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Il s’en voulait horriblement de voir que Cyril semblait un peu triste de la tournure que cela prenait même s’il n’en voulait pas à Manu. Il le vit se
recoucher à côté de lui, bandant encore comme un fou.
Après quelques secondes, le jeune se jeta à l’eau. Ce fut avec la peur au ventre qu’il se tourna vers Cyril et commença à lui embrasser le cou lentement pour descendre petit à petit vers sa
poitrine où il s’arrêta un moment pour exciter ses mamelons par des coups de langue. Il sentit directement la main de Cyril se poser dans son dos et le caresser, apparemment encore plus excité
qu’il ne l’était déjà. Les mains légèrement tremblantes, il en posa une sur une de ses cuisses et descendit jusqu’à son bas ventre où il regarda un instant le sexe en érection de Cyril. Hésitant,
il commença sa première fellation à un homme à qui il tenait énormément.
Manu était paniqué à l’idée de ne pas savoir s’y prendre correctement, malgré les gémissements assez poussés de Cyril. Toucher la partie du corps de cet homme et surtout la plus intime et
sensible était vraiment éprouvant. Manu regarda encore quelques secondes le sexe de Cyril et se mit à passer timidement sa langue dessus, tentant de garder le peu de contrôle qu’il avait face à
la peur. Il passa délicatement sa main sur un testicule de Cyril et se força à penser à ce qu’il pouvait ressentir. Il venait d’avoir la même chose quelques minutes plus tôt et n’eut pas trop de
mal pour enfin ressentir un soupçon de plaisir à faire cela. Sentir le sexe chaud de Cyril dans sa bouche et sur sa langue, entendre ses gémissements et ses encouragements excitaient de plus en
plus Manu. Celui-ci se mit finalement à sucer Cyril avec peu d’assurance sans oser regarder une seule fois Cyril de peur de voir un seul regard de moquerie, de déception ou de colère.
Bizarrement, ce fut la première fois qu’il se rendit compte qu’il était quelqu’un de très angoissé et l’idée même que Cyril ne l’aime plus le terrifiait. Si cela arrivait, que se
passerait-il ? Même s’il entendait Cyril lui dire que c’était bon, il ne parvenait pas à s’enlever l’idée de la tête qu’il était médiocre. Ce fut après seulement quelques minutes que Manu
abandonna tout, se trouvant pathétique à mourir. C’est au bord des larmes qu’il s’assit sur le lit en tournant le dos à Cyril, se maudissant de ne pas y arriver. Il se haïssait de ne pas parvenir
à donner ce que Cyril attendait de lui, à lui donner autant de plaisir que Manu venait d’en recevoir. Il finit par déclarer d’une voix énervée contre lui-même :
- Excuse-moi, j’y arrive pas !
Il murmura quelques injures, horriblement honteux de ce qu’il faisait à Cyril. Manu était certain qu’il devait se débarrasser de beaucoup de choses pour franchir le pas avec Cyril mais il ne savait pas du tout comment y arriver. Il avait besoin d’un amour qu’il refusait, et la situation devenait bien trop compliquée pour être gérée. Manu sentit Cyril l’enlacer par derrière, s’en voulant encore plus de voir la patience qu’il gardait.
- Je suis ridicule… dit Manu dans un souffle, totalement découragé de ce qu’il était et ce qu’il faisait.
Je ne sais même pas assouvir tes envies, je suis vraiment…
S’attendant à une remarque de la part de Cyril, Manu ferma les yeux et tenta de s’y préparer. Mais contrairement à cela, il se sentit basculer sur le dos, Cyril le regarda quelques instants en le regardant fixement et ajouta :
- Et moi je t’aime…
Cette fois, Manu n’y répondit pas méchamment, il ne ressentait aucune colère ni aucune peine à l’entendre dire cela. Il savait que Cyril avait du donner beaucoup du sien pour le redire une fois, sachant encore parfaitement la réponse qu’avait donné Manu il y a de cela, quelques semaines. Cet aveu-ci l’apaisait mais il ne put encore y répondre quoi que ce soit de positif bien que de plus en plus, son corps entier lui disait d’y répondre. La seule preuve d’amour en cet instant précis qu’il pouvait donner, c’était lui-même, son corps, son âme mis à nus :
- Prends-moi… se contenta-t-il de répondre.
Je veux te sentir en moi.
- Tu es sur ?
- Maintenant.
Pour insister sur sa réponse, Manu entoura ses jambes autour de Cyril pour le forcer à se coller à lui. Son cœur battait extrêmement fort, ses mains
tremblaient légèrement et il ne pouvait cacher sa peur dans ses yeux. Il ne comprenait pas pourquoi il avait si peur de coucher avec quelqu’un alors que sa première fois était passé il y a bien
longtemps.
Mais il ne suffit que de sentir la main de Cyril à nouveau posée sur son sexe pour ressentir une vague de chaleur l’envahir, le regard de son amant posé sur lui donnait l’impression d’être
important. Manu passa sa main dans les cheveux de Cyril et se cambre légèrement en sentant la main de Cyril le caresser intensément. Manu tenta de respirer comme il le pouvait, des gémissements
sortant de sa bouche sans même qu’il s’en rende compte jusqu’à ce que l’excitation monte en flèche en voyant que Cyril se mettait deux doigts en bouche. Bizarrement, voir cette scène fit presque
partir instantanément la peur que ressentait Manu. Il était certain qu’il dégageait beaucoup plus de douceur et de patience que n’importe qui dans sa vie et rien que grâce à cela, Manu pourrait
enfin peut-être vivre heureux.
Il sentit son sexe se durcir rien qu’à cette vue magnifique et à ce regard explicite, des yeux de braise avec un soupçon de malice, tout pour faire fondre n’importe qui. Manu se sentit privilégié
à cet instant et ne put qu’embrasser à nouveau Cyril avec tout l’amour qu’il portait pour lui même s’il n’arrivait toujours pas à accepter réellement ce qui arrivait entre eux. Il chercha sa
langue qu’un moment, Cyril y répondait d’une façon beaucoup plus passionnée, remarquant bien tous les deux qu’il était excité comme jamais. Finalement, le jeune lâcha ses lèvres et lui fit
comprendre par son regard qu’il était temps d’y aller. Manu ferma les yeux et attendit, sentant rapidement un doigt de Cyril s’enfoncer en lui lentement. Cela faisait tellement longtemps et il
était à cet instant tellement heureux que ça soit Cyril précisemment qui le fasse, qu’il émit un gémissement assez bruyant. La gêne l’envahit tout à coup tandis que Cyril le regardait,
apparemment excité que Manu ne se retienne pas.
La chaleur, l’excitation et l’impatience envahissait de plus en plus son corps en sentant son deuxième doigt rentrer en lui et faire des vas et viens profonds. Cyril continuait à préparer Manu et
le regardait pendant qu’il lui embrassait le torse. Le voir excité et gémir était sans doute ce que Cyril préférait. Son regard ne le gênait plus, bien au contraire. Malgré qu’il était insistant,
Manu sentait qu’il appréciait son corps tel qu’il était, qu’il n’avait pas à avoir une honte quelconque de lui. Ce fut de longues minutes de préparation plus tard que Manu sentit les deux
doigts de Cyril se retirer de lui, ce dernier se redressait légèrement vers le visage de Manu. Le cœur battant la chamade par l’appréhension et l’excitation, il entendit Cyril lui murmurer
tout en lui embrassant le menton et descendant sur la pomme d’Adam:
- Je peux y aller ?
Manu, sentant bien son manège, sourit et lui répondit après de longues secondes :
- Je t’attends.
Il vit les yeux de Cyril briller, le trouvant alors encore plus beau que d’habitude. Encore jamais il n’avait pu voir ces expressions qu’étaient
l’excitation, le plaisir, le désir brûlant… Il ne sut pas vraiment se rendre compte à quel point il avait envie de crier à Cyril combien il était attaché à lui. C’était une première fois pour
lui, ressentir des sentiments de ce genre étaient aussi effrayants que rassurants. Mais ayant toujours préféré la simplicité à l’affrontement de ses problèmes, Manu avait énormément de mal à
accepter l’amour que Cyril portait pour lui et celui qu’il commençait réellement à sentir également.
Il ressentit un léger frisson lui parcourir le dos et sentant Cyril lui soulever légèrement le bassin, prenant alors son sexe en main pour le positionner devant la cavité de Manu. Celui-ci gémit
lentement, Cyril prenait un malin plaisir à le caresser, voulant apparemment attendre le dernier moment. Manu supplia presque Cyril d’y aller, trop impatient et émit un cri de douleur en sentant
qu’il s’enfonçait en lui. Même si cela lui était déjà arrivé à quelques reprises, il avait rarement sentit une telle souffrance, sûrement due à l’angoisse de ce rapport si important pour lui. Ses
mains agrippèrent tout aussi vite les draps pour les serrer aussi fort qu’il le pouvait, une larme se faisait déjà voir le long de sa tempe. Pourtant, jamais il n’aurait demandé à Cyril de se
retirer… Il voulait lui offrir la totalité de son corps, lui faire connaître son être. Malgré la douleur, Manu était heureux de se dire pour la première fois qu’il n’avait aucune envie de faire
cela avec quelqu’un d’autre qu’avec lui, même s’il n’y connaissait pas grand-chose et qu’il n’avait pas d’expérience. Bien qu’il avait beaucoup de mal à supporter la douleur, il remarquait que
Cyril, lui, avait beaucoup de mal à ne pas se retenir de jouir. Même s’il était inquiet de le voir ainsi, le plaisir d’être en lui était apparemment, difficile à supporter également. Le voir
ainsi atténuait quelque peu la souffrance, se disant qu’au moins, Cyril, lui prenait du plaisir. Il lui murmura quand il était bien enfoncé en lui qu’il avait bouger lentement, sachant très bien
tous les deux que cela n’allait pas bien durer longtemps, vu le plaisir que Cyril ne savait même plus cacher. Il s’était accoudé à l’aide de son bras droit au dessus de l’épaule de Manu et
bougeait lentement tout en essayant de redonner à Manu le plaisir et l’excitation. Malheureusement, il fallut de longues minutes avant qu’il se mette enfin à ressentir une once de plaisir à avoir
Cyril en lui. Au moment où Manu commençait enfin à gémir de plaisir et non de douleur, il sentit la semence de Cyril se verser, l’adulte n’en pouvant plus. Ce fut quand il se reprit légèrement
après avoir crié de plaisir qu’il releva la tête vers Manu :
- Je suis désolé Manu, je n’aurai pas pu me retenir une seconde de plus !
- C’est pas grave ! dit-il en se retenant de gémir en sentant le sexe de Cyril toujours en lui.
Mais continues, je t’en supplie, continues !
A peine eut-il terminé sa phrase qu’il sentit Cyril reprendre ses coups de reins, cette fois plus intensifs. L’excitation monta en flèche, Manu
ondulait du bassin pour qu’ils approfondissent leur acte, n’en pouvant tous les deux plus de chaleur. Leurs gémissements se faisaient insistants et leurs corps se collait l’un contre l’autre,
légèrement collants par la transpiration. Manu serrait de plus en plus ses jambes autour de Cyril, empoignant son coussin tout en criant à chaque coups de reins. Entendre Cyril gémir également le
rendait fou… Cet homme était tellement sexy quand il prenait des airs excités que Manu ne savait plus du tout comment faire pour assouvir son excitation qui était à son comble. Le sexe durci de
Cyril faisait des vas et viens parfaits, Manu étant humidifié comme il le fallait avec la semence de son amant. Leur langues communiquaient toute l’envie, l’impatience et le désir de l’autre,
Manu était heureux de voir à quel point Cyril avait envie de lui. Il ne s’était jamais imaginé qu’il le désirait à ce point et l’idée même que Cyril avait déjà été excité et avait déjà jouit une
fois rien que par le corps de Manu, cela le rendait serein et davantage excité. Ils jouirent cette fois ensemble, Manu ne sachant plus se retenir et Cyril le suivant dans un cri, le front posé
contre son torse.
Le couple resta dans cette position un moment, Manu avait entouré ses bras autour de Cyril qui reprenait son souffle lentement. Le jeune lui retira finalement ses cheveux du front, mouillés
par la transpiration de leur acte jusqu’à ce que Cyril relève la tête et regarda Manu étrangement. Il ne sut jamais décrire exactement ce regard, mais il était certainement content qu’ils aient
enfin couchés ensemble. Cyril se retira enfin de l’emprise de Manu, celui-ci se coucha sur le coté pour enfin s’endormir tandis qu’il sentait les bras protecteurs de son amant l’entourer. IL y
avait tellement de tendresse dans son geste, tellement de sincérité dans son soupir de bien-être que Manu ne s’empêcher de lui demander une chose qu’il refusait de quiconque :
- Cyril, je peux te demander un service…
- Mmh..bien sur.
- S’il-te plait, à présent, oublie mon surnom et..appelle-moi Emmanuel.
L’adopter ?! Mais qu’est-ce que Cyril racontait ?
- Qu’est-ce que tu racontes ? demanda Manu, totalement sous le choc.
Tu délires là ?
- J’ai vu avec la directrice, et elle est d’accord sous plusieurs conditions. Je dois avoir trouvé un travail, un appartement. Cela je l’ai trouvé cette semaine, ce qui explique mon absence. Et surtout je dois avoir ton accord. Si tu acceptes, dans une ou deux semaines, nous quittons cet endroit pour toujours tous les deux. C’est la seule solution que j’ai pu trouver.
Que pouvait-il dire à ce moment… Tout semblait résolu et cela était impensable. Vivre tous les deux, vivre dans un apparemment rien que tout les deux. C’était impossible, irréalisable. Il y avait tellement de folie dans les yeux de Cyril, il était tellement sur de lui que Manu avait vraiment du mal à y croire. Il rajouta alors :
- Je sais que ça peut paraître fou Manu. Si tu ne veux pas je comprendrais. Demain, nous devrons aller voir la directrice et tu devras donner ta réponse. Je te laisse seul pour prendre ta décision.
Sans même lui laisser le temps de se retourner, Cyril partit de la chambre laissant Manu rester planté ainsi pendant de longues minutes pour se rendre réellement compte de ce qu’il se passait. Finalement, un léger sourire se dessina sur ses lèvres et il se laissa tomber sur son coussin, le cœur battant. Il ressentait un bonheur tel qu’il avait envie de hurler de joie. Partir de cet endroit à jamais pour aller vivre avec Cyril… C’était son rêve le plus fou qui se réalisait. Il avait prévu le coup pendant une semaine et maintenant, tout semblait tellement facile que c’en était difficile à croire. Pourtant, Cyril ne plaisantait pas du tout. Il allait bel et bien se faire adopter par son « éducateur ». Il sut à peine dormir de la nuit tellement l’excitation et l’appréhension le submergeait. Il s’imaginait déjà lui et Cyril en train de faire l’amour la première fois ensemble, dans leur lit, chez eux. Chez eux… Manu réussit enfin à s’endormir à cette pensée. Le lendemain, Manu se leva extrêmement tôt pour se préparer à rendre sa répondre qui lui semblait à présent totalement évidente. Mais alors qu’il tentait de se lever seul, il pensa tout à coup aux mauvaises choses qui pouvaient leur arriver. Et s’il venait, un jour, à ne plus pouvoir s’entendre… Comment feraient-ils puisque Cyril et Manu n’allaient plus pouvoir être séparés de sitôt par la loi. Le doute régnait en lui, mais même s’il était mort de peur à l’idée de vivre dans une maison, avec quelqu’un, l’envie que cela se fasse était la plus forte. Ce fut la peur au ventre qu’il se rendit plus tôt que prévu au bureau de la directrice. Elle l’invita à s’assoir immédiatement, Manu venant directement au but :
- Je suis venu donner ma réponse pour… pour la réponse.
La directrice prit subitement un air très sérieux, et prit quelques papiers de son armoire en répondant à Manu :
- Tu acceptes ?
- Oui.
- Et tu te rends compte de ce que cela implique ? Ce ne sera peut-être pas très facile pour toi et Cyril. Je me rends bien compte que vous vous êtes attachés l’un à l’autre, mais..
- Allez droit au but.
- Sais-tu ce que Cyril fait pour toi en ce moment ? Tu ne pourras pas revenir en arrière, il s’est trop démené pour toi… Il a trouvé un appartement et un travail en un temps record…
- Ne vous inquiétez pas. Je me rends bien compte que je suis chanceux, mais je ne vais pas commencer à le crier sur tous les toits. Vous me connaissez…
- Oui, en effet. Dit-elle en souriant.
Je fais appeler Cyril et nous n’avons plus que quelques papiers à signer. J’espère vraiment que vous allez former une belle famille.
