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QUATRIEME PARTIE
C’est un bruit de porte d’entrée qui s’ouvre et de pas qui le réveilla. Il se leva en s’étirant, se disant que ce devait être Manu. Ils allaient enfin se retrouver seul et pouvoir parler. Un
affreux mal de tête lui martelé le crâne et il ne se sentait pas du tout en forme, encore pire qu’avant de se coucher. Il fit deux pas, et déjà il se sentait vacillant. Il s’arrêta et posa une
main sur le dossier du canapé. Il redressa la tête pour enfin voir le visage de son amant. Il n’avait aucune idée de l’heure qu’il était, s’il l’avait regardait, il aurait vu qu’il était étrange
que Manu rentre si tôt dans l’après-midi et ce serait peut être un peu méfié.
Ce n’est pas à Manu qu’il eu à faire, mais à deux hommes assez baraqué, vêtus de noir. Aussitôt Cyril paniqua et laissa de côté son état lamentable afin de faire face à ces intrus.
- Je peux savoir ce que vous faites chez moi ?
Aussitôt les deux hommes fixèrent leur attention sur lui. Une chose était sûre, ils ne s’attendaient pas du tout à le voir ici.
- Putain mec, tu touches à quoi que ce soit t’es mort.
Cyril sortit son portable et déclara :
- Je vous conseille de sortir de chez moi, sinon j’appelle les flics.
Les hommes commencèrent à avancer vers lui, Cyril sentit son cœur s’emballer. S’il n’en laissait rien paraître, il était terrifié.
- N’approchez pas, dit Cyril qui déjà commençait à reculer légèrement.
C’est en un instant que tout se déroula si vite que Cyril eut à peine le temps de comprendre ce qui lui arrivé.
Alors qu’il portait son téléphone à son oreille, un des hommes se jeta sur lui, le poussant en arrière. La puissance du choc était si forte que Cyril ne contrôla rien et volant en arrière pour
terminer malencontreusement sa chute sur la table basse du salon atterrissant sur son dos.
Après un "crac" sourd, la seul chose que Cyril ressentit, c’était de la douleur. Un douleur tellement vive et forte qu’il s’évanouit presque deux seconde plus tard. Il eut juste le temps
d’entendre les pas affolés des deux cambrioleurs vers la porte de sortie. La douleur était tellement intense au niveau du dos, qu’elle finit par le réveillé quelques minutes plus tard. Jamais il
n’avait ressentit cela. Il avait l’impression que tout son dos avait implosé de l’intérieur. Lorsqu’il tendit la main pour attraper son portable, il hurla sous la douleur ressentie. Des larmes de
souffrance vinrent inonder ses yeux. Jamais il n’aurait imaginé qu’on puisse à ce point avoir mal. Tremblant, il composa le numéro des urgences, grimaçant à chaque touche appuyée. Dans un ultime
effort qui le fit crier un seconde fois, il porta le téléphone à son oreille. Il savait qu’il ne tiendrait pas éternellement comme cela, c’était une question de temps avant qu’il ne ressombre
dans l’inconscience. Etait-ce un message de son père ? Allait-il mourir ? Il avait peur, peur de ne pouvoir revoir Manu encore une fois. Plus que tout en cet instant, il voulait être
près de lui. Peu lui importait le reste. Il ne sut pas vraiment ce qu’il raconta au téléphone. Lorsque la femme raccrocha, il sentit ses paupières s’alourdirent. Il
lutta pour éviter qu’elles se ferment. Il finit par céder, n’en pouvant plus, voulant à l’instant en finir, ne supportant plus cette souffrance physique. Seules des images de Manu lui revenaient.
La dernière fut le rejet du baiser. Son cœur se serra aussi fort que la douleur exercé dans son dos. La souffrance commença à le quitter peu à peu. Il ne sentait plus son corps. Il avait
l’impression de le quitter peu à peu. Puis tout fut noir, noir comme les ténèbres, noir comme le néant, désespérément noir…
Lorsqu’il ouvrit les yeux, la première chose qu’il retrouva, fut la même douleur qu’avant son évanouissement. Deux hommes et une femme se tenait près de lui. Il mit un temps avant de s’apercevoir
qu’il était toujours dans son salon. La femme commença à lui parler, mais il ne comprenait pas un seul mot de ce qu’elle lui disait. Tout était bien trop flou dans sa tête, et il ne savait pour
le moment qu’une seule chose : il avait terriblement mal. C’était fou comme, lorsque l’on souffrait, on pouvait être totalement obnubilé par cette douleur. Plus rien autour n’avais
d’importance et la seule chose qu’il souhaitait était la fin de cette souffrance s’irradiant jusqu’à sa nuque et jusqu’au haut de ses jambes. Il n’osait même pas prononcer un seul mot de peur de
se faire mal. Le moindre geste, même un battement de cil le faisait souffrir le martyre. Il ne pouvait s’empêcher de pleurer de douleur. Des larmes qui lui coûtaient beaucoup.
Lorsque les ambulanciers le soulevèrent pour le mettre sur la civière, il crut que jamais il ne tiendrait le cou. Sa douleur tripla, lui arrachant un cri et l’attira à nouveau dans un état
d’inconscience, préférant fuir cela que de rester ainsi dans ce corps qui n’était que souffrance.
Il revint à lui une seconde fois, il était dans l’ambulance, et chaque soubresaut de la voiture lui paraissait insurmontable. Se tendre dans l’attente d’un autre soubresaut était encore pire que
le soubresaut lui même.
On lui avait mit une perfusion, certainement avec des anti-douleurs, mais Cyril ne sentait aucune différence.
Une femme commença à lui poser des questions, il y répondit avec beaucoup de difficultés, non parce qu’il ne savait pas y répondre, mais parce que cela lui faisait un mal de chien. Une question
cependant le fit forcer plus que de raison :
- Une personne à alerté ou prévenir.
- Emmanuel, je suis … Je… Je suis son tuteur.
Rapidement il leur expliqua où le contacter. Il n’avait pas vraiment conscience de l’heure qu’il était, mais il savait que cette femme ferait le nécessaire.
Il avait tellement envie que celui-ci soit près de lui en cet instant. Il avait l’intime conviction que dès qu’il le verrait sa douleur en serait amoindri.
Rapidement, ils arrivèrent à l’hôpital. On le laissa sur le brancard dans le couloir, attendant de préparer une chambre pour lui et surtout qu’un docteur vienne l’ausculter au plus vite. Celui-ci
arriva étonnement très rapidement. Etait-il gravement touché au point qu’il passe avant tout le monde ?
L’auscultation se fit dans un petite salle, on ne mit pas bien longtemps avant de l’envoyer faire des radios. Une chose semblait sur, au moins une vertèbre étaient cassé selon le médecin. Les
mouvements qu’il du faire durant tout ce temps lui firent horriblement mal, mais il serra les dents ne voulant pas crier devant tous ses gens. Il était épuisé, et à chaque fois qu’il fermait les
yeux pour rejoindre ce sommeil qui le tirait de plus en plus vers lui, la douleur le ramenait à l’ordre.
Sans lui donné le diagnostique, on l’envoya directement dans sa chambre, afin qu’il se repose et qu’on lui injecte une très forte dose de morphine. L’air grave que chacun prenait en le voyant lui
faisait imaginer le pire.
Toute l’agitation qu’il avait pu voir autour de lui cessa brutalement lorsqu’on le laissa seul. Il attendit de longue minute avant qu’un personne n’entre dans la pièce. C’était le médecin qui
tenait dans sa main les radios.
- Monsieur ? Je peux vous parler ?
- Je… oui, répondit Cyril de plus en plus inquiet.
- Alors voilà, vous vous être méchamment fracturée une seule vertèbre heureusement. Aucun nerf ne semble avoir était touché. Deux solutions s’offrent à nous, soit vous vous faite opéré dès
demain, sachant que c’est loin d’être une opération sans risque, soit on vous met un corset que vous garderait pendant plusieurs moi et cela rallongera votre séjour au lit d’un bon mois.
Cyril ne pouvait se permettre la deuxième solution. Lentement il déglutit, se préparant à répondre :
- L’opération.
Il grimaça sous la douleur occasionnée par ce simple mot prononcé comme il l’avait craint.
- Bien… Je vais vous prescrire des somnifères pour que vous puissiez vous reposer avant l’opération de demain. Si vous avez besoin de quoi que ce soir, n’hésitez pas à appeler les infirmières.
Nous pratiquerons dès demain matin votre ostéosynthèse. Reposez-vous un maximum d’ici là…
Cyril commençait déjà à fermer les yeux. Il n’en pouvait plus. Il était littéralement épuisé, à bout. Une infirmière vint amener des somnifères, lui disant qu’il pourrait les prendre lorsqu’il
souhaiterait s’endormir.
Mais Cyril voulait attendre, il voulait attendre la venu de Manu qui ne tarderait plus. Il souhaitait et appréhendait à la fois cet instant.
C’est à ce moment que Manu arriva, le visage ravagé par l’inquiétude. Cyril ne put s’empêché de sourire légèrement en le voyant, tellement heureux de le voir. Dire qu’il avait cru mourir et ne
plus jamais le voir. La manière dont ils s’étaient séparés la dernière fois était plus que douloureuse encore à cet instant, mais il s’en moquait, Manu était là maintenant, tout près de lui et il
s’approchait de lui, une larme sur les yeux, murmurant son nom :
- Cyril…
Plus que tout en cet instant, Cyril aurait voulut se redressait et le serrer fort dans ses bras, plus que tout, il avait besoin de son contact. Mais tout cela était fortement compromis
maintenant. Perdu dans la contemplation du visage de son amant qu’il ne se lassait de regardait, se noyant dans sa détresse, il ne vit pas Manu tendre sa main vers la sienne. A peine l’eut-il
saisit que Cyril sentit la douleur l’envahir de plus belle et ne pu s’empêcher de crier. Effrayé, Manu retira vivement sa main, ne cessant de s’excusé, terriblement gêné.
Cyril, voulant effacé au plus vite cette distance qui s’était tout de suite imposé entre eux, demanda à Manu, sans trop grimacé pour ne pas montrer à l’adolescent que même parlait le faisait
souffrir :
- Emmanuel, s’il te plait, tu peux mettre ta main juste à côté de la mienne.
Manu attrapa une chaise et s’exécuta aussitôt tout en s’asseyant.
Cyril prit une profonde inspiration. Jamais il ne laisserait cette douleur les séparer. Il leva légèrement sa main, se mordant les lèvres pour ne pas crier, fermant les yeux pour faire le vide en
lui. Comment un simple geste comme celui-ci pouvait être à ce point périlleux. Lentement, il la déposa sur celle de Manu, se sentant immédiatement apaisé au plus profond de lui par se simple
contact. Il avait faillit perdre tout cela, dieu comme il avait eu peur.
Les larmes qui s’étaient jusqu’alors tarirent dans ses yeux reprirent de plus belle. C’était comme s’il s’était contenu jusqu’à cet instant et pouvait enfin se lâcher. Manu était là, tout près de
lui et il pouvait le toucher…
Il vit soudain celui-ci se redresser légèrement, d’une main tremblante et avec une douceur infime, il ôta une des mèche de Cyril qui passait un peu sur son visage, et déposa avec toute la
délicatesse qu’il était possible d’exercer, un simple baiser sur les lèvres de Cyril, sachant tous deux qu’ils ne pouvaient faire plus. Cyril fut profondément touché par ce geste si tendre. A
aucun instant, Manu ne lui avait fait mal et de toute façon, Cyril aurait était prêt à plus pour sentir ses lèvres effleurer les sienne. Cela lui faisait un bien fou et eu pour conséquence de le
faire sourire et de faire cesser ses larmes. Manu répondit à son sourire, ne pouvant s’empêcher de pleurer à son tour. Cyril bougea légèrement son pouce pour le caresser plusieurs fois, voulant
lui montrer qu’il était là. Il aurait tant voulu faire plus, mais cela était impossible. Son dos ne cessait de le lancer et de le faire souffrir. Malgré la morphine, il avait toujours et encore
terriblement mal. Mais si la douleur était loin d’avoir disparut, elle était mis au second plan, laissant sa place au simple bonheur d’être avec Manu.
Lorsque enfin, ils cessèrent tous deux de pleurer, Cyril sentit qu’il était temps de parler à Manu, et de savoir s’il était au courant de ce qu’il allait subir demain matin. A aucun instant il ne
voulait lui montrer qu’il était terrifié à l’idée qu’on lui ouvre le dos. Prenant sur lui pour la douleur que lui occasionnerait cette conversation, il commença :
- Emmanuel, est ce que tu es au courant de ce que j’ai et de ce qu’on va me faire demain ?
- Demain ? Comment ça ?
- Je me fait opéré demain.
Aussitôt Manu devint pâle comme un linge et Cyril le vit frémir. Ne voulant pas le laisser sans explication, il s’exprima, prenant le temps de faire des pause entre ses phrases, articulant le
moins possible.
- J’avais deux choix qui s’offrait à moi. Soit je restait immobilisé pendant un trop long moment, et cela est loin de m’être permis, soit je me fait opéré et je me rétablirai plus vite, bien
que…
Cyril choisit d’être franc :
- … Cela comporte des risques.
- Il en est hors de question ! cria presque Manu. Pas d’opération.
- Enfin Manu, si je ne me fait pas opéré, je ne pourrais pas retourner travaillé assez rapidement. On peut vivre un temps sur mes économies, mais pas plusieurs mois.
- Non… dit simplement Manu, semblant soudain être terriblement inquiet, et était même en train de paniquer.
- Voyons Manu, je préfère être opéré que nous soyons séparé par un simple crainte. Tout se passera bien, je ne vois pas de raisons qui causeraient un problème. Ils vont m’opérer, je vais guérir
plus vite et souffrir moins longtemps et rapidement nous reprendront tout, comme si rien ne s’était passé, oubliant cela comme un simple mauvais souvenir.
Ces longues paroles lui avait beaucoup coûtées et la douleur n’était plus supportable. Epuisé, il n’était pas capable de résister bien longtemps dans cette conversation.
- Mais Cyril…
L’adulte était vraiment touché de l’attachement que lui portait Manu, et de son inquiétude, cela n’était que la preuve de l’amour qu’il portait pour lui.
- Je t’aime Emmanuel, et je te promets qu’il ne m’arrivera rien.
Manu ne répondit rien, se contentant de garder pour lui ses réflexions. Ne tenant plus, Cyril demanda à Manu de lui passer ses somnifères avec un verre d’eau. Manu s’exécuta aussitôt. Sitôt ses
cachets prit, Cyril ferma les yeux, attendant que le sommeil ne le fauche. Il ne tarda pas en effet à y sombrer : un sommeil sans rêves et pas particulièrement réparateur. Il ne sentit pas
la main de Manu glisser de la sienne et celui-ci sortir de la chambre en silence.
Cyril fut réveillé très tôt le matin par une infirmière qui venait lui procurer les premiers soins pré-opératoires. Sitôt celle-ci sorti, Manu rentra dans la pièce. Alors ainsi, il avait passé la
nuit ici. Angoissé par l’opération qu’il allait devoir subir dans moins de deux heures, il ne tint pas compte du fait que Manu n’aille pas en cours aujourd’hui, comprenant que cela était inutile.
Il le vit s’approcher, de lui, mais quelque chose sur sa main droite qu’il tentait de cacher ne passa pas inaperçu aux yeux de Cyril. Pourquoi y avait-il y un bandage ? Il regarda aussitôt
Manu qui cacha sa main bandée, semblant gêné. Qu’avait-il encore fait ? Ne voulant pas aborder ce sujet maintenant, et le repoussant avec tous les autres à aborder à son retour de l’hôpital, il lui demanda :
- Je peux avoir un baiser avant d’y aller…
Il savait qu’avec ce baiser, il aurait la force d’affronté cette épreuve. Il avait toujours détesté les hôpitaux, et l’idée de passé sur la table d’opération ne lui revenait pas. Tentant de
cacher au mieux la peur qui lui serrait le ventre il savait que Manu pouvait aisément la lire dans ses yeux. Sans se faire prier, Manu s’approcha du lit et déposa chastement ses lèvres sur les
siennes. Avec ce baiser, Cyril se sentait plus fort, et avait l’impression que pendant cette opération, rien ne pourrait lui arriver. Ils se sourirent, n’ayant rien à se dire en un tel instant.
La chaleur des lèvres de Manu avait réchauffé son cœur. Leurs inquiétude commune faisait échos dans leur regard. Voir Manu stressé à ce point pour la vie de Cyril rassuré presque l’adulte sur les
sentiments que celui-ci portait pour lui. Il était indéniable qu’il tenait tout autant à lui. L’infirmière ne tarda pas à venir chercher Cyril, pour lui prodigué les derniers soin avant le grand
moment.
Cyril et Manu s’échangèrent un dernier regard, sachant qu’ils ne se reverrait qu’après l’opération, un seul regard qui leur suffit pour se transmettre tout ce qu’ils avaient à s’échanger à cet
instant.
Cyril se retrouva trop rapidement à son goût sur la table d’opération. On lui fit une piqûre avant de le prévenir qu’on allait l’endormir. Pour cela, on allait lui mettre un masque et il allait
devoir compter jusqu’à trois.
Cyril n’arriva jamais jusqu’à trois, et sombra dans le noir le plus total, abandonnant sa douleur et son corps un moment.
Lorsqu’il ouvrit de nouveau les yeux, il était dans le brouillard le plus total. Positionné sur le ventre, on lui avait mit un corset. Il se sentait horriblement mal et nauséeux. Son dos le
faisait encore tout autant souffrir, il avait l’impression que rien n’avait changé si ce n’est qu’il se sentait encore plus mal à l’aise. Il n’avait qu’une envie, revoir Manu. Lui montrer qu’il
était encore en vie, et que tout s’était bien passé, car il le savait au plus profond de lui, tout s’était parfaitement déroulé, tout comme il savait que Manu devait être fou d’inquiétude et
d’angoisse.
Cyril se languissait de quitter au plus vite cette sale de réveil et de rejoindre sa chambre ou Manu devait certainement
être. On ne tarda d’ailleurs pas à le ramener et une heure plus tard, on le trimballait sur son lit dans les couloirs jusqu’à sa chambre. Etre ainsi sur le ventre
était une position qu’il avait toujours haïe, et qui ne faisait malheureusement que raviver ses démons. Mais le moment n’était pas à penser à cela.
Entrant enfin dans sa chambre, il vit Manu assis dans un coin, la tête légèrement baissée, totalement replié sur lui même. Se disant qu’il ne souhaitait peut être pas se jeter sur Cyril devant
toute la flopée d’infirmiers. Heureusement, ils finirent par quitter sa chambre, les laissant enfin seul, se retrouver après cet épreuve qui leur avait coûté beaucoup.
Par chance, son visage était tourné vers Manu et il pouvait ainsi le voir. Celui-ci n’avait toujours pas esquissé le moindre geste. D’une voix encore enrouée, il appela :
- Em… Emmanuel ??
Sa voix ne trouva de réponse que dans le silence. Manu n’avait strictement aucune réaction. Se doutant de son état, et commençant à parfaitement le connaître, Cyril poursuivit dans sa
lancée :
- Emmanuel, je suis là… Tout s’est bien passé, je suis vivant. Emmanuel regarde moi je t’en prie…
Manu releva enfin la tête, plongeant ses yeux rouges emplis de larmes dans ce de Cyril. Jamais il ne l’avait vu aussi anéantit et aussi tristes. Il aurait tant voulu se redresser et le prendre
dans ses bras, le serrer tout contre lui et lui murmurer des paroles de réconfort. Mais tout cela était impossible et cela était très difficile à admettre.
- Approche toi, ne reste pas dans ton coin.
Manu s’effondra en sanglot, se cachant le visage. Il craquait devant Cyril et celui-ci ne pouvait rien faire.
- Emmanuel, je t’en supplie viens près de moi…
La voix de Cyril se brisa sur ses dernier mot, retenant lui aussi une cruelle envie de s’effondrer à son tour. Les sanglots de Manu lui briser le cœur et lui faisait mille fois plus mal que ses
maudites vertèbres.
- Emmanuel…
D’un revers de la main, Manu tenta de faire cesser ses larmes, et ce n’est qu’après de longues minutes qu’il se décida enfin. Tel un automate, il se redressa et marcha jusqu’à la chaise près du
lit de Cyril. L’adulte décida de se moquer de ce que cela occasionnerait, et tendit son bras vers Manu, lui saisissant le bras et l’attirant à lui, ramenant sa main tout contre son corps. Ses
lèvres s’entrouvrirent, la douleur était tellement forte qu’aucun son n’en sortit. Des gouttes de sueurs se mirent aussitôt à perler sur son front, tentant de rester concentré pour ne pas
s’évanouir. Son corps mit au bout de ses possibilité de résistance, fut prit de tremblements qui ne faisait qu’accentuer sa douleur.
Inquiet Manu passa main sur sa joue, avec une douceur dont Cyril n’aurait jamais cru personne capable avec lui. Il avait tellement peut l’habitude qu’on fasse preuve de tels acte de tendresse
avec lui.
Cyril se mit alors à parler, pensant presque tout haut :
- Je suis désolé, je m’excuse de te causer tous ces soucis. Je t’aime…Je t’aime…
Il avait mal, et n’avait même plus conscience ce qu’il disait, ni des larmes qui continuaient de couler inlassablement de ses yeux.
D’une voix extrêmement douce, Manu lui souffla alors :
- Calme toi Cyril, repose toi… On va bientôt retourner chez nous, et tout va rentrer dans l’ordre. Tu es vivant… Non de dieu tu es vivant c’est tout ce qui importe.
Cyril serra la prise qu’il avait sur la main de Manu, ne souhaitant pour rien au monde rompre ce contact.
- Ne ma lâche pas Manu, ne m’abandonne pas… Ne me rejette pas…
Sa peur qu’il avait ressentit avant l’accident ressortait de plus belle pour éclore sans qu’il ne puisse la maîtriser. Il avait tellement peur de le perdre, peur qu’il ne souhaite plus le voir,
peur qu’il ne veuille plus de lui, peur qu’il aille voir ailleurs pour assouvir ce qu’il ne pouvait lui offrir pour le moment, peur de le voir fuir loin d’ici, peur, tout simplement peur.
Manu ne répondit rien, mais Cyril plongea ses yeux dans les sien et comprit que Manu aurait été incapable de dire quoi que ce soit. Trop sensible pour maîtriser et ne pas se laisser surpasser par
ses émotions, il devait simplement avoir la gorge serrée. Ce qui importait le plus à Cyril, était le fait qu’il ne tente pas d’enlever sa main à son étreinte. Manu posa sa tête contre son bras,
ne bougeant pas d’un pouce. Seules leurs respirations se faisaient entendre dans la pièce. Epuisé par tout ce qu’il avait subit, Cyril sentit ses paupières s’alourdirent. Il raffermit une
dernière fois sa prise sur la main de Manu, et se laissa aller à fermer les yeux, imprimant dans son esprit cette dernière image de Manu. Il ne mit pas moins d’une minute pour rejoindre les bras
de morphée.
Ce fut la douleur qui le réveilla plus que jamais. Il fut soulagé cependant de voir que Manu n’avait pas bougé, sa main étant toujours dans la sienne. Ses yeux clos démontrait qu’il s’était
assoupis. Cyril ne put qu’admirer son visage si doux quand celui-ci dormait. Il pouvait passer des heures à le regarder ainsi, admirant chacun de ses traits fins. Se dire qu’ils étaient ensemble,
qu’il l’aimait et que ce jeune homme éprouve réciproquement quelque chose pour lui, lui emplissait le cœur d’une douce chaleur bienfaitrice. Peut être était-ce dut au regard insistant que Cyril
exerçait sur lui, mais Manu se réveilla à cet instant. Ces yeux papillonnèrent pour s’acclimater à la lumière de fin de journée. Il se redressa et s’étira, tout en prenant soin de ne pas enlever
sa main. L’autre main de Manu bandait ne passa pas une fois de plus inaperçu aux yeux de Cyril, mais il n’eut le temps de faire un commentaire sur celle-ci que déjà elle avait disparu derrière le
rebord du lit. Lorsque leur regards se croisèrent, Cyril lui fit un sourire triste auquel Manu répondit avec la même mélancolie. De longues minutes après Manu prit la parole, une question
semblant le gênait depuis un petit moment :
- Cyril..
- Hum ?
- Comment ça se fait que tu étais à la maison en début d’après midi ?
Cyril ne s’attendait vraiment à cette question. Et ne savait surtout pas quoi y répondre. Devait il lui dire qu’il avait très mal vécu son rejet et que son inquiétude à son sujet l’avait foutu en
l’air au point qu’il ne puisse pas travailler ? Devait-il lui dire qu’il avait été à deux doigt de faire quelque chose de grave ? Non, il ne devait pas. D’une part, cela ne ferait que
renforcer la culpabilité de Manu, cela changerait aussi son regard à son égard. De plus, il ne voulait pas qu’il le voit tel qu’il était : faible. Et enfin, il ne voulait pas une fois de
plus l’étouffer sous son amour et l’effrayer. Mais ne voulant pas lui mentir, il répondit quelque chose qui n’était pas faux, ne dévoilant simplement pas tout.
- Je n’était pas très en forme, et mon patron m’a dit de revenir le lendemain, et d’en profiter pour me reposer.
C’était fou comme le simple fait de parler était douloureux et éprouvant. Le sujet qui aurait pu être abordé bien plus en profondeur, fut clôt par l’arrivée du médecin.
Cyril du prendre beaucoup sur lui pour lâcher la main de Manu qui s’écarta un peu pour laisser la place au médecin.
- Bonsoir Cyril, comment vous sentez vous ?
Mal, terriblement mal. Son dos le faisait souffrir le martyre. Il n’en pouvait plus de rester dans cette position de faiblesse où de nombreuse fois il avait été ainsi de force avec son père au
dessus de lui. Un mal de tête lui martelait le crâne et il rêvait de pouvoir prendre Manu dans ses bras, de l’étreindre jusqu’à l’épuisement, de l’embrasser et de lui faire l’amour toute la nuit.
Plus que tout, il voulait revenir en arrière, et que cette souffrance disparaisse aussi bien de son dos que de son cœur. Pourtant, il se contenta de répondre, prenant sur lui :
- Ca pourrait allé mieux.
- Bien je vais vous expliquer la suite des événements…
Le médecin lui parla de tout. Des trois semaines qu’il allait devoir passé chez lui dans un lit sans bouger, de la semaine qu’il allait encore devoir passé, du corset qu’il allait devoir porter
jusqu’à ce qu’on son dos aille mieux, des efforts qu’il ne devrait pas fournir plus que nécessaire et de l’infirmière qui passerait chez lui pendant presque un mois lui prodigué les soins qu’elle
seule était habilité à donner. Cyril sentait déjà que cela allait long très long. Rester inactif n’était pas du tout dans ses cordes et il se voyait déjà très mal resté ainsi ne serait-ce qu’une
semaine…
Le médecin partit, laissant Manu et Cyril seul, les prévenant qu’un infirmière n’allait pas tarder. Cyril vit alors Manu bailler
à s’en décrocher les mâchoires, tentant tant bien que mal de le cacher de sa main bandée. Se rappelant ce qu’il avait faillit faire lorsqu’il se sentait mal juste avant le cambriolage, il eut
peur que Manu ayant déjà un passé suicidaire se soit fait mal de son propre chef d’une manière ou d’une autre. N’hésitant qu’un court instant, il lui prit la parole :
- Manu, j’aimerais que tu me fasses deux choses pour moi s’il te plait. Hum en fait peut être trois.
Manu le regarda intrigué puis acquiesça rapidement.
- La première est que tu rentres dormir chez nous. Tu as besoin d’une vraie nuit de sommeil avant de retourner en cours demain.
- Pas question, je reste à tes côtés, dit immédiatement Manu.
- S’il te plait Emmanuel, il faut que tu retournes en cours et rester dans cet hôpital avec moi ne sert à rien. Tu es épuisé et il faut que tu dormes dans un lit.
- Mais…
- Je ne te laisse pas le choix, déclara Cyril sur un ton presque autoritaire.
Manu allait se lever pour partir vexé de se faire virer ainsi.
- Attends, je n’ai pas fini, ne pars pas comme ça. Crois moi, ce n’est pas de bon cœur que je te demande de rentrer. Mais c’est pour ton bien et ta santé.
Manu, qui était déjà près de la porte, se retourna, et le regarda dans l’attente de ce que Cyril avait encore à lui dire :
- Vas-y, je t’écoute.
Une autre idée était venu à Cyril entre temps.
- Ah j’oubliais, est-ce que tu pourra passé au restaurant pour les prévenir que je ne pourrais venir pendant un mois. Approche s’il te plait.
Manu s’exécuta en soupirant.
- Montre moi ta main.
Manu lui tendit la main, semblant supporter de moins en moins les "ordres" de Cyril.
- Non pas celle-ci, l’autre, celle qui est bandée.
Manu baissa la tête et la lui tendit tout de même.
- La deuxième chose que tu va faire pour moi, est de me promettre que tu ne te fera pas du mal. Je ne vais pas être la pendant une semaine, promet moi que tu prendra soin de toi et que tu ne fera
pas de connerie, quelque soit son degré de gravité.
Manu soupira et dit alors :
- Et la troisième chose que tu veux que je fasse consiste en quoi ?
Sentant qu’il n’aurait aucune réponse de la part de Manu, Cyril n’insista pas, sachant que cela était vain. Légèrement gêné, il
demanda :
- Un baiser, le contact de tes lèvres sur les miennes…
L’expression du visage de Manu changea du tout au tout. S’il avait pu être agacé par la deuxième demande de Manu, la troisième semblait le déstabilisé quelque peu.
Avec une lenteur calculée, il baissa sa tête jusqu’à la sienne, et déposé délicatement ses lèvres sur le coin des siennes. Rien que sentir la respiration de chaude de Manu sur sa joue lui
réchauffait le cœur. Il ferma les yeux, sentant soudain la fatigue l’envahir de nouveau, sans réellement prévenir. Un sourire affiché sur les lèvres, il entendit à peine les pas de Manu s’éloigné
et la porte se fermer sur lui que déjà il s’endormait.
Cyril ne se réveilla pas vraiment lorsque l’infirmière vint comme le médecin l’avait prévenu. Il restait dans un sorte de d’état second, sans vraiment faire attention à ce qu’on lui faisait. Il
faut dire que les cachets forts qu’ils lui donnaient avait tendance à l’assommer.
Plusieurs fois la douleur le réveillait pendant la nui, sentant à chaque fois le même manque, le manque de Manu. Comme il aurait aimait qu’il soit près de lui. Il l’imaginait seul dans cette
maison à broyer du noir. C’était tout sauf le moment de le laisser seul. Manu avait besoin de lui et voilà qu’on lui ôtait toute possibilité de l’aider et de lui porter secours. Cela ne faisait
que les éloigner un peu plus, alors que la plus grande peur de Cyril en cet instant étai tune mise à distance entre eux alors qu’elle était déjà plus que conséquente.
A quoi pensait-il en ce moment ? Dormait-il bien à l’abris ? Etait-il vraiment rentré chez eux ? Heureusement que
la fatigue était assez conséquente, et que les médicaments le droguait un peu, sinon jamais il n’aurait pu trouver le sommeil avec ses questions.
Mais même dans son sommeil il ne trouvait pas la paix. Il s’imaginait Manu dans des situations plus horribles les unes que les autres. Lorsqu’il n’était pas éveillé, il faisait des cauchemars et
l’agitation causait par ceux-ci faisait d’avantage souffrir son dos.
Une chose était sur, il serait tout de même plus tranquille lorsqu’il serait de retour chez eux.
Durant toute la semaine, Manu passa dès qu’il avait quitter ses cours. Cyril n’était pas dupe et voyait bien que Manu allait de plus en plus mal. Le plus dur était de ne pas connaître la
véritable cause de ce malaise. De plus il savait que Manu ne se confierait pas comme ça, préférant garder tout pour lui. Cet manière d’être n’était qu’une forme de protection illusoire, car Manu
ne faisait que s’enfoncer un peu plus. Manu parlait très peu de lui durant ces courtes entrevus. Tous deux profitaient de pouvoir seulement se toucher la main et s’embrasse furtivement. Malgré
les perfusion, le soucis et la douleur causait à Cyril une perte de poids journalière qui inquiétait un peu les médecins. Son moral descendait chaque jour. Rester continuellement sur le ventre,
avoir mal et ne rien pouvoir faire d’autre était éprouvant. Dire qu’avant son accident, il faisait tout pour éviter cette position…
L’immobilité forcée commençait réellement à l’user et plus que tout il aspirait à rentrer chez lui avec Manu. Il fut d’ailleurs finalement décidé qu’il rentre dimanche en fin d’après-midi. La
nouvelle l’enchanta, et il fut grandement soulagé. Il l’apprit à Manu dès qu’il arriva le samedi et celui-ci resta avec lui tout l’après-midi. Ils allaient enfin pouvoir se retrouver seuls à
seuls. Cyril allait enfin pouvoir quitter ce lieu qu’il haïssait profondément. Ils parlèrent de choses et d’autres, jusqu’à ce que Manu finisse par partir à contre-cœur sous la demande presque
autoritaire de Cyril, l’incitant à se reposer d’avantage. Son teint tout aussi blême que le sien l’inquiétait de plus en plus. Qu’était-il en train d’arriver à Manu. Une conversation serait à
entamé avant son rétablissement, sachant pertinemment qu’il serait difficile de retenir Manu si celui-ci fuyait le dialogue. Quelque chose clochait, cela se voyait dans son regard… Manu avait
beau tenté de le lui cacher avec tous les artifices possible, Cyril savait.
Le dimanche, Manu l’aida à rassembler le peu d’affaire qu’il avait à l’hôpital et lui avait amener des vêtements assez amples pour le retour chez eux. S’il avait pu patienté jusqu’à maintenant,
les dernières heures qui le séparaient de son retour lui paraissait interminable. Une envie de bouger le démangeait et cela en devenait presque insupportable. Pourtant, dès qu’il faisait le
moindre petit mouvement, aussi minime soit-il, il souffrait le martyre. Une infirmière comme tous les jours le lava et l’aida à s’habiller. On le transporta en
ambulance, le laissant toujours dans la même position.
On lui fila tellement de médicament anti-douleur et anti-inflammatoire pour le voyage qu’il n’était plus vraiment là. Il était
dans le brouillard le plus total.
Les ambulancier le transportèrent jusqu’à son lit, le mettant dans sa chambre. Ils l’installèrent au mieux. Cyril ne put s’empêcher de serrer les dents sous la douleur d’être ainsi changé de
place malgré la douceur sont ils faisait preuve. Ce simple trajet l’avait vidé de toute ses forces. L’infirmière qui les avait accompagné lui prodigua les quelques soins pour la nuit, donnant par
la suite des instructions précises à Manu. Dans moins de deux semaines, Cyril pourrait commençait à faire un peu de kiné à domicile, afin que ces membres ne s’ankylose pas. L’infirmière passerait
quotidiennement le voir.
Lorsque tous partirent sauf Manu, Cyril sentit une fatigue s’emparait de tout son être. Il lutta pour ne pas fermer les yeux, voulant profiter un peu de Manu. Leurs mains s’était retrouvé, et ce
simple contact faisait un bien fou à Cyril.
Cependant Manu se rendit parfaitement compte que Cyril luttait contre le sommeil, il se leva pour le laisser dormir. Refusant de rester seul, Cyril rattrapa comme il fut Manu par le bras, se
moquant de la douleur que cela occasionnerait. Il sera les dents, remerciant la forte dose de cachet qu’on lui avait donné contre la douleur. Manu se retourna immédiatement vers lui, affichant un
instant une grimace de douleur qui ne passa pas inaperçu aux yeux de l’adulte. En un instant, tous deux venaient de comprendre quelque chose. Manu venait de se trahir et Cyril ne fut pas dupe
quand à ce qu’il devait lui faire mal. Son inquiétude monta en flèche et lorsque Manu voulut fuir, il resserra son étreinte sur son bras, l’empêchant de s’échapper. Il ne put retenir un hurlement
sous la douleur qu’il ressentit, ayant l’impression qu’on martelait son dos avec une masse sans répit. Comprenant que malgré cela, Cyril ne lâcherait pas, Manu céda et resta, le regard fuyant,
ayant l’air d’être pris en faute. La douleur s’irradiait dans tous son dos, et son corps commençant à être prit de tremblement, protestant contre ce mauvais
traitement. D’une voix entrecoupé, Cyril lui demanda de remonter sa manche. Il croisa alors un instant terrifié de Manu, avant que celui-ci ne fuit de nouveau.
- S’il te plait… Em… Emmanuel. Montre moi…
La tête baisser et tournée vers la droite, tout dans l’attitude de Manu prouvait qu’il avait envie de fuir de cet endroit. D’un
geste lent, démontrant la difficulté de l’adolescent, il remonta légèrement sa manche, en laissant déjà apparaître beaucoup trop.
Cyril resta figé sur place. Des marques de brûlures plus que récentes ornaient sa peau. Il n’y avait aucun doute sur le fait que Manu s’était fait cela lui-même, certainement avec ses cigarettes.
Ce que Cyril avait le plus craint, ce que Cyril lui avait demandé, Manu se l’était fait. Il s’était fait du mal, et n’y était vraiment pas allé de main morte. Il n’avait vu qu’une petite partie
de son bras, mais pouvait parfaitement imaginer le reste. Horrifié, il ne put que lâcher son bras. Manu choisit ce moment pour fuir, et Cyril le comprit tout à fait. Cyril venait de voir la
souffrance que Manu s’était fait endurer, il venait de détruire beaucoup en lui, il en était certain. Il aurait voulu courir après lui, le rassurer, le prendre dans ses bras, lui dire qu’il n’y
avait rien de honteux à cela, et qu’il allait l’aider. Oui, il voulait l’aider à aller mieux.
Cyril sentit son cœur se serrer lorsqu’il entendit la porte d’entrée se fermer. Ou était allé Manu ? Etait-il retourné au bar ? Etait-il encore aller s’infliger ce genre de
scarification ?
