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Samedi 5 janvier 2008

Lybertys et moi même (lutraah quoi -_-' au cas ou on nous ait oublié) venons vous souhaiter tout de même la bonne année!!!!!
Nous n'avons pas beaucoup de temps (études, blocus, études, travail, études, travail...) et donc, on ne vient pas aussi souvent que l'on voudrait!

Désolées de ne pas être là plus souvent, de ne pas vous faire autant de fics que beaucoup d'entre vous le font (même la plupart...) 
mais bon, moi, lutraaah, j'étais comme ça aussi avant et mnt, je peux vous dire u'une fois qu'on fait autre chose que c les secondaires (débiles), ben on a plus le temps à ça! alors, je vous dis pour cette année 2008: PROFITEZ tant que vous le pouvez!!

Lybertys ===> Ben elle vous dit bonne année mais c une grosse flemmards alors... mdr enfin, il est deux heures du mat' et vos deux auteurs sont fatiguées!lol 

Et OUI, pour 2008, malgré quelques centaines de kilomètres qui nous séparent, et bien on s'est rencontrés! Ca va, Sarah est pas méchante! mdr Non, on s'entend très bien même si vous vous en balancez totalement! ^^


Je vous dis juste bonne année et faites vos voeux....!:D


Nos voeux à nous: garder le minimum de popularité qu'il nous reste par rapport à avant, et recevoir des comm's en conséquence du travail que l'on fournit! ^^


*LUTRAAH ET LYBERTYS*

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Par Lutraah/Lybertys
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Jeudi 27 décembre 2007

CINQUIEME PARTIE

Il se colla encore plus près de lui, l’enlaçant par derrière sachant que celui-ci ne se retournerait pas tout de suite. Il posa sa tête sur son épaule, ignorant le muscles qui lui tirait dans le dos. Prenant son temps, d’une voix calme et posée, il commença :
- Je suis désolé Emmanuel, je sais que j’ai réagit assez violemment… Savoir que tu te faisais cela était déjà difficile pour moi, mais te voir le faire m’a fait l’effet d’un coup de poignard dans le cœur. Celui qui devrait avoir honte, ce n’est certainement pas toi, c’est moi… Je ne fais rien pour t’en empêcher et n’arrive même pas à t’aider. Je te jure, je me sens si inutile et impuissant face à ta souffrance. Je sais que tu vas mal, et je ne sais même pas quoi faire… Si j’ai réagit comme ça, c’est parce que je t’aime Emmanuel. Je t’aime tellement que je souffre tout autant que toi quand je te voix souffrir. Voir ton bras, c’est pour moi voir ta souffrance de plein fouet. Je suis comme au pied du mur. Je suis désolée Emmanuel, je t’aime et ne sais même pas quoi faire pour t’aider, alors s’il te plait, cesse de pleurer et tourne-toi au moins face à moi…
Etonnement, Manu se tourna lentement vers lui. Ses yeux rouges prouvaient qu’il pleurait depuis longtemps. Cyril déposa inconsciemment ses lèvres sur les siennes. Elles avaient un goût légèrement salée due aux larmes. Assez rapidement, leurs langues se retrouvèrent. S’ils s’étaient masturbé plusieurs fois mutuellement depuis l’accident, depuis quelque temps, Manu était tellement mal et fatigué que l’idée ne leur venait même plus. Et puis Cyril avait toujours son problème mal au dos et n’était pas en état de faire grand chose. Ce fut uniquement quelques baisers qu’ils échangèrent ce soir là, n’allant pas plus loin. Manu se calma peu à peu et semblait n’avoir aucune envie de s’éloigné de Cyril. Ils s’endormirent dans ce lit cette nuit là, collé l’un contre l’autre comme jamais, n’ayant pas la force ni le courage de s’éloigner d’un centimètre.
Le week-end passa assez vite. Manu n’était pas vraiment chaud pour que Cyril reprenne le travail lundi, mais celui-ci ne pouvait repousser la date indéfiniment. Ils sortirent un peu, manger
Le lundi matin, pour la première fois depuis plus d’un mois, Cyril se leva en même temps que Manu. Ils déjeunèrent assez rapidement ensemble, Cyril se forçant toujours à manger, l’appétit n’était toujours pas là. Manu semblait inquiet de laisser Cyril retourné bosser, si bien qu’il l’accompagna jusqu’à l’intérieur du restaurant. Il salua Alex, qui fut heureux de revoir Cyril debout. Il voulut s’approcher de lui pour l’enlacé amicalement, mais il suffit d’un regard de Manu pour l’en dissuader. Il se contenta donc de l’accueillir avec une exclamation de joie et un grand sourire. Manu fut bien contraint de partir à l’école, et semblait avoir du mal à se décider à y aller. Cyril le prit alors discrètement par le bras et l’amena jusqu’aux toilettes du personnel. Là, il le plaqua contre le mur et l’embrassa à pleine bouche avec une sensualité et une chaleur non-contenue, laissant Manu un peu déboussolé par cet élan de la part de Cyril. L’adulte se sentit aussitôt envahie par le désir, trop longtemps retenu. Si bien qu’il se laissa aller à glisser une main vers les fesses de son amant d’une manière plus que sensuelle, le but étant simplement de l’exciter comme il l’était à l’instant.
- Si tu savais comme tes lèvres et ton corps me manquent à chaque instant… lui souffla alors Cyril d’une voix emplie de chaleur.
Il sentit la peur de Manu frémir au contact de son souffle chaud dans son cou pendant qu’il y déposait de légers baisers. En l’emmenant ici, jamais il n’aurait pensé autant déraper. Et pourtant sa main glissait déjà sur l’intimité de Manu pour l’effleurer à travers le jeans et ses lèvres s’étaient remises à dévorer sa bouche. Après un long et langoureux baiser, alors que les mains de Manu dérapaient à leur tour et que tous son corps était enivré de Cyril, l’adulte lui susurra qu’il avait hâte d’être ce soir, sur un ton plus qu’explicite. Manu lui sourit et prit cette fois-ci l’initiative d’un baiser encore plus envieux du corps de Cyril. Tout le manque qu’il avait retenu en eux, toute la frustration se retournait contre eux, leur laissant garder leur esprit à grand peine. Manu semblait être à deux doigts de gémir, les caresses de Cyril se faisant de plus en plus insistantes. La main de Manu s’était glissait sous son t-shirt et venait déjà toucher sa peau nue pour l’embraser. C’est en plein milieu d’un langoureux échange de baiser et de caresses, que Alex entra dans les toilettes, légèrement gêné de les surprendre ainsi.
- Oups, je suis désolé, j’arrive au mauvais moment…
Manu repoussa aussitôt Cyril qui se recula à une distance plus respectable, gêné de s’être fait surprendre ainsi. Alex ne sembla pas plus s’en formalisé et déclara :
- Le patron te cherche Cyril.
Cyril acquiesça et Alex les laissa de nouveau seul.
- Je vais devoir y aller… Passe une bonne journée, on se retrouve ce soir… Je tenterais de ne pas finir trop tard, mais je ne peux rien te promettre.
Il se rapprocha un peu plus pour lui murmure quelque chose qui lui brûlait les lèvres à chaque instant :

- Je t’aime Emmanuel…
Manu lui sourit et l’embrassa une dernière fois avant qu’ils se séparent et commencent chacun de leur côté leur occupation de leur journée qui promettait d’être interminable.
La reprise du travail fut plus difficile que Cyril l’aurait pensé. Porter une chose lourde déclenchait des douleurs dans son dos à la limite du supportable, et sans l’aide précieuse de Alex, il ne serait pas allé bien loin.
Celui-ci l’aida énormément, l’obligeant parfois à s’assoire et à se reposer pendant qu’il faisait une partie de son travail.
Lors de la pause de fin de matinée, Cyril demanda à Alex s’il voulait bien l’aider à aller acheter un cadeau à Manu pour le remercier de tout ce qu’il avait fait, ils mangeraient tous les deux un morceau sur le chemin. Alex accepta avec plaisir, disant que comme cela, ils passeraient un peu de temps ensemble. Cyril avait une idée précise depuis un moment.
Manu n’avait pas de but précis dans la vie, pas de passion et Cyril voulait en quelque manière qu’il s’intéresse à quelque chose histoire qu’il s’ouvre un peu plus qu’au monde clos de l’orphelinat dans lequel il avait grandit.

Ils s’arrêtèrent devant un magasin d’appareil photo. Cyril parla un long moment avec le vendeur avant de se décider sur un très bel appareil. Après l’avoir acheter, il attrapa un sandwich avec Alex qu’ils mangèrent pendant le chemin du retour. Cyril eut envie de faire une petite soirée pour lui offrir ce cadeau et proposa à Alex de venir pour l’aide qu’il leur apportait à tous deux. Celui-ci accepta avec grand plaisir. Il fut décidé qu’ils achèteraient de quoi boire et manger avant d’aller chez Cyril.
Durant l’après midi, ils travaillèrent tous deux le plus vite possible afin de partir le plus tôt possible. Cyril força plus que nécessaire sur son dos, sous les réprimandes de Alex, mais il n’en tint pas compte. Ils réussirent à finir assez tôt et ils se rendirent tous deux faire quelques courses. Ils en profitèrent pour parler. Cyril aimait beaucoup passer du temps avec Alex. Avec lui, il se sentait apaisé et calme. C’était une personne droite, sur qui il savait pouvoir compter.
Lorsqu’ils rentrèrent enfin, Cyril fut surprit de ne pas voir Manu à l’appartement. Il se dit que celui-ci avait du avoir un devoir ou un cours à rattraper et n’en tint pas rigueur immédiatement. Il en profita pour commencer à préparer, jusqu’à ce que Alex lui dise de s’assoire et de lui dire quoi faire. Cyril qui aurait en temps normal insisté, ne se fit pas prier. Il avait affreusement mal et cette journée de travail l’avait épuisé. Il prit tout de même le temps de cacher le cadeau souhaitant lui offrir en fin de soirée. Il était tout excité à l’idée de voir la tête que Manu ferait.
Après une bonne heure, Alex avait tout préparer et disposé sur la table basse du salon et attendait avec Cyril assis sur le canapé, discutant de choses et d’autre. Cyril avait de plus en plus de mal à se concentrer sur la conversation ne voyant toujours pas Manu rentrer. Il tentait de le montrer le moins possible, mais il savait qu’Alex n’était pas dupe. 
Le temps passait et Cyril avait de plus en plus de mal à contenir son impatiente. Pour l’instant, la colère n’était pas là, il était inquiet. Lorsqu’il se leva prêt à sortir et à partir à sa recherche, la clef tourna dans la porte d’entrée. Le soulagement que Cyril ressentit fut immense et il crut revivre enfin. Manu semblait plus qu’énervé, lorsqu’il le vit entrer dans le salon, se débarrassant rageusement de sa veste.
Voyant qu’il n’avait rien de particulier, Cyril lui demanda sèchement :
- Tu avais un devoir à rattraper ? Tu aurais pu me prévenir… Dire que je m’inquiétais pour rien.
Manu encaissa la pique de Cyril et son regard s’arrêta immédiatement sur l’intrus de l’appartement Alex. Comme s’il n’avait pas entendu Cyril lui parler, il déclara :
- Qu’est ce qu’il fou chez nous lui ?
Cyril décida de ne pas parler de la soirée qu’il avait organisé pour lui, et répondit :
- Je l’ai invité à passer la soirée avec nous. Tu pourrais te montrer plus poli et dire bonjour.
- Je l’ai déjà vu ce matin. Tu aurais pu me prévenir que tu allais l’inviter.
Alex se contentait d’observer la scène sans rien dire.
Manu s’approcha de la table basse et attrapa la bouteille d’alcool fort et bu directement de grosses gorgées au goulot de manière plus que provocante ; ce qui eut le don d’énervé Cyril plus que nécessaire.
Il se leva, le toisant de toute sa hauteur et déclara sachant que ce qu’il allait dire ferait mal, mais ne parvenant plus à se retenir tellement la colère était forte :
- C’est ça !!! Soule toi ! C’est tout ce que tu sais faire : fuir ! Tu ne vaux pas mieux que… Tu… Pourquoi Emmanuel !! J’en ai franchement ras le bol ! Tu m’épuises.
Il vit Manu encaissé ces mots blessant de plein fouet, l’atteignant en plein cœur sans aucune protection. A son regard, il sut qu’il lui avait fait mal. S’en voulant déjà de lui avoir dit cela, et ne voulant pas faire plus qu’il n’avait déjà fait, il attrapa son manteau et sortit s’aérer en claquant la porte.
Il avait eut tellement peur qu’il ne lui soit arrivé quelque chose ou pire encore qu’il ne se soit fait quelque chose, que le voir agir de manière aussi puérile devant lui l’avait fait sortir de ses gonds. Si seulement tout ne s’était pas passer ainsi…
Il marcha longtemps dehors, réfléchissant encore à ce qu’il lui avait dit. Il enchaînait clope sur clope, en recommençant une à chaque fois qu’il avait finit l’autre jusqu’à ce que son paquet soit vide. Il avait mal, mal d’avoir fait mal à Manu. Pourquoi de telles phrases étaient sorties ? Plus il avançait dans la nuit, plus il s’en voulait. Il l’imaginait déjà seul en train de broyer du noir et de ruminer ses paroles… Il le savait, Manu souffrait. Mais rentrer tout de suite, c’était craindre de déraper un peu plus. Cyril marcha encore deux bonnes heures dehors, jusqu’à ce que ces pas finissent par le ramener chez lui.
Il mit un temps avant de se décider à rentrer, ne sachant pas vraiment quoi lui dire, ni comment réagir face à lui. Il allait s’excuser, mais il savait que le mal était fait.
Il vit Manu, assis sur le canapé, entouré d’une épaisse fumée de cigarette, en ayant encore une dans la bouche et un cendrier plein à ses côtés. Il ne releva même pas la tête tout de suite. Inquiet de le voir avec ces cigarettes et sachant ce qu’il faisait avec, il ne put s’empêcher de fixer son bras. C’est seulement lorsqu’il fut assez proche de lui que Manu releva la tête, lui lançant un regard empli de rancœur, mais surtout de tristesse. Cyril ne put s’empêcher de reporter une nouvelle fois son regard sur son bras et Manu y réagit immédiatement :
- Ben c’est bon hein, panique pas, j’ai rien fait !
Le silence tomba aussitôt. Manu baissa les yeux, ne semblant même plus vouloir regarder Cyril. C’était un silence comme Cyril les haïssait.
Il s’écarta alors et se rendit là où il avait caché le cadeau de Manu. Il le prit et revint près de Manu s’asseyant sur le canapé à côté de lui, gardant cependant ses distances. Son amant l’ignorait superbement, ne lui accordant pas la moindre attention. 
Cyril prit une profonde inspiration, et posa le paquet sur la table juste devant Manu avant de lui dire hésitant :
- Je suis désolé, j’ai dérapé… Je n’aurais pas du te dire cela… J’ai…
Manu tourna alors la tête vers lui un instant, avant de reprendre sa contemplation du meuble en face de lui. Cyril prit sur lui, ne voulant pas s’énerver de nouveau et reprit.
- S’il te plait Emmanuel, regarde-moi quand je te parle, c’est la moindre des choses.
Manu tourna la tête vers lui, ne changeant pas d’expression. A peut près satisfait, Cyril poursuivit :
- Alex m’a aidé à préparer cette soirée pour toi. Je n’aurais pas pu le faire tout seul. Je tenais à te remercier pour tout ce que tu as fait pendant un mois. Comme je ne t’ai pas vu rentrer, j’ai… J’ai paniqué mais je ne voulais pas le montrer. Je me suis imaginé le pire et te voir me provoquer comme ça m’a rendu fou de colère. Alors oui, ce que j’ai dit a dépassé les bornes, mais je ne suis pas le seul fautif non plus.
Cyril regarda Manu droit dans les yeux, et ne voyant pas de changement, il se leva et se dirigea jusqu’à sa chambre. Il fut interrompu par Manu qui lui dit simplement :
- Attends.
Cyril se retourna et vit que Manu s’était levé, se tenant face à lui. Voyant que Cyril s’était retourné, Manu attrapa le paquet cadeau posé sur la table et lui demanda étonné :
- C’est pour moi ?
Cyril se contenta d’acquiescer.
- Tu peux te rassoire, j’aimerai l’ouvrir à côté de toi… dit Manu apparemment gêné et à la fois surprit.
Cyril retourna à sa place et s’assit le cœur battant à côté de Manu. Il ne savait pas comment celui-ci allait réagir. Est-ce que ce cadeau allait lui faire plaisir ?  Aurait-il du prendre autre chose ?
Il vit Manu ouvrir avec une grande méticulosité son paquet cadeau. Cyril était presque plus impatient que Manu. Lorsqu’il fut enfin déballé, il vit Manu fixé l’objet pendant un temps qui lui parut interminable. Il dit alors de manière assez hésitante :
- Je me suis dit que ça pourrait te plaire… Ca fait un moment que j’y pense et…
Après un temps, Manu finit par dire :
- Merci Cyril… Je … C’est un très beau cadeau… Je ne sais pas trop quoi te dire…

Il porta aussitôt son attention sur le carton de l’appareil et commença à le déballer, afin de le voir en vrai. Lorsqu’il eut sortit l’appareil du paquet, il commença à le regarder de plus prêt et à voir comment il fonctionnait. Cyril en profita pour se rapprocher peu à peu de lui, et l’enlaça d’un bras tout naturellement. Manu ne sembla même pas s’en rendre compte, ce qui ne gêna pas Cyril qui en profita pour observer son amant en train de regarder son cadeau. Il admira de nouveau chacun des très de son visage, et l’air concentrer qu’il prenait le rendait à l’instant encore plus beau et attirant. Pourquoi fallait-il toujours qu’ils se disputent ? Heureusement, cette dispute qui aurait pu mal finir, semblait déjà oubliée pour l’un, comme pour l’autre.
Cyril était maintenant la tête appuyée contre l’épaule de Manu, se reposant un peu, sentant une légère fatigue venir le prendre. Il était déjà tard et sa journée avait était longue. Cependant, il eut envie d’autre chose avant de s’endormir tout de suite. Rechignant à être ainsi ignorer plus longtemps, il redressa la tête et déposa quelques baisers sur la tempe et le joue de Manu, simples gestes d’affection et de tendresses que lui inspirait cet instant. C’est à cet instant là seulement que Manu sembla se rappeler la présence de son amant près de lui. Il était même apparemment surprit que Cyril soit aussi près. Il lui sourit avant de poser l’appareil photo sur la table basse et de tourner son attention complète sur tout autre chose : son amant. Son regard était maintenant tout autre et il ne laissait transparaître qu’une chose qui donna aussitôt chaud à l’adulte : le désir. Pourtant, il sembla choisir de se faire languir, car il s’enfonça dans le fauteuil au lieu de se jeter à ses lèvres comme Cyril le désirait à l’instant plus que tout. Manu tourna la tête vers lui, bien calé dans le fauteuil et lui fit un sourire aguicheur dans le seul but de faire céder son amant à la tentation. Cyril n’y résista pas et parcourut à une vitesse étonnante les quelques dizaines de centimètre qui le séparait de la bouche de son amant qui l’accueilli avec passion. Leurs langues ne mirent pas longtemps à commencer à s’effleurer avant d’être guider par le manque et de se rejoindre passionnellement. Comme s’il attendait d’être sur, d’avoir le signe qui lui permette d’y aller, Cyril ne commença à laisse vagabonder ses mains qu’au moment ou celles de Manu s’agrippèrent à sa nuque pour l’attirer toujours plus près de lui afin d’approfondir leur baiser. Déjà leur respiration et leur rythme cardiaque s’emballer. Ils ne s’étaient pas toucher depuis des jours et cela se sentait à la façon dont chacun se caresser. La passion et le désir trop longtemps contenu étaient tellement forte qu’ils en avaient tous deux les mains tremblantes. Rien que ce simple baiser les faisait perdre la tête.
Cyril laissa glisser ses doigts sous les vêtements de Manu, effleurant son torse et s’attardant sur des points sensibles, tendit que l’autre main était passer sur la peau nu de son dos, lui arrachant des frissons, afin de l’étreindre encore plus près.
La frustration avait été tellement forte, que Cyril ignora un temps la douleur. En effet, à peine avait-il commençait que déjà son dos le rappelait à l’ordre. Mais il s’en moquait. Rien ne l’empêcherait de prendre l’être qu’il aimait, de le sentir s’alanguir sous ses caresses et gémir sous ses coups de rein puissant. Ils en avaient tous deux plus que besoin et cette fois-ci rien ne les arrêterait. A cette pensée, Cyril laissa une de ses mains plus au sud, arrivant avec patiente jusqu’à l’intimité du jeune garçon qui gémit sous le simple effleurement que Cyril lui procura. Sentir tout ce simple frôlement l’intimité de son vis à vis se durcir avait l’effet de l’exciter plus qu’il ne l’était déjà. Leurs bouches ne s’étaient pour l’instant pas quitter, mais celle de Cyril dérapa jusqu’au cou de Manu lui susurrants au passage à l’oreille des mots de tendresses.  Même si la dispute était oubliée, il ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir encore pour les mots durs qu’il lui avait envoyé quelques heures auparavant. Cyril s’écarta un peu de Manu, plantant ses yeux dans les siens. Méritait-il vraiment que Manu s’offre à lui, cet acte que lui-même ne pouvait pas lui offrir. Alors qu’il était près à tout arrêter, la manière dont Manu prit soudain possession de ses lèvres le fit oublier totalement ce genre de réflexion pour se perdre à nouveau dans cet instant qui n’appartenait qu’à eux.
Alors que les mains de Manu passaient et repassaient inlassablement sur son dos, celles de Cyril commencèrent les choses un peu plus sérieuses en s’attaquant à l’ouverture de la boucle de ceinture du pantalon de Manu. Celui-ci l’embrassa avec deux fois plus d’envie, c’était impressionnant comme tous deux pouvait ressentir le manque de l’autre. La tension était tellement forte qu’ils avaient l’impression de partir ailleurs, comme drogués par la frustration trop longtemps contenue. Lorsque Cyril eut enfin ouvert le passage, il glissa directement sa main sous son boxer afin d’atteindre l’endroit voulu. Ce n’était pas le moment de se faire languir. Ils en auraient été biens incapables de toute façon. Tout le corps de Manu se crispa à cette caresse audacieuse et il sembla perdre pied pendant le baiser. Un gémissement s’échappa de ses lèvres entrouvertes, ce qui ne fit que renforcer l’envie de prodiguer du plaisir  son amant. Manu s’accrochait à lui comme jamais, comme s’il avait peur que Cyril l’abandonne à l’instant. C’est cette peur qu’il sembla entrapercevoir lorsqu’il s’écarta légèrement de lui. Voulant y mettre tout de suite fin, il se rapprocha immédiatement et pris possession de ses lèvres avant de lui murmurer un léger "je t’aime" audible seulement par Manu.  Lorsqu’il jugea avoir fait largement disparaître les craintes de Manu, Cyril reprit ce qu’il avait entamé, s’écartant de nouveau légèrement de Manu.
Avec délicatesse, il lui ôta son pantalon, emportant par la même occasion son boxer et ses chaussettes. Il se mit à genoux sur le sol, juste en dessous de Manu qui rougissait légèrement de la position de son amant. Cyril remonta jusqu’à la bouche de son amant souhaitant le débarrasser aussi de son t-shirt. Il prit soin de se coller tout contre lui, voulant qu’il soit sur le point de craque, frottant son bassin à l’endroit de plaisir. Lorsqu’il voulu enlever la manche gauche de Manu, celui-ci eut un mouvement de recul. Cyril ne mit pas bien longtemps à comprendre pourquoi… Manu était terriblement gêné à l’idée de lui montrer ses marques de brûlure. Pour le lui faire oublier, Cyril se colla encore plus près de lui et prit déposa un léger baiser sur le coin de ses lèvres, avant de glisser sensuellement jusqu’au lobe de son oreille, pour finir par caresser son cou à l’aide de sa langue, maîtrisant les zones érogènes de son amant à la perfection. Celui-ci gémit de plaisir et finit par se laisser aller, jusqu’à lui tourner la tête de sa main libre afin de reprendre possession de sa bouche comme si elle lui manquait affreusement après cette courte séparation. La manche de Manu fut ôter sans que celui-ci en ait vraiment conscience et son bras oublié par la même occasion. Ce n’était pas ce qui les arrêterait dans leur élan. Le monde pouvait s’écrouler, Cyril avait la certitude qu’aucun obstacle ne parviendrait à bout de leur désir. Ne tenant plus une seconde de plus, il laissa sa main le précéder et descendit tout le long du corps de Manu, parsemant ça et là quelques baisers et de nombreux regards explicites. Lorsque les mains et la langue de Cyril atteignirent leur but, Manu rejeta sa tête en arrière sous un gémissement de plaisir puissant. Cela faisait plus d’un mois que Cyril ne lui avait pas fait une fellation digne de ce nom et il comptait y mettre tout son cœur et son savoir-faire à l’ouvrage. Il fit exprès de prendre son temps, d’alterner les gestes et les mouvements, afin que son amant tienne le plus longtemps possible. Celui-ci semblait ne plus être vraiment là, galvanisé par la succion parfaite de son amant qui lui avait tant manqué. Les mains de Manu se perdirent dans la chevelure de son amant, l’accompagnant dans son geste et le dirigeant quelques fois sur l’allure à prendre. Manu parvint à tenir un certain temps, et au gémit le nom de Cyril au moment de la jouissance. Il avait rarement vu l’adolescent prendre autant de plaisir pour une simple fellation, et pourtant il semblait être monté au septième ciel et avait du mal à retrouver ses esprits. Après s’être délecter de la moindre goutte de semence, Cyril vint rejoindre la bouche de son amant qui déjà quémandait un baiser.

Alors que Manu commencer à son tour à glisser ses mains vers la fermeture du jeans de Cyril. Sachant qu’il voulait lui rendre la pareille et n’en pouvant déjà plus, Cyril dit à Manu d’une voix chaude comme jamais :
- J’en peux plus Manu, ça te dérange si on omet cette partie…
Légèrement surprit, mais semblant flatté que son amant le désire autant, Manu acquiesça. Il attrapa la main de Cyril, et avec une expression plus qu’érotique et osée, il humidifia ses doigts. Cyril remonta les jambes de Manu, afin de l’allonger sur le canapé puis il vint se placer entre celles-ci. Il s’abaissa au-dessus de lui, réprimant un cri de douleur sous cette position qui ne lui convenait pas vraiment. Il s’appuya sur un bras se basculant du côté du dossier du canapé ou Manu lui laissa un peu de place. Une fois installer ainsi, il préféra oublier cette douleur qui l’avait presque fait s’évanouir tellement elle était forte. Il savait que celle-ci allait poser problème par la suite, mais il préférait feindre l’ignorance. Tout stopper pour son dos était impensable. Le temps d’arrêt Cyril n’était pas passé inaperçu à Manu, et il commença à demander en voyant son visage légèrement blême. :
- Ca va Cyril ?
Agacé, Cyril le fit taire d’un baiser et continua ce qu’il avait commencé. Il ré-humidifia légèrement ses doigts et l’amena jusqu’à la l’orifice de Manu. De son autre main, il caressait son torse avec autant de passion qu’avant. Il réussit à ôter tout sentiment d’inquiétude en Manu lorsqu’il inséra un doigt en lui et entama des vas et viens. Celui semblait vouloir cela depuis le début, et déjà remuait légèrement du bassin pour demander plus. Rien que le fait d’insérer ce doigt en Manu transportait Cyril au comble du bonheur. L’excitation revint aussi vite qu’elle s’était arrêtée un instant. Mais cette fois-ci, elle ne parvint pas à venir à bout de la douleur de Cyril. Elle était là et était en train de prendre possession de lui. Il luttait contre elle de toutes ses forces, mais il savait que celles-ci seraient bientôt épuisées. Manu semblait s’en apercevoir, d’ailleurs Cyril ne parvenait plus vraiment à le cacher. Mais la volonté de Cyril à poursuivre les fit continuer. Lorsque Cyril inséra un deuxième doigt et entama des mouvements de ciseau en plus des vas et vient, Manu du quitter la bouche de son amant pour s’en remettre. Ce plaisir mêler à cette douleur minime semblait le rendre fou de désir. Il passa ses mains tous le long du corps de Cyril s’arrêtant sur sa taille, comme pour prendre un repère, pour glisser ensuite sur les fesses de son amant. Si Cyril avait beaucoup maigrit, il restait encore désirable aux yeux de Manu qui ne se gênait pas pour le toucher. Jugeant ne pouvoir attendre une minute de plus, Cyril tenta  de se redresser et ne pu retenir cette fois-ci un cri de douleur. Il fut prit d’une colère contre lui-même et de son corps qui n’était même plus capable de satisfaire son amant, et se leva rageusement, sachant qu’il ne pourrait rien faire dans cet état. IL déclara d’une voix faible qui pourtant ne cachait pas son énervement :
- Je suis désolé Emmanuel, je ne peux même pas…
Il laissa sa phrase en suspend, n’ayant pas la force de se l’entendre dire à voix haute et alla directement jusqu’à sa chambre. Là, il se déshabilla entièrement et se coucha sur le dos dans les draps pour se calmer. Il avait plusieurs chose à calmer : son esprit, sa douleur, mais aussi son entre-jambe qui était loin d’être au repos.
Manu ne tarda pas à arriver. Le voir nu à côté de lui ne fit que raviver la colère de Cyril qui déclara :
- C’est bon Manu, laisse moi me finir seul, j’ai déjà assez la mort comme ça.
- Pas besoin de m’agresser comme ça… Et il est hors de question de laisser seul… On est loin d’en avoir finit.
- Ah oui ! dit Cyril tout aussi agressivement. Dans ce cas, dis-moi comment ? Je ne peux rien faire avec ce dos !
Etonnamment, Manu ne s’emporta pas cette fois ci, semblant tout à fait comprendre son amant.
- Si tu restes coucher ainsi, c’est tout à fait possible. Laisse moi faire, comme la dernière fois…C’est la seule solution de toute façon.… Dis-moi que tu peux rester comme ça sans rien faire de plus ?
Cyril se tut. Il savait que c’était la seule solution, mais celle-ci avait un prix dont ils avaient tous les deux conscience. En même temps, ne pas terminer ce qu’il avait commencé, était presque impensable pour Cyril. Manu, semblait sentir l’hésitation de son amant, insista :
- Tu ne peux pas nous laisser comme ça…
Cyril prit une profonde inspiration, et planta ses yeux peu assurés dans ceux de Manu, et déclara, la voix peu assurée :
- D’accord… Mais s’il te plait vas-y doucement…
Manu lui sourit, apparemment heureux qu’il ait finit par accepter. Il ajouta d’une voix sérieuse :
- Tu peux me faire confiance Cyril. Je ne te ferais rien qui ira à l’encontre de ce que tu désires.
Et en se plaçant à califourchon au-dessus de lui après avoir ôter les draps, il lui murmura :

- Tu vas voir, tu ne regretteras pas…
Cyril se répéta cette dernière phrase, tentant de faire le vide en lui de toute peur qui commençait déjà à monter lorsque Manu se pencha au-dessus de lui pour l’embrasser. Pour se calmer, il tenta de se raisonner. C’était vrai qu’il ne risquait strictement rien. Mais c’était juste l’idée d’être dominé à laquelle il n’arrivait pas à se faire. La manière tendre dont Manu l’embrassé et la douceur avec laquelle ses mains commençaient à le caresser le rassurèrent un peu. Voir Manu prendre autant de patience avec lui était important pour lui. Même s’il savait que jamais son amant ne lui ferait du mal, son père avait gravé en lui cette peur qui était plus forte que tout. Il sentit Manu se mettre à caresser son sexe avec envie, ravivant un peu plus le désir qui l’habitait.

Pourquoi Cyril se laissa faire cette nuit là et parvint à maîtriser sa peur ? Peut être parce que la frustration et le manque étaient tels qu’ils surpassèrent es démons, mais peut être aussi parce ce que son amour grandissait pour Manu et qu’il commençait peu à peu à lui donner sa confiance. Tout n’était pas encore fait, mais pour la première fois, ils pouvaient y voir une sorte de lueur d’espoir pour le futur de leur couple.
Manu prenait les devants à la perfection. Il parvenait à rassurer Cyril tout en l’excitant. Peu à peu l’angoisse et l’inquiétude le quittèrent, et il arrive à peu près à retrouver l’excitation qu’il aurait eut en étant au-dessus. Manu se délectait de ses lèvres, et porta de nouveau les doigts de Cyril à sa bouche pour le préparer un peu de nouveau. S’il voulait que ce moment soit parfait pour Cyril, il fallait aussi que Manu prenne du plaisir et ne souffre par inutilement. Cyril laissa glisser ses mains jusqu’à l’orifice de Manu qui se plaça de manière à lui simplifier la tache le plus possible.
Puis d’un commun accord, Cyril cessa la préparation au bout d’un temps, et pendant que Manu l’embrasser, il vit celui-ci se redresser légèrement sur son bras. De la main qui masturbait encore Cyril, lui arrachant de temps en temps de léger gémissement, il le saisit plus fermement, le plaçant sur sa trajectoire. Manu cessa d’embrasser Cyril un temps, se redressant pour se regarder les yeux dans les yeux. Enfin, ce qu’ils avaient désiré depuis des semaines allait se produire. Après un sourire échangé, Manu inspira profondément avant d’expirer et de s’empaler sur le sexe de Cyril. Cyril eut à peine le temps de voir l’expression de douleur mêlée d’extase de Manu qu’il ferma les yeux sous le plaisir si intense qu’il ressentit à l’instant. Il avait presque oublié le bien que cela faisait d’être en Manu. Cette cavité étroite lui faisait oublier un instant sa position de dominé. Lorsqu’il rouvrit les yeux cependant, il vit que Manu avait posé ses coudes de chaque côté de lui sur le lit. Il sentit aussitôt son angoisse refaire surface. Manu s’en aperçut aussitôt et malgré qu’il tentait de déjà faire face à la douleur qu’il ressentait, il dit à Cyril :
- Tout va bien ? Si tu veux je…
- Continu… répondit Cyril dans un souffle.
Il devait faire face à cette peur, c’était maintenant ou jamais. De plus, malgré l’angoisse, il ne pouvait nier le plaisir ressentit. Pour eux, et surtout pour Manu, il devait lutter. Manu était déjà en train de faire beaucoup et tout arrêter maintenant c’était rendre vain tous les efforts de Manu.
Il se força à étirer les coins de ses lèvres pour lui sourire. Manu lui répondit. Puis, prenant une fois de plus pour lui, il commença à se mettre en mouvement, d’abord doucement pour s’habituer à la présence imposante de son amant. Cyril l’accompagnait comme il le pouvait, finissant par passer ses bras autour de son coup afin de l’attirer contre lui et de mettre à bat la distance qui séparait leur corps. Sentir la peau brûlante de Manu sur son torse eut un effet inimaginable. Il prit possession de ses lèvres avec passion, voulant se faire pardonner du mal occasionné et surtout le remercier pour tous les efforts qu’il était en train de fournir. Leurs lèvres jointes ne se séparaient que lorsque l’air venait à manquer ou les gémissements devenaient trop durs à retenir. Cyril se surprit à ne pas ressentir de peur. Il ressentait tellement de plaisir qu’il était en train de perdre la tête. C’est grâce à la patience et à la persévérance de Manu qu’ils en étaient arrivés là, mais surtout à l’amour que Cyril éprouvait pour Manu. Jamais il n’avait laissé personne le toucher depuis ce fameux jour à part Manu, et jamais personne d’autre que lui n’aurait ce droit. Manu pouvait se vanter de cela. Très vite, leurs déhanchés s’accélérèrent, les transportant tous deux dans une presque-extase. Rares étaient les fois ou Cyril avait prit autant de plaisir. Placé ainsi, il pouvait voir le corps de son amant d’une toute manière et admirer ses courbes et ses formes plus qu’attirante. Tout en lui l’excitait. Tous deux atteignirent l’orgasme simultanément, et se libérèrent dans un râle de plaisir non contenu. Manu s’affala presque sur Cyril, se retenant à la dernière minute en pensant à son dos. Leurs deux corps luisaient de transpirations, ils s’étaient tous les deux à leur façon donner à fond. Ils tentèrent de reprendre leur souffle avant que Manu ne se retire et s’allonge sur le dos à côté de Cyril, tourna la tête vers lui. Ils échangèrent un sourire, encore rempli du moment qu’ils venaient de passé. Ce qui s’était produit était presque magique. Cyril se laissa aller à fermer les yeux un instant, bercé par la respiration de Manu qui vint se coller contre lui, posa sans tête sur son épaule. Après un temps, il entendit Manu l’appeler de manière hésitante comme il le faisait lorsqu’il voulait parlait de choses importantes :
- Cyril ?
- Hum…

- Est-ce que c’est vrai que je ne vaux pas mieux que ton père ? C’est vraiment ce que tu penses ?
- Hein, mais de quoi tu parles ? demanda Cyril dans l’incompréhension la plus totale.
- C’est ce que tu m’as dit tout à l’heure, quand il y avait Alex… Avant de partir…
Manu n’eut pas besoin d’en rajouter plus, Cyril se souvenait. Pourquoi avait-il fallu qu’il lui dise cela ? Il était très loin de le penser. C’est le fait de l’avoir vu boire ainsi devant lui qui avait fait dépasser ses paroles de sa pensée… Jamais il n’aurait du lui dire une telle chose et il le regrettait amèrement. Manu s’était légèrement redressé sur son coude et fixait maintenant Cyril droit dans les yeux.