Manu se sentit pour la première fois de sa vie totalement désemparé et visé. Il avait l’impression que la directrice était au courant de la liaison qu’ils entretenaient Cyril et lui et rien que l’idée qu’elle sache le terrifiait. Seulement, cela n’était que le commencement. Même s’ils allaient vivre ensemble, personne ne pouvait savoir et personne n’allait savoir. Son cœur battait la chamade mais se calma directement en voyant Cyril arriver. Il sourit intérieurement et déclara à Cyril d’un ton détaché bien que cela lui faisait extrêmement chaud au cœur :
- Tu t’assoies avec nous Cyril. Je crois que nous avons des papiers à signer.
Celui-ci vint s’assoir, Manu évitant de le regarder par gêne de la situation. Il ne comprenait pas trop pourquoi, mais il n’osait vraiment pas le regarder. L’idée même que Cyril sache que Manu avait accepté avec joie le gênait horriblement. Mais la directrice ne fit qu’accentuer son sentiment quand elle rajouta aussitôt :
- Je viens d’avoir une discussion avec Manu et il accepte.
Manu fut étonné de voir le sourire qu’avait Cyril. Cela lui faisait tant plaisir que cela ? Il n’avait jamais vu un tel sourire s’afficher sur ce merveilleux visage et rien que de le voir, il avait envie que cette scène ne s’arrête jamais.
- Je vais avoir besoin de vos signatures à tous les deux sur ces papiers, mais avant, je vous explique comment nous allons procéder. Grâce à, excuse-moi Manu, à ton état de fragilité mentale, j’ai pu accélérer le processus d’adoption et tu pourras quitter ce lieu définitivement dans deux semaines.
- Dans deux semaines, l’interrompis Cyril, mais je dois commencer mon travail dans une semaine !
Manu tourna vivement la tête vers lui, soudain effrayé. Une semaine sans Cyril, comment allait-il faire à présent ? La directrice, elle, sourit et rajouta :
- Tant mieux, cela vous laissera le temps de vous installer avant que Manu ne vous rejoigne.
Le jeune homme baissa les yeux, déçu de ne pouvoir partir tout de suite et surtout, en colère et angoissé de devoir affronter une semaine entière sans Cyril pour l’épaule comme il le faisait toujours. Seulement, Cyril lui, semblait encore plus perdu. Cet air de chien abattu donnait envie à Manu de se jeter sur lui pour l’embrasser et le consoler, mais à nouveau, la directrice l’interrompit dans ses pensées :
- Cyril, voulez-vous toujours adopter Manu ?
Le voir ne pas répondre à la question fit presque arrêter le cœur de Manu en attendant sa réponse. Pourquoi attendait-il pour répondre ? Il n’avait qu’à dire « oui » et tout était réglé. Manu serra son poing de stress, qu’allait-il arriver s’il refusait à présent…
- Cyril, vous m’écoutez toujours ? Je vous ai posé une question.
- Ah… pardon… je n’ai pas entendu.
- Je vous demandais si vous souhaitiez toujours adopter Manu.
- Bien sur ! répondit immédiatement Cyril.
Manu soupira en espérant que personne n’ait rien entendu, mais il devait évacuer la peur qu’il avait ressenti pour ces malheureuses secondes. La suite de cette réunion se déroula rapidement. Les papiers furent signés, la directrice demanda à visiter leur appartement et le droit à certaine visites dans un premier temps pour voir si tout allait bien. Après les dernières recommandations, Cyril aida Manu à quitter le bureau et à rejoindre sa chambre. Une fois que celui-ci eut regagné son lit, Cyril lui demanda subitement s’il avait mangé, et devant la négation de Manu, il le laissa lui disant qu’il revenait au plus vite. Manu n’y avait même pas pensé, tellement l’excitation de la réponse l’avait emporté dès le matin chez la directrice. Cyril revint avec un plateau et un petit-déjeuner copieux, Manu se redressa et s’adossa au mur. Il vint s’assoir au bord du lit et commencèrent tous deux à manger en silence jusqu’à ce que Manu sursaute légèrement en voyant Cyril se tourner brusquement vers lui et lui demander :
- Tu es vraiment d’accord ? C’est vrai ?
Sa question était tellement absurde qu’un simple oui l’était tout autant. Manu déposa alors le plateau sur la chaise d’à côté et regarda Cyril pour
finalement, attraper son t-shirt au niveau de la poitrine et l’attira vers lui. En voyant enfin que Cyril ne refusait pas du tout ce genre de rapprochement, Manu embrassa Cyril en prenant
rapidement contact avec sa langue. Il avait l’impression que cela faisait une éternité qu’il n’avait pas eu la chance de rencontrer sa langue à nouveau et se donna alors à fond pour que Cyril
soit bien. Rapidement, leur baiser devint très fougueux, Manu se sentait de plus en plus consumé par ce baiser. Il baissa peu à peu sa main de la nuque de Cyril à son bas du dos pour le
rapprocher contre lui, toujours plus. Rien que de savoir que pendant une semaine, Manu n’allait pas avoir un seul de ces baisers, il se donna encore plus pour qu’ils prennent plaisir tous
les deux. Finalement, en sentant l’excitation commencer réellement à prendre le contrôle du baiser, il préféra s’arrêter là, ne voulant plus qu’ils aillent plus loin avant d’habiter ensemble.
Manu enfouit sa tête dans son cou et glissa juste un mot au passage, un mot qu’il avait envie de prononcer depuis un bout de temps déjà. Ce mot était à peine perceptible mais il était tout de
même là. Il dit « merci » à Cyril, sachant très bien que cela lui ferai plaisir. Manu sentit rapidement la fatigue le prendre, les nouveaux évènements l’ayant épuisé.
La semaine se passa ainsi, le cœur de Manu et de Cyril légers. Malgré qu’il n’aimait pas trop quand Cyril partait, c’était pour la bonne cause et il le revoyait à chaque fois de toute manière.
Leurs baisers et leurs caresses étaient toujours plus poussées les unes que les autres et tendres, sentant bien tous les deux qu’il était temps qu’ils aillent plus loin. Pour cela, il fallait
qu’ils s’en aillent d’ici, qu’ils quittent à jamais cet endroit plein de malheurs bien que c’était également celui de leur rencontre, d’un nouveau départ pour tous les deux.
Malheureusement, le jour où Cyril devait se séparer de Manu arriva. Cyril montrait fortement ses appréhensions quant à la semaine qu’ils allaient
devoir passés sans l’autre, mais Manu lui, le ressentait encore plus. Il avait peur de croire que Cyril ne revienne pas, même s’il savait que ces pensées étaient complètement folles. L’idée même
d’être à nouveau seul dans cet endroit était totalement impensable, inimaginable, impossible… Il fallait qu’il parte de là ou il était clair qu’il allait en finir une bonne pour toute. S’il
n’avait plus envie d’achever le travail maintenant, c’était juste parce que Cyril et lui allaient enfin avoir une vie d’espoir… Il pensa tout à coup que l’aveu de Cyril avait fait tout de même
beaucoup. Manu se trouvait égoïste à présent quand il pensa à la mort, il ne voulait pas briser le cœur de son amant.
Cyril dit au revoir à Manu la veille par quelques baisers que Manu essaya de faire le plus communicatif possible. Il allait lui manquer horriblement, c’en était presque insupportable. Bien qu’il
avait envie de se lancer à lui dire à quel point il ne voulait pas le voir partir, il se contenta d’écouter Cyril et répondit à ses baisers comme il le pouvait. La nuit fut particulièrement
difficile, et le matin de son départ, Manu vit un papier en dessous de sa porte, sachant très bien qu’il était encore temps pour lui de lui dire, ayant un besoin soudain de le faire.
Malheureusement, avec son handicap, il n’arriva que quand la voiture de Cyril sortait de la propriété, une envie de pleurer le prit par frustration et par tristesse de ne pouvoir pour une fois se
confier. Il regarda ensuite le papier qu’il avait toujours dans la main et le lit :
- Je prépare notre chez nous pour ton arrivée comme il se le doit. Quant à toi, repose-toi, je veux te revoir en forme… Tu me manques déjà. Cyril.
Manu afficha un sourire rayonnant en lisant la dernière phrase. Bien qu’il n’arrivait pas à se confier, Cyril le faisait parfois pour deux… Même s’il n’était qu’à une semaine de son départ, Manu se préparait déjà et triait certaines choses. 12 ans dans un orphelinat et dans la même chambre, les affaires s’étaient entassées au fur et à mesure du temps. La semaine passa dans une lenteur incroyable. Manu en arrivait presque jusqu’à décompter les heures avant de décompter le jour suivant. Bien heureusement, le mardi après-midi, le médecin vint lui enlever ses plâtres et il put se consacrer pleinement à sa rééducation. Même s’il souffrait horriblement de devoir replier la jambe ou de marcher, l’obstination d’y arriver fut bien plus forte. On lui répétait sans cesse qu’il devait se reposer après autant d’effort, mais Manu ne s’arrêtait de jamais de réhabituer ses muscles et ses os à la vie, ayant une raison que tout le monde connaissait. Il se contenta les derniers jours de regarder la télévision ou de fumer ses dernières cigarettes sur ce maudit banc. La veille de l’arrivée de Cyril, Manu prépara et vérifia s’il avait bien tout au moins jusque une heure du matin, trop excité de ce qui allait arrivé enfin. Son plus grand rêve depuis douze ans allait se réaliser enfin dans quelques heures avec, en plus, une personne merveilleuse. Il se coucha finalement pour ne dormir qu’une ou deux heures maximum, se levant déjà à cinq heures. Il avait une heure et demi pour se préparer définitivement à son grand départ. Voir sa chambre totalement vide lui faisait réellement bizarre et il avait encore du mal à réaliser qu’il n’allait plus jamais remettre les pieds là. Il s’était lavé, coiffé et habillé comme s’il allait à la plus grande occasion de sa vie. Ses vêtements avaient été choisis avec précision pour faire de l’effet quand Cyril arriverait, souriant déjà en enfilant son jean en comptant bien à ce que ce ne soit pas lui qui le retire ce soir. Il savait pertinemment que Cyril n’allait rien tenté, Manu allait s’en charger car l’envie de lui augmentait de jour en jour et savoir qu’ils allaient être totalement seul ce soir-là le mettait dans une excitation dingue. Il avait fait exprès de mettre un parfum qu’il adorait et qu’il avait piqué à un de ses anciens éducateurs qu’il avait fait viré, seuls souvenirs de son adolescence, se dit tristement Manu. Mais rapidement, il regarda à la fenêtre pour voir quand arrivait son « ancien éducateur ». A 6h30 pile, il vit sa voiture arriver et sortit le plus rapidement de sa chambre, ayant encore un peu de mal avec sa jambe, sa béquille et en plus sa valise. A chaque fois il était allé en famille d’accueil, il n’avait même pas pris la peine de prendre toutes ses affaires, il avait simplement un sac pour les quelques temps il allait passer là-bas, mais savait pertinemment qu’il allait revenir. Il dut se faire mal deux ou trois fois pour arriver à temps sur l’escalier principal, pour faire simplement mine qu’il attendait depuis des heures. L’envie de lui sauter dans les bras l’envahit en voyant Cyril arriver mais se contenta cette fois de se lever dès son approche pour voir que Manu avait totalement raison. Cyril se sentait déjà excité rien qu’à voir Manu habillé de la sorte, cela se voyait comme le nez au milieu du visage. Fier de lui, il répondit au léger sourire de Cyril… Cela lui faisait tellement de bien de revoir ce visage, ces yeux. Il avait envie de gouter à sa bouche pour bien se rendre compte qu’il était revenu. Manu préféra encore une fois jouer au garçon détaché, bien que c’était en réalité, tout le contraire :
- Tu en as mit du temps pour venir, j’ai cru attendre :
- Manu, il est 6h30.
- Et alors ? dit-il en ironisant, heureux d’entendre à nouveau sa voix si sensuelle et envoûtante.
Mais alors que Manu allait s’approcher quand même de lui pour le toucher en voyant qu’il n’y avait personne, la directrice arriva, Manu soupira déjà de la voir :
- Vous êtes tous les deux biens matinaux. Dit-il en souriant.
Pressez de partir à ce que je vois. Tenez, j’ai juste ces derniers papiers à vous remettre.
Elle tendit une pochette à Cyril, Manu s’impatientant déjà de partir. Elle rajouta une dernière chose :
- Je vous souhaite à tous les deux beaucoup de bonheur et tenez-moi au courant, même si je compte venir vous rendre visite, je doute que vous souhaitiez revenir ici. Merci pour le travail que vous avez fourni Cyril, et Manu, sois heureux, c’est l’unique chose que j’ai à te dire.
Après quelques au revoir échangés, Manu et Cyril s’en allèrent marchant côte à côte. Manu partit sans aucuns regrets, il avait le cœur léger… Cyril l’aida gentiment à monter dans la voiture dans un silence qui n’allait que mieux exploser. Il savait parfaitement que les retrouvailles allaient se faire bien plus intimes mais il fallait pour cela qu’ils quittent cet endroit, lieu où Manu espérait de tout cœur ne plus jamais revoir. Une fois assis à côté de Manu, Cyril tourna la clef dans le contact et ils démarrèrent, sous le regard soulagé et heureux de la directrice. Ce silence régna le temps de quelques kilomètres, Cyril et Manu souriant intérieurement de cette nouvelle vie qui commençait réellement à présent. Même si tout cela n’allait pas être facile dès le début, le plus important était qu’ils restent ensemble, et maintenant, même la loi les obligeait à le faire. C’en était presque trop beau pour être vrai. Mais soudainement, en plein milieu du chemin, Manu remarqua que Cyril se garait sur le côté et s’arrêta. Il eut à peine le temps de demander ce qu’il se passait que, déjà, Cyril avait introduit sa langue dans la bouche de Manu en le serrant comme jamais. Sa main passa directement en dessous de son pull, Manu ne pouvant qu’y répondre une fois l’instant de surprise passé. Il ne s’attendait absolument pas à un baiser pareil, tellement de passion, d’excitation, de manque… S’ils n’avaient pas été dans une voiture et qu’ils n’avaient pas encore couchés ensemble, Manu se serait déjà mis à califourchon sur lui pour qu’il se fasse prendre à la seconde. Ils se serraient l’un contre l’autre le plus possible, leur corps s’étant manqués horriblement et leurs mains passaient là où elles voulaient, sans jamais se contrôler. Cyril, apparemment encore plus excité que Manu, passa sa langue dans son cou tout en remontant un peu plus sa main sous son pull pour mieux caresser son torse qui eut pour effet, un nombre incalculable de frissons et une chaleur corporelle qui monta en flèche. Manu avait l’impression qu’ils allaient faire l’amour sur place tellement le désir était à son comble, mais aussi déboussolé que lui, Cyril préféra mettre fin à cela avant que cela n’aille trop loin pour pouvoir se contenir l’un l’autre et sourit à Manu en se reculant légèrement après un dernier baiser sur ses lèvres :
- Tu m’as manqué…
Rapidement, il reprit la route comme si de rien était, Manu se redressa légèrement sur son siège et remit en place ses vêtements dans un soupir, se remettant encore de ses émotions. Après plus ou moins une heure et demi de route, Cyril s’arrêta. Manu, qui s’était à moitié endormi, se réveilla brusquement et regarda autour de lui :
- On est arrivés. Déclara Cyril en souriant et sortant déjà de la voiture.
Manu ne perdit pas une seconde de plus et sortit également avec l’aide de la béquille que lui tendit Cyril. Ils rentrèrent ensuite, Manu fut presque émerveillé. Ce n’était peut-être pas grand-chose, mais c’était chez eux. Et rien que porter ces mots pouvaient changer un taudis en un vrai palace :
- C’est pas luxueux mais au moins, il y a de la lumière et puis, je vais décorer ça au fur et à m..
- C’est parfait ! le coupa Manu.
Il se dirigea ensuite vers la cuisine, puis la salle de bain et arriva à sa chambre où il remarqua que Cyril le suivait :
- Je t’attendais pour que tu la décores à ton gout !
Manu sourit légèrement et se dirigea vers la pièce la plus intéressante pour lui ; la chambre de Cyril. Il remarqua que c’était une pièce très blanche, le soleil allait donner une partie de ses rayons dans ses pièces durant presque toute la journée. Il sentit la main de Cyril se poser sur sa hanche et un baiser se déposa dans son cou. Il l’enlaça ensuite par derrière et posa son menton sur l’épaule de Manu, celui-ci posa ses mains sur les bras de Cyril, un sentiment de bien-être l’envahissait pleinement. Il finit par murmurer à l’oreille de Manu, la voix pleine de sous-entendus :
- C’est ici qu’il se passera le plus de choses…
- Et j’ai hâte que ça commence.