Quel était ce mal qui le poussait à faire cela ? Quel était ce mal qui le rongeait de l’intérieur et qu’il refusait de confesser ?
A ce moment-là, Cyril pleura. Il pleura d’impuissance, de douleur, de fatigue, de lassitude face à ce destin qui s’acharnait contre eux, de désespoir, de mal être de voir l’être qu’il aimait plus
que sa propre vie s’infligeaient se genre de blessures. Il se sentait totalement inutile. Il crut ne jamais réussi à s’endormir et pourtant ce fut la forte dose de cachet qu’il avait prit avant
qui eut raison de lui.
Il lui sembla entendre sa porte s’entrouvrir pendant la nuit, mais il n’était pas vraiment sur d’avoir finalement rêver… Ce sommeil ne fut en rien reposant et il passa une nuit
horrible.
L’infirmière vint tôt le matin, Manu avait du rentrer, car il était allé lui ouvrir et l’avait guidé jusqu’à la chambre. Cyril avait beau tenter de croiser le regard
de Manu, celui-ci le fuyait. Alors que l’infirmière lui faisait sa dernière piqûre, Manu passa sa tête dans l’embrasure de la porte et déclara d’une voix plus que glaciale :
- Je vais en cours, à ce soir.
Cyril soupira.
La journée fut tout aussi pénible que la nuit. Cyril ne cessait de fixé la pendule. Il s’ennuyait à mourir et avait l’impression que les secondes s’étaient transformées en heures. Il attendait
inlassablement le retour de son amant. Il eut cependant tout le temps de réfléchir à ce qu’il allait lui dire.
Lorsqu’il entendit enfin la serrure tourner dans la porte, Cyril sentit son cœur s’emballer. Manu entra dans la chambre, le regard plus froid que le pôle nord, totalement replié sur lui même. A
aucun moment Cyril n’eut l’occasion d’entamer ne serait-ce qu’un banal échange avec Manu. Celui-ci restait silencieux, et Cyril avait presque l’impression de n’être qu’un vulgaire objet dont Manu
devait s’occuper de force. Etre ignoré de la sorte agaça Cyril plus que de raison et il demanda à Manu se sortir de cette chambre et de le laisser seul.
Manu ne parut même pas vexé et ne se fit pas prier. Alors qu’il l’avait attendu toute la journée, il avait l’impression de faire face à un simple robot. Alors que Manu revint une bonne heure plus
tard, avec un plateau repas. Cyril réagit aussitôt. S’il avait une chose dont il n’avait pas envie s’était de se nourrir. Rien que l’idée de consommé un aliment lui donnait envie de vomir.
- Je n’en veux pas, merci…dit-il sur un ton expriment parfaitement sa lassitude.
Manu posa tout de même le plateau à côté du lit et alla ouvrir un peu la fenêtre de la chambre pour aérer un peu la pièce.
S’il n’avait pas faim, il avait tout de même soif, et rechignant à l’idée de demandé de l’aide à Manu qui s’était accoudait sur
le rebord de la fenêtre pour regarder dehors, il tendit lentement et avec difficulté son bras jusqu’à son vers d’eau posée sur la table de nuit. Alors qu’il était à quelque millimètre du ver, il
du forçait un peu trop car une douleur vive le prit le faisait réagir un peu trop violemment. Son verre d’eau tomba sur le sol. Cyril se put s’empêcher de peste, insultant cet objet de "putain de
verre d’eau de merde". Des larmes coulèrent de ses yeux, ce n’était pas des larmes de tristesse, mais des larmes de colère et de frustration contre lui-même. Manu ne tarda pas à s’approcher de
Cyril, s’abaissant pour ramener le verre d’eau et épongé l’eau avec la serviette qu’il avait prévu sur le plateau de l’adulte.
Cyril n’osait même pas poser un main sur son épaule. Il serra le poing, et prenant sur lui, il demanda, la voix tout aussi brisé que l’était son cœur :
- Je t’en supplie Emmanuel, laisse moi te parler…
Cyril vit que Manu hésitait. C’était bon signe. Il aurait pu tout rejetait en bloc, mais il hésitait. C’est pourquoi Cyril sauta
sur l’occasion et insista :
- Tu n’aura rien à dire, juste à écouter ce que j’ai à te dire…
Manu se redressa, plantant ses yeux emplie d’une profonde tristesse dans les siens. Il prit place sur la chaise, croisa les bras et
attendit que Cyril prenne la parole.
Cyril devait se lancer, mais il était soudain prit d’un vertige et d’une profonde angoisse. Il avait peur de se planter, peur de mal choisir ses mots et de braquer totalement Manu, installant
définitivement une distance indélébile entre eux.
Manu continuait à le fixer, l’incitant à se lancer. Cyril stressait et maudissait cette position qui était tout sauf pratique pour avoir une discussion. Après une
profonde inspiration, Cyril se lança, décidant de se laisser porter par les mots :
- Toute la journée, j’ai eu le temps de réfléchir à ce que j’allais pouvoir te dire, et maintenant que je dois commençait, je ne sais plus vraiment quoi dire… Il ne me semble pas avoir fait une
remarque négative à propos de ce que j’ai vu hier. Il ne me semble pas non plus avoir fait quelque chose qui aille à ton encontre. Tu n’as pas à avoir honte de ce que tu te fait Emmanuel, et cela
ne change rien au regard que je pose sur toi. Je connais le mal-être qui peu pousser à ce faire ce genre de chose, ayant moi-même failli le faire dans ma vie. Je sais que lorsqu’on arrive à se
genre d’extrémités, on ne voit pas d’autre issues possible. Je sais aussi que tu vas très mal. Ce qui me serre le cœur, c’est que tu ne veuilles pas me parler de ce qui te pousse à
t’autodétruire, et je sais aussi que tu fais cela parce que tu ne trouve pas d’autre moyens. N’arrivant par à l’exprimer par des mot, n’arrivant pas à en parler, ta souffrance te ronge de
l’intérieure. Tu ne vois que cette manière pour l’exorciser. Sache que je ne te jette pas la pierre et que ton geste ne me dégoûte pas. Au contraire, cela m’inquiète, et je souffre d’être
impuissant face à tout ça. Cependant, il y a une chose que je n’admets pas : que tu t’éloignes ainsi de moi. J’ai besoin de toi Emmanuel plus que tu ne le crois.
Il ne pu à ce moment là retenir ses larmes, mes continua la voix légèrement brisée :
- Ne me fuit pas, sinon je ne pourrait même pas avoir une chance de t’aider et de te soutenir. Je t’aime Emmanuel, je t’aime tellement… Je…
Manu porta une main à son visage, tentant apparemment de se reprendre et de ne pas craquer à son tour.
- Ca me fait tellement mal de te voir dans cet état, je suis là… Je ne te force pas à me parler, mais sache que jamais je ne te jugerais sur ce genre d’acte. Laisse moi seulement t’approcher,
laisse moi te tendre la main pour que tu puisse la saisir… Laisse moi être près de toi…
Cyril voulait tant le prendre dans ses bras et le serrer fort contre lui. Il lui tendit la main, accompagnant ses dernières paroles. Manu la vit et retira sa main de son visage, ses yeux inondés
de larmes trahissaient son mal être insoutenable. Tremblant, il saisit avec douceur la main de Cyril, la posant sur le lit, il posa son front sur ces deux mains jointes.
Manu craqua alors pour de bon et s’effondra en larme comme rarement Cyril l’avait vu faire. Des gémissements au plainte d’un animal profondément blessé s’échappèrent de ses lèvres entrouvertes.
Cyril ne pouvait même pas le prendre dans ses bras pour le consoler. Il se contenta de caresser sa main de son pouce et de lui glisser des mots de réconfort et d’amour.
Ce n’est qu’après un long moment que Manu se redressa subitement, soufflant à Cyril qu’il revenait vite. C’est après cinq bonne minute que Manu débarqua en pyjama dans la chambre avec son
matelas.
Il lui sourit timidement et déclara :
- Je peux dormir avec toi ?
Cyril sourit, heureux de cette initiative, mais il n’allait certainement pas le laisser dormir sur son matelas. Cela faisait trop longtemps qu’ils n’avaient pas dormit côte à côté et supporté une
nouvelle nuit sans lui était de l’ordre de l’impossible.
- Oui, mais pas à mes côtés, le lit est largement assez grand !
- Non, ce n’est pas une bonne idée… J’ai bien trop peur de te faire mal.
- Ecoute Emmanuel, ne pas t’avoir contre moi cette nuit sera encore plus douloureux que mon mal de dos, s’il te plait, viens…
Manu ne résista pas. Il vint se placé de l’autre côté de lit et redressa les couvertures avant de se glisser dans les lit avec toute la délicatesse dont on pouvait faire preuve. Cyril sera les
dents et tenta de maîtriser la douleur que cela provoquait dans son dos.
- Approche toi un peu plus.
Manu se colla alors le plus près possible de Cyril, prenant sans main dans la sienne. L’adulte soupira de bien être. Il avait crut que jamais une telle chose ne leur serait de nouveau permis et
s’était surpris à en désespéré.
Manu déposa délicatement un baiser sur les lèvres de Cyril avant de lui souhaitait une bonne nuit à laquelle l’adulte répondit la même chose et lui souffla une dernière fois "je t’aime", ayant
besoin de lui dire et de lui redire, même s’il avait peur d’étouffer Manu de son amour.
Un léger sourire étirait ses lèvres. Apaisé, il put s’endormir aux côtés de son amant, dormant comme il ne l’avait pas fait depuis de nombreux jours…
TROISIEME PARTIE
Des larmes commencèrent à perler sur ses joues, il ne pouvait les retenir. Il s’en voulait tellement, il s’en voulait tellement… Manu sembla s’en apercevoir et cela l’arrêta net. L’adolescent se
retira immédiatement de lui, faisant augmenter la culpabilité de Cyril. Il leva les yeux pour ne pas infliger de vrai larmes à Manu. Celui-ci le sera dans ses bras très fort, lui caressant les
cheveux et lui murmurant :
- Chut Cyril… C’est ma faute, je suis désolé. Je n’aurai pas du te forcer.
- Non, c’est moi qui suis désolé Manu, dit-il d’une voix serrée.
- C’est pas grave, ne t’inquiète pas.
- Je ne sis même pas capable de…
- Ne dis pas ça. Ca viendra.
Cyril avait l’impression d’être pris à son propre piège et de ne jamais pouvoir s’en sortir. Son père lui avait pourri la vie par le passé et continuerait de le faire toute sa vie. Pris au piège,
il n’en voyait pas le moyen de se sauver. Il mit de longue minutes avant que sa respiration ne redeviennent parfaitement normale. La simple étreinte de Manu lui faisait un bien fou. Se sentant
capable de pouvoir affronter de nouveau son regard, il se recula légèrement et lui sourit gêné. Ne supportant même pas le regard déçu de Manu, il préféra se lever et s’éloigner de l’homme qu’il
aimait et ne pouvait satisfaire. Il s’habilla et repartit de la chambre, y laissant Manu seul.
Tant de mal-être et d’angoisse l’envahissait. Il avait l’impression d’être coincé au pied du mur, sans aucune issue. Pire que tout, il avait profondément l’impression de trahir Manu et l’amour
qu’il lui portait. Rares étaient les fois où il se sentait aussi mal par rapport à son jeune amant. Il avait bêtement paniqué et tout avait prit fin. Il aurait du prendre plus sur lui, mais cela
avait était au dessus de ses forces. Le fait que Manu ait mit fin à tout cela l’avait rassuré un peu, se disant que jamais il ne le forcerait. Mais ce petit geste était loin d’annihiler toute la
folie qui était ancrée au plus profond de lui. La soumission était une chose qui le renvoyait directement à son passé, le faisant paniquer et allant même jusqu’à lui faire perdre la tête. Est ce
que Manu se rendait réellement compte du fou avec qui il vivait ? Il avait aussi honte, honte d’être aussi faible et de ne pas s’être montrer plus fort. A ce genre de situation de
soumission, il choisissait la fuite, ne voulant surtout pas y être confronté très longtemps.
Cyril prépara du café, s’en servit une tasse, et attrapa négligemment le sac de croissant tout récemment acheté. Manu mis de longues minutes avant de le rejoindre.
La fin de la matinée se passa ainsi. Cyril était occupé à faire le peu de ménage, simple prétexte pour ne pas avoir à parler trop à Manu, et celui-ci était allé se réfugier dans sa chambre pour
préparer ses affaires.
Il le vit cependant ressortir vers midi, l’air très pale. Le jeune homme passa devant lui sans s’apercevoir de sa présence, et alla s’asseoir dans le fauteuil se mettant un main sur son visage,
s’accoudant à ses genoux dans un profond soupir.
Inquiet Cyril alla directement lui demander :
- Tout va bien ?
- Ca va, répondit Manu, en se redressant dans le fauteuil. Juste… un peu stressé, c’est tout.
- Pour demain ?
Manu fit un hochement de tête. Son visage reflétait parfaitement le malaise qu’il devait ressentir. Ne voulant pas le laisser ainsi et il tenta déjà de le rassurer cherchant une réelle
solution :
- Tout ira bien, crois-moi…
Cyril se dirigea vers la cuisine et une idée lui frappa l’esprit. Tout à coup, il se retourna vers Manu et arqua un sourcil :
- On sors ?
- Ou ?
Cyril rejoignit Manu dans le fauteuil et déposa un bras autour de ses épaules, profitant de ce simple contact qui lui avait cruellement manqué et ne supportant pas de le voit ainsi, seul dans sa
détresse.
- Je ne sais pas, on pourrait… aller manger quelque part et se faire un ciné. Se promener quoi.
Manu accepta bien vite. Se changer tous deux les idées allait leur faire le plus grand bien. Rapidement, ils se retrouvèrent dans un petit restaurant où il restèrent longtemps, discutant de chose
et d’autres dans pour autant parler de leurs problèmes une seule fois.
Le cinéma se passa tout aussi bien. Cyril adoré voir l’air heureux et presque enfantin que Manu affichait dans ce genre d’endroit. Bien vite, Manu posa sa tête contre l’épaule de son amant, et
leurs doigts s’étaient entrelacés. Touché par ce geste, Cyril posa sa tête contre celle de Manu. Cyril aimait plus que tout ce genre de moment, où tous les deux était côte à côte. Ce contact lui
faisait un bien fou, et Cyril espéra qu’ils en vivraient encore de nombreux, jusqu’à la fin de leur vie. Ces instants passaient bien trop vite…
A peine eurent-ils tous deux le temps de se remettre pleinement de cette après midi passait ensemble, que l’horloge indiqué déjà 22h30. Cyril se préparait pour aller dormir, lui devant travailler
et Manu reprenant les cours. Il avait beau essayer de rassurer Manu, ce dernier ne parvenait pas une seconde à se débarrasser de son stress. Et celui-ci avait beau tenter de lui cacher, Cyril
n’était pas dupe. Pendant une bonne partie de la nuit, il sentit Manu se tourner et se retourner, à l’attente d’un sommeil qui ne vint que tard dans la nuit. La nuit fut difficile et peu
reposante, Manu ayant finalement réussi à lui communiquer son stress.
Il se leva péniblement en baillant, après avoir éteint le réveil.
Le déjeuner se fit dans un silence presque total, tous les deux étant fatigués et n’ayant aucune envie de commencer une semaine où ils allaient se voir à peine quelques heures par jour. Le seul
avantage était que Manu devait passer devant le restaurant où travaillait Cyril pour aller en cours et donc, Manu pouvait à présent aller le voir tous les jours à son travail en rentrant des
cours et partir en même temps que lui. Ils prirent donc la route tous les deux, le froid transperçait chacun de leur vêtements, Manu profitant pour coller Cyril un maximum.
S’il marchait à côté de lui, Manu semblait totalement absent, enfermé et prisonnier de son stress. Ne supportant pas de le voir ainsi sans
rien faire, il eut subitement une idée. Tout à coup, il tira Manu vers un autre endroit que la rue ou il travaillait, l’enlaçant et regardant s’il n’y avait pas trop de monde. Un fois qu’il eut
fait tout cela, il poussa légèrement le jeune contre le mur et l’embrassa de longue secondes. Un baiser qu’ils n’avaient pas échangés depuis leur problème. A l’aide de ce baiser, il tentait
d’apaiser Manu du mieux qu’il pouvait, de lui montrer qu’il était là pour lui et surtout qu’il l’aimait. Puis il s’éloigna et lui souri, sans pour autant le lâcher.
- J’ai fini à 19h00, on pourra se voir un peu plus aujourd’hui, et j’essaierai de quitter un peu plus tôt en faisant mon boulot vite.
- Ok…
- Je vais y aller.
- Tu veux pas juste… m’embrasser encore une fois avant de partir. Répondit Manu, les joue légèrement rouge par le froid et les mains glacées.
Cyril ne résista pas à cette demande, ayant la même envie. Il s’approcha encore un peu plus de Manu pour se coller à lui, tandis que Manu passait ses mains dans sa veste. Rapidement ses lèvres
rejoignirent les siennes, et il commença à l’embrasser, le caressant lentement de sa langue, ne pouvant tous les deux pas s’arrêter.
Ce fut en regardant l’heure que Cyril dit qu’il était censé arriver et quitta presque aussi vite Manu après un dernier léger baiser et un encouragement supplémentaire pour finalement le laisser
se débrouiller seul. Un léger sentiment de culpabilité de le laisser seul ainsi, lui prenait le ventre. Il avait l’impression de l’abandonner. Il tenta de se ressaisir en se disant que tout de
même Manu était largement assez grand pour se débrouiller seul, et qu’à aucun instant il ne l’identifié à un enfant immature. Certes il était stressé, mais à sa place, Cyril aurait ressentit la
même chose, même pire…
Lorsqu’il vit Manu passer devant la fenêtre du restaurant, il lui fit légèrement signe, afin de l’encourager au mieux. Il resta à la fenêtre jusqu’à ce que l’adolescent disparaisse de sa vue.
Soudain, une voix inconnue retentie derrière lui.
- C’est ton copain ?
Cyril se retourna, choqué et gêné par cette question qu’il ne s’attendait pas à entendre. La voix provenait d’un très beau jeune homme qui devait avoir à peu près le même âge que lui. Ses cheveux
noir ébène mi-long encadré parfaitement son visage au trait fin, et son regard était plus que pénétrant. Un léger sourire à la fois taquin et charmeur s’affichait sur ses lèvres fines. Un beau
ténébreux qui dans de toute autres circonstance aurait fait craqué Cyril.
Mais ses pensée n’était pas à cela, et son cœur, son corps, ainsi que tout son être appartenait à Manu. Devant la gêne et surtout la non réponse de Cyril, l’homme déclara alors :
- En tout cas, cela m’arrangerait que ça ne soit pas le cas…
Cyril ne put s’empêcher de rougir légèrement, de plus en plus gêné. Dieu qu’il pouvait se détester lorsqu’il réagissait ainsi.
Amusé, l’homme ria de la réaction de Cyril, avant de s’approcher un peu plus et lui tendit la main.
- Je déconne. Je me présente, je m’appelle Alex, je suis de retour de vacances, je bosse ici depuis un moment. Alors c’est toi le nouveau, tu t’appelles ? débita-t-il tout en lui serrant la
main.
- Je… euh… Cyril, bafouilla-t-il, se trouvant de plus en plus ridicule.
- Dans ce cas, enchanté
Cyril, j’espère que l’on va bien s’entendre.
Cyril lui sourit alors timidement, et lui répondit un peu plus détendu :
- Enchanté Alex, heureux de faire ta connaissance.
- De même. Alors qu’est ce qui t’amène ici ? Je veux dire pourquoi tu te retrouves à bosser ici ? Si ça n’est pas trop indiscret bien sur.
- Je… euh…
Cyril décida de sérieusement se reprendre, se trouvant de plus en plus ridicule. Il n’était pas habitué à côtoyer ce genre de personne, assez franche et direct. Cet homme n’avait pas l’air d’être
mauvais, et de toute manière autant en profiter pour parler un peu plus avec lui, et se créer une vie sociale, qu’il n’avait pratiquement jamais eu. Cela ne ferait que l’aider à aller de l’avant.
Et puis parler avec Alex, lui changerait peut être un peu les idées, et il cesserait de se torturer l’esprit avec toutes ses réflexions solitaires.
- Je viens d’arriver dans la ville depuis peu, et j’avais besoin assez rapidement d’un boulot pour payer mon loyer et c’est tout ce que je
suis parvenu à trouver, mais cela me convient.
- Et tu faisais quoi avant ?
- Je travaillais dans un orphelinat.
- Oula ! Ca doit te changer ?!! Moi je travaille ici depuis un moment, ça me va aussi. Bon, nous devrions aller nous préparer, si le patron nous voit ainsi à rien faire, il va
gueuler.
Le reste de la matinée, ils la passèrent le plus souvent ensemble, discutant de choses et d’autres. Alex était tout le contraire de Cyril. Il respirait la joie de vivre, ne se prenait pas la
tête, et recevait les choses comme elles venaient. D’un certain côté, cela était grandement apaisant pour lui. Alex de tout, sans aucun sujet tabou, et il avait même réussit à faire éclaté de
rire Cyril.
Leur relation s’amélioré de minutes en minutes, et ils se séparèrent un peu après leur pause de 11h30, ayant des clients à servir et n’ayant pas une minute de temps pour parler. Ils se
retrouvèrent cependant bien vite, pour finir la vaisselle dans l’après midi, puis ils allèrent préparer les tables pour la soirée.
Une relation amicale s’instaurait entre eux, du moins c’est ce que croyait Cyril…
Vers la fin de l’après midi, pendant une pause cigarette dans la cours, ils étaient tous les deux en train de parler d’un films qu’ils aimaient particulièrement, lorsqu’une de leur collège de
travail vint se joindre à eux en disant :
- Alors Alex, sitôt revenu qu’on commence déjà à draguer. Si tu veux mon avis Cyril, tu ferais mieux de protéger ton cul.
Ce n’est qu’à ce moment là que Cyril comprit, pas très futé sur le coup :
- Tu es homo ?
- S’il est homo ! s’exclama la femme éclatant d’un rire qui mit aussitôt mal à l’aise Cyril. Voyons, ça se remarque immédiatement. En plus, il ne fait rien pour le cacher.
C’est à ce moment là que Alex intervint :
- Je pensais que tu l’avais comprit, surtout avec ce que je t’ai dit ce matin.
- Oui, enfin… c’est que… se mit à bafouiller Cyril, se maudissant encore plus.
- Cela ne changera rien à nos rapports tu sais, enfin, ça peut dépendre de quel côté… J’espère que tu n’est pas un de ces homophobes coincés.
- Non ! se dépêcha de déclarer Cyril, vexé du qualificatif employé. C’est juste que…
- Bon je vous laisse, ne tardez pas trop, dit soudain la femme avant de s’éclipser dans les cuisines.
Sitôt celle-ci partie, Alex attaqua de nouveau :
- Tu t’enfonces là Cyril !
Afin de dissiper tout malentendu et ne voulant surtout pas altérer leur rapports, Cyril se jeta à l’eau :
- Je suis homo moi aussi. Et le jeune homme que tu as vu ce matin, c’est mon copain. Je tiens énormément à lui, alors je préfère te prévenir tout de suite, il ne se passera rien entre toi et
moi.
- Là, voilà, c’est clair, dit Alex en souriant. J’ai cru que tu ne n’allais jamais me le dire. Tu crois que je ne m’étais pas aperçut que tu étais de mon bord ?
Cyril ne s’attendais pas en dire autant, surtout pas à un homme qu’il ne connaissait que depuis quelques heures. Cependant, il ne savait pas pourquoi, mais il lui faisait confiance. Il préféra
tout de même préciser :
- Juste, j’aimerait que ma relation avec lui ne s’ébruite pas. Je suis dans une situation assez délicate, alors… Je peux compter sur ton silence ?
- Bien sur, tu peux me faire confiance, répondit Alex en souriant.
Ils finirent rapidement leur cigarette, avant de reprendre leur travail, comme si cette discussion n’avais pas eu lieu. La fin d’après-midi approchait, et Cyril ne pouvait s’empêcher de penser à
Manu. Dans peu de temps, il allait enfin le revoir, et il attendait ce moment avec impatience. De tout cœur il espérait que sa journée se soit très bien passée. Ce fut pendant la plonge qu’il
entendit Alex l’appeler. Intrigué, il tourna la tête et eut le plaisir de voir Manu. Il sourit directement en le voyant, même s’il n’avait était séparé que la journée, Manu lui avait en réalité
terriblement manqué. Il du faire appel à toute sa retenu pour ne pas l’approcher et l’embrasser selon son envie du moment. Alors que Manu s’approchait de lui, il lui demanda :
- Tu as passé une bonne journée ?
Cyril sembla entrapercevoir une expression qui ne lui laisser présagé rien de bon, mais apparemment, cela n’était qu’une illusion, car Manu lui répondit en souriant :
- Très bien…
Quelque chose clochait, mais Cyril n’aurait su dire quoi. Il savait que quelque chose n’allait pas, mais quoi ? Il demanda alors en fronçant légèrement les sourcils.
- Ca va ?
- Oui ça va je te dis. C’est juste le stress de la journée qui me retombe dessus, je suis fatigué…
Cyril préféra ne pas insister, sachant que dans des moments comme cela, il ne valait mieux pas. Et la présence de Alex n’arrangeait rien. Ils en parleraient ce soir, lorsqu’ils seraient tous les
deux. Cela n’empêcha cependant pas l’inquiétude de Cyril de commencé à poindre, et les questions à se bousculer.
Il vit soudain Manu portait toute son attention sur Alex, et intervint directement :
- Je te présence Alex… Un collège avec qui je m’entends plutôt bien.
- Tu es Emmanuel je présume ? demanda alors Alex en souriant.
- Manu répondit-il sèchement. Enchanté.
Rapidement, Manu retourna la tête vers Cyril, et déclara :
- Je vais aller boire un verre en attendant que tu rentres… Je serai là avant, t’inquiète pas.
Ne trouvant rien à y redire, Cyril lui répondit simplement :
- Ok, je rentrerais tôt pour une fois, on fait en sorte de pouvoir s’enfuir le plus tôt possible…
Manu lui sourit et s’approcha de Cyril pour déposer un léger baiser sur ses lèvres, qui le rassura un peu. L’adolescent accompagna son geste d’un léger sourire avant de repartir aussi vite qu’il
était venu.
Malgré tout cela, Cyril ne pouvait se retirer ce mauvais pressentiment. Quelque chose n’allait pas, et Manu avait beau le lui cacher, cela ne passait pas inaperçu aux yeux de Cyril qui commençait
à le connaître dans ces cas là. Peut-être était-ce uniquement la fatigue, en tout cas, il en aurait le cœur net ce soir. Cela le fit doublement languir la fin de sa journée de travail. Il voulait
retrouver Manu, être près de lui, et l’aider s’il avait un problème. Ces dernières heures de travail furent les plus longues de sa journée. Il cru ne jamais venir à bout. Heureusement, Alex fut
la pour lui parler et le détendre un peu.
Lorsqu’il put enfin sortir, il se rendit au pas de course jusqu’à leur maison. Il fut surprit de trouver le verrou fermé et les lumière éteinte. Son cœur ne mit pas deux secondes avant de
s’emballer. Pas deux fois…
Il entra à la hâte et prit soin de vérifier ce qu’il avait déjà pressentit, Manu n’était pas là. Il préféra se calmer, se disant qu’il n’allait pas tarder. Le stress et l’inquiétude l’avait
totalement envahi. Ou était-il et que lui était-il arrivé : ces deux questions l’obsédées. Il s’assit sur le canapé et alluma la télé, tentant vainement de se calmer. Mais il ne tint pas une
seule seconde sur celui-ci, déjà debout en train de faire les cents pas, mort d’inquiétude. Les minutes défilées telles des secondes et Manu n’était toujours pas là…Aucun sentiment de colère ne
l’envahissait, non, il était juste mort de peur de découvrir la vérité.
C’est à une heure plus tardive que, n’y tenant plus, il décida de sortir, et de chercher Manu. Un pressentiment lui disait qu’il ne rentrerait pas cet nuit sans son aide. Il attrapa son manteau
et sorti. Il marcha en regardant partout, dans chaque ruelles, chaque recoin. Soudain, il se souvint de ce que lui avait dit Manu. Il était allé boire un verre et au vu de ce qu’il avait pu
constaté la dernière fois sur son rapport avec l’alcool il chercha le bar le plus proche de chez eux. Son cœur fit un bond dans sa poitrine en voyant Manu littéralement affalé au comptoir. Un
verre à moitié plein était posé à côté de lui. Une main était posé sur son vers l’autre en dessous de sa tête qu’il avait posée sur le bar. Il ne fallait pas une très longue observation pour voir
qu’il était complètement saoul. Le voir dans cet état lui était très difficile, son cœur se serrer douloureusement dans sa poitrine et il se sentait tellement impuissant de le voir ainsi. Il
sortit quelques billets qu’il déposa sur le bar, puis il s’occupa de Manu qui ne s’était pas encore aperçut de sa présence. Après avoir posée une main sur son dos pour lui indiquer sa présence,
il retira le verre qu’il tenait dans sa main. Ce produit qui toute sa vie il avait fuit, ne voulant jamais être dans le même état que son père. Mais pour Manu s’était différent. On pouvait voir
dans son regard une profonde tristesse et un désespoir sans nom. D’un voix étonnement douce, il lui dit :
- Emmanuel… On va rentrer, d’accord ?
Sentant que Manu n’était même pas en état de répondre, il le força à se lever tout en attrapant son sac pour partir. Qu’était-il en train de lui arrivé ? Pourquoi Manu s’était-il mis dans
cet état ? Que gardait-il en secret pour s’autodétruire ainsi ? Car Cyril n’était pas dupe, il savait que Manu lui cachait quelque chose, et que ce quelque chose en question était en
train de le ronger de l’intérieur. Il avait l’impression de faire un saut en arrière, de se retrouver après une des tentatives de suicide de Manu. Perdu, il ne savait pas quoi faire.
Manu se reposa légèrement sur Cyril, mais il parvint à marcher jusqu’à l’appartement. C’est après un laborieux et périlleux trajet, qu’ils se retrouvèrent chez eux. Il serrait Manu très fort, ne
voulant surtout pas que celui-ci lui échappe une fois de plus. Il réussi à guider Manu qui traînait les pied, jusqu’à leur lit dans trop de mal. Rares étaient les fois où il l’avait vu dans un
état aussi lamentable.
Il le fit s’assoire tant bien que mal sur le bord du lit et lui enleva son pull et son t-shirt, Manu semblait de toute façon à moitié inconscient, et semblait ne pas vraiment s’en rendre compte.
Cyril avait peur, peur de découvrir l’ampleur du mal qui rongeait Manu de l’intérieure. Lorsque Cyril tenta de lui ouvrir son pantalon, Manu le repoussa subitement d’un geste de la main, et
l’empêcha de le faire. Il se laissa tomber sur le lit, laissant Cyril dans la plus totale incompréhension. Pourquoi ce geste ? Pourquoi cet état ? Pourquoi ce silence ?
Pourquoi…
Il préféra ne rien répondre, et lui mit ses jambes sur le lit pour ensuite le couvrir, retrouvant avec une facilité déconcertant les vielles habitudes de l’orphelinat.
Il déposa un baiser sur la joue de Manu, et se plaça près du rebord du lit pour le veiller au mieux. Soudain, il entendit :
- Cyril…J.. je te déçois ?
- Bien sur que non, répondit-il aussitôt en s’agenouillant pour regarder Manu, passant sa main dans ses cheveux.
Qu’était-il en train de s’imaginer. Voulant appuyer ses paroles avec un geste, il posa un baiser sur sa joue. Manu y réagit presque immédiatement, et déclara quelque chose qui brisa
Cyril :
- Arr.. Arrête. C’est mal c… ce qu’on fait.
Manu avait fermé les yeux. Cyril ne pouvait s’empêcher d’affiché une expression horrifié. Que lui arrivait-il ? Où était le Manu qu’il connaissait ? Jamais il n’aurait pensé que de tels
mots sortiraient un jour de sa bouche. Qu’était-il en train de lui arriver ? Alors c’était cela qu’il pensait de leur relation, que c’était "mal"…
Manu reprit la parole, l’interrompant dans ses pensées, la voix brisée par les larmes qu’il contenait :
- P… Pourquoi est ce qu’.. qu’on pourrait pas… On fait rien de mal… J’… j’ai pas envie d’être avec quel… quelqu’un d’autre moi…
Une larme coula sur son visage, une qui eut tôt d’emporter avec elle tout ce qui n’était pas tristesse. Cyril ne savait plus quoi penser. Il en était arrivé à un état tel, que tout s’était bloqué
dans sa tête. Sa main continua machinalement à passer dans ses cheveux. Des larmes vinrent faire écho à celle de Manu. Le jeune homme, mort de fatigue sombra dans un sommeil que Cyril ne parvint
à trouvé à aucun moment. Ses yeux inondés ne quittèrent à aucun instant le visage endormi de Manu, ayant peur qu’en un battement de cil, celui-ci disparaisse à jamais.
Il sentit cependant ses paupières s’alourdir après une bonne heure et se dévêtissant, il alla se coucher sur le place libre du lit. Epuisé par toute cette journée, il parvint après un certain
temps à retrouver le sommeil.
Vers le milieu de la nuit, il fut réveillé par les mouvements de Manu qui apparemment se recouché. Inquiet, il lui demanda la voix cependant endormie :
- Ca va… ?
- Oui, répondit tout simplement Manu en se recouvrant, tournant le dos à Cyril.
Cyril se sentit totalement ignoré, et le pire était qu’il n’en connaissait même pas la cause. Il avait mal d’être ainsi rejeter alors qu’il n’y était normalement pour rien. Etre impuissant à ce
point était intenable…
Le réveil sonna quelques heures plus tard, Manu et Cyril restaient quelques minutes dans leur lit en tentant de se réveiller comme ils le pouvaient.
A aucun moment Cyril ne parvint à croiser le regard fuyant de Manu et encore moins à entamer une conversation avec lui, Manu restant muet comme une carpe. Manu ne prit même pas de déjeuner. Sa
détresse était palpable à des kilomètres Cyril avait beau tout tenter, il ne pouvait rien y faire. Ils se préparèrent chacun de leur côté. Cyril tenta de rester gentil, agréable et rassurant, et
de ne surtout pas marteler Manu de questions. Manu ne parlait toujours pas, sauf pour répondre aux questions bénignes de l’adulte. Le trajet se fit à nouveau ainsi. Manu gardait une distance
entre eux, chose qui ne faisait qu’attiser la peine de Cyril. Oui, en effet, il commençait à être peiné et attristé de ce rejet de plus en plus explicite de la part de Manu. Aurait-ce un lien
avec le fait qu’il refuse de se soumettre ? Alors dans ce cas pourquoi dire que leur relation était quelque chose de mal ?
Lui en voulait-il ? Rejetait-il son amour une fois de plus ? Perdu Cyril ne savait plus quoi penser et encore moins quoi faire.
DEUXIEME PARTIE
Le samedi matin, Manu sembla apparemment oublié que Cyril était en congé car il se sentit légèrement secoué le matin alors qu’il
dormait, et entendit Manu lui dire :
- Cyril.. Il est dix heures, t’es en retard au boulot là !!
Encore endormi, il se contenta de répondre :
- Mmh, je ne travaille pas aujourd’hui. Rendors-toi !
Puis se retourna, mettant Manu sur le dos en même temps pour le serrer un peu plus et tenta de se rendormir. Manu passa sa main dans ses cheveux et posa sa tête contre la sienne, profitant tout
deux de pouvoir rester au lit le matin côte à côté sans que Cyril ne doive partir travailler à l’aube.
Cependant, maintenant parfaitement réveillé, et ayant le sommeil léger le matin, il ne parvint pas à se rendormir, malgré la fatigue qu’il pouvait encore ressentir. Il se redressa alors, à peine
quelques minutes plus tard et admira son amant qui avait refermé les yeux. Manu les ouvrit cependant, s’apercevant que celui ci avait bougé, alors que Cyril était en train de le contempler près
de ses lèvres. Il s’était en réalité mis sur le côté et s’était accoudé pour pouvoir regarder Manu. Voyant que celui-ci avait ouvert les yeux il dit alors d’un air faussement vexé :
- Tu m’as réveillé maintenant, bien joué ! dit-il d’un air faussement vexé.
- On est pas obligés de se lever tout de suite tu sais… répondit Manu en forçant Cyril à se recoucher.
Manu se mit au dessus de Cyril, et lui souleva son t-shirt. Toujours sur Cyril, il lui prit les mains et les mit au dessus de sa tête, avec un regard bien explicite, Cyril réagit immédiatement à
cela avec un léger sourire :
- Quel réveil… T’arrêtes jamais toi. On a déjà pas arrêté hier soir, jusqu’à je ne sais quelle heure.
- Jusque minuit et demi précisément et on l’a fait quatre fois, c’était notre record hier soir… Peut-être parce que tu avais congé aujourd’hui, on en a sans doute profité.
- Emmanuel, c’est pas que j’ai pas envie de toi mais… on a pleins de choses à faire.
- Quoi ? demanda-t-il sensuellement en s’abaissant lentement jusqu’à un de ses mamelons.
Cyril était à deux doigt de craquer et du faire appel à toute sa raison pour ne pas lui céder. Il s’assit et enlaça manu qui passa ses bras autour de son cou en souriant. Il regretta de le serrer aussi près, sentant déjà son excitation monté en flèche, mais il tenta de ne pas y prêter attention.
- On va aller faire les courses et puis, acheter quelques trucs pour la déco.
L’appartement en a besoin, tu ne crois pas ?
- Pas besoin de déco, c’est de l’argent jeté par les fenêtres.
- Mais non, ça donnera un peu de vie.
- Tu ne crois pas qu’il y en a assez ? demanda Manu avant de se mordre la lèvre inférieure en souriant d’une façon coquine.
- Arrête de me tenter Manu ou je sens qu’on va rester la journée au lit. On fera ça demain puisque les magasins sont fermés.
- Bon.. répondit-il en se dégageant de l’étreinte de son amant. On va prendre une douche ensemble.