- Non bien sur que non… Je suis désolé, je…
- Alors pourquoi est-ce que tu m’as dit ça ?
Cyril soupira, il n’avait pas le choix et lui dit la vérité :
- Mon père buvait beaucoup à l’époque où…
Il ne termina pas sa phrase. Il n’en avait pas besoin. Manu avait comprit. Il reposa sa tête sur l’épaule de Cyril et laissa la pièce replongeait dans un silence qui était cette fois dérangeant.  Cyril savait que cela blessait Manu, mais ne pas lui dire aurait été pire. Il ne pouvait se plaindre sans lui donner une raison. Il tenta cependant d’amoindrir ses paroles qui semblaient avoir énormément travaillé Manu.
- C’est sous la colère que j’ai dit ça Emmanuel. Je te jure que je ne le pensais pas et c’est loin d’être ce que je pense maintenant.
Il passa tendrement une main dans ses cheveux et murmura un léger "je t’aime Emmanuel".

Puis une question finit par lui venir quelques minutes plus tard à l’esprit et il n’hésita pas à la posée.
- Pourquoi tu es rentré tard ce soir ?
Manu se redressa et se mit à bredouiller, le regard légèrement fuyant :
- Je… j’ai… Je suis passé à midi au restaurant, et j’ai appris que tu étais partit avec Alex… J’ai bêtement pensé que…
Manu se tut, ne semblant pas vouloir finir sa phrase.
- Pensé que quoi ? demanda Cyril l’encourageant à poursuivre.
- Pensé que tu couchais avec lui…se résigna à répondre Manu.

- Que je quoi ? dit Cyril, ayant du mal à croire à ce que Manu venait de lui dire.
Il s’attendait vraiment à tout sauf à cette raison, et ne pu s’empêcher de rire légèrement. Cela eut le don de vexer Manu qui se coucha en lui tourna le dos.

Cyril fit un effort pour reprendre son sérieux et se décida à lui parlait franchement. Il était temps de mettre les choses au clair, et que Manu sache.
- Emmanuel…
-…
- Emmanuel est ce que tu m’écoutes ?
Manu répondit un oui à peine audible.
- Laisse moi te dire plusieurs chose qui ne convaincront que cette jalousie est inutile. Mais j’aimerais que tu te tournes face à moi, je n’aime pas parler à quelqu’un sans voir son visage.
Manu se retourna, semblant le faire à contre-cœur, mais aussi curieux de ce que Cyril allait lui révéler.

- Il ne se passera jamais rien entre Alex et moi… C’est juste un bon ami, rien de plus.
Cyril redressa le menton de Manu afin que celui-ci le regarde dans les yeux. C’est ce qu’il dut faire, mal à l’aise.
- N’as-tu donc jamais comprit. Depuis que… Depuis ce que mon père m’a fait subir, tu es le seul qui ait eu le droit de poser sa main sur moi… Le seul avec qui j’ai couché depuis toutes ces années et le seul en qui j’ai suffisamment confiance pour le faire…

Cette fois ci c’est le regard de Cyril qui devint fuyant.

- Je… Tu peux répéter ? Je suis le seul ? Tu déconnes ? Je…
Cyril ne répondit pas, trop gêné pour le faire. Une autre sorte de silence s’installa encore une fois. Manu semblait avoir du mal à réaliser et était encore sous le choc, tandis que Cyril se trouvait un peu ridicule et honteux. Le silence commençait à être pesant… C’était un silence comme Cyril les détesté, mais qu’aurait pu lui répondre Manu à cela…
Ce fut finalement au bout d’un bon quart d’heure que Manu se calla tout contre Cyril, rabattant les couvertures sur eux afin de se préparer à dormir, ne leur restant déjà plus que quelques heures avant de se lever.
Il entendit alors Manu lui murmurer timidement :
- Merci Cyril, je me suis rarement sentit aussi bien et détendu…
Cyril lui sourit tendrement, heureux d’avoir pu soulager son amant et après un léger baiser échangé, ils se laissèrent allé à fermer les yeux et à s’endormir lentement.
Il fut particulièrement difficile de se lever le lendemain matin, et Cyril crut ne jamais parvenir à décoller ses paupières l’une de l’autre. Manu ne semblait pas s’en sortir bien mieux. Il baillait en s’étirant, pendant que Cyril se lever pour aller prendre une douche. Son dos le faisait souffrir : simples courbatures de la veille, mais il tenta de ne pas s’en préoccuper. Il prit une bonne dose d’antalgique avec sa tasse de café et mangea négligemment une des brioches que Manu avait sortit pour lui.
Lorsqu’ils sortirent à l’extérieur, Cyril ne tenta pas de se coller à Manu, sachant que celui-ci gardait ses distances avec lui dès qu’il était dehors et respectant son choix. Pourtant, ce matin là, Manu lui saisit la main et la tint jusqu’au restaurant. Manu étant un peu en avance, l’accompagna jusqu’à l’intérieur. Là, ils croisèrent Alex qui leur sourit en leur disant :
- Je vois que vous vous êtes réconcilié, ça fait plaisir à voir. Manu, tu as du suivre mon conseil.
Intrigué Cyril demanda :
- Quel conseil ?
- Rien, dit Manu légèrement gêné.
- Roh, fait pas le coincé va… Une bonne baise tout simplement Cyril.
Cyril manqua d’éclater de rire devant l’expression que Manu faisait à l’instant même. Mais il se retint, ne souhaitant pas l’énerver plus que nécessaire. Il partit en bougonnant, après un léger baiser à Cyril leur souhaitant une bonne journée. 
Se retrouvant seul à seul avec Alex, Cyril lui dit :
- Désolé pour hier… Je comptais vraiment qu’on passe une bonne soirée. Je te promets que la prochaine se passera mieux…
- C’est oublié Cyril, l’essentiel c’est que vous vous soyez réconcilié non ? Des soirées on aura largement le temps d’en refaire. A vous voir tous les deux ce matin, vous avez du prendre votre pied jusqu’à tard le soir. Vous avez des cernes à faire peur. Je peux te poses quelques questions indiscrètes ?
- Euh… c’est à dire… demanda Cyril inquiet de ce qu’allait lui sortir Alex.
- Manu, il est bien "équipé" ?
- Hein ? demanda Cyril ne s’attendant pas du tout à ce genre de question.
- Il doit bien savoir s’en servir non ? La nuit a du être chaude… Petit veinards. Oh mais, au fait ! Qui est actif ? Manu ou toi ?
- C’est moi, et arrête avec tes questions… C’est franchement gênant.
- Je te comprends…
Alex prit un temps volontairement avant d’ajouter puis de partir en courant vaquer à ses occupations :
- … avec le petit cul qu’il a…
Alex eut de la chance que Cyril l’aime bien car il ne lui en tint par rigueur, sachant que dire ce genre de chose et de provoquer était dans son caractère.

La journée se passa sans heure. Cyril ne put cacher sa fatigue, et il eut le droit à une remarque du patron. Il attendit la fin de cette journée avec envie, n’ayant qu’un désir retrouver Manu.
Lorsqu’il quitta enfin le boulot, il était déjà 21h. Il se traîna littéralement jusqu’à leur maison. Il trouva la maison éteinte et pensa que Manu était allé dormir. Il alla directement dans sa chambre et ne le trouva pas dans son lit. Il alla donc vers la chambre de Manu et dut surprit de trouver la porte fermer à clef. Plusieurs fois il appela Manu, et n’eut une réponse que lorsqu’il cria presque son non. D’une voix faible qui ne laissait rien présagé de bon, Manu lui demanda ce qu’il voulait. Cyril s’inquiéta aussi tôt et lui demanda de lui ouvrir. Toute la soirée et une bonne partie de la nuit Cyril s’échina à appeler Manu et à le supplier de sortir et de lui parler, mais rien n’y faisait. Pourquoi ce brusque changement de comportement ? Que lui était-il arrivé ? Que lui arrivait-il ?
Tout de même épuisé, Cyril n’alla pas dans sa chambre mais s’étendit sur le canapé, comprenant que Manu ne sortirait pas de sa chambre cette nuit. Il passa une fin de nuit épouvantable se sentant au plus mal et craignant le pire pour Manu. Il finit tout de même par s’endormir lorsque l’épuisement eut raison de lui. Ce fut le bruit de Manu dans la cuisine qui le réveilla. Il se redressa brusquement et accouru vers Manu.
- Est-ce que ça va ?
Quelle question… il avait une mine affreuse !
- Emmanuel qu’est ce que…
Celui-ci semblait avoir pleurer toutes les larmes de son corps et semblait au plus mal.
- Tu vas rester te reposer aujourd’hui, il est hors de question que tu ailles en cours. Je ne peux pas me permettre de manqué le boulot, alors je vais tenter de revenir tôt ce soir. Tu…
Cyril ne savait pas quoi faire. L’épuisement le mettait sur les nerfs et Manu en face de lui semblait vide de tout. Il le guida jusqu’à son lit et le borda avant de lui amener un plateau avec un petit déjeuner. Il lui dit plusieurs fois qu’il allait revenir au plus vite et du le laisser à contre cœur.  Ne pas savoir ce qui le rendait dans cet état le rendait fou. Manque de chance, Alex ne travaillait pas ce jour là et Cyril ne pu se permettre de travailler à son rythme pour son dos. Il n’en pouvait plus de stress et d’angoisse. A sa pose de midi, il ne tint pas et courut jusqu’à la maison. Il se débarrassa de son manteau et de ses chaussures en un quart de seconde. Il avait soudain peur. Jamais il n’aurait du le laisser seul et il savait que quelque chose n’allait pas.  Il pénétra dans sa chambre et crut s’évanouir sous l’image qui s’offrit à lui. Manu était assis dans un coin de la pièce et fixer ses bras. Un couteau était posé dans une main et avait déjà commençait à entailler le poignet de Manu. Du sang s’en échappé et commencé déjà à se répandre sur le sol. Cyril avait l’impression de vivre en direct son plus terrible cauchemar.
Cyril hurla le nom de Manu qui n’avait aucune réaction.
- Emmanuel !!!! EMMANUEEEEL !!!
Il avait presque du mal à avancer vers lui, par peur de découvrir qu’il était trop tard. Il finit cependant par l’approcher. Il arracha le couteau de ses mains et l’envoya le plus loin possible de Manu. Ne le voyant toujours pas avoir une seule petite réaction, il l’attrapa presque violemment et le serra contre lui. Il avait l’impression d’avoir une masse inerte dans les bras. Sentant qu’il respirait encore, il ôta son t-shirt et sen servi pour faire un garrot à Manu. Il l’enlaça de nouveau encore plus fort, tremblant sous l’émotion. Il ne savait plus vraiment ce qu’il se passait. Il paniquait totalement et n’arrivait pas à y croire.
- Ne m’abandonne pas Emmanuel, reste avec moi, ne me fait pas ça !!! Je t’en prie. Je t’aime Emmanuel, ne me laisse pas… Pourquoi… Pourquoi…
Sa voix se brisa dans un sanglot qu’il laissa enfin échappé. Manu était toujours immobile entre ses bras, une seule larme coula de ses yeux, sous les cris déchirant de son amant….

 

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Jeudi 27 décembre 2007

QUATRIEME PARTIE

Manu ne se fit pas prier, et avec une lenteur calculée, il s'approcha des lèvres de son amant, avant de les joindre au sienne. Leurs langues, en manque l'un de l'autre ne mirent pas très longtemps à se rejoindre, se mêlant dans un érotisme tel que Cyril en perdait presque pied. C'était un des vrai premier baisers qu'ils échangeaient depuis son accidents. Le goût si particulier de ses lèvres et les caresses de sa langues plus sensuelles les uns que les autres eurent un effet immédiat sur Cyril. Se remerciant d'avoir quotidiennement tenter de bouger ses bras, il leva sa main un peu maladroitement et la fit glisser le long du dos de son amant, finissant par passer sous son t-shirt. Il savait qu'ils ne pourraient pas aller jusqu'au bout, mais la manque était trop fort, pour s'arrêter à un simple baiser. Il sentit tout le corps de Manu se tendre sous ce genre de caresse. Cela faisait bien trop longtemps qu'ils n'avaient pas échangés ce genre de caresses. Ignorant les légers tiraillement qu'il pouvait ressentir, glissa son autre main sur le torse de Manu dont le t-shirt était relever légèrement grâce à l'autre main, et descendit tout de suite beaucoup plus bas. Il savait qu'il ne pourrait pas menait ce genre de caresse à bout, mais il voulait le rendre aussi exciter qu'il ne l'était lui-même. Il effleura son entrejambe dont le pantalon lui empêchait de faire plus. Cela surprit apparemment Manu qui laissa échapper un léger gémissement. N'y tenant plus et venant en aide à Cyril, il déboutonna à la hâte son propre pantalon et ôtant son boxer dans plus de cérémonie, avant d'enlever le reste de ses vêtements et de se glisser sous les couvertures afin de se mettre tout contre son amant. La température de leurs corps en fut aussitôt doublée, tout autant que leur excitation. Leurs lèvres se retrouvèrent bien rapidement pour ne plus se quitter, se séparent uniquement quand l'air venait à manquer ; et la main de Cyril quand à elle retrouva bien vite le chemin qu'elle avait emprunté, effleurant cette fois-ci Manu sans vêtements superflus. Un gémissement plus prononcé en découla, excitant Cyril plus que nécessaire. Très vite, les frôlements se transformèrent en caresses bien plus poussées. Cyril ne forçait pas pour le moment et prenait tout son temps pour faire du bien à Manu. Cette fois-ci, il ne le laisserait pas partir comme la dernière fois, cette fois-ci, il l'accompagnerait jusqu'à la jouissance. Leur baiser était maintenant ponctué de gémissements que Manu ne savait retenir. Tous deux n'en pouvaient plus et brûlaient de désir l'un pour l'autre. Cyril accéléra le mouvement, sentant que Manu avait besoin de plus. Il ignora totalement son dos, ne voulant pas que la douleur lui vole ce moment intime entre eux deux. Le baiser en fut deux fois plus fiévreux, Manu prenait apparemment son pied et cela rendait heureux Cyril. Cela pouvait paraître un peu bête, mais Cyril avait l'impression d'être d'une certaine façon moins inutile vis à vis de son amant. Apporter du plaisir à Manu était quelque chose de très important pour lui. C'était une des seules choses qu'il pouvait faire pour lui en cet instant. Il aurait tellement voulu faire plus pour lui. Il avait vu l'état de son bras lorsque celui-ci s'était déshabillé, oubliant certainement celui-ci dans ce genre de circonstance. Il ne lui avait pas fait de remarquer, ni fixé celui-ci. C'était un problème qu'il fallait résoudre parmi tant d'autres, mais un problème qui n'en était pas de moindre.

Sentant que la jouissance était proche, Manu vint aider Cyril qui ne pouvait aller plus vite. Il lâcha un instant les lèvres de l'adulte dans un râle de plaisir que Cyril réécoutait avec plaisir. Manu posa sa tête au niveau de l'épaule de Cyril, la respiration légèrement haletante, encore enivré du plaisir ressentit. Le souffle chaud de Manu dans son cou lui donnait des frissons. Manu leva soudain légèrement la tête, et regarda vers leurs pied, souriant voyant l'entrejambe de Manu que le drap ne cachait par particulièrement bien. Il retourna aussitôt son attention sur le visage de Cyril, et après un sourire emplis de sous entendu, il glissa sous les couvertures, descendant vers le bas du lit, dans un but bien précis. Lorsqu'il sentit les doigts de Manu frôler son intimité, tout son corps fut parcourut de frissonnement de plaisir. Il avait l'impression de ne jamais avoir était aussi sensible qu'il ne l'était à cet instant. Après seulement quelques caresses manuelles, Manu ne mit pas très longtemps avant d'utiliser sa langue, suivit de sa bouche...Tous ses muscles se contractèrent sur le champs, sous l'afflux de plaisir ressentit qui l'envahissait. Il ignora une fois de plus la souffrance de son dos, se disant qu'il aurait bien le temps de souffrir après cela. Il ne put s'empêcher de gémir, et resta le plus immobile possible, bien que cela ne soit pas particulièrement facile. La manière dont Manu le touchait lui faisait aussi oublié ses pensées négatives. Il n'aurait pu décrire l'extase dans laquelle Manu le transporter, jouant de sa langue. Il devenait de plus en plus douer pour ce genre de choses, bien que dès le début cela était très bien, cette fois ci était particulièrement extraordinaire. Finalement, ne tenant plus, il sentit Manu accélérer et se déversa dans sa bouche dans le même genre de râle que Manu. Il ferma les yeux un instant, afin de se remettre de ce qu'il venait de vivre. Il sentit Manu remonté vers lui et rouvrit les yeux sur son visage dont les joues étaient légèrement rosies par ce qu'il venait de faire.

Après un rapide sourire échangé, leur lèvres se rencontrèrent une ultime fois, avant que Manu ne se couche sur le côté tout contre lui, profitant d'avoir un peu de temps pour eux, sans rien avoir à faire. Cyril passa tendrement sa main dans les cheveux de Manu, en profitant pour lui montrer qu'il était là. Aucun mots, aucun autre geste ne vint gâcher cet instant qui n'appartenait qu'à eux. Ce n’est qu’en fin d’après midi que Manu finit par s’extirpé du lit, après s’être assoupi un moment avec Cyril. L’adolescent avait finalement pur dormir une bonne partie de la journée et cela ne pouvait que lui faire du bien.
Le reste de la soirée se passa dans la même ambiance, ainsi que le lendemain. Ils profitèrent l’un de l’autre, sans trop penser qu’une nouvelle semaine allait être tout aussi pénible que la première. Malgré qu’il ait changer de position, Cyril ne mangeait pas bien plus. Les cauchemars sur son passé continuaient, toujours avec la même violence. Etre sur le dos, lui permettait juste de quitter cette peur lorsqu’il était éveillé.
Le dimanche soir, Cyril remarqua déjà le changement de comportement de Manu. Cela commencer à l’inquiétait et il se demanda s’il ne se passait pas quelque chose à l’école pour qu’il soit dans cet état dès que ce moment approchait. Cela faisait un moment que cela lui trottait en tête, mais il savait que Manu n’avait pas envie d’en parler. Pourtant, la bagarre, le manteau volé et la souffrance de Manu, prouvait que quelque chose n’allait pas du tout. C’est pourquoi, alors que Manu était en train de le masser le regard dans le vide, il lui demanda :
- Emmanuel ?
- Oui…
- Tu es sur que tu n’as pas quelque chose dont tu voudrais me parler. Je suis là tu sais, et malgré ma situation, je peux tout de même t’écouter… Tu as des problèmes à l’école ?
Manu réagit immédiatement, cessant de massez Cyril, il quitta le lit et se dirigea vers la porte de la chambre sans un mot. Alors que la porte allait se fermait, il entendit enfin Manu lui dire :
- Je sors un peu j’étouffe ici, j’ai besoin de prendre l’air.
Cyril entendit la porte d’entrée claquée après celle de sa chambre. Il soupira. Comment abordé un dialogue avec Manu si celui-ci fuyait ou l’agressé. Dès qu’ils cessaient de vivre l’un l’autre sans aborder les réels problèmes, leur relation battait de l’aile.
Cyril alluma la télévision, sachant que Manu n’allait pas rentrer tout de suite. Ses yeux défilèrent sur l’écran, la nuit tombait peu à peu et il ne pouvait s’empêcher de se demander ce qu’il était en train de faire. Il veilla jusqu’à son retour, n’ayant aucune envie de dormir de toute façon, sachant ce qui l’attendait. Ce n’est que vers minuit, qu’il entendit enfin les clefs tournaient dans la serrure. Ne voulant pas s’imposait à Manu, et voulant dormir à ses côté, il éteignit la télévision et ferma les yeux, faisant semblant de s’être endormi. Il entendit Manu rentrer à pas de loup dans la chambre et le sentit se coucher à ses côtés, avant de rabattre la couverture sur eux. Une odeur qu’il ne connaissait que trop bien remonta à ses narines, Manu avait bu. Cyril prit sur lui pour ne pas faire de réflexions ou lui se mettre à lui parler. Il sentit l’adolescent se coller tout contre lui : sa présence, c’était tout ce que Cyril pouvait lui apporter. Toujours ce même sentiment d’impuissance qui revenait et toujours ce même schéma lassant et épuisant. Cyril ferma les yeux, accompagné par l’odeur d’alcool il alla rejoindre l’étreinte de son père une énième fois…
La semaine se passa tout comme la précédente. Lorsque Manu rentré vers 17h30 il allait s’enfermer un moment dans sa chambre avant de venir voir Cyril. Ses gestes ressemblaient fort à ceux d’un zombi ou d’une automate qui n’avait plus goût à rien. Cyril avait beau tenter de faire parler Manu, toute tentative se soldait par un échec. Il continuait à faire le même genre de rêves, il ne s’alimentait que légèrement plus et supportait de moins en moins d’être allongé à rien faire. Son seul divertissement était la télévision. Ce n’était que par cette petite boîte qu’il voyait le monde extérieur à sa chambre.
Cyril et Manu n’échangeaient que très peu et se contenter de la présence de l’autre. Chaque soir Manu le massait, sans jamais aller plus loin.
Finalement le vendredi soir finit par arrivé et Cyril se surprit à regardait l’heure toute les minutes attendant avec impatiente le retour de Manu.
Cependant lorsqu’il entendit  Manu rentré il lui sembla entendre une autre voix qui lui parlait, une voix qui lui était familière. Ce fut lorsqu’il l’entendit parler une deuxième fois qu’il reconnut Alex. Il était heureux que celui-ci soit venu le voir. Même s’il l’avait assez peu vu, il l’appréciait énormément. Celui-ci mit peut de temps avant d’apparaître à l’embrasure de la porte avec un sourire après avoir frapper pour entrer. Cyril lui répondit par un sourire triste, mais un sourire tout de même. Celui-ci était cependant à souligner, car il était rare que cela lui arrive en ce moment.
- Ben alors, qu’est ce que tu nous a fait ? Tu voulais prendre quelques congés ? Il y a d’autres manières tu sais.
- Crois moi, je préfèrerai être debout en train de bosser comme un fou que d’être allongé ici parfaitement inutile. Emmanuel n’était pas avec toi ?
- Il m’a dit qu’il devait aller faire une course et qu’il revenait juste après. 
- D’accord, répondit Cyril légèrement intrigué.
- Ca va toi ? Tu as une petite mine. Il faut te nourrir si tu veux toujours être séduisant et plaire à ton amant.
S’en suivit d’une discussion agréable, ou tous deux se mirent à parler comme lorsqu’ils étaient au travail. Cela fit énormément de bien à Cyril. De voir une personne extérieure à leur couple, de quitter leurs problèmes un instant et de parler de tout et de rien… Il ne vit pas le temps passer avec lui. Alex était vraiment une bouffée d’air frais. Cependant, ce n’est pas pour autant qu’il ne s’inquiétait pas de ne pas voir Manu rentrer. Voilà une bonne heure que Alex était ici.
C’est au moment où il se prit une crise de fou rire avec Alex, qu’il entendit la porte d’entrée claquée, signifiant que Manu était enfin de retour. Il arriva cinq minutes après, apparemment exténué et légèrement énervé. Il entra dans la chambre, fixa Alex un temps avant de s’approcher de Cyril un sourire presque forcé sur le visage. Il se pencha au dessus de lui et déposa ses lèvres sur les siennes dans un baiser qui se voulait possessif. Cyril savait que Manu n’avait pas fait cet acte innocemment et que la présence de Alex y était pour quelque chose. Cette jalousie que Manu montrait de manière détourné faisait sourire Cyril intérieurement. Cela le touchait beaucoup, cela n’était que la preuve qu’il tenait énormément à lui. A défaut  de mots clairs, c’était la preuve que ses sentiments étaient loin d’être indifférent à son égard. Mais d’un autre côté, cela avait quelque chose d’agaçant. Car Manu n’avait rien à craindre, jamais il n’irait voir un autre homme que lui.
Lorsque Manu s’écarta de lui, il s’aperçut que celui-ci cachait quelque chose dans son dos. Curieux, il demanda d’abord :
- Ca va ? Tu as passé une bonne journée ? Tu étais allé faire quoi ?
Manu élucida les premières questions, comme presque à chaque fois, et répondit avec un sourire :

- Je suis allé faire des courses… Et… Je t’ai pris ça.
Il montra enfin à Cyril ce qu’il cachait dans son dos.
- J’ai entendu dire que c’était un bon film et quand je l’ai vu en dvd, je me suis dit que ça pourrait te faire plaisir. Ca te changera un peu des programmes de la télévision.
Cyril réagit aussitôt, sans comprendre qu’il dépassait les bornes.
- Enfin ! Tu crois vraiment que j’ai besoin de ça. Vu les circonstances, il ne faut pas jeter notre argent par les fenêtres.
Pincé et soudain très en colère, Manu lui tourna le dos pour se dirigeait vers la seule fenêtre de la pièce. Il l’ouvrit et sans plus de cérémonie, il jeta le dvd par la fenêtre avant de se retourner vers Cyril et lui dire très froidement :
- Va te faire foutre !!!  Je vois que de toute façon tu t’amuses bien quand je ne suis pas là, alors je vais vous laisser tous les deux.
Manu sortit de la chambre furieux et Alex et Cyril entendit la porte d’entrée claqué violemment. Cyril se porta une main au visage, exaspéré. Son ami choisit ce moment là pour intervenir :
- Je comprends sa réaction, tu n’as pas été très cool avec lui…
- Si c’est pour le défendre, tu peux…répliqua aussitôt Cyril, énervé que son ami ne prenne pas son parti.
- Et, tu ne t’énerves pas comme ça ! Si tu savais tout ce qu’il fait ! Franchement, c’était super sympas de sa part en plus. Il ne va pas vraiment bien et je pense que ce n’est pas très judicieux de l’envoyer chier comme ça.
- Qu’est ce que tu veux dire par tout ce qu’il fait ? Comment tu sais autant de chose sur lui ?
- Cyril tu ne trouves pas étrange d’avoir gardé ton job, malgré ton absence…
- Comment ça ? Demanda Cyril qui semblait peu à peu comprendre.
- Manu vient tous les matin avant d’aller en cours, à midi après être passé te préparé à mangé et après les cours jusqu’à ce qu’il rentre chez vous. Il te remplace sur son temps libre. C’était ça ou tu perdais ton job.
Cyril tomba de haut, se trouvant idiot de ne pas l’avoir réalisé plus tôt. Manu qui faisait tout cela, rien que pour lui…Son cœur se serra en pensant à l’état de Manu, qui menait de front des études et un travail pénible et épuisant, ajoutant à cela sa propre personne dont il devait s’occuper, ainsi que les diverses taches de la maison. Ce n’était pas une vie pour Manu. Cyril s’en voulu doublement de s’être fait mal au dos et d’imposait tout cela à vivre à son amant. Sa culpabilité l’enfonça un peu plus. Cyril se sentait tellement mal qu’il ne savait plus trop quoi dire ni quoi faire.
- Bon, je devais pas te le dire à la base, mais il me semble que c’était nécessaire.
Alex soupira en se levant.
- Je ne peux pas rester plus longtemps j’ai des truc à faire… Je suis désolé. Je suis heureux de t’avoir revu, je repasserai.
Alex s’en alla après l’avoir salué, laissant Cyril dans le même genre de réflexions. Manu ne rentra que quelques temps après, ne venant bien évidemment pas voir Cyril. Celui-ci n’osa même pas l’appeler.
Cependant, après un bon quart d’heure, il vit celui-ci rentrer dans sa chambre, un cahier à la main et un livre de cours. D’une voix glacial et dans le regarder dans les yeux, il demanda :
- Je bloque sur un truc à rendre pour lundi, tu peux m’aider ? 
- Euh… Je… Oui, bafouilla Cyril, qui ne savait pas comment lui dire qu’il savait.
Manu vint s’asseoir sur le lit et lui expliqua ce qu’il ne comprenait pas, sans autres gestes ou paroles extérieurs à cela. Cyril sentit que c’était par pur obligation que Manu était venu lui demander de l’aide. Mais il ne se laissa pas démonter et aida Manu à faire son devoir, prenant calmement le temps de lui expliquer chaque chose, et de l’aider au mieux. Manu ne quitta pas le lit, et finit de rédiger son devoir sur le lit, ignorant complètement la présence de Cyril.
Lorsqu’il referma son cahier, l’adulte tenta de trouver un moyen de briser la glace et de mettre fin à cette dispute inutile. Il demanda avant que celui-ci ne s’en aille :
- Est ce que tu pourrais me préparer un petit truc à manger ?
Manu se retourna aussitôt vers lui, le regardant avec des yeux ronds :
- Tu as faim ?
- Un peu…
Cyril mentit à Manu, mais il savait que c’était la seule manière pour qu’ils se rapproche de nouveau un peu. Il n’avait en réalité pas faim du tout, pas plus qu’hier, mais il venait de décider de se forcer. Manu avait déjà assez à faire que de s’inquiété de son refus de se nourrir. Imposait cela à Manu était purement égoïste, alors il allait prendre sur lui.
Manu alla directement à la cuisine, semblant vraiment soulagé que Cyril retrouve l’appétit. Il revint avec un plateau chargé un moment après. Rien que l’odeur donnait envie à Cyril de vomir. Comment allait-il réussir à se forcer sans que Manu ne remarque rien ?
Manu posa le plateau à côté du lit et sans un mot commença à aider Cyril à se nourrir. Chaque bouché passait plus que difficilement, mais il l’avalait à chaque fois. Il n’arriva cependant pas à finir son assiette mais cela était déjà énorme pour quelqu’un qui ne s’était pas nourrit pendant plus d’une semaine.
Lorsqu’il sentit qu’une bouchée de plus ne passerait pas, il se décida enfin à parler :
- Je suis désolé Emmanuel, pour tout à l’heure… Je me suis emporté bêtement… Et…
- Ca on peut le dire, déclara aussitôt Manu de manière cinglante.
- Je suis en train de m’excuser non ? Tu n’es pas obligé de t’emporté comme ça ! dit Cyril agacé que Manu le prenne comme cela.
Un silence lourd et pesant s’installa entre eux, que Cyril brisa finalement, ne le supportant plus : 
- Je suis au courant.
- Au courant de quoi ?
- De ce que tu fais tous les jours, en plus des cours…
- Je m’occupe de toi… Je ne vois pas en quoi c’est une nouveauté.
- Tu travailles pour ne pas que je perde mon job, pas besoin de nier, Alex me l’a dit après qu’on se soit…
Manu le regarda un instant, avant de détourner le regard à nouveau.
- Je suis désolé, de m’être emporté comme ça, et je suis désolé aussi que tu doivent supporter et faire tout cela. Ma réaction n’était vraiment pas cool et je mérite la tienne. Tu peux arrêter de bosser tu sais. Je trouverais un autre job. Tu ne peux pas mener de front les études et le travail et je tiens à ce que tu réussisses le premier.
- Hors de question, je continu de bosser. Répondit Manu vivement.
- Mais…
- De toute façon, tu n’es pas en position pour m’empêcher de le faire !
Sentant qu’il ne trouverait aucun moment pour faire changer Manu d’avis, il baissa les bras, malgré une culpabilité monstre.
- Je vais manger, je reviens.
Manu sortit de la chambre et ne revins qu’un temps après, le fameux dvd dans les mains :
- Ca te dis qu’on le regarde ensemble ?
Sentant que Manu était venu chercher la paix, Cyril acquiesça avec un léger sourire. Manu alla prendre une douche et revint en pyjama se glisser sous les draps après avoir mit le dvd en marche.
Collé l’un contre l’autre, ils regardèrent ce film qui était comme Manu l’avait dit au départ un très bon film qui leur plue tout deux beaucoup. Lorsque Cyril coupa la télévision, fatigué, il entendit Manu lui demander :
- Tu peux la laisser allumée s’il te plait ?
- Euh oui… Je voulais l’éteindre pour que tu puisses vraiment te reposer.
- Je n’ai pas vraiment sommeil…
Cyril tendit la télécommande à Manu et tourna la tête vers lui, voulant regarder son visage et non la télévision. Légèrement gêné, Manu finit par lâcher la télévision des yeux et se tourner vers lui, lui faisait face. Très rapidement, leurs langues vinrent se rejoindre en un baiser de bonsoir.
- Bonne nuit Emmanuel, lui souffla Cyril avant de fermer les yeux.
- Bonne nuit…
- Merci pour le film, et merci pour le reste…
Cyril posa sa main sur celle de Manu et se laissa porter pas les songes similaires à tous les autres…
Le week-end se passa calmement. Tous deux profitèrent une fois de plus l’un de l’autre, mais rien ne parvenait à ôté la tristesse du cœur de Manu et Cyril ne parvenait toujours pas à lui parler. Une femme kiné que Cyril avait réussi à trouver en passant des coup de fils passa peu de temps après l’infirmière. Tout se passa mieux que la semaine dernière. Elle reviendrait tous les deux jours et était assez optimiste sur la remise sur pied rapide de Cyril. Il continuait à se forcer à manger au plus grand plaisir de Manu vraiment soulagé.
La semaine s’enchaîna pareillement aux précédente. Manu allait de plus en plus mal et était de plus en plus renfermé sur lui même. La perfusion de Cyril avait été enlever, il se nourrissait presque convenablement. Il ne restait plus beaucoup de temps avant qu’il puisse enfin se lever et sur ses deux jambes. La kiné trouvait qu’il accomplissait beaucoup de progrès sans lésiner sur les efforts et en était presque étonné. La raison était simple : plus vite Cyril irait mieux, plus vite il pourrait le soulager d’au moins ce travail.
Le vendredi soir, Manu rentra particulièrement plus à bout que les autres soirs. Cyril évita toute dispute et fut particulièrement doux et tendre avec lui. Après avoir mangé et s’être lavé, Manu était venu se coucher tout contre lui sans un mot. Cyril passais sa main dans ses cheveux, sentant que Manu était à bout et à deux doigt de craqué. Il l’avait déjà vu dans cet état, et avait bien trop peur de ce que cela pouvait conduire l’adolescent à faire. Il lui murmura quelques mots d’affections, accompagnant Manu dans son sommeil. Etonnement, cette fois-ci, il s’endormit avant lui. Pendant toute la semaine, Manu avait eut beaucoup de mal à s’endormir.
Cyril continua à regarder la télévision, tout en continuant de passer ses doigt dans ses cheveux tendrement et à lui caresser les visages avec douceur.
C’est deux heures plus tard, au moment ou Cyril allait se coucher à son tour qu’il lui sembla entendre des pleurs. Intrigué, il tourna la tête vers son amant, et vit que celui-ci pleurer à dormant. Plus qu’inquiet, il lui secoua légèrement l’épaule, tout en l’appelant.
Manu finit enfin par ouvrir les yeux, et inonda Cyril de toute la tristesse que ceux-ci reflétait. Il vit Manu esquisser un geste pour s’en aller. Cyril lui saisit aussitôt le bras, l’empêchant de fuir. S’il ne pouvait pas lui parler, il voulait au moins être là pour essuyer ses larmes et le consoler. La réaction de Manu fut presque immédiate, il se jeta dans les bras de Cyril, enfouissant son visage dans son cou, sans se mettre trop sur lui. Cyril supporta la douleur, à vrai dire il aurait pu tout supporter si cela pouvait aider Manu à aller mieux. Manu pleurait bruyamment, recroquevillé comme un enfant tout contre Cyril qui l’entoura de son bras, le passant lentement  dans son dos. Ne pas connaître la raison de cette crise était abominable pour Cyril. Il ne savait même pas comment y mettre fin. Jamais il n’avait entendu Manu pleurer aussi fort et aussi douloureusement, si bien qu’il ne pu retenir les larmes qui vinrent se mêler aux siennes. Longtemps il lui murmura avec une voix douce et réconfortante :
- Je t’aime Emmanuel… Je suis là… Calme toi, je suis là… Emmanuel… Je suis là… Je t’aime.
Les pleurs de Manu ne semblaient pas se tarire pour autant, et Cyril avait l’impression que cela n’allait jamais prendre fin. 

