plus divine des manières.
J’ouvris les yeux pour lui parler, et le surpris en train de me regarder, ce qui le fit rougir de plus belle. Etant maintenant un peu plus apte à me concentrer de nouveau sur lui, je
demandai :
- Ca va ? Je suis dedans tu n’as pas trop mal ?
- Ca va… se contenta-t-il de dire.
- Je vais y aller tout doucement alors…
Ma préparation semblait l’avoir vraiment aidé. Je me mis lentement à me mouvoir, constatant avec plaisir qu’il avait déjà du mal
à retenir quelques bruits de plaisir. De mon côté, j’étais loin de tenter de me retenir. Il ne lui fallut que très peu de minutes pour être complètement habitué, soupirant de plaisir continuant à
se contrôler.
Je prenais déjà mon pied, me mouvoir en lui était comme irréel. J’allais très lentement, me réfrénant à ne pas accélérer. Seulement, lorsque ce fut trop insoutenable, ayant maintenant tout comme
Thomas besoin d’autre chose, je lui dis brusquement dans un léger gémissement /
- Tu as encore mal ?
Il fit un vif « non » de la tête, s’accrochant déjà aux oreillers.
- Très bien, dis-je trop heureux, alors on va maintenant y aller. Accroches toi…
A peine eu-je finis ma phrase que je lui avais donné un coup de reins bien plus puissant ne me contrôlant plus. Je voulais lui faire voir les étoiles, tout comme je voulais les entrapercevoir.
Plus que tout je voulais le faire crier et avec ce coup de rein, j’y réussis presque. Il se laissa aller à pousser un cri qu’il n’avait pu retenir. Je posais une main sur la
tête de lit pour prendre mon élan et je bougeai en lui bien plus profondément, me laissant aller à mes envies. Je prenais un plaisir dingue et lui en donnait autant. Thomas semblait déjà être
ailleurs, perdu dans le plaisir que je lui offrais. N’avait-il jamais connu ce genre de chose ? Comment pouvait-on se marier avec quelqu’un sans prendre son pied avec lui au lit. Pour moi,
le sexe était vital dans une relation. Aucun signe négatif émanait de lui. Le fais que pense avant tout à son plaisir semblait être une de raison de ce plaisir qu’il prenait.
Nous étions maintenant en plein extase, et il était à deux doigts de crier. Je devenais de plus en plus brusque, sans pour autant le heurter. Je me donnais à fond comme rarement, n’aimant pas
faire les choses à moitié. Je mettais toute mes forces dans mon élan pour que nos corps soient totalement unis lorsque j’étais au plus profond de lui. Mon sexe continuait de gonfler tout autant
que je commençais à émettre des cris courts mes forts. Ayant soudain envie d’autre chose, je me retirai de lui, me frustrant tout autant que lui. Je lui dis tout en me relevant du lit, de venir
au bord et de se retourner. Je voulais changer de position, et vis l’inquiétude de Thomas disparaître. Croyait-il que je voulais tout arrêter ? Loin de moi cette idée… Légèrement rougissant
par le plaisir, il fit comme je lui avais demandé. Cette séparation était bien trop dur, mais à la différence de la dernière fois, je savais que j’allais pouvoir le prendre ne nouveau et qu’un
certain Quentin ne viendrait pas nous en empêcher. Il se mit en position et aussitôt je le repris doucement. Cette fois, quand je recommençais mes bras et viens, il ne pu à mon plus grand
bonheur, s’empêcher de crier et de gémir bruyamment. Dans cette position, j’avais l’impression de m’enfoncer plus profondément en lui. Grisé par le son de sa voix, mes mains étaient posées sur
ses hanches et allant vite, Thomas était entraîné par mon mouvement. Pourquoi lui donner autant de plaisir, me rendait si heureux et satisfait de moi-même. Dans bien d’autres cas, mon plaisir
passait bien avant, ou du moins, je ne m’investissais pas autant et pas de cette manière. Je laissais le plaisir m’envahir, allant toujours plus profondément en lui, continuant
inlassablement de lui arracher des cris de plaisir. Alors que nous étions tous les deux dans ce monde de pur plaisir, je lui demandais, ne pouvant me retenir de gémir
bruyamment en même temps :
- Tu… Tu aimes ?