- On reste encore un peu d’abord…répondit Cyril en se recouchant dans un soupir.
De toute manière s’il s’était levé à l’instant, Manu aurait pu voir très rapidement son érection, et il aurait perdu toute crédibilité.
Manu, lui, se leva et se dirigea vers le placard de vêtement de Cyril. Apparemment en train de choisir comment
il allait devoir s’habiller, Cyril le vit alors finir par ouvrir le tiroir de ses boxers. Il alla même jusqu’à s’agenouiller pour pouvoir les contempler plus sérieusement et en déplia quelques
uns pour faire quelques petits commentaire du genre « joli », « mmh », « à enlever », jusqu’à ce que Cyril maintenant assis sur le lit, les cheveux en bataille,
jugeant que le manège avait assez duré lui dise :
- Tu compte choisir ce que je vais mettre tous les jours ?
- Quand j’en aurai l’occasion, oui. Je veux te voir plus sexy que jamais et ça, tous les jours… Bon tu viens maintenant ?
Manu se releva et retira son t-shirt pour le lancer au visage de Cyril. Il retira ensuite son pantalon de pyjama, se retrouvant nu face à Cyril. C’est fou comme il n’avait plus honte devant lui
maintenant, pensa Cyril en se remémorant leur première fois. Cette semaine l’avait parfaitement désinhibé.
Manu mit ses mains sur ses hanches et regarda Cyril qui ne se gênait pas pour le regarder de la tête aux pieds. Il se leva précipitamment en déclarant :
- C’est bon, tu m’as excité à mort maintenant.
Il tira la main de Manu brusquement et l’emmena à la salle de bain, tous les deux souriant de la réussit brillante de Manu. Ils se forcèrent à ne pas faire grand-chose et se contentèrent donc de
ne « que » se masturber mutuellement tout en s’embrassant sous l’eau brûlante. La buée avait envahit les miroirs et les fenêtres, mais Cyril et Manu n’y prêtèrent pas attention. Finalement, ce
n’est qu’à 11h00 qu’ils sortirent de leur douche, ayant jouit une fois de plus ensemble. La journée se passa incroyablement vite. Elle se partagea entre fous rires dans les magasins et entre
moments tendres en essayant de rester discrets. Cyril allait jusqu’à parfois emmener Manu dans un endroit sombre pour pouvoir l’embrasser, voulant être avec lui et contre chaque instants
partagés, comme pour se prouver que tout ceci était bel et bien réel et loin d’être seulement un rêve. Finalement, ils rentrèrent vers 20h00, étant tous les deux allés
au restaurant avant. Ils rentrèrent leurs achats et allèrent se changer avant de se mettre un dvd pour se détendre. Manu s’endormit finalement sur les genoux de Cyril à la moitié du film et fut
réveiller juste pour aller dormir. Manu, à peine couché dans leur lit, se rendormit de plus belle, Cyril l’enlaça peu de temps après pour le rejoindre dans les bras de morphée.
Cyril se réveilla avant Manu le lendemain. Ne résistant pas à ce corps si désirant tout à côté de lui, il passa
lentement une main sous son t-shirt, assouvissant l’envie de caresser sa peau nue. Manu encore trop assoupi, ne sembla pas y prêter attention tout de suite. Rechignant à le voir ainsi, Cyril
sourit, et fit glisser sa main lentement jusqu’à son pantalon, sachant que cela ferait réagir obligatoirement son jeune amant. Manu ouvrit péniblement les yeux sans pour autant bouger. Cyril
passa sa main sur la cuisse de Manu et sur ses fesses en prenant bien la peine de passer ses doigts sur la raie de ses fesses. Manu réagit directement à cela en le regardant. Cyril ne lui laissa
pas le temps de dire quoi que ce soit, que déjà, il avait prit possession de ses lèvres et que sa langue parcourait impudiquement sa bouche. Manu entoura un bras
autour de son cou et le fit rouler sur le dos, Manu se mettant ensuite sur Cyril, semblant être parfaitement réveillé et à nouveau en pleine forme pour reprendre ce qu’ils faisaient le plus
depuis une semaine. Une fois sur lui, il lui demanda d’attendre une seconde et s’étendit en baillant à s’en faire décrocher la mâchoire. Pendant ce temps-là, ne répondant déjà plus de rien, Cyril
passait déjà ses mains sous son t-shirt et descendait à ses hanches. Finalement, Manu se coucha littéralement sur son corps, prenant bien la peine de coller son
intimité à la sienne à laquelle Cyril ne resta pas indifférent :
- Bonjour… murmura Manu d’une voix tout de même endormie, posant la tête sur son épaule.
- Bonjour. Répondit Cyril en passant sa main dans son pantalon, lui caressant une fesse. Bien dormi ?
- Bien réveillé surtout ! A peine suis-je réveillé que tu me demandes déjà des efforts !
- Des efforts ? demanda Cyril, étonné.
Manu releva la tête, réfléchissant :
- Bon, peut-être pas tant que ça mais… c’est que ça devient vachement physique dans notre cas. On va devenir super sveltes si on continue comme ça.
- Tu l’es déjà je te signale.
- Toi pas, t’as encore besoin d’un peu d’exercice. Répondit Manu d’une façon ironique, tout sourire.
Cyril fit sa mine faussement choquée et commença à le chatouiller, Manu essayant de s’échapper un maximum de son emprise, pleurant presque tellement il rigolait :
- Cyril, arrête je t’en supplie, j’ai horreur de ça !
Il arrêta à la seconde, mais pour ne reprendre que de plus belle le baiser, profond et désireux. Cyril faisait tout pour lui communiqué son envie de lui en l’embrassant. Il lui lâcha ensuite les
lèvres et tira sur la main de Manu pour qu’il face de même. Ils s’enlevèrent mutuellement leur t-shirt et plongèrent leurs mains sans gêne dans leur pantalon de pyjama pour se caresser
lentement.
Cyril, déjà réellement excité, banda en un rien de temps et fit comprendre à Manu de commencer à le masturber ce qu’il fit aussitôt. Lorsque Manu s’attarda à passer son pousse sur le gland de
Cyril, l’adulte cru ne pouvoir se retenir, cela avait le dont de particulièrement l’exciter. Après quelques minutes, sentant tous deux que Cyril était bien trop excité pour attendre encore, Manu
le poussa légèrement dans un sourire et lui retira son pantalon de pyjama. Cyril se crispa un peu, ne pouvant s’empêcher de craindre les instants où Manu prenait le dessus comme ceux-là. Rien que
le fait de se faire déshabiller ainsi, en étant placé dessous, le faisait presque tomber dans un état de panique. Il savait que c’était idiot, que Manu n’allait rien lui faire sans son accord,
mais il ne pouvait s’empêché de craindre, encore marqué par son passé ; une cicatrice béante qui était encore loin d’être guérie, et un passé, loin d’être oublié. Manu avait beau être doux
dans ses moments là, Cyril n’arrivait pas à s’exciter et à prendre du plaisir dans ceux ci.
Soudain, Manu se débarrassant de son pantalon, s’approche des lèvres de Cyril tout en lui murmurant, la voix pleine de désir et de chaleur :
- J’ai envie de te prendre Cyril… Laisse-moi te baiser !
Cyril réagit au quart de tour. En deux secondes, il s’était redressé et avait poussé Manu brutalement, faisant retomber toute excitation du moment. Il n’avait pu contrôler son agressivité et dit
la seule chose qui avait prit possession de son esprit :
- Jamais !!!
Jamais une telle chose pouvait être concevable dans son esprit. Jamais plus personne ne prendrait possession de lui. Jamais plus il ne voulait ressentir les aller retour d’une personne entrant et
sortant de lui. Jamais plus il ne voulait être souillé de la part de qui que ce soit. Jamais plus il ne voulait ressentir tout ce qu’il avait ressentit pendant plusieurs années ou la moindre
chose lui remémorant cela, jamais plus il ne voulait être dominé, jamais plus il ne voulait se sentir prisonnier et esclave, non, jamais plus. Son agressivité n’avait été que la face non cachée
de la peur panique qui l’avait envahie.
Manu semblait choqué et répliqua aussitôt :
- Pourquoi ? Je suis pas ton père moi !
Ces paroles ne firent qu’enfoncé Cyril un peu plus. Semblant regretter ses paroles qu’il avait dite, il se pinça les lèvres et rajouta :
- Excuse-moi Cyril. Mais… Je comprends pas, tu crois que je suis là pour t’agresser ?
- Non, mais je refuse, c’est tout ! s’écria-t-il en se relevant déjà.
Cyril n’était plus lui-même. La peur s’était emparé de lui, et il ne parvenait plus à raisonner logiquement. De plus l’incompréhension et l’insistance de Manu le mettait en rogne. Son cœur
battait la chamade, il n’était plus lui même, il était au plus profond de lui le Cyril d’il y a des années, enfermé dans une coquille d’agressivité.
- Pourtant, faudra bien un jour que tu dépasses ça ! Même quand je suis sur toi trop longtemps, tu ne supportes pas ! Et quoi ? Je vais devoir rester passif toute ma vie juste pour des peurs
que tu ne sais pas dépasser ?
- Tu ne comprends pas !
- J’essaie pas de comprendre mais de t’aider !!
- En faisant quoi ? En me baisant ? Tu crois que ça m’aidera ? demanda-t-il en se retournant vers Manu, le regard totalement changé, faisant presque peur par la haine qu’il dégageait.
Malgré tout l’amour qu’il éprouvait pour Manu, en cet instant précis, Cyril éprouvait pour lui une sourde haine de n’être comprit et du fait d’insister comme il l’avait fait. Il savait tout cela,
il savait que Manu n’était pas son père. Il savait aussi pertinemment que son père était mort. Mais marqué à jamais par son père, une part de lui avait sombré dans la folie et Manu n’en voyait
qu’un aperçut. Oui, son père l’avait rendu totalement fou. Il avait pu refoulé cette folie aujourd’hui, mais Manu était venu gratter un peu trop près du mur fragile que Cyril s’était construit
pour garder sa raison. On ne pouvait ressortir indemne de ce qu’il avait du vivre. Manu devrait pourtant comprendre l’ayant subit une fois. Il n’avait peut être finalement fait qu’effleurer
l’enfer qu’avait du vivre Cyril. Une certitude vint alors à son esprit, et il en fut encore plus affligé. Si Manu venait à vouloir sérieusement le prendre, il ne pourrait continuer ce genre de
relation avec lui. Ne voulant pas aller plus loin dans ce genre de pensés, il s’en alla de la chambre, laissant Manu dans l’appartement. Il attrapa au passage de quoi s’habillé. A peine arrivé
dans le salon, il sut qu’il avait besoin de sortir. Il devait calmé le démon qui sommeillé en lui et qui manquait à chaque seconde de ressortir. Il griffonna à la hâte un mot pour Manu, lui
disant qu’il allait chercher les croissants et sortit.
Pourquoi tout avait dérapé ainsi. Pourquoi maintenant ? Pourquoi leur bonheur avait était gâchée. Il avait envi de hurler dans la rue, de déversé toute sa haine et son amertume. Mais aucun
son ne sortit de sa bouche. Il n’était pas en colère contre Manu, il n’était pas non plus en colère contre son père, mais il était en colère contre lui-même. Il était incapable d’oublier,
incapable de satisfaire son amant.
Se faire prendre, se faire « baiser » comme Manu le lui avait demandé était inconcevable. Il était dans l’impossibilité de le faire. Ses mains tremblaient de rage. Rage contre son être
et sa faiblesse. Tout avait était trop beau pour être vrai. Le bonheur lui était donc interdit. Même s’il avait voulu, il n’aurait pu s’y soustraire. Tout son être lui avait hurlait de fuir cette
situation. Il se sentait oppressé, coincé, prit au piège, esclave de sa propre panique. Manu ne lui demandait pas pourtant une chose qui menaçait sa vie. Non, mais celle-ci menacée son intégrité
mentale. Ne pas être capable d’offrir à son amant ce qu’il semblait vouloir plus que tout lui déchirait le cœur. Ses paroles résonnaient encore dans sa tête : « Et quoi ? Je vais
devoir rester passif toute ma vie juste pour des peurs que tu ne sais pas dépasser ? »… Cette phrase franche, reflétait pourtant la vérité… Et si Manu le quittait pour cela ? Et
si, insatisfait, il allait voir un autre qui pourrait lui offrir la seule chose que Cyril ne pouvait lui donner. Rien qu’à cette idée, les larmes coulèrent sur ses yeux, qu’il essuya de ses mains
tremblantes. Il se dirigea d’un pas peu rassuré à la boulangerie. L’idée même que Manu le trompe lui donnait des hauts le cœurs. Si jamais cela arrivait un jour, il se savait capable d’arriver au
même extrémités que Manu avait déjà tenté plus d’une fois. Si cela devait arriver un jour, il ne voulait surtout pas le savoir, que Manu emmène ce secret dans sa tombe, s’il ne voulait pas que
Cyril la rejoigne prématurément.
Rapidement Cyril acheta les croissants et ne supportant plus d’être séparer de Manu et se jugeant à peu près calmé, il décida de rentrer chez eux.
Lorsqu’il entra, il entendit l’eau dans la baignoire, lui signifiant que Manu était dans la salle de bain. Il posa son manteau sur le fauteuil et les croissant sur la table après avoir ôté ses
chaussures. Il s’en voulait maintenant d’avoir réagit ainsi avec lui. Il entra dans la salle de bain le plus discrètement possible, et fut rassurer de voir que Manu n’allait pas trop mal. Penaud,
il s’approcha de lui. Lorsque Manu ouvrit les yeux, il sursauta de voir Cyril présent aussi prêt de lui, ne semblant pas s’y attendre. Avec un très léger sourire, il prit un gant de toilette sur
lequel il mit du savon, cherchant un quelconque moyen de se faire pardonner. Il commença à lui passer doucement le tissu sur le bras. Manu se laissant faire, il se lassa alors aller à le lui
passer sur l’épaule, puis le torse, s’attardant bien entendu sur un des mamelon qui durci aussitôt.
Manu se mit alors a réagir d’une manière qui lui ressemblait beaucoup plus, et prit la parole, sèche et franche :
- C’est pas la peine, je sais me laver tout seul.
Il lui prit le gant et se redressa légèrement en le plongeant dans l’eau.
Cyril chercha alors à s’excuser un peu, se sentant très mal à l’aise :
- Bon, j’ai peut-être été un peu dur…
- Un peu.. ? Tu m’as carrément envoyé chier ! Tu parles de moi qui suis agressif mais je viens d’avoir la preuve que tu es pareil.
- J’ai jamais dis que je n’étais pas agressif…
- De toute façon, ça ne règle pas la question.
Cyril décida d’être clair immédiatement, il était loin d’avoir changé d’avis :
- Je ne me laisserai pas me faire prendre.
- Pourquoi ? demanda Manu en relevant la tête brusquement. C’est pas comme si je voulais te violer moi !
- Arrête, tu vas trop loin !
Manu soupira. Cyril baissa les yeux, ne sachant plus que dire, ni que faire. Il n’aimait pas aborder ce sujet avec Manu. Il avait honte de ce qu’il était et avait subi. Soudain, il sentit que
Manu avait un idée. Il redressa légèrement la tête et vit un sourire s’affiché sur le visage de Manu que Cyril ne rata pas :
- Qu’est-ce que tu as encore eu comme idée ?
- Si tu ne veux pas que je te prenne, allons par étape… Laisse-moi juste prendre le dessus pour le moment, le temps que tu t’habitues…
Cyril sentit qu’il n’avait pas le choix. Ce qu’il refusait à Manu était déjà beaucoup, il fallait qu’il fasse un effort. Mais accepter cela, s’était faire confiance à Manu. Même s’il pensait ne
jamais se faire prendre, il préférait en donner l’espoir à Manu, et qui sait… Peut être que cela fonctionnerait. Il tenta de se raisonner, Manu n’allait rien lui faire sans son
consentement. Peut-être après tout que malgré tout l’amour qu’il éprouvait pour lui, il ne lui faisait pas réellement confiance. La confiance ? Trahis et brisé
par l’être qui avait toute sa confiance, il ne se risquait plus à la donner. Il avait beau aimé Manu, il ne parvenait donc pas à lui faire confiance. Pour lui cependant, il voulait bien faire cet
effort. Paradoxalement, c’est son amour qui le poussa à faire cela. Ennuyé, il répondit, malgré sa légère gêne :
- D’accord.
- T’es d’accord ? demanda Manu en faisant de grands yeux.
Pour toute réponse, Cyril arracha le gant des mains de Manu et repassa ensuite sur son torse d’une façon bien plus sensuelle. Manu se laissa faire, attendant la suite. La main de Cyril descendit
lentement sur son bas-ventre, Manu fermait les yeux et avait à nouveau posé sa tête sur la baignoire. Cyril amusait, tenta de se détendre en jouant avec Manu. Il le
vit ouvrir subitement les yeux lorsque sa main lui caressa le sexe, caresse bien évidemment intentionnellement.
Cyril demanda ensuite à Manu de se sortir de l’eau en enlevant le bouchon, ce qu’il fit aussitôt tandis que son amant prenait une serviette. Malgré son appréhension de ce qui allait arrivé, il ne pouvait s’empêcher d’être exciter par ce corps nu, juste devant lui.
Cyril passa lentement la serviette sur le corps de Manu en prenant un air concentré, prenant bien la peine de le
faire d’une façon excitante. Il passait ses yeux sur l’entièreté de son corps, offert à lui, ne se lassant pas d’observer ses formes et ses courbes gracieuses. Même s’il était exciter, il n’avait
aucune envie de faire durer ce moment. Pressé, il tira la main de Manu jusqu’à la chambre, en ouvrant déjà son pantalon. Il voulait que cela se passe vite. Son appréhension était au summum et il
ne pouvait se cacher qu’il était terrifié.
Arrivés à la chambre, Cyril se débarrassa de son pantalon et de son t-shirt et tira Manu à lui sans douceur par la nuque, l’embrassant à pleine bouche. Sa langue montrait bien que l’excitation
était à son comble, les mains de Cyril passait sur les fesses de Manu et les massait d’une façon érotique, trop insupportable pour attendre longtemps. Finalement, devenu également trop excité,
Manu poussa légèrement Cyril en arrière et l’assit sur le lit. Ce dernier recula jusqu’à la tête du lit et attendit manu qui avançait lentement sur les genoux pour le faire attendre. Cyril ne
bougeait plus. Légèrement paralysé, il n’arrivait pas à se faire à l’idée, et devait faire appel à toutes ses forces pour rejeter les images de son passé qui frappaient au porte de sa conscience.
Semblant constater la peur de Cyril, Manu s’abaissa lentement vers son torse tout en passant sa main sur l’intérieur de ses cuisses. Cyril, lui, tentait de se concentrer sur ce qu’il ressentait.
Rapidement, Manu se mit à lui caresser à nouveau le gland de sa langue, Cyril réagissant immédiatement, en arquant légèrement son corps et jetant sa tête en arrière. Pendant de longues minutes
qui permirent à Cyril de se détendre au mieux, Manu suça Cyril qui ne se retenait plus de gémir. Sa peur n’avait presque plus aucune raison d’être.
Manu se redressa, empêchant Cyril de jouir tout de suite et se remit les genoux avant de se mettre à califourchon sur lui, collant son sexe contre le celui de l’adulte, augmentant son impatience.
Sentir Manu collé tout contre lui, ravivait son désir pourtant constant de le prendre. Cette fellation non
aboutie ne lui donnait que l’envie de faire sien Manu une fois de plus. Manu prenait en plus un malin plaisir à bouger légèrement le bassin et à coller son torse contre lui. Manu rencontra ses
lèvres d’une façon bien plus douce que la précédente, Cyril profitant de caresser ses fesses, plus près que jamais de lui. Rechignant à rester totalement inactif et ne voulant pas laisser la
totale initiative à son amant, il introduit doucement un doigt en Manu qui eut un léger sursaut de surprise. Après
quelques secondes, Manu entreprit de légers vas et viens en prenant bien la peine de le faire d’une façon sensuelle et envieuse tout en caressant le sexe de Cyril de son intimité et de son
bas-ventre. Plus le temps passait et plus Cyril sentait qu’il se laissait aller. Il inséra un deuxième doigt en Manu peu de temps après, tandis que celui-ci continuer de lui embrasser le cou et
les épaule. Ce petit manège dura un moment, jusqu’à ce que Manu se redresse dans un mot de plus et regarde Cyril tout en lui prenant le sexe en main. En quelques
secondes, il s’était empalé en lui lentement, arrachant à Cyril, un long gémissement de bien-être. En cet instant, il ne regrettait pas d’avoir dit oui à Manu. Il avait fait preuve de beaucoup de
douceur, d’attention. Il devait lui faire confiance car après tout, Manu n’était pas contre lui, mais chercher à l’aider. Seulement Cyril n’avait plus foi en lui-même, plus foi en l’espoir de
dépasser tout cela un jour. Il avait pourtant occulté un instant, le temps de ce gémissement, la peur occasionné par ses viols à répétition. Il fut loin de rester indifférent à la douleur que son
amant tenter de lui cacher. Manu faisait beaucoup pour lui et il ne pouvait le négliger. Pour lui, il était prêt à beaucoup, et s’en voulait encore plus à l’instant de ne pouvoir lui offrir son
corps comme Manu le faisait chaque jour. Pourquoi ? Pourquoi son père maintenant définitivement le hanter, lui ôtant la liberté de vivre pleinement son amour avec
un autre homme, et pas n’importe lequel…
Cyril sentit Manu passer instinctivement ses bras autour de lui et le vit s’accrocher au bord du lit pour entamer ses vas et viens lentement. Cyril fut tout à coup moins sur du fait d’être aussi
« prisonnier » de Manu. La panique remonta assez vite en lui, et sa vue commença à se troubler. L’espace d’un instant, l’espace d’un clignement d’œil, il crut apercevoir son violeur au
dessus de lui. Manu totalement attentif à ce que ressentait son amant, sembla remarquer que Cyril était beaucoup moins excité et que son regard lui faisait comprendre qu’il paniquait.
Manu posa alors quelques baiser sur ses lèvres et finit par demander :
- Tu ressens le plaisir ?
Entendre la voix de Manu le rassura. Non ce n’était pas son père au dessus de lui, c’était Emmanuel. A ces paroles , Manu donna un coups de reins bien plus fort et profond auquel Cyril ne pu
retenir un gémissement. Manu continua ses vas et viens bien pour fort et à la fois doux, le tout fait pour que Cyril ne panique plus.
Une reconnaissance infinie s'empara de son cœur. Il avait envie de dire à Manu combien il l'aimait, combien son geste le
touchait. Dieu, comme il aimait cet être... Plus que tout il voulait lui offrir ce qu’il voulait, mais la peur l’emportait. Il avait de plus en plus de mal à garder son sang froid. Il ferma les
yeux un instant pour tenter de se calmer. Il ne devait pas craquer et pourtant c’était ce qu’il était en train de faire. Il avait beau prendre sur lui, il n’en pouvait plus, et Manu sembla s’en
apercevoir. Il s’arrêta et lui dit d’une voix douce :
- Cyril… c’est moi, ouvre les yeux et regarde-moi.
C’était au bout de ses forces, montrer sa honte il ne le pouvait pas. Et pire, il ne voulait surtout pas lire la peine et la colère de Manu face à ce qu’il ne pouvait faire pour lui. Il sentit
des baisers se poser sur son visage et son cou, simple geste d’amour qui fut de trop pour Cyril. Pourquoi faisait-il cela pour lui ? Après tout, il ne lui offrait même pas ce qu’il désirait,
il paniquait bêtement. Pourquoi avait-il peur de Manu ? Pourquoi n’avait-il pas confiance en lui ? Pourquoi ?
PREMIERE PARTIE
Cyril se réveilla avec un affreux mal de tête. Rares étaient les fois
où il se sentait aussi mal. Mais la douleur n’était pas seulement physique. Il avait mal à l’intérieur, mal de ce qui s’était passé hier soir. Il se leva à regret de son lit, n’ayant aucune envie
d’aller travailler. Cependant, l’idée de se retrouver face à Manu toute la journée l’angoissé tellement qu’il préféra se lever afin de se préparer à aller travailler. Cette fois-ci, plus besoin
de subterfuge, il prenait seulement ses vêtements pour le travaille après une douche. Il préféra de pas s’appesantir sur le bleu qu’il avait sur le visage et sa lèvres légèrement enflé. La
douleur qu’il pouvait ressentir légèrement à la poitrine était pour lui sans importance. Non, la seule chose qui comptait à ses yeux était : qu’allait devenir leur relation ? Tout avait
dérapé si facilement hier soir. Pourtant une chose était sur, il aimait Manu plus que tout, encore et toujours, plus que lui même. Il alla dans la cuisine, n’ayant pas d’appétit, il s’approcha du
petit carnet ou il laissait un mot à Manu régulièrement. Mais cette fois ci, la feuille resta blanche. Il ne trouva rien à lui marquer. Et puis, que pouvait-il lui dire ? Il verrait bien ce
soir. Ce soir… Il appréhendait ce moment comme il l’enviait. Avoir passé la nuit sans Manu à ses côtés avait était finalement terrible. Il se dirigea alors inconsciemment vers la chambre de Manu
et ouvrit la porte. Il était toujours là et semblait dormir. Il avait envie de le rejoindre, de l’embrasser avant de partir, mais aucun de ses pieds ne se décida à franchir le pas de la porte. Il
referma alors la porte de Manu, à contre-cœur. Il attrapa sa veste, mis son écharpe et alla jusqu’à la porte d’entrée. A peine l’eut il ouverte, qu’une voix retentie dans son dos :
- Cyril, attends.
L’adulte se retourna, surpris de voir Manu réveillé, ne s’attendant pas du tout à avoir à lui faire face. Manu s’approcha de lui, semblant être peu sur de lui. L’adolescent posa une de ses mains
sur son bras et passa un bras autour de son cou pour le forcer à se rapprocher. Il ne pouvait effacé cette attitude assez froide avec ce qui s’était passé la veille. Il ne savait toujours pas ce
qu’il devait faire, ou dire, ou tout simplement comment réagir. Il préféra attendre, après tout c’était ce que Manu venait de lui demander de faire. C’est après un temps que Manu lui demanda la
vois endormir et suppliante :
- Restes aujourd’hui… s’il te plait… J’aimerai bien te parler de certaines choses.
Rester avec lui toute la journée ? Ne pas devoir aller travailler et affronter la réalité de leur couple ? Il n’en était pas encore capable. Il lui fallait encore cette journée pour
réfléchir, pour digérer et surtout pour pardonner. Malgré lui, il lui en voulait encore, et bien que Manu semble faire des efforts, mieux valait prendre un peu de recul. Touché, il préféra
prendre une excuse tout aussi valable pour moins blesser son jeune amant :
- Emmanuel…répondit Cyril après quelques secondes, hésitant et mal à l’aise. Je suis désolé, je ne peux pas commencer comme ça.
Manu sembla extrêmement déçut et le cœur de Cyril ne fit que se serrer un peu plus. Manu le lâcha et recula légèrement, prenant de nouveau son air impassible de tout les jours que Cyril
connaissait parfaitement :
- C’est pas grave… On se contentera de parler ce soir.
Il se retourna, laissant partir Cyril, qui restait planté à le regarder. Il savait ce qui se cacher derrière cette voix impassible. Il semblait connaître assez bien
Manu maintenant. Il hésita à tout envoyer promener : son boulot et ses appréhensions… Manu avait fait un pas en avant et Cyril avait bêtement reculer. Mais le courage de faire cela, il ne le
trouva pas. Après une longue hésitation, il sortit de leur maison, laissant Manu seul une journée supplémentaire. Cela irait beaucoup mieux lorsqu’il commencerait les cours.
La journée fut terriblement longue et le patron n’apprécia pas particulièrement l’état de son visage. Il se retrouva bien plus souvent à faire la plonge qu’à servir les clients, mais cela
l’arrangea car il n’avait pas particulièrement envie de côtoyer du monde. Toute la journée, ses pensées furent tournées sur la discussion qu’il aurait avec Manu. Avait-il bien fait de le laisser
seul ? Serait-il toujours ouvert au dialogue à son retour ? Ne se serait-il pas de nouveau refermé sur lui même ? Et surtout ne fera-t-il pas de bêtises… La peur du suicide de son
amant, restait même si elle n’avait plus lieu d’être fortement présente. Ce n’est que vers neuf heure moins le quart qu’il peu enfin quitter son travail et rentrer chez lui. A chaque pas qui le
rapprocher de la maison, il avait l’impression d’étouffer un peu plus. Jamais il n’avait ressentit une telle appréhension. Il avait peur, peur que Manu rejette définitivement tout ses sentiments.
Après tout il l’avait bien dit hier soir, il ne voulait pas de tout ses sentiments…
Heureusement la directrice avait téléphoné, disant qu’elle ne pourrait passer ce soir, et qu’elle rappellerait ultérieurement. Cela soulagé grandement Cyril au vue des difficulté qu’une telle
visite aurait occasionné ce soir là.
Lorsque Cyril rentra dans la maison, il vit la lumière allumé dans la cuisine. Surprit, et se doutant que Manu devait s’y trouver, il ouvrit la porte et vit la table mise, un repas prêt et Manu
l’attendre assis sur le plan de travail lisant un magazine. Surprit, Cyril ne savait pas vraiment quoi dire. Il s’attendait à tout sauf à cela :
- Qu’est ce que c’est ?
- Tu le vois bien. Répondit Manu en jetant son magasine. Je t’ai préparé le souper…
- C’est.. c’est gentil. déclara Cyril qui ne savait plus trop quoi dire.
Manu sourit, semblant être assez stressé. Cyril quand à lui ne savait plus trop quoi penser. Pourquoi Manu faisait-il tout cela ? Eprouvait-il vraiment du remord pour ce qui s’était passé
entre eux. Et s’il en éprouvait, cela voulait dire qu’il éprouvait forcément plus que de l’indifférence pour lui, qu’il ne le détestait pas comme il lui avait déjà dit. Le cœur de Cyril
s’emballa, mais il n’en montra rien. Il regardait Manu d’un air suspicieux qui semblait dès lors être totalement bloqué. En effet, celui-ci se contentait de rester planté au milieu de la cuisine
à attendre que Cyril fasse quelque chose. Mal à l’aise à son tour, Cyril retira sa verste en remarquant le silence s’installer. Manu quand à lui se tortillait les doigts. Dans d’autre
circonstance, cet air abattu aurait donner envie Cyril de lui sauter littéralement dessus et de lui voler un baiser, ravissant cette peine contre un sourire.
Cyril s’assit ensuite suivit de Manu qui le servit, les mains presque tremblantes. Il semblait maintenant être totalement bloqué. Cette discussion que tout deux avait imaginé toute la journée ne
parvenait finalement pas à commencer. Ce manège dura de longues minutes. Cyril avait beau essayer de capter le regard de Manu, celui-ci avait les yeux rivé dans son assiette dans oser le
regarder. Cyril ne tenait plus dans cette ambiance qui ne cessait de s’alourdir et de devenir de plus en plus précaire. IL posa ses couvert dans son assiette et prenant la parole, la voix
exaspérée par la réaction de Manu et surtout par sa propre réaction :
- Bon, Manu, si tu as quelque chose à me dire, f..
- Je suis désolé ! s’écria Manu, tout à coup pris sur le fait. Je ne voulais pas te frapper ni te dire tout ça hier ! C’est juste que…
Manu marqua un temps d’arrêt, le regard plongé dans celui de Cyril, avant de déballer tout d’une vitesse folle :
- Je ne veux pas que tu m’abandonnes ! Si ça arrivait un jour, je mourrai, et je ne plaisante pas ! Je sais que j’ai beaucoup de défauts, que je suis violent, colérique, agressif et tout ce
qui s’en suit mais.. je ne suis pas que ça ! Je suis bien conscient qu’il faut que je te parle mais j’y arrive pas. Je n’ai pas un fond méchant, c’est juste que quand je prends trop sur moi, mon
agressivité ressort et je frappe n’importe qui.
Ses pensées restèrent bloquées sur sa première phrase : "Je ne veux pas que tu m’abandonnes". Cette peur, ils la partageaient. Mais savoir que Manu souhaitait rester avec lui, ravivait
l’espoir d’un possible amour avec lui. Est ce que finalement, malgré tout, Manu était amoureux de lui. Il se sentit commencer à s’emballer et tentant de garder son calme pour le laisser aller
jusqu’au bout, il se contenta de lui répondre, impassible :
- Je sais tout ça Manu.
Non en réalité, il ne savait pas. Il ne savait pas que Manu tenait réellement à lui, tout comme il tenait à Manu. Après tout, Manu ne lui avait jamais réellement dit : juste des sous
entendu…
- Pourtant, tu as apparemment besoin que je te le dise ! répliqua alors Manu.
Oui, il avait besoin que Manu lui dise tout cela. Il avait besoin de reconnaissance et surtout de réponse à ses sentiments. Il avait besoin d’entendre un écho.
- J’avais besoin que tu me dises ça, mais… parfois, je ne sais plus quoi m’en tenir avec toi.
Il vit aussitôt l’expression sur le visage de Manu se décomposer et il déballa extrêmement vite :
- Tu regrettes.. ? Tu regrettes d’avoir fais tout ça ?
Les larmes au yeux, Manu semblait totalement perdu et anéanti. Cette peur que Cyril ressentait incessamment, Manu la ressentait multipliée par dix.
Cyril s’empressa de répondre d’une voix rassurante :
- Tu as mal interpréter mes paroles Emmanuel… Je n’ai jamais dis que je regrettais quoi que ce soit.
Manu se mit soudain une main sur le front, semblant avoir besoin d’exprimer et d’exorciser son mal-être et ses angoisse. Il tentait de se cacher de Cyril, mais celui-ci n’était pas dupe. Voir
Manu si désemparait lui fendait le cœur. Voyant l’autre main de manu posé sur la table, il la recouvrit de la sienne, ne supportant plus de ne pas avoir de contact avec lui. Il continua alors de
nouveau à parler :
- Moi aussi je m’excuse de ne pas t’avoir dis la vérité. Je voulais juste être sur que tu viennes vivre avec moi parce que même si tout cela est arrivé, ça ne change rien à l’amour que je
porte pour toi. Seulement, une soirée comme hier, je n’en veux plus jamais. Jamais plus je n’accepterai que tu lèves la main sur moi Emmanuel, c’est compris… ? Je te pardonne pour la deuxième
fois, mais il n’y aura pas de troisième.
- Bien sur ! s’écria-t-il en relevant la tête. Jamais plus !! Je suis désolé, je ne ferai jamais plus une connerie pareille !
Une larme coula sur sa joue. N’y tenant plus, et jugeant que tout cela avait assez duré, Cyril se leva et tendit la main vers Manu pour qu’il vienne dans ses bras. Manu ne se fit pas prier et se
blottit dans ses bras où il soupira de soulagement. Cyril déposa des baiser dans son cou.
Cyril pu enfin se laisser aller à lui dire une chose qu’il n’avait pas eut le temps de lui confier, une chose qu’il n’avait pas encore eut le temps de vraiment aborder avec lui. Content que tout
s’arrange finalement entre eux et du grand pas qu’ils venaient tous deux de faire, Cyril se laissa alors aller à le lui murmurer tout en resserrant son emprise sur lui :
- Je suis content de t’appeler par ton prénom…
- Et moi je suis content que tu m’appelles par mon prénom. Répondit Manu, la voix aussi basse que son amant.
Des instants simples comme cela, des instant d’amour partagé et de paix communes : Cyril en voulait à chaque instant. Cela était à la fois tellement reposant et apaisant. Un bien être
l’envahie. Pour une fois, il n’avait pas l’impression de voir une ombre au tableau. Collé ton contre l’être qu’il chérissait le plus au monde, il se sentait tellement bien et paisible. Quelque
chose de déterminant dans leur relation venait de se produire, un page venait d’être tourné et un autre chemin venait d’être emprunté.
Cyril se redressa quelques minutes plus tard, et après un léger soupir, il sourit à Manu avant de déposer ses lèvres tendrement sur les siennes. Un baiser tendre, qu’ils n’avaient faillit ne plus
se donner.
Après cet échange intense en émotion, Cyril alla se rassoire à sa place, n’allant pas plus loin dans le baiser. Peut être pensa-t-il, était-il trop tôt ? Mais Manu resta debout. Intrigué,
Cyril leva le regard en voyant qu’il se s’asseyait pas :
- Tu comptes rester là ?
- Cyril… Tu sais de quoi j’ai envie… ?
- Non, mais tu va me le d..
Il fut immédiatement stoppé par le regard plus que signifiant que Manu lui lança, un regard qui aurait fait fondre n’importe qui…
Voulant faire celui qui n’avait pas encore comprit, il se fit semblant de réfléchir et il essuya sa bouche avec sa serviette. Autant dire que si Manu n’avait pas fait l e premier pas, Cyril
l’aurait peu de temps après. L’envie de le faire avec Manu avait toujours était omniprésente, et plus rien ne les en empêché dorénavant. Tout cela était apparemment trop beau pour être vrai. Manu
lui avait avoué de manière détournée son amour pour lui, ou du moins il ne rejetait plus le sien. Il aurait pu se laisser allait au bonheur et à ce qu’on y ressentait, mais se laisser aller
n’était pas une des faculté de Cyril. Son mental venait toujours tout gâcher. Une peur persister, créé par une réflexion trop approfondit de la situation, il ne lâchait pas… Mais cela ne pouvait
empêcher cependant qu’il se sentait cette fois ci tout de même heureux, heureux comme rarement il l’avait était. Semblant être trop impatient, Manu prit les devant et tira son pull pour qu’il se
lève. Cyril ne manifesta bien évidemment aucune résistance et Manu le tira donc jusqu’à la chambre. Rien que durant ce trajet, l’excitation de Cyril augmenta, et son envie de Manu doubla.