Contre toute attente, Manu finit par se rendormir, dans la même position, légèrement sur Cyril, ta tête enfoui dans son cou tout contre son épaule. Cyril n’osa pas bouger par peur de le réveiller.
De tout le week-end, ils ne reparlèrent pas de ce qui s’était passé cette nuit là. Si Manu était silencieux, il resta cependant très attaché à Cyril. Il semblait constamment avoir besoin de son contact, d’être près de lui comme pour être rassurer. Il ne quittait le lit que lorsque c’était nécessaire et restait la plupart du temps collé à lui. Dimanche, Cyril vit Manu appréhendait le lendemain. Il avait maintenant la certitude que tout cela était en lien avec l’école, mais dès qu’il faisait mine de lui en parler, il se retrouvait face à un mur qu’il ne parvenait pas à briser. Cyril se contentait d’être à ses côtés, et de lui apporter gestes tendres et affection. Il était de plus en plus inquiet et voir ce regard emplie de tristesse était insoutenable lui crevait le cœur.
Le lundi arriva pourtant, suivit de tous les autres jours de la semaines. Il furent tout aussi pénible à la différence que vendredi, l’infirmière et la kiné allait venir le matin l’aider à se lever enfin. Chaque jour était un supplice et il n’en pouvait plus d’attendre. Leur rapport n’avait pas connu d’évolution particulière. Manu allait toujours aussi mal, et Cyril continuer à faire ses cauchemars.
Le vendredi arriva enfin, Manu était partit travaillé très tôt comme tout les matins, et il avait embrassé Cyril juste avant de partir. Celui-ci en effet c’était réveillé en même temps, excité par l’idée qu’il allait enfin pouvoir se lever et se déplacé. Ce n’est pourtant que vers onze heure du matin que l’infirmière et la kiné arrivèrent. Il attendait, impatient de pouvoir enfin observer le monde à la verticale. Ayant déjà fait pas mal d’exercice, il n’avait pas trop perdu la force de ses bras et de ses jambes. Il fut tout de même prit de vertige rien que lorsqu’on le mit en position assise. Une sensation très bizarre au niveau de son dos se fit immédiatement ressentir. Il n’aurait sur comment le décrire, mais il avait l’impression que ses vertèbres étaient extrême fragiles et qu’il allait s’effondrer à la moindre secousse. Les deux femmes le maintenait fermement, attendant qu’il retrouve son équilibre et ses repères. Plusieurs fois, elles lui demandèrent si ce n’était pas trop douloureux, mais Cyril se contentait de serrer les dents, trop impatient de mettre un terme à tout cela et de soulager Manu.
Ce n’est qu’après un bon moment qu’elles le lâchèrent enfin, lui laissant le loisir de se maintenir seul. Même s’il se sentait tout étrange, il parvint à rester en position assise. Elles vinrent de nouveau à son aide pour l’aider à se lever et le soutenir pour marcher. S’il eut l’impression au début que ses jambes n’allaient plus jamais le porter, il fut heureux de constater après un bon moment d’effort instance, qu’il pouvait presque marché seul. Les muscles de son dos le tirait comme jamais, mais il s’en moquait : ce soir il voulait accueillir Manu sur ses deux jambes.
Lorsqu’en début d’après midi il parvint à se déplacé sans aucune aide, les deux femmes décidèrent que cela suffisait amplement, il était déjà allait très loin, comme rarement les patients le faisaient. 
Elles le laissèrent après l’avoir accompagné jusqu’à la chambre. Cyril était littéralement épuisé. Son dos réclamait du repos et il le lui offrit quelques heures seulement.
Vers 16h00, il prit une profonde inspiration et se redressa, non sans une grimace de douleur. Lentement mais de manière sûre, il s’assit sur le rebord de son lit et s’aidant du mur et de sa table de nuit, il se leva de nouveau sur ses deux jambes. D’un pas peu sur et gardant toujours une main sur le mur, et marcha jusqu’à la salle de bain. Il fut choqué par l’image que lui renvoya le miroir et crut ne pas se reconnaître. Il n’avait pas réalisé à quel point il avait maigri. Il ne s’attarda pas à cela, ne voulant pas contempler une minute de plus cet image déplaisante. Il fit quelques pas, et entra dans la baignoire assez maladroitement. Il prit un bain comme il en rêvait depuis un mois : se laver seul.
L’eau chaude coulant sur lui était plus que bénéfique et il frémit à ce contact.  Après avoir passé un long moment sous la douche, il sortit et se dirigea chancelant jusqu’à son placard ou il choisit les vêtements qu’il avait envie de porter. Il prit tout son temps et lorsqu’il eu finit, il alla s’asseoir dans le fauteuil sachant que Manu n’allait pas tardé. Déjà fatigué par ce moindre effort, il se laissa aller à fermer les yeux un instant pour finalement s’assoupir pour de bon sans trop s’en rendre compte. C’est le bruit des clefs tournant dans la serrure qui l’extirpa de son sommeil. Il se redressa légèrement, le sourire au lèvres. Manu rentra sans trop faire attention, ne semblant pas s’attendre à voir Cyril l’attendre dans le salon. Il sursauta lorsqu’il le vit assis dans le fauteuil n’ayant plus l’habitude de le voir autre-part que dans son lit depuis un mois. Alors que Manu allait marcher vers lui, Cyril lui demanda de se rester à sa place et de ne pas bouger. Cyril rassembla toutes ses forces, et se leva lentement. D’un pas plus assuré que ce matin, il marcha jusqu’à Manu, son sourire faisant écho à celui de Manu. Lorsqu’il fut à quelques centimètre de son amant, il s’arrêta. Une larme coulait des yeux de Manu. Cyril l’essuya de son pouce, et murmura :
- C’est fini…
Manu se jeta alors dans les bras de Cyril le serra un peu trop fort mais Cyril ne dit rien, trop heureux de cet instant. Ce qu’il n’avait pas pu faire depuis des semaines, simplement serrer Manu dans ses bras, était maintenant en train de se réalisé. Il était debout, dans les bras de son amant, heureux de cette soudaine liberté et de ce soulagement qui leur était offert. Cyril finit par s’écarter un peu, la douleur n’étant plus supportable, Manu sembla comprendre et après un léger baiser, il aida Cyril à aller se mettre sur le fauteuil. Manu fit ses devoirs, pour être tranquille pendant le week-end, tandis que Cyril l’aider un peu. Même s’il aurait était mieux de rejoindre son lit, il n’avait aucune envie de rejoindre sa chambre. Il y avait passé suffisamment de temps. Vers l’heure du soupé, ils mangèrent tous les deux s’installant sur le canapé. Lorsqu’il vit Manu baillé, semblant exténuer, sans vraiment réfléchir il déclara :
- Lundi je reprends le travail ça ne peut plus durer comme ça !
Il crut que Manu allait s’étouffer avec son bout de pain :

- Tu es complètement fou !!! s’écria-t-il. Il en est hors de question.
- Ce n’était pas une demande, c’est un fait ! dit Cyril sans se laisser démonté.
- Tu crois vraiment que tu es en état d’aller travailler dans deux jours. Ce n’est même pas de la folie, c’est de l’inconscience ! Tu va encore prendre une bonne semaine pour t’en remettre, et il n’y a pas de discussion possible à ce sujet.
- Mais tu…
- Une semaine de plus ou de mon ne changerons rien Cyril, lundi, comme tout les autres jour de la semaine, tu en profitera pour te reposé afin d’attaquer le boulot en forme.
Le ton qu’employait Manu ne lui laisser pas d’autre issu possible que d’être d’accord avec lui. Légèrement vexé, il se redressa vacillant et porta son plateau à la cuisine. Alors qu’il commençait à faire la vaisselle, il eut droit à un autre sermon de Manu et fut envoyer au lit comme un enfant capricieux.

Cyril bouda un peu d’être traité de la sorte, mais finit par s’endormir allongé tout contre Manu après un long et langoureux baiser, tous deux épuisés.
Le lendemain, Cyril et Manu décidèrent de s’aérer un peu après une grasse matinée, en allant manger un bout dehors. Si Manu était très collé à lui à l’intérieur la maison, à l’extérieur il était disant comme jamais. Dès que Cyril faisait mine de s’approcher de lui, ne serait-ce qu’un peu, Manu rétablissait aussitôt une distance respectable. Souvent, il jetait des coup d’œil un peu partout, comme s’il avait peur d’être vu. L’air vivifiant fit tout de même un bien fou à Cyril qui sentait avec plaisir les rayons de soleil caresser sa peau malgré le froid.
Le week-end se passa tranquillement, Cyril pouvant être de plus en plus mobile et profitant à fond de cela. Il s’était fixé reprendre le travail dans une semaine et il ne laisserait pas Manu l’en dissuadé.
La semaine se déroula comme toutes les autres, si ce n’est que Cyril redevenait autonome. Lorsque Manu rentrait le soir assez tard, un repas l’attendait et surtout Cyril. Il respectait le fait qu’il aille s’enfermer chaque soir un moment dans sa chambre avant de le rejoindre, même si cela l’intriguait.
Ce fut le jeudi soir, alors que Manu était dans sa chambre, que Cyril entendit un léger cri de douleur de sa part provenant de sa chambre. Ne résistant pas à l’envie d’aller le voir, et ayant peur de découvrir ce qu’il était en train de faire, il entra dans sa chambre sans frapper et le vit avec horreur s’écraser une cigarette sur le bras, ajoutant une brûlure de plus à son bras. Son sang ne fit qu’un tour et alors que Manu le regardait effrayé et honteux d’avoir était ainsi surprit, Cyril sortit de la chambre et alla chercher son paquet de cigarette. Il prit une chaise et vint s’asseoir en face de Manu. Il lui demanda de lui donner  prêter son briquet alluma sans plus de cérémonie une de ses cigarettes. Ne perdant pas plus de temps, il gardant sa cigarette un instant à la bouche, il remonta une de ses manches et se brûla de la même manière que Manu en le regardant droit dans les yeux. Manu ne pu soutenir se regard et fixa la peau de Cyril en train de subir la brûlure de cigarette. Tout comme Manu, il n’y alla pas de main morte, serrant les dents sous la douleur infligée. Puis d’une voix froide et ferme il déclara :
- A chaque nouvelle marque que tu te feras, je ferais la même sur mon bras. Et ne t’inquiète pas, je suis près à vérifier ton bras tous les soir. Tu peux me croire je le ferais Emmanuel !
Manu avait relever la tête, complètement sous le choc.
Cyril se leva et alla chercher de quoi se soigner tous les deux. Il savait qu’il avait fait fort, mais c’est son impuissance trop longtemps contenue qui l’avait poussé à agir ainsi. Voir Manu en train de se faire du mal et être totalement impuissant face à cela était de l’ordre de l’impossible.
Lorsqu’il revint, il trouva Manu dans la même position. Il s’assit sur la chaise et commença à soigner son propre bras, avant de relever la tête vers Manu et de lui demander sur un ton qui ne donnait pas d’autre choix que d’y obéir :
- Tends moi ton bras s’il te plait.
Manu n’eut aucune réaction. Il baissa seulement la tête, fuyant Cyril de tout son être rien que par son attitude. Mais l’adulte n’en tint pas compte et lui saisit aussitôt le bras avec douceur et fermeté prenant garde à ne pas lui faire mal. Sa mange était encore remonté et il pu voir ou il posait ses doigts. Il le posa sur sa jambe et avec une grande méticulosité il soigna toutes les blessures, les vielles comme les récentes, imprimant bien dans son esprit cet image prouvant à Manu que ce qu’il avait dit auparavant était loin d’être des paroles en l’air. Puis connaissant Manu, il sortit de sa chambre en le laissant seul prenant cependant avec lui son paquet de cigarette.
Il se posa un moment dans le salon, las et fatigué. Manu ne sortit pas de la soirée. Cyril n’osa plus allait le voir. Plus le temps passait et plus il trouvait qu’il y avait était fort. Vers onze heure du soir, lorsqu’il fut lassé de regarder la télévision et surtout d’être loin de Manu, il se leva et entra dans sa chambre. Il le vit couché dans son lit, Manu n’avait pas le projet de venir dormir avec lui. Dans ce cas pensa Cyril, c’est lui qui irait le rejoindre.  Malgré plus étroit que le sien, il était possible d’y tenir à deux.
Manu était allongé la tête face au mur, tournant donc le dos à Cyril. Il sembla s’être aperçut de sa présence, car il colla un peu contre le mur, laissant de la place à l’adulte. Cela le renvoyant dans le passé à l’orphelinat. Hésitant, il s’allongea à côté de lui sous les draps. Il s’approcha progressivement recherchant la chaleur et le contact avec son corps. Manu n’eut aucune réaction, restant parfaitement immobile. Ne supportant pas d’être ainsi ignoré, Cyril murmura à son oreille :
- Tu peux te retourner, j’aimerais bien voir ton visage moi…
C’est à ce moment là qu’il entendit les sanglots que Manu avait réussit à lui dissimuler jusqu’à maintenant. Cyril réagit immédiatement :
- Emmanuel, si c’est à cause de tout à l’heure, il ne faut pas te mettre dans cet état…
- Si tu savais Cyril… Si tu savais comme j’ai honte que tu m’ai vu faire ça…
Sa voix se brisa dans un sanglot bien plus bruyant qu’avant. Cyril aurait du se douter que Manu réagirait ainsi. Il donnait une apparence tellement dure, que parfois Cyril en venait à oublié l’extrême sensibilité et fragilité émotionnelle de Manu.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Jeudi 27 décembre 2007

TROISIEME PARTIE

Les larmes coulaient encore, mais sa respiration s’était calmé et il avait pu ôté sa main de son visage. Ses yeux s’était maintenant porter sur le visage de Manu. Il mourait d’envie de lui dire simplement « je t’aime » juste avant de s’endormir, mais ces mots semblaient rester coincé dans sa gorge, comme paralysés à jamais. Il l’aimait pourtant, mais n’avait l’impression de ne plus mériter de le faire. Quel bonheur pouvait-il lui apporter après tout ? Lui, un être si faible et dévasté par ses propres démons qui l’attendaient déjà à la porte de son sommeil.
Il finit par s’endormir, des larmes coulant encore sur les yeux, et une main posée sur celle de Manu…
Il passa une nuit tout aussi pénible, revivant des scènes de son passé qu’il aurait préféré oublié. Heureusement, il ne poussa pas de hurlements ou ne s’agita pas au point re réveiller Manu. Devoir se justifier et parler de ses rêves était la dernière des choses dont il avait envie. Ces cauchemars récurant venant le hanter à l’instant même où il fermait les yeux, le mettait dans un état de nerf insupportable. Il ne languissait qu’une chose que les deux jours restant avant le week-end passe vite. Car même si l’ambiance était assez tendu avec Manu, il languissait de pouvoir passer un peu plus de temps avec lui apaiser par sa présence.
Comme il ne mangeait toujours pas, il eut droit a une longue leçon de moral de la part de l’infirmière qui lui finit par le mettre sous perfusion. Il sentait que cela lui faisait du bien, mais l’envie de se nourrir  lui était toujours pas revenu.
Durant ces deux jours, Cyril passa son temps à tenter de dormir le moins possible, regardant la télé et ruminant ses pensées. Manu rentrait vers le soir vers 19h et ne venait pas le voir tout de suite, s’enfermant un temps dans sa chambre. Cyril était loin d’être dupe sur son occupation et attendait le soir venu que Manu s’endorme pour prendre connaissance de nouvelles marques, avec la même difficulté que l’autre fois.
Pour rentrer à un heure si tardive, Manu disait qu’il prenait des cours du soir, donnés par son prof principal. Cyril avait du mal à y croire, mais préféra ne pas embêter Manu avec cela. Il semblait totalement éreinté
Cyril attendit avec impatience que Manu rentre le vendredi soir, fixant l’horloge toutes les cinq minutes. Ce fut le seul jour où dès que Manu rentra, il alla voir Cyril directement. Ils passèrent étonnement une soirée très tranquille et malgré qu’ils avaient en ce moment beaucoup de mal à se supporter, Manu rester auprès de lui sans se disputer une seule fois… Manu profita d’une partie de la soirée pour masser un peu Cyril. Celui-ci frémit au contact de ses mains, sentant une peur monter en lui. Mais il se raisonna et se calma, se disant que c’était Manu et non son père et qu’il fallait qu’il se garde son sang froid. Cela passa inaperçu au yeux de Manu qui continuait à le masser. Peu à peu, Cyril se détendit et se laissa aller au bien que lui prodiguait une des seules personne à pouvoir le toucher vraiment…
Rapidement, ils furent tous les deux endormis. Il sentait Manu tentait de se coller au mieux près de lui. Cela lui faisait un bien fou, sentir Manu près de lui. Il n’aurait su dire comment, mais il se sentait rassuré et protégé. Ayant lutté toute la journée pour ne pas s’endormir, il céda cette nuit là, la boule au ventre.

Cyril ressentait du plaisir, comme rarement il en avait ressentit. Guidé par le mouvement de bassin de son partenaire, il ne se retenait pas de crier son plaisir encore et encore. Son amant s’enfoncé toujours un peu plus profondément en lui, les faisant tout deux brûler d’une fièvre qu’on appelait plaisir et extase. Ce mec baisait comme un dieu. Il avait initié Cyril à ce genre de plaisir, et jamais il ne voulait cesser de vivre cela. Il en était devenu totalement accro. Si bien que tout deux avaient pris le risque fou de le faire chez Cyril, sachant pertinemment que son père pouvait débarqué à n’importe quel moment. Son amant ne se retenait pas de gémir lui non plus, lui susurrant des paroles plus chaudes les unes que les autres, déposant des baiser dans sa nuque et jouant de sa langue.
C’est au moment où tout deux aller jouir, que tout bascula. Il sentit soudain son amant cesser tout mouvement, et rester parfaitement immobile. Ne comprenant pas ce qu’il se passait, il lui demanda pourquoi il ne continuait pas à le baiser comme un dieu, tout en tourna la tête vers lui. Son regard fut directement arrêter, capté et prisonnier par celui de son père. A l’embrasure de la porte, celui-ci se tenait debout, leur lançant un regard que jamais Cyril n’avait vu dans ses yeux. Etait-ce cela là haine. Il sentit son cœur s’emballer, l’irréparable avait été fait. Il connaissait l’opinion de son père sur les « sales pédales ». Tout était finit. Ce simple instant, cette simple seconde ou il regard son père lui parut durer une éternité. Son amant se retira de lui, se précipitant sur ses vêtements. Cyril n’avait même pas la force de cela, et ce contenta d’attraper le drap, comme sous le choc. Le regard que lui lançait son père le terrifié et il avait l’impression d’être jugé et mis à nu. Pourquoi avaient-ils fait l’erreur de le faire ici ? Pourquoi n’avaient-ils pas pu attendre…C’était Cédric qui avait insisté. Il avait dit qu’ils ne risquaient rien, que cela faisait partit de l’excitation, la peur de se faire surprendre. Cyril avait finit par céder lorsque son amant avait glisser une main dans son pantalon.
Qu’avaient-ils fait !!!
Alors qu’il sentit que son père allait prendre la parole, il paniqua totalement et cria en pointant Cédric du doigt :
- C’est lui, il m’a forcé, c’est de sa faute je…
Il fit tout pour ne pas croisé le regard de celui qu’il aimait. La rancœur qu’il aurait pu lire sur son visage l’aurait détruite. Cet acte de lâcheté pure lui retournait l’estomac. Mais Cédric ne connaissait pas son père. Le coeur battant, Cyril avait la tête qui se mettait à tourner. Ca ne pouvait pas être vrai, comment aller réagir son père, allait il le renier à jamais ? Jamais son père ne l'avait regardait ainsi, et lire du dégoût et de la répulsion dans celui-ci était pire que tout. Il fut soudain prit de nausées, il venait de trahir son amant et de montrer sa véritable nature à son père, nature qu'il avait toujours déclarer haïr. Son père ne disait toujours rien et se contentait de fixer son fils nu simplement couvert d'un drap. Il semblait paralysé par ce qu'il avait vu. Cyril imagina que la scène se repassait inlassablement dans sa tête. Ce silence vint à lui faire regrettait ce qu'il avait fait, et ce qu'il était. Décevoir son père qui était déjà extrêmement exigent avec lui était pire que tout.Cédric avait simplement enfilé son jeans et tenait dans ses bras le reste de ses vêtements. D'un pas rapide mais peu assuré, il partit de la maison, sentant que sa présence empirait tout. Cyril avait l'impression d'être totalement abandonné, il se retrouvait maintenant seul face à face avec son père et il savait que cette paix n'était qu'une question de temps : elle n'allait pas durer. Seulement sa principale crainte était qu'allait il lui dire, qu'allait-il lui faire.

Soudain, ce qu'il vit lui serra le coeur au point qu'il eut envie de se l'arracher pour abréger ses souffrances. Une larme coulait de l'oeil droit de son père, larme symbole du deuil de son fils qu'il était en train de faire. Il vit son père serrer les poings, semblant contenir sa haine et sa rancoeur. Cyril avait à ce moment l'impression d'être un traître, un être abject qui ne méritait pas tout ce que son père avait fait pour lui. C'était effrayant comme avec ce simple regard son père pouvait l'anéantir.

Lorsque son père avança vers lui il crut que son cœur allait sortir de sa poitrine tellement il battait fort. La fureur et la haine semblait guider ses gestes. L'homme qu'il avait en face de lui n'était en rien son père. Il ne le reconnaissait plus. Il commença à reculer, et fut arrêter par le mur. Son draps cachait mal son corps et l'idée qu'il soit ainsi à la vue de son père était insupportable. Son père continuait s'approcher, et plus il était près, plus il avait l'impression d'être envahi par sa fureur. Cyril aurait tout donner pour ne pas être face à lui. Il avait tellement peur qu'il du se maîtriser pour ne pas trembler. L'autorité qu'avait son père sur lui avait toujours était importante, mais cette fois-ci Cyril avait l'impression d'être face à l'autorité suprême et dévastatrice.

Arrivé à la hauteur du lit, son père prit une profonde inspiration, semblant réfléchir à quel venin lui verser. Le geste qu'il fit ensuite, fit comprendre à Cyril que ce n'était que le début. Son père lui cracha qu visage, comme s'il crachait sur la chose la plus immonde au monde. Cyril était tellement effrayait qu'il n'osait même pas porter sa main ou visage pour s'essuyer. Alors qu'il s'était tu jusqu'à maintenant, il entendit soudain la voix de son père s'élever, anéantissant à jamais Cyril :

- J'aurais préféré apprendre ta mort que de voir ce que j'ai vu !

La haine et la sincérité qui ressortait de ses paroles transpercèrent Cyril de toute part. Il avait envie de vomir, de prendre n'importe quel objet tranchant et d'en finir, de fuir le regard et le jugement de cet homme qui venait de passer de l'amour à une haine sans borne. Aveuglé par la folie, pour la première fois de sa vie, il battu son propre fils, se ruant sur lui. Il l'attrapa par les cheveux, le tirant vers lui, et le jeta brusquement sur le sol. Ayant encore le corps assez frêle, il ne pesait pas bien lourd, et cela aida grandement son père dans sa tache.

Avant de lui envoyer une série de coup de poing, il hurla :

- Comment as tu pu me faire cela ??? Espèce de déchet, petite merde !!! Sale fiotte, plus jamais tu ne sera mon fils !! Tu ne l'as jamais été !! Mon Dieu comment as tu pu me faire cela !!

Son père était placé au dessus de lui, et les coups commencèrent à pleuvoir en même temps que les insultes. Il ne savait plus vraiment ou il était, ni qui était au dessus de lui. Il tenta de se débattre en vain. S'il tenta de se protéger, jamais il ne tapa son père, jamais il n'envoya un coup, ni n'agressa son père. Son corps le faisait souffrir, mais ce n'était rien comparé à la souffrance de son cœur. Totalement nu, il n'avait plus son drap pour se cacher, il n'avait plus rien entre son père et lui. Aucun son ne sortait de sa bouche, arrivant à penser qu'il méritait tout cela. Cependant, il pleurait, il pleurait sous les coups et les insultes de l'homme qui le renier et le rejetait physiquement et verbalement. Il rabattit ses bras sur son visage, ne voulant pas montrer ce visage à son père. Cela ne parut pas lui plaise, car avec violence il repoussa ses bras, et lui assena un coup de poing en plein visage qui l'assomma un peu. Immobilisé par le choc, il ne parvenait plus vraiment à ce mouvoir, ni à se débattre.

- Dis moi une chose Cyril ? Est ce que tu prends du plaisir ? Est ce que tu aimes ça ? Te faire défoncé le cul ? Petit pédé !

Cyril ne répondit rien. Il ne pouvait pas dire non, car cela serait lui mentir, mais dire oui était pire que tout. Seulement son père interpréta son silence comme un ''oui'' et entra dans un rage folle.

Il se redressa, se vin se placer debout sur ses genoux au dessus de son Cyril toujours étendu sur le sol. Son violent coup à la tête le sonnait encore et ralentissait ses réactions. Qu'allait-il lui faire ? Qu'allait-il encore lui arriver ?

Il ne comprit pas vraiment ce qui allait arriver lorsque son père commença a ôter son pantalon et son slip. Il tressaillit s'attendant au pire, mais il ne voulait pas y croire. Non, tout mais pas cela. Ses mains tremblèrent, la peur s'emparait de lui, son père allait commettre l'irréparable sans qu'il ne puisse rien faire.

- Tu aimes la queue ? Très bien, alors montre moi ce qu'une pédale de ton espèce sait faire.

Son père attira sa tête en l'attrapant par les cheveux, l'amenant vers ce que Cyril craignait : son propre sexe. Son père devenait totalement fou, et jamais il ne l'aurais cru capable de cela. Sentir le sexe de son père contre son visage le révulsé. Cette humiliation, ce début de viol que lui faisait subir son père était pire que tout. Cyril avait l'impression de vivre un cauchemar et priait pour se réveiller au plus vite. Son père bougea sa tête d'avant en arrière et bougea son bassin, comme s'il était en train de lui faire un fellation. Les insultes, les mots rabaissant continuaient de pleuvoir. Cyril craqua et finit par se débattre, retrouvant la force qui l'avait quitter. Le déclic fut le fait de sentir et de voir le sexe de son père commencé à se durcir. Il parvint à se dégagé la tête et battit des bras et des mains, se réduisant à gémir une plainte de souffrance contenu. Cela agaça son père plus que de raison et celui-ci le saisit par les épaules et le jeta violemment sur le lit à plat ventre. L'angoisse et la terreur était maintenant les deux seuls sentiment de Cyril. Il venait de comprendre la suite, il venait de comprendre le but de son père.

Cyril se débattit alors de toute ses forces, tentant de se débarrasser de l'emprise qu'avait son père sur lui. Il lui serrait tellement fort les deux poignet dans le dos qu'il en avait mal. Il ne pouvait pas se dégageait et pourtant il en gardait toujours l'espoir. Il voulait fuir, fuir loin d'ici et ne pas vivre ce que son père s'apprêtait à lui faire. Il supplia cette fois-ci, se moquant de toute dignité, celle-ci n'ayant de toute façon plus sa place ici :

- Non, pitié… je t'en supplie, pas ça, ne me fait pas ça, je t'en supplie, non, non, arrête, pitié pas ça…!!!

L'inévitable allait se produire et pourtant il continuait de se débattre comme un fou et de supplier.

- Papa je t'en supplie, ne me fait pas ça !!!       

- Tu vois un père quelque part toi ? Ne m'appelle plus jamais papa ! Je vais t'apprendre, tu vas voir.

- Pitié, je suis désolée, je ne recommencerais plus, tu m'entends plus jamais…, mais ne me fait pas ça…non, non arrête, s’il te plait,  pitié, je t’en prie  ... Noooooooooooon !!!

La douleur l'avait fait hurlait son dernier mot qui s'éteignit en même temps que lui. Une douleur suffocante que jamais il n'aurait cru pouvoir ressentir. Il avait l'impression que le mal était en train de s'insinuera au plus profond de lui. Le premier mouvement de bassin de son père lui donna l'impression que sa peau se déchirait. Son père était en train de le violait et de lui enlevait tout. Vide à tout autre sentiment que la souffrance, Cyril cru qu'il allait mourir. Il ne retenait plus les larmes qui coulaient de ses yeux. Son corps bougeait au rythme des coups de rein de son père qui semblait tout de même prendre du plaisir. Cyril ne se voyait plus que comme une masse inerte. Son souffle de vit était aspiré par cet homme en lui. Il était en train de tout lui prendre, sa jeunesse, sa raison, son identité, sa dignité, ce qui faisait de lui Cyril. Cette chose qu'il n'aurait su nommé le quittait à jamais et fut remplacé par le sperme que son père déversa en lui. Il entendit son râle de jouissance et aurait préféré ne jamais entendre cela. Son corps meurtri n'était plus qu'une masse inerte. Il n'avait alors qu'une envie : quitter ce monde et mourir à jamais.

Un seul mot sortit sa bouche à ce moment là : "pourquoi ?". Une douleur violente au niveau de la têt… Iil venait certainement de le frapper une fois de plus, mais peut être la fois de trop. Sentant toujours son père en lui reprendre son déhanchement, lui laissant la peau à vif tout comme l’était son cœur, l’enfonçant dans un désespoir sans fond, Cyril sombra dans l’inconscience, le noir plus total, le néant.
Il flottait dans le vide et  eut soudain l’impression d’une présence à côté de lui, une présence bénéfique qui n’appartenait pas à ce qu’il était en train de vivre.


Cyril ne rêva plus de rien cette nuit là. Tout était noir comme par le passé. C’était la première fois qu’il revivait vraiment ce qui s’était passé. Tout était maintenant bien vif dans son esprit et il ne pouvait plus se leurrer sur ce qui lui était véritablement arrivé : son père avait commencé ces vices dès le premier jour. Collé contre Manu, des larmes muettes continuèrent à couler une bonne partie de la nuit. Sans sa présence près de lui, il aurait mit fin à ses jours sur le champs. Une fois de plus cela prouvait qu’il était totalement dépendant de lui.
Cyril se réveilla assez tôt ce matin, ouvrant les yeux et savourant la vision de Manu endormir tout près de lui. S’il se sentait au plus mal suite à ce rêve, il fit tout pour ne pas que Manu ne s’en rende vraiment compte. Celui-ci semblait épuisé même en dormant, si bien qu’il préférant le laisser dormir un maximum, il en avait vraiment besoin. Il passa une partie de la matinée à penser à son cauchemar : plongeon direct dans son passé. Il avait envie de vomir et supportait encore moi l’idée de devoir rester sur le ventre. La peur s’était insinuée en lui et avait maintenant pris place dans son cœur. Son dos était douloureux, et il commençait à désespérer de pouvoir revivre normalement un jour.
Il finit par allumer la télévision, ne supportant plus de penser à toutes ses choses, sachant ou cela pouvait finir par mener.
Manu fut réveillé lentement par la télévision, et Cyril sentait qu’il s’étirer en baillant. Aussitôt, il tourna la tête vers lui, souriant tendrement :
- Bonjour… Bien dormi ?
- Trop bien, déclara Manu, encore un peu endormi. Il est quelle heure ?
- Midi…
- Midi ? s’écria-t-il en se redressant déjà. Merde, j’ai pleins de trucs à faire. Et puis le kiné arrive à 13h00.
Sans même lui dire bonjour, Manu était déjà debout sous la douche avant de commencer à ranger l’appartement tout en faisant à manger à Cyril. Sans la perfusion que l'infirmière lui avait mit, jamais il n'aurait pu se rétablir car il ne mangea encore une fois qu'un peu.Il s'en voulait de le voir s'affairer ainsi et de ne rien pouvoir faire. Il se sentait encore une fois totalement inutile. Manu avait besoin de repos et avoir autant de chose à faire n'était pas bon surtout dans son état. L'heure de la visite du kiné arriva bien vite et étrangement Cyril l'appréhendait. Le cauchemar qu'il avait fait cette nuit l'avait profondément bouleversé et l'idée qu'un inconnu pose les mains sur lui ne lui plaisait pas particulièrement et allait même jusqu'à l'angoissé. Se trouvant ridicule, il ne fit pas part de sa peur à Manu mais il savait que son regard devait le trahir.

Manu fit entrer le kiné dans la chambre, et après un sourire pour Cyril, celui-ci sortit sous la demande du kiné de les laisser seuls. Rien que se retrouver seul dans la même pièce que lui commençait déjà à l'effrayer. Cyril aurait mile fois préféré une femme. Cet homme ne lui plaisait pas et il le trouvait bien trop massif à son goût. Le sourire qu'il lui adressait n'avait rien d'effrayant et pourtant Cyril y lisait bien des choses. Son esprit commencer à lui faire imaginé bien trop de chose. Perdu dans sa propre terreur, il ne parvenait plus vraiment à se maîtriser. Lorsqu'il s'adressa à lui, Cyril ne put s'empêcher de se tendre.