Il ne sembla pas parvenir à me répondre. Agacé de ne pas entendre sa voix, je ralentis volontairement la cadence pour à peine bouger en lui. C’était terriblement frustrant, tout comme cela devait
l’être pour lui. Il répondit enfin, criant un « oui » suppliant que je continu, chose que je fis aussitôt, maintenant satisfait. La vitesse reprit de plus belle, lui arrachant des cris
incontrôlables.
Abandonné dans l’extase, ce fut sa voix qui me sortie de l’entre deux :
- Je… Je vais… Je vais jouir !
- Attends encore un peu, ça vient aussi… Retourne-toi, je veux voir… ton visage quand tu
jouis !
Sans dire un moi, il se coucha au bord du lit, et écarta de nouveau les cuisses pour que je le reprenne. Cette fois, je le repris, mais je m’approchai en même temps de son visage. Je l’embrassais
profondément, dans une passion sans pareille, voulant goûter à ses lèvres une dernière fois. N’en pouvant plus, Thomas repris :
- Jonas je…
- Je viens ! Criai-je tout à coup. Vas-y, jouis ! Ho oui Thomas !!
Dans un cri, Thomas joui en même temps que moi, envahi d’un plaisir incomparable, me déversant en lui. Je le vis fermer les yeux sous le plaisir, admirant l’expression extatique qu’il abhorrait.
Je lui avais promis le 7ème ciel et il l’avait atteint.
Je retombais légèrement sur lui en reprenant mon souffle et dit en même temps :
- Wouaw… t’étais vraiment… vraiment bon !
C’est à ce moment là que je remarquais quelque chose qui m’intrigua. Cette frustration maintenant éteinte, mon désir maintenant consommé, j’aurais du être pleinement satisfait. Alors pourquoi
ressentais-je encore cette envie de lui ?
Je me retirai rapidement de lui, comme souhaitant maintenant quitter son emprise. Peut être étais-je encore trop pris dans le plaisir pour penser convenablement. Je me couchais à ses côtés,
tentant de reprendre mes esprits et retrouver la raison.
Il fallait que je m’éloigne de lui, que je mette fin à tout ça. Jamais je n’avais ressentit ce genre de chose après avoir satisfait mon désir. J’étais là, à ases côtés, tentant de me remettre.
J’avais vraiment pris mon pied. J’avais beau le faire plus d’une fois tous les soirs, cette fois-ci sortait de l’ordinaire. Je m’étais vraiment donné à fond, et j’avais réussis à nous faire
atteindre les sommets. Je me redis encore une fois que faire passer complètement son plaisir avant le mien était une chose raire. Certes j’étais mais énormément prendre mon pied, mais cette
fois-ci, c’était en le voyant prendre le siens que j’en prenais. J’aimais malgré moi son côté coincé et réservé. J’appréciais par dessus tout le voir rougir.
Je le vis me jeter plusieurs regards, mais je ne parvins pas à y répondre. Lorsqu’il me caressa légèrement le bras, je pris peur de ce que je failli faire et surtout de ce que je ressentais.
Jamais je n’avais pris un homme dans mes bras, n i échanger des gestes de tendresse après avoir baiser. Cela était réservé aux couples, et à ceux qui faisait l’amour. Alors pourquoi l’envie de le
prendre dans mes bras m’avait traversé ? Tout cela allait bien trop loin, allant bien au delà de tous mes principes. Je ne pouvais nier que je ressentais quelque chose de voisin de la peur.
Tout cela m’était bien trop inconnu et je le jugeais dangereux. Alors pourquoi sentais-je mon cœur se serrer lorsqu’il me touchait le bras pour attirer mon attention. Qu’attendait-il de
moi ? Voulant par dessus-tout éviter de céder, je finis par me redresser pour prendre une cigarette et me recoucher en l’allumant. Je sentais la détresse de Thomas, mais c’était aller trop
loin pour moi. Il semblait maintenant être redescendu sur terre. Je m’imaginais ce qu’il devait penser de moi, me touchant malgré moi plus profondément que je ne l’aurais voulu. Il semblait
maintenant réaliser ce qu’il venait de faire, à savoir tromper son maris. Certes, j’avais tout comme lui pris beaucoup de plaisir, mais à sa différence la culpabilité n’allait pas me ronger. Je
m’en voulais même de l’avoir entraîner là dedans. Je ne pouvais m’empêcher de ressentir une certaine pitié pour lui. J’étais fautif, même si grâce à moi il avait pu obtenir beaucoup. Cela prenait
maintenant pour lui le goût amère de la trahison.