A peine furent-ils dans la chambre que Manu se retourna et le regarda un moment avant de lui enlever son pull lentement, suivit de son t-shirt. Cyril fit de même et ouvrit ensuite lentement la
ceinture de Manu tout en approchant ses lèvres lentement de son cou. La sensualité que dégageait Manu lui faisait perdre la tête. L’envie de le faire sien, de consumé tout son être était poussé à
son paroxysme. Mais pour l’instant, il se contenter de savourer sa peau si chaude et au goût si particulier qu’aucun autre à part lui avait le droit de goûter. Cyril passa sa main dans son
pantalon ouvert, pensant à tout ce que tous deux avaient la possibilité de faire. Cyril sentit que Manu bandait déjà légèrement . Il traversa son boxer, et commença à caresser ses fesses
tout en les massant sensuellement, et passa ses doigt sur la raie de ses fesse. Cela semblait provoqué beaucoup de bien-être chez Manu et enhardi par cette idée Cyril résistait de moins en
moins.
Cyril se redressa finalement pour ouvrir son pantalon, remarquant tout les deux déjà très bien la bosse qui se formait dans leur jean et leur regards plus que désireux du corps de l’autre. Manu
sembla avoir une idée, ou plutôt une envie. Hésitant, il se pencha légèrement , et commença par de légers baisers sur le torse de l’adulte, laissant bien vite passer sa langue sur sa peau.
Alangui par ses caresses, Cyril ne répondait plus de rien. Manu savait s’y prendre à la perfection et faisait cela avec un érotisme tel que Cyril aurait bien perdu la tête.
Manu se redressa alors, entoura ses bras autour du cou de Cyril et posa son front contre le sien en murmurant :
- Je suis désolé.
- De quoi… ? demanda Cyril en posant ses lèvres sur le front de Manu.
- De t’avoir fait du mal…
Le cœur de Cyril fut envahi d’un sentiment étrange. Manu s’ouvrait de plus en plus en plus, et Cyril éprouvait alors une sorte de vertige. Lui avoir fait du mal… Cyril avait déjà oublié et
pardonné. Ce qui était important pour lui était que plus jamais il ne lui en fasse. Il savait qu’il ne pardonnerait pas une fois de plus, tout comme il avait l’intime conviction que Manu ne
recommencerait jamais. Il allait répondre, il allait le rassurer, lui dire une fois de plus tout l’amour qu’il éprouvait pour lui, mais c’est à ce moment là que Manu rajouta, la voix
suppliante :
- Ne me laisse jamais tomber Cyril.
Jamais ! Jamais il ne ferait une telle chose. Si seulement Manu avait conscience de la force de l’amour qu’il avait pour lui. Ne trouvant rien à dire, il choisit de lui prouvait tout
autrement. Il allait lui faire l’amour comme jamais.
Il avança, obligeant Manu à reculer jusqu’au lit où le jeune homme s’arrêta avant de s’y asseoir. Manu enleva enfin son pantalon et son boxer, ne semblant plus éprouver de honte en face de Cyril.
Celui-ci le regardait, l’œil brillant, malgré la pièce qui n’avait que la lune et les réverbères comme lumière. Il enleva ensuite le pantalon et le boxer de son amant qui se laissait totalement
faire et finit par le tirer lentement pour qu’ils se couchent. Manu ne se gênait pas non plus pour admirer le corps de Cyril, et cela ne lui passa pas inaperçu. Flatté de ce regard, il l’appela,
mais du s’y reprendre à plusieurs fois avant que celui-ci le réalise. Il riait de le voir autant dans la lune à des moments pareils et ne puis s’empêcher de lui demander tout sourire :
- Tu m’admires ?
Cyril vit Manu rougir légèrement, ne faisant que donner une réponse positive à sa question. Mais au lieu de lui répondre, il changea de sujet en lui demanda tout simplement :
- Qu’est-ce que tu veux que je te fasse ?
- Hein ?! rajouta Cyril, ne comprenant pas où il voulait en venir.
- Tu aimerais que je te fasse quoi ?
Manu passa soudainement sa main sur le sexe de Cyril pour lui faire comprendre, ses yeux changèrent du tout au tout. Il ne l’avait pas cru au départ, mais en voyant la
main de Manu insister, il se concentra pour lui demander :
- Suce-moi…
Manu s’attendait apparemment à cette réponse, mais sa peur n’avait semble-t-il pas disparut. Cyril se mit sur le dos, à côté de Manu qui se redressa en même temps. C’est alors, qu’hésitant et
surtout rouge de honte, il demanda à son amant :
- Co… Comment je fais Cyril… ?
A la fois surprit et attendrit de cette question, Cyril lui répondit :
- Fait comme tu le sens Emmanuel ! Ce sera de toute façon parfait puisque c’est toi.
Le jeune sourit légèrement et se lança, la réponse de Cyril semblant lui avoir redonner du courage et de l’assurance. Cyril se laissa faire, à l’attente du plaisir imminent que Manu allait lui
procurer. Manu posa une de ses mains sur le bas ventre de Cyril et se pencha pour entreprendre des coups de langue, plus insistant au fil de temps. Il s’approcha lentement et finit pas prendre le
sexe de Cyril, et commença par le caresser et le masturber lentement. Celui-ci fut envahie par un océan de plaisir de et de bien être et ne pouvait s’empêcher de gémir, encourageant par la même
occasion son amant à poursuivre dans cette voix. Il posa sa main dans les cheveux particulièrement doux de Manu au moment ou sa langue effleura son pénis, accompagnée d’un gémissement bien plus
bruyant. Envahi par le plaisir, il n’aurait plus vraiment su dire où il se trouvait, ni quelle heure il était, tout ce qu’il savait c’est que Manu lui offrait un plaisir l’enveloppant dans une
douce allégresse mêlée de passion. Manu passa alors sa langue tout le long du sexe de Cyril, suivit de légers succions sur le bout. Cyril ne se retenait plus de gémir son plaisir. Et dire qu’il
avait peur de mal s’y prendre, pensa alors Cyril, au bord de la jouissance. Son corps commençait à se tendre dès que Manu approfondissait un peu plus. Il se retenait de plus en plus
difficilement, si bien que peu de temps après, entre deux gémissements, il intervint en lui demandant :
- Aaah..Emmanuel, je..vas un peu plus vite, j’en peux plus, c’est trop bon !!
En entendant cela, Manu accéléra immédiatement. Les mouvements de succion de Manu était à fondre littéralement. Semblant s’apercevoir qu’il avait de plus en plus de mal à se contenir, le jeune
homme resserra les lèvres en jouant de sa langue, ce qui fit littéralement craqué Cyril, qui joui dans un cri, passa sa main le long du dos de Manu. Sortant de son état second, Cyril s’aperçut
que Manu était en train de se donner du plaisir seul, et voulant lui rendre la pareille, il le força à s’assoire. Cyril se coucha alors, pour faire ce que Manu lui avait fait. La légère
transpiration qu’il avait pu voir sur son front n’avait fait que lui donner un peu plus de vigueur. Manu tint bien évidemment beaucoup moins longtemps. Cyril se redressa tout en avalant la
semence de Manu, s’en délectant. Il coucha Manu, en même temps de commencer à lui embrasser le menton et la pomme d’Adam tout en parlant :
- C’était vraiment bon, t’es doué tu sais. Je sens que tu vas me rendre accro à ça !
- Tant mieux parce que…je compte bien remettre ça !
- Maintenant ? demanda Cyril, enjoué.
Manu sourit et attira son visage pour l’embrasser. Sa langue avait acquis le parfait mélange entre la douceur et la passion. Finalement, Manu mit fin au baiser et répondit, le même sourire :
- Plus tard, maintenant on va profiter d’autre chose…
Manu passa sa main sur le long du dos de Cyril et commença à lui caresser une fesse. Cyril intervint alors immédiatement, comme prit d’un pulsion et déclara tout à coup pressé :
- Tourne-toi !
- Mais..je..je veux te regarder moi.. répondit Manu, rougissant légèrement et mal à l’aise.
- Je suis touché d’entendre ça mais ce n’est pas encore pour ça. Je compte d’abord te préparer parfaitement.
Manu sourit et se retourna immédiatement, semblant curieux de la façon dont Cyril allait faire. Il voulait depuis le départ lui montrer combien il tenait à lui, lui démontrer son amour par cet
acte, lui procurer un plaisir infini et pour cela, il allait s’y prendre au mieux. Il effleura de ses lèvres l’oreille de Manu, avant de lui murmurer d’une voix suave :
- Je vais te lécher d’une façon que tu n’oublieras pas.
Manu posa ses bras sur les coussins et posa sa tête contre. Cyril posait déjà ses lèvres et sa langue sur son dos pour descendre lentement, remontant de temps à autre mais pour ne mieux que
s’approcher de plus en plus de ses fesses, s’y prenant avec une extrême méticulosité. Tout à coup, il passa sa langue entre la raie des fesse de son amant et s’enfonça en lui. Il sentit tout le
corps de Manu se tendre sous le plaisir que cela lui avait procuré. Cyril le savait, il était en train d’offrir un tout un panel de sensation nouvelle à son amant. Durant un moment il s’amusa à
enfoncer sa langue en manu, d’une façon qu’il savait plus qu’irrésistible. Le plaisir monta apparemment en flèche et Manu ne pouvait s’empêcher de gémir, ce qui augmentait indirectement l’envie
de bien faire de Cyril. Jugeant qu’il était prêt, il enfonça alors un doigt en lui, sans pour autant arrêter de le lécher. Manu poussa un cri brusque et court, prouvant bien à son amant que ce
qu’il faisait était parfait. Cyril voulait lui offrit la meilleure préparation du monde.
Après avoir enfoncé un deuxième doigt en lui et avoir fais un nombre incroyable de vas et viens lents et puis plus rapides, Cyril se redressa sur le lit :
- Retournes-toi maintenant, on y va, je ne peux pas me retenir une minute de plus !
En effet, il avait beau eut se concentrer sur l’excitation de Manu, la sienne était maintenant intenable et le rappelait à l’ordre.
Manu se retourna en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et entoura ses jambes autour de Cyril, comme s’il voulait prendre totalement possession de lui pour cette nuit. En quelques secondes
de temps, Cyril était en Manu. Il n’aurait su décrire le plaisir et la sensation qui l’envahissait.
Manu grimaça légèrement, et se força à se détendre en respirant. Cyril fut vraiment touché des efforts que faisait son amant. Sans vraiment réfléchir il pensa tout haut :
- Tu fais de superbes efforts, je te félicite mon amour !
L’expression plus qu’étonnée que Manu lui renvoya encore, lui fit regrettait à l’instant même de l’avoir dire. Même si beaucoup de progrès avait été fait, il était allé trop loin. Il tenta de se
rattraper comme il pouvait :
- Désolé, c’est partit tout seul, je m..
- Pourquoi tu t’excuses ? demanda Manu en fronçant les sourcils. J’ai rien à te faire pardonner…
Un poids immense s’êta du cœur de Cyril. Pour la première fois il ne rejetait pas son amour. Certes il ne lui faisait pas total écho, mais au moins, il ne disait pas le haïr pour cela. Soulagé,
un poids énorme en moins sur le cœurs, il abaissa ses lèvres du cou de manu et commença ses vas et viens lentement tout en l’embrassant d’une façon tendre. Manu entoura ses bras autour de lui et
ferma les yeux. Cyril profitait pleinement d’être en Manu, de prendre possession de lui, de se mouvoir dans cette cavité chaude et humide, lui provoquant plus qu’un simple plaisir jouissif.
Pendant un temps, Manu émit quelques cris de douleur, ce qui laissa Cyril sur la réserve, ne voulant pas lui faire mal plus que de raison. Ils savaient tous deux qu’ils étaient obligé de passer
par là. Cela faisait partit du jeu et y jouer en valait vraiment le coup.
Rapidement tout de même, Manu commença à prendre du plaisir, jusqu’à en avoir autant que son amant. A chaque fois que Cyril retrouvait au plus profond de lui, Manu émettait un cri, ne lui lâchant
pas une seconde les épaules. Cyril n’en pouvait plus, il exprimé son contentement dans ses coup de reins à chaque fois plus profond mais aussi par des cris de plaisir, plaisir intense procurait
par le fait d’être en l’être qui l’aimait le plus au monde. Leurs cris étaient maintenant presque à l’unisson, n’en pouvant tout deux plus de l’intensité de ce qu’ils ressentaient. Manu prit
soudain possession de ses lèvres, et l’embrassa d’une façon plus que possessive. Cyril avait l’impression par ce baiser qu’il lui appartenait entièrement, que manu posait une marque à la fois
indélébile et invisible en lui. A la manière qu’avait Manu de s’agripper à lui, Cyril se remémora la demande de Manu qu’il avait plusieurs fois réitérer : « Ne m’abandonne pas ».
Non, jamais il ne le laisserait. Son amour intarissable pour lui l’en empêcherait, sans lui, il ne pourrait pas vivre, sans lui il n’était plus rien. Devenu totalement dépendant de Manu, il avait
maintenant presque peur de son propre amour. Prit d’un vertige, il tenta de ne plus y penser, et contempla Manu se mordre la lèvres inférieur sous le plaisir qu’il lui procurer.
Etonnement Manu tint aussi longtemps que Cyril avant de jouir, n’en pouvant plus. Cyril, après s’être déversé en son amant, se laissa tomber sur lui en reprenant sa respiration. Lorsqu’il voulu
se redresser après un sourire, Manu le garda sans la moindre hésitation entre ses jambes. Cyril se demanda la raison de ceci et Manu se contenta de s’expliquer dans un murmure :
- Encore… Encore une fois !!!
- Tu es chaud ce soir dis-moi…
- C’est toi qui me rends comme ça.
Cyril pour toute réponse, sourit et commença à lui embrasser le cou et les épaules, Manu fermait les yeux. Rien que sa voix encore chaude de ce qu’il venait de faire, rien que son expression
insatisfaite empli de désir, lui avait donner la force de recommencer. Ses vas et viens reprirent rapidement, Manu semblait, si cela était possible, encore plus exciter que la première fois.
Ainsi, ils firent l’amour trois fois, Cyril était épuisé, ses cheveux trempé par la sueur de ces actes, couché à présent aux côtés de Manu. Il prit de longues minutes avant de reprendre
convenablement sa respiration. Finalement, Manu se tourna et se coucha dans ses bras, le silence prit place jusqu’à ce que Manu le brise, en disant dans le cou de Cyril :
- J’ai mal aux fesses !
Cyril ne pu s’empêcher d’éclater de rire. Rares était les fois où il riait ainsi. Cela ne se passait que lorsqu’il se sentait bien et serein au plus profond de lui. Cette fois-ci il pouvait
vraiment le dire, il était heureux. Il avait plus qu’il n’avait jamais pu espéré avoir. Il avait grandement dépassé la peur de son père, même si tout n’était pas terminé et il vivait sous le même
toi de l’homme qui l’aimait et qui commençait à accepter son amour. Il était pris d’une bonne fatigue : fatigue de l’effort de sa journée de travail, et fatigue de s’être sonné à font pour
leur plaisir commun. Complètement détendu, il se perdait dans le regard de Manu. Beaucoup de ses tourments s’étaient envolés ; des soirées comme celles là, il en voulait le plus souvent
possible. Une simple baiser mit fint à leur soirée, s’endormant rapidement tous les deux : heureux.
Touts les autres jours de la semaines, Manu ne semblait pouvoir s’empêché de ses jeter sur Cyril tous les soirs, ce qui n’était pas pour lui déplaire, malgré la fatigue. Rien n’aurait pu empêcher
leur union quotidienne. Chaque soit, Manu faisait clairement comprendre à Cyril qu’il avait envie de lui en lui caressant par exemple timidement la cuisse. Flatté et toujours désireux de Manu,
Cyril craqué à chaque fois. Chaque soir de la semaine, ils terminaient à faire l’amour.
QUATRIEME PARTIE
- Tout ira bien, crois-moi…
Cyril se dirigea à nouveau vers la cuisine quand il s’arrêta tout à coup et se retourna vers Manu qui arqua un sourcil :
- On sort ?
- Où ?
Cyril rejoignit Manu dans le fauteuil en déposant un bras autour de ses épaules.
- Je sais pas, on pourrait… aller manger quelque part et se faire un ciné. Se promener quoi.
Manu accepta bien vite. Se changer les idées allait lui faire du bien et avec Cyril en prime, il ne pouvait qu’accepter. Rapidement, ils se retrouvèrent dans un petit restaurant où ils restèrent
longtemps, discutant de choses et d’autres sans pour autant parler de leurs problèmes une seule fois. Le cinéma fut presque un rêve pour Manu. N’y étant déjà presque jamais allé, être dans cet
endroit avec la personne qu’il appréciait le plus au monde était un véritable paradis. Il sentait son cœur battre d’excitation et de plaisir au point qu’il ne put s’empêcher de ne que sentir
Cyril à ses côtés. Bien vite, il posa sa tête contre son épaule et avait entrelacé ses doigts dans ceux de Cyril, qui posa également sa tête contre celle de Manu. A ce moment précis, il aura
voulu arrêter le temps à tout jamais, il aurait voulu que ce film dure encore et encore et que ce peu de contact entre eux ne cesse pas une seule seconde.
Seulement, le temps passa bien plus rapidement qu’il ne le voulait et à peine eut-il le temps de se remettre pleinement de cette après-midi avec son amant que l’horloge indiquait déjà 22h30.
Cyril se préparait pour aller dormir, lui devant travailler et Manu reprenant les cours. Il avait beau essayer de rassurer Manu, ce dernier ne parvenait pas une seconde à se débarrasser de son
stress. Même s’il ne voulait rien montrer à Cyril, bizarrement, il n’arrivait pas à lui cacher. Il se tourna et se retourna dans son lit à l’attente d’un sommeil qui ne vint que tard dans la
nuit.
Son mal de ventre reprit de plus belle dès son réveil tandis que Cyril se levait péniblement de leur lit en baillant.
Le déjeuner se fit dans un silence presque total, tous les étant fatigués et n’ayant aucune envie de commencer une semaine où ils allaient se voir à peine quelques heures par jour. Le seul
avantage était que Manu devait passer devant le restaurant où travaillait Cyril pour aller en cours et donc, il pouvait à présent aller le voir tous les jours à son travail en rentrant des cours
et partir en même temps que lui. Ils prirent donc la route tous les deux, le froid transperçait chacun de leur vêtements, Manu profitant pour coller Cyril un maximum. Etant à nouveau dans ses
pensées et dans son stress de devoir quitter Cyril et d’aller en cours seul, il fut surpris tout à coup de sentir Cyril le tirer vers un autre endroit que la rue où il travaillait, enlaçant Manu
et regardant s’il n’y avait pas trop de monde. Une fois avoir fait tout cela, il poussa légèrement le jeune contre un mur et l’embrassa de longues secondes. Un baiser bénéfique… Il aurait pu
faire de l’effet à n’importe qui, et dans ce froid, il réchauffait Manu parfaitement. Cyril s’éloigna malheureusement de lui et sourit sans pour autant le lâcher :
- J’ai finis à 19h00, on pourra se voir un peu plus aujourd’hui, et j’essaierai de quitter un peu plus tôt en faisant mon boulot plus
vite.
- Ok…
- Je vais y aller.
- Tu veux pas juste… m’embrasser encore une fois avant de partir. Répondit Manu, les joues légèrement rouge par le froid et les mains
glacées.
Cyril s’approcha encore un peu plus de Manu pour se coller à lui tandis que Manu passait ses mains dans sa veste et sentit rapidement les lèvres de Cyril rejoindre les siennes et commencer à
l’embrasser, sentant ensuite sa langue le caresser lentement, ne pouvant tous les deux pas l’arrêter. Ce fut donc en regardant l’heure que Cyril dit qu’il était déjà censé arriver et quitta
presque aussi vite Manu après un dernier léger baiser et un encouragement supplémentaire pour finalement, le laisser se débrouiller seul. Il s’alluma d’abord une cigarette et reprit sa route, le
cœur battant. Mais il ne put s’empêcher de sourire en voyant Cyril qui lui fit légèrement signe à la fenêtre et se sentit tout à coup un peu plus léger pour y aller. La vue du lycée l’effrayait à
nouveau. En y repensant, Manu n’avait encore jamais étudié dans un autre établissement que celui de cet orphelinat où il ne s’était jamais cassé la tête pour apprendre quoi que ce soit. Mais il
préférait bien mieux cela… Une vie libre et surtout, une vie avec seul Cyril à ses côtés… Il entra dans la cour, étant presque étonné de voir tout ce monde dans un simple lycée de ville. Après de
longues minutes d’administration inutile, quelqu’un conduisit enfin Manu en classe. Entrer devant ce nombre incroyable d’élèves de son âge était terrifiant. Il n’avait jamais été face à autant
d’adolescents et s’était toujours sentit le plus fort, mais là, il se sentait totalement ridicule. A part les filles qui se remaquillaient, un groupe de garçons qui se faisaient des clopes et qui
étaient assis sur les bancs, rien ne lui parut au premier abord anormal. Des jeunes tout aussi mal mais comédiens que lui, une ambiance où il allait pouvoir passer inaperçu… Le professeur le
présenta, tous les yeux étaient rivés sur lui. Se sentir complètement nus devant eux, impuissants et jugés… c’était la première impression qu’il eut en les voyant mais préféra remettre ça au plus
profond de lui et faire comme si de rien était. Il reprit son air glacial et distant, seule protection qu’il avait. Le professeur lui indiqua un banc où était bien entendu assis un élève et il
s’avança directement vers lui avec le regard bien encré dans le sien sans pour autant devenir agressif. C’était incroyable… Il avait l’impression que depuis que Cyril était dans sa vie, il était
incapable de reprendre cet air si distant face aux autres mais il remarquait qu’en réalité, il y parvenait encore parfaitement.
L’élève se bougea instantanément et retourna près de ses amis, cinq avec apparemment, un « chef » du groupe. Cela se remarquait directement. Il était assis sur la chaise avec les pieds sur son
banc, les autres l’entourant comme s’il était le roi d’un clan, une chose que Manu haïssait par-dessus tout. Il savait très bien pourquoi… Car il était pareil. Il adorait que tout le monde le
craigne et qu’on l’envie, et que cela ne soit plus son cas était quelque chose de difficile à supporter pour son égo. Mais devant prendre sur lui, il préféra faire comme s’il n’existait pas et ne
fit pas attention aux regards insistants posés sur lui jusqu’à ce qu’il entende déjà un d’eux l’appeler, encouragé par les autres ou plutôt obligé :
- Hey… Manu, c’est ça ?
Manu tourna la tête comme s’il était tout à fait détaché de la situation, pourtant horriblement stressé de ce qui allait suivre. Il savait que s’il faisait la moindre erreur, il allait être
catalogué pour les six mois restant de l’année.
- Oui..préféra-t-il répondre simplement.
- Tu viens d’où pour arriver que maintenant ?
Première question piège, il fallait à tout prix qu’il cache qui il était.
- De loin…On a du déménager parce que…
Son tuteur ? Son amant ? Il savait très bien la question suivante.
- Mon cousin a été muté.
- Et tes par..
- Ils sont morts ! répondit sèchement Manu.
Il n’aurait pu s’empêcher de le dire. S’il y avait bien une chose qu’il ne pouvait pas cacher, c’était qu’il avait perdu ses parents. Mais en y repensant, il sentit son cœur se serrer au point
qu’il en eut directement presque les larmes aux yeux. Il avait totalement caché l’existence et la position réelle de Cyril. Cacher qui était la seule personne là pour lui était une chose trop
horrible pour y repenser.
- Désolé, mec. Répondit un autre.
Tous les quatre commencèrent à se parler et à parler à Manu sans qu’il sache comprendre le moindre mot, trop énervé, triste et stressé. Seul le cinquième le regardait d’un air détestable jusqu’à
ce qu’il intervienne. Sa voix était l’autorité même et il savait lui-même qu’il avait un pouvoir inconsidéré sur ses quatre « amis ».
- Laissez-le dans son coin… c’est une pédale !
Manu tourna immédiatement le regard vers lui, surpris et comme pris sur le fait. Même s’il démentait cette déclaration, personne ne croirait le nouveau et à peine y avait-il une chance de réussir
à se les mettre de la poche que déjà, ce garçon-là lui poignardait dans le dos. Les quatre autres, eux, regardait leur ami, les yeux ronds.
- T’es sur Seb ?
- Si je te le dis gros débile ! Je l’ai vu ce matin avec son gentil cousin en train de s’embrasser, c’était vraiment dégueulasse. T’as essayé
de nous baratiner la pédale ? demanda-t-il en regardant Manu fixement.
- Qu’est-ce que ça peut te foutre et puis qui te dit que c’était moi? demanda Manu sans le perdre de ses yeux.
Perdre son sang froid était peut-être la dernière chose à faire avec eux, mais de se savoir aussi agressé dès les premières minutes de son arrivée était insupportable. Le gars se redressa et
s’approcha légèrement :
- Les pédales comme ça, ça court pas les rues alors quand j’en vois une, je sais la reconnaître. Tu sais pourquoi ?
Il s’approcha davantage de l’oreille de Manu qui avait les mains légèrement tremblantes, et murmura :
- Parce que je hais les tapettes !
Il sourit légèrement, comme satisfait du pouvoir qu’il avait soudainement sur Manu. Il se sentait oppressé et menacé. Il savait parfaitement que rien n’allait se passer comme il se l’était
imaginé. Manu resta paralysé pendant de longues minutes, les autres s’étant déjà remis à parler et à rire comme s’il n’existait pas. Alors voilà ce que cela signifiait d’être homo… ? Il devait
rester seul et ne méritait pas d’amis juste pour une différence de sexualité ? Manu, malgré que c’était sa première journée, il n’écouta pas les cours une seule seconde. Il entendait les
ricanements et des moqueries venir de ce Seb en question, les autres suivaient bien entendu le rythme. Si cela devait se passer pendant six mois ainsi, cela allait être insupportable. Il se
sentait horriblement mal pour cette première journée, se mettant instinctivement sur le coté pour ne plus être agressé comme il l’a été dès les premières minutes. Il sentait son sang complètement
glacé et il avait l’impression de déranger. Dès que la cloche de la fin de la journée retentit, Manu se leva comme tous le monde pour ranger ses affaires, découragé et démotivé en sachant
que c’était parti ainsi pour six mois… Il du sortir le dernier, le professeur lui posait encore un nombre incroyable de questions et lui donnait des conseils dont il n’avait plus besoin
d’entendre en cette fin de journée. Les élèves étaient étonnement presque déjà tous sortis et Manu sortit donc de la porte du bâtiment et le longea jusqu’à la sortie jusqu’à ce qu’il voit au bout
du bâtiment le groupe de la matinée qui fumait un joint. Seb était appuyé contre le mur, un pied dessus et était entouré de ses potes qui étaient en train de rigoler en voyant Manu arriver. Ce
mauvais pressentiment, cette impression de devoir partir le plus vite possible s’emparait de tout son corps et il s’arrêta quelques secondes en les voyants de loin. Mais n’ayant pas le choix s’il
voulait sortir, Manu avança à nouveau en essayant de ne rien faire paraître, même s’il savait qu’il n’allait pas pouvoir passer devant eux gentiment sans rien avoir. Et ce fut bien ce qu’il
pensait ; dès qu’il arriva il vit les quatre amis de Seb s’avancer vers Manu, leur sourire ne voulait rien dire de bon. Seb se mit enfin en face de Manu qui avait mis ses mains dans ses poches
pour tenter de leur faire comprendre qu’il ne comptait pas se faire démener par eux. Seulement, deux d’entre les garçons prirent les bras de Manu et le collèrent au mur violemment. C’est avec un
mal au ventre de stress que Manu ne pouvait s’empêcher de perdre son sang-froid en leur demander de le lâcher, sachant que de toute façon, que cela n’allait pas se faire de suite. Seb arriva en
face de Manu en prenant bien la peine de s’approcher assez près pour le menacer le plus possible du regard. Il posa sa main sur le mur à côté de la tête de Manu et prit enfin la parole :
- Tu comptes revenir demain ?
- Pourquoi est-ce que je ne viendrai pas ?
- Pourquoi est-ce qu… ? Ha… Parce que t’es une pédale !! On n’accepte pas ça ici !
- T’inquiète pas, c’est pas contagieux Seb chéri ! répondit Manu, la voix séduisante en mimant par la suite un baiser.
Il ne s’était pas empêché de le provoquer mais voir son visage et son regard après le fit immédiatement regretter. Seb envoya aussi vite un coup de poing dans le ventre de Manu qui ne put même
pas se tordre par les deux autres qui lui retenait les bras. Il se contenta de se baisser légèrement en avant par la douleur que cela lui infligeait mais son « bourreau » lui releva le visage en
lui tirant les cheveux, le regard menaçant et mauvais :
- Tu me gênes ! Dégages de ma vue ! Que je ne te revois pas demain ou tu le regretteras !!
Il redonna un coup de poing à Manu qu’il n’eut même pas le temps de voir. Sa force était incroyablement forte et une fois lâché, Manu ne put s’empêcher de tomber à terre en portant déjà son bras
à son ventre. Seb cracha littéralement sur Manu qui sentait déjà les larmes lui venir aux yeux sans le vouloir, de haine, d’injustice et de tristesse. Seulement, la chose que Seb rajouta lui fit
encore plus de mal que l’entièreté de la journée :
- Crèves, toi et ton mec !
Oui, il aurait du mourir il y a bien longtemps en effet. Les entendre finalement s’éloigner fut un soulagement car il n’aurait pas pu retenir ses larmes cinq minutes de plus. Il se releva
difficilement et marcha jusqu’à un coin d’une cour où il put s’arrêter et se rendre réellement compte de ce qu’il se passait. Il s’assit par terre et ne put s’empêcher de pleurer. Alors voilà à
quoi ressemblait le lycée… Jamais quelqu’un ne l’avait critiqué à propos de sa sexualité à l’orphelinat et là, on le frappait carrément parce qu’il était différent. C’était tellement douloureux
et injuste que les larmes ne suffisaient même pas. Après quelques minutes nécessaires pour s’en remettre, Manu se releva et partit, complètement épuisé. Pendant les quelques rues jusqu’au
restaurant, il ne savait pas s’il devait l’annoncer à Cyril ou pas. Il savait très bien que s’il était au courant, il deviendrait fou et serait bien capable d’aller voir ces garçons en question.
Mais, à présent trop effrayé de leurs réactions si cela arrivait, Manu prit la décision de se taire et de faire comme si de rien était. Cyril ne devait rien savoir, absolument rien… C’était tout
simplement une question de protection et d’honneur. Se faire traiter ainsi par quelqu’un était impensable pour son ego, et rien que pour cela, il préférait le garder pour lui. Bizarrement, il
stressait encore davantage en arrivant au restaurant, ne sachant pas cacher qu’il avait passé une mauvaise journée mais ne voulant pas l’avouer. Il entra donc en cherchant Cyril du regard qu’il
ne trouva pas et se dirigea vers les cuisines, n’en ayant rien à faire s’il pouvait ou pas.
Et en effet, il le retrouva à faire la plonge en train de rigoler avec un homme. Manu avança directement vers eux en regardant cet homme d’un air mauvais tandis que celui-ci appelait Cyril. Il se
retourna et sourit directement à Manu qui se sentit immédiatement soulagé en voyant son visage. Il semblait étonnement bien mais voir son collègue à ses côtés en train de sourire également le
dérangea, surtout après une journée pareille. Il s’approcha tandis que Cyril prenait la parole :
- Tu as passé une bonne journée ?
La question qui ne fallait pas fut la première posée, comme par hasard. Manu suivit donc son plan à la lettre, le cœur battant :
- Très bien… répondit-il en mimant un sourire qui sonnait horriblement faux.
- Ca va ? demanda Cyril en fronçant légèrement les sourcils.
- Oui ça va je te dis ! C’est juste le stress de la journée qui me retombe dessus, je suis fatigué…
Cyril commençait à trop bien le connaître, cela devenait gênant pour beaucoup de choses. Il voulut finalement embrasser Cyril pour qu’il arrête de se poser des questions, mais repensa tout à coup
à cet homme à côté d’eux qui continuait son travail tout en regardant bien entendu la scène. C’était un homo, Manu pouvait les reconnaître en un clin d’œil, faisant ressortir leur côté homo à
tous ses éducateurs… Cyril intervint directement :
- Je te présente Alex… Un collègue avec qui je m’entends plutôt bien !
- Tu es Emmanuel je présume ? demanda alors Alex en souriant.
- Manu ! répondit-il sèchement.
Enchanté.
Il ne l’était en réalité pas du tout, mais fut bien obligé en remarquant que Cyril tenait à cœur qu’il soit un minimum agréable. Rapidement, il retourna la tête vers Cyril, la présence d’Alex ne
lui important finalement que peu d’importance :
- Je vais aller boire un verre en attendant que tu rentres… Je serai là avant, t’inquiète pas !
- Ok, je rentrerais tôt pour une fois, on fait en sorte de pouvoir s’enfuir le plus tôt possible…
Manu sourit et s’approcha finalement de Cyril pour déposer un léger baiser sur ses lèvres, le faisant bien entendu exprès pour bien montrer à Alex qu’il était prit et surtout, qu’il était avec
Manu et personne d’autre. Il sourit légèrement pour rassurer Cyril et s’en alla tout aussi vite, ne supportant même plus de jouer la comédie. Il sortit du restaurant en ayant l’impression d’enfin
respirer. La seule chose dont il avait à présent besoin, c’était d’oublier et de penser à autre chose. Il se dirigea rapidement à un café qui était tout près de l’appartement et commanda
n’importe quoi tant que cela était fort. Il pensa revenir pour 18h30 mais ne remarquant pas le temps qui passe vu son état de plus en plus lamentable, il préféra rester, n’étant même plus capable
de rentrer seul à présent. Il resta au bar, une main sur son verre et l’autre étant en dessous de sa tête qu’il avait posée sur le bar, encore une fois complètement saoul. Il n’était après un
certain temps, même plus capable de relever la tête pour continuer à boire et resta donc ainsi, totalement découragé sans savoir bouger.
S’il y retournait le lendemain, qu’allait-il se passer… Ils allaient tuer Manu ? A voir la haine qu’il y avait dans le regard de ce fou, cela ne l’étonnerait même pas. Mais s’il venait à s’en
prendre à Cyril pour faire du mal à Cyril, ce serait la fin du monde. S’il arrivait quoi que ce soit à Cyril, il était certain que Manu ne se raterait plus. Il se jetterai sous un train ou ferait
en fonction de ne pas être retrouvé un seul morceau.
Il avait tellement honte de cacher son mal-être dans l’alcool, il avait l’impression d’être le père de Cyril en cet instant et que ce dernier allait tôt ou tard le quitter s’il continuait à boire
dès qu’il avait un ennui. Noyer son chagrin dans l'alcool était lamentable, il en avait parfaitement conscience, mais ne pouvait s'en empêcher. Finalement, à une heure plus que tardive que Manu
ne put calculer, il sentit le parfum de Cyril et une main se poser derrière son dos. Il n’eut même pas la force de relever la tête, son corps et son moral n’étaient plus du tout apte à lui donner
un minimum de courage. Le verre qu’il tenait dans sa main fut retiré et il l’entendit parler, la voix étonnement douce :
- Emmanuel… On va rentrer, d’accord ?
Manu, n’étant même pas capable de répondre, sentit peu de temps après que Cyril le forçait à se lever et il vit qu’il prenait son sac pour partir. Il se sentait bizarrement tout à coup seul… Ne
pas pouvoir parler à Cyril était exactement comme quand il était à l’orphelinat. Il se sentait obligé de tout garder pour lui de peur d’embêter les gens ou de peur de perdre Cyril, pour une
raison qu’il ne savait pas lui-même. Il se reposa légèrement sur Cyril mais parvint à marcher jusqu’à l’appartement, Manu avait l’impression qu’il se trouvait à des kilomètres… mais il était
soulagé de remarquer que Cyril n’était pas fâché et ne lui hurlait pas dessus cette fois. Il serrait Manu assez fort pour qu’il soit obligé de se coller à lui et en traînant les pieds, Manu
réussit à aller jusqu’à leur lit sans trop de mal. Cyril le fit s’assoir sur le bord du lit et lui enleva son pull et son t-shirt, Manu étant de toute façon à moitié inconscient pour s’en rendre
réellement compte. Tout ce qu’il ressentait à ce moment, c’était une incompréhension totale. Et si finalement, l’homosexualité n’était pas si bien que cela. Peut-être que ce Seb avait raison.
C’était peut-être quelque chose d’impensable et d’inacceptable. Aimer un homme et faire l’amour avec était quelque chose d’interdit et d’immorale… Ils étaient peut-être tous les deux fous pour
s’aimer et avaient un problème à régler avec un psychiatre ou pire, dans une maison de fous. Peut-être que tous les homos étaient sur la mauvaise route et qu’il fallait se refuser à céder à la
tentation. Cette idée le rendait encore plus mal qu’il ne l’était déjà et sentir Cyril lui ouvrir son pantalon fut le déclic. D’un geste de la main, il l’empêcha de le faire et se laissa tomber
dans le lit, trop épuisé pour continuer à lutter. Cyril ne répondit rien à cela, et lui mit ses jambes dans le lit pour ensuite le couvrir. Il déposa ensuite un baiser sur la joue de Manu qui
cherchait à s’endormir. Seulement, une question l’obsédait :
- Cyril… appela Manu.
J..je te déçois.. ?
- Bien sur que non ! répondit-il aussitôt en s’agenouillant pour regarder Manu, passant sa main dans ses cheveux.
En sentant encore un baiser se poser sur sa joue, Manu réagit enfin malgré son état :
- Arr..Arrêtes ! C’est mal c..ce qu’on fait !!
Ayant fermé les yeux, il ne vit pas la tête de Cyril mais se l’imaginait très bien et rien que cela ne fit que renfoncer son mal-être. Manu commença à penser tout haut, ayant le cœur trop lourd
pour encore garder pour soi. Il dit, la voix brisée par ses larmes qu’il contenait :
- P..Pourquoi est-ce qu’..qu’on pourrait pas… On fait rien de mal… J’..j’ai pas envie d’être avec quel..quelqu’un d’autre moi…
Finalement, une larme coula sur son visage sans qu’il s’en rende compte, trop saoul pour se rendre compte de quoi que ce soit d’ailleurs. Cyril, lui, resta silencieux mais Manu continuait de
sentir sa main dans ses cheveux jusqu’à ce qu’il pleure quelques secondes et s’endorme, mort de fatigue.