- Bonjour Cyril, je vais commencer par examiner votre dos, puis nous regarderons l'état des muscles de vos membres.

Aucun son de sortit de sa bouche et Cyril se contenta d'acquiescer à contrecœur. Le kiné commença alors à faire ce qu'il avait à faire. Il s'approcha du lit, bien trop rapidement au goût de Cyril. Ce n'était plus le kiné qui s'approchait du lit, mais la démarche si particulière de son père. Son rythme cardiaque s'emballa aussitôt, il eu soudain très chaud, une peur panique avait pris possession de lui et il savait ne plus rien contrôler. Alors qu'il se pencha au dessus de lui, lui enlevant sa couverture, Cyril ne put que hurler de terreur.

En moins de temps qu'il ne fallut pour le dire, la porte de la chambre s'ouvrit sur le champs sur Manu qui se rua littéralement sur le kiné, lui envoyant son poing dans la figure. Cyril était sous le choc. Furieux, Manu n'avait pas réfléchi et s'était jeté sur cet homme dans le seul but de le protéger. Cependant, honteux de sa réaction, Cyril détourna aussitôt le regard. Il ne pouvait contrôler les tremblements qui persistaient. Manu s'était instinctivement placé entre eux, protégeant pleinement Cyril de sa personne. Cela fit énormément de bien à l'adulte, se sentit protégé était très important pour l'enfant terrifié qu'il était redevenu. La reconnaissance qu'il avait à cet instant pour son amant était sans limite. Déjà, des larmes commençaient à couler de ses yeux...

Le kiné qui avait atterri sur le sol, se releva avec quelque difficulté, légèrement sonné.

- Vous êtes complètement malade ma parole !!!

Il attrapa son sac de fonction et dit avant de sortir de la chambre :

- Trouvez-vous quelqu'un d'autre !

Il claqua la porte d'entrée tout aussi fort que celle de la chambre. Le silence se fit aussitôt. Manu était toujours dos à lui, tremblant légèrement sous la rage. Lorsque celui-ci commença à se retourner, Cyril mit une main sur ses yeux, ne voulant en plus lui imposer ses larmes. Il se sentait tellement ridicule d'avoir eut peur de cet homme et tellement faible aux yeux de Manu qu'il aurait voulu s'enfuir loin d'ici.

Il sentit une main se posée sur son épaule, mais cela ne lui fit pas enlever sa main pour autant. Il entendit alors la voix inquiète de Manu lui dire :

- Cyril...

L'adulte restait pétrifié et n'osait toujours pas bouger ni même parler. Les larmes coulèrent de plus belle, il se sentait au plus mal. Il sentit alors la main de manu lui caresser la joue avec une douceur infinie, comme s'il cajolait un enfant. Le rythme cardiaque de Cyril finit par retrouver son calme, et ce n'est que longtemps après qu'il cessa de pleurer. Manu attrapa avec patience et délicatesse la main qui était toujours sur son visage et la posa à côté de lui. Il n'ôta pas sa main de la sienne. Ses gestes semblaient être guidés par la volonté de le rassurer. Cyril leva lentement ses yeux vers le visage de Manu, appréhendant le moment ou il croiserait son regard pour de bon. Lorsque cela se fit, il ne pu plus s'en détacher. La peine et l'inquiétude qu'il pu y lire, le firent aussitôt se mettre à bafouiller :

- Je... Je suis désolé... C'est que... Je..

Sa voix se brisa dans des larmes qu'il avait grand mal à retenir. Il prit une profonde inspiration et alors qu'il allait se lancer pour lui expliquer, Manu le coupa :

- C'est bon Cyril, cette fois ci tu n'as pas besoin de m'expliquer.

Manu resserra la prise qu'il avait sur la main de Cyril. Lentement il s'abaissa vers lui, et après avoir essuyer les gouttes d'eaux salées coulant sur son visage, il déposa délicatement ses lèvres sur celle de son amant.

Ces baisers qui d'habitude était fortement bénéfique pour son moral, n'arrivèrent cette fois-ci pas à bout du mal-être de Cyril. Semblant s'apercevoir de cela, Manu se redressa alors, et après avoir fait le tour du lit, vint se glisser sous la couette aux côtés de Cyril, toujours en prenant garde à ne pas faire de geste brusque. 

Il posa son front tout contre celui de Cyril, l'enlaçant d'un seul bras, se posant dans son cou afin de ne pas toucher son dos. Le bien que cela fit à Cyril fut à la fois indescriptible et infini. Longtemps ils se regardèrent droit dans les yeux, jusqu'à ce que Cyril enfin apaisé, ressente le besoin de dire dans un murmure à peine audible :

- Merci Emmanuel, merci de faire tout ça... Merci d'être là...

Manu lui sourit tristement, avant de déposer un fois encore ses lèvres contre les siennes. Cyril se laissa aller à fermer les yeux. Se sentant à l'instant même protégé par ce bras qui l'enlaçait, il n'avait pas peur de le faire, et ne craignait pas un cauchemar. Non, il fermait juste ses yeux un moment, profitant de la simple présence de son amant toute lui, du peu de contact qui leu était permis, du souffle chaud sur son visage, et du calme qui régnait dans la pièce.

C'était un des premiers instants de paix partagé depuis un moment et il fut gâché par un bruit de clef tournant dans la porte. Tous deux surent immédiatement de qui il s'agissait, et ne voulant pas que l'infirmière se pose des questions sur leur relation, Manu sorti du lit à regrets.

 

Lorsqu'elle entra dans la pièce elle les salua. Manu ne sortit pas de la pièce, semblant comprendre que Cyril avait besoin de sa présence. A vrai dire, il était dans un tel état de fragilité à cet instant que quitter Manu tout de suite et affronter cette "étrangère" n'était pas très recommandée tout de suite. Il alla s'asseoir sur un chaise dans un des coins de la pièce pour ne pas gêner pendant les soins. L'infirmière semblait agacé par la présence de Manu dans la chambre, n'aimant apparemment pas qu'on l'observe faire son travaille et en profita pour attaquer indirectement Cyril.

 

- Est-ce que vous avez enfin commencer à manger convenablement ? dit elle en insistant bien sur le terme "enfin".

 

Cyril sentant qu'elle parlait sur un ton de reproche, détourna le regard. A vrai dire, ne pas avoir d'appétit en ce moment était le cadet de ses soucis. Mais la manière dont elle le lui demandait, le faisait culpabilisé comme jamais. De plus Manu était présent, et une fois de plus, il se sentait minable de ne pas être capable de s'alimenter convenablement afin de guérir plus vite. Il ne faisait pas cela par plaisir ou par simple caprice.

 

La non réponse de Cyril agaça l'infirmière qui commença alors un virulent sermon.

 

- Vous croyez qu'on va vous mettre sous perfusion éternellement ? Mais enfin, ce n'est qu'une vertèbre cassée. Votre pseudo dépression est ridicule Cyril. Ne pas vouloir manger par simple caprice, je..

 

Le regard de Cyril était maintenant fuyant. Il se sentait totalement jugé et surtout humilié. Savait-elle seulement ce qu'il ressentait ? Savait-elle ce que Manu et lui vivaient ? De quel droit les jugeait-elle ?

 

Cyril n'avait pas la force de s'énerver. Sa sensibilité mis à fleur de peau, il arrivait même à prendre pour vrai ce qu'elle lui disait.

 

- Mais franchement pour qui vous prenez vous ? Franchement !!! De quel droit vous le jugez !!! C'est comme cela qu'on vous apprend à soigner vos malades ? Si c'est le cas, contentez vous des premiers soins et laisser moi le soin de me charger du reste !!! Ne tentez pas d'aller au delà de votre fonction, ça ne vous réussi pas ! cria presque Manu.

 

Cyril ne pouvait pas voir son visage, mais une chose était sur : il était furieux ! L'infirmière sembla perdre pied fasse à l'adolescent car elle se mit à bafouiller :

 

- Je... C'est que... Excusez moi, je tentais de lui donner envie de se battre pour... enfin...

 

- Et bien croyez-moi, ce n'est pas comme ça que ça marchera.

 

L'infirmière se retourna alors vers Cyril après un temps et dit d'une voix gênée :

 

- Excusez-moi, je... J'ai eu une matinée assez pénible, et... Bref...

 

Cyril entendit Manu retourner à sa place et l'infirmière reprit son activité. Après avoir lavé Cyril, changé son pansement, mis une nouvelle perfusion et prodigué divers autres soins, elle prit une chaise pour s'asseoir et lui demanda, changeant totalement d'expression et d'attitude :

 

- Dites moi ce que vous désirez le plus, et je ferais en sorte de le réaliser dans la mesure du possible. Je ne supporte plus de vous voir dans cet état, je sais que ce n'est pas du uniquement à votre blessure, alors si jamais je peux vous être utile, je...

 

Cyril mit un temps à réfléchir et à vraiment réalisé ce qu'elle lui demandait. Ce qu'il voulait par dessus tout ? Se lever, enlacer Manu de toute ses force et l'enlacer avec passion, mais il réduisit son souhait, le rendant plus de l'ordre du possible. La voix légèrement enrouée, il demanda :

 

- Est ce qu'il serait possible de ne plus être sur le ventre ?

 

L'infirmière lui sourit, soulagée qu'il ne lui demande finalement que cela.

 

- Oui, bien sur. Mais... Pour vos soins, il faudra que vous soyez sur le ventre. Faire ce genre de mouvements ne retardera pas vraiment votre guérison, mais sera douloureux. Je vais vous mettre un corset qui vous maintiendra mieux. Si cela peut vous aider à aller mieux, alors, nous allons faire cela tout de suite.

 

Elle redressa la tête :

 

- Je vais avoir besoin de votre aide jeune homme.

 

Manu vint immédiatement l'aider. Tout comme Cyril, il souriait. Cyril allait enfin pouvoir revivre. Après lui avoir changer son corset, avec l'aide de Manu, Cyril se concentrant pour ne pas réagir au contact de la main de l'adolescent sur sa peau nue, l'infirmière lui donna les consignes pour soulever Cyril sans lui faire mal. Celui-ci était assez mal à l'aise avec l'idée d'être assisté ainsi, mais il tenta de ne pas trop le faire paraître. Le bonheur l'emportait sur le reste. Quitter cette position, c'était quitter cette peur constante qui s'était réellement emparait de lui depuis le premier rêve qu'il avait fait il y a quelques jours. C'était aussi, comme s'ouvrir au monde à nouveau. D'autres pensées lui vinrent en tête, mais il préféra cesser d'y penser pour que cela ne soit pas voyant aux yeux de l'infirmière lorsqu'il serait sur le dos. Il rougit légèrement. Ce rougissement ne passa pas inaperçu aux yeux de Manu qui sembla comprendre très vite.

 

A aucun instant Cyril ne cria de douleur, se contentant de serrer les dents et de grimacer légèrement, par peur que l'infirmière décide de tout arrêter. Lorsqu'il fut enfin déposé avec douceur sur le dos, et que l'infirmière et Manu s'écartèrent un peu, Cyril mit un temps à se remettre. La tête lui tournait un peu et son corps se remettait peu à peu, tentant de trouver de nouveaux repères. Il avait l'impression d'avoir passé des années sur le ventre et de découvrir le monde comme un nouveau naît, alors que son seul horizon était la pièce dans laquelle il se trouvait.

 

L'infirmière était tout aussi souriante que l'était Manu et Cyril. Elle regarda soudain sa montre et sursauta :

 

- Mince, je vais devoir vous laisser, j'ai encore du monde à aller voir. Passez une bonne fin de journée et profitez de ce week-end. A demain.

 

Après l'avoir saluée, l'infirmière s'en alla sur le champ, au pas de course.

 

Manu en profita pour aller s'asseoir sur le lit à côté de Cyril, toujours avec la même douceur et déposa un léger baiser sur ses lèvres. D'un air coquin il lui déclara :

 

- C'est une très bonne idée que tu as eu là !

 

- Je mérite un vrai baiser alors, répondit Cyril sur le même ton.

 

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Jeudi 27 décembre 2007
DEUXIEME PARTIE

Il devait se contenter de peu, et juste cela était déjà énorme. Manu ne sembla réfléchir que quelques secondes et finit par céder, au plus grand bonheur de Cyril. S'il ne pouvait se soulager lui même, ou faire du bien à Manu, que celui-ci se masturbe juste à côté de lui avait quelque chose de très excitant. Son amant semblait l'être tout autant, du moins la lueur qu'il pouvait voir dans son regard brillant d'excitation le trahissait amplement.  Manu se redressa très légèrement et ouvrit sa ceinture et son pantalon d'un façon extrêmement pressée pour baisser légèrement son pantalon et son boxer. Manu semblait être à bout et se soulager était devenu une nécessité. La propre érection de Cyril était plus que douloureuse, mais lui ne pouvait strictement
rien y faire. A peine Manu avait-il baissé ses vêtements que déjà, il se mit à se masturber rapidement, regardant Cyril et l'embrassant dès que l'envie le prenait. Rechignant à rester uniquement spectateur et passif, il le caressa lentement de sa main, voulant augmenter son excitation plus qu'elle ne l'était déjà. Il savait, juste avec de simple attouchement, comment embrasser Manu et le mener à bout. L'envie de se redresser et de le prendre était saisissante. Voir l'expression de Manu affiché sur son visage qui trahissait le plaisir qu'il était en train de prendre lui faisait déjà beaucoup de bien, mais ne faisait finalement qu'intérieurement, lui rappeler que ce genre de plaisir lui était interdit pour un temps indéfini. Ne pouvant pas réellement masturber son amant, il l'accompagna, lui caressant les testicules et passant sa mains jusqu'à  son orifice et l'intérieur de ses cuisses. Sentir que même des simples caresses comme celles-ci en plus de celle que Manu s'auto prodiguait l'amener à la limite de la jouissance lui faisait un bien fou, rien qu'au niveau psychologique. Certes cela était peu, mais ce n'était vraiment pas la quantité qui comptait en cet instant aux yeux de Cyril. Il savait pertinemment que Manu et lui voulait
beaucoup plus, mais vu son état, cela était déjà beaucoup.? Même s'il aurait voulu plus, il se sentait au comble du désir en ayant simplement la présence de son amant.
Il sentait déjà que Manu se retenait, et c’est à ce moment là qu’il lui dit :
- Je vais aller terminer aux toilettes, je ne peux pas me permettre de jouir sur les draps.
- Pourquoi ? demanda Cyril, déçu de ne pouvoir l’accompagner jusqu’au bout et de voir l’expression que Manu abhorrait au moment fatidique. Tu peux, ça ne me dérange pas.
Apparemment, Manu n’était pas près de céder, car il déclara :
- Mais tu es couché ici tout le temps, je ne saurai pas changer les draps tout de suite et puis, l’infirmière vient tout les jours et si elle voit ça, elle va nous regarder d’une autre façon, crois-moi.
Manu lui sourit et déposa un léger baiser sur les lèvres de Cyril pour repartir rapidement dans la salle de bain, laissant un Cyril à la fois déçut et frustré. Tout cela c’était passé bien trop vite, et n’avait en réalité que ravivait un peu plus le manque qu’il avait de lui et de son corps.
Maigre consolation, mais consolation tout de même, il entendit les gémissements de Manu depuis son lit. Il aurait donné beaucoup pour le rejoindre à l’instant, beaucoup pour une seule nuit de plaisir. Ce manque et cette frustration devenait intenable voir étouffante. Il sera le poing se jurant qu’il se rétablirait vite, et qu’il y mettrait toute ses forces et toute sa volonté.
Lorsque Manu poussa son dernier gémissement, Cyril comprit qu’il venait de terminer. Il ferma les yeux un instant, tentant de se remémorer et de s’imaginer l’expression qu’il devait avoir en cet instant. Cela ne fit qu’accentuer son excitation et la douleur ressentit par l’excitation non soulagé à son entrejambe. Il ne parvenait pas à se reprendre, et cette position ne l’aider en rien. Il ne pouvait qu’attendre résigné et passif que tout, même un semblant d’excitation le quitte.
Manu revint peut de temps après dans la chambre, les joues légèrement rouges par l’excitation et certainement la gène de revenir. Manu ne dit plus un mot et Cyril ne pouvait s’empêcher d’être encore sous l’effet. Il était dans le même état qu’au moment ou Manu l’avait quitté, c’était même encore pire. Manu s’assit près de lui et s’approcha de son oreille pour lui murmurer :
- Dommage que tu es sur le ventre, sinon, je me serai occupé de la tienne aussi…
Cyril le regarda directement, horriblement excité et à la fois énervé contre son état. Si seulement il était sur le dos… Pourquoi avait-il tenté de tenir tête à ces cambrioleurs ? Pourquoi avait-il était faible ? S’il n’avait pas craqué, il aurait continué sa journée de travail et le seul dommage aurait était d’avoir était cambriolé…  Le fait de ne plus pouvoir rien faire avec son amant était quelque chose d’extrêmement dur à supporter, pire encore que de devoir rester coucher toute la journée. S’il n’avait rien eut, ils auraient certainement fait l’amour toute la soirée, encore et encore, leur désir étant insatiable. Puis ils auraient pu continuer à parler un peu, profitant pleinement l’un de l’autre. Sans sa vertèbre brisée, il aurait pu vraiment venir en aide à Manu. Il savait pertinemment que Manu n’allait pas bien. Ce n’était pas parce qu’il était blessé que Cyril oubliait le soir où il était allé le chercher au bar, la nuit qu’ils avaient passé, le rejet brutal de Manu, ses paroles, et l’état de ses bras…Cette seconde forme d’impuissance était tout aussi pénible que le fait de ne pouvoir faire l’amour à Manu comme tous deux en rêvaient.
Manu reprit finalement le massage de Cyril, et passa sur ses bras et ses jambe, lui faisant un bien fou. Ses muscles courbaturé par l’effort de la matinée se détendait peu à peu. Seul problème à ce genre de massage, cela n’arrangé en rien l’excitation de Cyril. Le simple contact de sa main sur sa peau nu ravivait en lui le brasier qui déjà le consumait. Cela ne l’aider en rien à ce calmer. Jamais Cyril n’aurait imaginé que le manque puisse être aussi dur à surmonter.
Lorsque Manu eut terminé, il l’embrassa une dernière fois et finit par aller se faire à manger, n’obligeant à Cyril que de manger un peu. Tout comme Manu, Cyril savait qu’il maigrissait beaucoup, mais à peine quelques bouchés avalé, il n’arrivait plus à consommer quoi que ce soit. La douleur, la fatigue et la frustration avait raison de son appétit. Il savait pertinemment que ce n’était pas bon de ne pas se nourrir, mais cela était au dessus de ses force. Le regard inquiet de Manu ne faisait que le culpabiliser un peu plus.
A 21h00, Manu se coucha à ses côtés pour s’endormir en peu de temps, semblant être éreinté. Cyril, qui ne parvenait pas à trouver le sommeil alluma la télévision. Les raisons étaient multiples, mais la première cause était tout simplement qu’il était encore agité par l’excitation et les massages par la suite et qu’il tentait de se changer les idées. Il finit par éteindre le poste et tourna la tête vers son amant endormi, contemplant son visage si doux en ce genre d’instant. La dureté qu’il affichait le plus souvent comme forme de protection, n’était plus lorsqu’il dormait. C’est cette dernière image qu’il finit par emporter dans son sommeil, profitant un maximum de la présence du corps couché à ses côtés.
Il n’entendit pas le réveil de Manu, et encore moins celui-ci se lever et se préparer. S’étant couché très peu d’heure avant, il dormait encore d’un profond sommeil.
Ce n’est que vers 9h00 qu’il ouvrit un œil. Il prit son temps pour émerger, se disant qu’il avait toute la journée et que rien ne pressé.
Un bon moment après, il s’aperçut que Manu lui avait préparer un petit déjeuner qu’il avait gentiment déposé à porté de mains. Il trouva rapidement le petit mot posé à son attention, et sourit heureux qu’il repasse même quelques minutes le voir à midi. Il bu son jus d’orange, mais n’eut pas la force de finir son pain et n’en mangea qu’une petite moitié.
L’infirmière vint peu de temps après, alors qu’il avait allumé la télévision faute de mieux. Ses yeux parcouraient l’écran et il changeait de chaîne lorsque l’envie lui prenait. Après l’avoir lavé et lui avoir prodiguait les soins nécessaires elle partit. Elle était apparemment pressé. La fièvre était quasiment tombée,  mais sa perte de poids avait doublement inquiété l’infirmière qui lui intima de se nourrir plus. Il acquiesça, plus pour avoir la paix que pour lui donner raison.
Se retrouvant de nouveau seul, il continua à regarder la télévision, lassé de n’avoir que cette seule occupation de la journée. Il avait la désagréable impression de se sentir totalement inutile. C’est sans trop en avoir conscience qu’il ferma les yeux et s’assoupi de nouveau, n’ayant de toute manière que cela à faire. Mais peut être aurait-il mieux valut pour lui qu’il reste éveillé. Car ses songes le menèrent dans un lieu où il n’avait pas mis les pieds depuis un moment ; un temps passé qui venait à lui, le hanter de nouveau…

- Cyril !!! Cyril !!! Viens ici tout de suite !!!
Au ton qu’employait son père, Cyril savait qu’il avait bu. Cela ne présageait rien de bon pour la suite. Cela ne faisait que deux semaines qu’il subissait ce genre de sévices et il pouvait déjà prévoir au ton qu’employait son père ce qu’il allait subir ce soir, tout comme presque la totalité des autres.
Il ne pouvait même pas accéder à la requête de son père. Emprisonné dans un pièce dont seul son père avait la clef il ne pouvait sortir et venir le voir. L’envie de fuir était devenu une nécessité impossible à réaliser. Son père était constamment là, et lorsqu’il n’était pas là, c’était pour aller s’acheter de l’alcool ou traîner dans les bars.
Cyril se mit à trembler. Trembler de peur et de froid : un froid qui vous glacez tellement les os, que  la terreur vous envahissez.  Ses dents claquées, il s’était réfugié dans un coin de la pièce, ne regagnant surtout pas son lit, lieu qu’il n’approchez jamais. Ce lieu, c’était celui  des sévisse : le lieu ou son père abusait de lui. Il préférait dormir recroqueviller dans un angle de la pièce à même le sol que de dormir en position allongée dans un lit et surtout dans ce lit. Prisonnier de cette pièce ou il n’y avait ni fenêtre, ni porte ouverte pour s’échapper, il commençait à devenir fou.
La porte de sa pièce s’ouvrit violemment laissant apparaître le visage torturé et défait de son père qui avait plus que tout besoin de se défouler nommant cette abominable chose : "sa rééducation".
- Ah te voilà, petit pédé ! dit-il d’un ton qui ne présageait rien de bon.
Il portait une bouteille de vin à moitié pleine dans la main. Cyril frémit de terreur. Il savait pertinemment ce qui allait arriver et c’était justement pour cela qu’il était effrayé. Cette douleur abominable qui anéantissait tout son être, jamais plus il ne voulait la ressentir et pourtant…
- Approche ! hurla-il.
Jamais Cyril n’aurait pu ne serait-ce que bouger un petit doigt.
- Approche je te dis !
Son père brandit soudain sa bouteille de vin en l’air et la jeta plus que violemment dans sa direction. Par chance, son état ne lui permis pas de bien visé et la bouteille explosa contre le mur à à peine un mètre de l’adolescent. Son cœur battait à tout rompre. L’odeur du vin envahissait ses narines, cet odeur qu’il haïssait plus que tout, cet odeur synonyme de tant de choses pour lui…Son père se mit à marcher vers lui, l’air plus que furieux. Cyril  ne réfléchit pas, et saisit aussitôt un morceau de verre cassé assez gros, ayant atterri à se pied, se coupa légèrement, n’ayant pas fait attention à ne pas saisir le côté pointu. Péniblement il se redressa pour faire face à son père, se protégeant avec ce vulgaire morceau de verre brisé, les mains tremblantes.
Son père afficha alors un sourire qui le révulsa :
- Alors c’est ça, le pédé veut me buter ? Tu veux buter ton propre père ?
Il saisit la main de Cyril tenant le morceau de verre et la porta jusqu’à sa gorge en ajoutant :
- Vas-y fait le, si tu en a les couilles !
Cyril était totalement perdu. Depuis le début, depuis qu’ils les avaient surpris, jamais son père n’avait nommé leur lien de parenté. Il n’avait était qu’une vermine à rééduquer, pas son fils. Alors, cela voulait dire que malgré tout il le voyait encore comme tel ? Son père avait lâché sa main qui restait là, tremblante au niveau du coup de son père. Un seul mouvement et son cauchemar était fini. Mais il ne pouvait pas, quelque chose l’en empêchait et il se haïssait pour cela. La chose était pourtant simple. Il aimait son père, et jamais il n’avait pu faire du mal à ceux qu’il aimait. Il pouvait supporter les coups de son père et ne jamais lever la main sur lui. Son amour entraver sa survie. Il aurait pu… Il aurait pu le tuer si son père ne lui avait pas rappeler qu’il était son fils…
Les muscles de sa main se détendit aussitôt, laissant tombé le morceau de verre sur le sol. Son père ne semblait attendre que ça, car il saisit Cyril et l’entraîna jusqu’au lit, le jetant dessus négligemment, comme on jetterait un objet dont on ne veut plus.
Cyril enfoui la tête dans son oreiller, soumis, il pleurait, attendant l’inévitable. Il entendit le bruit caractéristique de la tirette du pantalon de son père en train de s’ouvrir. Il entendit le bruit du vêtement tomber sur le sol. Lui ne portait qu’un t-shirt trop court pour recouvrir la totalité de ses jambes. Son père n’avait qu’à le soulever légèrement pour accomplir ce qu’il avait à faire. Tout son corps se tendait malgré lui, sachant pertinemment que cela ne ferait qu’augmenter la douleur lors de la pénétration. Dire qu’il avait pris du plaisir à se faire posséder par son amant. Il avait totalement oublié le bien que l’on pouvait ressentir, la passion qui embrasée tout notre être lorsque deux êtres s’unissaient par amour. Sur le ventre, il ne voulait pas voir : il ne voulait pas voir son père placé au dessus de lui, en train de se préparer. Il sentit le lit s’affaisser sous son poids. Tout sanglots cessa, tout comme si la vie l’avait quittée, il rentrait dans un état second, du au summum de terreur qu’il ressentait. Il cru que sa peau allez se décomposer au contact des mains brûlante de cet homme sur ses hanches qui le soulevait légèrement. Il ferma les yeux, sera les poings très fort pour ne pas hurler. Non, il ne voulait pas offrir cela à son père. Il ne voulait pas hurler de douleur sous ses coups de reins plus violents les uns que les autres.
En un simple déhanchement, son père était en lui. Une souffrance invivable le transperça de toute part, un douleur à l’état pure qui l’empêcha de reprendre sa respiration avant un temps… Il avait l’impression d’étouffer. Sa tête se mis à tourner, l’air ne parvenant plus à trouver le chemin de ses poumons, était-ce cela mourir ?


Cyril se réveilla en sursaut, le souffle coupé. Il mit un grand moment avant de pouvoir reprendre une respiration normal. Cela ne faisait pas très longtemps qu’il s’était assoupi, et pourtant il était dans tous ses états. Ses mains tremblaient, il venait de retrouver la terreur qui avait été la sienne des années auparavant. Pourquoi maintenant ? Etait-ce parce qu’être ainsi dans un lit, dans cette position faisait ressurgir son passé. Il ne le savait pas. Il mit extrêmement longtemps avant de parvenir à se calmer. Il avait envie de vomir, il ne se sentait vraiment pas bien. Il savait que la fièvre avait légèrement gagner sur lui.
Lorsqu’il parvint plus ou moins à retrouver une respiration normale, il lutta pour ne pas fermer les yeux de nouveaux, ne voulant pas retrouver le cauchemar qu’il venait juste de quitter. Un cauchemar qui avait été réel. Pourquoi son esprit le forçait à revivre tout cela ?
Pourtant, il ne parvint pas à résister, ses yeux finirent par se fermer, et il céda, ne pouvant lutter contre ce sommeil qui prenait possession de lui.


Il venait de partir. Il avait finit. Il avait jouit en lui. Cyril se sentait sale, décomposé, vidé de tout. Il pleurait, sans trop s’en rendre compte. Il attendit d’entendre le bruit caractéristique des clefs tournant dans la serrure de la pièce, afin d’être sur de ne pas croiser le regard de son père. Il se redressa alors vivement, rassemblant ses dernière forces et retourna à l’angle de la pièce où son père l’avait trouver, prenant bien garde à ne pas marcher sur le verre de la bouteille. Le sol était déjà tinté de rouge.
Il avait mal, terriblement mal… Mal partout : brisé.
Sans trop réfléchir, il saisit le morceau de verre qu’il avait saisit auparavant. Il n’avait même pas eu le courage de se défendre. S’il l’avait voulu, s’il n’avait pas été aussi faible, il n’aurait pas eu à subir tout cela une fois de plus. Sans trop s’en rendre compte, il avait dirigeait le morceau de verre sur son poignet libre, et restait là, a fixé ce qu’il était en train de faire. Jamais il n’alla jusqu’au bout, jetant rageur le morceau de verre à travers la pièce.
Même cela, même cette solution il n’avait pas le courage de la prendre. Etait-il si faible ?


Cyril ouvrit subitement les yeux, il s’était assoupi sans même s’en rendre compte. Il ne supportait pas ses images qui lui revenait en tête. Il fit tout pour ne plus y penser, et alluma le porte de télévision, voulant à tout pris penser à autre chose. Il était 11h30 Manu n’allait pas tarder à rentrer, il ne voulait surtout pas qu’il le retrouve dans cet état.
Pourtant il ne pouvait pas s’en empêcher. Cette terreur passé revenait comme si elle ne l’avait jamais quitté. Il n’arrivait même pas à se concentre sur le téléfilm qui passait à la télévision. Sa respiration était toujours saccadé. Il tourna la tête à plusieurs reprise à la l’entente d’un moins bruit, ayant peur de voir son père ressurgir d’un instant à l’autre. Lorsqu’il faisait ce genre de rêve, il faisait tout pour quitter son lit au plus vite, quitter ce lieu enfermant tant de souvenir. Mais cela lui était impossible. Ce fut la douleur qui l’obligea à se calmer, il posa sa tête du côté de la télévision, ayant peur même de cligner des yeux.
Il resta longtemps à tenter de se calmer. Lorsqu’il sentit enfin que son rythme cardiaque était redevenu normal, et que son teint blême s’était légèrement améliorer, il regarda l’heure, se demandant quand est-ce que manu allait arrivé. Il était déjà une heure de l’après midi et Manu n’était toujours pas passé.
Cyril soupira, déçut de ne finalement pas le voir même quelques minutes. Seul réconfort, il n’aurait pas à manger. En effet depuis ce cauchemar, son appétit était encore pire et il avait repoussé de sa vue le pain qui restait de ce matin. Avaler quelque chose était quelque chose dont il avait maintenant l’impression d’être totalement incapable. Même si son corps ne réclamait que cela, Cyril était dans l’incapacité de le lui fournir.
Cyril passa le reste de la journée ainsi, a fixé l’heure qui défilé, sans arrivé à se concentrer sur la télévision. Il attendait le retour de Manu, ayant plus que tout envie de le voir, de se coller contre lui.
Même s’il était fatigué, à aucun moment il ne s’endormit ou s’assoupi. Il avait bien trop peur du lieu ou pouvait l’emmener ses rêves. Il réussit à lutter jusqu’à ce qu’il entende la porte s’ouvrir. Son cœur s’emballa, Manu était de retour et Cyril en était directement apaisé de moitié. 
Ne l’entendant pas venir immédiatement, et légèrement impatient, il appela Manu, qui ne répondit pas à son appel. Celui-ci au contraire, entra lentement dans la pièce approchant de Cyril doucement. Alors qu’il allait lui dire bonjour, le sourire affiché sur son visage disparut à l’instant. Manu avait un énorme bleu sur le visage. Son inquiétude prit le dessus et sans dire bonjour, il demanda directement :
- Qu’est ce que tu as ? Tu t’es battu ?
- Hum… Oui…
Cyril ne pu que soupirer. Qu’avait-il fait ? Pourquoi fallait-il toujours qu’il y ait des ennuis. Cyril épuisé aspiré plus que tout à la paix et au came. Mais quand il vit le regard énervé de Manu, il ne pu que réagir :
- Quoi ? C’est toi qui t’es encore foutu dans la merde ? Pourquoi est-ce que tu t’es battu cette fois ?
Manu réagit au quart de tour :
- C’est pas de ma faute. Je me suis défendu, ok ?
- Défendu ? Te connaissant, ça m’étonne.
Cyril savait parfaitement qu’ils évoluaient sur un terrain glissant. Mais le fait que Manu ne lui parle pas de ses problèmes et continu à s’autodétruire comme il le faisait, lui faisait perdre son sang froid.
- De toute façon, que je te dise n’importe quoi, tu ne me croiras pas alors pourquoi est ce que j’essaierai même de t’expliquer ?
Cette dernière réplique exaspéra Cyril qui répondit aussi sec.
- T’as raison, ça ne servirait à rien. Vraiment Manu… Tu ne fais aucun effort.
- Aucun effort ? cria Manu, apparemment complètement choqué.
Les mots de Cyril avaient dépassé sa pensée, ou du moins pouvait être mal interpréter. Ce n’était pas vraiment ce qu’il voulait dire. Evidemment, Manu le comprit dans le mauvais sens et déclara :
- Mais si tu savais tout ce que je suis en train de faire, Cyril, tu la fermerais.
Sentant que cette conversation allait sérieusement se transformer en dispute, et étant déjà à bout nerveusement, Cyril préféra y mettre un terme et s’excuser :
- Ok ok, je suis désolé. Ne t’énerves pas.
Cyril pouvait le voir dans les yeux de Manu, il était à deux doigt de craquer. Il était dans un tel état de nerf  et tellement de souffrance se lisait dans son regard que Cyril en était réduit à son simple statut d’homme totalement impuissant. Manu commença a partir, mais Cyril ne voulait pas qu’il s’en aille. Il savait que dans des instants comme cela, Manu était capable de tout, et cela le terrifié. Il avait tellement peur de le perdre, qu’il garde tout pour lui jusqu’à le quitter sous le poids de ses souffrances. Pourquoi était-ce aussi difficile pour lui de parler. En désespoir de cause, Cyril tenta de lui demander :
- Qu’est ce que tu veux dire par « si tu savais ce que je suis en train de faire » ?
- Rien du tout. Répondit Manu, au bord des larmes.
Manu était en train de craquer devant lui, et Cyril ne pouvait même pas se lever pour l’enlacer. Il n’était même pas capable de porter secours à son amant et de l’aider comme il l’aurait du. Sa blessure au dos, ses propres démons l’empêcher de vraiment être là pour lui. Quoi de plus affreux que de voir son amant dépérir sous ses yeux sans pouvoir tendre la main. La seule chose qu’il pu faire, fut de demander, la voix inquiète :
- Emmanuel, qu’est ce qui se passe ?
Il se sentait tellement inutile. Cette phrase était tellement insignifiante et inutile. Qu’espérait-il ? Que Manu se jette dans ses bras et lui déverse tout ce qui causé son mal, lui ouvrant pour la première fois son âme ? Cyril se trouvait tellement minable…
- Rien, hurla presque Manu.