Je le vis soudain se redresser du lit, tentant de cacher comme il pouvait son intimité, avant de récupérer ses vêtements. J’aurais voulu le rattraper, mais pour lui dire quoi ? Je n’avais
jamais vu quelqu’un d’aussi pudique. Mes yeux glissèrent sur son corps encore dévoilé, imprimant une dernière fois en mémoire ses courbes qui m’avaient tant attirées… A mes yeux, il était
sublime… Rien que de le voir ainsi me donnait envie de le prendre une nouvelle fois, faisant renaître ma frustration de plus belle. Certes il ne ressemblait pas aux canons musclés qui en
faisaient bandés plus d’un, mais il était juste comme il fallait et je ne l’imaginais pas autrement. Il remit ses vêtements à la hâte, cachant le fuit de désir qui m’avait été offert. Je ne pus
pas revoir son visage mais j’imaginais parfaitement l’expression torturée qui devait s’y afficher. Je savais qu’à ce moment là j’aurais pu me redresser et tenter de lui parler pour le raisonner,
ne pas le laisser affronter seul ses problèmes ; mais était-ce mon rôle ? Cela n’aurait-il pas été pire que tout ? S’il n’arrivait même plus à me regarder en face, comment
serait-il capable de me parler. Il enfila sa chemise et partit pratiquement en courant. Je me retrouvais seul dans la chambre, laissé avec un petite part de son malheur. Je fumai une deuxième
cigarette, prenant un peu de temps pour revenir à la réalité.
Je finis par me lever. Après tout, j’avais obtenu ce que je voulais, je ne le verrai plus, comme tous les autres… Pourtant je
continuais malgré moi à penser à lui, et même à m’inquiéter à son sujet.
A la différence de Thomas, je passais d’abord sous la douce avant de revenir dans la chambre et de récupérer mes vêtements. Son odeur et la mienne envahissait la pièce comme un souvenir de ce qui
s’y était passé et qui commençait à se faner. Je restais là, figé à regarder le lit, repensant à cet instant qui s’était passé trop vite. Ce fut mon portable qui me sortit de mes songes. Je
décrochai, sans regarder qui m’appelait :
- Salut Jonas, tu étais ou ? Je suis passé chez toi et… commença Arnaud.
- Je suis à l’hôtel, j’allais sortir.
- Tu ne changeras donc jamais !
Quelle a été ta proie aujourd’hui ? Tu me raconteras ça, dit-il en riant ? Au fait, demain on ne pourra pas se voir, j’ai prévu un truc avec Samuel.
Samuel était son petit ami. Il était en couple depuis un bon moment déjà. Demain était mon jour de congé que je passais soit seul, soit avec Arnaud et Samuel de temps en temps.
- Ok, pas de soucis, on se retrouve tout à l’heure. Je vais voir ma mère.
- Ok à tout à l’heure. Bon courage…
Je raccrochais et sortir, pars un dernier coup d’œil à la chambre. Une soupire sortit de ma bouche avant de fermer ma porte et de quitter cette hôtel pour vaquer à mes occupations de la journée,
bien décidé à oublier Thomas. Je rendis d’abord visite à ma mère, épreuve toujours aussi difficile, mais à laquelle je ne pouvais échapper. Sil elle m’avait oublié, ce n’était pas mon cas. Je me
rendis ensuite à mon travail. Si je prenais du bon temps, j’avais aussi du boulot à faire, Durant cette fin d’après-midi, j’allais m’occuper des papiers.
Arnaud arriva en début de soirée avec Samuel, alors que j’étais assis à une table en train de boire un verre et de finir les derniers papiers. Je les poussais sur le côté, me disant que j’aurais
largement le temps de les finir demain, n’ayant rien d’autre à faire. Ils allèrent se servir un verre au bar avant de me rejoindre.
- Alors, bonne journée ? me demanda Arnaud.