Vers le milieu de la nuit, Manu se réveilla avec une envie soudaine de vomir. Avec l’alcool qu’il avait ingurgité la soirée, cela était fatal. Il se dirigea donc rapidement jusqu’aux toilettes
pendant de longues minutes. Se sentant davantage plus mal en remarquant qu’il dessaoulait, il alla se recoucher, Cyril était à présent réveillé :
- Ca va… ? demanda-t-il la voix endormie.
- Oui ! répondit Manu tout simplement en se recouvrant, tournant le dos à Cyril.
Son sommeil revint rapidement, préférant ne pas s’attarder au mal qu’il pouvait faire, sachant très bien qu’ignorer son amant ainsi était horrible. Le réveil sonna quelques heures plus tard, Manu
et Cyril restaient quelques minutes dans leur lit en tentant de se réveiller comme ils le pouvaient. Se résignant à se faire casser la figure, Manu se leva avec un mal de tête horrible pour aller
prendre sa douche sans un mot. Il ne parvenait même pas à regarder Cyril ni même à lui adresser la parole, il était trop honteux et effrayé. Il ne prit même pas de déjeuner, il en était
totalement incapable. L’estomac noué, les membres paralysés par la peur mais il n’avait pas du tout le choix, il fallait qu’il y retourne. Ils se préparèrent donc chacun de leur coté, malgré que
Manu voyait que Cyril essayait toujours d’être gentil, agréable et rassurant mais lui, en était incapable. Il ne parlait pas sauf pour répondre aux questions de Cyril. Le trajet se fit à nouveau
ainsi. Autant la veille, Manu profitait d’avoir froid pour se coller à Cyril, autant cette fois, il préférait avoir froid dans son coin sans toucher Cyril une seule fois. Il se cachait légèrement
le visage derrière son écharpe et évitait le regard de son amant le plus possible. Arrivés près du restaurant de Cyril, celui-ci s’arrêta et arrêta Manu pour entourer ses bras autour de son cou.
Quand il fit mine de vouloir approcher son visage pour l’embrasser, Manu recula immédiatement, comme effrayé. Quand il se rendit compte de la gravité de son geste, il déclara immédiatement :
- Excuse-moi mais…j’ai pas envie qu’on nous voit… Ce serait.. gênant ! Je.. A ce soir !
Il se retourna et marcha au pas de courses jusqu’au lycée, voulant que s’il devait se faire frapper, que ce soit bref et court. Il rentra dans la cour et se dirigea vers la classe où il s’arrêta
quelques secondes avant, ses mains ne pouvaient s’empêcher de trembler. Il ouvrit finalement la porte après avoir hésité encore quelques secondes… A voir la tête de Seb, celui-ci ne s’attendait
pas à revoir Manu après la menace et son regard lui fit bien comprendre qu’il allait le regretter. Dès que Manu fut assis sur son banc, que déjà les cinq garçons se levèrent en sa
direction, mais heureusement pour lui, le professeur arriva pile à cet instant. Manu tremblait comme un fou et il resta la matinée dans son coin sans oser bouger ou même les regarder une seule
seconde.
Les intercours n’étaient jamais assez longs pour qu’ils sachent venir vers lui et s’attendait donc à la fin de la journée plus qu’éprouvante. Il savait parfaitement que cela allait forcément se
faire ce jour-là alors autant se faire à l’idée… Manu n’était pas du genre à vouloir s’enfuir et il ne comptait pas commencer maintenant. Seulement, vers le milieu de l’après-midi alors que Manu
s’en voulait de s’être presque caché pendant le temps de midi pour ne pas se faire frapper, la directrice entra un instant dans la classe et chuchota à l’oreille du professeur avant de se tourner
vers les élèves. Elle regarda subitement Manu et l’appela. Pourquoi l’appelait-elle… ? Il n’avait rien fait et les papiers étaient tout à fait bien remplis :
- Veuillez me suivre une minute s’il-vous plaît et prenez vos affaires avec vous.
Septique, il rangea ses affaires et sortit de la classe sous les ricanements des cinq garçons. Dès qu’il fut dans le couloir, la directrice se retourna et s’adressa à Manu, la voix bizarrement
inquiétante :
- Manu… Je voulais vous appeler car nous avons reçu un appel de l’hôpital.
- Quoi ? C’est Cyril ? Il s’est passé quelque chose ? demanda déjà Manu en réagissant au quart de tour.
Il repensa à la veille, à cette pensé qu’il avait eu. S’il arrivait quelque chose à Cyril, ce serait la fin du monde… La directrice reprit, d’une voix calme, horripilante :
- Vous vous êtes fait cambriolés. Votre tuteur a essayé de se défendre, mais quelqu’un l’a poussé contre une table basse et… il a eu le temps
d’appeler les secours heureusement ! Je ne sais malheureusement rien de plus.
TROISIEME PARTIE
Pendant un temps, Manu émit quelques cris de douleur même s’il arrivait plutôt à la maîtriser mais rapidement, ces vas et viens lui donnèrent
un plaisir qu’il retrouva à chaque fois. A chaque fois que Cyril retrouvait au plus profond de lui, Manu émettait un cri, ne lui lâchant pas une seconde les épaules. De plus, entendre les
gémissements et les cris de Cyril ne faisait que renforcer son excitation, qu’il n’arrivait pas à assouvir entièrement une seule fois. Chaque seconde, il avait envie de lui, de le toucher, de
l’embrasser. Il chercha sur cette pensée ses lèvres et se les approvisionna d’une façon plus que possessive, il avait de lui dire qu’il était à lui et que personne d’autre n’aurait un jour le
droit de le toucher. Cette façon d’être aussi jaloux et possessif lui faisait presque peur, lui qui n’avait jamais éprouvé un quelconque sentiment de manque d’une personne une fois qu’il ne le
voyait pas. S’il venait un jour à l’abandonner, ce serait comme la fin du monde pour Manu, la Terre s’ouvrirait devant ses pieds sans savoir quoi faire. Il serra encore plus Cyril à cette pensée,
presque à l’étouffement mais il ne pouvait s’en empêcher. Il avait besoin de se rassurer en se prouvant bien qu’il était là et rien que pour lui… Etonnement, Manu tint aussi longtemps que Cyril
avant de jouir, n’en pouvant plus.
Cyril, après s’être déversé en Manu, se laissa tomber sur lui en reprenant sa respiration. Seulement, Manu, trop angoissé ou trop excité, il ne le savait pas lui-même, ne se sentait pas encore
pleinement satisfait. Quand Cyril voulut se redresser après un sourire, Manu n’hésita pas à le garder autour de ses jambes, Cyril se posant tout de même quelques questions :
- Encore… murmura Manu.
Encore une fois !!
- Tu es chaud ce soir dis-moi…
- C’est toi qui me rends comme ça.
Cyril pour toute réponse, sourit et commença à lui embrasser le cou et les épaules, Manu fermait les yeux. Ses vas et viens reprirent rapidement, Manu était encore plus excité de le voir
transpirer.
Ainsi, ils firent l’amour trois fois, Cyril était épuisé, ses cheveux trempé par la sueur de ces actes, couché à présent aux côtés de Manu. Il prit de longues minutes avant de reprendre
convenablement sa respiration. Finalement, Manu se tourna et se coucha dans ses bras, le silence prit place jusqu’à ce que Manu le brise, en disant dans le cou de Cyril :
- J’ai mal aux fesses !
C’était peut-être une des premières fois que Manu entendit Cyril éclater de rire. Il ne put s’empêcher de le rejoindre en l’entendant, plus heureux qu’autre chose de l’entendre rire. Son visage
était à présent bien plus différent, Manu avait l’impression de l’avoir enfin détendu totalement et de l’avoir débarrassé de tous ses tourments. C’est heureux qu’il s’arrêta de rire pour regarder
Cyril jusqu’à ce qu’un baiser mit fin à leur soirée, s’endormant rapidement tous les deux.
Tous les autres jours de la semaine, malgré que Manu s’en voulait de la fatigue de Cyril, il ne pouvait s’empêcher de lui sauter dessus chaque soir. Il lui faisait comprendre parfaitement qu’il
avait envie de lui en lui caressant à chaque timidement une cuisse, Cyril craquait à chaque fois et ils terminaient toujours à faire l’amour. Le vendredi soir, Manu oublia totalement que Cyril
avait congé le lendemain. Il s’était endormi dans ses bras pour se réveiller exactement dans la même position le lendemain matin. Pendant quelques minutes, le temps de se réveiller, il passa sa
main contre son torse ou respira son odeur jusqu’à ce qu’il remarque enfin qu’il dormait contre lui. Manu redressa immédiatement la tête pour regarder l’heure, et le secoua légèrement quand il la
vit :
- Cyril.. Il est dix heures, t’es en retard au boulot là !!
- Mmh, mais je travaille pas aujourd’hui.. répondit-il, encore presque endormir.
Rendors-toi !
Cyril se retourna, mettant Manu sur le dos en même temps pour le serrer un peu plus et tenta de se rendormir. Manu passa sa main dans ses cheveux et posa sa tête contre la sienne, profitant de
pouvoir rester au lit le matin à ses côtés. Mais à peine quelques minutes après, alors que Manu avait refermé les yeux, il sentit Cyril se redresser. En ouvrant les yeux, il le vit près de ses
lèvres à le contempler. Cyril s’était mit sur le côté et s’était accoudé pour pouvoir regarder Manu jusqu’à ce qu’il reprenne la parole :
- Tu m’as réveillé maintenant, bien joué ! dit-il d’un air faussement vexé.
- On est pas obligés de se lever tout de suite tu sais… répondit Manu en forçant Cyril à se recoucher.
Manu se mit au dessus de Cyril, et lui souleva son t-shirt. Toujours sur Cyril, il lui prit les mains et les mit au dessus de sa tête, avec un regard bien explicite, Cyril réagit immédiatement à
cela avec un léger sourire :
- Quel réveil… T’arrêtes jamais toi. On a déjà pas arrêté hier soir, jusqu’à je ne sais quelle heure.
- Jusque minuit et demi précisément et on l’a fait quatre fois, c’était notre record hier soir… Peut-être parce que tu avais congé
aujourd’hui, on en a sans doute profité.
- Emmanuel, c’est pas que j’ai pas envie de toi mais… on a pleins de choses à faire.
- Quoi ? demanda-t-il sensuellement en s’abaissant lentement jusqu’à un de ses mamelons.
Cyril s’assit et enlaça Manu qui passa ses bras autour de son cou en souriant. Sentir Cyril si près de lui le mettait toujours un état d’excitation, il ne pouvait pas s’en empêcher.
- On va aller faire les courses et puis, acheter quelques trucs pour la déco. L’appartement en a besoin, tu ne crois pas ?
- Pas besoin de déco, c’est de l’argent jeté par les fenêtres.
- Mais non, ça donnera un peu de vie.
- Tu ne crois pas qu’il y en a assez ? demanda Manu avant de se mordre la lèvre inférieure en souriant d’une façon coquine.
- Arrête de me tenter Manu ou je sens qu’on va rester la journée au lit. On fera ça demain puisque les magasins sont fermés.
- Bon.. répondit-il en se dégageant de l’étreinte de son amant.
On va prendre une douche ensemble.
- On reste encore un peu d’abord..répondit Cyril en se recouchant dans un soupir.
Manu, lui, se leva et alla chercher des vêtements pour Cyril. Il regarda ses vêtements en réfléchissant et les lança sur le lit pour finir par ouvrir le tiroir de ses boxers. Il s’agenouilla pour
pouvoir les contempler plus sérieusement et en déplia quelques uns pour faire quelques petits commentaire du genre « joli », « mmh », « à enlever » jusqu’à ce que Cyril s’assit sur le lit, les
cheveux en bataille. Il était très beau même au réveil :
- Tu comptes choisir ce que je vais mettre tous les jours ?
- Quand j’en aurai l’occasion, oui. Je veux te voir plus sexy que jamais et ça, tous les jours…
Bon, tu viens maintenant ?
Manu se releva et retira son t-shirt pour le lancer au visage de Cyril. Il retira ensuite son pantalon de pyjama, se retrouvant nu devant Cyril. Il mit ses mains sur ses hanches et regarda
Cyril qui ne se gênait pas pour le regarder de la tête aux pieds. Il se leva précipitamment en déclarant :
- C’est bon, tu m’as excité à mort maintenant.
Il tira la main de Manu brusquement et l’emmena à la salle de bain, tous les deux souriant de la réussite brillante de Manu. Ils se forcèrent à ne pas faire grand-chose et se contentèrent donc de
ne « que » se masturber mutuellement tout en s’embrassant sous l’eau brulante. La buée avait envahit les miroirs et les fenêtres, mais Cyril et Manu n’y prêtèrent pas attention. Finalement, ce
n’est qu’à 11h00 qu’ils sortirent de leur douche, ayant jouit une fois de plus ensemble. La journée se passa incroyablement vite. Elle se partagea entre fous rires dans les magasins et entre
moments tendres en essayant de rester discrets. Cyril allait jusqu’à parfois emmener Manu dans un endroit sombre pour pouvoir l’embrasser, Manu appréciant ce genre d’actes. Finalement, ils
rentrèrent vers 20h00, étant tous les deux allés au restaurant avant. Ils rentrèrent leurs achats et allèrent se changer avant de se mettre un dvd pour se détendre. Manu s’endormit finalement sur
les genoux de Cyril à la moitié du film et fut réveiller juste pour aller dormir. Manu, à peine couché dans leur lit, se rendormit de plus belle, Cyril l’enlaça peu de temps après.
Manu fut réveillé le lendemain par une main sous son t-shirt. Mais encore trop assoupi, il n’y prêta pas spécialement attention tout de
suite. Seulement, en sentant que cette main se dirigea lentement jusqu’à son pantalon, Manu ouvrit péniblement les yeux sans pour autant bouger. Cyril passa sa main sur la cuisse de Manu et sur
ses fesses en prenant bien la peine de passer ses doigts sur la raie de ses fesses. Manu réagit directement à cela en le regardant. Il voulut intervenir mais n’eut pas le temps de faire quoi que
ce soit que la langue de Cyril était déjà dans sa bouche. Manu entoura un bras autour de son cou et le fit rouler sur le dos, Manu se mettant ensuite sur Cyril, étant à nouveau en pleine forme
pour reprendre ce qu’ils faisaient le plus depuis une semaine. Une fois sur lui, il lui demanda d’attendre une seconde et s’étendit en baillant à s’en faire décrocher la mâchoire. Pendant ce
temps-là, Cyril passait déjà ses mains sous son t-shirt et descendait à ses hanches. Finalement, il se coucha littéralement sur son corps, prenant bien la peine de coller son intimité à la sienne
:
- Bonjour… murmura Manu d’une voix tout de même endormie, posant la tête sur son épaule.
- Bonjour. Répondit Cyril en passant sa main dans son pantalon, lui caressant une fesse.
Bien dormi ?
- Bien réveillé surtout ! A peine suis-je réveillé que tu me demandes déjà des efforts !
- Des efforts ? demanda Cyril, étonné.
Manu releva la tête, réfléchissant :
- Bon, peut-être pas tant que ça mais… c’est que ça devient vachement physique dans notre cas. On va devenir super sveltes si on continue
comme ça.
- Tu l’es déjà je te signale.
- Toi pas, t’as encore besoin d’un peu d’exercice. Répondit Manu d’une façon ironique, tout sourire.
Cyril fit sa mine faussement choquée et commença à le chatouiller, Manu essayant de s’échapper un maximum de son emprise, pleurant presque tellement il rigolait :
- Cyril, arrête je t’en supplie, j’ai horreur de ça !
Il arrêta à la seconde, mais pour ne reprendre que de plus belle le baiser, profond et désireux. Manu sentait parfaitement qu’il avait envie de lui rien qu’à sa façon de l’embrasser. Cyril lui
lâcha ensuite les lèvres et tira sur la main de Manu pour qu’il fasse de même. Ils s’enlevèrent mutuellement leur t-shirt et plongèrent leurs mains sans gêne dans leur pantalon de pyjama pour se
caresser lentement. Cyril, apparemment déjà réellement excité, banda en un rien de temps et fit comprendre à Manu de commencer à le masturber ce qu’il fit aussitôt. Il s’attarda à passer son
pouce sur le gland, qu’il savait particulièrement excité quand il faisait cela. Après quelques minutes, sentant bien que Cyril était devenu trop excité pour encore attendre, il le poussa
légèrement dans un sourire et lui retira son pantalon de pyjama. Manu sentit alors qu’il devait être plus doux quand il voulait prendre le dessus,
sachant très bien que son passé était pour lui, loin d’être oublié. Manu se débarrassa de son pantalon et s’approcha des lèvres de Cyril en murmurant, la voix pleine de désir et de chaleur :
- J’ai envie de te prendre Cyril… Laisse-moi te baiser !
Cyril réagit au quart de tour. En deux secondes, il s’était redressé et avait poussé Manu brutalement, faisant retomber toute excitation du moment. Manu était réellement choqué de son agressivité
et n’eut pas le temps de répondre que Cyril lui répondait déjà :
- Jamais !!
- Pourquoi ? Je suis pas ton père moi !
Regrettant légèrement les paroles qu’il avait dit, il se pinça les lèvres et rajouta :
- Excuse-moi Cyril. Mais… Je comprends pas, tu crois que je suis là pour t’agresser ?
- Non, mais je refuse, c’est tout ! s’écria-t-il en se relevant déjà.
- Pourtant, faudra bien un jour que tu dépasses ça ! Même quand je suis sur toi trop longtemps, tu ne supportes pas ! Et quoi ? Je vais
devoir rester passif toute ma vie juste pour des peurs que tu ne sais pas dépasser ?
- Tu ne comprends pas !
- J’essaie pas de comprendre mais de t’aider !!
- En faisant quoi ? En me baisant ? Tu crois que ça m’aidera ? demanda-t-il en se retournant vers Manu, le regard totalement changé, faisant
presque peur par la haine qu’il dégageait.
Manu ne répondit rien, ne sachant de toute façon pas quoi répondre. Cyril s’en alla de la chambre, laissant Manu déçu de la tournure que leur dimanche matin avait prit. Il se releva après
quelques minutes et remit son pantalon de pyjama, sachant très bien que leur journée allait se résumé à une ignorance totale. Il ne comptait pas cette fois faire d’effort pour s’excuser, car en y
repensant, il n’avait cherché sous aucun prétexte à lui faire du mal par sa proposition de le prendre. Ce n’était qu’une envie tout bonnement sexuelle, et l’avoir rejeté de cette façon lui
faisait éprouver de la frustration et une injustice qui le rendait furieux contre Cyril. Il sortit de la chambre et remarqua un mot à son attention, écrit rapidement et presque par obligation, un
simple « je vais chercher des croissants ». Une pure excuse pour aller se calmer les nerfs et ne pas devoir supporter Manu.
Lui en vouloir autant pour une simple phrase faisait mal, il ne comprenait pas pourquoi il se mettait dans cet état rien que pour une envie que Manu avait éprouvé et qu’il éprouverait encore…
Il alla prendre un bain pour se relaxer, ayant soudainement besoin de cela. Il resta de longues minutes en fermant les yeux, la tête appuyé contre le rebord la baignoire pour se remettre les
idées en place, réfléchissant encore s’il n’avait pas été également fautif. Il voulait bien admettre qu’il était également impulsif dans ses réactions, mais il resta sur son objectif premier ;
Cyril avait pris cette histoire beaucoup trop à cœur. Mais oubliant totalement ce qu’il se passait autour de lui, il sursauta quand il ouvrit à nouveau les yeux. Cyril fit un très léger sourire
et prit un gant de toilette sur lequel il mit du savon… Manu se laissa faire, ne sachant pas s’empêcher de rester septique. Cyril commença à lui passer doucement le tissu sur le bras, l’épaule et
ensuite le torse en s’attardant bien entendu sur un de ses mamelon qui durci aussitôt. Bien que cela l’excitait, il prit la parole, sèche et franche :
- C’est pas la peine, je sais me laver tout seul.
Il lui prit le gant et se redressa légèrement en le plongeant dans l’eau.
- Bon, j’ai peut-être été un peu dur…
- Un peu.. ? Tu m’as carrément envoyé chier ! Tu parles de moi qui suis agressif mais je viens d’avoir la preuve que tu es pareil.
- J’ai jamais dis que je n’étais pas agressif…
- De toute façon, ça ne règle pas la question.
- Je ne me laisserai pas me faire prendre.
- Pourquoi ? demanda Manu en relevant la tête brusquement.
C’est pas comme si je voulais te violer moi !
- Arrête, tu vas trop loin !
Manu soupira, sachant très bien qu’il était parfois trop franc. Une idée lui vint subitement, un léger sourire s’afficha même sur son visage que Cyril ne rata pas :
- Qu’est-ce que tu as encore eu comme idée ?
- Si tu ne veux pas que je te prenne, allons par étape… Laisse-moi juste prendre le dessus pour le moment, le temps que tu t’habitues…
Manu vit bien que cela ennuyait Cyril, mais il ne comptait pas s’arrêter là. Il voulait qu’il dépasse ses peurs, qu’ils arrivent enfin à profiter pleinement l’un de l’autre. Mais étonnement,
Cyril répondit, malgré sa légère gêne :
- D’accord.
- T’es d’accord ? demanda Manu en faisant de grands yeux.
Pour toute réponse, Cyril arracha le gant des mains de Manu et repassa ensuite sur son torse d’une façon bien plus sensuelle. Manu se laissa faire, attendant la suite. La main de Cyril descendit
lentement sur son bas-ventre, Manu fermait les yeux et avait à nouveau posé sa tête sur la baignoire jusqu’à ce qu’il ouvre les yeux subitement en sentant la main de Cyril lui caresser le sexe.
L’eau faisait une sensation supplémentaire, une qu’il n’avait encore jamais ressentie auparavant, même avec la douche de la veille, c’était encore bien différent. Cyril demanda ensuite à Manu de
se sortir de l’eau en enlevant le bouchon, ce qu’il fit aussitôt tandis que son amant prenait une serviette.
Cyril passa lentement sur le corps de Manu en prenant un air concentré, prenant bien la peine de le faire d’une façon excitante. Il passait ses yeux sur l’entièreté de son corps, ce qui aurait pu
gêner Manu mais lui, se sentait beau sous son regard. Il tira ensuite sa main jusqu’à la chambre en ouvrant déjà son pantalon, apparemment pressé même si l’appréhension se lisait sur son visage.
Arrivés à la chambre, Cyril se débarrassa de son pantalon et de son t-shirt et tira Manu à lui sans douceur par la nuque, l’embrassant à pleine bouche. Sa langue montrait bien que l’excitation
était à son comble, les mains de Cyril passait sur les fesses de Manu et les massait d’une façon érotique, trop insupportable pour attendre longtemps. Finalement, devenu également trop excité,
Manu poussa légèrement Cyril en arrière et l’assit sur le lit. Ce dernier recula jusqu’à la tête du lit et attendit manu qui avançait lentement sur les genoux pour le faire attendre. Voyant bien
que Cyril n’arrivait pas à se faire à l’idée, Manu s’abaissa lentement vers son torse tout en passant sa main sur l’intérieur de ses cuisses. Il ne s’attendait pas à avoir autant envie de sucer
Cyril et se mit donc à lui caresser à nouveau le gland de sa langue, son amant réagissait immédiatement en arquant légèrement son corps et jetant sa tête en arrière. Pendant de longues minutes,
Manu suça Cyril qui ne se retenait plus de gémir et qui était apparemment bien détendu. Manu se redressa en sentant que le sexe de Cyril était dur, ne voulant pas qu’il jouisse déjà une fois. Il
se remit sur les genoux et se mit à califourchon sur lui, profitant bien de coller son sexe contre le sien pour augmenter l’impatience de Cyril qui avait les joues légèrement rougies par
l’excitation. Son regard n’était plus que du désir et de l’envie de prendre Manu qui prenait un malin plaisir à bouger légèrement le bassin et à coller son torse contre lui. Il rencontra ses
lèvres d’une façon bien plus douce que la précédente, Cyril profitant de caresser les fesses de Manu, plus près que jamais de lui. Manu, en pleine occupation d’embrassade des lèvres, sentit tout
à coup un doigt s’introduire en lui, ayant pour effet un frisson lui parcourir tout le dos en même temps qu’un léger sursaut de surprise. Après quelques secondes, Manu entreprit de légers vas et
viens en prenant bien la peine de le faire d’une façon sensuelle et envieuse tout en caressant le sexe de Cyril de son intimité et de son bas-ventre. Un deuxième suivit peu de temps après, Manu
continuait d’embrasser le cou et les épaules de Cyril jusqu’à ce qu’il se redresse sans un mot de plus et regarde Cyril tout en lui prenant son sexe en main. En quelques secondes, il s’était
empalé en lui lentement, en tentant de montrer le moins possible la douleur à Cyril qui poussa un long gémissement de bien-être. Malgré la douleur, le fait de l’entendre pousser ce gémissement et
de voir sa tête en train d’émettre le son, l’excitation ne faisait que se renforcer. Manu passa instinctivement ses bras autour de Cyril et s’accrocha au bord du lit pour entamer ses vas et viens
lentement, remarquant bien que Cyril était tout à coup moins sur du fait d’être aussi « prisonnier » de Manu qui préféra ne pas y prêter attention tout de suite. Il sentait bien qu’il était tout
à coup beaucoup moins excité et que son regard lui faisait comprendre qu’il paniquait. Manu posa quelques baisers sur ses lèvres et finit par demander :
- Tu ressens le plaisir ?
A ces paroles, il donna un coup de reins bien plus fort et profond malgré que cela le faisait souffrir contrairement à Cyril qui ne sut retenir un gémissement. Manu continua ses vas et viens bien
pour fort et à la fois doux, le tout fait pour que Cyril ne panique plus.
Mais voyant qu’il commençait réellement à perdre son sang-froid, Manu s’arrêta et regardait Cyril, la voix douce :
- Cyril…c’est moi, ouvre les yeux et regarde-moi.
A la place de bouger, il déposa des baisers sur son visage et son cou en essayant de faire passer tout l’amour qu’il imaginait porter pour lui. Seulement quand il vit les larmes aux bords des
yeux de Cyril, il arrêta tout. Manu se retira immédiatement de lui, ne supportant pas l’idée de lui faire du mal à ce point encore une fois. Faire paniquer Cyril au point qu’il en pleure était la
dernière chose qu’il voulait au monde et il préféra se mettre à ses côtés.
Le voyant lever les yeux pour ne pas pleurer, Manu ne put s’empêcher de le serrer dans ses bras. Il s’était mit sur ses genoux et serrait Cyril aussi fort qu’il le pouvait, lui caressant les
cheveux et lui murmurant :
- Chut Cyril… C’est ma faute, je suis désolé. Je n’aurai pas du te forcer.
- Non..c’est moi qui suis désolé Emmanuel. Dit-il d’une voix serrée.
- C’est pas grave, ne t’inquiète pas.
- Je ne suis même pas capable de..
- Ne dis pas ça ! Ca viendra !
De longues minutes coulèrent avant que Manu ne sente la respiration de Cyril redevenir parfaitement normale, sentant son souffle à nouveau calme sur son épaule jusqu’à ce qu’il recule légèrement
et sourit, gêné. Manu le vit ensuite se relever et s’habiller pour finalement repartir de la chambre. Il resta un moment à penser dans le lit, le cœur serré de voir que cela pouvait être si dure
pour Cyril. Mais ce dont il avait le plus peur, c’était son idée que ses angoisses d’être « soumis » à quelqu’un n’allaient peut-être jamais être résolues. Il le rejoignit dans la cuisine pour
déjeuner à cette pensée, ne supportant pas d’être faible face à cette situation. La fin de la matinée se passa ainsi. Cyril s’était occupé de faire un peu le ménage et Manu était allé se réfugier
dans sa chambre pour préparer ses affaires. Il réalisa pleinement qu’il allait rentrer en cours le lendemain et cela lui fit tout à coup un mal au ventre horrible. S’il ne faisait pas d’amis ? Et
si quelqu’un lui demandait quelque chose sur son passé, qu’allait-il répondre ? Ce n’était pas tous les jours que l’on avait un nouveau au mois de janvier… Ses pensées se bousculèrent tellement
qu’il crut à un moment qu’il allait s’évanouir, allant alors s’assoir quelques minutes dans le fauteuil. Une fois assis, il se mit la main sur son visage, s’accoudant à ses genoux dans un profond
soupir. Il sursauta tout à coup en entendant la voix de Cyril :
- Tout va bien ?
- Ca va.. dit-il en se redressant dans le fauteuil.
Juste…un peu stressé, c’est tout.
- Pour demain ?
Manu fit un hochement de tête, ses maux d’estomac reprenaient de plus belle.
DEUXIEME PARTIE
Mais alors qu’il ne s’y attendait pas du tout, il sentit un deuxième doigt accompagner le premier, émettant alors un léger cri de douleur et
de surprise, sentant par la suite que Cyril se donnait encore plus à la fellation tout en faisant ses vas et viens délicatement. Il ne sut s’il avait su attendre plus longtemps que la dernière
fois, mais quand Cyril sentit que Manu se retenait horriblement, il accéléra la succion, ne pouvant alors que jouir. Il se déversa dans un cri tandis que Cyril léchait la moindre parcelle de
semence sur lui, Manu ayant de nouveau envie qu’il recommence. Le plaisir ne s’arrêta pourtant pas là, sentant bien que les deux doigts de Cyril restait en lui et termina ses vas et viens pour
finalement se placer au dessus de lui. Une fois encore, il voulut agacer Manu avec son petit jeu, le jeune étant à présent presque triste de ne pouvoir gouter à ses lèvres.
Seulement, cette fois, Cyril le fit bien moins longtemps et s’empara des lèvres de Manu d’une façon possessive et envoutante, oubliant totalement tout ce qui pouvait les entourer. Il lâcha
immédiatement ses lèvres quand il sentit qu’en un coup de reins, Cyril était en lui.
La douleur qu’il ressentait à chaque fois était presque irrespirable. Il n’arrivait jamais à garder totalement le contrôle de lui-même, mais avec Cyril, cette douleur passait bien plus vite.
Sentir les coups de bassins de Cyril si lents et profonds était aussi douloureux qu’excitant… Il savait qu’à chaque fois, il allait faire en sorte que la douleur passe le plus vite possible, le
masturbant en même temps pour lui faire oublier toute douleur.
Manu se laissa vite aller à bouger également le bassin par instinct mais aussi pour sentir Cyril toujours plus prêt de lui. Sentir son bassin contre lui, se mouvoir en lui était une chose qu’il
ne ressentirait jamais ailleurs. Il gémissait aussi fort et aussi longtemps qu’il le voulait, l’alcool faisant peut-être de l’effet encore et le laissant à être lui-même sans honte.
Il sentit après un temps Cyril lui donner des coups de reins plus puissants et profonds, apparemment au bord de la jouissance. Manu jouit en même temps que Cyril après un cri, ce dernier restant
un moment à reprendre ses esprits. Leurs regards étaient encore en pleine euphorie, les pupilles dilatées et la tendresse de ce moment les forçait à continuer à se caresser un moment. Manu se
sentait à cet instant tellement bien qu’il voulut mettre un arrête sur image. Bizarrement, sa colère contre Cyril s’était totalement évadée mais voyant que celui-ci changeait de plus en plus de
regard, Manu paniqua intérieurement. Il ne voulait plus qu’il lui en veuille, il regrettait de l’avoir frappé si fort mais il avait été mis à bout et la gifle avait été trop douloureuse pour ne
pas réagir. Il le vit se retirer de lui sans un mot et s’assoir sur le bord du lit, Manu réfléchissant à une phrase, à un mot, à un geste qu’il aurait pu faire pour le garder auprès de lui. Mais
trop paniqué, il ne savait que se dire de ne pas le laisser partir. Ce moment avait été encore une fois tellement beau que le gâcher maintenant aurait été trop éprouvant. Manu s’assit sur le lit,
continuant à chercher un moyen pour le garder et pour pouvoir dormir dans ses bras pour cette troisième nuit dans l’appartement. Manu n’avait pas envie que Cyril se dise qu’il avait tout gâché et
qu’il regrettait d’avoir fais tout ça. Il voulait continuer à croire qu’il avait fait tout cela par amour… Il le vit ensuite tourner la tête vers lui, apparemment septique. Mais septique de quoi
? De l’aimer ? Doutait-il de lui ? Cela pouvait être une des pires choses… Finalement, il le vit se relever, Manu restait silencieux mais son corps lui faisait soudainement mal, et tout son être
ressentait de la tristesse à ce dernier regard. Il savait qu’il avait beaucoup de défauts mais le fait de ne plus avoir Cyril auprès de lui était une chose presque impensable et le fait de le
voir partir de cette façon, c’était presque un rejet, un abandon… Une deuxième fois par la personne à laquelle il tenait le plus au monde, c’était inimaginable. La porte de la chambre de Cyril se
ferma après quelques minutes, laissant Manu trop énervé pour dormir.
Il resta assis ainsi près d’une demi-heure, se demandant s’il devait aller le rejoindre ou pas. Mais finalement, il laissa tomber. Il se recoucha et du attendre une bonne heure avant de
s’endormir… Il hésitait toujours s’il devait aller voir Cyril ou non, s’il pouvait aller le rejoindre sans qu’il ait une mauvaise réaction. Le matin, il fut réveillé par la porte qui s’ouvrait
mais ne fit rien paraitre. Il espérait recevoir un baiser avant que Cyril parte mais la porte se referma après de longues secondes… Cet éloignement était déjà insupportable. Manu comptait bien
faire en sorte que jamais plus ce genre de situation n’arrive s’il ne voulait pas perdre Cyril. Il aurait fait n’importe quoi pour le garder auprès de lui, alors à partir de ce jour, il allait en
tout en cas essayer de changer. Même s’il savait qu’il serait toujours un peu agressif et impulsif, il savait au moins qu’il pouvait se contenir assez pour éviter de faire du mal à son amant, car
le voir pleurer était une chose abominable. Son cœur se serra en se remémorant les larmes de Cyril, qui croyait qu’il ne l’aimait pas. Cette idée le fit presque sauter du lit. Il se releva en
moins de temps qu’il ne fallait pour le dire et ouvrit sa porte pour chercher Cyril. Celui-ci ouvrait justement la porte pour partir, Manu intervint immédiatement :
- Cyril, attends.
Il se retourna, apparemment surpris de voir Manu réveillé. Il s’approcha de Cyril et peu sur de sa réaction, il posa une de ses mains sur son bras et passa son bras autour de son cou pour le
forcer à se rapprocher. Même si Cyril avait une attitude plutôt froide, il ne dit aucun mot et attendit mais c’est en se prenant pour un fou que Manu craqua. Il demanda à Cyril, la voix endormie
et suppliante, faisant bien sur exprès de le séduire :
- Restes aujourd’hui… s’il-te plait… J’aimerai bien te parler de certaines choses.
- Emmanuel…répondit Cyril après quelques secondes, hésitant et mal à l’aise.
Je suis désolé, je ne peux pas commencer comme ça.
Manu, déçu, baissa les bras. Il lâcha Cyril et recula légèrement, prenant son air impassible quand de tous les jours :
- C’est pas grave… On se contentera de parler ce soir.
Il se retourna, laissant partir Cyril. Il n’entendit la porte se fermer qu’après un certain temps, laissant Manu seul une journée supplémentaire. Il avait préparé un repas copieux, seule recette
qu’il savait faire. Il avait pris toute la soirée pour le faire et quand Cyril revint vers 21h00, Manu avait terminé depuis à peine quelques minutes. La table était mise et il s’était assis sur
le plan de travail de la cuisine pour lire un magasine en attendant. Quand Cyril ouvrit la porte de la cuisine, il semblait totalement surpris :
- Qu’est-ce que c’est ?
- Tu le vois bien. Répondit Manu en jetant son magasine.
Je t’ai préparé le souper…
- C’est.. c’est gentil.
Manu sourit, horriblement stressé tout à coup. Il voulait parler à Cyril mais le fait de ne pas être pardonné aurait été pire que tout. Que Cyril rejette Manu qui faisait un effort surhumain pour
parler était une idée inconcevable. Ouvrir son cœur était une des étapes les plus dures de sa vie. Faire ce pas était tellement risqué que de le faire le terrifiait. Il avait tellement peur que
son ventre lui aurait bien forcé à se plier en deux de douleur. Cyril regardait Manu d’un air suspicieux et rien que ça le bloquait totalement dans sa démarche. Il se contentait de rester planté
au milieu de la cuisine à attendre que Cyril fasse quelque chose. Celui-ci retira enfin sa veste en remarquant le silence s’installer, Manu se tortillait les doigts.
Il s’assit ensuite suivant de Manu qui le servit, les mains presque tremblantes. Il était totalement bloqué, il ne voulait même plus le faire. Ce manège dura de longues minutes, Manu gardant les
yeux dans son assiette sans oser regarder Cyril une seule fois. Mais il entendit tout à coup les couverts de Cyril se poser sur son assiette, celui-ci prenant la parole en même temps ; la voix
exaspérée :
- Bon, Manu, si tu as quelque chose à me dire, f..
- Je suis désolé ! s’écria Manu, tout à coup pris sur le fait.
Je ne voulais pas te frapper ni te dire tout ça hier ! C’est juste que…
Manu marqua un temps d’arrête, le regard plongé dans celui de Cyril. Pour la première fois de sa vie, il savait enfin ce qu’il allait dire, ce qu’il voulait transmettre. Il voulait se confier,
dire ce qu’il ressentait et il déballa tout d’une vitesse folle :
- Je ne veux pas que tu m’abandonnes ! Si ça arrivait un jour, je mourrai, et je ne plaisante pas ! Je sais que j’ai beaucoup de défauts, que
je suis violent, colérique, agressif et tout ce qui s’en suit mais.. je ne suis pas que ça ! Je suis bien conscient qu’il faut que je te parle mais j’y arrive pas. Je n’ai pas un fond méchant,
c’est juste que quand je prends trop sur moi, mon agressivité ressort et je frappe n’importe qui.