 

Il sortit de la chambre tout aussi vite en claquant la porte. En l’entendant, Cyril eu l’impression que Manu s’éloigner de lui à jamais. Plus le temps passait et plus il avait l’impression de le perdre. Il se doutait au plus profond de lui de ce que Manu allait finir par faire dans sa chambre. Cyril voulu rabattre sa mains sur son visage pour la passer sur ses yeux, les empêchant de pleurer, mais une raideur douloureuse dans le dos l’arrêta subitement. Il enfouit sa tête dans l’oreiller, pour tenter de se calmer. Une rage profonde naissait en lui, une rage contre lui même. Cette rage commençait déjà à le ronger et accentuait sa tristesse. Il ne pouvait de toute façon même rien faire à cela. Pourquoi fallait-il que tout s’acharne contre eux. Ils avaient quitter l’orphelinat et ses douleurs, pour en trouver d’autres encore plus violentes.
Son poing s’abattit sur l’oreille lorsqu’il lui sembla entendre un temps après, en même temps que la musique que Manu avait allumé, des pleurs. Où étaient il en train d’aller ? Vers quelle direction plus que dangereuse se dirigeaient-ils sans pouvoir s’arrêter ?
Il lutta pour ne pas pleurer, ne voulant pas paraître plus faible qu’il ne l’était déjà. Tout cela devenait bien trop gros à supporter, et Cyril se demander ou cela allait les mener. Manu ne revenait toujours pas et Cyril sentait l’angoisse s’emparer de lui. Trop de choses était contenues dans son corps immobile et la folie n’était plus très loin… Il sera le drap de sa main droite, réfrénant son envie de se lever malgré la douleur et de courir dans la chambre de Manu. Ce n’est que l’idée que cela soit une mauvaise chose pour son rétablissement et le fait qu’il ne soit même pas capable d’une telle chose qui l’arrêta.
Lorsqu’il entendit Manu s’afférer dans la cuisine, il fut légèrement soulagé. Il tenta de se calmer, ne voulant pas l’agresser dès qu’il arriverait, son inquiétude prenant le dessus.
Lorsque Manu entra dans la place, il remarqua aussitôt ses yeux rouges, mais n’en fit aucun commentaire. Au quoi cela servirait-il après tout ? Manu s’agenouilla près de Cyril et déposa un plateau sur la table. Rien que la vue de la nourriture l’écœurée. Depuis ce qu’il avait rêvé, il se sentait vraiment incapable d’avaler quoi que ce soit. Il savait que cela allait inquiété Manu, mais il lui était impossible de se forcer. D’ailleurs, cela ne rata pas car Manu dit en dépliant la serviette de Cyril :
- Il faut que tu manges…
- Je n’ai pas faim, merci, répondant la simple vérité.
Il savait que cette réponse n’allait pas plaire à Manu, et sentait déjà la conversation glisser vers un nouvelle dispute, dont il n’aurait pas la force de surmonté. Son amant le regarda directement et lui déclara :
- Il le faut pourtant, tu n’as pas le choix si tu veux vivre.
Enfermé dans sa propre douleur et sa propre souffrance, il ne se rendit même pas compte du mal que pouvait faire les quelques mots qu’il prononça à Manu d’un ton lassé :
- A quoi bon…
Mais cela représentait tout à fait son état d’être à ce moment là. Il était épuisé, et l’idée de se battre ne serait-ce qu’en se nourrissant le fatiguait déjà. Il était en train de baisser les bras, noyait par sa douleur physique et moral. Il s’en voulait tellement de ne pas se montrer fort pour soutenir Manu. Mais son passé ressurgissant ce matin là, l’avait pris à la gorge et l’avait totalement dévasté. Elle avait annihilé en lui toute volonté de se battre. A quoi bon continuer à se battre pour vivre s’il on ne voyait jamais une lueur d’espoir et de bonheur se profilé à l’horizon. La seule chose qui le faisait finalement rester sur cette terre vivant, était Manu.
Ce fut effectivement la phrase de trop pour Manu qui jeta immédiatement la serviette sur la plateau, les mains tremblantes d’énervement, les larmes aux yeux et la voix enroué :
- Très bien ! Ne mange pas ! Après tout, je ne peux pas te forcer alors, restes comme ça !
Se disputer et se séparer encore une fois était la dernière chose à faire pour tous deux. Cyril réagit immédiatement et alors que Manu voulait se relever, il l’arrêta en posant sa main sur son épaule :
- Reste près de moi Emmanuel. Pourquoi est-ce qu’on devrait se disputer dès qu’on se voit ?
Ils se voyaient déjà si peu. Pourquoi profitaient-ils pas simplement de la présence de l’autre finalement plus que bénéfique pour leurs cœurs profondément meurtris. Manu ne partit pas, semblant être d’accord avec ce que Cyril venait de lui dire. Il resta là un moment, jusqu’à finalement se retourner et retenter, la voix presque suppliante :
- Manges, ne fut-ce qu’un peu, je t’en prie. Tu as tellement maigri, il faut que tu manges.

 

Cyril ne répondit rien, Manu rajouta alors :
- Si tu ne veux pas le faire pour toi, alors fait-le pour moi… Cyril…
Cyril ne pouvait lui refuser cela. Même si rien que la vue de la nourriture le révulser, il prit sur lui et répondit après un moment :
- Bon… Mais je ne mangerai qu’un peu.
Il savait que faire plus était dans le domaine de l’impossible. C’était effrayant comme le simple fait de se nourrir lui semblait insurmontable. Il savait que Manu était inquiet sur son état. Il ne lui répondit pas et ne sourit même pas. Il se sentait tellement ridicule. Il lui posait déjà tellement de soucis, rien que par le simple fait d’être cloué au lit. Pourquoi fallait-il qu’il fasse son cinéma de ne pas manger. Il ne voulait pas lui parler de ses cauchemars, il ne voulait pas lui imposer cela. Manu en savait déjà assez, et Cyril ne voulait pas paraître plus faible qu’il ne l’était déjà à ses yeux. Alors qu’il reprochait à Manu de ne pas se confier, lui-même ne lui avait presque rien dit. Manu ne savait rien de ce qu’il avait endurer, et il ne voulait surtout pas qu’il sache réellement. Mettre d’avantage de mots et de descriptions sur son passé aux yeux de Manu, ne ferait que les éloigner un peu plus.
Manu ne réussit à lui faire avaler que quelques bouché, et malgré les demandes et les obligations, il finit par se résigner à achever lui même son assiette. Lui au moins, avait de l’appétit pour deux. Cyril était gêné de ne pouvoir faire plus, mais il était déjà aller au delà de ses limites. Rien que ces simples bouchées le rendait presque malade. Il n’en laissa rien paraître et se contenta de regarder la télévision au côté de Manu pendant que celui-ci mangeait sans un mot. Manu alla même chercher son assiette, et la mangea tout aussi vite que celle de Cyril.

 

Manu resta sur le sol quand il eut finit de manger et continua à regarder la télévision en silence. Ayant plus que tout besoin de contact, même d’une simple main posé sur la peau de son amant, Cyril passa lentement sa main dans le cou de son amant et dans ses cheveux. Il lui montrait ainsi qu’il était là, malgré tout. Un simple geste de tendresse, dont tous deux avaient particulièrement besoin en ce moment.
Manu laissa alors tomber la télévision et se tourna vers Cyril, posant sa tête sur le bord su matelas et fermant le yeux pour profiter de ce moment…
Puis il prit soudain la parole, légèrement hésitant et stressé, comme à chaque fois qu’une discussion le gênait :
- Cyril…
- Mmh… ?
- Je… Tout à l’heure, en repartant des cours, j’ai remarqué que… hum.. on a volé ma veste !
Cyril soupira et Manu ne put que réagir une fois de plus au quart de tour. Il se redressa légèrement, la vois plus agressive :
- Ce n’est pas ma faute !!
- Est ce que j’ai dis que c’était de ta faute ? Non, je ne crois pas, alors arrête de m’agresser comme ça.
Ma nu se tut, apparemment surprit par une autorité si soudaine. Mais Cyril en avait mal de ces disputes inutile. Il voulait simplement passer une soirée calme avec lui. Profiter simplement de sa présence.
Il soupira de nouveau, et ajouta :
- Tu n’as qu’à prendre ma carte bancaire et tu iras t’en acheter une nouvelle. Et tu la gardera par la même occasion pour aller faire les courses… En attendant, pour demain, tu prendra ma veste, je n’ai pas envie que prennes froid et que tu tombes malade.
Le jeune se contenta de hocher la tête. Cyril savait qu’il lui demandait beaucoup, et devait se montrer indulgent avec Manu. Il souffrait et s’entraider au mieux était préférable. Vivement qu’il soit remis sur pied, cela ôterait pas mal de problèmes.
La fin de la soirée se passa ainsi. Manu restait très silencieux mais s’était allongé à côté de Cyril, s’endormant au fur et à mesure. Cyril pendant ce temps, regardait la télévision, laissant Manu se reposer, sachant qu’il en avait vraiment besoin rien qu’aux cernes sur son visage. L’adulte repousser au maximum l’heure de son coucher, sachant pertinemment ce qu’il allait y trouver. Il avait peur et pourtant cela était inévitable. S’il pouvait ne pas mangé, il lui était impossible de ne pas dormir. Ce fut vers 22h00 qu’il craqua et qu’il éteignit la télévision. Il se tourna vers Manu qui se réveilla aussitôt, semblant se demander ce qu’il se passer.
Mais Cyril lui murmura, la voix douce et emplie d’amour :
- Rendors-toi Emmanuel…

 

A ces mot, Manu se laisser tomber dans un sommeil apparemment profond. Cyril quand à lui ne parvenait toujours pas à fermer les yeux, ou plutôt ne parvenait pas à cesser de lutter pour ne pas qu’il le fasse. Son regard fut soudain attiré par un des bras de Manu. Lentement et avec toute la discrétion qui lui était permis tira un peu la manche de son pull… Il savait pertinemment que ce qu'il allait voir n'allait pas l'aider à se sentir mieux, mais il devait savoir, il devait constater la souffrance de son amant et la voir en face...
Lorsqu’il vit avec quelle détermination Manu venait de se brûler la peau, Cyril ne put que fermer les yeux un instant. Les larmes lui montèrent au yeux tout aussi vite.  Il porta sa main à sa bouche, pour masquer le bruit de sa peine.
Ces meurtrissures étaient toute fraîches et il savait que Manu se les était faite juste après leur « dispute » de ce soir, alors qu’il était juste à côté… Il avait soudain envie de hurler sa colère et sa frustration. Il n’avait rien pu faire, et ne pouvait rien y faire. Est ce que Cyril méritait de clamer qu’il aimait Manu s’il ne pouvait même pas lui empêcher de telle souffrance ? Avait-il seulement le droit de l’aimer ?
Avec grand peine, il rouvrit les yeux et vis une nouvelle fois le massacre que Manu s’était fait subir. Il fallait à tout prix que cela cesse ou l’un des deux ne tiendrait pas bien longtemps. A rester ainsi, ils couraient à leur perte. Il lutta pour ne pas détourner le regard de ce bras. Des cicatrices… Il en garderait cette fois-ci… Et toute sa vie Cyril les verrait comme le signe de l’aide qu’il n’avait pu lui apporter, comme le signe de la souffrance qu’il n’avait pu soulager. Il mit un grand moment avant de remonter la manche de Manu, cachant à sa vu le cœur de Manu saigné à blanc.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Jeudi 27 décembre 2007

PREMIERE PARTIE

 

Quand il se réveilla le lendemain,  il fut enveloppé d’un doux sentiment de chaleur lorsqu’il vit que Manu était à ses côtés. Cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avais pas dormi côte à côte. Manu n’avait à aucun moment bouger trop fort où fait un geste brusque, si bien que Cyril n’avait pas eu mal à cause de Manu. Certes la douleur était là, mais Manu n’en était pas la cause. Il avait même particulièrement bien dormi cette nuit là, première depuis son accident.
Son regard fut soudain attirer par un détail sur le corps de Manu. En effet, la manche de son pull était légèrement remontée et elle laissait entrapercevoir ses brûlures. Son cœur se serra une fois de plus, savoir que quelqu’un souffrait était déjà difficile, mais le voir clairement représenté sur ses bras en était une autre. Ne supportant plus cette vision, il tourna la tête afin de voir l’heure qu’il était, ne voulant pas que Manu loupe ses cours. Son corps se tendit lorsqu’il vit qu’il était déjà une heure avancé dans la matinée, et il tourna la tête un peu trop vite, lui infligeant une douleur qu’il préféra ignorer, et dit brusquement :
- Emmanuel, il est dix heures !!!
Celui ci se réveilla en sursaut, s’asseyant directement sur le lit en criant « merde ». La douleur que Cyril ressentit fut immédiate et il ne pu cette fois-ci retenir un gémissement de douleur. Comment des gestes aussi banals pouvaient lui être aussi insupportable. Il avait l’impression d’être en sucre et avait beaucoup de mal à supporter cela. Manu s’excuse rapidement et se redressa sur le bord du lit, à présent trop en retard pour même se dépêcher.
Il se retourna ensuite, avec un léger sourire, apparemment tout aussi ravi que Cyril de se réveiller à ses côtés. Son visage s’approcha du sien et il déposa rapidement ses lèvres sur les siennes. Ce baiser suffit à faire perdre la raison à Cyril, qui à la fin du baiser proposa finalement à Manu :
- Tu n’as qu’à rester la matinée, ça ne vaut plus trop la peine d’aller en cours ce matin non ?
- Mmmh… répondit Manu en se rapprochant un peu plus de Cyril, rapprochant à nouveau son visage de celui de son amant. Le jeune homme ne pu apparemment pas s’empêcher de passer sa main  sur une fesse de Cyril et embrassa lentement sa joue et son cou. Ce que Cyril craint à la seconde, se produisit : Manu commençait déjà à caresser Cyril d’une tout autre façon que ces derniers jours et ses lèvres laissaient déjà passer sa langue dans un érotisme dingue. L’excitation que Cyril pu ressentir à ce moment là, retomba à l’instant même ou il pensa à son état. Ne pas pouvoir satisfaire au minimum son amant qui en avait plus que tout besoin en ce moment était une torture insoutenable. Lui aussi était frustré. Le corps de Manu lui manquait affreusement et cela faisait bien trop longtemps qu’il n’avait pas pris possession de lui. Son dos brisé les éloignait l’un l’autre, et cette distance le rongeait de l’intérieur.
Cyril, qui au début se laissait totalement faire, commençait à déjà s’agiter légèrement, n’y tenant plus. Ne supportant pas son handicape, il finit par dire :
- Emmanuel… C’est pas que j’ai pas envie mais… C’est pas possible.
 Il n’était en effet absolument pas possible qu’il fasse l’amour maintenant, à son plus grand damme. Manu s’arrêta sur le champ :
- Excuse-moi, c’est juste que… ça fait une semaine qu’on s’est pas touché et.. désolé !
- Ne t’inquiète pas. Dès que je serai rétabli, on rattrapera le temps perdu et on restera au lit pendant tout un week-end…
- Mmh, je dois dire que ça me tente… On le fait quand ?
- Quand je serai rétabli Emmanuel, soi patient.
L’attente et l’abstinence, une épreuve de plus dans leur couple qui était loin d’être facile. Manu soupira, enfonçant inconsciemment Cyril dans un malaise un peu plus profond. S’il savait à quel point c’était dur pour lui aussi. Cependant, il y avait une seule crainte par laquelle Cyril ne fut pas atteinte : la crainte que Manu aille finalement voir ailleurs. Il avait confiance vis à vis des sentiments que Manu éprouvait pour lui. Même s’il n’avait pas une confiance aveugle en Manu, il savait que jamais Manu ne lui ferait cela, et surtout dans te telles circonstances.  C’était une dure épreuve qu’ils surmonteraient à deux.
Le silence reprit lentement. Manu caressait lentement le bras de Cyril qui se laissait aller à cette douceur en fermant les yeux. Mais alors que Manu déposait un léger baiser sur son bras, Cyril pensa à une tout autre chose :
- Manu…
- Quoi ?
- Le patron a dit quoi quand tu es allé le voir ?
Manu fit tout à coup des yeux rond et cela n’échappa pas à Cyril. A voir sa tête, il n’avait ni besoin de question et de réponse, Manu avait oublié de passer à son boulot. Voulant tout de même en avoir le cœur net, il dit avant de après avoir soupiré, agacé :
- Ne me dis pas que tu as oublié ?
Cyril jura intérieurement, sachant pertinemment que s’énerver contre Manu ne servirait à rien et qu’ils n’avaient vraiment pas besoin d’une dispute.
- Je suis désolé ! répondit Manu gêné.
- Manu tu te rend compte que ça fait presque une semaine qu’ils n’ont pas de nouvelles de moi ? Je dois être viré depuis !
D’ailleurs, il n’était même plus question d’espérer quoi que ce soit. Déjà qu’il avait vu son patron s’énerver lorsqu’il avait prit sa journée…
S’énervé ainsi n’avait rien de bon, et Cyril ressentit soudain une douleur plus que vive dans le dos. Manu tenta de se rattraper en se relevant doucement pour ne pas lui faire encore plus mal. Une fois debout, il se dépêchât pour mettre rapidement ses vêtements :
- Je vais vite aller le voir maintenant et j’irai en cours après ! Je suis vraiment désolé Cyril, ça m’est sortit de la tête.
Lorsque Manu voulu retirer son pull, il se retourna subitement et cela ne passa pas inaperçu aux yeux de Cyril, qui savait le pourquoi de cette réaction. Toute colère qu’il avait pu ressentir à l’instant contre lui s’envola, et laissa uniquement place à un agacement pour son propre état. Ce n’était pas à Manu d’assumer tout cela, il avait déjà assez de problème comme cela.
Sans même un baiser, Manu était déjà partit, et n’entendis pas Cyril lui dire : « Attends ! ». La porte d’entrée claqué déjà, renvoyant indéniablement Cyril sans sa solitude quotidienne. Un jour de plus, une épreuve de plus, être allongé, assisté ainsi, ne rien pouvoir faire de lui même était intenable.
Ses bras, ses jambes étaient totalement engourdit par l’immobilité. N’ayan rien d’autre à faire, et se moquant de la douleur, il commença à remuer lentement ses doigt de pied et ses mains. Rapidement, il eut des crampes, mais préféra les omettre et continua le travail qu’il avait commençait. Plus vite il se remettrait et plus vite il pourrait soulagé Manu du fardeau qu’il était provisoirement devenu.
Peu à peu, il parvint à lever son pied droit en pliant son genoux, concentrant toutes ses forces dans ce geste simple. Il ne voulait pas avoir de complication par la suite, et être sur pied dans un peu moins de trois semaines maintenant était son but. Certes, il savait que tout serait loin d’être terminé et qu’il aurait encore des problèmes avec son dos, et que son métier serait loin d’être adapté à son dos. C’est pourquoi il faisait de nombreux efforts, rien que pour remuer la main et lever sa jambe.
Ce furent des tremblements assez violents qui l’obligèrent à s’arrêter, après deux bonnes heures, son corps ne supportant plus les efforts demandés par Cyril et lui faisant clairement signifié qu’il allait trop loin. Ce qu’es au moment ou il cessa tout mouvement qu’il fut réellement envahi par la douleur de son dos, provoquant chez lui des hauts le cœur. Il fut prit d’intenses sueurs, ne se sentant plus bien du tout, vidé de toutes ses forces. Il n’arrivait plus à lutter et encore moins à se ressaisir.
Soudain, il entendit des clefs tourner dans la serrure. Ce ne pouvait être Manu qui était en cours à cette heure là. Dans ce cas, qui était-ce ? Son cœur s’emballa, et son corps se crispa un peu plus, ajoutant à la souffrance qu’il ressentait déjà.
C’est sa peur qui l’empêcha de s’évanouir, peur lié au traumatisme d’avoir était cambriolé il y a très peu de temps.
Il sursauta violemment lorsque la porte de la chambre s’ouvrit sur un femme qui n’était qu’autre que l’infirmière. Il cria sous la douleur et l’infirmière, plus qu’inquiète laissa tomber sa trousse et courut vers lui. Des larmes perlaient dans les yeux de Cyril, il pleurait de honte, de douleur et de lassitude. Ce n’était pas cette femme qu’il voulait près de lui, mais Manu.
- Monsieur, calmez-vous. Mais enfin, que vous arrive-t-il ?
Elle porta la main à son front et ajouta :
- Mon dieu ! Vous avez de la fièvre.
Elle alla aussitôt chercher sa trousse et lui prépara tout un cocktail de médicaments que Cyril avala sans trop rechigner.
Après les derniers soins, elle allait préparer une soupe à Cyril et l’obligea à grand peineà lui faire avaler ne serait-ce que la moitié.
Cyril savait qu’il était dans cet état uniquement parce qu’il avait trop  forcé et était allé au delà de ses limites. Pourtant, il se jura de recommencer, sans cependant aller aussi loin qu’il ne l’avait fait, ne voulant surtout pas se retrouver dans cet état. L’infirmière ne le laissa qu’au moment ou il ferma les yeux, sombrant dans un lourd sommeil, littéralement épuisé.

 

Il ne se réveilla qu'au milieu de l'après-midi. Il ne parvint plus à se rendormir. Seulement, que faire quand on est dans cette position et qu'on n'a plus envie de dormir ? Rien, à part s'ennuyer. Il tenta une nouvelle fois de bouger ses membres, mais ses muscles lui réclamèrent aussitôt de cesser cela. Cyril avait déjà des courbature. Il jura  intérieurement, supportant de moins en moins cet état d'immobilité forcée. Il avança lentement sa main jusqu'à un verre d'eau et abandonna lorsqu'il sentit les muscles de se dos se tendre de douleur. Il se résigna à fermer les yeux et à ne plus rien faire. Même le sommeil semblait lui être impossible. Les minutes défilaient comme des heures et plus que tout il languissait le retour de Manu. Son attention était constamment tourné vers l'attente du bruit fatidique des clefs tournant dans la serrures, signifiant le retour de son amant. Il n'imaginait pas que l'ennui puisse être à ce point insupportable. Il se sentait mal dans sa peau, aspiré à bouger et était contraint à ne rien faire, même pas lever le petit doigt.
C'est uniquement vers 17h00 que Manu rentra enfin, au plus grand soulagement de Cyril. Il aspirait à revoir enfin son visage, détournant son attention de son mal être, lui permettant de penser à autre chose, d'être près de lui, de sentir son odeur, d'entendre le son de sa voix...
C'est avec un immense bonheur qu'il n'aurait pas cru ressentir avant très longtemps qu'il vit Manu entrer dans sa chambre en courant et en demandant en s'approchant du lit rapidement :
- Cyril est ce que ça va ?
S'il aurait pu se plaindre pendant des heures, maintenant il ne pouvait que répondre :
- Ca va... Je m'ennuie c'est tout...
Sa voix et son visage trahissait sa fatigue, qui apparemment ne passait pas inaperçu aux yeux de son amant.
- Je suis désolé. Je n'ai pas pu me libérer plus tôt, le patro... le prof m'a fait repasser un contrôle !
Cyril n'avait même pas fait attention qu'il était rentré plus tard. A vrai dire, il perdait à force presque toute notion du temps et avait l'impression qu'une simple minute s'étendait à l'infini. Cyril lui posa alors une autre question, qui lui était totalement sortit de l'esprit jusqu'à cet instant :
- Et pour le boulot ?
- Tout va bien, ne t'inquiète pas ! Il a été compréhensif et il t'attendra, dit Manu en souriant.
Cyril fut à la fois étonné et soulagé. Jamais il n'aurait cru cela de la part de son patron. Manu avait du usé de tout son argumentation et son charme. Au moins un problème de moins, un soulagement, chose qui devenait de plus en plus rare au vu de son état.
- Mais là, je vais m'occuper de toi.
Manu retira sa veste et s'approcha de son visage pour déposer un léger baiser sur sa joue. Rien qu'à ce contact, Cyril se sentait déjà aller mieux. Il comprit que son mental était beaucoup lié à son état. Manu lui redonnait sa force et l'aider à poursuivre. Sans même s'en rendre compte, Manu l'aider à se rétablir d'une certaine manière, par sa simple présence et ce genre d'attention. Il vit ensuite Manu prendre la télévision et lui installait de manière à qu'il puisse la regardé. C'était une très bonne idée à laquelle il n'avait pas pensé. Cela lui permettrait de tué l'ennui qui le rongeait déjà trop profondément. Il posa la télé sur une table, sans un mot, tournant le dos à Cyril un moment, semblant se battre avec les fils. La vue imprenable qu'il avait alors sur son amant, lui fit dire aussitôt :
- Mmh, jolie vue !
Si son état le lui aurait permis, il serait déjà collé tout contre lui et embrasserait sensuellement cette nuque. L'envie de sentir tout son corps s'arquer contre lui était plus qu'oppressante. Son manque cruel du corps de Manu
était infernal, il avait envie de l'embrasser, se le sentir s'alanguir sous ses caresses, d'admirer son corps et de le toucher avec fièvres, de se jouer de ses points sensibles, de se sentir en lui et de le posséder entièrement. Il avait
tellement envie de l'entendre crier sous son déhanchement, s'enfonçant toujours plus profondément en lui. Mais pour le moment, il ne pouvait que s'imaginer et rêver ce genre de choses qui lui était enlever. La courbe de son fessier ne faisait que réveiller la vigueur qui était en lui et il remercia pour une fois le ciel d'être sur le ventre. Après un temps, Manu se retourna, un sourire particulier affiché sur son visage.
- Merci, répliqua Cyril en souriant tendrement.
- C'était avec plaisir mon chéri, répondit Manu sur un ton de plaisanterie.
Il lui passa ensuite la télécommande en la mettant dans sa main, et alla lui préparer à manger. Cyril laissa son regard se plongeait dans le poste de télévision, sans vraiment faire attention à l'émission qu'il était en train de regardait, mais n'ayant que ça pour patienter. C'est au moment des informations qu'il fut captivé, ayant l'impression d'être un peu moins en inertie et de savoir ce qu'il se passait un peu à l'extérieur. Manu avait eut une très bonne initiative et voir ceci lui faisait beaucoup de bien. Lorsqu'il entendit Manu arrivé, il coupa le poste
ayant envie de profiter de plus pleinement. Manu lui avait préparer une soupe, et il s'installa à genoux sur le bord du lit et commença à lui donner sa soupe avec un plaisir qu'il ne cachait pas. Il avait un léger sourire qu'il ne pouvait apparemment pas s'empêcher de faire quand il lui donnait chaque cuillerée avec une attention toute particulière. Cyril mit un peu de temps à se faire à l'idée, rechignant à se faire assisté ainsi. Gêné au départ, il finit finalement par se détendre et commença la conversation :
- Ca été les cours ? Tu as du faire quoi comme contrôle ?
- Ho, je... euh... j'ai du repasser un devoir en math et sinon, les cours... Ca se passe bien.
- Tu t'es fait des amis ?
- O..oui pas mal !
Cyril ne prêta pas vraiment attention au changement de sujet assez brusque de Manu, étant de toute manière épuisé et trop faible pour être vraiment attentif.

 

- Je vais te masser un peu pour te détendre ce soir, ça te dit ? Tu n'auras qu'à regarder un film, je m'occupe de tout... Mais d'abord...

 

Il remit la cuillère dans les bol sur la table de nuit de Cyril et s'approcher doucement de ses lèvres sur lesquelles il déposa les siennes délicatement... Echanger ainsi les rôles qu'ils avaient pu avoir par le passé, faisait tour
drôle à Cyril. Il lui fit ensuite achever sa soupe, et alla prendre un crème que Cyril s'appliquer parfois. Celui-ci fut amusé que Manu l'est remarqué. Cyril aimait prendre soin de son corps et cette situation était loin de le lui permettre, augmentant la pénibilité de sa condition.

 

C’est avec un grande méticulosité que Manu se mit à masser Cyril. Il s’assit sur le lit à ses côtés en faisant bien entendu attention de ne pas lui faire de mal et prit sa main pour commencer par elle.
Après avoir pris un peu de crème, il commença lentement, à refaire un peu circuler son sang, prenant la peine de le faire un log moment à chaque doigt, pour passer sur la paume de sa main et remonter jusqu’à son bras.
Cela faisait un bien fou à Cyril qui ne ressentit à aucun instant une douleur ou de la gêne. Au contraire, il se sentait envahi un d’un bien-être infini. Il avait l’impression que son bras reprenait peu à peu vie, comme si Manu le réveillait d’un long commun. Le plaisir ressentit d’être touché par lui était infini, jamais il n’aurait imaginait que Manu soit si doué. Il s’attendait déjà à quelque chose de bien, mais là, ça dépassait la perfection. C’est pourquoi lorsque Manu lui demanda :
- Ca va ? Dis-si je suis nul, hein.
Cyril ne pu que répondre :
- C’est parfait ! Vraiment parfait.
Il avait depuis un moment tourné la tête vers Manu, préférant le regarder un moment que la télévision qu’il aurait tout loisir de regarder pendant un moment. Et le visage affairé à la tache de Manu le faisait fondre, pour rien au monde, il aurait détourné le regard ou fermer les yeux.  C’est pourquoi, il l’admirait, le regard empli de reconnaissance, se laissant aller au bien que lui prodiguait Manu. Après l’avoir observé un moment, il se laissa finalement aller à fermer les yeux, enivré par le massage savamment fait par Manu.
Après un temps, Manu lui demanda :
- Cyril…
- Mmh, lui répondit-il, totalement détendu et n’ayant même pas la force d’ouvrir la bouche.
Ce n’est qu’après un profonde inspiration que Manu se lança :
- J’ai parlé à Alex tout à l’heure et… C’est vrai que… tu as pleuré dans ses bras l’autre jour ?
Cyril ouvrit aussitôt les yeux, comme prit sur le fait. Pourquoi Alex avait été lui raconter cela ? Toute détente s’était envolée, et il sentait son corps se crisper de nouveau, la douleur de son dos se ravivant sur le champs. Il regarda Manu un moment, qui ne le lâchait pas des yeux, attentant apparemment sa réponse rapidement. Cyril ne put s’empêcher de fuir légèrement son regard pour répondre la vérité :
- Oui.
Il avait tellement honte que Manu est découvert cela, et se sentait soudain si faible et mal à l’aise qu’il aurait donné cher pour fuir le regard peiné et légèrement inquisiteur de Manu.
- C’est à cause de moi, hein ?
- Manu, comprend moi… Tu m’avais rejeté presque comme si j’étais un étranger pour toi ou pire, comme si tu avais honte d’être avec moi. Ca m’a fait horriblement mal et Alex était là… Je ne lui ai même pas parlé, j’ai pleuré comme un con dans ses bras sans lui expliquer quoi que ce soit. Mais… Je regrette d’avoir craqué aussi facilement, je parais parfois tellement faible, c’en est pathétique !
- Racontes pas n’importe quoi s’il te plaît. Je t’ai demandé ça, ce n’est pas pour te rabaisser à la moindre occasion.
Cyril ne savait pas quoi répondre à cela. Il se sentait tellement nul, et faible que Manu avait beau dire le contraire, il ne pouvait pensé différemment. Il n’aimait pas lui donnait cette image là. Après quelques seconde, Manu reprit heureusement la parole :
- J’aimerai bien te demander une faveur…
- De quel genre ?

 

- Du genre que… dès que tu as envie de pleurer Cyril, que tu te sens mal, que tu as envie de parler ou de ne rien dire, que je te serre dans mes bras ou n’importe quoi d’autre… S’il-te plaît, n’essaie pas de me le cacher et viens près de moi. Tu n’as même pas besoin de me le demander. Je comprends que tu aies eu besoin de pleurer auprès d’Alex parce que finalement, c’était de ma faute mais… le fait que tu me le caches totalement… je dois avouer que j’étais un peu en colère  Mais je m’excuse… parce qu’au départ, c’est moi le responsable. Tu dois juste essayer de comprendre que je ne suis pas quelqu’un de très démonstratif, et je ne le serai jamais. N’essaie pas d’avoir quelque chose de moi dont je suis incapable et que je ne suis pas…
Cyril était profondément touché par les paroles de Manu. Mais il avait tellement peur, peur que Manu ne supporte plus ses sentiments, et peur d’être le seul à être aussi dépendant. Il souhaita revenir sur la dernière phrase de Manu.
- Je n’essaie pas ça, j’essaie juste que tu changes petit à petit, je…
Il essayait seulement de l’ouvrir un peu plus et il rêvait du jour où il s’ouvrirait à lui, car rester fermé ainsi le menait directement à sa destruction. Mais comment lui faire comprendre cela ? Etait-ce mal que de vouloir le changer ne serait-ce qu’un peu… Il savait pertinemment que Manu ne serait jamais démonstratif, il voulait seulement le débloqué progressivement. Cependant, Manu ne le comprit pas car il répliqua :
- Mais justement,  essayer de changer la personne qu’on aime, c’est une preuve d’amour tu crois ? 
Blessé, Cyril ne pu que répondre :
- Et tu crois que je t’étouffe sous mon amour trop… démonstrateur.
- Quoi ? demanda Manu dans la plus grande incompréhension.
Cyril se lança, n’ayant plus le choix. Il lui dévoila, ce qu’il gardait depuis trop longtemps et qui avait été une des cause de sa crise de larmes dans les bras d’Alex. Après tout, il venait de lui demander de lui parler et de s’ouvrir, c’est ce qu’il allait faire :
- Je veux dire.. c’est vrai quoi, je suis toujours là à te dire que je t’aime et que je n’arrive même pas à cacher un minimum. Je suis un poids mort pour toi, toujours à être dépendant de toi, à ne jamais cesser de me dire que je ne pourrais pas vivre sans toi… Je suis faible à tes côtés, je..
- Quoi ? répété Manu, semblant être tout à coup choqué.
L’adolescent lâcha directement la min de Cyril qu’il avait jusque là continué à masser. Cyril voulu se rattraper, s’apercevant que Manu n’avait pas comprit ce qu’il voulait dire, mais avant même de prononcé une seule parole, Manu reprit :

 

- Tu te considères faible quand je suis là ? Tu sais, je ne t’ai pas demandé d’être dépendant de moi, ne me mets pas en faute pour quelque chose que je n’ai pas fait.

 

- Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulus dire, tu le sais très bien. C’est juste que j’ai peur de ne pas pouvoir surmonter si on venait un jour à être séparés et ça, c’est quelque chose que je n’ose même pas m’imagine. C’est de cette faiblesse dont je parle…

 

- Pourquoi, tu envisages qu’on se quitte un jour ? demanda-t-il, la voix aussi énervée que paniquée.

 

Cyril comprit qu’ouvrir son cœur, s’était d’une certaine manière ouvrir le cœur de l’autre et risquer de le heurter. L’amour c’était donc cela, craindre de heurter l’autre, prendre des gants, être délicat avec l’autre, et avoir peur de bien des chose. Il prit la main de Manu qui se laissa faire, et la porta jusqu’à ses lèvres où il déposa un baiser pour répondre ensuite :
- Je parle de… si un jour, il arrivait quelque chose à un de nous Emmanuel. Si on venait à être séparés par une chose que personne ne peut empêcher d’arriver…

 

Il n’arrivait même pas à prononcé à voix haute. Il en avait soudain tellement peur. Si la mort l’avait laisser dans l’indifférence, celle-ci le terrifié totalement depuis sa relation avec Manu.
Manu sembla comprendre de quoi parler Cyril, car il se calma et changea aussitôt d’attitude. Il se calma directement, et se coucha pour être à la même hauteur que Cyril, les yeux dans les yeux. C’était tellement rare des moment pareil, des moments ou Manu accepter une conversation de ce genre. Cyril s’ouvrait à Manu comme il ne l’avais jamais vraiment fait, et cela l’apaisé d’une certaine façon, même si la peur était là.
Manu serra légèrement plus fort la main de Cyril et approcha son visage du sien sans pour autant faire quoi que ce soit, juste assez pour sentir son souffle… Il devait poursuivre dans sa voix, il devait lui dire sa plus grande crainte. Lui dire ce qu’il allait confesser était une nécessité. Cyril rajouta alors, la voix bien plus basse et triste, tout autant qu’allait l’être ses propos :
- Si tu venais un jour à vouloir en finir une fois de plus, je ne crois pas arriver à remonter la pente… Je m’en veux déjà que tu ne sois pas plus heureux que quand tu étais à l’orphelinat, alors je..