- On peut commencer tout de suite si tu veux… dit étonnement Cyril en posant les mains sur la boucle de ceinture de Manu.
Mais alors qu’il était déjà en train d’ouvrir sa ceinture et qu’il posait ses lèvres dans son cou, Manu se retourna vers Cyril en souriant, gêné :
- On va peut-être manger un peu non avant de se sauter dessus..
Il tapa légèrement l’épaule de Cyril qui semblait surpris de sa réaction et alla dans la cuisine pour se servir un verre d’eau, s’étant débarrassé
entre temps de sa béquille, et donc, boitant légèrement. En réalité, dès qu’il s’agissait de réellement se préparer à coucher ensemble, Manu avait subitement peur. Il était effrayé que le corps
de Manu, que ce qu’il dégageait ne plaisent pas à Cyril. Il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il avait tout de même très peu d’expérience et que même s’il prenait des airs détachés, il était
effrayé dès qu’il fallait aller plus loin que des caresses et des baisers. Il ne pouvait, non plus, s’empêcher de repenser aux mains indélicates de Marc lui parcourant le corps, même s’il disait
avoir « oublié ». Et si Cyril n’était pas plus doux que Marc… Manu avait tellement de peur de souffrir à nouveau de cette façon que rien que le fait d’imaginer que Cyril soit aussi
distant une fois qu’ils feraient l’amour, cela lui stoppait toute ardeur. Finalement, ils enlevèrent ensemble les affaires de Manu pour les ranger dans les placards, Cyril jouant un peu avec Manu
en dépliant ses sous-vêtements pour les regarder en détails, un sourire un peu niais s’affichait parfois sur son visage en s’imaginant apparemment Manu avait seulement cela sur le corps. Ou tout
simplement, il devait penser à Cyril en train de lui enlever, le connaissant, avec les dents. En se souvenant à la façon dont Cyril l’avait masturbé, ce devait être quelqu’un de très passionné et
il devait faire l’amour jusqu’à l’épuisement… Manu souriait discrètement en pensant à tout cela, rangeant sagement et silencieusement ses affaires. Malgré que Cyril essaya toute la journée
d’aller plus loin que leurs baisers, Manu tentait toujours de s’enfuir de cette situation malgré qu’il en avait tout autant envie que lui. Maintenant que l’occasion de coucher ensemble se
présentait sans aucun obstacle, l’appréhension prenait une place bien plus importante. Alors dès que les mains de son amant passèrent à l’entrée de son jean ou près de son entrejambes, Manu
reculait presque par réflexe.
Le soir arriva bien vite. Manu et Cyril étaient tous les deux en train de regarder la télévision jusqu’à ce que le jeune homme remarque qu’il neigeait à l’extérieur. Il se leva, excité comme un
enfant, tandis que Cyril lui demandait ce qu’il y avait. Manu se dirigeait jusqu’à la porte et l’ouvrit pour regarder la beauté du spectacle. Cyril le rejoint et posa son bras contre l’entrée.
Ils regardèrent un moment en silence jusqu’à ce que Cyril baille et dise :
- Bon, je vais aller me coucher…
Manu fut un peu déçu malgré tout que Cyril n’insiste pas plus sur le fait que Manu vienne dormir avec lui. Mais alors qu’il était sur le point de partir, Manu sentit qu’il le tirait le bras pour qu’il vienne avec lui. Il refermit la porte et la verrouilla pour finalement, se faire aider à marcher jusqu’à la chambre. Voir que Cyril retirait sa chemise et son pantalon sans pudeur le fit rougir légèrement. Manu pensa qu’à part l’avoir vu nu une fois par mégarde, il ne l’avait encore jamais vu se déshabiller devant lui. Seulement, pendant la contemplation de son corps presque nu, il ne fit pas attention que Cyril s’approchai de lui jusqu’à ce qu’il le sorte de ses pensées en parlant :
- Déshabilles-toi… dit-il d’une voix explicite.
- Il fait froid, on va pas commencer à dessaper !
- Je connais une façon de se réchauffer moi… Tu veux que je te montre ?
Sans qu’il ait le temps de réagir, Cyril tira Manu par sa ceinture et frôlait ses lèvres, voulant faire endurer à Manu un véritable calvaire.
- On peut pas faire ça plus tard… demanda-t-il d’une voix peu assurée.
- Il y a un problème ? répondit tout aussi vite Cyril, comme s’il s’y attendait, restant très calme et essayant de comprendre.
Seulement, comment dire que l’on était mort de peur à l’idée de coucher avec alors que l’on attendait que ça ? Tout cela était contradictoire. Ne pas vouloir le faire et pourtant, en mourir d’envie… Manu se sentait ridicule.
- Non…je te jure que non…
- Tu évites tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à un préliminaire ou je deviens fou ?
Bizarrement, Manu craqua à ce moment-là, n’en pouvant plus de se retenir de dire la moindre chose :
- Je suis désolé… Je bloque dès que tu m’approches de trop ! Je ne fais pas exprès Cyril, c’est juste que..
- Hey. Ne te prends pas la tête ainsi. On a tout le temps à présent… C’est juste que je croyais que tu avais envie de moi, je..
- Mais j’ai envie de toi Cyril ! Tu ne comprends pas, c’…
- Marc hein.. ?
Manu ne répondit pas. Que répondre à cela ? C’était la vérité de toute façon… Cyril le comprit parfaitement au silence qui régna tout à coup et il posa ses mains sur ses épaules, le forçant à le regarder :
- Ne te jette pas des pierres parce qu’on ne couche pas ensemble dès le premier soir ! On est ensemble à présent, rien ne peut nous séparer tu entends… On fera l’amour quand tu seras prêt, et tu verras.. je te ferais grimper aux rideaux !
Il émit un léger rire, apparemment amusé de sa réflexion et lâcha les épaules de Manu pour aller se coucher. Il ouvrit ensuite les couvertures à ses
côtés pour l’inviter à le rejoindre. Ses paroles fusaient encore dans la tête de Manu et bizarrement, sa dernière phrase le rendit sur de lui. Il enleva lentement son pull, les mains légèrement
tremblantes et ouvrit ensuite sa ceinture, le regard de Cyril changeait, semblant comprendre à la façon que Manu avait de se déshabiller. Sentir le regard de cet homme sur son corps l’excitait et
le gênait, c’était une sensation très étrange. Manu le vit bouger et se redresser en voyant son pantalon tomber sur le sol, Cyril était apparemment, incontrôlable face au désir qu’il ressentait
pour le jeune. Ce dernier jeta son pantalon sur le côté d’un coup de pied et mit ses mains sur son boxer. Il n’hésita même pas une seconde en voyant le regard de Cyril qui semblait devenir de
plus en plus excité à la vue qu’il avait. Il était à présent un peu redressé et avait posé son coude sur son coussin, attendant la suite. Manu se retrouva pour la première fois entièrement nu
devant son amant qui le regarda de longues secondes avant de lui tendre la main en lui disant doucement de venir.
Le jeune homme rejoignit Cyril et profita pour cacher son intimité sous les couvertures, rougissant de honte. Il regarda longuement Cyril avant de voir que l’adulte mit une main autour de la
taille de Manu pour qu’il se rapproche de lui. Leur corps collés l’un contre l’autre, Cyril frôla ses lèvres contre celle de Manu qui était terrifié à l’idée de le décevoir. Si cela arrivait,
qu’allaient-ils faire maintenant qu’ils étaient obligés de rester ensemble…
Rapidement, il sentit les lèvres de Cyril se poser dans son cou et sa langue caresser son épaule. Les muscles de Cyril étaient parfaitement mis en valeur avec pour seule lumière, une lampe sur
pied allumée dans le coin de la pièce. La chaleur de son corps était presque doublée, faisant alors réchauffer celui de Manu à une vitesse folle. Plus le temps passait, plus sa langue devenait
insistante et gourmande. Ils s’embrassaient comme ils l’avaient rarement fait, n’ayant plus besoin à présent de se mettre des limites de peur qu’ils ne se fassent entendre. Non, à présent, ils
pouvaient tous les deux crier leur plaisir et leur jouissance sans que personne ne les dérange… Rapidement, Manu se retrouva en dessous de Cyril et leur baiser était si profond que Manu croyait
qu’il ne pouvait l’être davantage qu’en ce moment. Leur langue se cherchait l’une l’autre, leurs mains jouaient sur tout leur corps. Cyril dégageait une telle douceur que Manu n’était même plus
inquiet de ce qu’il pouvait arriver à présent, il savait parfaitement que tout allait bien se passer et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Cyril descendit petit à petit sa main le long du corps de
Manu, qui à présent trop excité, la prit brusquement pour la mettre sur son sexe. Cyril au premier moment étonné, sourit finalement et le regarda un moment tout en le caressant. Manu se retenait
de gémir, peut-être par habitude ou par gêne mais Cyril semblait frustré de ne pas l’entendre. Il intensifia ses caresses et finit par dire :
- J’ai envie de t’entendre gémir… Ne te retiens pas Manu.
Ce fut comme le déclic. Par une caresse plus poussée, Manu émit un long gémissement poussé que Cyril sembla apprécier. Ce fut après quelques minutes
que sans trop s’en rendre compte, Manu posa sa main sur celle de son amant pour l’accompagner dans les caresses et se mit lentement à se masturber pour faire comprendre à Cyril de le faire à sa
place. Mais au lieu de cela, Manu vit Cyril s’abaisser et commencer à lui lécher le sexe. C’était la première fois qu’on allait lui faire une fellation… Bien qu’il s’était fait prendre un bon
nombre de fois par des éducateurs, jamais ils n’avaient cherchés les uns aux autres à se faire un quelconque plaisir mutuel. Ils se vidaient juste une fois en Manu, se satisfaisant l’un à l’autre
dans des situations différentes.
Voir Cyril commencer à lui lécher le bout de son pénis fut aussi gênant qu’horriblement excitant. Il se tendit légèrement en remarquant qu’il était le seul à prendre du plaisir mais Cyril se
donnait bien trop pour qu’il ne ressente quoi que ce soit. Manu se fit sucer d’une façon telle qu’il croyait mourir de plaisir. Sentir la langue de Cyril à cet endroit de son corps aurait déjà pu
être la dernière chose qu’il vivait en ce monde sans rien regretter de sa vie, mais en sentant qu’il commençait réellement ses vas et viens, jouant en même temps avec sa langue sur son sexe était
presque trop pour qu’il ne jouisse pas. Sa bouche se serrer tout en glissant tout le long le faisant déjà « grimper aux rideaux » et le voir faire cette fellation, les yeux fermés était
incroyablement beau à voir. Manu serra les draps et plia ses doigts de pieds par la sensation, n’en pouvant déjà plus. Mais malheureusement, Cyril accéléra le rythme et Manu ne put s’empêcher de
jouir dans un cri, extrêmement honteux de ne pouvoir se retenir plus longtemps. Cyril ouvrit immédiatement les yeux vers Manu en avalant sa semence, semblant étonné qu’en réalité, il avait si peu
d’expérience… Manu, lui, se mit le bras sur les yeux de honte, rougissant comme jamais. Il sentit finalement que Cyril s’était à nouveau mis à ses côtés et qu’il recommençait ses baisers. Mais il
arrêta subitement en voyant que son bras ne bougeait toujours pas de ses yeux :
- C’est pas grave tu sais… Dit-il en prenant une voix rassurante, sa main passait sur tout son torse.
- Tu rigoles ? Bien sur que si c’est grave !! Je viens de me taper la honte de ma vie !
- Je t’apprendrais à tenir beaucoup plus longtemps.. répondit-il en lui léchant l’oreille.
Manu se tourna alors sur le côté pour ne pas à avoir à regarder Cyril qui réagit immédiatement à cela :
- Hey, qu’est-ce que tu fais ? Tu vas me laisser comme ça ?
Le jeune homme ne put s’empêcher de se retourner pour regarder. En effet, son excitation était parfaitement marquée par une bosse sous son boxer. Rien que cette vue lui donna subitement envie d’aller plus loin, beaucoup plus loin… Il ne lâcha pas des yeux cette partie du corps de Cyril jusqu’à ce que Manu remarque que Cyril se redressait sur ses genoux pour baisser son boxer sans aucune honte contrairement à lui. Son corps entièrement nu était tellement parfait. Voir pour la première son sexe de près était la plus belle chose qu’il avait peut-être vu de toute sa vie. Manu sentit une érection se former dès le premier coup d’œil et apparemment, il n’y avait pas que Manu qui le vit. Cyril sourit en faisant un regard plus qu’explicite. S’il espérait que Manu lui fasse une fellation, il pouvait toujours attendre car il en était totalement incapable. L’idée même de le décevoir encore une fois le terrifiait et à présent, il préférait ne rien faire. Cyril s’abaissa en voyant que Manu ne savait même plus cacher sa peur, étant à présent complètement bloqué dedans. L’adulte posa son front contre celui de Manu et demanda :
- Tu as peur ?
- Non… mentit au départ Manu pour se trouver ensuite ridicule et se rectifia.
En fait.. oui ! Je suis mort de peur.. Je ne sais pas pourquoi, je t’ai déjà déçu, arrêtons tant que tu ne me détestes pas encore !! S’il-te plaît…
Cyril sembla tout à coup étonné de ce que Manu disait et il ne répondit qu’après quelques secondes.
- Déçu.. ? Tu crois que tu m’as déçu ? Tu crois que j’espérais que tu ais beaucoup d’expérience ? Je me doutais que tu n’en avais pas beaucoup. Ce n’est pas dans un orphelinat qu’on apprend ces choses là. J’étais juste surpris que..
- Tu vois ? J’ai raison ! Je t’ai déçu..
- Surpris ne veut pas dire que je suis déçu de toi Manu ! répondit Cyril avec son ton sérieux.
Jamais je ne le serai, tu entends ?
Ses lèvres se déposèrent enfin sur celles de Manu qui sentait son cœur battre si fort qu’il était certain que Cyril le sentait. Il était mélangé entre
la peur, le bonheur et l’amour. Il ressentait un élan du cœur qui le força à embrasser Cyril bien différemment des autres fois. Il avait envie de lui faire passer tout ce qu’il ressentait pour
lui, son envie de lui, son attachement qui se faisait de jour en jour plus fort et qui n’avait que doublé quand il avait apprit qu’ils allaient vivre ensemble. Leur maison allait enfin leur
permettre de vivre pleinement leur relation et à présent, ils allaient pouvoir coucher ensemble sans s’interrompre une seule fois pour ne pas se faire remarquer, ils n’allaient pas devoir faire
ça dans un malheureux lit d’un orphelinat. Non, ils étaient tous les deux dans un lit gigantesque, un lit pour deux… Cette pensée parut un peu bête dans la tête de Manu mais finalement, il
trouvait qu’il avait raison. Leur amour avait enfin la permission de s’amplifier et d’être.
Manu regarda Cyril lui embrasser le torse d’un air pensif. Il était tellement beau qu’il se demandait bien que cet homme lui trouvait. Manu avait un caractère insupportable, il était soupe au
lait, il était seul et au moment de leur rencontre, ne cherchait même pas l’amour, ni ne croyait en lui. Est-ce que Cyril aimait cet air détestable ? Pourquoi l’aimait-il ? Bizarrement,
qu’il l’aime pour ce qu’il était au plus profond de lui ou pour ce qu’il dégageait extérieurement, les deux solutions lui faisaient mal. Il ne comprenait pas comment quiconque pouvait l’aimer, se
détestant lui-même.
Etant trop profondément dans ses pensées, il ne remarqua pas Cyril qui le regardait et qui semblait un peu inquiet de l’état dans lequel Manu se trouvait. Mais faire l’amour avec lui, c’était
comme se remettre en question. Pour une des premières fois de sa vie, ça arrivait et Manu avait choisi ce moment et pas un autre. Il vit que l’adulte soupira comme s’il ne savait plus quoi faire,
Manu réagit immédiatement à cela, mal à l’aise :
- Je suis désolé !
- Ne le sois pas, enfin…
A l’instant même où il avait fait cet aveux à Manu il regretta, et sa réaction ne fit que confirmer son regret. Il aurait
pourtant du le prévoir. Après tout, il connaissait Manu. A quoi s’attendait-il à un "moi aussi", ou encore mieux à une "Je t’aime Cyril"… Manu ne disait déjà pas ce qu’il ressentit au niveau de
son mal être, alors pourquoi diable irait-il lui révéler ses sentiments. Car en effet Manu fit finalement ce à quoi s’attendait Cyril.
Après avoir taper son poing contre sa poitrine, Manu ajouta d’une voix emprunte d’un désespoir profonds, contrastant avec la dureté de son propos :
- Et moi, je te déteste de m’aimer !!