- Je sais tout ça Manu. Répondit Cyril, apparemment impassible bien que le jeune remarquait qu’il se passait quelque chose dans ses yeux.
- Pourtant, tu as apparemment besoin que je te le dise !
Après quelques secondes que Manu jugea interminables, Cyril répondit enfin :
- J’avais besoin que tu me dises ça, mais… parfois, je ne sais plus quoi m’en tenir avec toi.
Manu sentit son cœur se serrer à la seconde où ces paroles étaient sorties, il déballa aussi vite, comme s’il était sur le point de perdre un trésor. Le plus beau des trésors… :
- Tu regrettes.. ? Tu regrettes d’avoir fais tout ça ?
Il retenait déjà les larmes au bord de ses yeux. Cette question, si elle était positive, aurait été pire que tout. Si Cyril venait à regretter tout alors, Manu n’avait plus qu’à mourir seul,
comme il l’avait toujours été. Mais Cyril répondit cette fois d’une voix rassurante :
- Tu as mal interpréter mes paroles Emmanuel… Je n’ai jamais dis que je regrettais quoi que ce soit.
Il ne savait pas pourquoi, mais Manu avait tout à coup besoin de pleurer. Il avait besoin de sortir tout ce mal-être et cette angoisse qu’il avait ressenti depuis la veille. Il se mit une main
sur le front et baissa la tête pour se cacher le plus de Cyril, essayant de se retenir de pleurer un maximum. Son regard se dirigea tout à coup sur son autre main qu’il avait posée sur la table.
Celle de Cyril l’avait rejoint, reprenant la parole en même temps :
- Moi aussi je m’excuse de ne pas t’avoir dis la vérité. Je voulais juste être sur que tu viennes vivre avec moi parce que même si tout cela
est arrivé, ça ne change rien à l’amour que je porte pour toi. Seulement, une soirée comme hier, je n’en veux plus jamais. Jamais plus je n’accepterai que tu lèves la main sur moi Emmanuel, c’est
compris… ? Je te pardonne pour la deuxième fois, mais il n’y aura pas de troisième.
- Bien sur ! s’écria-t-il en relevant la tête.
Jamais plus !! Je suis désolé, je ne ferai jamais plus une connerie pareille !
Il sentit une larme couler sur sa joue, finalement trop émotif pour supporter des conversations comme cela. Cyril se leva alors, et tendit la main vers Manu pour qu’il vienne dans ses bras. Manu
ne se fit pas prier et se blottit dans ses bras où il soupira de soulagement. Des baisers se posèrent dans son cou et Cyril resserra son emprise en lui murmurant :
- Je suis content de t’appeler par ton prénom…
- Et moi je suis content que tu m’appelles par mon prénom. Répondit Manu, la voix aussi basse que son amant.
Il se sentait tout à coup protégé, réellement et profondément aimé. Pour la première fois, cela le rassurait. Il avait besoin de cette tendresse après l’endurance du moment. Cyril se redressa
quelques minutes plus tard et après un léger soupir, il sourit à Manu avant de déposer ses lèvres tendrement sur les siennes. A cet instant précis, il se sentit terriblement bien et libéré d’un
poids énorme. Il avait envie de lui montrer jusqu’au bout, de lui prouver qu’il était sincère dans chaque mots qu’il avait prononcés, et quand il le vit s’assoir pour continuer à manger, il se
sentait tout à coup étrangement frustré. Il s’attendait à ce que le baiser devienne bien plus passionné et que Cyril se mette à lui caresser la peau d’une façon bien plus sensuelle alors le voir
s’assoir était en effet, très frustrant. Ne voulant pas laisser passer ce moment, Manu resta debout, Cyril leva le regard en voyant qu’il ne s’asseyait pas :
- Tu comptes rester là ?
- Cyril… Tu sais de quoi j’ai envie.. ?
- Non, mais tu vas me le d…
Au regard que Manu lui lança, il sembla tout à coup comprendre. Il S’essuya la bouche avec sa serviette et la reposa lentement sur la table, semblant réfléchir. En réalité, Manu savait très bien
qu’il ne pourrait refuser mais que ce n’était que pour le faire enrager légèrement. Trop impatient, Manu prit les devants et tira son pull pour qu’il se lève. Cyril ne manifesta aucunes
résistances et Manu le tira donc jusqu’à la chambre, ravi que le moment vienne quand même. A peine furent-ils dans la chambre que Manu se retourna et le regarda un moment avant de lui enlever son
pull lentement, suivit de son t-shirt. Cyril fit de même et ouvrit ensuite lentement la ceinture de Manu tout en approchant ses lèvres lentement de son cou.
Manu se sentit déjà consumé par cette caresse et la langue si chaude de Cyril se poser sur sa peau était toujours une source de plaisir inépuisable. Il ferma les yeux, bandant déjà légèrement
rien qu’à ses pensées jusqu’à ce que Cyril passe sa main dans son pantalon ouvert, dans lequel il traversa son boxer et commença à caresser ses fesses, à les masser sensuellement et à passer ses
doigts sur la raie de ses fesses. Manu gémissait presque silencieusement, la tête en arrière par le plaisir que cela procurait. Il se redressa finalement pour ouvrir son pantalon, remarquant tous
les deux déjà très bien la bosse qui se formait dans leur jean, Manu ayant soudain une illumination. Il avait envie de toucher à cette peau de sa langue, il avait envie de lui donner du plaisir
également, et pas par contrainte cette fois. Il se pencha légèrement hésitant, et commença par de légers baisers sur son torse, laissant bien vite passer sa langue sur sa peau. Le corps de Cyril
était tellement beau, il dégageait tellement de douceur que Manu regretta davantage ce qu’il avait pu lui faire. Cela l’obsédait tellement qu’il se redressa, entoura ses bras autour du cou de
Cyril et posa son front contre le sien en murmurant :
- Je suis désolé.
- De quoi.. ? demanda Cyril en posant ses lèvres sur le front de Manu.
- De t’avoir fait du mal…
Cyril resta à nouveau muet quelques secondes, Manu craquait totalement. Il avait envie de tout lui dire, de lui dire combien il tenait à lui et qu’il ne voulait jamais le voir partir mais il se
contenta de rajouter, la voix suppliante :
- Ne me laisse jamais tomber Cyril.
Celui-ci avança finalement, obligeant Manu à reculer jusqu’au lit où le jeune homme s’arrêta avant de s’y assoir. Manu enleva enfin son pantalon et son boxer, n’ayant plus aucune honte en face de
Cyril qui le regardait, le regard brillant malgré que la pièce n’avait que la lune et les réverbères comme lumière. Il enleva ensuite le pantalon et le boxer de son amant qui se laissait
totalement faire et finit par le tirer lentement pour qu’ils se couchent. Le corps nu de Cyril était tellement excitant, voir son intimité en érection était flatteur, avoir le pouvoir de lui
faire un tel effet était réellement plaisant. Alors que Manu était en totale admiration, il n’entendit pas tout de suite Cyril l’appeler. Ce n’est qu’à la troisième qu’il fut sorti de ses
pensées, Cyril riait légèrement de le voir autant dans la lune, même à des moments pareils :
- Tu m’admires ? demanda-t-il, tout sourire.
Manu ne peut s’empêcher de rougir légèrement à l’entente de cette question, connaissant très bien la réponse. Voulant aller jusqu’au bout de sa preuve de sincérité, il n’hésita pas à demander
:
- Qu’est-ce que tu veux que je te fasse ?
- Hein ?! rajouta Cyril, apparemment ne comprenant pas où il voulait en venir.
- Tu aimerais que je te fasse quoi ?
Manu passa soudainement sa main sur le sexe de Cyril pour lui faire comprendre, ses yeux changèrent du tout au tout. Au départ, il ne semblait ne pas trop le croire mais voyant que la main de
Manu insistait, il se concentra pour lui demander :
- Suce-moi…
Manu s’attendait parfaitement à cette réponse et malgré tout, la redoutait. Il avait peur de donner du plaisir mais s’il ne se lançait pas maintenant, il ne le ferait jamais. Cyril se mit sur le
dos à côté de Manu qui se redressa en même temps. Hésitant, il préféra demander à Cyril, malgré qu’il était rouge de honte :
- Co… Comment je fais Cyril…?
- Fais comme tu le sens Emmanuel ! Ce sera de toute façon parfait puisque c’est toi.
Le jeune sourit légèrement et se lança, le cœur bien plus léger que la première fois. Même s’il avait peur de ne s’y prendre convenablement, il posa une de ses mains sur le bas ventre de Cyril et
se pencha pour entreprendre des coups de langue, plus insistants au fil du temps. Il s’approcha lentement et finit par prendre le sexe de Cyril en commençant par le caresser et le masturber
lentement, Cyril gémissait d’une façon des plus excitantes. Manu sentit la main de son amant se poser dans ses cheveux au moment où sa langue effleura son pénis accompagnée d’un gémissement bien
plus bruyant. Manu se laissa guider par son instinct et de plus en plus détendu et dans l’action du moment, il passa le bout de sa langue tout le long du sexe de Cyril, suivit de légers succions
sur le bout. En entendant Cyril, il s’y prenait apparemment très bien et cela le mit à l’aise. Il n’hésita plus à le prendre dans sa bouche et commença alors de lents vas et viens pendant un
moment, bandant également comme un fou d’entendre les bruits de Cyril et de sentir son corps se tendre dès qu’il approfondissait un peu jusqu’à ce que Cyril intervienne entre deux gémissements
:
- Aaah..Emmanuel, je..vas un peu plus vite, j’en peux plus, c’est trop bon !!
En entendant cela, Manu accéléra immédiatement. Seulement, le fait de l’entendre dire cela avec cette voix si chaude, Manu ne put s’empêcher de commencer à se toucher. Sa voix était tellement
excitante, son corps était tellement séduisant que se contenir encore était bien trop difficile. Cyril continua à approuver ce qu’il faisait jusqu’à ce que Manu remarque qu’il avait de plus en
plus de mal à se contenir. En le voyant ainsi, il accéléra davantage en resserrant les lèvres et jouant de sa langue pour le faire craquer et cela réussi parfaitement car Cyril finit par jouir
dans un cri, en passant sa main le long du dos de Manu qui continua à se masturber, ne sachant plus s’arrêter là. Cyril remarqua enfin qu’il prenait plaisir seul et le força à s’assoir. Manu
commençait déjà se contenir, le front légèrement transpirant par l’acte jusqu’à ce que Cyril se couche pour échanger les rôles. Seulement, Manu tint beaucoup moins longtemps, sentir la bouche de
Cyril à cet endroit était toujours un réel plaisir…
En se redressant tout en avalant la semence de Manu, Cyril le coucha en même temps de commencer à lui embrasser le menton et la pomme d’adam tout en parlant :
- C’était vraiment bon, t’es doué tu sais. Je sens que tu vas me rendre accro à ça !
- Tant mieux parce que..je compte bien remettre ça !
- Maintenant ? demanda Cyril, apparemment enjoué.
Manu sourit et attira son visage pour l’embrasser. Sa langue avait acquis le parfait mélange entre la douceur et la passion. Finalement, il mit fin au baiser et répondit, le même sourire :
- Plus tard, maintenant on va profiter d’autre chose…
Il passa sa main le long du dos de Cyril et commença à lui caresser une fesse tout en ajoutant, Cyril intervint immédiatement au geste, tout à coup pressé :
- Tourne-toi !
- Mais..je..je veux te regarder moi.. répondit Manu, rougissant légèrement et mal à l’aise.
- Je suis touché d’entendre ça mais ce n’est pas encore pour ça. Je compte d’abord te préparer parfaitement.
Manu sourit et se retourna immédiatement, curieux de la façon dont Cyril allait faire. Rapidement, il sentit ses lèvres lui effleurer l’oreille. Il sentit une seconde son souffle chaud se poser
sur lui et puis il murmura :
- Je vais te lécher d’une façon que tu n’oublieras pas.
Rien que cette parole lui fit un frisson dans le dos, à nouveau excité. Il posa ses bras sur les coussins et posa sa tête contre, les lèvres et la langue de Cyril se posaient déjà sur son dos
pour descendre lentement, remontant de temps à autre mais pour ne mieux que s’approcher de plus en plus de ses fesses. Soudain, Manu fut pris d’un énorme frisson qui le fit sortir de son
bien-être. Une vague de plaisir et de chaleur l’envahit à tel point qu’il se redressa légèrement au premier moment. La langue de Cyril était passée tout à coup entre la raie de ses fesses et
s’était déjà enfoncé en lui, Manu n’ayant encore jamais eu ce plaisir là apprenait toutes les sensations avec lui. Cela dura un moment incroyablement long. Cyril enfonçait sa langue en Manu de
telle façon qu’il avait une envie irrésistible d’à nouveau se masturber, le plaisir ayant aussi remonté en flèche. Mais croyant qu’il était déjà au summum du plaisir et de l’excitation, Manu
sentit un doigt de Cyril s’enfoncer en lui sans pour autant que sa langue arrête de le lécher. Il poussa un cri brusque et court, prouvant bien à son amant que ce qu’il faisait était parfait.
C’était la meilleure préparation du monde, la meilleure qu’il pouvait « gouter ».
Après avoir enfoncé un deuxième doigt en lui et avoir fais un nombre incroyable de vas et viens lents et puis plus rapides, Cyril se redressa sur le lit :
- Retournes-toi maintenant, on y va, je ne peux pas me retenir une minute de plus !
Manu se retourna en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et entoura ses jambes autour de Cyril, comme s’il voulait prendre totalement possession de lui pour cette nuit. En quelques secondes
de temps, Cyril était en Manu. Il remarqua bien la différence avec la préparation de Cyril, malgré que la douleur était bien présent. Seulement, il prit sur lui et se força à se détendre en
respirant, Cyril lui souriait :
- Tu fais de superbes efforts, je te félicite mon amour !
Semblant ne pas l’avoir remarqué directement, Manu fut extrêmement étonné au point que même la douleur partit un moment. Il ne fut pas spécialement surpris positivement ni négativement et
d’ailleurs, il n’eut pas le temps de répondre quoi que ce soit ni d’atterrir que Cyril se reprit :
- Désolé, c’est partit tout seul, je m..
- Pourquoi tu t’excuses ? demanda Manu en fronçant les sourcils.
J’ai rien à te faire pardonner…
Il tenta de montrer à ce moment, de lui faire comprendre que Manu ne ressentait aucune colère envers ses sentiments. Tout ce qu’il avait en lui, était une peur omniprésente d’un amour aussi grand
et pesant qu’avait Cyril pour lui. Les lèvres de Cyril s’approchèrent pour toute réponse du cou de Manu et commença ses vas et viens lentement tout en l’embrassant d’une façon tendre. Manu
entoura ses bras autour de lui et ferma les yeux, ne cherchant même pas à apaiser la douleur. Il se trouva un peu bizarre mais cette douleur, il ne pouvait s’empêcher de l’apprécier, sachant que
cela venait de Cyril et que ce n’était que pour avoir un moment bien plus différent par la suite.
PREMIERE PARTIE
Manu avait pris énormément sur lui pour lui demander de l’appeler par l’entièreté de son prénom, sachant très bien que
cela voulait dire beaucoup. Il ne comprenait pas pourquoi lui-même avait envie que Cyril soit le seul qui puisse le faire. Cela était quelque chose de plus intime, de plus proche, une preuve
qu’il tenait à lui. Était-ce ce que l’on appelait l’amour ? Comment pouvait-il le savoir, jamais personne ne l’avait aimé et à part ses parents dont il ressentait un manque chaque jours, il
n’aimait pas non plus qui que ce soit. N’importe qui pouvait à présent mourir devant ses yeux sans qu’il ne ressente quoi que ce soit, il pouvait garder un air détaché pour tout sauf tout ce qui
concernait Cyril. Ce détachement était tout le contrairement une fois que Cyril était concerné, ne fut-ce qu’un peu. Il ne pouvait pas imaginer pouvoir encore s’en sortir sans lui… Manu était
amoureux de lui, mais dès qu’il se le disait, c’était comme si son cerveau bloquait totalement et qu’il préférait oublier ce qu’il venait de penser. Tomber amoureux de quelqu’un, c’était lui
permettre de le briser et cela, il le refusait encore. Même s’il pouvait tout de même souffrir de tout ce que Cyril pouvait lui faire, Manu ne voulait pas admettre quoi que ce soit, admettre sa «
faiblesse ».
Attendant et stressant en attendant une réponse, Manu sentit les lèvres de Cyril lui effleurer la joue et ensuite, poser un baiser sur ses lèvres pour se recoucher contre lui. Mais au passage,
Cyril lui murmura à l’oreille :
- Je t’aime Emmanuel…
C’était tellement bizarre d’entendre ces déclarations. Entendre que quelqu’un ressentait de pareils sentiments sans savoir s’il ressentait la même chose… Comment Cyril savait-il qu’il l’aimait
? Beaucoup de questions se mettaient déjà dans la tête de Manu mais préférant profiter de leur bonheur, il se concentra sur le souffle lent de son amant se pose rdans son cou et ses bras
tellement doux qu’il se mit lentement à caresser avant de sentir le sommeil le submerger. Cette première fois avec Cyril, il la considérait comme sa première fois, comme la première fois qu’il
était réellement au comble du bonheur…
Il se réveilla le lendemain difficilement, étendant instinctivement le bras à sa gauche pour ne sentir que les draps. Manu ouvrit ses yeux immédiatement et se rappela alors le dur quotidien qui
s’annonçait. Ils n’allaient se réveiller ensemble que deux jours par semaine à présent et ils n’allaient pas pouvoir faire ce qu’ils voudraient le soir. Il ne voulait surtout pas commencer à
fatiguer Cyril avec ses envies qui le surprenait à longueur de journée. Il regarda ensuite l’heure : 11h00… Quand est-ce que Cyril allait rentrer ? Il avait déjà envie de lui, envie de le sentir
contre lui et de pouvoir poser ses yeux sur lui. La journée se passa dans une lenteur indescriptible… Manu s’était imaginé faire un repas à Cyril quand il allait revenir mais revenir d’un
orphelinat où l’on y a vécu pendant douze ans n’était pas facile pour pouvoir se dire qu’il allait faire quelque chose à manger. Il regarda la télévision, profitant d’être le seul à la regarder
et à ne pas avoir quelqu’un qui vienne lui demander de changer de poste. Il alla un instant dans sa chambre pour essayer de s’occuper un peu mais tout ce qu’il voulait, c’était Cyril. Malgré que
le mot disait qu’il allait rentrer tard, il ne s’était jamais imaginé que cela allait être à ce point-là. 22h00, il entendit enfin la clef dans la serrure, son cœur s’emballait déjà de
bien-être et d’excitation de pouvoir passer la soirée complètement seul avec lui. Il ne put s’empêcher de sourire à cette pensée en le voyant… Il était tellement beau, c’en était presque
effrayant. Cyril s’approcha ensuite de lui et déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de lui demander s’il avait passé une bonne journée. Manu acquiesça sans pour autant y croire vraiment. Il
avait passé une journée plutôt ennuyeuse sans lui mais préféra ne pas le mettre déjà à bout de nerfs. Manu avait déjà une envie folle de lui sauter dessus et d’être tous les deux couchés pour
pouvoir faire l’amour. A présent qu’il avait connu ce qu’était le vrai bonheur du sexe, la vraie jouissance, il avait envie d’en connaître plus, que Cyril lui montre des choses ou des facettes de
lui beaucoup plus érotiques… Ce fut sur ces pensées déjà excitantes qu’il dit qu’il avait attendu pour manger. Il alla finalement mettre la table après que Cyril lui ait demandé et le vit aller
prendre une douche. C’est après quelques minutes qu’il le vit repasser vers la chambre, une simple serviette lui entourant la taille. Manu ne put contenir son sourire, l’idée d’aller lui ôter
lui-même était vraiment éprouvante. Il s’imagina déjà coucher avec dans tous les recoins de l’appartement, ayant soudainement très chaud. Il avait beau essayer de se ressaisir, Manu ne se rendit
pas tout de suite compte qu’il bandait déjà avec toutes ces pensées. Il préféra d’abord essayer de se calmer un peu, croyant que Cyril allait le prendre pour un petit ado excité à longueur de
journée mais n’en pouvant plus, il se dirigea dans la chambre pour lui faire comprendre qu’il avait envie de lui.
Mais son enthousiasme s’arrêta net en voyant qu’apparemment, Cyril dormait. Manu soupira, déçu de ne même pas pouvoir passer la soirée à « parler ». Il était soudainement refroidi comme un
glaçon, lui en voulant légèrement de ne pas rester avec lui. Finalement, il se raisonna et partit manger un bout avant de fumer quelques cigarettes, s’ennuyant déjà terriblement de lui. Ce fut à
une heure plus que tardive que Manu se résigna à aller se coucher, prenant bien la peine de couvrir Cyril convenablement. Manu se coucha enfin en réclamant la chaleur des bras de son amant qu’il
ne sentit pas. Il se colla à lui et le regarda d’abord un moment dormir. C’était seulement quand il dormait qu’il semblait totalement paisible… Le reste du temps, il paraissait tourmenté comme
s’il réfléchissait à un million de choses différentes. Pourtant, il parvenait toujours à s’en sortir. Il avait fait un effort inconsidérable en louant cet appartement rien que pour le bonheur de
Manu. Il ne comprenait pas pourquoi Cyril considérait leur couple comme la chose la plus importante de sa vie. Il avait tellement envie d’apprendre à l’aimer pour lui dire et pour voir si son
visage alors, n’aurait plus l’air malheureux… Sa beauté le rendait admirable. Manu se sentait totalement ridicule à côté de cet homme si mâture. Ce fut après de longues minutes de ce genre de
réflexion que Manu se faufila convenablement dans ses bras et s’endormit rapidement. La solitude reprit de plus belle en entendant Cyril fermer la porte pour partir travailler. Il partait
tellement tôt et revenait tellement tard, pour un simple travail d’éducateur, tout cela paraissait un peu trop long à moins qu’il ne surveille des élèves à l’internat la soirée… Manu resta un
long moment à soupirer d’être là sans pour autant se permettre d’en profiter et finit par se lever de misère, ne sachant de toute façon plus dormir. Pendant toute la matinée, Manu hésita à aller
le retrouver à son travail, juste pour voir son visage et entendre sa voix mais de toute façon, jamais Cyril ne lui avait donné le nom du collège où il travaillait et c’était une ville trop
grande pour commencer à vérifier à quel endroit il travaillait. Voyant le temps qu’il faisait, il décida de n’aller faire qu’un tour dans les environs. Vu que Cyril lui avait mit un peu d’argent
sur la table ainsi que le mot d’excuse, Manu pensa à aller manger quelque chose qu’il n’aurait jamais l’occasion de manger à l’orphelinat. Il prit un temps fou, profitant de regarder les moindres
recoins des rues en essayant tout de même de ne pas trop s’éloigner. Ce fut au moment où une averse éclata qu’il décida de rentrer. Rapidement, il marcha jusqu’à l’appartement mais ayant du mal à
retrouver exactement où il était, il dût s’arrêter plusieurs fois pour retrouver son chemin. La pluie lui dégoulinait sur le visage et son sac bandoulière et ses vêtements étaient à présent
superflus. Trempé jusqu’aux os, il s’arrêta une fois de plus en essayant de se rappeler s’il n’avait pas déjà vu cette rue, mais son visage s’arrêta aussitôt en voyant une chose à laquelle il ne
s’attendait absolument pas.
Que faisait Cyril dans un restaurant ? Habillé comme un serveur, rentrant les chaises et les tables…
Son regard ne le quitta pas jusqu’à ce qu’il entre, passant par plusieurs émotions différentes. L’étonnement, la colère, la haine, et à présent c’était la rage… Alors, par « amour », Cyril
faisait un boulot pareil ? Rien que pour Manu ? Pourquoi se torturait-il ainsi ?
Manu s’en voulait tout à coup d’être si important et de devoir lui faire supporter tout cela. Il devait être tellement malheureux maintenant… c’en devenait insupportable de le voir faire ça. Manu
marcha cette fois lentement, pensif, malheureux et encore sous le choc. Il ne s’était encore jamais imaginé que Cyril allait pouvoir lui cacher une telle chose. La colère s’emparait totalement
dans son corps sans jamais s’avouer qu’en réalité, cette colère était contre lui-même. Il détestait l’idée que tout cela était de sa faute, que Cyril devait renier à sa passion de s’occuper des
enfants. Plusieurs fois, il shoota dans des choses qui se trouvaient sur le sol, trop en colère pour se rendre compte que finalement, il terminait dans un bar. La seule chose dont il avait envie,
c’était d’un verre, un seul pour se remettre un peu de ses émotions. Il resta ainsi des heures, réfléchissant et essayant de se calmer pour ne pas aller hurler sur Cyril. Il avait tellement envie
de lui demander pourquoi il faisait tout ça, pourquoi il faisait ça pour lui. Cet amour le rendait fou, il étouffait complètement sous cet amour qu’il ne connaissait pas. Et le fait d’entendre
Cyril lui dire qu’il l’aimait, c’était de trop.
Les verres défilaient sans trop s’en rendre compte. Il voulait oublier ce qu’il avait vu, il voulait que rien ne se soit jamais arrivé. Il alla presque jusqu’à regretter sa rencontre avec Cyril,
qui avait dès lors, tout bousculé. Il avait réussi à le faire pleurer, à avoir à nouveau des sentiments de tristesse et de manque. Plus les heures passaient, moins il arrivait à se rendre compte
à quoi il pensait. Il s’était presque affalé sur le bar où il n’arrivait même plus à penser objectivement. Le barman dut presque le virer de là, se faisant paraître pour jeune ivrogne. Il rentra
en titubant après encore un long moment, l’alcool ne faisant qu’aggraver les choses. Il était à peu près deux heures du matin quand il introduit difficilement la clef dans la serrure, n’étant
même plus en état de savoir comment allait réagir Cyril. Celui-ci se rua littéralement dessus une fois qu’il était arrivé, apparemment furieux. Manu, lui, s’adossa à l’entrée… Cyril commença
alors à hurler, faisant tinter les oreilles du jeune :
- Je peux savoir ce qui t’as pris ! Tu crois que c’est une heure pour rentrer ?
Manu se redressa du mur, planta ses yeux dans ceux de Cyril et finit par se diriger vers sa chambre en prenant bien la peine de le pousser. Quand il arriva à l’entrée, il fut à nouveau accosté
par Cyril, cette fois bien plus agressivement, l’angoisse faisant beaucoup plus de place à la colère :
- Tu ne crois quand même pas que tu vas t’en tirer comme ça en t’enfermant dans ta chambre ?
Tout ce que Manu avait besoin en cet instant, c’était de calme et d’être seul pour dessaouler et pour voir les choses un peu plus objectivement. Il n’avait pas envie de hurler sur Cyril, ni de
lui faire du mal mais il savait très bien que s’il venait à l’agresser, Manu ne pourrait que répondre à son agression. Et son pressentiment se confirma en sentant que Cyril poser une main sur son
épaule pour qu’il lui fasse face. Manu se retourna violemment, tout à coup extrêmement furieux mais vacilla légèrement, les réflexes étant bien trop dures dans son état. Il soupira, agacé et
regretta aussitôt. A voir la tête que faisait Cyril, il avait bien compris qu’il était complètement saoul. Il semblait tellement en rage et déçu que Manu fut presque prit de panique. C’était
tellement immature ce qu’il venait de faire, Manu voulait s’enfoncer dans un trou pour ne plus se montrer, trop honteux. Et puis, tout cela devait lui rappeler certaines choses dont il n’avait
certainement pas envie de se souvenir… :
- Tu es complètement inconscient !!! Tu es totalement fou !!! Ca ne va pas aller si tu fais ça, j’avais confiance en toi Emmanuel !
« J’avais »… Cela voulait dire qu’il n’avait plus confiance en lui. Il avait tellement raison. Manu n’était qu’un gamin qui ne savait pas réfléchir, préférant suivre ses pulsions que de prendre
la peine de rester calme. Il le fuyait du regard, encore plus en rage contre lui-même. Pourquoi l’avoir fait sortir de cet orphelinat alors.. Il savait parfaitement comment il était.
Pour que Manu accepte, Cyril avait préféré lui mentir, chose qu’il haïssait par-dessus tout. Cyril lui redressa alors la tête et Manu fit passer tout ce dont il n’arrivait à parler par le regard,
voyant bien que Cyril perdait son assurance :
- Tu me parles de confiance ? Toi ? Confiance ? Toi qui me mens le premier !
- Te mentir ?
- Ne fais pas l’innocent Cyril.
Ne voulant pas lui sauter dessus, Manu préféra se concentrer pour se calmer et posta sa main sur ses tempes, furieux qu’il ne sache même pas de quoi il parlait. Sa tête lui lançait d’énervement
et parce que l’alcool faisait un effet monstre. Mais alors qu’il sentait qu’il allait pouvoir s’expliquer au lieu de hurler, il entendit Cyril déclarer :
- Je peux savoir ce que tu es aller t’imaginer ! Je ne t’ai jamais menti. Je ne ferais jamais une telle chose.
Cyril était persuadé qu’il ne mentait sur rien du tout et c’en était ridicule. Manu ne put s’empêcher de rire de Cyril, l’alcool lui faisant faire des choses qu’il n’aurait même pas idée en étant
sobre. Il savait très bien que Cyril allait être choqué mais à ce point, pas au point que Manu reçut une gifle à laquelle il ne s’attendait absolument pas. La douleur que cela produisait n’était
rien à côté de celle qu’il ressentait tout à coup en lui. S’il y avait bien une chose qu’il jugeait d’impossible à faire venant de Cyril, c’était bien de le frapper. Même s’il l’avait déjà fait,
même s’il comptait à présent le refaire, il ne pensait pas que tout cela irait aussi loin.
Pris de haine contre lui cette fois, il se jeta sur Cyril et ils tombèrent tous les deux à terre, Manu prenant directement le dessus en lui envoyant son poing dans la figure, les larmes aux bords
des yeux. Fou de rage de le voir en plus encaisser le coup sans rien dire, Manu l’empoigna et lui hurla dessus :
- Tu me dégoûtes, tu es écœurant. Toute cette hypocrisie, ces bons sentiments, cette apparence d’homme parfait. Un boulot de surveillant hein
? Pourquoi tu m’as menti ? Il y a d’autres choses que tu me caches ? Tu as intérêt à me les dire tout de suite !
Il ne se rendit compte qu’à ce moment que le fait que Cyril l’ait frappé et lui ait menti lui avait fait un mal insupportable. Ce n’était pas bien grave le mensonge qu’il avait inventé, mais
c’était justement cette image qu’il donnait de lui de l’amant parfait sous tous les rapports, cette image devenue fausse lui faisait réellement mal. Il refusait que l’image qu’il avait de Cyril
change. Il avait envie d’aimer Cyril, mais comment faire quand il savait qu’à chaque instant, ce genre d’évènement pouvaient l’en empêcher ? Déjà horriblement mal dans sa peau, il entendit encore
à une chose qu’il croyait n’avoir jamais à entendre de Cyril :
- Si tu réagis comme cela juste parce que tu sais le métier que je fais, je pense que tu comprendre pourquoi je ne te l’ai pas dit. Tu ne te
rends pas compte de ce qui aurait pu se passer. La directrice est venue cette après-midi, j’ai du te couvrir. J’ai pensé que.. J’ai… Alors que tu étais juste en train de faire ta crise. C’est toi
qui me dégoute Manu !
La dernière phrase aurait suffit pour lui briser le cœur. En seulement quelques mots, Cyril avait réussi à lui donner envie de vomir et de pleurer. Il avait tellement de colère en lui, il sentait
son corps entier lui ordonner de se lâcher. L’appeler Manu voulait de nouveau dire que Cyril prenait une distance comme avec tout le monde. Alors que Manu avait fait l’effort de lui demander de
l’appeler par son prénom, l’adulte l’écrasait complètement et lui crachait presque à la figure. Et le fait que Cyril soit dégouté de Manu était pire que tout… Cela voulait dire qu’il allait
l’abandonner ? Ce fut en se posant toutes ces questions inquiétantes qu’il continua à frapper Cyril, n’ayant que cette façon-là pour s’exprimer. Comment se faisait-il que Cyril puisse dire et
faire ce genre de choses par amour ? L’amour était une chose si cruelle ? Si c’était cela, il n’en voulait pas de son amour et il ne voulait surtout pas apprendre ce que c’était :
- Je rêve ou tu me reproches de faire tout cela pour moi ? Je ne t’ai jamais rien demandé !!! Je ne t’ai jamais demandé de me sauver. Sans
toi ma vie serait terminée depuis longtemps et je n’aurais pas eu à vivre ce que j’ai vécu. Je me demande pourquoi tu t’obstines à m’aider ! Tu n’as pas encore compris, je ne veux pas de ton aide
et encore moins de tes sentiments !
- Tu me reproches de t’ai… Comment peux-tu me dire cela sachant ce que j’éprouve pour toi.
Il ne sentit même pas que ses larmes coulaient de rage et de tristesse, trop perdu pour savoir ce qu’il devait faire à présent. Il avait tellement envie de demander à Cyril tout à coup qu’il lui
dise qu’il l’aimait et qu’il ne l’abandonnerait pas. Tout ce qu’il disait était faux. Il avait besoin de son amour, il avait besoin de son aide pour continuer à vivre. Il le vit essuyer un peu de
sang qui perlait sur sa joue et finit par le refrapper une dernière fois sur le torse, plus d’épuisement que de colère, pour rajouter, complètement abattu :
- Pourquoi tu fais tout ça pour moi Cyril ? Pourquoi ? Tu as tout laissé tomber pour quelqu’un comme moi. Ce n’est pas de l’amour, c’est de
la folie. Je ne comprends pas… Comment peux-tu faire une telle chose par amour… Tu…
- Tu n’aurais pas fais la même chose pour moi ? demanda-t-il pour la seconde fois.
S’il n’avait pas répondu la première fois, qu’allait-il répondre la deuxième fois ? « Bien sur ».. ? Faire un acte d’amour, Manu en était incapable puisqu’il ne savait décrire aucun de ses
sentiments. Cyril ne comprenait absolument rien, il était parfois têtu comme une mule. Il n’essayait même pas de comprendre pourquoi, il croyait que Manu le considérait juste comme une solution
provisoire le temps de partir seul… S’il allait à croire ça un jour, il était sur que Manu allait partir dès qu’il le pouvait. Si un jour il entendait des paroles aussi blessantes et si peu
révélatrices d’amour, il allait le quitter à jamais. Manu préféra détourner le regard pour ne pas à avoir à supporter un regard si déçu et triste. Le Cyril rajouta finalement, cassant le silence
insupportable :
- Tu n’as pas à répondre, je suis désolé, je n’aurais pas du te demander cela, je connais déjà ta réponse…
Voir ses larmes était particulièrement pénible. Il prenait ce silence comme une totale absence d’amour de Manu, mais faire quelque chose qu’il ne savait pas faire était impossible pour qui que ce
soit, que l’on veuille ou non. Il resta ainsi quelques secondes et finit par décider de lui montrer d’une autre façon. Son corps répondait toujours à la place des mots de Manu. Il lui tira le
menton pour qu’il lui fasse face et s’approcha lentement de ses lèvres. Même quand il pleurait, Cyril restait magnifique. Il donnait envie de faire l’amour à chaque instant et c’est ce que Manu
comptait faire. Il savait parfaitement que l’alcool jouait un grand rôle dans ce qu’il comptait faire, mais l’intention venait du plus profond de son être. Les lèvres humides de Cyril lui
donnèrent immédiatement envie d’aller beaucoup plus loin. Tout ce que l’alcool lui permettait de faire, c’était d’être entreprenant. Sa langue chercha une réponse de la part de Cyril qui craqua
bien vite, sachant très bien qu’il était loin d’être indifférent à Manu. Il jouait avec ça…
Cyril y répondit étonnement vite. Il s’attendait à devoir presque à le forcer au départ pour qu’il accepte de se laisser aller mais il sentit la réponse de Cyril par façon d’embrasser Manu qui le
rendait fou, un désir de passion les consumait totalement. Il essaya de plier Cyril au fait qu’il n’avait que cette solution de communication, il l’obligeait à l’accepter en tentant de le faire
ployer sous sa force. Il resta au dessus de lui un long moment et profita de passer ses mains sous son pull pour l’exciter davantage. Il faisait exprès de réfléchir chaque mouvements, d’y ajouter
une sensualité et un érotisme impossible à refuser. Bien que l’alcool le rendait plus sur, il ne pouvait s’empêcher tout de même d’avoir un refus de Cyril. Si cela arrivait, il n’aurait aucune
réponse à lui donner et devrait juste se taire. Il sentit bien vite les mains de son amant se poser sur sa nuque pour approfondir un peu plus le baiser qui se faisait déjà extrêmement gourmand.
Il sentit ses mains descendre ensuite le long de tout son dos et s’arrêter au creux de ses reins pour finalement acheter le trajet sur ses hanches à même la peau. Manu sentit peu à peu l’érection
de Cyril se former, étant encore plus excité de sentir cette boule entre ses jambes, n’en pouvant alors plus de désir. Le baiser devenant bien trop insistant et irrespirable, Manu y mit fin et
s’arrêta à quelques centimètres des lèvres de Cyril pour recommencer son manège dans son cou, prenant la peine de bien se coller à lui pour s’exciter tous les deux. Les mains de Cyril montèrent
peu à peu, des frissons lui parcourant toute la colonne dès que ses doigts lui glissaient sur le dos. Il était totalement avachi sur lui et continuait à l’embrasser en collant son intimité le
plus contre celle de Cyril jusqu’à ce que, ne s’y attendant pas du tout, Cyril poussa Manu violemment quand ses mains descendirent peu à peu vers son pantalon. Il se recula de lui à quelques
dizaines de centimètres, laissant Manu étonné et perplexe.