 

- Quand j’étais à l’orphelinat, je n’avais pas une once de bonheur tu sais… avoua Manu. J’avais beau ne pas montrer que j’allais mal, que je me moquais de tout et de tout le monde, quand tu es arrivé, je…

 

Manu s’arrêta subitement, ne parvenant apparemment pas à lui dire plus. Manu avait beau le nier, mais il avait énormément changé. Peu à peu, Cyril ouvrait son cœur, et Manu se laisser aller chaque jour un peu plus, non sans difficulté à parler. Etant tout de même allait trop loin ce soir-là, il se contenta d’ajouter :

 

- Bref, vivre ici sera toujours un réel bonheur comparé à cet enfer qu’a été mon enfance, et ça, dans n’importe quelle situation… Ne t’inquiète pas… Si je parais malheureux un jour, ce ne sera certainement pas de ta faute…
Cyril ne comprit pas vraiment la dernière phrase de Manu, ou du moins le sous entendu de Manu. Savoir que Manu se sentait plus heureux avec lui qu’avant lui faisait un bien fou. Etait-ce la réalité ? Est ce que Manu allait mieux maintenant qu’il était avec lui ?  Pourtant, Cyril avait la cruel impression que Manu n’allait pas bien, qu’il allait encore moins bien qu’à l’orphelinat et cela par sa faute. Et si il était malheureux maintenant, au vu de ce qu’il s’auto infligeait, alors qui était le responsable. L’adulte lui sourit,  sentant qu’ils étaient allés suffisamment loin dans la conversation et que cela suffisait pour Manu. L’adolescent resta un moment ainsi, semblant trop mal à l’aise pour recommencer le massage. Manu le regarda un moment dans les yeux, chose qu’il faisait rarement, jusqu’à ce qu’il se redresse sur ses coude pour ajouter d’une voix changée, lourde et marrante mettant définitivement fin à cette conversation :
- Que vous avez de beaux yeux mon cher !
Surprit par un telle phrase, Cyril éclata de rire avec Manu. Malheureusement, sa douleur le rappela à l’ordre et il eut mal au moindre mouvement. Pourtant, malgré la douleur, il ne s’empêcha pas de sourire jusqu’à ce qu’il regarde Manu d’une façon étrange, très sérieusement. L’avoir ainsi, tout contre lui, lui donnait bien trop envie, et il n’y tenait plus. Manu arrêta aussi vite de rire et le regarda en souriant jusqu’à ce que Cyril reprenne une dernière fois la parole en murmurant l’envie qui le hantais depuis plus d’une semaine :
- Embrasse-moi Mais.. un vrai  Tant pis si ça fait mal, je veux sentir ta langue…

 

Manu ne se fit pas prier et approcha rapidement son visage du sien en déposa d’abord ses lèvres pour ensuite, ne plus pouvoir se retenir. Malgré la difficulté, la langue de Manu arriva très vite auprès de celle de Cyril, commençant déjà la caresser dans un manque des plus total.
Cyril avait l’impression que cela faisait des années qu’ils ne s’étaient pas embrassés ainsi. Il nia la douleur qu’il ressentait, se laissant soudain envahir par l’excitation qui monta sans même qu’il s’en rendre compte. La cause n’était pas bien difficile à trouver : le manque de sexe, le manque de l’autre presque oppressant. N’y tentant plus et étant en incapacité de se soulager tout seul, il fit glisser sa main vers le jean de Manu. Il savait que regard de celui-ci que tout comme lui, il bandait déjà. Se moquant de la douleur, il posa main sur son jean, entre ses cuisse et la remonta pour caresser lentement l’entrejambes de Manu. Si juste tendre le bras pour attraper un verre d’eau était intenable, alors imaginez ce la douleur qu’il ressentait en cet instant, rien que pour faire cela. Mais il avait besoin de toucher Manu, besoin de le sentir s’enflammer sous ses caresses… Pourtant Manu arrêta immédiatement tout :
- Cyril, tu va te faire mal ! On va attendre…
- Pitié Manu, dit Cyril d’une voix extrêmement chaude, murmurant des mots brûlants de désirs. Fais-toi au moins du bien près de moi. Soulage-toi ici pour que je puisse au moins te regarder et participer un minimum.
Il devait se contenter de peu, et juste cela était déjà énorme. Manu ne sembla réfléchir que quelques secondes et finit par céder, au plus grand bonheur de Cyril.

 

- Cyril, tu va te faire mal ! On va attendre.?
- Pitié Manu, dit Cyril d'une voix extrêmement chaude, murmurant des mots brûlants de désirs. Fais-toi au moins du bien près de moi. Soulage-toi ici pour que je puisse au moins te regarder et participer un minimum.?

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Vendredi 21 décembre 2007

QUATREME PARTIE

Plus fatigué qu’autre chose, Manu se laissa faire. Alex le fit s’assoir à une chaise et ouvrit la boite pour commencer à le soigner. En réalité, il ne réagit à ce moment plus vraiment à la douleur. Il écoutait Alex lui poser des questions mais il ne prit même pas la peine d’y répondre, totalement ailleurs. Tout ce dont il avait envie, c’était d’être sous la terre, là où personne ne le verrait une seule seconde. Par contre, Manu s’étonna à apprécier Alex, à le trouver finalement sympathique…
Une fois fini, il remercia le plus doucement et froidement possible Alex et se releva en essayant de faire le moins de grimace possible. Il savait pertinemment qu’il ne pouvait cacher qu’il avait horriblement mal mais tint tout de même à garder un minimum de dignité. Seulement, il lui fallut seulement une demi-heure pour commencer déjà à terriblement fatiguer. Ses côtes le faisaient souffrir et il ne pouvait s’empêcher parfois d’arrêter de travailler quelques secondes pour s’éloigner légèrement et se ressaisir. Mais alors qu’il se retournait pour la quatrième fois, Alex dit à Manu :

-          Et si t’arrêtais de travailler ? Le patron ne revient qu’à 15h00, donc vas te reposer un peu dans le fauteuil du bureau.

-          C’est ça. Répondit Manu en rigolant d’un air ironique.

-          Je rigole pas, tu vas me ralentir si tu continues à te forcer comme un con.

-          Ecoute, si le patron venait à le savoir, je perdrais ce job et Cyril aussi par la même occasion, alors… laisse-moi bosser.

-          Le patron saura rien, ne t’inquiète pas tout le temps comme ça… Alors, maintenant, tu vas aller te reposer un moment !

-          Mais, je..

-          C’était pas une proposition, c’était un ordre ! Dégages… répondit-il avec son sourire.

Il reprit son travail sans un mot, tandis que Manu resta là quelques secondes, hésitant :

-          T’es sur que ça va aller ?

-          Manu, ça fait des années que je fais ce boulot, je peux travailler pour deux à présent.

Il ne répondit plus rien. Manu était réellement dans le désarroi de voir cet homme l’aider autant… Était-ce parce qu’il avait eu pitié ? Parce que c’était l’amant de Cyril ? Malgré ces quelques questions, il ne préféra pas forcer. Il le faisait déjà depuis longtemps et la douleur l’empêchait de faire quoi que ce soit convenablement. Il décida donc de partir lentement jusqu’à ce fauteuil et s’assit un moment. S’arrêter était en réalité bien pire que s’il devait continuer car là, il commençait à se remémorer tout ce qu’il venait de vivre. Il était à présent terrifié à l’idée de repartir en cours, de devoir à nouveau affronter ce monstres. Qu’est-ce que ça allait être la prochaine fois ? Il se laissa à fermer les yeux un moment et posa sa tête sur l’accoudoir, et s’endormit sans s’en rendre vraiment compte.
Il fut réveillé comme prévu vers 14h50 par Alex qui s’était accroupi et qui le secouait légèrement pour qu’il se réveille :

-          Manu, faut que tu te lèves, le bourreau va revenir !

Sans un mot, Manu se redressa lentement, tout à coup encore plus fatigué qu’il ne l’était déjà. Heureusement, cela lui avait fait tout de même un peu de bien et malgré son état, il parvint à travail plus correctement. Alex dut l’aider un peu à certains moments pour qu’il arrive à se reprendre un peu, continuant comme si de rien était quand le patron venait faire un tour. Heureusement, Alex lui permit de partir vers 16h30, pouvant prétexter à Cyril qu’il revient des cours. Cet homme était monté dans l’estime de Manu beaucoup plus qu’il ne le pensait. Il en vint étonnement à l’inviter directement. Avant de partir, il vint une dernière fois près d’Alex qui continuait le travail d’une vitesse grand V :

-          Au fait, si tu veux voir Cyril un jour…je pense qu’il serait content.

-          Je n’y manquerai pas ! Merci… répondit-il agréablement.

Sans un mot de plus, Manu rentra. En réalité, il était tout autant angoissé de rentrer qu’il était soulagé. Il avait envie de voir Cyril et de se coucher près de lui, mais il savait parfaitement qu’il allait devoir passer un interrogatoire pour avoir le droit de toucher Cyril. Un interrogatoire auquel il n’avait aucune envie de répondre. Il rentra donc légèrement stressé et se dirigea d’abord vers le radiateur, frigorifié. Mais quand il entendit Cyril l’appeler, il ne put que se résigner à aller lui parler. Il entra lentement dans la pièce en tentant de cacher au mieux son coup seulement, dès qu’il fut un peu plus près de Cyril, celui-ci le remarqua. Il fit des yeux ronds et demanda directement, sans même un bonjour :

-          Qu’est-ce que tu as ? Tu t’es battu ?

-          Hum… Oui…

Rien que d’entendre Cyril soupirer, énerva Manu qui le regarda d’une façon bien plus qu’expressive. Seulement, Cyril réagit également à ce regard :

-          Quoi ? C’est toi qui t’es encore foutu dans la merde !  Pourquoi est-ce que tu t’es battu cette fois ?

-          C’est pas de ma faute !! Je me suis défendu, ok ?

-          Défendu ? Te connaissant, ça m’étonne !

-          De toute façon, que je te dise n’importe quoi, tu ne me croiras pas alors pourquoi est-ce que j’essaierai même de t’expliquer ?

-          T’as raison, ça ne servirait à rien ! Vraiment Manu… tu ne fais aucun effort !

-          Aucun effort ? cria Manu, complètement choqué.

Mais si tu savais tout ce que je suis en train de faire, Cyril, tu la fermerais !

-          Ok ok, je suis désolé ! Ne t’énerves pas…

Manu était à bout de nerfs, il n’avait qu’une envie, c’était de tout fracasser autour de lui. Le fait que même Cyril se mette à le juger aussi facilement le rendait fou. Mais alors qu’il allait partir, Manu l’entendit rajouter :

-          Qu’est-ce que tu veux dire par « si tu savais ce que je suis en train de faire » ?

-          Rien du tout. Répondit Manu, au bord des larmes.

Il avait beau essayer de le cacher, il se sentait submergé par ses émotions. Même s’il voulait le cacher, il ne parvint pas plus longtemps à le garder en lui. Il posa une main sur son visage et tenta de se décider à parler. Il voulait lui dire, il voulait avouer à Cyril tout ce qu’il endurait mais il avait tellement honte que c’en était insupportable.

-          Emmanuel, qu’est-ce qui se passe ? demanda Cyril, la voix inquiète.

-          Rien ! hurla presque Manu.

Même s’il voulait tout dire, il était dans un état de nerfs proche de la crise. Il sortit tout aussi vite de la chambre en claquant la porte, même s’il s’en voulait encore plus de ne pouvoir en parler à Cyril. Il alla directement dans sa chambre et alluma sa musique, tournant en rond un moment pour tenter de se calmer. Seulement, la seule envie qu’il ressentit à ce moment, c’était la colère. Cette colère qui l’avait poussé il y a quelques temps à se faire du mal. Ce fut comme s’il était tout à coup en manque qu’il se prit une cigarette et qu’il l’alluma. Il la fuma quelques secondes et d’un geste vif, il se la posa sur le bras sans même chercher à être plutôt calme. Il la laissa sur son bras jusqu’à ce qu’il ne sache plus le supporter. Il recommença ensuite cela en serrant le poing pour ne pas crier sous la douleur. Finalement, après s’être torturé le bras un nombre incalculable de fois, ne sachant à peine bouger le bras tellement cela lui faisait mal, il se laissa à pleurer, n’ayant plus que cela pour évacuer sa peine.
C’est après avoir épuisé toutes les larmes que son corps pouvait laissé couler qu’il cessa, restant encore un moment à écouter sa musique et reprendre son calme avant de retourner aux corvées. Seulement, la douleur à son bras reprit une fois le calme revenu. Il avait été bien plus fort cette fois, il ne s’était pas arrêté à la douleur mais plutôt à l’insupportable. Il savait pertinemment que quand il arrêterait tout cela, certaines marques allaient rester rien qu’à voir la profondeur de certaines blessures. Il se releva donc et alla directement se soigner pour éviter un maximum l’infection. S’il venait à tomber malade, il savait que Cyril deviendrait fou et lui en voudrait beaucoup. Il revint plus tard avec le repas qu’il avait préparé à Cyril, c’était un souper on ne peut plus simple mais Manu était incapable de faire plus à cause de son moral mais aussi parce qu’il ne connaissait absolument rien en cuisine. Il avait également prit ce temps pour se calmer car ses yeux étaient déjà rouges et il était certain que Cyril allait le remarquer. Il arriva donc dans la pièce et s’agenouilla auprès de Cyril pour rajouter en déposant le plateau sur la table :

-          Il faut que tu manges… dit Manu, dépliant la serviette de Cyril.

-          Je n’ai pas faim, merci.

Manu regarda directement Cyril, sentant déjà que la conversation était à deux doigts d’éclater en dispute.

-          Il le faut pourtant, tu n’as pas le choix si tu veux vivre.

-          A quoi bon… répondit-il d’un ton lassé.

Bizarrement, ce fut à nouveau la phrase de trop. Manu jeta immédiatement la serviette sur le plateau, les mains tremblantes d’énervement, les larmes aux yeux et la voix enrouée :

-          Très bien ! Ne mange pas ! Après tout, je ne peux pas te forcer alors, restes comme ça !

Il voulut se relever mais fut arrêt par la main de Cyril sur son épaule :

-          Restes près de moi Emmanuel. Pourquoi est-ce qu’on devrait se disputer dès qu’on se voit ?

Manu resta là un moment, arrivant à se calmer rapidement. Cyril avait raison… S’ils se voyaient peu, qu’ils profitent de ces quelques heures ensemble au maximum mais qu’ils ne les gâchent pas ainsi. Finalement, Manu retenta, la voix presque suppliante :

-          Manges, ne fut-ce qu’un peu, je t’en prie. Tu as tellement maigri, il faut que tu manges.

Cyril ne répondit rien, manu rajouta alors :

-          Si tu ne veux pas le faire pour toi alors fais-le pour moi..Cyril…

-          Bon… répondit-il après un moment.

-          Mais, je ne mangerai qu’un peu.

Manu ne répondit pas et ne sourit même pas. En réalité, il s’inquiétait beaucoup et en parlerait à l’infirmière, il fallait faire quelque chose. Il ne réussit à faire avaler que quelques bouchées et malgré les demandes et les obligations, Manu finit par se résigner à achever son assiette, lui étant mort de faim. Ils regardèrent la télévision pendant qu’il mangeait, sans un mot. Finalement, encore affamé, Manu alla chercher son assiette et la mangea tout aussi vite. Il resta finalement sur le sol quand il avait finit de manger et continua à regarder la télévision en silence jusqu’à ce qu’il sente la main de Cyril se poser dans son cou. Il ne pouvait même pas expliquer le bien que cela lui faisait. Il passait lentement ses doigts dans son cou et dans ses cheveux et Manu ne pouvait s’empêcher d’avoir des frissons tellement il adorait ça. Il laissa alors tomber la télévision et se tourna vers Cyril, posant sa tête sur le bord du matelas et fermant les yeux pour profiter de ce moment… S’il voulait un moment précis pour parler de sa veste, c’était à ce moment ou jamais. Légèrement hésitant et stressé, il se lança :

-          Cyril…

-          Mmh… ?

-          Je…Tout à l’heure, en repartant des cours, j’ai remarqué que… hum.. on a volé ma veste !

Cyril soupira et Manu ne put que réagir au quart de tour. Il se redressa légèrement, la voix plus agressive :

-          C’est pas de ma faute !!

-          Est-ce que j’ai dis que c’était de ta faute ? Non, je ne crois pas alors arrêtes de m’agresser comme ça.

Manu se tût. Qu’aurait-il pu répondre à cette autorité si soudaine ? Il entendit Cyril soupirer à nouveau et rajouter :

-          Tu n’as qu’à prendre ma carte bancaire et tu iras t’en acheter une nouvelle. Et tu la garderas par la même occasion pour aller faire les courses… En attendant, pour demain, tu prendras ma veste, je n’ai pas envie que tu prennes froid et que tu tombes malade.

Le jeune se content d’hocher la tête. A peine était-il dans la vie de la société qu’il devait déjà gérer des comptes. Il se sentait tout à coup presque incapable de continuer à vivre dans tout cela. C’était de trop pour lui, il n’avait plus qu’un hâte, c’était que Cyril soit rétabli. La fin de la soirée se passa ainsi. Manu restait très silencieux mais s’était allongé à côté de Cyril, s’endormant au fur et à mesure. Ce fut vers 22h00, alors qu’il somnolait déjà qu’il entendit Cyril éteindre la télévision et sentit qu’il se tournait vers Manu. Il se réveilla aussitôt, se demandant ce qu’il se passait mais Cyril lui murmura, la voix douce :

-          Rendors-toi Emmanuel…

A ces mots, il se laissa tomber dans un sommeil profond mais pas une seconde il ne fut réparateur.

Les deux jours restants où Manu devait travailler et aller en cours furent plus supportables. Sébastien n’était pas venu en cours et du coup, les quatre autres garçons le regardèrent à peine, excepté quelques réflexions de temps en temps. Manu s’était racheté une veste, qu’il paya le moins cher possible pour éviter les dépenses inutiles tandis que Cyril, lui, était mis sous perfusion. L’infirmière lui avait posé puisqu’il ne mangeait presque rien et Manu remarquait qu’il reprenait déjà un peu plus de couleurs.
De son côté, plus Manu se remettait du choc de ce qu’il avait vécu au lycée, plus il se sentait mal. Dès qu’il rentrait du travail vers 19h00, il ne pouvait s’empêcher d’aller se « calmer » dans sa chambre avant d’aller auprès de Cyril. Il prétextait qu’il prenait des cours du soir donnés par son professeur principal et même si Cyril ne semblait pas trop y croire, Manu faisait comme s’il ne remarquait rien. C’était éreinté qu’il rentrait et c’était dans le même état qu’il partait. Son bras entier souffrait le martyre à présent et il était obligée de faire comme si de rien était, évitant un maximum que Cyril lui touche ce bras-là en faisant attention à ce qu’il ne remarque rien.
Il rentra soulagé le vendredi soir. Ce fut le seul jour où dès qu’il rentrait, il alla voir Cyril. Ils passèrent étonnement une soirée très tranquille et malgré qu’ils avaient en ce moment beaucoup de mal à se supporter, Manu resta là auprès de lui sans se disputer une seule fois… Il profita également d’une partie de la soirée tant qu’il tenait encore debout pour masser un peu Cyril, voulant qu’il se sente mieux, ne fut-ce qu’un peu.
Rapidement, ils furent tous les deux endormis. Manu tentait de coller au mieux son amant pour que son sommeil soit parfaitement paisible. Seulement, alors qu’il dormait profondément, Manu sentit Cyril s’agiter de plus en plus jusqu’à ce qu’il s’éveille brusquement en l’entendant presque hurler. Manu se redressa à la seconde même, presque comme un instinct et remarqua Cyril en sueur, pleurant comme s’il vivait la pire atrocité de sa vie. Il ne cessait de crier « non » et un tas de phrases qui fit rapidement conclure Manu à ce qu’il avait du subir.
Il tenta de le réveiller, en vain. Il avait beau l’appeler ou le toucher, Cyril se débattait d’une force incroyable pour quelqu’un dans son état. Il avait presque les larmes aux yeux de le voir le rejeter de cette façon et même s’il croyait que Cyril allait tenter encore plus de se battre, Manu était obligé de l’arrêter de bouger ainsi, rien que pour son dos. C’est en utilisant presque toute sa force que Manu tenait Cyril, posant sa tête contre lui en tentant de le rassurer, même s’il était encore profondément endormi. C’est après seulement quelques minutes, que Manu jugea comme une éternité, que Cyril se calma. Ses larmes cessèrent doucement tandis que Manu lui caressait les cheveux et utilisait de toute sa tendresse et sa douceur en lui murmurant des phrases rassurantes, déposant également des baisers sur son visage. Quand il fut sur que son cauchemar était terminé, Manu posa la tête sur le coussin, ne le lâchant pas une seule seconde. Etant éveillé encore pour un bon moment, stressé et légèrement sous le choc, Manu regarda Cyril dormir, des larmes encore sur son visage, jusqu’à ce qu’il retourne également dans les bras de Morphée.
Manu fut réveillé lentement par la télévision et ouvrit les yeux en s’étirant et baillant. Il vit Cyril tourner la tête vers lui, souriant tendrement :

-          Bonjour… Bien dormi ?

-          Trop bien !! déclara Manu, encore un peu endormi.
Il est quelle heure ?

-          Midi…

-          Midi ? s’écria-t-il en se redressant déjà.
Merde, j’ai pleins de trucs à faire ! Et puis, le kiné vient à 13h00 !!

Sans même se rendre compte qu’il n’avait pas dit bonjour à Cyril et ayant totalement oublié son cauchemar par la montagne de choses à faire, Manu alla déjà prendre rapidement sa douche et commença déjà à ranger l’appartement tout en faisant à manger à Cyril. Il eut juste le temps de donner à manger à son amant, de ranger convenablement chaque pièce, entendant alors que le kiné était là.

 
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Vendredi 21 décembre 2007

TROISIEME PARTIE

Rapidement, il reprit la route vers chez lui, mais fut de plus en plus troublé en se rappelant de ce que lui avait dit Alex. Le fait que Cyril ait pleuré, ce n’était qu’à cause de Manu. Qu’il soit rentré également et donc, il en vint à conclure que son accident était de sa faute… Mais il ne put s’empêcher de lui en vouloir également, qu’il ne lui ait pas parlé. Seulement, Manu se remit vite à sa place. Même s’il pensait qu’il voulait entendre Cyril lui parler, il savait pertinemment qu’il ne le faisait parce que Manu ne disait rien. S’il était le seul à parler de ses problèmes, cette relation n’allait nulle part. Les quelques minutes qui restèrent de marche le fit se calmer, il se raisonna et ne put que s’en vouloir à lui seul l’accident de Cyril. Manu entra et vit un mot posé sur la table basse, venant de l’infirmière :

« Cyril a un peu de fièvre et a du énormément se fatiguer durant la journée en forçant sur son dos. Il transpire beaucoup. Tu devrais lui faire un massage aux bras, aux jambes et si tu pouvais, sur son visage pour réveiller un peu ses muscles. Prépare-lui également de la soupe pour bien faire… J’ai précisa sur un papier dans sa chambre pour ses médicaments. Merci, à bientôt. »

Manu s’inquiéta directement. Cyril n’allait apparemment pas bien du tout. Il courut et entra en ouvrant la porte vivement :

-          Cyril, est-ce que ça va ? demanda-t-il en s’approchant rapidement du lit.

-          Ca va.. répondit l’homme, apparemment fatigué.

Je m’ennuie, c’est tout.

-          Je suis désolé. Je n’ai pas pu me libérer plus tôt, le patro… le prof m’a fait repasser un contrôle !

-          Et pour le boulot ?

-          Tout va bien, ne t’inquiète pas ! Il a été compréhensif et il t’attendra. Mentit Manu en souriant.
Mais là, je vais m’occuper de toi.

Manu retira sa veste et s’approcha de son visage pour déposer un léger baiser sur sa joue. Il se dirigea ensuite directement vers la télévision. Même si Cyril n’était pas sur le dos, il pouvait ne fut-ce que regarder la télé ou sentir une vie ailleurs. Il la porta donc et la posa sur une table sans un mot, tournant le dos à Cyril un moment pour se battre avec les fils :

-          Mmh, jolie vue ! déclara-t-il.

Manu sourit. Il aimait de savoir que son corps plaisait à son amant et encore une fois, il ressentit subitement son manque du corps de Cyril, de l’embrasser, de le caresser, le lécher mais surtout, une « profonde » envie de le sentir en lui.
Il avait envie que cette « jolie vue » soit toute contre lui, de l’entendre gémir et crier son nom…
Manu resta un instant à s’imaginer cela sans bouger, l’air un peu bête et un sourire béat au visage jusqu’à ce qu’il se ressaisisse subitement et brancha donc les fils, légèrement rougissant à l’idée que Cyril était certainement en train de regarder la scène de son point de vue. Il se retourna ensuite et se sentit bêtement fier en voyant que cela fonctionnait.

-          Merci. Répliqua Cyril en souriant tendrement.

-          C’était avec plaisir mon chéri. Répondit Manu sur un ton de plaisanterie.

Il lui passa ensuite la télécommande en la mettant dans sa main et alla, comme l’infirmière le voulait, lui préparer un bol de soupe.
Une fois revenu, Manu sourit à nouveau en voyant qu’apparemment, cela lui faisait beaucoup de bien de regarder les informations à la télévision. Il se mit à genoux sur le bord du lit et la donna à Cyril avec un plaisir étonnement sincère. Il avait un léger sourire qu’il ne pouvait s’empêcher de faire quand il lui donnait chaque cuillerée avec une attention toute particulière.
Cyril, lui, sembla gêné au départ mais finalement, se détendit et commença la conversation :

-          Ca été les cours ? Tu as du faire quoi comme contrôle ?

-          Ho, je..euh… j’ai du repasser un devoir de math et sinon, les cours… Ca se passe bien.

-          Tu t’es fais des amis ?

-          O..Oui, pas mal !

A ce moment précis, Manu qui arrivait plus ou moins à ne pas renverser une goutte, commença à être tremblant en amenant la cuillère jusqu’à sa bouche. Pour le faire oublier, il préféra changer de sujet directement :

-          Je vais te masser un peu pour te détendre ce soir, ça te dit ? Tu n’auras qu’à regarder un film, je m’occupe de tout… Mais d’abord…

Il remit la cuillère et le bol sur la table de nuit de Cyril et s’approcha doucement de ses lèvres sur lesquelles il déposa les siennes délicatement… Il fit achever ensuite la soupe à Cyril et alla prendre une crème que Manu voyant parfois Cyril appliquer. Même s’il ne le montrait pas beaucoup, c’était quelqu’un qui aimait prendre soin de son corps et il comprit parfaitement que le fait de ne plus pouvoir faire quoi que ce soit devait être pénible.
C’est avec beaucoup de méticulosité que Manu se mit à masser Cyril. Il s’assit sur le lit à ses côtés en faisant bien-entendu attention de ne pas lui faire mal et prit sa main pour commencer par elle. Après avoir pris un peu de crème, il commença lentement à refaire un peu circuler son sang, prenant la peine de le faire un long moment à chaque doigts, pour passer sur la paume de sa main et remonter jusqu’à son bras. Cyril, lui, ne regarda pas la télévision et avait tourné la tête vers Manu pour le regarder un moment. Mais rapidement, il ferma les yeux et profita :

-          Ca va ? Dis-moi si je suis nul, hein. Demanda Manu.

-          C’est parfait ! Vraiment parfait…

Le silence reprit de plus belle. Manu put se permettre de reprendre ses réflexions et réfléchit un moment à ce que lui avait dit Alex. Voir Cyril pleurer… Cela était tellement pénible de le savoir que maintenant, il ne pouvait que le demander :

-          Cyril… demanda Manu, appréhendant la réponse.

-          Mmh ? répondit-il, apparemment détendu.

Après une profonde inspiration, Manu se lança :

-          J’ai parlé à Alex tout à l’heure et… C’est vrai que.. tu as pleuré dans ses bras l’autre jour ?

Il vit Cyril ouvrir aussitôt les yeux, comme pris sur le fait. Il regarda Manu un moment qui ne le lâchait pas des yeux, prêt à avoir une réponse. Il fuit légèrement son regard pour répondre :

-          Oui.

-          C’était à cause de moi, hein ?

-          Manu, comprends-moi… Tu m’avais rejeté presque comme si j’étais un étranger pour toi ou pire, comme si tu avais honte d’être avec moi. Ca m’a fait horriblement mal et Alex était là… Je ne lui ai même pas parlé, j’ai pleuré comme un con dans ses bras sans lui expliquer quoi que ce soit. Mais… je regrette d’avoir craqué si facilement, je parais parfois tellement faible, c’en est pathétique !

-          Racontes pas n’importe quoi s’il-te plaît. Je t’ai demandé ça, ce n’est pas pour te rabaisser à la moindre occasion.

Après quelques secondes, Manu reprit voyant que Cyril ne savait pas quoi répondre.

-          J’aimerai bien te demander une faveur…

-          De quel genre ?

-          Du genre que… dès que tu as envie de pleurer Cyril, que tu te sens mal, que tu as envie de parler ou de ne rien dire, que je te serre dans mes bras ou n’importe quoi d’autre… S’il-te plaît, n’essaie pas de me le cacher et viens près de moi. Tu n’as même pas besoin de me le demander. Je comprends que tu aies eu besoin de pleurer auprès d’Alex parce que finalement, c’était de ma faute mais… le fait que tu me le caches totalement… je dois avouer que j’étais un peu en colère ! Mais je m’excuse… parce qu’au départ, c’est moi le responsable. Tu dois juste essayer de comprendre que je ne suis pas quelqu’un de très démonstratif, et je ne le serai jamais. N’essaie pas d’avoir quelque chose de moi dont je suis incapable et que je ne suis pas…

-          Je n’essaie pas ça, j’essaie juste que tu changes petit à petit, je..

-          Mais justement ! Essayer de changer la personne qu’on aime, c’est une preuve d’amour tu crois ?

-          Et tu crois que je t’étouffe sous mon amour trop…démonstrateur?

-          Quoi ? demanda Manu dans la plus grande incompréhension.

-          Je veux dire.. c’est vrai quoi, je suis toujours là à te dire que je t’aime et que je n’arrive même pas à cacher un minimum. Je suis un poids mort pour toi, toujours à être dépendant de toi, à ne jamais cesser de me dire que je ne pourrais pas vivre sans toi… Je suis faible à tes côtés, je..

-          Quoi ? répété Manu, tout à coup choqué par ses derniers mots.

Apprendre que l’on était faible à côté de son amour, était-ce seulement concevable ? Il lâcha directement la main de Cyril qu’il avait jusque là continué à masser, Cyril sembla vouloir se rattraper aussi vite, mais avant même qu’il ait prononcé une parole, Manu reprit :

-          Tu te considères faible quand je suis là ? Tu sais, je ne t’ai pas demandé d’être dépendant de moi, ne me mets pas en faute pour quelque chose que je n’ai pas fait!

-          Ce n’est pas du tout ce que j’ai voulus dire, tu le sais très bien. C’est juste que j’ai peur de ne pas pouvoir surmonter si on venait un jour à être séparés et ça, c’est quelque chose que je n’ose même pas m’imagine. C’est de cette faiblesse dont je parle…

-          Pourquoi, tu envisages qu’on se quitte un jour ? demanda-t-il, la voix aussi énervée que paniquée.

Mais il sentit rapidement la main de Cyril prendre celle de Manu et la porta jusqu’à ses lèvres où il y déposa un baiser pour répondre ensuite :

-          Je parle de… si un jour, il arrivait quelque chose à un de nous Emmanuel. Si on venait à être séparés par une chose que personne ne peut empêcher d’arriver…

Manu comprit parfaitement qu’il parlait de la mort, qu’il ne surmonterait pas la perte de Manu et cela lui serra aussi fort le cœur que le réconforta. Il se calma directement et se coucha pour être à la même hauteur que Cyril, les yeux dans les yeux. C’était tellement rare des moments pareils, que la conversation ne le dérange pas, il se sentait apaisé de parler de ce genre de choses, d’entendre Cyril ouvrir son cœur. Il serra légèrement plus fort la main de Cyril et approcha son visage du sien sans pour autant faire quoi que ce soit, juste assez pour sentir son souffle… Cyril rajouta, la voix bien plus basse et triste :

-          Si tu venais un jour à vouloir en finir une fois de plus, je ne crois pas arriver à remonter la pente… Je m’en veux déjà que tu ne sois pas plus heureux que quand tu étais à l’orphelinat, alors je..

-          Quand j’étais à l’orphelinat, je n’avais pas une once de bonheur tu sais… avoua Manu.
J’avais beau ne pas montrer que j’allais mal, que je me moquais de tout et de tout le monde, quand tu es arrivé, je…

Manu s’arrêta subitement. Là, il voulait aller trop loin… Il ne voulait plus du tout continuer mais voulut conclure tout de même :

-          Bref, vivre ici sera toujours un réel bonheur comparé à cet enfer qu’a été mon enfance, et ça, dans n’importe quelle situation… Ne t’inquiète pas… Si je parais malheureux un jour, ce ne sera certainement pas de ta faute…

Cyril sourit tandis que Manu resta un moment ainsi, trop à l’aise pour recommencer directement le massage. Il regarda un moment Cyril dans les yeux, ce qu’il fit rarement et puis se redressa sur les coudes pour ajouter d’une voix changé, lourde et marrante :

-          Que vous avez de beaux yeux mon cher !

Manu, se trouvant ridicule,(vas t’cacheeer !) éclata de rire avec Cyril mais qui eut malheureusement mal au moindre mouvement. Pourtant, malgré la douleur, il ne s’empêcha pas de sourire jusqu’à ce qu’il regarde Manu d’une façon étrange, très sérieusement. Manu arrêta aussi vite de rire et le regarda en souriant jusqu’à ce que Cyril reprenne une dernière fois la parole en murmurant :

-          Embrasse-moi... Mais.. un vrai ! Tant pis si ça fait mal, je veux sentir ta langue…

Manu ne se fit pas prier et approcha rapidement son visage du sien en déposa d’abord ses lèvres pour ensuite, ne plus pouvoir se retenir. Malgré la difficulté, la langue de Manu arriva très vite auprès de celle de Cyril, commençant déjà à la caresser dans un manque horrible. Il ne sut trop comment mais l’excitation monta sans même qu’il s’en rende compte. Sans le vouloir, il banda déjà légèrement, sachant très bien qu’ils étaient tous les deux en manque de sexe.
Mais alors qu’il ne s’y attendait pas du tout, il sentit la main de Cyril se poser sur jean, entre ses cuisses et celle-ci remonta lentement pour caresser l’entrejambes de Manu. Il devait se faire horriblement mal pour faire cela et rien que pour ça, Manu arrêta immédiatement tout :

-          Cyril, tu vas te faire mal ! On va attendre !!