Cyril était préparé à tout, sauf à une réponse aussi violence. A l’amour, Manu répondait par la haine. Jamais Cyril
n’aurait pensé que ces quelques mots auraient étaient aussi éprouvant pour lui. Il savait qu’il aurait encore une fois, mieux fait de se taire. Une douleur sourde lui
déchirait le cœur de l’intérieur. Il ne parvint plus à prononcé un seul mot, trop détruit par ceux de Manu. Même s’il souffrait, pourquoi rejetait-il toujours son aide ou pire encore son amour.
Oui, manu n’acceptait même pas les sentiments des autres, mais de lui, il aurait espéré que cela soit différent. Ou encore, peut être ne partageait-il tout simplement pas ses sentiments… Il
rejeta rapidement cette hypothèse sentant qu’elle était plus que dangereuse. Fatigué d’être toujours celui qui fait l’effort, il ne répondit rien, laissant le silence les envahir et s’immiscer
entre eux.
Deux infirmières finirent par arriver à l’extérieur, ayant apparemment remarqués la scène et ayant eus la même intuition que Cyril. Elles coururent toutes deux vers eux, affolées par leur états,
tout deux étendus sur le sol enneigé. Cyril se releva alors, aidant Manu à faire de même du mieux qu’il pouvait. Mais alors qu’il se retrouvait debout, Cyril s’aperçut qu’il était en train de
perdre connaissance et n’écoutant que son instinct, il le rattrapa de justesse. Avec l’aide des deux infirmières, ils le ramenèrent jusqu’à sa chambre ou elle lui demandèrent de se pousser pour
prodiguer les soins pour Manu et surtout d’aller boire un café ou du moins une boisson chaude pour se réchauffer.
Cyril attrapa un café dans un machine et préféra aller dehors directement. Au lieu de prendre la direction de la sortit, il remonta sur le toit, là ou il avait failli perdre il y a à peine
quelques instant l’être qui venait de lui avouait qu’il le détester. Lorsqu’il sortit, il fit immédiatement saisi par le froid, mais tenta de ne pas y prêter vraiment
attention. Il alla directement s’assoire sur le rebord, où Manu avait faillit sauter. Il posa doucement son café sur le rebord à côté de lui, et s’alluma une cigarette. Ses jambes pendaient dans
le vide. Le jour commençait à se lever et le soleil hivernale à lui apporter un peu de chaleur. Mais pour le froid que Cyril ressentait rien ne semblait pouvoir y faire. Son cœur était comme
glacé, saisit par la glace depuis les mots bien trop dur de Manu. Il passa une bonne partie de la matinée sur le toit, fixant le vide dans lequel Manu avait finit se jeter. Un court instant, il
fut presque tenter de faire la même chose que lui. Mais cette idée s’en alla aussi rapidement qu’elle était venue. Malgré ce qu’il lui avait dit, Cyril ne pouvait se contraindre à abandonner
Manu. L’idée même que Manu aurait été capable de faire une telle chose à deux reprises lui fit encore plus mal. Quelle souffrance Manu devait il ressentir, pour désirer en finir à ce point ?
Ce fut finalement une des infirmières qui vint de voir, lui intiment de rentrer au plus vite, s’il ne voulait pas à son tour finir sur un lit, malade comme tout les autres à cause du froid. Cyril
rentra de nouveau dans le bâtiment, mais il ne parvint pas à regagner directement la chambre de Manu. Il lui fallait du temps pour encaisser, du temps pour accepter et surtout du temps pour
pardonner. Ce temps, il ne pouvait l’avoir, sachant qu’il faudrait bien qu’il regagne la chambre dans la journée, mais il préférait repousser cet instant au maximum. Il en venait presque à douter
du bien-fait qu’il prodiguait à Manu…
Tout l’après-midi, il erra dans les couloirs de l’hôpital, allant à l’heure du souper grignoter un petit quelque chose à la cafétéria. Il éternisa son repas, qui ne comportait qu’un paquet de
chips et un café, et du se résoudre vue l’heure tardive à regagner la chambre de Manu. Il avait repousser au maximum cet instant. A peine eut il pousser la porte de sa chambre, qu’il remarqua
directement que Manu était en train de faire un malaise et n’arrivait plus à respirait. Il appela directement quelqu’un et, oubliant ses ressentiment, il s’approche de lui directement. Manu
empoigna directement la main de Cyril pour la serrer extrêmement fort semblant essayer de faire disparaître et communiquer ce qu’il ressentait. Cyril mis son inquiétude de côté et petit à petit,
il lui murmura de se calmer et de respirer lentement. Cela fonctionna après de longue minutes. Cyril décida alors qu’il devait cesser de divagué et se concentrer sur le bonheur de Manu, ou du
moins éviter qu’il ait ne serait ce que l’idée de sauter d’un toit. Il avait plus que besoin de lui.
Ainsi, les quelques jours à l’hôpital se terminèrent. Ainsi, les quelques jours à l’hôpital se terminèrent. Manu avait été mis en main par plusieurs psys qu’il ignorait totalement. Une fois qu’un
d’eux rentraient dans la pièce, ou Manu se mettait en colère ou il ne disait pas un mot. Les seuls moments où il était totalement calme était quand Cyril était seul avec lui. Il suffisait d’un
médecin, d’une infirmière ou d’un psychologue pour que Manu commence déjà à s’énerver ou à avoir mal aux côtes. Cyril ne voyait pas trop quoi faire, et voir Manu continuer à rester ainsi fermer
au monde extérieur lui faisait mal. Un jour avant le départ, une des psy qui avait vu Manu, demanda à Cyril de venir parler un instant avec elle. Lâchant délicatement la main de Manu qui dormait
à poing fermé, il partit à sa suite. Cette réunion ne dura pas longtemps et n’apporta rien de particulier à Cyril qu’il ne savait déjà. Manu réitèrerai ses tentatives de suicides dans cet
orphelinat et il lui fallait trouver une vrai famille d’accueil. S’il continuait ainsi, il finirait dans un institut spécialisé. C’était une des dernières choses qu’il faudrait qu’il arrive à
Manu. Cyril se retrouvait devant un problème insoluble. Il ne voyait aucune issue possible et semblait tout aussi mal que Manu.
Après une semaine d’hôpital, on autorisa Manu à regagné l’orphelinat. Cyril redoutait tout autant que Manu ce regard dans ce lieu. Il n’avait cependant trouvait aucun moyen pour lui éviter
cela.
L’amour qu’il éprouvait pour Manu, lui permettait de l’accompagner dans ce épreuve, mais elle la rendait en même temps terriblement difficile. Cyril ne savait plus trop quoi faire ni dire. Vu la
réaction qu’avait Manu à son aveux, il ne se voyait plus l’embrasser ou faire quoi que ce soit d’autre. Il ne s’en sentait plus le droit et surtout plus le courage. En réalité la fatigue et la
lassitude commençait à l’atteindre. Il était fatigué d’être toujours celui qui donne, et jamais celui qui reçoit. Cyril commençait à être usé par ce sens unique. Il
savait qu’il ne tiendrait pas infiniment ainsi, et qu’il finirait par craquer. Les quelques mots de Manu n’avaient fait qu’accélérer sa chute.
Et pourtant, il continuait à accompagné Manu. Ce qu’il accomplissait donnait l’impression apparente qu’il avait une simple relation d’éducateur à orphelin, mais il savait parfaitement qu’il s’y
investissait bien plus que cela.
Les nuits avaient toutes étaient particulièrement éprouvante. Manu passaient son temps à faire des cauchemars plus terrifiants les uns que les autres et surtout douloureux, et Cyril quant à lui,
tentait de le réveiller à chaque fois. Manu se réveillait toujours de la même manière tout en sueur et tremblant comme une feuille. Cyril réprimait à chaque fois l’envie de le prendre dans ses
bras, car il savait parfaitement qu’un étreinte aurait été bien trop lourde de sens pour eux deux.
Ce fut donc ce matin qu’on aidait Manu à le mettre dans la voiture de Cyril. Celui ci semblait encore énormément souffrir et était surtout devenu plus que désagréable rien qu’à l’idée de
retourner à l’orphelinat. Cyril avait parfaitement conscience de ce que devait ressentir Manu. Mais cela m’empêchaient pas Manu d’être agressif avec tout le monde et surtout avec Cyril. L’adulte
supportait les remarques et l’agressivité de l’adolescent encore une fois, se disant que ce n’était pas sa faute et que c’était après tout sa manière d’agir…
Il avait l’habitude mais cela n’enlevait rien au fait que c’était plus que désagréable et surtout insupportable.
Dans la voiture, durant le trajet, le silence était total et très pesant. Plus ils s’approchaient de l’orphelinat plus Cyril ressentait la mal-être Manu. Celui-ci se faisait de plus en plus petit
dans la voiture, s’enfonçant dans son siège un maximum. Voulant soutenir Manu, et peut être à tord, Cyril se jeta à l’eau. Il posa sa main sur sa cuisse et déclara calmement :
- Tout ira bien, je suis là.
Et Cyril du de nouveau essuyer un rejet plus que brutal. En plus de repousser violemment sa main, Manu lui balança carrément à la figure :
- Si tu voulais vraiment m’aider, tu ferais en sorte que je ne retourne pas là-bas !!
Cyril se sentit se décomposait de l’intérieur. Sa main se remit directement sur son volant pour se crisper dessus.
Croyait-il qu’il ne se faisait pas assez de soucis comme cela ? Croyait-il qu’il ne cherchait pas une solution ? Croyait il qu’il était indifférent à son problème et qu’il ne cherchait
pas à l’aider ? Mais quelque par, Manu avait raison. Au lieu de s’apitoyer sur son sort et s’englué dans le problème, il fallait qu’il cherche une solution concrète. La solution la plus folle aurait été de continuer leur chemin sans s’arrêter, mais c’était de loin là plus irréfléchie. Ce soir, il réfléchirait calmement à la situation, pour
l’instant il devait encaisser les paroles de Manu. D’ailleurs celui-ci entama un début de phrase qui termina dans un soupire.
- Cyril..je…
Heureusement qu’il n’ajouta rien car en effet, il n’aurait pu supporter un mot de plus.
La sortie de voiture se fit pénible moralement et extrêmement douloureuse. Cyril avait beau l’aider, Manu ne cessait d’être agressif par la souffrance que ses côtes lui faisaient ressentir une
fois qu’il devait sortir de la voiture. Il s’agrippait de toutes ses forces à Cyril et était à la limite de la méchanceté avec lui. Il ne se passait pas un instant sans qu’il l’envoie se faire
voir. Cyril supporta pourtant sans broncher, comprenant la souffrance que devait ressentir Manu. Une chose pourtant était sure, il fallait que cela cesse et vite.
Cyril raccompagna Manu dans sa chambre et attendit patiemment qu’il s’endorme, assis à côté de lui, mais ne lui prenant pas la main. Il n’était même plus capable de geste tendre envers lui.
Depuis la réflexion de Manu sur le fait qu’il ne voulait pas revenir ici, Cyril sentait son cœur se serrait un peu plus à chaque instant et avait presque l’impression d’étouffé. Manu finit par
s’endormir et Cyril cherchait toujours une solution.
Le sortir d’ici impliquait forcément qu’ils se séparent à jamais. Et vue le résultat qu’ils avaient obtenu au bout d’une semaine, il en était hors de question. Mais rester ici à deux, dans cet
enfer, n’était guère mieux…
La seule solution serait donc qu’ils sortent tous deux de cet endroit et qu’ils aillent ailleurs mais ensemble. A cette solution, deux solutions étaient possible. Ils pouvaient s’enfuir, mais
cela était impensable, cela ne ferait que ruiné leur vie entière. A ce prix là, mieux valait qu’ils restent encore une année ici. Mais Manu pourrait-il tenir encore un an ? La réponse était
évidemment négative. Et encore une fois Cyril se retrouvait bloqué dans cette situation sans solution. Il se leva, emplit de dépit et décida d’aller fumer une cigarette. Prendre un peu d’air
frais lui ferait le plus grand bien, et peut être cela mettrait-il ses idées au clair. Il alla s’asseoir sur le banc ou Manu avait l’habitude de se mettre avant, un des lieux chargé de beaucoup
de souvenir. A côté de ce banc, Manu l’avait aussi frapper récemment. A ce souvenir, le corps de Cyril fut parcourut d’un frisson… Cela n’ont plus il n’avait pas oublié. Il avait pardonné par
amour, mais il ne pouvait empêcher son cœur de se serrer à ce souvenir. Et de plus, maintenant Manu savait tout sur lui… Est-ce pour cela qu’il lui avait répondu qu’il le détestait ? Cyril
eut la conviction que ce n’était pas la raison, du moins pas la principale.
Ce n’est que lorsqu’il eut finit sa troisième cigarette qu’une idée lui vint soudain à l’esprit. S’apercevant que c’était presque l’heure du repas de midi, et voulant en faire part immédiatement
sans plus attendre à la directrice, il se leva d’un bon et se rendit directement à son bureau. Son idée lui paraissait réalisable, mais il voulait en avoir immédiatement le cœur net.
Ainsi, il se retrouva à frapper à la porte de son bureau, conservant précieusement son idée folle en tête. A son plus grand soulagement la directrice était là et lui demanda d’entrer.
Après un rapide échange de politesse, Cyril vint s’assoire en face de son bureau.
- Je viens de recevoir le rapport des psys de l’hôpital et… Mon dieu vous avez une mine affreuse. Attendez.
La directrice se leva et alla lui servir une tasse de café qu’elle lui tendit rapidement.
- Tenez buvez cela. Vous n’avez pas du beaucoup vous reposer. Je vous remercie pour tout ce que vous faite pour cet enfant. S’il savait la chance qu’il…
- Justement c’est à son sujet que je souhaitais vous parler, la coupa-t-il sans vraiment s’en rendre compte trop pressé de la réponse.
- Oui je m’en doutais, en générale les seules fois ou vous venez me voir c’est au sujet de Manu. Donc je reprends depuis le début. Nous avons reçut les rapports que je viens de lire, et il va
vraiment falloir trouver un solution.
Cyril déglutit avant de parler à son tour :
- Justement, c’est à ce sujet précis que je viens vous parler . Manu doit partir d’ici au plus vite, si nous ne voulons pas le retrouver au fond du lac.
- Je veux bien, mais toutes les tentatives avec les familles d’accueil se sont révélées être un réel désastre… Je ne vois pas comment le sortir de là autrement.
Cyril décida qu’il était plus que temps de lui faire part de son idée et déclara le plus franchement possible :
- Je souhaiterai adopter Manu.
Surprise, la directrice comment ça bafouiller :
- Et bien c’est que… Je… enfin…
Ne voulant pas lui laisser le temps de lui réfuter quoi que ce soit, Cyril débita tout le plan qui s’était monté dans sa tête en venant, tentant de rejeter toutes les objections possibles.
- Laissez moi le temps de trouver un appartement, un travail dans une ville pas très loin d’ici. J’ai des économies qui me permettrons de tenir les premiers mois, et de subvenir largement à ses
besoins. J’aurais seulement besoin de votre aide pour le dossier. Mais il faut faire vite, plus vitre j’aurais sortit Manu de cet endroit et mieux sa santé ira. Je
sais que ça peut paraître un peu fou, mais vu mon expérience, je saurais sans le moindre problème gérer un adolescent et l’aider à se construire un avenir. Nous savons parfaitement tous les deux
qu’il n’en a aucun ici, et que le terme avenir vu sa fragilité psychologique est loin d’être une possibilité pour lui. Je pense emménager pas très loin d’un lycée très réputé. La seule chose
qu’il me manque c’est votre accord et votre soutien. Croyez moi, j’ai tourné le problème dans tout les sens et c’est la seule solution qui me viens à l’esprit.
- Non, il ne vous manque pas uniquement mon accord, mais le sien. Ma réponse va être simple, si Manu accepter et qu’il a vraiment envie d’aller vivre avec vous, si vous avez de plus trouver un
travail et un appartement et que vous tenez tous vos engagements alors dans ce cas seulement je me ferais une joie de vous soutenir et de vous aidez dans ce projet. Je
commence à m’occuper du dossier, Manu à une semaine pour prendre sa décision et vous une semaine pour vous charger du reste. On se réunit dans une semaine tous les
trois pour faire l’état de la situation.
- Très bien, je… merci, lui dit sincèrement Cyril.
- Maintenant je vais vous parler franchement, savez vous à ce à quoi vous allez vous engager. Je sais très bien ce que cela représenter pour vous. Vous sentez vous prêt à quitter tout ce qui a
soutenu votre vie ? Vous sentez vous prêt à prendre à votre entière charge Manu qui est loin d’être facile à vivre, bien que vous avez plutôt l’air de vous vous en sortir plus que bien avec
lui.