Seulement, trop excité pour prêter attention à ce que Cyril commençait à dire, il préféra lui mettre un doigt sur la bouche pour qu’il se taise et se releva. Coucher avec par terre n’était pas ce
qu’il y avait de mieux, et il préféra donc se diriger vers sa chambre, où il s’arrêta à l’entrée pour enlever son sous-pull et le jeta sur le sol pour bien faire comprendre à Cyril qu’il ne
comptait pas s’arrêter là. Il ouvrit enfin son pantalon et fit bien attention à le laisser tomber d’une façon assez sensuelle pour ne pas faire hésiter Cyril à le rejoindre, prenant bien la peine
de laisser son boxer pour laisser Cyril le lui enlever lui-même. Il enleva ses chaussettes et pris enfin une pose lascive. Prenant bien le temps d’exciter Cyril au maximum, il attendit quelques
secondes avant de tourner la tête vers Cyril et lui lança un regard plein d’invitation et d’envie. Il entra dans sa chambre, laissant la porte grande ouverte et alla se coucher rapidement dans
son lit, réfléchissant le plus vite possible à une pose qui pourrait bien lui donner encore plus envie de le rejoindre dans le lit. C’est avec tout de même une boule au ventre qu’il vit arriver
Cyril au pas de course, se déshabillant en même temps pour ne pas perdre une minute de plus. La porte se ferma, laissant dans la pièce une tension sexuelle insupportable. Il fallait qu’il se
passe quelque chose et vite. Manu n’en pouvait plus, son érection lui faisait presque mal sous ce tissu superflu. Voir le corps de Cyril être découvert de plus en plus était un véritable supplice
même s’il allait rapidement. L’excitation fut insupportable quand il vit le sexe en érection, son être en pleine chaleur lui hurlait de se faire prendre sur le champ, n’en pouvant plus. Après
seulement quelques secondes, Cyril rejoignit enfin Manu en se mettant à quatre pattes au dessus de lui, le jeune se positionnant sur le dos, s’offrant à lui une fois de plus en écartant les
cuisses et attendant qu’il prenne les devants. Mais apparemment, Cyril préféra jouer un moment avec la frustration de Manu. Dès que ce dernier approchait son visage pour l’embrasser, Cyril
reculait et prenait un malin plaisir à le refaire à chaque tentative de Manu. Il finit par abandonner, extrêmement frustré de ne pas recevoir un baiser langoureux. A la limite de l’agacement, il
sentit à peine un léger baiser se poser sur ses lèvres mais oublia vite en sentant alors un léger coup de langue rien que pour l’exciter davantage. Manu crut exploser, ses joues brulaient
tellement la chaleur de son corps ne cessait d’augmenter. Son corps s’arqua légèrement en sentant ensuite un trajet direct vers son intimité par les lèvres de Cyril. D’une main, il s’amusait à
lui caresser un mamelon qui était durci depuis déjà un moment et bien vite, il la quitta de son torse pour pouvoir lui ôter son boxer.
Cyril était complètement fou. Il jouait avec Manu au point qu’il ne savait plus du tout quoi faire pour assouvir un minimum son excitation et ses désirs. Son amant prenait un plaisir dingue à
effleurer le sexe de Manu pendant un moment, ne sachant plus retenir un gémissement. Mais apparemment le bruit lui ayant fait de l’effet, Cyril releva la tête après avoir regarder un moment le
sexe de Manu. Il porta ensuite deux doigts à sa bouche, et dans un geste mimétique de ce qu’il allait faire juste après, il les humidifia. Manu crut qu’il allait mourir, il n’aurait jamais su
décrire ce qu’il avait ressenti à ce moment-là. Il n’y avait même plus de mot assez puissant pour faire comprendre à quel point l’excitation était montée en flèche. Rien que de le voir faire ce
geste, ses yeux provocateurs et sa bouche attirante, Manu aurait pu déjà jouir.
C’est encore plus chaud qu’il ressentit un plaisir qu’il n’avait encore jamais reçu. Sentir pour la deuxième fois la langue de Cyril sur son sexe était déjà une chose, mais sentir son doigt
s’enfoncer en lui en même temps était le summum du plaisir. Il dut presque se concentrer pour ne pas déjà jouir tellement ces sensations inconnues étaient horriblement excitantes. Se retenir de
gémir aurait été impossible dans un moment pareil et il ne se retint pas de crier quand il le voulait, dès que la bouche de Cyril se resserrait un peu ou que son doigt s’enfonçait totalement en
lui.
Attention, ceci n'est pas le début du chapitre, mais la partie 02
Manu passa sa main dans les cheveux de Cyril et se cambra légèrement lorsque Cyril le caressa de la main intensément.
Manu tentait de respirer comme il le pouvait, et gémissait maintenant sans retenue aucune.
Mais il ne suffit que de sentir la main de Cyril à nouveau posée sur son sexe pour ressentir une vague de chaleur l’envahir, le regard de son amant posé sur lui donnait l’impression d’être
important. Manu passa sa main dans les cheveux de Cyril et se cambra légèrement en sentant la main de Cyril le caresser intensément. Cyril mit deux doigts en bouche afin de les humidifier de
manière plus que provocatrice. Plus que tout , il voulait exciter Manu tout autant que lui l’était. Très vite, leur bouches se retrouvèrent et leur langues se cherchèrent un instant avant que
Cyril ne réponde vraiment à ce baiser de manière plus que passionnée, remarquant bien tous le deux qu’il était excité comme jamais.
Finalement, le jeune lâcha ses lèvres et lui fit comprendre par son regard qu’il était temps d’y aller. Manu ferma les
yeux. Cyril ne s’y fit pas attendre, étant déjà presque à bout. C’est avec une grande maîtrise de lui qu’il ne le prenait pas sur le champ. Même s’il s’était montré patient, cela ne voulait pas
dire qu’il n’avait aucune limite.
Lentement, il enfonça un doigt en lui, provoquant chez l’adolescent un gémissement assez bruyant. Entendre Manu gémir, lui faisait toujours le même effet et l’excitait encore plus qu’il ne
l’était déjà. Il avait terriblement chaud et admirer le corps de Manu offert à lui ne faisait que l’impatienter un peu plus. Il enfonça un deuxième doigt en lui et entama des vas et viens plus
profonds. Il continuait à préparer Manu et le regardait pendant qu’il lui embrassait le torse. Le voir excité et gémir ainsi était sans doute ce que Cyril préférait. Sans cesser à quelque instant
d’admirer son corps avec insistance, il sentait que peu à peu Manu se laissait aller. Il continua cette préparation encore de longues minutes, jusqu’à retirer ses doigts et se redresser
légèrement vers le visage de Manu. Sentant son propre cœur faire écho à celui de Manu, il lui murmura tout en lui embrassant le menton et descendant sur la pomme
d’Adam :
- Je peux y aller ?
Manu, semblant bien sentir son manège, sourit et lui répondit après de longues secondes :
- Je t’attends.
Cette invitation était trop belle, et comment y résister. Il eut tout de même une légère appréhension de mal faire, ou de ne pas satisfaire Manu, mais son excitation et son désir brûlant pour
l’adolescent lui firent bien vite perdre la tête et oublier sa raison. Se laisser aller, c’était l’unique chose à faire. En accomplissant cet acte, il se libérer une fois pour toute de l’emprise
qu’avait son père sur lui. Les yeux brillant d’envie, il souleva légèrement le bassin de Manu, prenant son sexe en main pour le positionner devant la cavité de Manu. Celui-ci gémit lentement,
Cyril prenant un malin plaisir à le caresser, voulant attendre le dernier moment. Manu supplia presque Cyril d’y aller, trop impatient et émit un cri de douleur lorsque l’adulte s’enfonça en lui.
L’intensité du plaisir que Cyril ressentit était tel qu’il faillit s’évanouir d’extase. Malgré le bien être qu’il ressentait, il ne pouvait rester insensible à la
douleur que semblait éprouver Manu, il voyait parfaitement ses mains se crisper sur les draps et une larme couler le long de sa tempe. Mais à aucun moment, l’adolescent lui demanda de se retirer.
Le plaisir de se retrouver dans cet endroit chaud et humide provoquait mille sensations différentes en Cyril. Heureux de faire cela pour la première fois avec Manu, heureux d’être à ses côtés,
heureux d’être seul dans cette pièce avec lui et de marcher un petit bout de chemin de vie avec lui, heureux de l’aider à retrouver le bonheur, heureux de l’ouvrir au monde et à l’amour, heureux
de l’aimer, heureux de ce qu’il venait de lui offrir, heureux d’entrer à chaque seconde un peu plus profondément en son amant, heureux de ce sentiment de plénitude qui s’imposait à lui,
heureux…tout simplement heureux.
Cependant, Cyril avait beaucoup de mal à se retenir de jouir. Etait-ce dû au manque de pratique durant toutes ses années, ou au fait d’avoir attendu aussi longtemps ce soir-là, où au bonheur de
l’avoir enfin fait ? Toujours était-il que Cyril était au bord de la jouissance et avait de plus en plus de mal à se retenir. Il lui murmura quand il était bien enfoncé en lui qu’il allait
bouger lentement, sachant maintenant très bien tous les deux que cela n’allait pas durer longtemps, vu le plaisir que Cyril ne savait même plus cacher. Il s’était accouder à l’aide de son bras
droit au dessus de l’épaule de Manu et bougeait lentement tout en essayant de redonner à Manu le plaisir et l’excitation. Malheureusement, il fallut de longues minutes pour que Manu semble se
mettre à ressentir une once de plaisir à avoir Cyril en lui, et au moment où Manu commençait enfin à gémir de plaisir et non de douleur, Cyril craqua et déversa sa semence en Manu. Il avait fait
tout on possible et avait donné son maximum, déçut de n’avoir pu jouir avec Manu, il se reprit légèrement après avoir crié de plaisir et releva la tête vers Manu :
- Je suis désolé, je n’aurais pas pu me retenir une seconde plus !
- C’est pas grave ! dit Manu en se retenant de gémir, le sexe de Cyril étant toujours en lui. Mais continues, je t’en supplie, continue !
A peine eut-il terminé sa phrase que Cyril reprit ses coups de rein cette fois plus intensifs. L’excitation qu’ils
pouvaient ressentir monta en flèche. Manu ondulait du bassin pour qu’ils approfondissent leur acte, n’en pouvant tous deux plus de chaleur. Leur gémissement se faisait insistant, et leur corps se
collaient l’un contre l’autre, légèrement collants par la transpiration. Manu serrait de plus en plus ses jambes autour de Cyril, empoignant son coussin tout en criant à chaque coup de rein.
Cyril non plus ne se retenait pas de gémir et leurs gémissements se faisant échos le rendait fou… Le sexe durci de Cyril faisait maintenant des vas et viens parfait, Manu étant humidifié comme il
le fallait pas la semence de son amant. Leur langues se communiquaient toute l’envie, l’impatience et le désir de l’autre. L’envie de Manu était si forte que Cyril se découvrait de toute nouvelle
force. Voir Manu prendre plaisir à être possédé ainsi, lui donnait une toute nouvelle vigueur.
Ils jouirent cette fois ensemble, Manu ne sachant plus se retenir et Cyril le suivant dans un cri, le front posé sur son torse.
Le couple resta dans cette position un moment, Manu avait entouré ses bras autour de Cyril qui reprenait son souffle lentement. Le jeune lui retira finalement ses cheveux du front, mouillés par
la transpiration de leur acte, jusqu’à ce que Cyril relève la tête et regarda Manu étrangement. Avec tout l’amour qu’il lui portait, il contemplait le visage de son amant. Il n’aurait su décrire
cette douce chaleur qui envahissait son cœur. La confiance que Manu lui avait offerte représentait tellement pour lui. Il aurait pu passer des heures à l’admirer ainsi, mais c’est la fatigue qui
le força à se retirer de l’emprise de Manu. Celui-ci se coucha sur le côté pour s’endormir, et Cyril l’entoura de ses bras protecteurs, ne voulant pas rompre leur contact si cher à ses yeux.
Alors qu’il commençait à fermer ses yeux à son tour, il entendit la voix de Manu s’élever dans le silence qui régnait dans la pièce :
- Cyril, je peux te demander un service…
- Mmh… bien sur.
- S’il te plait, à présent, oublie mon surnom et… appelle-moi Emmanuel.
Cyril ne sut décrire la joie qui l’envahie. S’il lui permettait de l’appeler Emmanuel, cela voulait dire beaucoup. Jusqu’à maintenant, il n’avait jamais vu personne avoir le droit de l’appeler
ainsi. Cyril l’avait fait au départ pour tester l’adolescent et avait vite comprit que cela était trop intime pour continuer. Que Manu lui permette, et même lui demande de l’appeler Emmanuel,
c’était en quelque sorte pour lui une déclaration d’amour détournée. Du moins, c’était comme cela qu’il l’interprétait. Alors, pour ne pas laisser Emmanuel dans le silence qui maintenant régnait,
il colla se redressa légèrement, déposa un baiser papillon sur sa joue, puis un autre sur le coin de ses lèvres, avant de se recoucher tout contre lui et de lui murmurer au passage à
l’oreille :
- Je t’aime Emmanuel…
Et ainsi que tous deux finirent par rejoindre les limbes du sommeil, enveloppés du doux sentiment que l’on appelle "bonheur"…
Le lendemain était un lundi et comme tout les lundi désormais, Cyril devait se rendre à son travail. Son travail était un sujet qu’il avait volontairement omis d’aborder avec Manu, sachant que
jamais celui-ci n’accepterait son travail de plongeur et de serveur. C’est pourquoi lorsque dans le dimanche après-midi, Manu lui avait demandé quel travail il faisait maintenant, il lui avait
mentit. Il lui avait répondu qu’il était surveillant dans un collège et que comme cela, dans un moindre mesure, il continuait à faire ce qu’il avait toujours faire : s’occuper des enfants.
Il avait rapidement changé de sujet, ne souhaitant pas s’appesantir sur le mensonge qu’il venait de lui dire.
Lorsque très tôt le matin son réveil sonna, il se réveilla en sursaut et l’arrêta le plus rapidement possible. La nuit avait été assez courte et Manu semblait heureusement ne pas s’être réveillé.
Après un sourire à la vue de la beauté du visage endormi de son amant, il déposa un délicat baiser sur ses lèvres. Il se leva, attrapa rapidement dans le placard ses vêtements pour le boulot et
des vêtements de rechange pour rentrer le soir. S’il voulait faire croire à Manu qu’il allait travailler dans un collège, rentrer avec des vêtements imprégnés de l’odeur de nourriture ne
passerait pas.
Il sortit sur la pointe des pieds de la chambre, laissa Manu toujours endormis. Avec délicatesse, il referma la porte et alla prendre une douche dans la salle de bain. Après être propre et à peu
près présentable pour le travail, il avala en vitesse un café et griffonna sur une feuille volante un petit mot à l’égard de Manu, lui disant qu’il rentrerait assez tard, qu’il lui laissait de
l’argent pour le repas et qu’il pouvait faire ce dont il avait envie. Manu ne reprendrait l’école que la semaine prochaine et Cyril regrettait de devoir attendre le week-end pour réellement
passer du temps avec lui. Mais c’était le prix à payer pour leur bonheur et Cyril était largement prêt à le faire.
Il quitta l’appartement et se rendit à son travail à contrecœur. Il aurait aimé passer cette journée avec Manu et non avec des gens qu’il ne connaissait pas.
La journée lui parut interminable et surtout épuisante. Seul Manu occupait ses pensées et les souvenirs de la veille lui donnaient parfois très chaud. Cependant, il parvint à rester concentrer et
à ne pas faire n’importe quoi dans son travail. Lorsque vers dix heure du soir il put enfin partir, il se rendit dans le petit vestiaire et se changea, mettant ses vêtements sales dans un sac,
qu’il laissa dans son casier ce soir là.
Une fois sortit, il parcourut à pied les quelques rues qui le séparaient de leur chez-soi. Penser que pendant un certain
temps, tous les soirs il allait pouvoir retrouver celui qu’il aimait lui embaumait le cœur d’une douce chaleur.
Lorsqu’il entra, il vit que Manu était en train de regarder la télévision allongé sur le canapé. A l’entente de son arrivée, il avait tourné la tête lui faisait un sourire radieux, semblant
content de le revoir. Cyril s’approcha et lui déposa un léger baiser sur les lèvres avant de lui demander s’il avait passé une bonne journée. Manu acquiesça. Après quelques paroles échangées,
Cyril lui demanda s’il avait mangé et Manu lui répondit qu’il l’avait attendu. Cyril sourit lui répondant qu’il n’aurait pas dû. Il lui demanda s’il pouvait mettre la table pendant qu’il prenait
sa douche.
Après s’être prit une douche bien chaude, Cyril fut prit de somnolence. En serviette il traversa le salon sous le regard amusé de Manu. Rapidement il enfila un boxer puis un bas de pyjama et un
t-shirt. N’en pouvant plus, il s’étendit sur le lit ayant besoin de s’allonger un moment.
Cyril ferma les yeux un instant sentant ses paupières s’alourdirent de plus en plus. Envahi
d’une fatigue infinie qui faisait ployer sa volonté de rester éveillé, Cyril sombra en à peine quelques seconde dans un sommeil lourd et profond : un sommeil sans rêves, sans vraiment en
avoir conscience. Alors qu’il avait seulement souhaité se coucher quelques minutes, il s’était couché pour de longues heure, pour toute la nuit, laissant Manu l’attendre dans la cuisine.
Il ne sentit même pas la couverture que Manu tira bien plus tard sur lui afin de les couvrir. Il ne réalisa pas non plus le corps chaud de Manu réclamer l’étreinte de ses bras, se collant tout
contre lui. Seule une impression de bien être l’envahi dans ses rêve à ce moment là.
La seule chose qui le tira de son sommeil fut son réveil programmé pour sonner chaque matin à l’aube. Il se réveilla en sursaut avant d’appuyer assez violemment sur le bouton stop, tentant en
même temps de se remémorer les événements de la veille. Il ne mit pas longtemps avant de réaliser qu’il avait abandonné Manu hier soir. Le voyant une fois de plus endormi, il répéta la même chose
que la veille, prenant soin de s’excuser dans un petit mot adressé à Manu, lui promettant à la fin de celui-ci, qu’il tenterait de rentrer plus tôt pour se rattraper de la veille.
A peine sortit de leur chez eux, Cyril scruta le soleil en train de se lever, masqué par les nuages. La journée allait être pluvieuse et maussade. Son seul véritable rayon de soleil serait son
retour ce soir à la maison.
Sa journée se passa comme la précédente à l’exception qu’au milieu de l’après midi ; il se mit à pleuvoir et le patron lui demanda de rapidement rentrer les tables et les chaises. Il
s’exécuta rapidement, évitant de se tremper plus que nécessaire. Il réussit ce soir là, à quitter son travail deux heure plus tôt. A peine fut-il dans la rue que son portable se mit à sonner.
- Allo ?
- Cyril ?!! Ah je vous ai enfin, déclara la directrice.
- Désolé, je travaillais, un problème ?
- Manu est avec vous ? J’ai attendu pendant deux heures devant votre porte, mais personne n’est venu m’ouvrir. Je suis en train de rentrer, je repasserais demain.
- Je…
Cyril sentit qu’il était en train de se passer quelque chose. C’est pourquoi , rapidement il inventa un mensonge.
- Oui, il est avec moi. Il s’ennuyait un peu alors il est venu me voir au restaurant.
- Très bien. Je n’ai pas le temps de lui parler, mais transmettez lui mes salutations. J’espère que tout se passe bien, je tenterai de prévenir avant ma prochaine visite. Bonne soirée.
- Je suis vraiment désolé, bonne soirée à vous aussi.
La directrice raccrocha après un dernier échange de politesse. Cyril tenta de remettre de l’ordre dans ses pensées qui commençaient à s’emballer : où était Manu ?
Avant toute chose, avant de paniquer inutilement, Cyril allait rentrer chez eux. Le peu de rues qui le séparait de chez lui, lui semblait être interminable. Il rentra au pas de course, mais
pourtant arrivé devant la porte, il hésita. Il avait soudain peur, peur de découvrir Manu étendu dans la baignoire les veine ouvertes, baignant dans son propre sang, peur de le voir étendu sur le
lit inerte avec un paquet de cachet vide dans sa main.
Après tout, il l’avait bien fait deux fois, il pouvait tout à fait recommencer. Mais qu’il commette un autre suicide maintenant était pour lui presque improbable. Il savait au plus profond de lui
que Manu était toujours vivant et que ce n’était pas son heure et c’est pourquoi tout de même terrifié de ce qu’il allait pouvoir découvrir, il ouvrit la porte et pénétra dans leur maison.
Cyril vérifia tout l’appartement, chaque nouvelle pièce étant pour lui un véritable calvaire. Il s’imaginait à chaque fois une scène de suicide possible différente. Mais rien… L’appartement était
désespérément vide. Où était Manu et pourquoi ne se trouvait-il pas chez eux ? Cyril commençait à réellement paniquer. Et s’il ne revenait pas ? Pourquoi était-il partit ? Lui en
voulait-il pour la veille ? Une fugue était vraiment la dernière des choses à laquelle Cyril s’attendait de la part de Manu.
Cyril tenta de s’asseoir sur le canapé mais n’y resta pas plus d’une seconde. Terriblement anxieux et angoissé, il ne savait plus que penser ni que faire. Les heures défilaient et Manu n’était
toujours pas là. Cyril avait l’impression de devenir fou, de vivre un rêve, hors de la réalité. Ce n’était pas possible ? Pourquoi ? Pourquoi tout de suite ? Pourquoi
maintenant ? A bout de nerf, Cyril était pourtant épuisé, mais rien, pas même le plus puissant somnifère n’aurait pu le faire s’endormir. Cyril n’arrivait lui-même pas vraiment à réaliser ce
qu’il se passait. Manu qui il y a à peine deux jours, partageait son lit et lui offrait le privilège de l’appeler Emmanuel, venait de fuir leur appartement.
Mort d’inquiétude, il crut que son cœur allait lâcher quand à deux heure du matin, il entendit la clef tourner dans la serrure.
Cyril ne perdit pas une minute et se rua vers la porte. Manu se tenait là devant lui, titubant et se maintenant adossé à l’entrée, semblant avoir du mal à garder l’équilibre. Dès qu’il vit qu’il
allait bien, qu’il était en vie, Cyril éclata, et ses nerf lâchèrent. Toute la pression qui était montée au fur et à mesure lâcha d’un coup et il ne put que tomber sur Manu.
- Je peux savoir ce qui t’a pris ! hurla Cyril d’une voix emplie de rage, de colère et d’angoisse contenue depuis trop longtemps. Tu crois que c’est une heure pour rentrer ?
Cyril s’écarta un peu du mur, planta un instant ses yeux dans les siens avant d’avancer vers lui, le poussant pour entrer dans le salon. Cyril se laissa faire sur le coup, offusqué et choqué par
une telle attitude. Se moquait-il vraiment de lui ? Révélait-il sa vrai nature ? Il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Furieux Cyril ne mit pas longtemps avant de partir à la suite
de Manu qui déjà était à l’entrée de sa chambre. Arrivé juste derrière lui, Cyril reprit :
- Tu ne crois quand même pas que tu vas t’en tirer comme ça en t’enfermant dans ta chambre ?
Devant l’absence de réaction de Manu qui était immobile devant la porte de sa chambre encore close, Cyril posa une main sur son épaule afin de le retourner, voulant qu’il lui fasse face.
Manu se retourna violemment, et sembla vaciller car il s’adossa contre le mur, semblant vouloir se maintenir debout. Ce n’est que quand Manu soupira que Cyril comprit et surtout sentit :
Manu était ivre. C’était cela qui l’avait choqué dans son regard lorsqu’il l’avait vu à l’entrée. C’était pour cela qu’il l’avait du mal à se maintenir debout. Cela ne
fit que rajouter de la colère envers lui. Alors qu’il s’était imaginé le pire, Manu avait juste fugué et était allé boire plus que de raison. Cette odeur si particulière de l’alcool que Cyril
avait si souvent sentit quand son père se penchait sur lui, soufflant son haleine sous l’effort que lui demandaient les coups de reins.
- Tu est complètement inconscient !!! Tu es totalement fou !!! Ca ne va pas aller si tu fais cela, j’avais confiance en toi Emmanuel !
Cyril vit que Manu le fuyait du regard, ne supportant pas cela, il lui redressa la tête, le forçant à le regarder dans les yeux. Il ne pu cacher un tressaillement lorsqu’il vit la haine profonde
que reflétait le regard de son amant.
- Tu me parles de confiance ? dit très agressivement Manu d’une voix que Cyril n’avait jamais entendu. Toi ? Confiance ? Toi qui me ment le premier !
- Te mentir ?
- Ne fais pas l’innocent Cyril.
Manu porta sa main à ses tempes semblant tenter de garder son sang froid.
- Je peux savoir ce que tu es aller t’imaginer. Je ne t’ai jamais menti. Je ne ferais jamais une telle chose.
Manu se mit à rire, se foutant ouvertement de la gueule de Cyril, un rire qui blessa l’adulte plus que de raison et qui
perdit tout contrôle de lui même. Il fit ce que jamais il n’aurait cru faire un jour, sa main s’éleva dans l’air pour atterrir violemment sur la joue de Manu qui rougit immédiatement sous la
puissance du choc. C’était partit tout seul, c’était la goutte qui faisait débordé le vase. Seulement, cela fut le facteur déclenchant de la colère de Manu, fou de
rage, il se jeta sur lui, l’entraînant sans sa chute et une fois assis au dessus du corps de Cyril ayant atterri lourdement sur le sol, il lui envoya son poing dans la figure. Cyril ferma les
yeux. Il l’avait cherché. Le coup était plus que douloureux, et sa tête commençait à le lancer. Après le coup, Manu déversa sa rage par les mots, se laissant aller à dire ce qu’il
pensait :
- Tu me dégoûtes, tu es écœurant. Toute cette hypocrisie, ces bons sentiments, cet apparence d’homme parfait. Un boulot de surveillant hein ? Pourquoi tu m’as menti ? Il y a t’il
d’autres choses que tu me caches ? Tu as intérêt à me les dire tout de suite !
Manu hurlait tel un fou furieux. Si Cyril n’en montra rien, en cet instant, il était terrifié. La cause première n’était pas le souvenir de son passé, mais la peur de la violence qui émanait de
Manu. Jamais il ne l’avait vu ainsi, jamais Cyril n’en était aller jusqu’à craindre pour sa vie. Ne voulant pas se laisser démonter et surtout pas laisser apparaître sa peur, il répondit assez
rapidement :
- Si tu réagis comme cela juste parce que tu sais le métier que je fais, je pense que tu peux comprendre pourquoi je ne te l’ai pas dit. Tu ne te rends pas compte de ce qui aurait pu se passer.
La directrice est venue cet après-midi, j’ai du te couvrir. J’ai pensé que… J’ai… Alors que tu étais juste en train de faire ta crise. C’est toi qui me dégoûte Manu !
Cyril avait volontairement choisit de l’appeler Manu. Pourquoi répondre à sa requête de l’appeler Emmanuel alors qu’il était loin de le mériter. Il vit le poing de Manu s’élever dans les airs
cette fois-ci plusieurs coups pleuvaient sur lui. Cyril ne parvenait pas à se défendre, non pas parce qu’il n’en était pas capable, mais parce qu’il lui était impossible de répondre au coup de
celui qu’il aimait. Car même malgré ses paroles, Cyril aimait Manu. C’était d’ailleurs pour cela qu’il avait aussi mal.
- Je rêve ou tu me reproches de faire tout cela pour moi ? Je ne t’ai jamais rien demandé !!! Je ne t’ai jamais demandé de me sauver. Sans toi ma vie serait terminée depuis longtemps et
je n’aurais pas eut à vivre ce que j’ai vécu. Je me demande pourquoi tu t’obstines à m’aider ! Tu n’as pas encore comprit, je ne veux pas de ton aide et encore moins de tes
sentiments !
- Tu me reproches de t’ai… Comment peux-tu me dire cela sachant ce que j’éprouve pour toi.
De sa main, il essuya une goutte de sang perlant sur sa joue depuis la commissure de ses lèvres. Les larmes commençaient à poindre dans ses yeux et il ne parvenait pas à les retenir. Manu aussi
pleurait, mais de rage. Les poings de Manu atterrirent une dernière fois moins violemment sur le torse de Cyril qui sera les dents sous la douleur de ce dernier coup.
- Pourquoi tu fais tout ça pour moi Cyril ? Pourquoi ? Tu as tout laissé tombé pour quelqu’un comme moi. Ce n’est pas de l’amour, c’est de la folie. Je ne comprend pas… Comment peut-on
faire un telle chose par amour… Tu …
- Tu n’aurais pas fait la même chose pour moi ?
Cyril regretta sa question à l’instant même où il l’avait posée. Manu détourna le regard. Cyril connaissait la réponse, et cela lui fit mal. Son amour ne semblait pas faire un total écho dans le
cœur de Manu. Aimer quelqu’un, sans que celui-ci réponde à cet amour, c’était se condamner à souffrir de cela. Ne voulant pas mettre mal à l’aise Manu plus qu’il ne semblait l’être en cet
instant, Cyril se rattrapa en ajoutant :
-Tu n’as pas à répondre, je suis désolé, je n’aurais pas du te demander cela, je connais déjà ta réponse…
Il tourna la tête, ne voulant pas montrer directement à Manu les larmes qui coulaient à flots de ses yeux. Il sentit alors une main lui tirer sur le menton, forçant sa tête à reprendre sa place
initiale. Les larmes brouillait sa vue et la silhouette de son amant devenait de plus en plus trouble. Pourtant celle-ci semblait se rapprocher de lui de plus en plus. Le contact de lèvres
humides sur les siennes le fit frémir. Elles avaient le goût étrange de l’alcool, une saveur qu’il s’était forcé depuis son père à ne plus jamais goûter, une odeur qui le terrifiait. La langue de
Manu se fit entreprenante. Cyril lui laissa passer le barrage de ses lèvres. Une question pourtant lui vint à l’esprit avant de s’abandonner à ce ressentit : Manu l’embrassait-il pour ce
qu’il éprouvait pour lui, ou par une vulgaire attirance sur l’emprise de l’alcool. Le goût de son propre sang se mêlait aussi au goût de la boisson. Bien trop vite, le simple baiser, se
transformant en pure désir de l’autres se consumant l’un l’autre par le simple contact de leurs langues. La volonté de satisfaire l’autre n’était plus, non, la volonté de plier l’autre à ses
propres désir de le posséder par ce simple baiser l’avait remplacé. Leur langues s’entrelaçaient avec passion, voulant faire ployer l’autre sous sa force. Manu était
toujours au dessus de Cyril. Ses mains commençaient à se glisser sous ses vêtements, touchant le torse nu de Cyril. Comparé à leur première fois ensemble, Manu semblait totalement différent. Ou
était passé son hésitation, sa crainte de mal faire. L’adolescent qui était au dessus de lui semblait avoir oublié toute peur. Etait-ce encore une fois dû à l’alcool ?
Cyril hésita à tout arrêter, mais la manière si érotique que Manu avait de le toucher et de l’embrasser fit considérablement augmenter son excitation qui le rendit fou de désir et l’empêcha de
faire cesser quoi que ce soit. Et puis de toute façon, comment dire non à la personne pour qui il brûlait de désir à chaque instant, la personne qu’il voulait prendre à chaque instant, la
personne qui occupait nuit et jour ses pensées, la personne qu’il aimait plus que tout. Les mains de Manu devenaient de plus en plus aventureuses, et Cyril ne parvint plus à se maîtriser.
Rapidement, elles se posèrent sur la nuque de Manu, et d’un geste très sensuel, il les fit glisser jusqu’au creux de ses reins avant de glisser sous son sous-pull pour les poser sur ses hanches.
Le contact de cette peau toujours plus chaude sous ses doigts faisait monter son excitation en flèche et déjà une bosse se formait au niveau de son entrejambe. Manu continuait d’embrasser Cyril
et à caresser de ses mains le torse de Cyril passant de ses hanches, s’arrêtant à ses mamelons durcis de plaisirs. Où était passé la légère maladresse et la timidité habituelle de Manu lors de ce
genre d’acte. L’alcool l’avait-il totalement désinhibé. Cyril avait beau avoir mortellement envie de Manu, il ne pouvait s’empêcher d’avoir au plus profond de lui un doute : devait-il
vraiment le faire dans des conditions sans le regretter par la suite. Mais à chaque fois que ce doute se faisait un peu trop fort, Manu trouvait le moyen de le lui faire oublier.
Manu mit fin au baiser, se mettant juste à peine à un centimètre des lèvres de son amant. Le regard qui lui lança fut si sensuel que Cyril crut exploser sous l’excitation. Il remonta ses mains
plus haut, caressant la peau chaude et svelte de Manu, tandis que celui-ci glissait dans son cou jouant de sa langue. A peine l’effleurait-il, que Cyril s’enflammait un peu plus. Pour le moment,
il supportait d’être dominé par Manu, ne l’ayant jamais vu agir ainsi, même si tout deux avaient finalement peu d’expérience ensemble. Mais cette situation commençait à être malgré tout
angoissante pour Cyril. Sans vraiment se l’avouer, tout cela lui remémorait ce qui l’avait toujours terrifié. Avoir au dessus de lui un homme ivre qui l’avait violenté et qui le dominait. Même si
ce que lui faisait Manu n’avait rien de comparable avec ce que lui avait fait son père, tout portait à lui rappeler cela. Les mains de Manu commençaient à s’aventurer beaucoup plus bas, et Cyril
se sentait de plus en plus prisonnier. C’est à ce moment là que comme prit de panique, Cyril le repoussa assez brusquement, se redressant en même temps que Manu. Il se dégagea de son étreinte,
s’éloignant à quelques dizaines de centimètres de lui. Son rythme cardiaque s’était emballé pour une toute autre chose que l’excitation qu’il avait pu ressentir, les traumatismes de son passé
avaient refait surface d’un seul coup et il n’avait pu se contrôler. Coucher avec Manu en prenant les devants était une chose, mais se laisser faire était tout autre. Manu le regardait,
légèrement surprit de la réaction assez violente de l’adulte.
Sortant un peu de son état de torpeur, Cyril voulut ouvrir la bouche pour s’excuser, mais au moment ou il prononça son premier mot, il fut coupé par Manu qui mit un doigt devant sa bouche lui
demandant de ne rien dire. Celui-ci se redressa, et parcourut d’une enjambée le mètre qui le séparait de la porte de sa chambre. Il ouvrit la porte et s’arrêta juste à l’entrée. Là, tournant le
dos à Cyril, il ôta son sous-pull et le jeta nonchalamment sur le sol. D’une manière tout aussi sensuelle, il baissa son pantalon qui atterrir à son tour par terre. Son boxer moulant faisait
parfaitement ressortir la courbe parfaite et plus qu’attirante de ses fesses et Cyril n’y resta pas insensible. Manu ôta alors ses chaussettes, puis s’arrêta subitement de bouger, en prenant un
pose lascive. Après quelques secondes qui parurent des heures à l’adulte, il tourna la tête vers Cyril, qui ne se gênait pas pour se rincer l’œil. Puis après un rapide regard synonyme
d’invitation, il pénétra dans sa chambre, prenant soin de laisser la porte grande ouverte signifiant très clairement qu’il attendait Cyril. Celui-ci, toujours assis sur le sol, regardait
stupéfait la scène qui venait de se dérouler sous ses yeux.
Décidant de ne pas perdre une minute de plus, toute angoisse l’ayant quitté, il se mit debout et alla rejoindre Manu, tout en se déshabillant entièrement à la hâte.
Le lit de Manu était légèrement plus petit que celui de Cyril, et l’adolescent se tenait allongé sur le côté, fixant l’entrée de la porte l’adulte referma derrière lui. Tout comme Cyril, Manu ne
se gêna pas pour détailler le corps nu de son amant et s’arrêter avec un regard envieux sur une partie de son anatomie. Cyril avait carrément l’impression de lire dans ce regard l’envie d’être
pris. Après un léger instant d’hésitation, il s’approcha du lit, et après un regard plus qu’explicite, il vint le rejoindre se déplaçant à quatre pattes au-dessus du corps de Manu qui s’était
allongé sur le dos. L’adolescent s’offrait totalement à lui, le laissant prendre les devant, et Cyril ne se fit pas prier. S’il avait écouté ses pulsions bassement
bestiales, Cyril lui aurait ôté son boxer en un clin d’œil et l’aurait pris à l’instant même. Mais il parvint à se maîtriser un peu. Ne voulant cependant pas éterniser les préliminaires, il
décida de les accélérer un peu et surtout de jouer avec lui. Il baissa la tête juste à quelques centimètres des lèvres de son amant, qui tenta de lever la tête pour rejoindre ses lèvres. Mais
Cyril, ne voulant pas céder tout de suite, et voulant dominer entièrement, s’éloigna un peu, souhaitant par là, l’empêcher d’atteindre son but. Ils firent cela plusieurs fois, jusqu’à ce que
Manu, lassé, cesse toute tentative de baiser. Satisfait, Cyril se contenta de déposer succinctement ses lèvres sur celles de Manu, et après un léger coup de langue, il décida de se déplacer sur
le corps de Manu. Il ne fit pas de détour et par un chemin direct parsemé de baisers, il se rendit au point culminant de l’excitation de l’adolescent. Il titilla, amusé, d’une main un des
mamelons de Manu tandis que l’autre prenait appuis sur le lit pour le maintenir légèrement au dessus de Manu. Arrivé au niveau de son boxer, sa main quitta le torse de Manu et il se redressa un
peu afin de le lui ôter. Il ne mit pas longtemps à le lui enlever, mais il joua d’abord à à peine l’effleurer de sa main, afin de faire augmenter son excitation. Et apparemment, cela fonctionna,
car Manu laissa échapper un petit gémissement. Galvanisé rien que par celui-ci, Cyril décida de passer aux choses un peu plus sérieuses, et comme pour gagner du temps pour la suite, il regarda un
instant le sexe dressé de son amant, avant de relever un peu la tête et de planter ses yeux dans ceux de Manu. Il porta deux doigts à sa bouche, et dans un geste mimétique de ce qu’il allait
faire juste après, il les humidifia. Après un dernier regard plus que provocateur à l’égard de Manu, il reporta toute son attention à la partie de l’anatomie de l’adolescent dont il allait devoir
s’occuper.