- On peut dire que j’ai passé un très bon début d’après midi, répondis-je avec le sourire. Et vous ?
- Oh, dit Samuel, le boulot, puis… ajouta-t-il avec un sourire lourd de sens à Arnaud.
J’étais sur qu’Arnaud n’avait pas parlé du petit dérapage que j’avais pu avoir quelques jours auparavant à Samuel.
- Alors racontes-nous, qui as-tu amené à l’hôtel tout à l’heure, me demanda Arnaud impatient.
- Tu te rappelles du plan à trois du début de la semaine ?
- Oui tu nous en avais parlé brièvement, les deux mecs mariés.
- Et bien, j’ai couché avec Thomas.
-Et quel est l’exploit ? demanda aussitôt Samuel. Thomas est une vraie pute. Qui ne lui est pas passé dessus en ville…
- Comment ça ? Il n’en avait pourtant pas l’air… Dis-je sceptique.
Avais-je mal compris ? M’étais-je trompé à son sujet ?
- Ce que veut dire Sam, reprit Arnaud, c’est que tu n’es pas le premier à l’avoir baisé ? Quentin,
son mari est comment dire… très adepte des plans à plusieurs et adore regarder Thomas se faire prendre par d’autre.
- Plus passif que lui tu meurs, rajouta Samuel.
- Ton histoire n’a donc rien d’un exploit…
- Mais il n’y avait pas Quentin… Nous n’étions que tous les deux, il n’a pas arrêté de dire qu’il ne voulait
pas tromper son mari, alors que celui-ci n’a pas l’air de se gêner, tentais-je de dire pour sa défense.
- Il doit vraiment bien jouer. Tu es tombé dans le panneau.
Ils commençaient à m’agacer.
- Je crois que je sais reconnaître quelqu’un qui ment, surtout dans ce genre de moment. Je peux dire que
j’ai de l’expérience et sa timidité n’avait rien d’un cinéma. Il était réellement en train de tromper son mari ? Lorsque je l’ai fait avec lui et Quentin, Thomas était drogué, et le pire
c’est qu’il n’était même pas au courant.
- Mon pauvre Jonas, dit Samuel, je te croyais plus futé que cela. Tu crois vraiment que Thomas aime à ce
point Quentin pour être le seul à rester fidèle. Cette situation serait invivable.
- Justement, il a cédé avec moi, et cela lui a fait beaucoup de bien rétorquais-je.
- Toi ? Te préoccupé du bien des autres ? Fais-moi rire Jonas, tu t’es simplement occupé de te
vider une fois de plus les couilles.
- Bon, intervint Arnaud pour calmer le jeu, voyant que la dispute n’allait pas tarder.
Il enchaîna sur un autre sujet de conversation, et nous ne reparlâmes plus de Thomas, ni de tout ce qui s’y rapprochait. Contrairement à plein d’autres soirées, je partis à la chasse beaucoup
plus tard, passant un peu plus de temps avec mes amis.
Le lendemain, je me réveillais pour une fois dans ma maison au milieu de l’après midi, ayant préféré la veille rentrer chez moi. Je flemmardai un moment, avant de me lever et d’aller prendre une
douche. J’attrapais ensuite un simple café et me rendais dans mon salon, m’affalant sur le canapé après avoir allumé la télévision. Comme toutes les après midi, il n’y avait pas grand chose, et
je finis par attraper un bouquin et une serviette pour me rendre sur la plage. Je pris au passage un petit truc à manger. Je passais un bon moment à admirer l’océan s’offrant à mes yeux, suivant
du regard quelque fois les bateaux. Après quelques chapitres de mon livre, je me décidais à rentrer chez moi, sentant le temps se rafraîchir assez vite. J’arrivais au moment ou j’entendis sonner
à la porte. Surpris et n’attendant aucune visite particulière, j’allais ouvrir. Lorsque je vis qui était le fameux visiteur, je ne pus m’empêcher de soupirer, ce qui ne lui plu pas
particulièrement.
- Ca fait toujours plaisir d’être accueilli ainsi par son fils.
- Tu aurais pu téléphoner avant.
Mon père entra me poussant légèrement, faisant comme s’il ne m’avait pas entendu.
- Pour cela, il faudrait encore que j’ai le téléphone.