- Oui, je suis prêt, sinon je ne serais pas là à vous en parler, répondit tout simplement Cyril, plus pour se convaincre lui-même que la directrice.
Après avoir commencé à remplir le dossier, et fit une liste des pièces à fournir et des choses à faire, ils finirent par se séparer un long moment après, l’heure du repas largement dépassé. Cyril
n’avait pas faim et se rendit directement à la chambre de Manu. Il prit place près de lui, toujours endormi.
La question de savoir comment lui annoncer cela était minime par rapport à l’inquiétude qu’il ressentait à l’instant. Cyril n’avait jamais fait rien d’autre que s’occuper d’enfant depuis son
arrivé dans un orphelinat. Et il ne pouvait se mentir, il était réellement terrifié à l’idée de devoir affronté le monde extérieur. La directrice avait raison, il n’aurait plus ce qui avait
jusqu’à maintenant soutenu sa vie. Mais il aurait quelque chose de bien plus cher à ses yeux : le bonheur de Manu. Et il était prêt à surmonter ses démons pour cela.
Dès demain matin, il se rendrait en ville et commencerait à se chercher un travail, ainsi qu’un petit appartement. Ses économies l’aiderait. A sa mort, son père ne lui avait rien légué. Il avait
tout donné à une association, reniant totalement son fils. C’était comme s’il n’avait pas existé dans sa vie, comme s’il n’avait jamais eu de fils. Ne voulant pas sombrer dans ce genre de penser,
il tenta de penser à autre chose.
Et ce fut ainsi que les jours se passèrent. Cyril n’arrêtait pas de faire des aller retour entre son futur lieu de vie et l’orphelinat. Manu ne cessait pas d’être désagréable, mais Cyril trop
fatigué préféré ignorait ce genre de comportement. A aucun moment il ne se reposait vraiment, et se disait qu’il aurait largement le temps de le faire quand tout
serait finit. Seulement, supporter les sauts d’humeur de Manu était de plus en plus pénible. Cyril était lui aussi angoissé par le futur et avait de plus en plus de mal à se contrôler.
Une semaine plus tard, Cyril avait enfin tout réglé et avait rendez vous avec la directrice et Manu le lendemain. Seulement, il n’avait toujours rien dit à Manu, et redoutait subitement de le lui
dire. Il avait peur de sa réaction et pire que tout peur de devoir essuyer un refus. Alors qu’il était plongé dans ses pensés et sur le moyen d’amener le sujet, après une journée où il avait
enfin put tout boucler, il vint s’assoire comme à son habitude près de Manu , sur le bord du lit. Machinalement, il attrapa sa main plus pour lui-même que pour Manu. Il avait besoin de
forces pour tenir et ce simple contact quotidien lui apportait énormément. Cependant, tout ne se déroula pas comme d’habitude. Cette fois-ci Manu le força à le regarder en murmurant son nom, et
finalement passa sa main derrière sa nuque pour l’approcher de plus en plus de lui. Sans même laisser le temps à Cyril de s’en rendre compte, Manu passa le barrage de ses lèvres et chercha un
moment sa langue. Il fallut de longues secondes avant que Cyril ne daigne enfin répondre à ce baiser, qu’il tentait de faire moins passionné contrairement à Manu, qui cherchait à exciter son
partenaire. Cyril aurait voulu répondre avec plus d’ardeur à ce baiser, enivrait Manu de plaisir comme il l’avait fait auparavant, mais il ne s’en sentait pas la force et avait peur des
répercussions que cela pouvait occasionner aujourd’hui. Cyril préféra s’écarter, et s’assoire de nouveau sur la chaise à côté, reprenant ainsi sa "place". Evidement, Manu ne l’entendait pas de
cet oreille et déclara en colère :
- Sors d’ici ! Je ne veux pas te voir !
- Pourquoi… ? Je viens à peine d’arriver.
- Justement ! cria-t-il. Ca fait des jours que tu te casses
sans rien dire pour faire je ne sais quoi, j’en ai marre !! Et une fois que tu es ici, tu ne fais rien à part rester planté sur cette maudite chaise ! Même un baiser te dérange
apparemment ! Ras-le cul de toutes tes cachotteries…
Cyril tenta de ravalé la colère que provoquer une telle réaction de Manu sur lui. Il préféra se lever et sortir d’ici, ne voulant pas prononcé des paroles qu’il regrettait. Il était à la limite
de craquer, et un rien le ferait sortir de ses gons. Manu allait bien trop loin et Cyril en alla même jusqu’à se demander pourquoi il faisait tout cela pour lui. Il commençait à en avoir mare
d’être le seul à faire des efforts. Si Manu savait tout ce qu’il devait faire chaque jour. Mais alors qu’il allait ouvrir la porte, il entendit Manu crier encore plus fort, furieux :
- C’est ça ! Fuis, comme tu sais toujours si bien le faire !
C’était la phrase de trop. Cyril craqua, comme il n’avait jamais osé le faire jusqu’à maintenant. Il avait supporté bien plus qu’il n’aurait du le faire. Alors qu’il avait déjà ouvert la porte, Cyril la referma violemment et revint près de Manu, où il s’agenouilla et lui prit fermement son menton pour le regarder droit dans les yeux :
- Ecoute moi bien ! Tout ce que je suis en train de faire en
ce moment, c’est pour toi alors arrête de te prendre pour une victime ! Ca fait une semaine que je supporte ta putain de mauvaise humeur. Et je te signale que celui qui fuit le plus les
problèmes, c’est toi car je n’ai jamais été jusqu’à faire une tentative de suicide ! On en est déjà arrivé à trois avec toi…
Cyril réalisa les deux dernière phrases qu’il avait prononcé. Il était peut être aller un peu trop loin, mais il ne se sentait pas vraiment coupable. Après tout Manu l’avait bien cherché. Son
cœur se serra lorsqu’il vit les larmes de Manu, mais aller le consoler tout de suite, c’était revenir sur ce qu’il avait dit. Il voulait des excuses et surtout que Manu réfléchisse à son
comportement. Cyril était lui aussi très fragile en ce moment et ce qu’il avait du faire cette semaine avait épuisé toute ses ressource de patience. Ainsi, lorsqu’il ne le vit pas réagir, Cyril
décida de partir. Mais alors qu’il se relever, Manu tira sur sa main pour l’en empêcher En pleurs, il n’arrêta pas de murmurer :
- Je suis désolé Cyril, excuse-moi.. Je suis désolé !
Tout aussi vite, Cyril était à nouveau à genoux près de Manu et déposait des baisers sur son visage, lui caressant les
cheveux pour le calmer. Sa colère avait totalement disparut. Manu s’était enfin excusé, et semblait avoir comprit être aller trop loin. De plus le voir dans cet état était plus que pénible pour
Cyril.
Il fallait qu’il lui dise… Quand il se calma un peu, l’adulte déposa un baiser sur ses lèvres et finit par ajouter d’une voix des plus calmes :
- Je cherche un travail en ce moment pour pouvoir payer le loyer de ma maison.
- Qu…qu’est-ce que tu veux dire ? Pourquoi veux-tu partir ? demanda-t-il dans de légers soubresauts.
- Manu, j’ai une chose importante à te demander… Une chose très importante.
- Quoi.. ?
- J’avais mal de te voir revenir ici, je m’en suis voulu énormément de ne pouvoir rien faire et...je…
- Quoi… ? murmura-t-il.
- J’aimerai, avec ton accord, t’adopter, Manu.
- Qu’est ce que tu racontes ? déclara Manu, totalement sous le choc. Tu délires là ?
- J’ai vu avec la directrice, et elle est d’accord sous plusieurs conditions. Je dois avoir trouver un travail, un
appartement. Cela je l’ai trouver cette semaine, ce qui explique mon absence. Et surtout je dois avoir ton accord. Si tu acceptes dans une ou deux semaines nous quittons cet endroit pour toujours
tout les deux. C’est la seule solution que j’ai pu trouver.
Le silence s’ installa entre eux. Manu se semblait pas vraiment réaliser ce que venait de lui dire Cyril, et semblait surtout le prendre pour un fou.
- Je sais que ça peut paraître totalement fou Manu. Si tu ne veux pas je comprendrais. Demain nous
devons aller voir la directrice et tu devras donner ta réponse. Je te laisse seul pour prendre ta décision Manu.
Cyril se leva et sortit de la chambre les jambes tremblantes. Il alla directement dans la sienne et s’étendit sur son lit. Littéralement épuisé, il s’endormit sur le champs ; demain serait
pour lui, une journée éprouvante.
Lorsqu’il se réveilla le matin, il alla directement sous la douche. Une boule de stress et d’angoisse au sujet des événement de la journée ne le quittait pas un seul instant. Il ne se rendit même
pas au réfectoire, se sentant incapable de manger quoi que ce soit tant qu’il n’aurait pas la réponse de Manu. Il se décida finalement à aller le chercher dans sa chambre pour l’aider à se rendre
dans le bureau de la directrice. Il frappa plusieurs coups et devant le silence, il décida d’entrer. Seulement la chambre était vide. Cyril pensa directement au pire et son cœur s’emballa. Il
courut jusqu’à la fenêtre et ne vit pas Manu sur le petit pont près du lac. Soulagé et se trouvant soudain idiot d’avoir penser une telle chose, il se recula et tenta de se calmer. Ou Manu
pouvait-il bien être ? Dans son état, il n’avait pas du pouvoir aller bien loin. Alors qu’il marchait d’un pas rapide dans le couloir, il entendit un enfant l’appeler derrière lui.
- Cyril !!
Il se retourna, avec toujours la même inquiétude. Qu’allait lui annoncer cet enfant. La découverte du corps de Manu ?
- Oui ? demanda-t-il non sans crainte.
- Mme la directrice t’attends dans son bureau, tout de suite.
Après avoir été remercié, l’enfant s’en alla aussi rapidement qu’il était venu. Cela n’avait en rien ôté l’inquiétude de Cyril. Il se rendit cependant à son bureau, et après quelques coups
frappés et une invitation à entrer, il ouvrit la porte. Un immense soulagement se fit ressentir lorsqu’il vit que Manu était dans le bureau avec la directrice et qu’il semblait dans une moindre
mesure allait bien.
- Tu t’assoies avec nous Cyril. Je crois que nous avons des papiers à signer.
Intrigué, Cyril ne fit pas d’histoire, et après un bref coup d’œil au regard fuyant de Manu, il alla s’assoire sur le siège à côté de lui.
- Je viens d’avoir une discussion avec Manu et il accepte.
Cyril eut du mal à réalisé, ou du moins à ne pas masquer sa joie. Un grand sourire se dessina sur son visage. Il se sentait léger, et heureux comme il ne l’avait pas été depuis des semaines.
Certes Manu n’allait pas aller mieux tout de suite, mais grâce à cela, il était en bon chemin.
- Je vais avoir besoin de vos signatures à tous les deux sur ces papiers, mais avant je vous explique comment nous allons procédé. Grâce à, excuse moi Manu, mais grâce à ton état de fragilité
mentale, j’ai pu accélérer le processus d’adoption et tu pourras quitter ce lieu définitivement dans deux semaines.
- Dans deux semaines l’interrompis Cyril, mais je dois commencer mon travail dans une semaine.
- Tant mieux, cela vous laissera le temps de vous installer avant que Manu ne vous rejoigne.
Cyril se tut en espérant que cette semaine passe le plus vite possible. En réalité, il ne s’attendais pas à commencer par affronter seul cette nouvelle vie et rien que la présence de Manu à ses
côtés l’aurait aidé et soutenu. Très bien, s’il n’y avais pas d’autre solution, autant penser au futur, une semaine ce n’est après tout pas grand chose. Soudain la voix insistante de la
directrice le sortie de ses pensés.
- Cyril vous m’écoutez toujours ? Je vous ai posé une question.
- Ah… Je pardon… Je n’ai pas entendu.
- Je vous demandais si vous souhaitiez toujours adopter Manu.
- Bien sur ! répondit immédiatement Cyril.
La suite de cette réunion se déroula rapidement. Les papiers furent signés, la directrice demanda à visiter leur appartement et le droit à certaine visites dans un premier temps pour voir si tout
allait bien. Après les dernière recommandation, Cyril aida Manu à quitter le bureau et à rejoindre sa chambre. Une fois que celui-ci eut regagné son lit, Cyril lui demanda subitement s’il avait
manger, et devant la négation de Manu, il le laissa lui disant qu’il revenait au plus vite. C’était idiot, mais il avait encore peur de ce que pouvait lui dire Manu.
Lorsqu’il revint dans sa chambre, Manu n’avait pas bougé d’un pouce. Il se redressa pour s’adosser contre le mur et partagé avec Cyril le petit déjeuné copieux qu’il avait apporté. Cyril vint
s’assoire sur le bord du lit. Ils commencèrent à manger en silence jusqu’à ce que Cyril craque et demande :
- Tu es vraiment d’accord ? C’est vrai ?
Il vit alors Manu prendre le plateau et le poser sur la chaise d’à côté avant de porter de nouveau toute son attention sur l’adulte. Il attrapa le haut de son t-shirt au niveau de la poitrine et
l’attira vers lui. Cyril n’opposa aucune résistance et se laissa totalement faire. Lorsque ses lèvres rentrèrent en contact de celles de Manu, le contact se fit presque électrique, provoquant des
dizaines de frissons dans tout le corps de Cyril. Leur langues ne tardèrent pas à se rencontrer se caressant l’une l’autre dans un ballet langoureux. Mais très vite la passion et le désir de
l’autre se firent ressentir et le baiser devint plus fougueux, chacun tentant de posséder l’autre. La main valide de Manu posée sur la nuque de Cyril glissa le long de son dos pour achever sa
course sur le bas de son dos, l’attirant un peu plus contre lui. Manu semblait toujours avoir besoin de ce contact plus que fusionnel et Cyril était tout à fait de son avis. Mais au lieu d’aller
plus loin et contre tout attente, ce fut Manu qui mit fin au baisé. Il enfouit sa tête dans son cou et glissa juste un mot au passage, un simple mot à peine perceptible destinée à une seule et
même personne, un simple "merci".
Leur étreinte, une simple étreinte emplie de tendresse, dura un temps incroyablement long, mais aucun des deux ne
semblait vouloir y mettre fin. C’est dans des instants comme cela qu’ils réalisaient tous deux l’importance qu’avait l’autre dans leur vie.
Le corps de Manu finit par s’alourdir dans ses bras et Cyril comprit qu’il était en train de s’endormir.
Lentement, il le bascula dans son lit, l’aidant à s’allongé et prit place à côté de lui sur la chaise près du lit, sa
main droite toujours dans la sienne. Il passa plusieurs fois sa main dans ses cheveux, accompagné de quelques baisers, jusqu’à ce que Manu dorme profondément. Comme à son habitude, Cyril veilla
sur son sommeil.
La semaine suivante se déroula assez calmement. A part les allers-retours de Cyril, qui commençait à réellement être épuisé, rien de spécial ne se passait. Plusieurs fois, ils échangeaient des
moments de tendresses qui n’allait jamais plus loin que quelques baisés et des caresses. Tout deux ne semblaient attendre qu’une chose quitter cet endroit une fois pour toute.
Mais avant cela, ils allaient devoir vivre une semaine de séparation. Le seul des deux qui montraient clairement des ressentis et des appréhensions à cette idée était bien évidemment Cyril. Une
fois de plus, Manu gardait pour lui ce qu’il ressentait et était loin d’être démonstratif. A la fois bien trop vite et bien trop lentement, le jour du départ de Cyril arriva cependant. Il avait
dit au revoir la veille à Manu et partait à l’aube ce matin-là.
Il rassemblait ses dernières affaires et prit tout de même un papier et un crayon sur lequel il griffonna un petit mot à Manu qu’il glissa sous sa porte avant de partir.
Puis il posa sa valise dans son coffre, et partit en direction de leur nouveau lieu de vie. Plus que tout, il savait que cette semaine allait être éprouvante pour eux deux. Les mains de Cyril se
crispaient sur le volant. Sa nouvelle vie commençait à partir de cet instant . Quelque part, grâce à Manu, il avait pu tiré un trait sur son passé et aller de l’avant. Cyril déposa
rapidement ses affaires dans leur nouveau lieu de vie. Ce n’était pas un appartement immense, mais il était suffisant pour deux. Deux chambres étaient séparés par un salon, une petite cuisine et
une salle de bain avec baignoire. L’appartement était très lumineux et une fois pleinement aménagé et habité, il serait certainement très agréable d’y vivre. Cyril n’avait pour l’instant mit
qu’un lit dans la chambre de Manu, se disant qu’il préférait l’attendre pour la décoration et le mobilier. Lui laisser le choix serait bien mieux et il n’avait surtout toujours pas eut le temps
de s’en chargé. Il se rendit à son travail, à quelques rues d’ici. Il se tint devant la porte, se tortillant les doigts à cause du stress occasionné. Il n’avait pu
trouver qu’un travail de serveur et de plongeur pour le moment. Mais la paye était assez bonne et vu le peu de qualification qu’il avait, il devrait s’en contenter. Avec le peu d’expérience qu’il
avait dans ce métier, lorsqu’il rentra tard le soir, il s’affala comme une masse sur son lit pour s’endormir sur le champs.