-          Pitié Manu… dit Cyril d’une voix extrêmement chaude, murmurant des mots brûlants de désir.
Fais-toi au moins du bien près de moi. Soulage-toi ici pour que je puisse au moins te regarder et participer un minimum.

Manu ne réfléchit que quelques secondes et finit par céder. Il devait avouer que l’idée même de pouvoir se masturber devant Cyril l’excitait encore plus. Il se redressa très légèrement et ouvrit sa ceinture et son pantalon d’une façon extrêmement pressée pour baisser légèrement son pantalon et son boxer. Il n’avait plus du tout le contrôle de son corps, à cet instant précis, il devait impérativement se soulager.
A peine avait-il baissé ses vêtements que déjà, il se mit à se masturber rapidement, regardant Cyril et l’embrassant dès que l’envie le prenait. Il sentit en effet sa main le caresser lentement, ce qui ne faisait qu’accentuer son excitation à cet instant. Le sentir lui caresser les testicules et passer jusqu’à son orifice et l’intérieur de ses cuisses était un véritable soulagement. Même s’il aurait voulu plus, il se sentait au comble du désir en ayant simplement la présence de son amant. Bien trop vite, Manu eut envie de jouir. Peut-être était-ce son manque d’expérience avec en plus, le manque mais il s’arrêta brusquement en disant à Cyril :

-          Je vais aller terminer aux toilettes, je peux pas me permettre de jouir sur les draps !

-          Pourquoi ? demanda Cyril, apparemment déçu.
Tu peux, ça me dérange pas !!

-          Mais tu es couché ici tout le temps, je ne saurai pas changer les draps tout de suite et puis, l’infirmière vient tous les jours et si elle voit ça, elle va nous regarder d’une autre façon, crois-moi.

Manu sourit et déposa un léger baiser sur les lèvres de Cyril pour repartir rapidement dans la salle de bain. En réalité, il était encore plus frustré que lui mais les arguments étaient tels qu’il n’avait pas le choix. Il s’enferma donc et termina ce qu’il avait commencé, ne se retenant pas de gémir en imaginant Cyril et tentant de se remémorer le bienfait de ses caresses, mêmes minimes.
Il revint ensuite dans la chambre de Cyril, les joues légèrement rouges par l’excitation et par la gêne de revenir ainsi. Il ne dit plus un mot, Cyril lui, semblait encore sous l’effet et ne pouvant pas s’empêcher de recommencer à l’exciter, Manu s’assit près de lui et s’approcha de son oreille pour lui murmurer :

-          Dommage que tu es sur le ventre, sinon, je me serai occupé de la tienne aussi…

Cyril le regarda immédiatement, apparemment horriblement excité. Manu fut presque énervé de voir Cyril se résigner à rester couché, il en voulait beaucoup à ces hommes de lui  avoir fait un coup pareil. Si Cyril n’avait rien eut, peut-être auraient-ils pu faire l’amour toute la soirée et reparler un peu avant de s’endormir. Finalement, Manu reprit le massage de Cyril et passa sur ses bras et ses jambes pour lui faire du bien. Manu l’embrassa ensuite une dernière fois et finit par aller se faire à manger, n’obligeant à Cyril que de manger un peu… Il maigrissait beaucoup et il devait avouer que voir que Cyril n’avait plus faim après seulement quelques bouchées, cela beaucoup.
Finalement, à seulement 21h00, Manu se coucha pour s’endormir en peu de temps, éreinté par la journée qu’il avait eu au restaurant. Peut-être que le fait de travailler à sa place allait l’aider à comprendre Cyril sur certains points de vue… Il entendit la télévision fonctionner un peu, sentant bien que Cyril était encore agité par l’excitation et par les massages par la suite, mais de toute façon, Manu ne pouvait rien y faire.
Son réveil sonna à déjà 4h00 du matin le lendemain, et il dut malheureusement se résigner à se lever pour aller travailler. Il haïssait les restaurants, les boulangeries et touts ces endroits où les gens étaient virés de leur lit à une heure presque inhumaine.
Il dut donc se lever en silence pour ne pas éveiller Cyril et alla d’abord lui préparer à manger. Il lui fit du pain et pressa même une orange pour lui, voulant qu’il reprenne des forces.
Il mit ensuite le plateau de telle sorte à ce qu’il parvienne à les attraper sans devoir se faire trop mal ou faire un quelconque effort. Il avait simplement posé un mot sur lequel il avait écrit « je reviendrai quelques minutes à midi pour pouvoir t’aider à manger. A  tout à l’heure. Manu », encore trop fatigué pour chercher quelque chose d’original. Il partit de chez eux sans manger, ayant pris tout son temps pour faire à manger à Cyril et dut courir jusqu’au restaurant pour ne pas être en retard.
Il n’arrêta pas une seconde jusque 8h00 et partit aussitôt en cours, commençant à 8h15. Voilà un début de journée qui l’avait déjà épuisé. Faire toutes les corvées était horriblement fatiguant et il ne put s’empêcher de s’endormir pour la première heure de cours. Il ne s’enleva pas de la matinée ses pensées vers Cyril. Il se trouvait ridicule de réagir presque comme une petite adolescente toute affolée par son mec… Mais Manu devait avouer qu’il se sentait comme ça. Emballé, le cœur qui bat, excité, apaisé, angoissé… Toutes ces choses mélangées faisaient de Cyril la personne la plus importante du monde. Pour lui, c’était l’homme le plus courageux, le plus sensible, le plus honorable, le plus beaux et intelligent qu’il connaissait… Malgré qu’il avait beaucoup de problèmes personnels, des blocages à se débarrasser Cyril était la personne la plus admirable dans son cœur.
L’aimait-il en se disant tout cela ?
De plus en plus chaque jour, il était tenté de dire « oui ».
En pleine euphorie, il n’entendit pas directement la cloche retentir midi et il ne s’en rendit compte que quand les cinq garçons étaient autour de son banc.
En les regardant, il pensa subitement qu’il ne connaissait que le prénom de « Sébastien ». Les autres lui étaient totalement inconnus, alors, pourquoi le frappait-il ? Était-ce réellement et rien que parce que Manu assumait pleinement sa sexualité ? Et qu’il n’avait aucune honte de dire qu’il était gay ? En attendant, par leur violence, Manu en venait à se remettre en question ? Peut-être que finalement, l’homosexualité était réellement quelque chose de contre-nature. Peut-être que ce qu’il faisait avec Cyril, tous ces sentiments entre eux était une maladie qu’ils devaient absolument soigner ? Mais alors, pourquoi l’idée même de ne plus aimer Cyril un jour et réciproquement lui déchirait-il ainsi le cœur ? S’ils étaient soignés, deviendraient-ils des étrangers l’un pour l’autre ? Ou seraient-ils séparés pour ne pas être tentés et rechuter dans cette abomination…
Pourquoi aurait-ce été une maladie après tout. Cyril et Manu s’aimaient, tant qu’ils n’étaient pas séparés, rien ne pouvait atteindre leur couple.
Seb s’en prit directement à Manu, apparemment encore plus de mauvaise humeur. Sans un mot, d’un coup de main, il fit tomber le plumier de Manu qui réagit étonnement calmement. Manu hésita une seconde à se baisser pour le ramasser, mais finit par le faire. S’il voulait partir rapidement jusqu’au travail, il fallait qu’il se dépêche. C’est en soupirant, agacé qu’il ramassa son plumier mais, comme il l’avait sentit, les garçons profitèrent de ce moment pour lui prendre son sac, sa veste et le forcèrent à sortir de la classe. Pour ne pas se faire voir par les professeurs, ils mirent Manu au centre des cinq garçons, ne pouvant pas du tout s’enfuir. Il avait beau lancer un regard effrayé aux professeurs, même si ceux-ci savaient comment étaient les cinq garçons, ils ne firent absolument rien et Manu se retrouva rapidement à l’extérieur, tremblant déjà légèrement de froid puisque quelqu’un avait pris sa veste. Une fois un peu plus éloigné, deux des jeunes reprirent Manu avec beaucoup plus de violence cette fois, vers « leur coin », là où personne ne les voyaient fumer leurs joints. Même s’il voulait de tout son cœur se défendre, s’enfuir, il ne le pouvait pas, cela n’aurait fait qu’empirer les choses. Seulement, quand il vit qu’un d’entre eux était en train de fouiller son sac, Manu réagit immédiatement. Il tenta de se dégager des bras des deux autres tandis :

-          Touches pas à ça !! Foutez-moi la paix, je vous ais rien demandé bande de salauds !

Il regretta aussitôt ses mots en voyant que Seb levait le regard, étant en train de s’allumer une cigarette. Et il le pensa bien car à peine l’avait-il allumée qu’il s’approcha de la veste de Manu qu’il prit sans un mot des mains d’un de la bande. Il la tendit ensuite à celui qui s’était servi dans le sac de Manu :

-          Vas-y, décore-la comme une tapette aimerait le faire !

Il lui murmura ensuite quelque chose et cela ne paraissait rien de bon à voir le sourire que faisait celui qui écoutait. Manu en aurait bien pleuré de misère, il aurait supplié n’importe qui pour que ce calvaire, cette peur, cette haine disparaissent. Seulement, cela ne faisait que commencer… Il vit ensuite Seb s’approcher de lui et le regarder un moment en lui soufflant sa fumée de cigarette sur le visage. Manu n’en pouvait plus, et préféra être clair une bonne fois pour toute :

-          Si tu veux te défouler vas-y, parce que je n’ai pas le temps avec tes gamineries !

Une lueur presque meurtrière apparut dans les yeux de Seb et celui-ci écrasa immédiatement sa cigarette sur le sol avant de remonter le visage vers  manu avec un léger sourire. Les deux autres qui tenaient Manu, en voyant le regard de Seb, resserrèrent leurs mains autour des bras de Manu, sachant tous très bien que cela n’allait pas s’achever là. Directement, Sébastien se dirigea lentement jusqu’aux affaires de Manu, jetées à terre. Il prit un livre de cours et prit dans sa poche un briquet, brûlant ainsi ses cours devant ses yeux :

-          T’es vraiment un connard ! T’as pas de couilles pour vouloir te battre avec tes quatre autres dégonflés ?

Seb n’écouta même pas et reprit un cahier de plus… C’est en ayant fini absolument tout qu’il fit un hochement de tête à celui qui avait toujours sa veste. Le garçon prit directement un feutre indélébile et se mit à genoux avec un sourire jusqu’aux oreilles pour commencer à inscrire des choses que Manu devinait parfaitement. En seulement quelques minutes, il n’avait plus la moitié de son matériel scolaire, il n’avait plus ses livres de cours et n’avait plus de veste. Qu’allait-il dire à Cyril… ? Qu’allait-il inventer comme excuse pour qu’il n’ait pas à avouer ce qu’il endurait ? S’ils venaient à le frapper au visage, serait-il viré du boulot auquel il doit être présent et en forme pour que Cyril le garde ?
Sébastien revint enfin vers Manu, mais cette fois, l’on voyait bien que son intention était de le frapper. Et en effet, il envoya directement un coup de poing dans le ventre de Manu qui, encore une fois, ne put qu’encaisser le coup sans rien dire. Il en ramassa plusieurs tandis que Sébastien était en train de lui parler, la voix tout à fait paisible :

-          Celui qui a pas de couilles, c’est bien toi, la tantouse ! Si tu crevais, peut-être qu’on aurait un peu plus de compassion pour toi…

Il releva ensuite le visage de Manu, qui tenait déjà à peine sur ses jambes par la force que donnait Sébastien, et reçut un coup de poing tellement fort qu’il ne put rester debout. Ses jambes lâchèrent, étant encore tenu par les deux garçons pour une raison qui n’était même plus valable. Il n’aurait même plus été capable de s’enfuir à présent mais la seule chose qui lui vint en tête était le coup au visage. Mais alors qu’il était à genoux, pleurant presque par la douleur et l’humiliation qu’il devait subir, il sentit que Sébastien lui tirait les cheveux et c’est avec un léger sourire qu’il alla jusqu’au bout. Il approcha la tête de Manu à son pantalon et finit par lui coller en rigolant. Entendre ces cinq garçons rire du malheur de Manu ne put que l’enfoncer encore plus. Ses larmes ne prirent plus une seconde de plus à couler et il entendit l’humiliation verbale reprendre de plus belle :

-          Alors, t’as pas envie la sucer ma queue, sale pédale ? Ca doit bien faire les pipes les tantouses dans ton genre non ? dit Seb.

-          Ouais, vas-y  qu’on rigole un coup ! rajouta un autre.

Même si à cet instant, Manu ne fut obligé de rien faire, sentir le sexe d’un autre, même à travers un pantalon, le dégoutait. Il avait encore plus honte de lui et arriva jusqu’à s’en vouloir d’être homo. Entendre et supporter toute cette humiliation lui donnait envie de mourir de honte…
En plus de son corps, son cœur lui faisait horriblement mal. Il n’arrivait pas à comprendre cette violence qu’ils éprouvaient envers lui. S’amuser du malheur des gens était une chose qu’il ne pouvait supporter, même s’il avait fait endurer beaucoup de choses aux autres orphelins, jamais il n’aurait été jusque là.
Manu, n’en pouvant plus, se laissa à faire quelque chose qu’il n’aurait jamais imaginer faire un jour pour avoir la paix ; se rabaisser… C’est d’une voix brisée par ses larmes et par la torture qu’il dit :

-          Je vous en supplie.. laissez-moi ! Je n’ai rien fait de mal, je..

Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que déjà Sébastien lui lança la tête en arrière violemment, Manu se laissa tomber, trop mal physiquement et moralement pour se relever. Les quatre garçons, eux, retournèrent déjà vers les classes tandis que Sébastien s’accroupit près de Manu qui restait à terre :

-          Tout ceux de ton genre devraient crever alors, aide-nous et vas te suicider toi et ta tapette de mec, c’est compris ?

Il se releva et alors que Manu croyait avoir enfin la paix, il reçut un dernier coup de pied dans le bas ventre et vit qu’il lui lança sa veste près de lui, comprenant bien que Sébastien voulait qu’il lise ce que l’on avait écrit dessus.
Il prit de longues minutes avant de pouvoir se redresser, complètement abattu. Il se sentait vaincu… C’est finalement pour regarder l’état de sa veste qu’il se redressa difficilement, les coups lui lançaient dans tout l’abdomen et son visage. Comme il se l’était dit ; « Pd, pédale, tantouse, crèves,… » Tout ce qu’il se ramassait dès qu’il venait à croiser ces garçons. Il ne savait pas du tout comment il allait faire pour avoir une nouvelle veste, de nouveaux cahiers… C’est tel un robot qu’il ramassa le peu d’affaires qui lui restait et qu’il se releva, crachant un peu de sang par la force du coup de poing qu’il avait reçut au visage. Décidant de ne pas aller voir Cyril tout de suite, il prit du temps à aller jusqu’au restaurant, grelotant de froid et souffrant le martyre par les coups reçus. Il ne pleurait même pas, il réagissait comme s’il était totalement sous le choc et alla donc jusque là où il rentra. Il se força à se redresser et à marcher convenablement malgré qu’il serrait les dents de douleur, faisant alors comme si de rien était en entrant. Le patron regarda l’état de son visage un moment mais finit par ne rien dire et passa à côté, laissant Manu à la plonge. Il regarda un peu si personne ne le voyait et finit par rapidement sortir dans la petite cour à l’arrière et alla mettre sa veste aux ordures, ne pouvant même pas la laver. Irrécupérable…
Il rentra ensuite et bouscula Alex.

-          Salut Manu. Dit-il avec un grand sourire.
Comme tu v..

Il sembla remarquer aussitôt le coup de Manu et réagit.

-          Ouah, tu t’es battu ?

-          Qu’est-ce que ça peut te foutre ?

-          Absolument rien, c’est juste pour assouvir ma curiosité.

-          Alors, dégages de ma vue !

-          Ca te fait mal ? demanda-t-il en posant déjà sa main sur la blessure.

Manu tourna légèrement le visage par la douleur que cela lui infligeait déjà. Il lui tira ensuit le bras en regardant discrètement s’il n’y avait pas le patron dans les parages et prit le nécessaire pour le soigner. Manu réagit immédiatement en reculant :

-          Je veux pas de ton aide ! Fous-moi la paix.

-          Aller, Manu, fais pas ton gamin. Il faut te soigner sinon, tu vas te choper un bleu encore plus horrible !


Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Vendredi 21 décembre 2007

DEUXIEME PARTIE

A peine une minute plus tard, il sursauta en entendant un verre tomber sur le sol et Cyril jurer comme rarement il le faisait.

Manu alla directement ramasser et épongea l’eau avec une serviette qu’il avait prévu sur le plateau. Rapidement, il entendit Cyril parler d’une vois suppliante :

-          Je t’en supplie Emmanuel, laisse-moi te parler…

Manu hésita. Il savait très bien le sujet qu’il allait entreprendre et il ne savait pas s’il était capable de supporter une conversation pareille… S’il en parlait, ce n’était que pour pleurer à nouveau et Manu en avait assez d’être aussi faible. Mais peut-être que finalement, écouter ou parler était la solution… Cyril rajouta directement :

-          Tu n’auras rien à dire, juste à écouter ce que j’ai à te dire…

S’il savait le désespoir qu’il ressentait, peut-être que Cyril supplierait encore plus Manu de lui parler. S’il savait ce qu’il vivait en ce moment, il se sentirait peut-être encore plus mal. Il finit par se redresser après avoir continué à hésiter un moment et alla s’assoir sur la chaise, croisant les bras comme s’il restait sur ses gardes, attendant. Après un moment, il se lança, semblant tout à coup hésiter également :

-          Toute la journée, j’ai eu le temps de réfléchir à ce que j’allais pouvoir te dire, et maintenant que je dois commencer, je ne sais plus vraiment quoi dire… Il ne me semble pas avoir fait une remarque négative à propos de ce que j’ai vu hier. Il ne me semble pas non plus avoir fait quelque chose qui aille à ton encontre. Tu n’as pas à avoir honte ce que tu te fais Emmanuel, et cela ne change rien au regard que je pose sur toi. Je connais le mal-être qui peut pousser à ce faire ce genre de choses, ayant moi-même failli le faire dans ma vie. Je sais que lorsqu’on arrive à ce genre d’extrémités, on ne voit pas d’autres issues possibles. Je sais que tu vas très mal. Ce qui me serre le cœur, c’est que tu ne veuilles pas me parler de ce qui te pousse à t’autodétruire, et je sais aussi que tu fais cela parce que tu ne trouves pas d’autres moyens. N’arrivant pas à l’exprimer par des mots, n’arrivant pas à en parler, ta souffrance te ronge de l’intérieure. Tu ne vois que cette manière pour l’exorciser. Saches que je ne te jette pas la pierre et que ton geste ne me dégoûte pas. Au contraire, cela m’inquiète, et je souffre d’être impuissant face à tout ça. Cependant, il y a quelque chose que je n’admets pas : que tu t’éloignes ainsi de moi. J’ai besoin de toi Emmanuel, plus que tu ne le crois.

Manu avait à nouveau l’impression que le temps s’arrêtait. Il avait l’impression que Cyril le comprenait parfaitement et cela était insupportable pour ses nerfs. Sa gorge se serrait de plus en plus, et il sentait son ventre se tordre… Il retenait chaque mot de ce qu’il disait depuis le début et chacune des phrases lui faisait un effet différent au cœur. A ce moment-là, il aurait voulu dire à quel point il aimait Cyril, pour cette compréhension, pour ce calme et ce réconfort… Comme si cela n’était déjà pas assez dur, Cyril rajouta quelque chose :

-          Ne me fuis pas, sinon je ne pourrais même pas avoir une chance de t’aider et de te soutenir. Je t’aime Emmanuel, je t’aime tellement… Je…

Manu porta une main à son visage, sentant bien qu’il ne fallait pas une phrase de plus pour qu’il explose. Son cœur et sa gorge lui faisait mal tellement il tentait de retenir ses émotions et ses sentiments. Entendre des phrases aussi belles et attachantes était trop difficile. Cyril était quelqu’un de bien trop bien pour qu’il soit avec un raté comme Manu. Jamais personne n’avait été là pour lui, comment devait-il faire pour qu’il permettre à quelqu’un de l’approcher ?

-          Ca me fait tellement mal de te voir dans cet état, je suis là… Je ne te force pas à me parler, mais saches que jamais je ne te jugerais sur ce genre d’acte. Laisse-moi seulement t’approcher, laisse-moi te tendre la main pour que tu puisses la saisir… Laisse-moi être près de toi…

Il vit à ces dernières paroles qu’il lui tendait la main, Manu avait soudainement l’impression que c’était maintenant ou jamais. S’il tendait la main à Cyril, c’était pour l’aimer et pour lui être sincère tandis que s’il la rejetait, ce serait pour toujours et personne ne serait jamais là pour Manu. Evoluer maintenant ou jamais, voilà l’ultimatum qu’il avait l’impression qui se présentait devant lui ce soir-là. Et bizarrement, il n’avait qu’une envie, c’était de rejoindre sa main à celle de Cyril. Il voulait être à ses côtés et être heureux avec lui à jamais.
Il retira donc sa main de son visage et tremblant, il saisit avec douceur la main de Cyril, la posant sur le lit et posa son front sur ces deux jointes. Il eut l’impression que pour la première fois de sa vie, il avait besoin de ressortir de vieux démons. Cette solitude qui le rongeait, même si elle n’était pas prête de disparaître, Manu pouvait se débarrasser d’une petite partie d’elle. Cyril était prêt à l’aider, ne fut-ce qu’un peu.  Cyril l’aimait réellement, Manu en était persuadé à présent…
Malgré que son amant était en ce moment incapable de le serrer dans ses bras, rien que sentir son pouce et ses paroles, la douceur qui s’en dégageait était suffisante.
Se sentant soulagé après de longues minutes, Manu se redressa subitement et souffla à Cyril qu’il revenait vite. Il alla rapidement dans sa chambre pour se mettre en pyjama et prit son matelas pour dormir à ses côtés. S’il ne pouvait pas dormir contre Cyril, être dans la même pièce était ce soir nécessaire et il revint dans la chambre après cinq bonnes minutes en souriant timidement à Cyril :

-          Je peux dormir avec toi ?

-          Oui, mais pas à mes côtés, le lit est largement assez grand !

-          Non, ce n’est pas une bonne idée… J’ai bien trop peur de te faire mal.

-          Ecoute Emmanuel, ne pas t’avoir contre moi cette nuit sera encore plus douloureux que mon mal de dos, s’il-te plaît, viens…

Même s’il voulait être raisonnable, Manu ne résista pas une seule seconde de plus. Il laissa le matelas là et vint se placer de l’autre côté du lit et redressa les couvertures avant de se glisser dans le lit avec toute la délicatesse dont on pouvait faire preuve.

-          Approches-toi un peu plus. Demanda Cyril.

Manu se colla donc le plus possible de Cyril, prenant sa main dans la sienne. Cela faisait tellement de bien de sentir le corps entier de Cyril contre lui, de sentir sa peau chaude contre lui… C’est soulagé et à la fois fatigué que Manu déposa délicatement un baiser sur les lèvres de Cyril avant de lui souhaiter une bonne nuit à laquelle l’adulte répondit la même choser et lui souffla une dernière fois « je t’aime ».

Manu sourit tendrement, et regarda Cyril s’endormir, sentant son souffle calme se déposer sur sa main… Cela faisait tellement de bien de le voir ainsi, aussi prêt, de pouvoir se dire que Cyril était là pour lui… Une fois qu’il fut certain que Cyril était endormi, Manu se redressa et murmura :

-          Moi aussi je t’aime Cyril…

Le lendemain, Manu fut réveillé brusquement par Cyril :

-          Emmanuel, il est dix heures !!!

Manu s’assit directement sur le lit en criant « merde », seulement, il fit mal à Cyril, celui-ci faisant un gémissement de douleur. Manu s’excusa rapidement et se redressa sur le bord du lit, à présent trop en retard pour même se dépêcher. Il se retourna ensuite avec un léger sourire, ravi de revoir Cyril auprès de lui dès le matin. Son visage s’approcha du sien et il déposa rapidement ses lèvres sur les siennes…
Finalement, après le baiser, Cyril proposa :

-          Tu n’as qu’à rester la matinée, ça ne vaut plus trop la peine d’aller en cours ce matin, non ?

-          Mmmh.. répondit Manu en se rapprochant un peu plus de Cyril, rapprochant à nouveau son visage de celui de son amant.

Manu ne put s’empêcher de passer sa main sur une fesse de Cyril et embrassa lentement sa joue et son cou. Sans trop s’en rendre compte, Manu commençait déjà à caresser Cyril d’une toute autre façon que ces derniers jours et ses lèvres laissaient déjà passer sa langue dans un érotisme dingue.
Cyril, qui au début se laissait totalement faire, commençait déjà à s’agiter légèrement. Il finit par dire :

-          Emmanuel… C’est pas que j’ai pas envie mais… C’est pas possible.

Manu s’arrêta sur le chant, se rendant enfin compte qu’en effet, ce n’était absolument pas possible qu’ils fassent l’amour maintenant.

-          Excuse-moi, c’est juste que… ça fait une semaine qu’on s’est pas touché et.. désolé !

-          Ne t’inquiète pas. Dès que je serai rétabli, on rattrapera le temps perdu et on restera au lit pendant tout un week-end…

-          Mmh, je dois dire que ça me tente… On le fait quand ?

-          Quand je serai rétabli Emmanuel, sois patient.

Manu soupira, ayant l’impression que cela allait arriver dans des millions d’années. Le silence reprit lentement, laissant Manu se concentrer sur les caresses qu’il faisait sur le bras de Cyril lentement tandis que celui-ci refermait les yeux. Alors qu’il avait déposa un léger baiser sur son bras, il entendit Cyril reprendre la parole :

-          Manu…

-          Quoi ?

-          Le patron a dit quoi quand tu es allé le voir ?

Manu fit tout à coup des yeux ronds. Rarement dans sa vie, il venait à oublier des choses mais ces derniers jours, c’était bien une des seules qu’il avait oublié. A voir la tête que Manu faisait, Cyril sembla comprendre et soupira, agacé :

-          Ne me dis pas que tu as oublié ?

-          Je suis désolé ! répondit-il, gêné.

-          Manu, tu te rends compte que ça fait presque une semaine qu’ils n’ont pas de nouvelles de moi ? Je dois être viré depuis !

Apparemment, en prenant une voix plus sévère et l’énervement, Cyril eut soudainement mal au dos. Manu tenta de se rattraper en se relevant doucement pour ne pas lui encore plus mal. Une fois debout, il se dépêcha pour mettre rapidement des vêtements :

-          Je vais vite aller le voir maintenant et j’irai en cours après ! Je suis vraiment désolé Cyril, ça m’est complètement sortit de la tête.

En voulant retirer son pull, se rappelant de ses blessures, il se tourna subitement de l’autre côté, e voulant pas lui montrer à nouveau ce qu’il s’infligeait. Il n’attendit même pas de réponse de Cyril qu’il s’en allait déjà, honteux d’avoir oublié. Il avait tellement pensé à son petit malheur, que même rendre un service à Cyril avait été de trop… S’il était viré maintenant, il s’en voudrait horriblement… Il déclara un léger « à ce soir » et courut déjà jusqu’au restaurant. Il arriva là en seulement quelques minutes et rentra à l’intérieur en cherchant le patron du regard. Il ne trouva qu’Alex et il fut résigner d’aller le voir, même s’il ne l’aimait absolument pas. L’idée même qu’il collait Cyril lui donnait envie de le frapper. Il s’approcha donc, prenant sa légendaire voix désagréable :

-          Il est où le patron ? demanda-t-il sans même dire bonjour.

-          Salut Manu… Ca fait plusieurs jours qu’on a pas vu Cyril, je me suis inquiété. Il va bien ?

-          Il a eut un accident mais j’ai pas le temps de raconter, il sera de retour dans un petit moment. Il est où le patron ?

-          Il est en cuisine et..furieux !

Manu ne chercha pas plus loin et alla en cuisines, stressé de savoir ce qui allait se passer pour Cyril. Il le trouva en train d’engueuler des employés, ce qui ne fit que renforcer le stress de Manu. Cette conversation promettait d’être intéressante. Il s’approcha donc et se lança :

-          Excusez-moi…

-          Quoi ? répondit agressivement l’homme en se retournant vers Manu.

Le jeune pensa aussitôt que s‘il restait calme, c’était pour Cyril car l’envie d’envoyer un coup de poing dans la figure à ce patron le prit extrêmement fort. Il se contenta de garder son calme et répondit :

-          Je viens de la part de Cyril, il..

-          Qu’est-ce qu’il a celui-là ? Il est viré ! Ne pas donner de nouvelles pendant autant de jours, c’est inadmissible !

-          C’est moi qui ai oublié de venir, Cyril n’y est pour rien ! Des cambrioleurs sont venus et l’ont fait tomber sur la table basse !! Il a eu une vertèbre cassée et on l’a opéré ! J’ai été inquiet et ça m’est sorti de la tête.

-          Rien à foutre ! C’est peut-être dommage ce qui lui est arrivé mais à présent, il peut s’en prendre qu’à toi, le morveux !

L’homme le laissa sur ces mots tandis que Manu restait là, paniqué à l’idée que Cyril ait perdu son travail. Il avait beau réfléchir, il ne voyait pas ce qu’il pouvait faire. Alex s’approcha alors, ayant apparemment entendu la conversation :

-          T’inquiète pas… Les places en restaurant, ça manque pas.

-          Pourquoi tu viens me parler toi ? Tu me connais pas alors dégages de ma vue ! répondit Manu d’un air détestable.

-          Ho je disais ça juste pour te rassurer, pas la peine de prendre tes grands airs…

Alors que Manu était prêt à s’occuper de son cas, une idée lui vint et le fit directement changer de trajectoire. Il se dirigea à nouveau vers le patron :

-          Et si je travaille à sa place ?

-          Quoi ? Les gosses comme toi, ils ont pas école ?

-          Je pourrais venir le matin, à midi et le soir ! Je sais que ça ne fera pas le même nombre d’heure mais… Cyril a trop besoin de ce boulot alors je peux vous aider comme je peux en attendant son retour…

-          Ce qui veut dire combien de temps ?

-          Trois semaines, un mois tout au plus.

Le patron regarda Manu un moment, semblant réfléchir et finit par répondre :

-          Tu t’occuperas principalement de la plonge et si un seul jour tu viens pas… Cyril aura son C4, c’est compris ?

-          Merci beaucoup !

-          Remercies tout le boulot qu’il y a à aire ! D’ailleurs, tu commences dès maintenant !

Il lui expliqua en seulement quelques minutes, étant vraiment pressé du travail qu’il y avait à faire mais quand il vit qu’Alex était justement à la plonge et qu’ils allaient devoir travailler ensemble, Manu regretta rapidement ce qu’il avait proposé… Il ne pouvait pas sentir ce mec une seule seconde, ce travail allait être véritablement pénible. Le patron le laissa là en disant qu’Alex lui expliquerait les choses qu’il ne saurait pas, Manu resta un moment là en regardant Alex, montrant bien qu’il était déjà agacé par sa présence :

-          Alors, on va travailler ensemble ? demanda Alex, un grand sourire s’affichait sur ses lèvres.

-          Génial.. répondit Manu d’un ton ironique en s’approchant du travail à faire.

-          Comment va Cyril ?

-          Qu’est-ce que ça peut te foutre ?

-          Ho ça va hein… Bon, tu laves et moi j’essuie. Dit-il en sortant ses mains de l’eau.

Manu avait oublié un détail jusque là et quand il voulut remonter sa manche, il s’en rappela subitement. Il recula de quelques pas en remettant rapidement sa manche pour ne pas qu’Alex le voit. Celui-ci fit des yeux ronds, Manu croyant qu’il avait vu :

-          Tu veux que je le fasse ? demanda-t-il, apparemment ignorant de ce qu’il aurait pu voir.

-          Ouais.. répondit simplement Manu, mal à l’aise.

Pendant un moment, Manu ne dit rien et fut à nouveau agacé par Alex :

-          Bon… tu m’as toujours pas dis, comment va Cyril ?

-          Mais tu veux pas me lâcher oui ? Et lâche Cyril par la même occasion !

-          C’est juste que quand j’ai du le faire repartir,  il allait super mal ! Je voulais savoir s’il avait réglé son problème, c’est tout…

-          Il allait super mal, comment ça ?

-          Oui, il a pleuré dans mes bras et tout… Il ne semblait vraiment pas heureux. Il s’était disputé avec toi ?

Manu ne répondit même pas, s’en voulant trop. Ils ne s’étaient même pas disputé, Manu l’avait totalement rejeté et cela était encore pire qu’une simple dispute… Mais à la fois pris sur le fait et haineux contre lui-même, il ressortit cette colère contre Alex :

-          Ca ne te regarde pas !

-          Tu sais, si vous avez des problèmes dans votre couple, je peux t’aider…

-          Arrêtes de t’occuper de nous ! C’est toi le problème en ce moment ! Et puis, je parie que ce que tu dis c’est des conneries ! Si Cyril avait eu un problème avec moi, il me l’aurait dit et il serait pas allé chialer dans tes bras, c’est compris ? Je suis pas comme Cyril moi, j’ai pas besoin de ton amitié bidon !

-          Bon ben, puisque c’est comme ça…

Alex laissa Manu sur ces mots et commença autre chose à faire dans le restaurant. Manu murmura quelques injures, furieux contre Alex mais aussi contre Cyril. Pourquoi était-il allé pleurer dans ses bras ? Il lui en voulait tellement à ce moment précis qu’il avait du mal à se concentrer sur son travail. Il reçut donc déjà une remarque de la part du patron sous prétexte qu’il n’allait pas assez vite et dut donc faire abstraction de toutes ses pensées pour ne pas perdre ce job. Ce fut donc à 17h00 qu’il fut lâché ce jour-là, stressé et énervé comme jamais après une journée pareille. Pour faire ses preuves, il avait du prendre énormément sur lui pour ne pas devenir plus agressif qu’il ne l’était déjà, se sentant presque comme de la merde dans ce milieu. Avant de reprendre la route, il décida d’abord d’aller revoir Alex pour régler un dernier point. Cyril ne devait pas être au courant de ce qu’il allait commencer à faire ou sinon, il allait commencer à s’inquiéter beaucoup et il allait encore s’en vouloir plus que de raison. Il se dirigea donc vers lui une dernière fois avant de repartir :

-          J’aimerai bien que tu ne dises rien à Cyril...

-          A propos de quoi ?

-          De ce que je fous ici, tiens !

-          Ca m’est égal de ce que tu fais ici, mais si tu veux que je ne dise rien… c’est d’accord…

-          Et évite d’approcher Cyril par la même occasion…

-          Arrête avec ta jalousie, gamin, je vais pas te le piquer ton mec !

Manu s’approcha directement d’Alex dans le but de régler ses comptes une bonne fois pour toute mais le patron arriva en cuisine à ce moment précis. Il se contenta de lui murmurer avant de le pousser de son épaule pour repartir :

-          Que je n’apprenne pas que t’aies essayé quoi que ce soit !


Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Vendredi 21 décembre 2007

PREMIERE PARTIE

A ce moment précis, Manu crut que le temps s’était subitement arrêté. Pourquoi n’avait-il rien senti… Il aurait du se rendre compte que quelque chose n’allait pas mais il était bien trop occupé avec ses petits problèmes… La directrice le conduisit gentiment jusqu’à l’hôpital et repartit tout aussi vite. Heureusement, le trajet ne dura que quelques minutes, même s’il sembla extrêmement long pour Manu. Il ne put s’imaginer les pires des choses, son ventre et son cœur lui faisaient horriblement mal. Il demanda directement à une secrétaire où il se trouvait, ne sachant même pas ce qu’il devait demander. Mais un médecin, en entendant le nom de Cyril, intervint directement :

- Cyril est votre tuteur ?

- Oui ! Vous l’avez vu ? Est-ce qu’il va bien ? demanda Manu, de plus en plus paniqué.

- Il s’est fracturé une vertèbre mais ne vous inquiétez pas, avec le temps, il s’en remettra…

Manu ne lui laissa même pas le temps d’achever et partit à la chambre de Cyril dès qu’il sut où elle se trouvait. Quand il ouvrit la porte, il était à la fois soulagé et encore plus effrayé. Le médecin qui était dans la chambre, la quitta et les laissa seuls. Le voir sourire était encore pire… Pourquoi souriait-il ? Il souffrait le martyre et sa tête ne faisait qu’affirmer ce que Manu pensait. Il devait avoir mal à en vouloir mourir… En s’avançant, il murmura son nom, ayant du mal à croire qu’il était bel et bien là… Il avait tellement envie de venir pour le serrer le plus fort possible, pour lui dire tout ce qu’il avait sur le cœur, mais il se contenta de le regarder un moment avant de tendre la main pour prendre la sienne. Seulement, il vit Cyril réagit au quart de tour et émettre un cri de douleur, forçant Manu à retirer sa main à la seconde. Il ne sut combien de fois il s’excusa, se sentant horriblement gêné de lui faire encore plus mal qu’il ne l’avait déjà. Mais apparemment, Cyril ne lui en voulait heureusement pas. Il lui demanda d mettre sa main à côté de la sienne, semblant souffrir même quand il parlait. Manu prit donc une chaise et s’assit pour faire comme Cyril lui avait demandé. C’était impressionnant comme ce simple geste, cette douleur, pouvait les séparer encore plus que Manu le faisait déjà. Il vit ensuite Cyril presque une profonde respiration et se mordre les lèvres pour soulever la main et la poser sur celle de Manu. Comment un simple geste comme celui-ci pouvait-il autant faire souffrir ? Sentir Cyril auprès de lui était impensable. Il s’était imaginé le perdre mais maintenant qu’il était là, il semblait avoir tellement mal et être tellement triste. Il avait peur, cela se lisait dans ses yeux, remarquant alors qu’il commençait à pleurer. Manu se doutait parfaitement qu’il se lâchait parce qu’il était là et il se sentait tout à coup plus indispensable pour le calmer. C’est avec une extrême douceur qu’il se redressa pour enlever une mèche qui se déposait sur son visage et s’approcha lentement pour poser ses lèvres sur les siennes, ne pouvant faire plus si rien que le fait de parler lui faisait déjà mal… Il ne put même pas s’empêcher de pleurer à son tour en le voyant si mal, se trouvant complètement ridicule. Il sentit un c’moment le pouce de Cyril lui caresser la main, se doutant que c’était le seul geste qu’il pouvait se permettre. Heureusement, ils se calmèrent rapidement, les laissant profiter un moment le simple contact de leur main jusqu’à ce que Cyril prenne la parole, inquiétant à nouveau Manu :

- Emmanuel, est-ce que tu es au courant de ce que j’ai et de ce qu’on va me faire demain ?

- Demain ? Comment ça ?

- Je me fais opérer demain.

Le visage de Manu devint pâle comme un linge. Une opération… Il haïssait déjà le mot. Il dut se concentrer pour comprendre la suite :

-          J’avais deux choix qui s’offraient à moi. Soit je restais immobilisé pendant un trop long moment, et cela est loin de m’être permis, soit je me fais opéré et je me rétablirai plus vite, bien que… cela comporte des risques.

-          Il en est hors de question ! cria presque Manu.
Pas d’opération !

Une opération à risque était impensable. S’il arrivait quoi que ce soit… ce serait pire que tout et Manu s’en voudrait toute sa vie de ne pas l’avoir dissuadé. Mieux vaut attendre et qu’il se remettre sans risques.

-          Enfin Emmanuel, si je ne me fait pas opéré, je ne pourrais pas retourner travailler assez rapidement. On peut vivre un temps sur mes économies, mais pas plusieurs moi.

-          Non… répondit-il, paniqué.

-          Voyons Emmanuel, je préfère être opéré que nous soyons séparé par une simple crainte. Tout se passera bien, je ne vois pas de raisons qui causeraient un problème. Ils vont m’opéré, je vais guérir plus vite et souffrir moins longtemps et rapidement nous reprendrons tout, comme si rien ne s’était passé, oubliant cela comme un simple mauvais souvenir.

A ce moment, Cyril semblait tellement souffrir que Manu commença à hésiter.

-          Mais Cyril…

-          Je t’aime Emmanuel, et je te promets qu’il ne m’arrivera rien.

Manu finit par se résigner. Si tel était son choix, il n’avait pas à l’en faire dissuader. Même s’il devait prendre sur lui énormément, il savait pertinemment que Cyril ne changerait pas d’avis… N’ayant pas le temps d’y penser plus longtemps, Cyril lui demanda de lui donner ses somnifères et un verre d’eau, s’exécutant aussitôt. Bientôt, tout cela allait être un dur quotidien, mais il tenait à s’occuper de lui le plus possible, à ce qu’il ne manque de rien. Il tenait bien trop à lui pour se sentir obligé de le faire et était prêt à devenir un minimum responsable. Il dut attendre à peine quelques minutes pour remarquer que Cyril s’endormait déjà et sortit de la chambre. Il avait besoin de respirer, il sentait toutes ses émotions lui oppresser la poitrine et, refusant de pleurer, Manu s’enfermait dans un cercle vicieux qui lui faisait perdre la tête.
Il se dirigea machinalement jusqu’aux toilettes, le regard totalement perdu, et se réveilla enfin en se mouillant le visage. S’il lui arrivait quoi que ce soit, qu’il soit paralysé ou pire, qu’il meut, Manu le rejoindrait tout aussi vite. Même si au plus profond de lui, il savait que le suicide n’était pas la solution, il préférait souffrir dans la mort pour ensuite rejoindre Cyril que de continuer et de retourner dans cet orphelinat, à nouveau seul, après avoir perdu la troisième personne la plus importante de sa vie. Cyril lui éveillé toutes ses émotions et ses sentiments, il lui avait fait le déclic pour enfin évoluer, et le perdre après qu’il ait appris à tenir à lui, c’était même inimaginable.
Vivre seul… C’était à présent la plus grande peur de Manu et maintenant que Cyril avait comblé le vide que Manu sentait s’agrandir de jour en jour, il ne pouvait pas s’en aller et lui arracher le cœur.
Un deuxième abandon était insurmontable…
Pourquoi est-ce que Cyril devait vivre une telle souffrance ? Pourquoi est-ce que Manu se sentait et était impuissant à ce qu’il vivait ? C’était ça aimer ? Regarder son amant souffrir le martyre sans rien faire ?
Manu avait tellement envie de retrouver ces hommes rien que pour se venger, même s’il savait qu’il n’aurait rien pu faire et qu’il aurait peut-être été dans le même cas que Cyril. Peut-être aurait-il du être à sa place… Il n’aurait pas eu à avoir aussi mal… Il se haïssait davantage qu’avant et plus il pensait, plus se détestait de ne pouvoir rien faire. De colère, de haine envers les agresseurs et envers lui-même, Manu ne put s’empêcher de verser quelques larmes de rage jusqu’à ce qu’il frappe violemment dans le mur pour évacuer. La douleur qu’il ressentit à ce moment lui fit presque du bien. Même s’il se mit immédiatement à saigner et à souffrir, il se força à ne pas gémir de douleur en se disant que ce n’était rien à côté de celle de Cyril. Pourtant, un médecin arriva justement à ce moment-là et l’obligea à s’occuper de sa main. Il le regardait comme s’il était complètement fou d’avoir fait cela, pourtant Manu ne pouvait s’empêcher de ressentir un bien-être, de s’être puni efficacement de ne pas avoir été là pour son amant. Il s’échappa rapidement des mains du médecin qui ne cessait de lui dire qu’il n’aurait pas du, et retourna immédiatement auprès de Cyril.
Le soleil s’était couché et à présent, seule la lampe au dessus du lit de Cyril les éclairait. Manu prit le fauteuil qui se trouvait dans la pièce et l’approcha silencieusement du lit de Cyril, dans lequel il s’assit en soupirant. Lentement, il remit sa main sur celle de Cyril qu’il se mit à contempler un moment. Jamais il n’avait prit le temps de le regarder en détails. Il tenta de garder le plus en mémoire possible chaque trait de son visage, passant de la forme de ses sourcils, à la légère droiture de son nez et de ses lèvres si attirantes à chaque instant. Jamais il n’avait remarqué l’abondance de cils qu’il avait, ce qui le rendait encore plus beau. Il ne put s’empêcher après plusieurs minutes de s’approcher de ses lèvres pour les froler au départ de sa bouche, prenant la peine de le regarder de plus près, ses yeux ne s’ouvrant toujours pas. N’y tenant plus, Manu déposa ses lèvres délicatement sur les siennes, en passant lentement sa main sur sa joue. Après ce baiser qu’il ne put arrêter avant plusieurs minutes, il posa sa tête tout près de son visage, ne lachant pas sa main de son visage. La nuit fût péniblement longue dans cette position mais jamais une seule seconde, il ne voulut lacher Cyril plus de cinq minutes de peur qu’il ne le perde. Même si ce n’était qu’une fracture, il avait tellement peur qu’il ne lui arrive quelque chose pendant l’opération qu’il s’imaginait déjà à l’enterrement de Cyril. Jamais il ne pourrait croire une chose pareille si on lui annonçait un jour.
Finalement, le matin, Manu décida d’aller chercher un café pour se remettre de la nuit qu’il venait de passer. Il revint quand une infirmière sortait de la chambre, apparemment pour prodiguer à Cyril des premiers soins avant cette opération qu’il redoutait tant. En s’approchant de Cyril, il prit bien entendu la peine de cacher un maximum son bandage à la main, même s’il savait parfaitement que Cyril n’était pas dupe. Manu n’aurait pas pu s’en empêcher à ce moment de toute façon, et il devait avouer que bizarrement, cela lui avait fait un bien fou et l’avait calmé… Il se prenait pour un fou d’aimer la douleur en se faisant cela, mais il comptait bien recommencer s’il se sentait coupable de quoi que ce soit. C’était la seule façon de payer le mal que l’on faisait… Aimer quelqu’un sans pouvoir faire quoi que ce soit pour lui était d’un ridicule absurde. Alors qu’il était en train de penser à tout cela en regardant son amant, celui-ci le fit sortir de ses songes :

-          Je peux avoir un baiser avant d’y aller…

Tout à coup, il repensa réellement à ce qu’il se passait. L’opération… Les risques…
Son ventre lui fit tout à coup incroyablement mal à l’idée qu’il allaient peut-être s’embrasser pour la dernière fois ou en tout cas, tant que Cyril était encore capable d’être totalement lui-même. Pourtant, en lisant exactement la même peur dans les yeux de Cyril, il dut prendre sur lui en se disant que la sienne ne devait être pas grand-chose par rapport à celle de Cyril… Il approcha alors lentement ses lèvres des siennes et les déposa délicatement, profitant de se mémorer de chaque seconde de ce baiser, de sa douceur et sa tendresse… Ils ne purent que se sourire, n’ayant absolument rien d’autre à se dire. Manu avait envie de lui dire tout ce qu’il pensait, de lui dire qu’il tenait à lui horriblement mais n’étant pas encore prêt, il se contenta de le regarder s’éloigner avec l’infirmière, espérant comme un fou que rien ne lui arrive.
S’il revenait paraylisé, cela voudrait dire que Manu devrait retourner dans cet orphelinat et qu’ils seraient à jamais séparés. Il était prêt à prendre la responsabilité de vivre avec Cyril si quelque chose de grave devait arriver, il ne voulait pas le quitter en faisant preuve d’une lâcheté incomparable. Mais il savait très bien que cela aurait été impossible et que puisque Manu était encore mineur, il ne pourrait pas suivre ses propres décisions… Pour une des premières fois, il demanda de l’aide à ses parents. Même s’il n’y croyait pas beaucoup, son désespoir faisait qu’il avait réellement besoin de demander une aide, du courage, un miracle… Il supplia sa mère et son père en murmurant des mots qui
prouvait que pour Cyril, sa fierté et son orgueil n’existaient plus. Il s’était assis pendant des heures sur une chaise sans jamais y bouger une seule seconde, se sentant horriblement seul. Seulement, à une heure où Manu se sentait de plus en plus mal, il entendit la porte s’ouvrir, les infirmières ramenant Cyril. Il était couché sur le ventre mais pas une seule fois, Manu n’osa relever la tête. Il était mort de peur à l’idée de voir la tête de Cyril décomposée par une mauvaise nouvelle. Il avait eu tellement peur pendant ces dernières heures que maintenant, il était totalement bloqué en elle, emprisonné dans son angoisse. Finalement, il entendit que tout le monde sortait, mais n’osant toujours pas bouger, il resta là, la gorge serrée et les larmes aux yeux et entendit une voix horriblement faible et souffrante :

-          Em..Emmanuel.

Toujours paralysé, Manu ne bougea pas d’un pouce en se concentrant pour ne pas pleurer. Mais Cyril n’abandonna pas et reprit :

-          Emmanuel, je suis là.. Tout s’est bien passé, je suis vivant. Emmanuel, regarde-moi je t’en prie…

Manu entendit enfin ce dont il avait besoin. Vivant et tout s’était bien passé… Il releva enfin la tête pour être encore plus mal en voyant Cyril. Son visage était éreinté et Manu ne pouvait s’empêcher de vouloir aller dans les bras de Cyril.

-          Approches-toi, ne reste pas dans ton coin. Rajouta Cyril.

Manu voulait s’approcher, mais qu’allait-il faire ? Il ne pouvait même pas toucher Cyril sans le faire souffrir. Tout ce dont il était capable, c’était de faire souffrir son amant. A cette pensée, Manu éclata en sanglots, se cachant le visage de honte. Pendant des heures il s’était retenu et maintenant, il ne pouvait plus s’en empêcher devant Cyril.

-          Emmanuel, je t’en supplie, viens près de moi…

A ses derniers mots, sa voix se brisa également, Manu ne s’en voulant que davantage.

-          Emmanuel.. répéta Cyril d’une voix suppliante.

Manu tenta vainement de se calmer, mais n’y parvint que quelques minutes plus tard pour finalement, s’obliger à se lever et se dirigea jusqu’à la chaise qui se trouvait à côté du lit. Mais  alors qu’il allait approcher ses mains de Cyril, il vit que ce dernier le fit avant lui. Il tendit son bras vers Manu et lui saisit le bras pour l’attirer à lui. Ses lèvres s’entrouvrirent de douleur, ayant fait un effort surhumain pour lui. Manu resta là sans savoir ce qu’il devait faire, surpris, content et à la fois en colère qu’il se fasse mal à ce point. Mais quand Cyril fut prit de tremblements, Manu eut le réflexe de passer sa main sur sa joue pour le calmer, mettant sa propre douleur de coté. Peut-être était-ce du à la douleur qu’il ressentait et à sa fatigue, mais Cyril commença à parler, la voix extrêmement torturée :

-          Je suis désolé, je m’excuse de te causer tout ces soucis. Je t’aime… Je t’aime…

Il semblait souffrir d’une telle force que Manu avait encore plus de mal à supporter cela, ne sachant rien faire pour l’aider :

-          Calme-toi Cyril, repose-toi… On va bientôt retourner chez nous, et tout va rentrer dans l’ordre. Tu es vivant… Nom de Dieu, tu es vivant, c’est tout ce qui m’importe.

Ses larmes reprirent de plus belle, prenant tout à coup conscience qu’en effet, Cyril était vivant et que maintenant, ce n’était plus qu’une question de temps pour son rétablissement.

-          Ne me lâche pas Emmanuel, ne m’abandonne pas… Ne me rejette pas…

Manu se sentait tout à coup horriblement mal. Il savait très bien que Cyril parlait de la scène avant son accident. Ce qu’il avait fait juste avant lui revenait à la figure subitement et il ne put que s’en vouloir encore plus de ce rejet qu’il avait fait subir à Cyril. Il sentait sa gorge se serrer et il regardait Cyril sans jamais parvenir à sortir un mot de sa bouche… Mais s’il savait ne fut-ce qu’une seconde ce que ces garçons lui avaient dit et fait, peut-être que Cyril regarderait la réaction de Manu d’une autre façon. Finalement, Manu posa sa tête contre son bras, ne bougeant pas d’un pouce. Seules leurs respirations se faisaient entendre dans la pièce. Seulement, après une dernière prise sur la main de Manu, celui-ci sentit que Cyril s’endormait petit à petit pour ensuite, se laisser à s’endormir un moment. Manu regarda Cyril un moment et finit par sourire de voir qu’il était bel et bien là. Le sommeil l’emporta rapidement aussi malgré la position désagréable et très inconfortable.
Après un temps qui parut très court pour récupérer son manque de sommeil, Manu se réveilla difficilement, ses yeux papillonnaient un moment pour s’habituer à la lumière et remarqua que Cyril était éveillé et le regardait tendrement. Il s’étira un moment en bas sans pour autant enlever sa main de celle de Cyril, ne remarquant pas directement qu’il montrait sa main bandée à Cyril qui allait certainement poser quelques questions par rapport à cela. Cyril sourit à Manu quand leurs regards se croisèrent, un sourire mélancolique auquel Manu répondit dans la même émotion. Subitement, Manu posa une question à Cyril, n’y ayant pas pensé jusqu’à présent :

-          Cyril…

-          Hum ?

-          Comment ça se fait que tu étais à la maison en début d’après-midi ?

Il sembla réfléchir et répondit tout simplement :

-          Je n’étais pas très en forme, et mon patron m’a dit de revenir le lendemain, et d’en profiter pour me reposer.

Bizarrement, Manu se sentit visé avec sa réflexion dans la matinée ce jour-là. Mais il n’eut pas trop le temps d’y penser que le médecin entra dans la pièce. Manu se résigna à lâcher la main de Cyril et s’écarta pour laisser place à l’homme.

-          Bonsoir Cyril, comment vous sentez-vous ?

-          Ca pourrait aller mieux. Répondit-il, voyant le mensonge dans ses yeux.

Il était horriblement mal, et cela, Manu aurait pu le deviner sans même le voir. Le médecin ne chercha même pas plus loin et semblait presser. Il reprit donc directement :

-          Bien, je vais vous expliquer la suite des évènements…

Il rajouta donc tout ce qui allait suivre, et déjà, Cyril semblait fatigué…  Il l’écoutait sans toute fois vraiment le faire. Il semblait totalement ailleurs et distant à tout ce qu’il entendait… Manu se sentait de plus en plus responsable et la situation et il comptait bien prendre tout le mal-être de Cyril sur le dos. Une fois partit, il les laissa à nouveau seuls. Manu bailla, horriblement fatigué d’être là depuis deux jours entiers sans quitter l’endroit. Mais alors qu’il remarqua qu’il avait oublié de cacher sa main bandée, il entendit déjà Cyril dire :

-          Manu, j’aimerais que tu me fasses deux choses pour moi s’il-te plaît. Hum, en fait, peut-être trois.

Manu regarda Cyril, septique.

-          La première est que tu rentres dormir chez nous. Tu as besoin d’une vraie nuit de sommeil, avant de retourner en cours demain.

Manu répondit aussi vite :

-          Pas question, je reste à tes côtés !

S’il y avait bien une chose à laquelle il avait peur, c’était de rentrer chez eux seul. Qu’allait-il faire tout seul, en sachant qu’il laisserait Cyril là…

-          S’il-te plaît Emmanuel, il faut que tu retournes en cours et rester dans cet hôpital avec mois ne sert à rien. Tu es épuisé et il faut que tu dormes dans un lit.

-          Mais… répondit Manu, à la fois vexé pour dire que cela ne servait à rien qu’il reste et terrifié à l’idée de retourner en cours.

-          Je ne te laisse pas le choix ! déclara Cyril sur un ton autoritaire.

Profondément vexé qu’il le prenne comme s’il était un enfant, Manu s’apprêta à se lever pour sortir.  Seulement, Cyril le retint en parlant :

-          Attends, je n’ai pas finis, ne pars pas comme ça. Crois-moi, ce n’est pas de bon cœur que je te demande de rentrer. Mais c’est pour ton bien et ta santé.

Manu se retourna, sans pour autant partager le même avis. Si Cyril pensait réellement à son bien, il le laisserait rester là. S’il savait ce qu’il se passait en cours, il l’obligerait à rester auprès de lui. Il regarda Cyril à l’attente de ce qu’il allait encore lui dire :

-          Vas-y, je t’écoute.

-          Ah j’oubliais, est-ce que tu pourras passer au restaurant pour les prévenir que je ne pourrais pas venir pendant un mois. Approches-toi s’il-te plaît.

Manu s’exécuta en soupirant, bien qu’en réalité, cela ne le dérangeait absolument pas :

-          Montre-moi ta main.

Ne supportant pas du tout qu’il soit de plus en plus oppressé par l’autorité de Cyril, il tendit sa main qui n’était pas blessée, prenant un air innocent.

-          Non pas celle-ci, l’autre, celle qui est bandée.

Manu baissa la tête et la tendit difficilement, se sentant tout à coup horriblement mal.

-          La deuxième chose que tu vas faire pour moi, est de me promettre que tu ne te feras pas du mal. Je ne vais pas être là pendant une semaine, promets-moi que tu prendras soin de toi et que ne feras pas de connerie, quelque soit son degré de gravité.

S’il y avait bien une chose dont Manu ne pouvait pas s’empêcher quand il allait mal, c’était de se faire du mal. Ne voulant pas inquiéter Cyril, il se contenta de répondre en soupirant :

-          Et la troisième chose que tu veux que je fasse consiste en quoi ?

-          Un baiser, le contact des lèvres sur les miennes…

S’attendant à un ordre supplémentaire, Manu fut surpris d’entendre cela. Il était déstabilisé de sentir cette envie de lui le faucher, voulant se jeter sur lui pour l’embrasser, le caresser, l’avoir en lui. Malheureusement, sachant que cela n’allait pas arriver de sitôt, il se contenta de se baisser dans une lenteur calculée et déposa délicatement ses lèvres sur le coin des siennes. Il serait bien resté ainsi un moment bien plus long mais fut contraint de stopper pour ne pas devoir aller se soulager et culpabiliser Cyril une fois de plus. Une fois relevé, il vit Cyril fermer les yeux pour s’endormir, voyant bien qu’il était déjà épuisé. Manu se retourna avec l’aide d’une force surhumaine, ne voulant absolument pas s’en aller. Sachant que Cyril allait avoir besoin de lui, Manu s’en voulait encore plus de suivre ses ordres. Il prit sa veste et s’en alla sans se retourner une fois, sachant très bien que s’il se retournait, il ne partirait pas. Il rentra à pieds, fumant cigarette sur cigarette qu’il n’avait pas fumée depuis deux jours à présent, prenant directement la direction du café, ayant besoin d’évacuer son mal-être. Il ne se rendait pas compte de ce qu’il faisait, que ce dans quoi il tombait était tout bonnement l’alcoolisme. Mais il sentait qu’à des moments pareils, il n’avait absolument pas le choix. Il s’assit au bar et commanda quelque chose d’assez fort pour oublier… Seulement, une fois servi et quand il prenait le verre pour boire, il s’arrêta subitement.
S’il commençait, ce n’était pas pour s’arrêter à un verre. Il regarda quelques secondes le verre, se disant que Cyril n’était pas là cette fois pour le ramener à la maison… Il n’y toucha étonnement pas et rentra rapidement, ne voulant pas céder. Mais il n’était absolument pas fier, il se sentait tout à coup mal, comme s’il était en état de manque. L’idée de ne pas avoir bu et de ne pouvoir rien faire pour oublier et se punir de ce qu’il faisait, il tourna un moment en rond dans le salon, l’énervement montait dangereusement.
Cyril n’était même pas là cette fois pour qu’il parvienne à entendre sa voix rassurante, à regarder son visage apaisant, à le sentir en lui pour le déstresser. Finalement, sentant les larmes lui monter aux yeux, il s’assit dans le fauteuil et alluma la télévision et une cigarette. Après quelques minutes, il se mit une main sur le visage, ne sachant absolument pas se changer les idées.
Ce fut la rage qui arriva et il finit par shooter dans la table basse en se doutant que c’était sur celle-là que Cyril était tombé. Il s’imagina la scène et se haïssait de ne pas avoir été là, de ne pas avoir pris le coup. Et s’il n’avait pas été si odieux ce matin-là, Cyril ne serait certainement pas rentré chez lui et tout cela ne serait pas arrivé. Ils seraient en ce moment ensemble, regrettant presque quand ils se disputaient. Au moins, ils étaient ensemble et là, ils ne l’étaient même pas. Manu finit par craquer et versa quelques larmes, en arrêtant presque instantanément. Par rage et pour arrêter de se sentir comme cela, il prit subitement sa cigarette qu’il avait posé sur le cendrier et se l’écrasa presque sur le bras. La douleur fut intense mais il se sentit rapidement mieux. Il pensa directement à la douleur que cela faisait et oublia un moment tous ces sentiments qu’il refusait d’accepter. Il fit ainsi quelques marques en criant presque à la fin à cause de la souffrance. C’est épuisé qu’il se releva pour aller se soigner, à présent calme et serein. Cela ne prit que quelques minutes et il enleva finalement ses vêtements pour se jeter dans le lit de Cyril. Après un long soupir, Manu garda les yeux ouverts en pensant à son amant, lui manquant horriblement. Mais, encore trop mal, il se releva brusquement et alla prendre un pull qu’il aimait de Cyril. Manu le regarda un moment en souriant légèrement et le déplia de l’armoire pour retourner dans son lit paisiblement en serrant le pull comme si c’était Cyril… Après quelques heures, il réussit enfin à s’endormir, ce simple tissu était dans ses bras, auprès de son nez pour qu’il sache respirer son odeur.
Il ne chercha pas à mettre son réveil le lendemain, et ne se réveilla qu’à 13h00… Aller en cours était bien le dernier endroit où il voulait aller. Affronter et supporter les coups, les moqueries, les menaces et les insultes n’étaient pas du tout les choses supportables en ce moment. Même s’il n’avait pas bu, il avait l’impression de se réveiller avec la gueule de bois… Sur le ventre, il resta un moment d’abord ainsi en s’imaginant Cyril dans cette position à longueur de temps. Il sentit peu à peu son mal-être reprendre, voulant aller le plus vite possible le rejoindre mais, il savait qu’il ne pourrait aller le voir que quand les cours seraient finis. Il dut donc attendre jusqu’à minimum 16h30, restant au lit jusque là. Il somnola un moment et le reste du temps, resta ainsi, couché, le regard dans le vide en serrant ce pull. Il se releva pour aller prendre une douche, souffrant dès qu’il sentit l’eau sur son bras.
Manu prit bien la peine de cacher ses blessures, préférant mourir que Cyril soit au courant. Ce fut un soulagement de le revoir cette fois-là, même s’il le voyait malheureux. Il resta le plus longtemps possible et il se résigna le lendemain à aller en cours. Revoir ces garçons fut bien plus éprouvant qu’il ne le pensa. Dès que les cours furent finis, après une journée de moqueries et de réflexions en tout genre, Manu fut bien entendu arrêté en chemin vers l’hôpital. Il savait parfaitement qu’il allait regretter d’être venu et s’apprêta à en prendre plein la figure.
Rapidement, il se prit un coup de poing dans le ventre et tomba par terre sans savoir même se défendre. Même s’il voulait rendre le coup d’un d’eux, ils étaient cinq et donc, Manu ne faisait absolument pas le poids. En tentant de cacher au mieux son visage pour ne pas que Cyril le voit et attendit, tout simplement. Malgré qu’il souffrait des coups de pieds, il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il le méritait.
Après des menace dont Manu ne fut pas spécialement choqué, il reçut un dernier coup de pied et attendit quelques minutes avant de se remettre en chemin difficilement jusqu’à l’hôpital. Il se retint de pleurer plus d’une fois pendant ces quelques jours où il allait voir Cyril, ne sachant à présent se calmer qu’en se faisant du mal une fois chez eux, seul. Plus il se sentait mal et plus il laissait la cigarette sur son bras longtemps…
Malgré que les cours étaient devenus horribles, il ne pouvait pas se permettre de commencer à sécher les cours tous les jours et devait donc continuer à tout encaisser sans un mot, se disant que s’il se mettait à répondre à leurs réflexions ou leurs coups, cela n’allait être que bien pire. Manu ne parlait que très peu de lui durant ces entrevues, ne sachant même pas quoi dire… Les coups qu’il devait prendre en cours ou les coups qu’il s’infligeait le soir ?
Il se contentait donc de ne fut-ce que toucher sa main ou l’embrasser furtivement sans même savoir faire autre chose. Le samedi, alors que Manu devenait de plus en plus désespéré et apprit enfin que Cyril pouvait partir le lendemain… Il sentit un profond bien-être quand il l’apprit et s’apprêtait déjà à remonter la pente. Il resta donc l’après-midi entière auprès de Cyril, un vide se comblait déjà un minimum en lui…
Il retourna ensuite après les ordres à nouveau donnés de Cyril, et passa une nuit horrible. Il n’attendait plus que son retour et s’impatientait chaque heure pour le revoir enfin. Le lendemain, il revint le plus vite possible à l’hôpital pour commencer directement à rassembler le peu d’affaire que Cyril avait avec et lui avait amené des vêtements amples pour le retour chez eux.
Pendant tout le trajet en ambulance, Manu crut que Cyril ne sentait absolument pas qu’il était là… Il était drogué de médicaments et ses yeux clignaient lentement, le regard dans le vague.
Les ambulanciers le transportèrent jusqu’à son lit, le mettant dans sa chambre. Il reçut des instructions précises venant de l’infirmière et une fois que tout le monde était parti, Manu put enfin retrouver la main de Cyril qui semblait éreinté. Il se leva en le voyant lutter contre le sommeil mais il sentit que Cyril lui agrippa le bras. Se vendant sans le vouloir, Manu fit une grimace en sentant que Cyril appuyait ses doigts sur ses blessures…
Seulement, quand il remarqua que Cyril se posait des questions, Manu voulut s’enfuir mais Cyril ne le lâcha pas et il l’empêcha de partir malgré qu’il poussa un hurlement. Sachant qu’il ne le lâcherait pas, Manu céda et resta, regardant ailleurs de honte. S’il y avait bien quelque chose dont il ne voulait pas que l’on soit au courant, c’était cela. Ces blessures étaient une honte, toute sa colère contre lui-même, son cœur ouvert… D’une voix entrecoupée, Cyril lui demanda de remonter sa manche, Manu croisa un instant son regard, terrifié à l’idée de devoir montrer cela à Cyril. Son regard fuit à nouveau quand il entendit Cyril parler :

-          S’il-te plaît… Em… Emmanuel. Montre-moi…

Jamais il n’avait eu autant envie de s’enfuir, de se cacher et de mourir tellement il avait honte… Montrer toute la souffrance qu’il s’infligeait était bien trop horrible. Cyril allait certainement le prendre pour un fou et ne plus l’aimer… Mais voyant qu’il n’était pas prêt à le lâcher, il détourna légèrement la tête pour ne pas à avoir à supporter le regard dégoûté de Cyril, remontant lentement sa manche, laissant déjà apparaître beaucoup trop de sa souffrance.
A ce moment précis, Manu aurait voulu mourir pour ne pas continuer de devoir supporter ce regard posé sur lui. Il profita du moment où Cyril le lâcha, horrifié et s’enfuit de cet endroit. Rapidement, il sortit de l’appartement et courut un moment pour s’éloigner le plus possible de l’endroit où il eut la plus grande honte de toute sa vie.

Il commençait à nouveau à neiger, le froid lui glaçait encore plus le sang, mais trop mal, il s’arrêta dans une ruelle où il ne put s’empêcher de pleurer… Assis là, dans le froid, Manu resta un long moment où il pleura, se sentant à nouveau horriblement seul. Il était certain que Cyril devait le prendre pour un fou et il n’allait plus jamais le regarder comme d’habitude, comme quelqu’un qui l’aimait…
Il rentra finalement tard le soir pour remarquer que Cyril dormait. Il resta à l’entrée de la chambre un moment et alla finalement dans sa chambre, ne voulant pas aller dormir auprès de Cyril.
Pas une minute il ne sut s’endormir cette nuit-là, et plusieurs fois, l’envie de continuer ce qu’il avait commencé sur son bras le prit.
Il se résigna à se lever pour partir en cours, entendant déjà l’infirmière venir… Il alla ouvrir et la guida jusqu’à la chambre de Cyril, ne voulant pas trop se montrer. Il ne voulait pas une seule fois croiser son regard de peur de voir un sentiment dont il ne voulait pas être courant de la part de Cyril.
Après quelques minutes, Manu prit son sac et passa sa tête dans l’embrasure de la porte :

-          Je vais en cours, à ce soir.

La journée se passa comme aux habitudes… Mais cette fois, les réflexions qu’il recevait ne l’atteignaient pas du tout. Il pensait à Cyril chaque minute et s’inquiétait qu’il soit seul. Et s’il avait besoin de quoi que ce soit ? Ou même d’un simple baiser ? S’il lui arrivait quoi que ce soit, ou s’il avait peur d’être seul après cette agression…
C’est en se dépêchant d’être le premier pour partir des cours et ainsi d’éviter des coups, qu’il regagna l’appart’ en courant pratiquement. Seulement, en arrivant et tournant la clef dans la serrure, il se rappela subitement du regard que risquait d’avoir Cyril en le voyant et reprit tout aussi vite son air glacial en entrant dans la chambre. Il s’occupait des choses à faire comme un robot et était totalement bloqué pour sortir ne fut-ce qu’un parole. Mais alors qu’il allait enfin se lancer pour s’approcher de Cyril et l’embrasser, il l’entendit demander qu’il sorte de la pièce… Manu ne fut même pas choqué, il était à présent tellement enfoncé qu’un refus de la part de Cyril ne lui faisait plus grand-chose. Il sortit donc et commença déjà à préparer le souper pour ne pas recommencer à se faire du mal, sentant bien que cela lui montait de plus en plus, après une journée pareille. Il revint donc une bonne heure plus tard pour apporter un plateau repas à Cyril, qui semblait déprimé. Manu aurait fait n’importe quoi pour lui remonter le moral mais étant peut-être encore plus mal que lui, il était absolument incapable de s’occuper de lui correctement. Alors qu’il s’approchait de lui, Cyril déclara, la voix lasse :

-          Je n’en veux pas, merci…

Manu posa le plateau à côté de lui et dut subitement respirer pour ne pas perdre son sang froid. Il était tout à coup à bout de nerfs et voir Cyril se laisser aller à ce point le rendait fou… Il s’éloigna ensuite pour ouvrir la fenêtre et s’accouda à l’appui de fenêtre en regardant à l’extérieur.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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