- Comment ça ? dis-je en l’attrapant par le bras. Tu l’avais encore il y a une semaine.
- Ces enfoirés me l’on coupé, je ne pouvais plus payer.
Je soupirai une deuxième fois, comprenant maintenant parfaitement l’objet de sa visite : mon argent. Sans la moindre gène, il alla se servir une bière dans mon frigo et fouilla dans les
placards jusqu’à en sortir un paquet de chips et se dirigea jusqu’à mon salon.
- Je n’ai plus la télé non plus, expliqua-t-il en l’allumant, et ce soir il y a un match, je ne voulais
pas le louper.
- Tu sais qu’il y a des bars pour
ça !
- Quoi ? Tu refuses de passer une soirée avec ton père ? Pour une fois que je viens chez toi.
J’aime pas trop la déco, ça fait… tantouze. Ta boîte doit déteindre sur toi, mais bon…
Je ne répondis rien, restant planté dans mon salon. Je n’avais qu’une envie, sortir un moment pour me faire à l’idée de passer une soirée avec lui. Une idée me vint aussitôt :
- Tu as faim ? Ca te dit une pizza ?
- Ouais, s’il n’y a pas mieux, ça ne sera pas de refus, dit-il en ouvrant sa bière et en en faisant
tomber sur mon tapis. Merde ! jura-t-il.
J’inspirais un bon coup pour garder mon calme et déclarai :
- Je vais la chercher, je reviens dans un moment.
Il ne prit même pas la peine de me répondre, trop absorbé dans son match qui avait commencé. Je sortis donc. La première chose que je vis, fut s’allumer une clope. Puis je me rendis en voiture à
la pizzeria du coin en ville. Alors que je descendais de ma voiture et me dirigeais jusqu’au camion de pizza, je vis Thomas et Quentin sur l’autre trottoir. Je pensais que Thomas avait du
m’apercevoir avant, car il tournait obstinément la tête vers Quentin, prenant bien garde de ne pas croiser mon regard. Quentin le tenait possessivement par la main,
l’entraînant à sa suite. Je ne cherchais pas à attirer spécialement son attention et poursuivis mon chemin.
Alors que je croyais ne plus croiser personne et retrouver l’ambiance de ma soirée fabuleuse, je tombais sur Arnaud et Samuel marchant en face de moi, main dans la main. Lorsqu’ils me virent, ils
me firent un signe de la main avec un sourire. Arrivé à leur hauteur, Arnaud me demanda :
- Bah alors ? Qu’est ce que tu fiches ici ?
- Rien je vais juste m’acheter à manger.
Je ne comptais pas leur parler de mon père, n’aimant pas particulièrement parler de mes problèmes avec Samuel.
- Oula, ça va pas toi, déclara mon ami.
Je ne pouvais rien lui cacher et c’est irrité que je répliquai :
- Si je vais très bien.
Arnaud me connaissait vraiment trop bien. IL m’attrapa par le bras et m’attira à l’écart, avec un sourire d’excuse à son amant.
- Raconte-moi…
N’ayant aucune envie de chercher à lui mentir, je dis simplement :
- Mon père s’est juste invité pour la soirée. Au moins cela va me faire de la
compagnie… Et quelle compagnie ! Dis-je ironiquement.
Arnaud se mordit la lèvre inférieur, l’air embêté et posa une main sur mon épaule. Ne voulant pas en parler plus et maintenant qu’il était au courant, j’enlevais sa main et rejoignait Samuel.
Arrivé à notre hauteur, Arnaud s’adressa à Samuel et déclara :
- Je suis désolé Sam, mais je vais aller avec Jonas, je ne peux pas le laisser comme ça.
Aussitôt Samuel déclara, passablement énervé :
- Putain Arnaud non ! C’était notre soirée ! T’en fais quoi hein ?
J’intervins immédiatement :
- Ne t’inquiète pas Samuel, il va rester avec toi, et je vais vous laisser.
- Non Jonas, je vais pas te laisser seul et te faire détruire par cet enfoiré !
- Arnaud, je n’ai pas besoin de ça. Je le supporte depuis 26ans, ce n’est pas une soirée de plus qui va
changer quelque chose.