Et sa semaine se déroula ainsi. Chaque instant de temps libre ou de pause, il pensait à Manu, se demandant s’il allait bien. Il préférait même travailler jusqu’à l’épuisement que d’avoir à penser
à Manu. Cela faisait trop mal. Il avait besoin de lui, de le sentir tout près de le serrer dans ses bras et de caresser ses lèvres. Cette nouvelle vie était plus que pénible sans Manu. Le soir,
il rentrer, et allait se coucher après une douche pour tenter d’ôter cette odeur de nourriture imprégnant ses vêtements et sa peau.
Le vendredi soir lui parut interminable, il lui tardait de rentrer et d’aller se reposer. Il commençait à prendre le coup de main, mais le travail l’épuisait toujours autant.
Il profita du samedi pour s’octroyer une grasse matinée, avant d’aller faire des courses pour remplir le frigo. Il ne pourrait aller chercher Manu que Dimanche, et profita de cette dernière
journée pour tout finaliser et surtout se reposer. Il voulait accueillir Manu en forme.
Le dimanche arriva enfin, et il se retrouva sur le chemin de l’orphelinat à l’aube. Ce soir un autre habitant résiderait dans son appartement, ce soir, il ne serait plus seul et découvrirait la
vie à deux avec Manu. Arrivé dans le parking, il fuma une cigarette et passa une main sur ses yeux de fatigue avant de rentrer dans l’orphelinat pour la dernière fois. Mais alors qu’il
s’approchait de l’entrer, il aperçut une silhouette qu’il reconnut très vite assise sur les marches de l’escalier avec une grosse valise. Dès que Manu le vit, il se redressa automatiquement.
Cyril fut immédiatement envoûté par la beauté et l’attirance que dégageait manu. Il n’avait plus ses plâtres et le jean noir près du corps qu’il portait faisait ressortir la courbe parfaite de
ses fesses ainsi mises en valeur. Dans d’autres circonstances, Cyril lui aurait bien sauté dessus, mais il se contenta de lui lançait un sourire auquel Manu répondit avec une sourire quand à lui
bien plus lourd de sens. Ils s’étaient tous deux terriblement manqué, et Cyril dut faire preuve de beaucoup de maîtrise pour ne pas le prendre dans ses bras, et posséder ses lèvres.
- Tu en a mis du temps pour venir, j’ai cru attendre.
- Manu, il est 6h30 du matin.
- Et alors ? dit il en ironisant.
- Bonjour Cyril, vous avez passé une bonne semaine, dit la directrice en les interrompant.
- Bonjour, oui assez fatigante…
- Vous êtes tous les deux bien matinal. Dit elle en souriant. Pressez de partir à ce que je vois. Tenez j’ai juste ces dernier papiers à vous remettre.
Elle tendit une pochette à Cyril.
- Je vous souhaite à tout les deux beaucoup de bonheur et tenez moi au courant même si je compte venir vous rendre visite, je doute que souhaitiez revenir ici. Merci pour le travail que vous avez
fourni Cyril, et Manu, soit heureux, c’est l’unique chose que j’ai à te dire.
Après quelques au revoir échangés, Manu et Cyril s’en allèrent marchant côte à côte, tourna le dos à leur passé sans jamais se retourner vers cet orphelinat, lieu de leur rencontre malgré tout.
Ils montèrent dans la voiture en silence, Cyril l’aidant un peu, Manu ayant toujours une béquille. Il porta sa valise et la mis dans le coffre. Une fois assis à côté de lui, il tourna la clef
dans le contact et ils démarrèrent, sous le regard soulagé et heureux de la directrice.
Le silence accompagna cet instant, tout comme un instant de deuil. Ils savaient tous deux qu’ils laissaient beaucoup derrière eux, mais c’était plus que nécessaire. Bientôt, ils se retrouverait
tous les deux, loin de tout cela, pour affronter bien d’autres choses. Mais pour l’instant, ils se contentaient de fixé l’horizon qui s’offrait à eux, le cœur emplie d’un doux sentiment de
liberté.
Ce matin, Lutraah et moi avons eu la surprise de recevoir des commentaires qui nous ont comment dire quelque
peu agacé.
Une petite remise au point me semble nécessaire.
Tout d’abord je vais commencé par aller chercher la définition d’inceste… *ouvre son dictionnaire*
Inceste : « L'inceste désigne une relation sexuelle entre membres de la même famille et soumise à un interdit. ».
Bon d’accord.
Est ce que lors de l’adoption Manu aurait soudain le sang de Cyril dans les veines attestant qu’il est de la même famille. Non c’est juste un titre au yeux de la loi. Jamais Cyril ne deviendra le
vrai père de l’enfant. La seule chose que l’adoption interdit, c’est le mariage entre les deux personnes. Donc Cyril ne pourra pas épouser Manu. Vu que le mariage gay est interdit, de toute façon
ça me semble compromis. De plus on en est vraiment pas là.
Ensuite on vient nous parler d’inceste. Inceste parce que subitement, Cyril deviendrait le père de Manu au yeux de la loi. Mais en quoi cela change leur rapport et l’amour qu’ils se portes.
Excusez moi, mais alors s’il on va dans votre sens, car j’essaye d’être la plus objective possible et donc de me placer dans tout les points de vue, alors on peut directement parler de
détournement de mineur. Cela ne semblait pas vous gêner et pourtant cela a commencé depuis le début de l’histoire. Rappelons que Manu n’est pas majeur et que Cyril lui l’est. Alors dans ce cas,
mieux vaut arrêter de lire tout de suite. Notre histoire n’a aucune morale puisqu’elle parle d’inceste, de détournement de mineur et pire encore d’homosexualité. Je deviens peut être extrême,
mais votre chemin mène directement à cette extrémité.
C’est justement parce que Manu est mineur que Cyril est dans l’obligation de l’adopter. Alors je vous demande avez vous une autre solution pour les sortir de là ? Manu ne pourra survivre
dans l’orphelinat, et comme vous l’avez vu, encore moins dans un famille d’accueil. Comment les sortir de là, tous les deux ? Allez-y … nous attendons votre proposition.
Cyril ne parvint à s’extirper de son lit uniquement de longues heures après. Lorsqu’il se redressa, il grimaça sous la douleur de son corps meurtri
et courbaturé. Il alla prendre une douche, tentant de faire calmer sa douleur avec la chaleur bienfaisante que lui procurait l’eau. Il n’osait même pas se regardait dans le miroir, car il savait
très bien qu’elle tête il devait avoir. Manu n’y était vraiment pas allé de main morte, et la fatigue s’ajoutant à cela ne devait pas donner un excellent résultat. Il soupira lorsqu’il se décida
à sortir de l’eau, se séchant à la hâte. Il ne put s’empêcher de se remémorer la fois où Manu l’avait surprit nu. Seulement, il fut incapable de sourire à se souvenir, comme il aurait pu le faire
avant tout cela. Il était même sans vraiment se l’avouer, terrifié à l’idée que Manu vienne dans sa chambre. Il ne pourrait pas ne pas esquissait un mouvement de recul, et savait qu’il aurait du
mal à oublier cela. Pourtant, il ne lui en voulait pas. Non, il n’éprouvait aucune rancœur à ce sujet, seul un peur lui restait tapis dans son ventre, une peur non maîtrisable. Avant de mettre
son pantalon au sale, il se souvint de la lettre de Cédric qui devait encore s’y trouver. Il s’inquiéta en ne la trouvant pas et espéra qu’il ne l’avait perdu à l’hôpital et non à l’orphelinat.
Si jamais quelqu’un découvrait cette lettre et la lisait, il partirait sur le champs, très loin d’ici.
Constatant que c ‘était l’heure du souper, il prit son courage à deux mains et se alla au réfectoire. Il tenta de ne pas faire attention au regard des autres. Mais lorsqu’il vit Manu
pénétrer dans le réfectoire, il ne put s’empêcher de le fixer. Même après ce qu’il lui avait fait, il ne parvenait pas à lui en vouloir. Après tout l’avoir vu agir de la sorte était un preuve de
son mal-être. Alors qu’il le regardait s’assoire, se faisait bien évidemment totalement nier, il entendit un des enfants dire :
- Et vous savez quoi ? Manu se casse dès demain.
Le cœur de Cyril s’emballa ? Ou partait-il ? Pourquoi partait-il ? Il ne résista pas et demanda :
- Comment ça ?
L’enfant surpris de la manière dont Cyril venait de le questionner, prit un temps avant de répondre :
- On lui a trouver une famille d’accueil, il…
Cyril n’écouta pas la suite. Il avait l’impression que tout s’écroulait autour de lui. Il s’appuya sur le rebord de la table pour ne pas faire de même, et devint soudain très pale. Durant tout le
repas, il resta silencieux. Ne pouvant prononcer aucun mot et surtout ne parvenant pas à avaler quoi que ce soit. Si Manu n’était plus là, alors tout était vain. Il pouvait supporter sa colère,
ses coups, son caractère, la rancœur qu’il éprouver contre lui, mais pas son absence. Même s’il était odieux, il avait besoin de le sentir près de lui. Cela l’aider cruellement à avancer. Et
l’état dans lequel il se trouvait à cet instant, était critique. Si Manu n’était plus là, alors il n’aurait plus aucun soutien et chuterait dans le gouffre. Même si cela pouvait être difficile à
comprendre, indirectement Manu soutenait Cyril et le retenait. C’était grâce à lui, qu’il avait surmonté ses terreurs, grâce à lui qu’il avait repris goût à la vie. Imaginé la vie sans Manu, ce
n’était plus vivre. Blême, il ne prit plus vraiment conscience du monde qui l’entourait. Il avait beau se répéter que tout était finit, que Manu allait partir, il n’arrivait pas à vraiment le
réaliser. Il finit par se lever, sans faire attention aux autres, et alla directement jusqu’à sa chambre. Il ne prit même pas la peine d’enfiler un pyjama, et se glissa en boxer dans son lit. Il
rabattit les couverture jusqu’à son cou. Les yeux toujours fixaient dans le vague, une seule question le hantait : "Qu’allait-il devenir sans Manu ? ". Rien
qu’à cette idée, il eut presque les larmes aux yeux, l’imaginé partit le mettait déjà en état de manque. Il ne ferma pas l’œil de la nuit et longtemps il hésita à aller le voir. Mais vu la
démonstration de colère dont Manu avait fait preuve, il avait bien trop peur. Quel paradoxe… Aimer quelqu’un, désirer être près de lui à chaque instant et avoir à la fois peur de celui-ci. Il lui
avait déjà pardonné, mais il ne pouvait oublier. Il passa une des plus mauvaises nuits de sa vie. Plus jamais Manu ne viendrait se glisser dans son lit le soir. Plus jamais il n’aurait de contact
quel qu’il soit. Bientôt il vivrait heureux au sein d’un famille, loin de tout cet enfer, loin de lui. Au bout d’un mois à peine, il l’aurait oublié et ne s’en rappellerait plus que comme un
moniteur s’étant bien moqué de lui. Il enfouit sa tête dans son oreiller et se laissa aller à pleurer comme un enfant. Rare était les fois ou il se laisser aller ainsi. Comment allait-il
tenir ? Que faire sans Manu ? Pouvait-il seulement continuer à relever la tête. Il finit par tenter de se raisonner en se disant qu’après tout, c’était ce qu’il lui fallait et rester
avec un homme comme lui, était bien trop pour Manu. Son passé était bien trop dur à supporter pour lui-même, alors il n’imaginait même pas devoir faire vivre cela à Manu. Rien que le fait qu’il
sache qu’il aie était violé plusieurs fois dans son enfance, avait profondément touché Manu. Non, il valait mieux pour son bien que celui-ci parte et vive sa propre vie. Loin de tout cela, loin
de l’orphelinat et de sombres évènements qu’il y avait vécu, il pourrait s’ouvrir et vivre pleinement. Bizarrement, une intuition le poussait à croire que tout ceci n’allait pas se passer de
manière aussi idéal, que tout ne pouvait pas s’arranger de cette manière, mais il préféra l’écarter, sachant que s’il se mettait à penser cela, il ne s’en sortirait pas.
Rapidement, bien trop vite à son goût le matin pointa le bout de son nez. Il n’avait pas dormi et était épuisé. Pourtant, il s’extirpa de son lit, et alla se prendre une douche vivifiante tentant
de se donner l’air de quelqu’un qui avait eut quelques heures de sommeil. Il n’alla pas déjeuner, se sentant incapable de manger quoi que ce soit. Il devait être vers dix heures lorsqu’il sortit
enfin de sa chambre et tomba nez à nez avec d’autres éducateurs.
- Tiens, Cyril, ça va ?
- Oui, répondit-il simplement.
- Manu s’en va, on la lui dire au revoir tu nous accompagnes ?
- Je… euh… oui, je vous suis.
Lui dire au revoir. En serait-il seulement capable ? Il les suivit cependant, marchant à leur suite. Ce n’est que lorsqu’il le vit près de escaliers, qu’il réalisa qu’il n’avait aucune envie
qu’il s’en aille. Il était même très loin d’accepter ce fait. Les quelques éducateurs présents lui souhaitèrent bonne chance et lui dire tous au revoir. Il sentit très bien le regard que lui
lançait Manu, l’accusant implicitement de ne rien dire. Mais lui dire au revoir et bonne chance, c’était comme accepter son départ, et cela Cyril ne pouvait l’accepter. Il lu la déception de
Manu, mais fut incapable de prononcer un seul mot. C’était la dernière fois qu’il voyait ce jeune homme et n’arrivait toujours pas à le réaliser. C’était… c’était impensable. Cyril avait
l’impression d’être le spectateur de sa vie devenant de plus en plus misérable sans pouvoir rien faire. Devenir l’acteur de cette vie, lui était maintenant devenu
inacceptable. Lorsqu’il vit Manu partir avec sa nouvelle « mère », sans jamais se retourner, il prit conscience que tout était bel et bien terminé. Leur semblant d’histoire prenait fin
ici et maintenant. Voir Manu le quitter ainsi, était pire que tout. Pas un seul au revoir, pas un seul mot, pas un seul contact. Leur dernier aura était les coups de Manu. La voiture démarra et
finalement, partit. Il ne parvint même pas à la voir partir totalement car bientôt sa vue se troubla et c’est à cet instant seulement qu’il se rendit compte qu’il pleurait. L’un des éducateur
posa sa main sur son épaule et lui demanda :
- Ca va Cyril ? Je ne savais pas que tu tenais tant à ce gamin.
- Je… Oui…
Oui, il tenait à ce gamin plus que tout, plus que sa propre vie. Tout commença à se brouiller autour de lui, ses oreilles se mirent à bourdonner et il perdit toute notion de l’espace et du temps.
Son corps s’effondra dans les bras d’un des éducateur. Tout devint noir, tout devint vide…Le néant.
Lorsqu’il ouvrit les yeux, il était allongé dans son lit, l’infirmière se tenant près de lui.
-A vous voilà enfin réveillé ! Vous allez me faire le plaisir d’avaler cela, dès que vous serez un peu mieux réveillé. Surmenage, dépression, fatigue et anémie. Vous allez rester coucher
pendant plusieurs jour. Je veillerais à vous…
Déjà fatigué de l’entendre parler, il referma les yeux. Il n’avait aucune envie de les rouvrir, malgré les supplications désagréable de cette femme. Il avait envie de rester ainsi, se coupant du
monde et vivant loin de tout. A quoi bon se relever ? Pour qui ? Qui avait besoin de lui ? Vivre devenait de trop. Il ne sut combien de jours il resta ainsi, allongé. Seul sa
respiration et les battements de son cœur le maintenait en vie. Il ne se levait que pour les nécessité, et n’ouvrait les yeux que lorsque l’infirmière le forçait à manger. Lacé ce tout, il se
laisser dépérir chaque jour. Son teint devint bientôt terne, lui donnant un air plus que maladif. Toutes ses pensées étaient constamment tournées vers une seule et même personne. Il priait chaque
jour que tout se passe bien, que lui au moins vive heureux. Cyril savait que sa propre réaction était ridicule, mais il n’avait plus le courage, plus rien ne le poussait à continuer. Pour la
première fois de sa vie, il craquait vraiment. Ouvrir les yeux était devenu un supplice auquel il aurait voulu mettre fin immédiatement, mais même cela, il n’avait le courage de le faire.