Au même moment où sa langue effleura le sexe de Manu, un de ses doigts s’immisça dans l’orifice de Manu, lui procurant ainsi un double ressentit. Cyril joua avec cela. Il alternait les mouvements
de sucions en fonction de sa préparation anale. Manu ne se retenait plus de gémir et cela faisait redoubler d’ardeur l’adulte. Bientôt et peut être un peu trop tôt, il mit un deuxième doigt en
Manu, qui ajouta un léger cri de douleur à ses gémissements. Cyril tenta de se faire pardonner en redoublant d’attention et de savoir faire dans sa fellation. Manu réussi à tenir un peu plus
longtemps que la fois précédente, et lorsque Cyril sentit que la jouissance allait être proche, il accéléra la succion. Manu se libéra en lui dans un cri, Cyril se délecta du fruit de leur
plaisir, léchant de manière presque pensive le sexe de son amant. Après de dernier va et viens, il retira ses doigts et vint se placer au dessus de Manu. Il réitéra son petit manège avec le
baiser, mais le fit durer moins longtemps. Il s’empara de ses lèvres et de sa langue de manière plus que possessive voulant faire oublier un instant ce qui allait suivre à Manu, afin d’éviter
toute appréhension. Le plaisir de lier sa langue à la sienne ainsi, lui faisait presque tourner la tête. En moins de temps qu’il ne fallut pour vraiment réaliser la suite des évènements, Cyril
était déjà parfaitement positionné, prêt à prendre son amant. D’un coup de rein habile et ample, Cyril pénétra Manu, qui se crispa entièrement sous la douleur. Sa respiration commença à se
saccader et ses mains à se serrer violemment sur les draps. Cyril ne tenant plus, entama cependant ses coups de bassin, ayant lui aussi besoin de se procurer du plaisir. A vrai dire, se trouver
dans cet endroit si humide et serré, lui procurait un plaisir tel qu’il n’aurait pu cesser de se mouvoir en cet instant. Cherchant tout de même à ne pas oublier le plaisir de son partenaire, il
glissa une main sur l’intimité son partenaire, et commença à le masturber. Le plaisir vint bientôt prendre aussi possession de Manu et ses gémissement firent écho à ce de Cyril, le tout étant
magnifiquement orchestré par les mouvements de bassin des deux hommes. Leur dispute, leurs soucis, leur différents, tout cela était totalement oublié à cet instant, chacun se libérant un instant
de ces vieux démons. Tous deux se laissaient envahir par l’euphorie du moment, ne formant plus qu’un. Si par l’esprit ils n’avaient pu le faire, leurs corps s’en sortaient parfaitement. Cyril
était maintenant au bord de la jouissance et il tenta d’amener Manu au même point que lui avec sa main et ses coup de bassins. Sentant que Manu n’en était pas loin non plus, après un regard
échangé et une accélération puissante de Cyril, ils jouirent presque simultanément, Cyril déversant sa semence en Manu et celui-ci dans la main de Cyril.
Cyril s’affaissa un peu sur Manu, ne se retira pas tout de suite. Ils se regardèrent ainsi un moment, encore tout l’extase de ce qu’il venait de faire. Beaucoup de tendresse persistait dans leurs
échanges, et Cyril se sentait à chaque instant encore plus amoureux qu’il ne pouvait l’être de Manu. Seulement, tout moment de bonheur à une fin, et celui-ci le trouva lors de leur retour
progressif commun à la réalité. Le souvenir de la scène qui s’était déroulée juste avant qu’ils couchent ensemble revint à la mémoire de Cyril, le faisant ployer sous son poids bien trop lourd.
Son cœur se serra. Il se retira de Manu, et s’assit dos à lui, sur le rebord du lit. S’ils venaient de faire un, il était maintenant impossible à Cyril de rester dans la même pièce que Manu et il
n’aurait su l’expliquer pourquoi. L’euphorie avait totalement disparue pour laisser place à la douleur des blessures qu’ils s’étaient infligées. Son visage se mit seulement à le lancer à cet
instant, se remémorant les coups violents qu’il avait prit.
Mais ce n’était pas cela qui était responsable de son mal-être soudain. En effet une seule question lui venait maintenant à l’esprit, venait-il d’accomplir cet acte par amour ? Manu
éprouvait-il un quelconque sentiment pour lui ? Cyril alla même jusqu’à ce se demander s’il connaissait vraiment Manu. Après tout, il ne se connaissait que depuis peu de temps, et chaque
jour, il découvrait quelque chose de nouveau sur lui. Est-ce que le Manu qu’il aimait était le vrai Manu ? Rien que ce soir, le fait qu’il rentre ivre lui mettait un doute. C’est uniquement
lorsqu’il tourna la tête vers Manu une dernière fois avant de se lever et partir qu’il trouva ses doutes ridicules. Il aimait Manu et rien n’y changerait. Ce qui s’était passé entre eux ce soir,
n’était qu’une blessure de plus, un peu plus profonde que les autres.
Ils auraient un jour bien des sujets à aborder : la violence de Manu, son ivresse de cette soirée, son absence et ses sentiments non partagés… Mais ce soir, ils se contenterait de chacun
dormir dans leur lit, se reposant un peu pour affronter au mieux la nouvelle journée qui les attendait.
Cyril regagna sa chambre après avoir attraper un peu de glace pour tenter de minimiser le coquard qui commençait à prendre forme sur son œil. A peine fut il étendu sur son lit, épuisé par sa journée, il s’endormit pour le peu d’heures qui lui restait de sommeil, la présence de Manu étendu à ses côtés lui manquant
affreusement…
Cyril continua de rouler pendant quelques kilomètres, s’éloignant de cet endroit juste le nécessaire pour faire ce qu’il
s’apprêtait à faire et qu’il avait réprimé depuis qu’il avait vu Manu ce matin. Enfin ils pouvaient être ensembles et l’ombre de l’orphelinat ne pourrait plus les atteindre. Cyril avait donné
beaucoup et plus que tout il espérait voir un sourire de bonheur s’afficher sur le visage de Manu pour l’éternité. C’était sa manière de lui prouver son amour. Cependant Cyril ne pouvait pas dire
qu’il n’avait pas peur. En réalité une angoisse sourde imprégnait sont cœur : la peur de perdre Manu, la peur de l’abandon. Il n’était pour le moment qu’un adolescent perdu et blessé, mais
dès qu’il serait devenu adulte et que ses sombres sentiments l’auraient quittés, voudrait il encore de Cyril ? Ils allaient être lié par la loi, mais passé ses dix-huit ans Cyril le
laisserait libre de ses choix. S’il voulait partir et vivre sa propre vie, loin de Cyril qui appartenait tout de même à son passé, il le laisserait s’en aller. Jamais il ne le ferait chanter avec
le titre que lui avait offert la loi. Il n’avait aucune idée de ce qui adviendrait de lui ce jour là, ce jour où Manu le quitterait… Longtemps il s’était mis à espérer que ce moment n’arrive
jamais, mais son pessimisme ne lui laissait avoir aucun espoir. Il préféra ne pas y penser pour le moment. De trop sombres pensées pouvaient venir gâcher ce moment de bonheur présent. Ne pas
vouloir la quantité, mais préférer la qualité de cet instant, voilà une discipline à laquelle il allait devoir s’astreindre. Manu n’était pas encore partit, et ils leurs restaient encore du temps
à vivre ensemble et finalement à se connaître vraiment. Profiter de Manu, et de ce qu’il lui apportait chaque jour, vivre dans une sorte de rêve insouciant sans empiéter sur le futur incertain,
attendre que celui-ci arrive indéniablement…Mais autant attendre en profitant, pour le moment Manu avait encore besoin de lui et de son amour, même lui avait dit le détester pour cela.
Jugeant s’être assez éloigné et surtout n’étant plus capable d’attendre une minute de plus, il s’arrêta sur le côté de la route après s’être rangé sur le côté. Manu semblait se demander ce qui
arrivait mais Cyril ne lui laissa pas le temps de se poser trop de questions que déjà, il avait prit possession de ses lèvres et avait introduit sa langue dans sa bouche, serrant le corps de Manu
contre lui comme jamais. Cette semaine sans lui, sans le moindre contact avait été terriblement longue et pénible et c’est en l’embrassant ainsi qu’il s’en rendait réellement compte. Sa main
passa directement en dessous de son pull et très vite Manu y répondit. Tout passait à travers ce baiser, le manque l’un de l’autre, une passion intensifiée par le manque qu’ils avaient tous deux
ressentis. La tension liée au désir du corps de l’autre était plus que perceptible et envahissait l’espace clos de la voiture.
Ils se serraient l’un contre l’autre le plus possible, leur corps s’étant manqués horriblement et leurs mains passaient là où elles voulaient, sans jamais se contrôler. Cyril, apparemment encore
plus excité que Manu, passa sa langue dans son cou tout en remontant un peu plus sa main sous son pull pour mieux caresser son torse. Cette peau si sensible, si douce et si chaude sur laquelle il
avait rêver toutes les nuits de la semaines et que bientôt il couvrirait de baisers inlassablement et goûterait de sa langue. Son désir pour le corps de Manu monta en flèche rien qu’à cette idée,
et il eut de plus en plus de mal à se contrôler, déboussolé par sa propre passion et le désir monté à son comble de Manu pour lui. Cyril préféra mettre fin à cela avant que cela n’aille
finalement trop loin pour pouvoir se contenir l’un l’autre. Il sourit à Manu en se recula légèrement après un dernier baiser sur ses lèvres et il lui glissa quelques mots :
- Tu m’as manqué…
Rapidement, il reprit la route comme si de rien était, Manu se redressa légèrement sur son siège et remit en place ses vêtements dans un soupir, se remettant encore de ses émotions. Cyril tenta
de se concentrer sur la route, et espéra qu’à aucun moment Manu ne baisserait les yeux sur son entrejambe. Ce simple baiser l’avait réellement excité plus que nécessaire. Apparemment Manu ne
remarqua rien et finit même par s’assoupir légèrement durant le trajet.
Après plus où moins une heure et demi de route, Cyril s’arrêta. Manu se réveilla brusquement et regarda autour de lui :
- On est arrivés. Déclara Cyril en souriant et sortant déjà de la voiture.
Manu ne perdit pas une seconde de plus et sortit également avec l’aide de la béquille que lui tendit Cyril. Ils
rentrèrent ensuite, Cyril appréhendant un peu l’avis de Manu sur leur nouveau lieu de vie. Ce n’était peut-être pas grand-chose, mais c’était au moins chez eux. Ne sachant pas vraiment ce que
Manu en pensait, Cyril dit :
- C’est pas luxueux mais au moins, il y a de la lumière et puis, je vais décorer ça au fur et à
m..
- C’est parfait ! le coupa Manu.
Puis, celui-ci se dirigea vers la cuisine, puis fit un rapide tour vers la salle de bain et arriva à sa chambre. Cyril le suivit à cet instant :
- Je t’attendais pour que tu la décores à ton goût !
Manu sourit légèrement et se dirigea vers la dernière pièce la plus importante pour tout deux : la chambre de Cyril. C’était une pièce très blanche, le soleil allait donner une partie de ses rayons dans ces pièces durant presque toute la journée. Jugeant que la visite était maintenant terminée et ayant besoin d’un petit instant de tendresse, Cyril s’approcha de Manu qui était dos à lui. Il posa sa main sur hanche et déposa un baiser dans son coup. Puis, il l’enlaça par derrière et posa son menton sur l’épaule de Manu ; celui-ci posa ses mains sur les bras de Cyril. Ce simple échange était déjà beaucoup pour Cyril et son cœur s’envahit de bien-être lorsqu’il pensa que cela n’était que le début. Il finit par murmurer à l’oreille de Manu, la voix pleine de sous-entendus :
- C’est ici qu’il se passera le plus de choses…
- Et j’ai hâte que ça
commence.
- On peut commencer tout de suite si tu veux… dit Cyril en posant les mains sur la boucle de
ceinture de Manu, jugeant que l’occasion était trop bonne pour la laisser passer.
Mais alors qu’il était déjà en train d’ouvrir sa ceinture et qu’il posait ses lèvres dans son cou, Manu se retourna vers lui en souriant, gêné :
- On va peut-être
manger un peu non avant de se sauter dessus…
Cyril fut très surprit de cette forme de rejet de la part de Manu. Il n’était pas du genre à repousser ce genre de chose pour manger… Du moins, ce n’était pas ce que Cyril aurait pu croire.
Manu tapa légèrement sur l’épaule de Cyril, avant d’aller dans la cuisine et se servir un verre d’eau. S’étant débarrassé entre temps de sa béquille, il boitait légèrement.
Cyril le suivit tentant de ne pas se formaliser de ce rejet. Après tout, peut être que Manu avait réellement faim, et après le temps qu’ils avaient attendu pour cela, il pouvait bien aller manger
un petit quelque chose. Mais Cyril s’en serait passer sans problème. En réalité, il avait une envie folle de faire l’amour à Manu et avait du mal à comprendre la soudaine patience et réserve de
l’adolescent. Lui en voulait-il toujours pour Noël ? Avait-il honte de ce qui était arrivé à Cyril ? Etait-il écœuré par le fait que son propre père l’ai baisé. Le fait d’être dans une
sorte d’incertitude vis à vis des sentiments de Manu à son égard l’angoissait plus qu’il ne le pensait lui-même. Manu ne lui avait-il pas dit après tout qu’il le détestait… Il avait beau tenter
de ne pas y penser, de se dire que tout cela était normal, il ne pouvait s’empêcher de demander pourquoi cette sorte de rejet…
Finalement, ils enlevèrent ensemble les affaires de Manu pour les ranger dans les placards, Cyril jouant un peu avec Manu en dépliant ses sous-vêtements pour les regarder en détails, un sourire
un peu niais s’affichait parfois sur son visage en s’imaginant que Manu avait seulement cela sur le corps, et d’autres scènes érotiques. Cela ne fit finalement qu’augmenter son désir pour lui. Il
n’en pouvait plus d’attendre et d’avoir le corps qu’il désirait tant juste à côté de lui, sans pouvoir faire la moindre chose. Alors que plus aucun obstacle extérieurs se trouvaient entre eux, il
semblait venir de Manu lui-même. Ne le désirait-il plus ? Ne ressentait-il pas la même envie que Cyril en cet instant ? Malgré que Cyril essaya toute la journée d’aller plus loin que
leurs baisers, Manu tentait toujours de s’enfuir de cette situation et trouvait toujours un moyen ou un autre pour le faire. Cyril commençait à sérieusement
s’inquiéter et se poser des questions. Il avait tenté de nombres manières d’approche, mais dès que ses mains passaient à l’entrée du jean de Manu ou près de son entrejambe, Manu reculait. Cyril
essuyait ses rejets les uns après les autres, les vivant de plus en plus mal. Il ne pouvait décrire la frustration qui l’envahissait chaque fois un peu plus, cette frustration emplie d’une forte
dose d’inquiétude. Cyril avait beau réfléchir et trouver des raisons diverses à ce comportements, il avait quelque part du mal à le comprendre. A force de mariner, il s’aperçut qu’il y avait plus
de raison qui le poussait à refuser quoi que ce soit avec lui, qu’à faire l’amour avec lui. Cyril finit presque par se lasser de tout cela, toutes ses tentatives étant vaines, il en avait marre
d’être le seul à en avoir envie. Il se laissa aller à baisser les bras, se disant que Manu finirait par craquer de lui même d’une manière ou d’une autre, aussi bien en lui sautant dessus qu’en le
rejetant avec des mots douloureux. Cyril n’en pouvait plus de cet état d’entre deux.
Le soir arriva bien vite. Manu et Cyril étaient tous les deux en train de regarder la télévision jusqu’à ce que le jeune homme remarque qu’il neigeait à l’extérieur. Il se leva, excité comme un
enfant, tandis que Cyril lui demandait ce qu’il y avait. Manu se dirigeait jusqu’à la porte et l’ouvrit pour regarder la beauté du spectacle. Cyril le rejoint et posa son bras contre l’entrée. Il
n’osait même plus le touchait. Jamais il n’aurait penser ressentir une telle chose, cette crainte… Ils regardèrent un moment en silence jusqu’à ce que Cyril baille et dise :
- Bon, je vais aller me coucher…
Cyril ne savait pas vraiment quoi dire à Manu. Allait-il l’inviter à le rejoindre, voyant que l’adolescent n’allait
apparemment pas venir de son propre chez. Mais se retrouver dans la chambre tous les deux serait dangereux pour ses propres pulsions. Mais n’était-ce pas cela qu’attendait Manu. N’attendait-il
pas qu’ils le fassent cette nuit… Pouvait-il encore faire une tentative une dernière fois. Une chose était sûre, si Manu refusait, Cyril ne tenterait plus rien. Alors
que Manu était sur le point de partir, Cyril le tira par le bras, afin qu’il vienne avec lui. Manu ferma la porte et la verrouilla pour finalement se faire aider à marcher jusqu’à la chambre.
Cyril décida de ne pas y aller par quatre chemins et, sans la moindre pudeur, il ôta sa chemise et son pantalon dans un but bien précis : celui de tenter Manu. Le voir s’empourprer
légèrement le fit sourire, mais il n’en laissa rien paraître, sachant pertinemment que cela le gênerait encore plus et l’agacerait. En tout cas, celui-ci ne se gênait pas pour le contempler.
Amusé, Cyril s’approcha de lui, ayant lui aussi envie d’admirer le corps de son futur amant. Déjà habillé, tout ce qui émanait de Manu, le moindre geste, la moindre expression, la moindre partie
de son corps, tout l’attirait et lui donnait envie de le toucher. D’une voix explicite, il lui dit alors :
- Déshabilles-toi…
- Il fait froid, on va pas commencer à désaper !
Cyril tenta de ne pas se formalisé de ce léger rejet, et choisit d’insister en continuant sur la même voie :
- Je connais une façon de se réchauffer moi… Tu veux que je te montre ?
Sans qu’il ait le temps de réagir, Cyril tira Manu par sa ceinture et frôlait ses lèvres, voulant faire endurer à Manu un véritable calvaire.
- On peut pas faire ça plus tard… demanda-t-il d’une voix peu assurée.
- Il y a un problème
? répondit tout aussi vite Cyril. C’était étrange, mais il était presque sûr que Manu allait encore le repousser . Après tout, il l’avait fait toute la journée, pourquoi la nuit
changerait-elle quelque chose. Il resta très calme essayant de le comprendre. En effet sa réaction devenait de plus en plus bizarre et bien qu’il se doutait du pourquoi, il voulait entendre
l’explication de la bouche de Manu. Évidement Manu ne se confessa pas sur le champ. Ce n’était pas son genre et cela Cyril le savait parfaitement :
- Non…je te jure que non…
- Tu évites tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un préliminaire ou je deviens fou
?
Bizarrement, Manu craqua à ce moment-là :
- Je suis désolé… Je bloque dès que tu m’approches de trop ! Je ne fais pas exprès Cyril, c’est juste que..
- Hey. Ne te prends pas la tête ainsi. On a tout le temps à présent… C’est juste que je croyais que tu avais envie de moi, je..
- Mais j’ai envie de toi Cyril ! Tu ne comprends pas, c’…
- Marc hein.. ?
Manu ne répondit pas et Cyril comprit qu’il avait vu juste. Après tout qui mieux que lui pouvait comprendre ce que ressentait Manu. Même s’il avait réussit à dépasser tout cela, il savait parfaitement ce que l’on pouvait ressentir dans des moments comme ceux-là. Cette peur, cette appréhension… Ce mal-être permanent imprégné au plus profond de notre être que nous seul pouvons vaincre avec l’aide du temps… Ne voulant pas laisser Manu dans cet était et voulant surtout le rassurer, il posa ses mains sur ses épaules, le forçant à le regarder et chercha les mots justes avant de se lancer :
- Ne te jette pas des pierres parce qu’on ne couche pas ensemble dès le premier soir ! On est ensemble à présent, rien ne peut nous séparer tu entends… On fera l’amour quand tu seras prêt, et tu verras.. je te ferais grimper aux rideaux !
Il émit un léger rire, amusé de sa réflexion voulant surtout faire retomber l’angoisse de Manu. Il lâcha ses épaules pour
aller se coucher puis ouvrit les couverture pour l’inviter à le rejoindre. Ce n’était pas parce qu’ils ne faisaient pas l’amour qu’ils ne pouvaient pas dormir l’un contre l’autre. A vrai dire, la
présence de Manu tout prêt de lui toutes les nuits de la semaine passée lui avait cruellement manqué.
Mais, Manu ne semblait pas l’entendre de cette oreille. Il enleva lentement son pull, les mains légèrement tremblantes et ouvrit ensuite sa ceinture, sous le regard d’abord surprit de Cyril qui
très vitre comprit à la façon que Manu avait de se déshabiller qu’il n’allait finalement pas venir s’allonger simplement à côté de lui. Ce changement d’avis était-il dû à ce qu’il venait de lui
dire ? Cyril cessa rapidement de penser, se perdant dans la contemplation du corps de l’adolescent. Le corps de Manu était splendide, comme se l’était imaginé Cyril, mais encore en mieux. Il
se redressa en voyant son pantalon tomber sur le sol, sentant le désir monter en lui . A vrai dire, il devenait presque incontrôlable face au désir qu’il ressentait pour le jeune.
Ce dernier jeta son pantalon sur le côté d’un coup de pied et mit ses mains sur son boxer. Cyril sentit un vague de chaleur monter en lui à très grande vitesse lorsque celui-ci s’en débarrassa.
La vue qu’il avait, l’excitait de plus en plus, et un peu redressé, le coude posé sur son coussin, il attendait patiemment la suite. En réalité, il devait se faire violence pour ne pas se lever
complètement et couvrir de baisers et de caresses ce corps nu et plus qu’attirant à quelques mètres de lui. Pour la première fois, Manu était exposé, entièrement nu devant Cyril et celui-ci le
regarda de longues secondes avant de lui tendre la main en lui disant doucement de venir. Il ne voulait surtout pas le brusquer. Plus que tout, il ferait preuve de douceur avec lui, et il ferait
tout pour lui faire oublier Marc, du moins du mieux qu’il pourrait…
Le jeune homme rejoignit Cyril et profita pour cacher son intimité sous les couvertures, rougissant de honte. Il regarda longuement Cyril. Après un temps, Cyril mit une main autour le taille de
Manu pour qu’il se rapproche de lui. Il ne supportait plus cette distance entre eux. Leur corps maintenant l’un contre l’autre, Cyril se laissa aller à frôler ses lèvres contre celles de Manu.
Son désir pour lui était sans limite. Pourtant, il lui semblait percevoir encore, cette sorte d’appréhension qu’avait Manu. De quoi avait-il peur ? Tentant de ne pas se formaliser d’une
simple impression, Cyril posa ses lèvres dans le cou de Manu, s’enivrant de cette odeur qui lui avait tant manquée toute cette semaine, et se laissa aller à caresser son épaule à l’aide de sa
langue. La chaleur de son corps était presque doublée, faisant alors réchauffer celui de Manu à une vitesse folle. Plus le temps passait et plus sa langue devenait insistante et gourmande. Il
avait tellement attendu cet instant qu’il avait beaucoup de mal à se maîtriser. Son désir pour Manu était tellement fort qu’il était totalement inondé par celui-ci. Ils s’embrassaient comme ils
l’avaient rarement fait, n’ayant plus besoin à présent de se mettre des limites par peur qu’il ne se fassent entendre. Non à présent, ils pouvaient tous les deux crier leur plaisir et leur
jouissance sans que personne ne les dérange…
Rapidement, Cyril se retrouva au dessus de Manu, et leur baisers devinrent de plus en plus profonds. Leur langue se cherchaient l’une l’autre, leurs mains jouaient sur tout leur corps. Jamais il
ne s’étaient embrassé avec autant de passion et de désir. Etait-ce dû au fait d’avoir tant attendu cet instant ? Cyril faisait preuve d’énormément de douceur. D’abord parce que c’était ce
qu’il aurait aimé qu’on lui fasse, car après tout, qui mieux que lui connaissait les répercussions que pouvaient avoir un viol, et ensuite parce qu’il voulait rassurer au mieux Manu pour qu’il
vive pleinement cet instant sans peur et sans crainte. Il voulait tout sauf le heurter et le brusquer.
Il descendit petit à petit sa main sur le corps de Manu. Celui-ci, apparemment trop excité, la prit brusquement afin de la mettre sur son sexe. Ce geste rassura Cyril, qui se disait que Manu en
avait apparemment autant envie que lui. Depuis le début de la journée, Cyril tentait vainement de réfréner son ardeur, et avoir enfin la possibilité de la libérer était pour lui difficilement
maîtrisable. Il ne pû cependant pas cacher son étonnement de ce geste qu’il n’attendait pas de la part de Manu. Il lui sourit finalement et le regarda un moment tout en le caressant. Manu
semblait se retenir de gémir, peut-être par habitude ou par gêne mais Cyril était frustré de ne pas l’entendre. Il intensifia ses caresses et finit par dire :
- J’ai envie de
t’entendre gémir… Ne te retiens pas Manu.
Ce fut comme le déclic. Par une caresse plus poussée, Manu émit un long gémissement poussé que Cyril apprécia. Entendre qu’il lui faisait plaisir l’excitait tout autant que si Manu le caressait
aussi. Ce fut après quelques minutes que Manu posa sa main sur celle de son amant pour l’accompagner dans les caresses. Il se mit ainsi lentement se masturber pour faire comprendre à Cyril de le
faire à sa place. Cyril ne voulait pas s’arrêter à cela. Il l’avait déjà fait la dernière fois et voulait cette fois-ci lui offrir beaucoup plus. Sous le regard légèrement gêné de Manu, Cyril
s’abaissa et commença à lui lécher le sexe. Ce n’était pas la première fellation qu’il faisait et malgré le temps qui avait passé entre, il parvint à recommencer sans soucis particulier. Voulant
lui offrir un plaisir maximum et faire de cette première fois entre eux un souvenir inoubliable, il s’appliqua pour offrir une vraie première fellation à son amant. Il espéra cependant être à la
hauteur, se demandant si l’on avait déjà fait ce genre de chose à Manu. Cyril faisait tout pour qu’il ressente un plaisir mutuel et partagé. Il faisait même passer le plaisir de Manu avant le
sien. Oui, pour Manu il était prêt à tout, il était même allé jusqu’à l’adopter. Il n’y avait donc pas de raison que cela change dans un lit. A l’écoute de chaque réaction de son amant, il
commença à lui lécher le bout de son pénis, avant d’entamer une véritable fellation, comme il avait l’art de les faire. Il lui avait promit de le faire « grimper au rideau » et c’est ce
qu’il allait faire. Il commença les va et viens, jouant en même temps avec sa langue sur le sexe chaud de Manu. Était-ce une impression, où celui-ci était déjà à bout ? Se concentrant
pleinement sur ce qu’il faisait, Cyril avait fermé les yeux et ne voyait pas le regard enivré de plaisir posé sur lui. Il ne vit pas non plus Manu serrer les draps et plier ses doigts de pieds
par la sensation, n’en pouvant déjà plus. Il accéléra le rythme, et eut la surprise d’entendre Manu jouir dans un cri et se déverser en lui. Surprit, Cyril ouvrit immédiatement les yeux vers Manu
en avalant sa semence. Il était en réalité étonné que Manu ait si peu d’expérience. Était-ce véritablement sa première fellation pour qu’il tienne aussi peu de temps ? Apparemment trop
honteux, Manu se mit le bras sur les yeux, tentant vainement de cacher son visage rougissant. Attendrit par une telle réaction, Cyril se remit à ses côtés, et recommença ses baisers, tentant de
lui montrer qu’il n’avait pas à avoir honte. Mais, apparemment, cela ne suffit pas, car le bras de Manu ne bougeait toujours pas de devant ses yeux.
Il passa sa main sur son torse en lui disant alors d’une vois qui se voulait la plus rassurante possible :
- C’est pas grave tu sais…
- Tu rigoles ? Bien sur que si c’est grave !! Je viens de me taper la honte de ma vie !
- Je t’apprendrais à tenir beaucoup plus longtemps.. répondit-il en lui léchant l’oreille.
Manu se tourna alors sur le côté pour ne pas à avoir à regarder Cyril qui réagit immédiatement à cela :
- Hey, qu’est-ce que tu fais ? Tu vas me laisser comme ça ?
Le jeune homme ne put s’empêcher de se retourner pour regarder. En effet, l’excitation de Cyril était parfaitement marquée par une bosse sous son boxer. Sentant le regard de Manu poser sur son intimité et ne supportant plus ce boxer qui était de trop, il se redressa sur ses genoux pour baisser celui-ci sans la moindre honte.
Son corps entièrement nu était maintenant à la merci des yeux de son amant, qui ne se gênaient en rien pour l’admirer.
Cela ne fit que l’exciter un peu plus, et il ne put maîtriser une érection naissante qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Manu. Ayant envie que Manu lui donne du plaisir à son tour il lui sourit
en faisant un sourire plus qu’explicite. Seulement, à la place du regard désireux qu’il s’attendait à voir dépeint sur le visage de l’adolescent, il n’y lu que de l’angoisse. Que lui
arrivait-il ? Il s’abaissa en voyant que Manu ne savait même plus cacher sa peur, étant à présent complètement bloqué dedans. Cyril posa son front contre celui de Manu et demanda :
- Tu as peur ?
- Non… mentit au
départ Manu pour se trouver ensuite ridicule et se rectifia. En fait.. oui ! Je suis mort de peur.. Je ne sais pas pourquoi, je t’ai déjà déçu, arrêtons tant que tu ne me détestes pas encore
!! S’il-te
plaît…
Cyril fut étonné de ce que Manu était en train de raconter. Il lui fallut quelques secondes pour vraiment comprendre ce que Manu
venait de lui dire.
- Déçu.. ? Tu crois que tu m’as déçu ? Tu crois que j’espérais que tu ais beaucoup d’expérience ? Je me doutais que tu n’en avais pas beaucoup. Ce n’est pas dans un orphelinat qu’on apprend ces choses là. J’étais juste surpris que..
- Tu vois ? J’ai raison ! Je t’ai déçu..
- Surpris ne veut pas dire que je suis déçu de toi Manu ! répondit Cyril avec son ton sérieux.
Jamais je ne le serais, tu entends ?
Comment Manu pouvait-il croire une telle chose… Le décevoir… C’était vraiment la dernière des choses qu’il pourrait faire. Encore une fois, tout ceci n’était que le reflet du manque de confiance
qu’il accordait en lui et qui se transposait sur les autres.
Ses lèvres se déposèrent enfin sur celles de Manu. Son cœur battait la chamade et Cyril était de plus en plus mal à
l’aise face au malaise de l’adolescent. Cette peur était tellement absurde…Manu l’embrassa différemment que les autres fois. Dans ce baiser, toute son assurance semblait avoir disparue. Manu se
mettait presque à nu devant lui, tentant de faire passer les sentiments qu’il avait tant de mal à exprimer. Après tout, ils avaient tout le temps qu’il leur faudrait, une vie à vivre à deux
pendant quelque temps, rester côte à côte un moment indéterminé. Il y aurait des tas d’autres soir et si Manu n’était pas près ce soir là, jamais Cyril ne le forcerait. Il quitta ses lèvres pour
se mettre à embrasser d’un air pensif le torse de son amant. Il l’aimait comme jamais et sa seul peur était celle d’un amour non partagé. Il savait que le jour où Manu mettrait fin à leur
relation, le coup serait dur. Mais ce n’était pas la préoccupation à avoir en cet instant. Manu semblait de plus en plus mal et inquiet Cyril le regarda sans que celui-ci en ai vraiment
conscience. Ne sachant plus quoi faire et tout de même légèrement blessé de ce rejet même s’il ne laissait rien paraître, il soupira. Manu réagit immédiatement à cela, mal à l’aise :
- Je suis désolé !
- Ne le sois pas, enfin…
Même si Cyril était un peu triste de la tournure que cela prenait, il n’en voulait absolument pas à Manu. Ne souhaitant
surtout pas insister, il se recoucha à côté de lui, bandant encore comme un fou, son désir pour l’adolescent n’étant encore en rien changé. Cependant, jamais il ne le forcerait, et il ne voulait
pas qu’il le fasse si Manu n’était pas prêt. Ils avaient déjà tellement attendu, qu’il pourrait bien patienter encore un peu. Il hésitait à se lever et à le quitter un instant pour aller se
soulager, ne pouvant tout bonnement pas rester dans cet état. Il bandait tellement fort que cela devenait douloureux.
Cependant, après quelques secondes seulement, Manu se jeta finalement à l’eau. Il se tourna vers Cyril, et ne pû lui cacher la peur qui se lisait dans ses yeux. Cyril
voulut l’arrêter ne voulant surtout pas qu’il se sente obligé, mais c’est à ce moment là que Manu commença à lui embrasser le cou lentement pour descendre petit à petit vers la poitrine pour
exciter ses mamelon par des coups de langue. Le simple plaisir que procurait l’adolescent à Cyril lui ôta toute envie de l’interrompre. Son cœur s’emballa deux fois plus vite et il ne pût
résister de poser ses main dans son dos et de le caresser. Il avait besoin de le toucher, de sentir cette peau s’enflammer sous les caresses : tout simplement le besoin du plus de contact
possible. Ce n’était pas la première fois qu’il avait offert du plaisir à Manu, mais c’était la première fois qu’il allait en recevoir. Sentir Manu l’embrasser ainsi l’excitait doublement plus.
Pourtant, il ne restait pas insensible à l’appréhension qui émanait de Manu. Celui-ci, les mains légèrement tremblantes, en posa une sur une de ses cuisses et descendit jusqu’à son bas ventre où
il regarda un instant le sexe en érection de Cyril. L’adulte ne pu plus à ce moment-là, suivre le cours de ses pensées. Il ferma les yeux un instant pour se concentrer sur le plaisir qu’il
ressentait en cet instant. Même hésitantes, les caresses de Manu étaient habilement réalisées et procuraient un bien fou à Cyril. Il se laissa totalement aller à gémir pour prouver à Manu qu’il
lui faisait du bien et l’encourager à poursuivre. Lorsque celui-ci se mit à passer timidement se langue dessus, le contact fut électrique et la sensation que cela lui apporta lui vrilla les
reins. Cyril encouragea Manu à poursuivre dans ce sens, lui montrant qu’il lui faisait beaucoup de bien et avec talent. Il ne pouvait retenir des gémissements de plaisir. Au fur et à mesure Manu
semblait gagner en assurance. Cyril ouvrit les yeux et le visage de Manu concentrer dans sa tache les yeux fermés. Mais, ce fut après seulement quelques minutes que Manu abandonna tout. Il
s’assit sur le lit tournant le dos à Cyril. Inquiet et dans une certaine mesure plongé dans l’incompréhension, Cyril ne savait pas vraiment quoi faire, ne sachant pas vraiment comment Manu
pourrait réagir à la moindre tentative d’approche et à la moindre parole.
Manu fini finit par déclarer d’une voix énervée :
- Excuse-moi, j’y arrive pas !
Il murmura quelques injures, horriblement honteux de ce qu’il faisait à Cyril. Ne supportant plus de le voir ainsi, Cyril
s’approcha de lui et l’enlaça par derrière. Il voulait par ce geste lui montrer qu’il était là et qu’il ne lui en voulait en rien. Cyril se sentait presque coupable du mal-être de Manu et se
sentait surtout totalement impuissant.
- Je suis ridicule… dit Manu dans un souffle, totalement découragé de ce qu’il était et ce
qu’il faisait. Je ne sais même pas assouvir tes envies, je suis vraiment…
Ne supportant pas d’entendre de telles idioties, Cyril le bascula sur le dos et le regarda fixement quelques instant. Il n’avait qu’une seule chose à lui dire, qu’une seule chose à répondre à cela. Il prit énormément sur lui pour la lui dire, au souvenir de ce qu’il avait eut en réponse la dernière fois. Il donna beaucoup du sien pour lui redire une fois. La plaie était loin d’être refermée. Mais c’est l’amour débordant qu’il éprouvait pour lui qui le poussa à le lui redire et l’état de détresse dans lequel se trouvait son amant :
- Et moi je t’aime…
Une boule d’angoisse se forma au creux du ventre de Cyril. Comment allait réagir Manu, allait-il le rejeter comme la
dernière fois ? Allait-il avoir mal ? Son cœur se serra. L’instant de silence qui dura entre son aveux et la réponse de Manu lui parut durer une éternité. Il avait soudain terriblement
peur. Et pourtant c’est à ce moment là que Manu lui répondit la plus improbable des choses à laquelle Cyril ne s’attendait pas du tout : une autre forme de preuve d’amour, lui-même, son
corps, son âme mis à nus :
- Prends-moi ... Je veux te sentir en moi.
- Tu es sûr ? demanda tout de même Cyril.
- Maintenant.
Pour insister sur sa réponse, Manu entoura ses jambes autour de Cyril pour le force à se coller à lui. Son cœur battait extrêmement fort, ses mains tremblaient légèrement et il ne pouvait cacher sa peur dans ses yeux. Sentant que c’était ce qu’il voulait vraiment et en ayant tout autant envie que lui si ce n’est plus Cyril ne se fit pas prier, et céda plus que facilement. Il posa de nouveau sa main sur son sexe en le regardant avec tout l’amour qu’il éprouvait pour lui. Il lui offrait ce que semblait-il, Manu n’avait jamais eut droit : un acte d’amour et non de la simple baise. Il allait le prendre avec sentiments et non juste par pure envie bestiale. Il allait finalement petit à petit apprendre à Manu comment faire l’amour. S’il avait déjà couché avec des hommes, Manu semblait un total débutant dans le domaine amoureux. Cyril se sentait profondément flatté et touché d’être celui qui allait l’initier. Il l’aimait, au dieu comme il l’aimait. Si Manu avait eut peur de connaître l’importance des sentiments que Cyril éprouvait pour lui, l’adulte en était maintenant totalement effrayé. Quelle terreur que d’être dépendant d’une personne, quel vertige d’avoir sa vie entre les main d’une personne sans que celle-ci en ait réellement conscience, quel sentiment étrange que l’amour...| Novembre 2009 | ||||||||||
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