- Mais…
Il n’y a pas de mais ! Bonne soirée, profitez…
je leur tournais le dos, reprenant mon chemin. Une main posée sur mon épaule me retint. J’eus à peine le temps de me retourner que Arnaud m’enlaça fort et me souffla à l’oreille :
- Courage Jonas, je suis là… Je t’aime tu le sais.
Ayant déjà craqué il y a peu de temps dans ses bras, je choisir de ne pas le faire une deuxième fois. Je répondis pourtant à son étreinte profitant de l’énergie qu’il m’offrait.
Nous finîmes par nous séparer. Arnaud déposa délicatement un baiser sur ma joue et me laissa à contre cœur avant de rejoindre son amant qui l’attendais un peu plus loin.
Je partis donc faire de ce que j’étais venu faire depuis le début.
Une fois les pizzas achetée, je retournais chez moi, la boule au ventre. J’aurais mille fois préféré passer une soirée seul à m’embêter que de voir cet homme.
Lorsque j’ouvris la porte de chez moi, j’entendis le classique :
- Et ben, c’est pas trop tôt ! Tu en as mis du temps, tu as vendu ton cul pour les avoir ?
Je lui jetais presque sa pizza sur la table basse. Je regrettais d’en avoir pris une pour moi, il m’avait coupé l’appétit. Trois bière étaient déjà posées et vides sur la table. La mi-temps était
en train de se finir et mon père entamait déjà sa pizza tout en critiquant celle que je lui avais choisie.
Lorsque le match repris, il m’ignora parfaitement, chose qui n’étais pas plus mal. Je tentais dix
minutes de m’intéresser à ce foot, mais ne parvins pas à accrocher. J’aurais bien eus toute la bonne volonté du monde, je n’y serais pas parvenu. Je serais bien allé me coucher, mais j’étais levé
quelques heures auparavant. Comme je n’avais rien d’autre à faire, je pris une part de pizza et l’entamais. Je sentis mon portable vibrer. C’était un message de Arnaud qui me demandait si j’étais
su que je n’avais pas besoin de lui. Je lui répondis avec un léger sourire que je tenais le coup. J’entendis alors mon père me dire :
- C’est ton pote pédé ?
- Mon ami homo, le repris-je.
- Ca veut dire la même chose, un pédé est un pédé, une fiotte est une fiotte.
Je serais les poings, tentant de garder mon sans froid.
- Justement non, je préférerais que tu emploie autre chose que « pédé ».
- Si tu y tiens ! Qu’est ce qui te prend ? Tu te crois leur défenseur maintenant ?
Enfin…
Il n’ajouta rien, et je préférai me taire. C’est une fois le match fini que mon père recommença après avoir lâcher un rôt monstrueux.
- Et
la cinglée elle va ?
- Certainement mieux que l’alcoolo, lâchai-je.
- C’est de moi que tu parles ?
- Pourquoi ? Tu te sens visé ? Répliquai-je insolemment.
- Jonas, arrête ça tout de suite ! cria-t-il presque.
- Tu veux que j’arrête quoi ?! Tu pourris ma soirée pour venir t’enivrer et pomper mon fric ! Tu ne sais
faire que ça : boire, et claqué mon argent et surtout venir faire chier le monde !!!
Je ne vis pas le coup venir. Il me décocha une droite directement dans le visage, me faisant voir les étoiles.
Entendu en arrière sur mon canapé, je tentais de revenir à moi. Je me redressai u peu, sentant déjà ma tête tourner. Mon père s’était levé et avait attrapé ma verste à la recherche de mon porte
feuille. Il se servit sans la moindre gène, et s’en alla alors que j’allais la tête entre les mains, après avoir ajouté :
- Bonne soirée ! Tu vois, je te fous la paix !
J’entendis la porte claquée avant de laisser aller dans le canapé. Je restais là, contenant ma colère et ma lassitude. C’est à ce moment là que j’entendis la porte s’ouvrir de nouveau. Je priais
pour qu’il ne soit pas de retour. Je ne savais pas de quoi je saurais capable s’il se trouvait maintenant dace à moi. Ce n’était pas lui… C’était Arnaud, mon véritable ami qui était venu malgré
tout. Je me redressais légèrement, et lorsqu’il vit l’état de mon visage, il accourut vers moi :
- Jonas ! C’est lui qui a fait ça ? Putain ! Ca
va ?