Pourtant, une seule chose parvint à le faire se redresser. Une seule chose parvint à le faire revivre. Une personne arriva affolée dans sa chambre. C’était la directrice. Cyril ouvrit
immédiatement les yeux, et angoissa rien qu’au comportement qu’elle avait. Tout de suite elle déclara :
- Manu est aux urgences, il vient de se jeter d’un immeuble, il est à l’hôpital entre la vie et la mort.
Cyril aurait pu s’effondrer à cet instant, pourtant il fut prie d’une force nouvelle. Il se redressa subitement et lui demanda, constatant qu’il avait du mal à se maintenir debout :
- Pouvez-vous me conduire à l’hôpital ?
La directrice acquiesça et lui dit qu’elle l’attendait sur le parking. Cyril enfila rapidement des vêtements chauds, attrapa sa veste, une écharpe et se rendit le plus vite possible au parking,
autant que son état le lui permettait. Rapidement il se retrouva dans la voiture et c’est à cet instant seulement qu’il réalisa ce que la directrice lui avait annoncé. Le trajet lui parut être
interminable. L’idée même que Manu aille mal lui déchirait le cœur. Pourquoi n’avait-il encore une fois rien vu ? Pourquoi s’était-il leurré à imaginer que Manu
irait bien ? La directrice dut le soutenir par la bras pour entrer dans l’hôpital. Très vite on leur indiqua la chambre et elle laissa Cyril s’y rendre seul, ayant des histoires de papier à
régler. Cyril arriva péniblement jusqu’à la chambre et lorsqu’il ouvrit la porte et s’approcha du lit, il crut défaillir. Il attrapa une chaise sentant qu’il ne tiendrais pas longtemps debout. Il
se plaça à côté du lit, et posa sa main dans celle de Manu qui n’était pas plâtrée. Manu dormait ou du moins il l’espérait. Il pria pour qu’il ne soit pas dans le coma. La bandage qui entourait
son crâne faisait craindre le pire à Cyril. Il porta la main de Manu à son visage et déposa un tendre baiser sur celle-ci. Il posa son autre main à celle-ci et sera la
main de Manu très fort, posant son front sur celle-ci. A cet instant seulement, il réussit à verser des larmes ne cessant de gémir : « pourquoi ? ». La simple idée qu’il ait
voulut mourir une seconde fois le bouleversé totalement. Il n’avait pas su être là, il n’avait pas pu l’empêcher de sauter. Il s’était contenté de larmoyer sur son sort en restant couché pendant
des jours et des jours. Cyril aurait pu vivre avec l’idée que Manu vivait sa vie dans un moindre bonheur, mais il n’aurait pu tenir si Manu était décédé. Les nuits passaient l’un à côté de
l’autre n’avait fait que les rapprocher un peu plus, et le lien qui les unissait était bien trop fort pour que l’un survivre sans l’autre. Cyril se jura que dès aujourd’hui plus rien ni personne
ne pourrait le séparer de lui. La seule et unique chose qui pourrait lui faire lâcher sa main, serait sous la demande de Manu.
Peut-être était-ce dû au pleurs de Cyril, ou alors au fait qu’il tienne sa main, mais alors qu’il fixait son visage terriblement maigri, Cyril vit Manu se réveiller petit à petit. Ses paupières
commencèrent à papillonner, semblant avoir du mal à s’habituer à la luminosité ambiante. Dès qu’ils furent ouverts, ses pupilles se plantèrent directement dans celles de Cyril. L’adulte
tressaillit en décryptant ce qu’il pouvait y lire : haine, détresse, et surtout un désespoir profond. Ses traits étaient tirés par la fatigue et sa maigreur n’arrangeait rien à tout
cela.
C’était effrayant comme il avait maigrit en si peu de temps. Sa main se resserra dans celle de Cyril. Ses lèvres s’entrouvrirent
pour laisser passer deux mots dans un souffle :
- Laisse-moi…
Ce n’était plus des mot d’arrogance, c’était la supplication d’un condamné ne supportant plus le supplice que la vie lui imposait. Mais alors que Cyril allait s’écarter pour ne pas éclater en
sanglot devant lui, il sentit la main de Manu se crisper sur la sienne, contredisant ce qu’il venait de dire. Voir Manu aussi faible, aussi mal en point, anéantissait le peu d’espoir qui régnait
en Cyril. Les yeux de Manu se refermèrent et il replongea dans son sommeil, laissant Cyril se demander s’il venait de rêver cet instant. Il essuya d’un revers de sa manche les larmes qui ne
cessait de s’écouler de ses yeux, lorsque la directrice entra.
Elle approcha en silence du lit et commença à parler :
- Pauvre enfant… Il a fallut qu’il tombe sur une famille comme celle-ci.
Cyril se retourna, l’interrogeant du regard, sans pour autant lâcher la main de Manu, toujours serrée par la sienne. La directrice prit une grand inspiration et lui raconta toute l’histoire.
C’était Terry, sa mère adoptive qui avait tout confessait. A chaque mot de plus, Cyril sentait son cœur s’emballait. Manu avait vécu un enfer de plus et il n’avait rien pu faire pour l’en sortir
et surtout rien vu venir. Il arrivait toujours après coup… Lorsqu’elle eut finit son récit, elle ajouta :
- Il va de soit que Manu revient à l’orphelinat. Il va rester quelques jours ici, vu les blessures qu’il a subit. Et nous le rapatrierons chez nous. Je vais devoir rentrer, mais un responsable va
devoir rester ici pour…
- Je m’en charge, la coupa directement Cyril.
- Mais dans votre état, je me suis dit que…
Constatant la détermination de Cyril dans son simple regard, elle ajouta :
- D’accord, mais s’il y a un quelconque problème faite le moi savoir. Je vais voir avec le personnel pour qu’on vous installe un
lit dans la chambre pour la nuit. Merci.
La directrice laissa alors Manu et Cyril seul. L’adolescent semblait toujours et Cyril quand à lui tenta de se ressaisir. Avoir appris l’enfer que Manu venait de vire l’avait encore plus anéanti,
et une haine froide l’envahir. Un haine contre ce « Paul » et cette « Terry » qu’il trouvait tout aussi responsable et surtout une haine contre lui même. Il avait tout fait
pour éviter un nouveau suicide de la part de Manu, et s’était juré que jamais cela ne se reproduirait. Une promesse finalement vaine, une promesse en l’air qu’il n’avait su tenir. Manu se
retrouvait maintenant dans un sale était et rien n’avait pu l’empêcher, pas même Cyril. Arriverait-il seulement à le regarder en face, et arriverait-il lui-même à se regarder dans le
miroir ?
On apporta rapidement un lit de camp dans la chambre à l’attention de Cyril, en lui demanda de sortir un instant le pour les soins. C’est avec beaucoup de difficultés qu’il parvint à ôter sa main
de celle de Manu. Le petit quart d’heure qu’il du passer à l’extérieur de la chambre lui parut interminable. De plus beaucoup trop de souvenirs étaient contenu dans cet hôpital. Après le viol de
Manu, le passage de Cyril dans un autre hôpital il y a à peine une semaine, et le temps qu’il avait du y passer petit, tout cela était de trop. Jamais il n’avait été à l’aise dans ce genre
d’endroit et avait tout fait pour y passer le moins de temps possible. La seule personne pouvant le pousser à rester dans un tel lieu se trouver dans la chambre voisine.
Lorsqu’on lui permit enfin de le rejoindre, et qu’on le laissa de nouveau seul avec Manu, il s’approcha du lit et repris sa place sur la chaise. Seulement, trompé par ses yeux clos, il n’avait
pas vu que Manu était réveillé. Alors qu’il allait prendre la main de Manu dans la sienne, il entendit :
- Qu’est ce que tu fabriques ? dit soudain Manu en retirant sa main.
Cyril ne fut pas vraiment attention à ce que lui disait Manu, mais plutôt attention au ton qu’il employer et à la faiblesse de sa voix. Jamais il n’avait entendu une voix aussi fébrile. Cette
fois-ci, sa voix trahissait son mal-être. Manu grimaça de douleur, et Cyril comprit combien ces mots et ce geste avait du lui coûter.
- Manu, je…
Au simple regard qu’il lui lança, Cyril se tut, ne trouvant dès lors plus rien à dire. La seule chose qu’il trouva à faire était de s’éloigner pour ne pas craquer.
Alors que Cyril allait sortir, ne tenant plus de le voir dans cet état, il entendit un gémissement implorant de la part de Manu. Il se retourna et le vit en train de
pénible se pousser un peu souhaitant apparemment l’inviter à le rejoindre comme à leurs anciennes habitudes. Cyril savait qu’à cet instant tout se jouait. Manu était en train de lui offrir une
seconde chance. Lentement il s’approcha de son lit.
Cyril souhaitait plus que tout le rejoindre,, se coller tout contre lui, se laisser aller à pleurer pour évacuer cette peine contenue et lui offrir son épaule pour faire de même. Mais quelque
chose l’en empêchait. Il ne savait pas vraiment quoi, mais au fond de lui, il sentait que tout était trop rapide. Accepter aussi facilement la proposition, c’était pour lui prendre à la légère
leur sentiment communs. Tous deux avait encore bien trop de chose à se dire et surtout à se faire pardonner. Si aucune rancœur ne persistait entre eux, il l’aurait rejoins sur le champs.
Lorsque Manu vit Cyril s’assoire à sur la chaise et non s’allonger à côté de lui, il lui lança un regard qui fit frémir Cyril. Il ne semblait pas comprendre mais
surtout lui en vouloir énormément : un rejet qui ne semblait pas passer. L’inviter ainsi, avait dans doute demander beaucoup à Manu. Ne voulant pas le laisser se faire des idées ou établir
des suppositions erronées, Cyril déclara :
- Pas encore Manu. C’est trop tôt pour toi et… moi…
Manu ne semblait pas l’entendre de cette oreille et s’emporta tout de suite :
- Trop tôt pour quoi ?
- Ne fait pas celui qui ignore. Nous avons besoin de temps.
- De temps ? Tout comme il t’a fallut du temps pour oublier ce que t’a fait ton père !!! Combien de temps allons nous attendre. Je ne te demandais pas grand chose, juste un…
Manu s’arrêta subitement semblant réaliser ce qu’il venait de dire. Cela n’échappa bien évidemment pas à Cyril. Un sentiment d’effroi traversa le regard de
Cyril ? Préférant en avoir le cœur net, il questionna directement Manu :
- Mon père ? Tu as bien dit mon père ? Comment sais-tu cela Manu ?
Le regard subitement fuyant de Manu lui était insupportable. Sa plus grande honte, ce qu’il avait toujours caché à ceux qui ne savaient pas venait d’être dévoilée à la dernière personne qu’il
avait souhaiter. Quelle image Manu devait avoir de lui ? Du dégoût ? Il ne l’avait finalement inviter à la rejoindre dans son lit que par pitié. Etait-ce
cela la nouvelle chose qu’il avait pu lire dans son regard ? Une idée lui vient l’esprit et il rajouta aussitôt n’ayant eu aucune réponse à ses premières
questions :
- Est-ce pour cela que tu m’a frappé ? Je te dégoûte à ce point ? Je…
Il ne parvint à dire un mot de plus. L’idée qu’il allait être maintenant rejeté de Manu était pire que tout.
- Ne dit pas de conneries ! Je ne le savait pas à ce moment, tu as perdu une lettre et…
Cyril crut que tout s’effondrait autour de lui. Au souvenir de ce qu’il y avait décrit, la poitrine de Cyril se serra presque jusqu’à étouffement. Dès lors, Manu connaissait tout de son enfance
honteuse et misérable. Jamais il ne s’était autant sentit mis à nu devant quelqu’un. Un simple regard de Manu et il se sentait jugé. Alors que Manu tentait maintenant d’établir un contact visuel
entre eux, c’était Cyril qui avait le regard fuyant. Comme dans un état de torpeur, Cyril venait de perdre tout ses moyens. Les larmes inondèrent ses yeux dans qu’il puisse le retenir et il
baissa la tête tentant que le cacher un maximum. Soudain, dépité, il dit dans un souffle :
- Alors, c’est par pitié que tu m’as invité à te rejoindre…
- La pitié a toujours était un sentiment que je me suis efforcé de repousser, et ça ne commencera pas maintenant.
Cyril redressa sa tête et plongea ses yeux emplie de larmes dans ceux de Manu. Il voulait lire dans son regard s’il disait la vérité. Il voulait être sur. Mais ses yeux embuaient ne lui
permettaient même plus de voir clair. Dans un plainte déchirante, il ajouta plus pour lui même que pour Manu :
- Si tu savais comme je me dégoûte… et tu dois…
Il sentit alors une main se glisser dans la sienne, le tirant vers Manu. Lorsque Cyril fut à une distance plus que raisonnable de Manu, de sa seul main valide, Manu lâchant la main se Cyril et la
passa derrière sa nuque, mettant à bas les derniers centimètres qui les séparait. De sa seul main valide et de son regard, il mettait fait un terme au vide qui
instaurait une distance entre eux. Lorsque ses lèvres effleurèrent celle de Manu, Cyril eut un contact électrique qui lui parcourut toute l’échine. La langue de Manu réclamait déjà à passer le
barrage des lèvres de Cyril. Cyril ne se fit pas attendre et bientôt leur langues se rencontrèrent avec la même passion de la première fois. Cyril avait presque oublier le bien qu’un simple
baiser lui procurait. Il avait l’impression que cela faisait des années qu’il n’avait pas goûter à cette bouche et se sentait transcender dans l’autre. Même si Manu était épuisé et blessé, il
semblait mettre toute son énergie dans ce baiser. C’était un baiser de désespoir. Leur langues se mêlaient comme si c’était l’ultime fois. Pourtant malgré la passion
ardente, une tendresse d’une infime douceur était maître dans ce baiser. Dire qu’il avait faillit ne plus jamais toucher à ces lèvres de sa vie, dire que tout cela aurait pu ne jamais avoir lieu
de nouveau… Manu mit fin au baiser, tentant de réprimer une grimace de douleur qui n’échappa pas à Cyril. Il tenta de faire un sourire, et déclara :
- Si tu me dégoûtais, tu crois que je t’embrasserais de cette manière ?
Cette phrase fit craqué Cyril pour de bon. Un flot de larme coula de ses yeux et il ne pu de retenir d’enfouir sa t^te dans le cou de Manu. Il fit cependant attention à ne pas lui faire mal,
posant sa tête avec toute la précaution que son état lui permettait. Pourquoi était-ce lui qui craquait et pas Manu ? Une main glissa dans ses cheveux, simple geste de tendresse qu’il
n’avait que trop rarement eut. Pourquoi n’était-ce pas lui qui prêté son épaule à Manu. Il inspira profondément l’odeur si particulière de Manu, cette odeur qui lui avait tant manquait. Manu ne
pleura pas. Il se contenta de passer plusieurs fois ses doigt dans les cheveux de son moniteur, semblant perdu de le voir craquer ainsi devant lui. C’est après un long moment que Cyril honteux se
redressa et sans un mot alla s’étendre sur le lit proche de celui de Manu. Aucun des deux ne prononça un seul mot et seul le silence et le bruit des machines et de leur respiration régna dans la
chambre. Tout deux finirent par s’endormir, tentant de mettre de l’ordre dans leur émotions et essayant de reprendre le peu de force qu’une nuit de sommeil le leur aurait permit.
Ce n’est qu’en plein milieu de la nuit que Cyril rouvrit les yeux. Son attention se porta directement sur le lit de Manu, et son cœur manqua un coche avant de se mettre à battre à tout allure
lorsqu’il vit que celui-ci était vide. Il sauta hors de son lit et s’élança hors de la chambre. Il parcourut tout les couloirs de l’étage en courant. Plus le temps passer et plus l’angoisse qu’il
ressentait se faisait insoutenable. Ce n’est qu’au souvenir du moyens que Manu avait employait pour sa dernière tentative de suicide qu’il se dirigea immédiatement vers le toit. Il pria pour
arriver à temps. Lorsqu’il arriva enfin sur le toit de l’hôpital, il sortit et fit saisit par le froid qu’il faisait dehors. Mais il n’y pensa pas bien longtemps et fut à la fois soulagé
lorsqu’il vit Manu sur celui-ci et mort d’inquiétude lorsqu’il vit où il se tenait. Assis sur le rebord du mur, il fixait le vide qui s’offrait à lui. Il suffisait d’une impulsion et s’est était
fini de sa vie. La première réaction de Cyril fut de restait figé de stupeur. Mais très vite, il se ressaisit, réalisa la gravité de la situation. Lentement il s’approcha à un limite respectable,
sachant qu’un seul faux pas de sa part et tout était terminé. Malgré le stress et l’angoisse presque étouffante, il tenta de garder son calme et appela Manu d’un voix calme trahissant tout de
même son trouble :
Se laisser aller… l’avait-il seulement déjà fait une fois depuis ce fameux jour, savait-il encore ce que cela voulait dire… Par ces quelques mots, il savait parfaitement ce que Manu venait de lui demander. Sa requête avait était on ne peut plus claire, et ne laissait pas place au doute. Mais il ne savait pas vraiment quoi répondre, ni quoi faire. Autant dire que cette demande l’avait prit de cours et qu’il était légèrement déboussolé. C’est pourquoi il demanda après un moment :
- Comment ?