Je sentis quelque chose de chaud et visqueux couler de mon nez. Il ne manquait plus que ça. De
rage je me redressais, me bouchant le nez du mieux que je pouvais. J’allais droit jusqu’à l salle de bain suivit de prêt par Arnaud.
J’attrapai des mouchoirs, tentant au mieux de faire compresse. Arnaud vint à côté de moi, m’enlaçant de son bras.
- Ca
va aller Jonas, calme toi…
Je n’avais même pas remarquais, je tremblais de rage.
- Que je me calme ! Comment veux-tu que je me calme ! Je peux plus Arnaud, la prochaine fois
que je vais le tuer ! Hurlais-je presque.
C’est à ce moment là que je vis mon reflet dans la glace et le beau coquart que m’avait laissé mon père en souvenir. Je ne pu plus me retenir, contenir toute cette haine qui m’habitait depuis
trop longtemps. J’envoyais mon poing dans le miroir sans réfléchir un seul instant, tapant de toutes mes forces. Ce fut la douleur ressenti qui au lieu de me calme me fit hurler de rage. Arnaud
me tira aussitôt à lui et me serra très fort.
- Je suis là Jonas, calme toi, ça ne changera rien de t’autodétruire…
Tremblant, des larmes coulaient de mes yeux, sans que je puisse les retenir. Pourquoi avais-je mérité ça ? Ma main ensanglantée me lançait terriblement.
- Je suis désolé… Soufflai-je ? Je t’ai pourri ta soirée ? C’est bon, va le rejoindre. J’ai
besoin d’être seul.
- Certainement pas dit Arnaud, s’écartant légèrement de moi.
Puis il me fit m’assoire sur le bord de la baignoire avant de fouiller dans ma trousse à pharmacie. Il me demanda de lui tendre la main. J’avais de la chambre, étant lui-même médecin, je n’aurais
pas besoin de me rendre à l’hôpital. Il me soigna donc, enlevant minutieusement les quelques bouts de verre restaient dans ma plaie. Après m’avoir désinfecté avoir soin, il me mit un crème, et
entrepris de me faire un bandage. Il se leva ensuite et revint quelques minutes plus tard avec une poche de glace, me la tentant pour que je la mette sur mon œil blessé.
Il m’attira ensuite jusqu’à mon lit. Je me laissais faire, maintenant totalement abattu.
M’allongeant sur le lit, il entreprit de me dévêtir, sans aucun geste déplacé et me jeta un boxer et un t-shirt avant de me dire de l’enfiler.
- Je dors rarement habillé.
- Et bien tu feras une exception !
Il ôté son jean avant de le plier sur une chaise, prenant que je mettais docilement les vêtements qu’il m’avait choisit. Je m’étendis dans mon lit, plus épuisé que jamais. Contre toute attente,
il vint s’allonger près de moi, rabattant les couvertures sur nous. Ne sachant pas quoi faire, je restais immobile, chose très rare lorsqu’un autre mec était dans mon lit.
- Et Samuel ? Demandais-je gêné.
- Il sait que je rentre demain, il s’en remettra. Tu avais plus besoin de moi. Tu sais que tu peux compter
sur moi Jonas.
Sur ces derniers mot, il s’approcha de moi et me pris dans ses bras comme lorsqu’on le fait pour consoler un enfant.
Je crois que jamais je ne laissais autant pleurer que ce soir-là, au creux de ses bras. Je profitai de son réconfort, de sa présence. Je finis par m’endormir, apaisé par le son des battements de
son cœur.
Les jours défilèrent, la marque de mon père s’estompait difficilement et j’arrivais peu à peu à me resservir de ma main. Cela ne m’empêchait cependant pas de reprendre le cours de mes soirées,
bien que je m’abstins pendant un ou deux jours, n’ayant plus trop la force. Ce ne fut finalement qu’un léger handicap lorsque je repris mes activités nocturnes.
Cela faisait environ une semaine que j’avais couchée avec Thomas ce soir-là. Une soirée tout à fait classique, j’avais laissé Arnaud et Samuel tranquilles à une table pour aller draguer un mec
qui était tout à fait à mon gout. Mon regard tomba sur un visage que je ne pensais pas revoir. Quentin était en train d’embrasser à pleine bouche un beau mâle, faisant glisser dans pudeur aucune
ses mains sur ses fesses glissant à travers le jeans. Je ne m’attardais pas plus sur lui, cherchant maintenant des yeux sa moitié.
Alors que je l’aperçus, nos regards se croisèrent. A ce qu’il reflétait, j’étais sur maintenant qu’il ne m’avait jusque là jamais fait de cinéma. Tout ce que j’avais avancé était vrai et Quentin
le forçait à coucher avec d’autres hommes. Il n’était pas ce que sa réputation disait, à savoir une pute. Je le vis soudain attraper son verre et le finir cul sec. Je sentis un souffle chaud dans
mon cou, suivit d’une langue. Mon futur coup s’impatientais, et tentais de me rappeler sa présence. Mais mon attention fut de nouveau distraite lorsque que je vis Thomas me lancer un dernier
regard avant de se lever et de prendre la direction des escaliers qui montaient à ma chambre. Etonné et surtout surpris, je m’excusai plus par obligation que par envie à l’homme qui me collait et
partis à la suite de Thomas. Mon pas se pressa. Je me rendais compte que j’avais vraiment hâte de le revoir. Arrivé aux escaliers, je ne le vis pas et curieux je montais les marches. Il était
encore assez tôt, et il n’y avait pas beaucoup de monde dans les couloirs. Alors que j’allais tourner, pour prendre le dernier escalier, marchant dans la peine ombre, je me
sentis tiré en arrière par l’épaule ; j’eux à peine le temps de me retourner, que les lèvres de Thomas se déposèrent à mon plus grand plaisir sur les miennes. Ce contact fut presque
électrique et me donna des frissons de contentement. Je m’agrippai à lui comme si je venais de le retrouvais après l’avoir perdu pendant des années. Ma langue partit à la rencontre de ses lèvres,
les caressant comme pour goûter leur saveur. Semblant en avoir autant envie que moi, cette fois-ci Thomas ne pris pas peur à ce contact.
Au contraire, ses lèvres s’entrouvrirent en une simple invitation. Je ne me fis évidemment pas prier, mais j’allais le faire avec une douceur extrême. Même s’il semblait avoir envie de
m’embrasser, ce n’était pas pour autant que je devais être brusque avec lui. Tout en caressant ses lèvres, je fis glisser ma langue un peu plus, effleurant à peine la sienne. Elle avait un léger
goût d’alcool. Rien qu’à sa manière d’être, je compris qu’il n’avait pas juste finis son premier verre tout à l’heure. Thomas était légèrement saoul, ce qui expliquait son côté légèrement plus
entreprenant. Je refrénais un instant mon envie de l’embrasser avec bien plus de passion et d’empressement. Mon envie de lui, de son corps tout entier, de le posséder une nouvelle fois était plus
que présente. Après plusieurs effleurements, je pus commencer à sentir son impatience. Certes il ne l’exprimait pas clairement, mais son corps se tendait. Je caressais donc cette fois sa langue
bien plus franchement, avant de nous laisser aller dans ce baiser. Dieu comme il embrassait bien. Je passais bientôt mes mains derrière sa nuque dans l’optique de l’attirait encore plus près de
moi. Plus un seul millimètre de distance ne séparait nos corps. Jamais je ne m’étais sentit aussi dépendant de quelqu’un niveau cul. Je ressentais un manque plus qu’important et vu la façon dont
je l’embrassais, Thomas devait clairement le comprendre. Lentement, je le poussais, le faisant reculer, cédant à la tension qui régnait dans le couloir. Ma main valide glissait maintenant jusqu’à
ses fesses, le massant le plus érotiquement possible dans le but d’attiser son désir. Sa langue avait finit par se soumettre à la mienne, bien que son baiser me rendait fou. Je l’aurais bien pris
tout de suite, me demandant d’ailleurs ce qui me retenait. Les mains de Thomas finire par passer fébrilement autour de ma taille et je me dis que ce geste là avait du être aidé par l’alcool. Le
voir aussi passif, avait finalement quelque chose de frustrant. Certes j’aimais embraser son corps, mais une caresse de sa part n’aurait pas été de refus.
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