Manu se redressa alors subitement et se mit au-dessus de lui, en prenant la peine de le faire prisonnier de ses bras. Cyril sentit très rapidement Manu collé son bassin contre son intimité tout
en approchant ses lèvres de lui. La température du corps de Cyril monta immédiatement, se sentir si prêt de lui, à quelques centimètre de lui, son bassin rapproché de manière plus qu’explicite,
et ce qu’il murmura fut loin de le laisser indifférent :
- J’en peux plus, j’ai envie de toi !! Je veux que tu me prennes, que tu me baises jusqu’à l’épuisement! Tu me rends dingue, je ne pourrais plus me retenir !
Encore sous le choc d’un tel changement de comportement, Cyril n’eut pas vraiment de réaction lorsque Manu passa ses mains sous son t-shirt et sa langue dans son coup, bien que ce qu’il ressentait à cet instant pousser son corps à faire le contraire. L’excitation montait en flèche, et il avait de plus en plus de mal à la contenir. Rien que le regard que lui lançait Manu le rendait irrésistible. Le désir qu’il pouvait y lire était plus qu’intense. Se rappelant de son statut et de ce qu’il venait de ce passé, il tenta de dire sans conviction :
- Manu… On ne peut pas !
Manu redressa immédiatement son visage et fixait sérieusement Cyril.
- Dis-moi que tu n’as pas envie de moi !
Cyril tenta une fois de plus de contenir cette chose qui maintenant avait presque pris totalement possession de son corps. Son corps tout entier se consumé de désir pour Manu, mais il avait du mal à se l’avouer et de la à le dire à voix haute, c’était un grand pas pour lui. C’était renier définitivement, une fois pour toute son passé. Ce n’était finalement pas si facile que cela… Cette fois-ci, il ne répondit plus, et se contenta de détourner légèrement le regard, ce que Manu ne supporta pas.
Il prit son menton fermement et le força à le regarder pour reposer sa question :
- Dis-moi que tu n’as pas envie de moi, Cyril !
Cette fois-ci, Cyril savait que de la manière dont il allait agir, dépendrait la suite de leur relation. Il ne pouvait pas lui mentir, et il ne lui était pas permis de conserver son silence. Ce qu’il avait envie au plus profond de lui…Il désirait Manu plus que tout. Oui mais que faire ? Comment lui dire ? En avait-il vraiment le droit et en était-il capable ? Allait-il encore une fois de plus jouer au lâche en se cachant derrière les vielles excuses de son passé ? Il commençait à se perdre dans ses pensées devenant plus décousues les unes que les autres. C’est au moment ou Manu enleva sa main de son menton, que Cyril se lâcha enfin. Il bascula Manu sur le dos, maintenant impatient, il se laissait aller à être celui qu’il avait toujours réprimé. Il s’approcha de l’oreille de Manu et lui murmura d’une voix explicite :
- J’ai envie de toi depuis que tu m’as lancé ton premier regard glacial ! Et je te veux dans mon lit depuis qu’on s’est embrassé pour la première fois… Tu vas avoir le plus beau et le plus long cadeau de Noël de toute ta vie !
Le gémissement que Manu poussa suite à ces mots que Cyril avait enfin osé prononcés, ne firent que le chauffer un peu plus. Il sourit, et commença à embrasser les lèvres de Manu sans chercher à entrer dans sa bouche. Bientôt Cyril sentit les mains de Manu glisser sans le bas de son dos, lui caressant les fesses tout en gémissant presque silencieusement. Cyril se laissa aller à faire ce dont il avait envie, ce qu’il avait toujours réprimé. Comme désinhibé, son passé n’avait plus lieu d’être dans son présent. Les mains de Manu se déplaçant de manière plus que sensuelle sur le bas de son dos ne faisait que l’exciter un peu plus. Même s’il mourait d’envie d’aller rejoindre cette langue qui lui avait tant manquait ces derniers temps, il prit tout son temps. Il lui pinçait légèrement la lèvre inférieure et les effleurant de la sa langue dans jamais chercher à aller plus loin. Il voulait faire attendre Manu le plus possible, le chauffer au maximum jusqu’à ce que celui-ci finisse par le supplier de faire quelque chose. Et il fit durer ce petit jeu un long moment, jusqu’à ce qu’il se laisse aller à passer ses mains sur le nœud de son pantalon de pyjama pour l’ouvrir afin de lui offrir une toute autre forme de plaisir. Il passa lentement sa main sur son entrejambes. A la façon dont Manu réagissait sous ses diverses attentions, Cyril sut qu’il s’y prenait comme il le fallait. Sentir tout ce corps s’enflammer au moindre contact, même au moindre effleurement, provoquer autant de plaisir à l’un comme à l’autre. Mais alors que Cyril commençait à lui ôter son pantalon, il fut arrêter par les mains de Manu posaient sur ses épaules, et son regard sérieux qu’il lui lança :
- C’est un cadeau de noël que tu m’offres non ?
- Oui et alors ? demanda-t-il, dérangé qu’il interrompe un moment pareil.
- Alors, on est quel jour ?
- Manu, quelle importance ?
Etre coupé ainsi dans son élan, laissait place ouverte à des pensées qu’il ne souhaitait avoir. Cyril recommença ses baisers sans plus attendre, ne plus pouvant et surtout ne voulant pas
s’arrêter. Il passa sa langue dans son cou, tentant de lui faire oublier cette idée, mais Manu le repoussa encore une fois :
- On est le 21 ! Un cadeau de Noël ne peut pas être ouvert à l’avance !!
- Tu rigoles j’espère ? Ce n’est pas toi qui t’es jeté sur moi ?
- Si et je suis désolé si je t’ai excité.
- Excité ?! Le mot est faible !
Manu se redressa alors en poussant légèrement Cyril pour se relever du lit. Cyril vécu assez mal ce rejet. Au point où il en était pourquoi tenait-il à tout prix que ce soit dans quelques jours ?
Et surtout, il ne voyait pas vraiment comment il allait pouvoir rester comme cela, sans aller plus loin. Cyril se redressa subitement, et accourut à la suite de Manu. Alors que celui-ci aller
atteindre la poignée, Cyril eu le temps de poser sa main dessus avant lui. Il s’approcha un peu plus de Manu, le regardant fixement, c’était bien simple, il n’en pouvait plus… Il se consumait de
désir du corps de l’autre et d’excitation. Manu ne pouvait pas partir et le laisser ainsi, pas après cela. Il poussa doucement Manu jusqu’au mur et passa sa main lentement sur ses hanches pour
faire craquer le jeune homme qui semblait être dans le même état que lui. Alors qu’il s’approchait de ses lèvres pour prendre possession de sa bouche, Manu, trop têtu, tourna la tête. Cyril fut
cette fois-ci réellement choqué par ce rejet. Manu se rendit compte qu’il jouait peut-être finalement trop et s’excusa d’une voix faibles :
- Je suis désolé Cyril… Moi aussi j’ai vraiment envie de toi, mais je ne veux pas commencer ça avant le jour de Noël. Reviens dans ma chambre le 25 pendant la nuit et on pourra continuer !
- Manu, s’il-te plaît.. répondit Cyril d’un ton suppliant. Je bande déjà comme un malade !
- J’ai pu le sentir en effet, mais il faudra te soulager tout seul.
Le jeune homme passa en dessous du bras de Cyril qu’il avait posé sur le mur pour mieux s’enfuir. Cyril n’eut rien le
temps de faire pour le retenir, et savait que cela n’aurai servit à rien. Vu l’entêtement dont il pouvait faire preuve, lorsqu’il avait décidait quelque chose, rien ne pourrait lui faire changer
d’avis. Mais ce qu’il avait le plus de mal à avaler, c’est pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de lui dire qu’il fallait attendre, et surtout pourquoi partir à un moment pareil. Il avait
du faire preuve d’une grande force de volonté. Se soulager tout seul… Vu l’état dans lequel il se trouvait, il n’avait plus vraiment le choix, mais il lui fallait plus que cela. Il alla
directement sous la douche, et régla la température au degré le plus bas, dans la limite du supportable. Même la douche froide coulant sur lui, ne parvint pas à faire l’effet escomptait.
Lentement, il glissa sa main vers son entrejambe, entamant des vas et viens de plus en plus rapide. Désespérément, il tentait de se sortir de la tête la vision de Manu, brûlant de désir pour lui.
Il ne sut combien de temps il resta sous la douche, tentant vainement de calmer son ardeur un bon nombre de fois. Lorsqu’il en sortit, il s’habilla à la hâte et s’enroula dans ses couvertures.
Mais à chaque fois qu’il fermait les yeux, ce n’était que pour rêver de Manu. La nuit fut très courte et très tôt le matin, il finit par se lever, ne tenant plus dans cette chambre. Il sortit,
dans le but de prendre l’air, mais lorsqu’il passa devant la chambre de Manu, il ne résista pas.
Lentement il abaissa la poignée et pénétra dans la chambre de l’adolescent. Lorsqu’il le vit ainsi endormit, il n’avait qu’une envie, s’approcher doucement de lui, et couvrir ce visage de
baisers. C’est ce qu’il fit rapidement, dès qu’il fut arrivé à la hauteur du lit de Manu. Il admira quelques instant la beauté de ce visage endormir, libéré de toute son arrogance. N’y tenant
plus, il déposa délicatement ses lèvres sur cette peau, frémissant lui-même rien à ce contact. Cependant, lorsque Manu se réveilla, il sursauta vivement et ne se calma que lorsqu’il reconnut
Cyril. L’adulte fut étonné d’une telle réaction, dont il n’ignorait pas la cause. Manu reposa sa tête sur son coussin tandis que Cyril le poussa pour le rejoindre dans son lit quelques minutes
:
- Il est quelle heure ? demanda Manu d’une voix faible.
- 6h30.
- Putain Cyril, tu me réveilles à 6h30 ? Pourquoi ?
L’adulte choisit d’être franc :
- J’ai à peine sur dormir cette nuit, tu m’avais trop excité.
A peine avait-il finis ses mots qu’il s’approcha de Manu et commença une série de baisers dans le cou les plus chauds et les plus érotiques dont il était capable. Rien que le fait de se sentir
tout près de lui, de pouvoir le toucher, de pouvoir goûter cette peau, il ne tenait pas. Jamais il ne s’était sentit consumé de désir ainsi pour une personne. Cyril passa approchait ses mains de
plus en plus près de ses fesses, et Manu déclara sans pour autant bouger :
- Apparemment…t’es toujours aussi excité qu’il y a quelques heures…
- Je n’ai toujours pas eu ce que je voulais.
- Et qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-il d’un air faussement innocent.
Le faisait-il exprès ? Cyril le regarda droit dans les yeux pendant quelques secondes, cherchant une réponse on ne peut plus claire. Il finit par poser sa main sur l’entrejambes de Manu, qui eut un léger sursaut de surprise, ne semblant pas s’y attendre. Il le caressa légèrement, effleurant de manière subtile son intimité, et il s’approcha Manu pour murmurer :
- Ca...
Sa main dériva ensuite sur ses hanches et jusqu’à ses fesses où il n’hésita par à rentrer sa main dans son pyjama pour passer ses doigts dans une lenteur calculée sur la raie de ses fesses en rajoutant :
- Ca et..ça !
Sans que Manu ne calcule l’instant, Cyril passa le barrage de ses lèvres à la recherche de la langue du jeune. Il n’avait presque pas eu ce plaisir la nuit dernière, s’étant surtout contenté de
jouer avec ses lèvres et il ne comptait pas laisser passer cela. Il mourait d’envie de posséder cette bouche. Ce qui le rendit encore plus fou de désirs, lorsque Manu répondit à son baiser, son
bassin collé contre le sien et ses jambes lui entourant la taille. Jamais Cyril ne s’était autant laisser aller, et il ne regrettait pas de le faire à cet instant. Il tentait de charmer Manu par
toutes ses attentions et était sensible à toutes ses réponses. Jamais il ne s’était sentit aussi libre qu’en cet instant.
Cyril voulant toucher la peau nu de son vis à vis, passa une main sous son t-shirt pour remonter jusqu’à un de ses mamelons. Mais Manu réagit instantanément et lâcha la bouche de Cyril :
- Cyril… st..stop ! Arrête…
Comment pouvait-il dire stop à un instant pareil ? Lui-même n’aurait jamais eu cette force de volonté. Est-ce que cela cachait quelque chose ? Cyril soupira et s’accouda, les deux bras emprisonnant le jeune homme. L’expression de culpabilité qu’il affichait, inquiéta Cyril. Au lieu de ruminer des suppositions, il préféra en avoir le cœur net :
- Manu… Est-ce que tu as vraiment envie qu’on aille jusqu’au bout ?
- Bien su..
- Si tu n’es pas prêt avec ce qu’il s’est passé avec Marc, tu peux le dire.
La réaction de Manu, fut très vive. Brutalement, il poussa Cyril et lui tourna le dos pour fixer le mur. Sentant qu’il n’aurait peut-être pas du le dire aussi franchement et peiné d’une telle réaction, il posa sa main sur sa hanche afin de lui montrer sa présence et il murmura son nom. Mais le rejet fut tout aussi brutal. Manu repoussa vivement sa main et lui balança au visage sans pour autant daigné se retourner :
- T’es toujours obligé de voir le mal partout ! C’est juste que j’ai envie que ça soit le jour de Noël et pas un autre
jour avant. Ca n’a rien à voir avec cet enfoiré ! Peut-être que c’est toi le plus inquiet des deux finalement parce que moi, c’est oublié ! Tu devrais en faire autant d’ailleurs, rester dans tes
souvenirs ne t’aidera pas à baiser avec moi.
Cyril fut profondément blessé par les paroles de Manu. Même si en quelques mots il venait de parfaitement décrire la réalité de la situation, cela lui faisait extrêmement mal de l’entendre le la
bouche de celui qu’il aimait. Car c’était bien cela, il ne pouvait pas se leurrer : au fil des jours il était bel et bien tombé follement amoureux de Manu. Lui seul avait réussit à lui faire
oublier son passé, lui seul l’avait extirpé du gouffre dans lequel il se trouvait. C’était uniquement en sa présence qu’il se sentait être pleinement lui-même. La seule chose qu’il regrettait
était le fait de lui avoir dévoilé une partie de la vérité sur son passé. Manu l’avait tue jusque là, mais au dernières paroles qu’il lui avait prononcées, il savait qu’il était loin d’avoir
dirigé cela. Il aurait mieux fait de se terre et de supporter seul ce fardeau et cette honte. Mais aurait-il pu vivre dans le mensonge ? N’était-ce pas lui qui lui avait dit qu’il en avait mare
de tous ses secrets ? Cependant, il y a certaines choses qui mérite d’être caché et jamais il n’irait lui raconter les détails de sa misérable enfance. Manu en savait déjà beaucoup trop.
Cyril sortit de la chambre, profondément vexé et blessé, sans dire un mot de plus. N’ayant pas le courage ni l’envie de retourner dans son lit, il alla dans le parc après avoir attraper son
paquer de cigarette, son briquet et sa veste. Il sortit, et alla directement sur le petit pont, s’asseyant en tailleurs sur le bord de celui-ci. Le lac était maintenant complètement gelé. Il
frissonna lorsqu’un vent frais souffla sur lui. Il ne sut pas vraiment combien de temps il resta ainsi, à fixer l’étendu qui se tenait devant lui, ni combien de cigarette il consomma. Manu venait
de le plongé dans un trouble plus grand qu’il n’osait se l’avouer. Oublier son passé… Comment Manu avait-il pu oublier en si peu de temps ? Cyril se sentait presque coupable de ne pas arriver à
faire comme lui. Manu avait-il seulement conscience du traumatisme qu’il avait vécut et des progrès qu’il avait fait ? Certes il ne lui reprochait pas cela. Cette nuit pourtant, il avait oublié
son passé et c’était laisser librement aller. Pourquoi Manu tenait-il tant à ce que cela soit un cadeau de Noël ? Etait-ce la vraie raison ? Avait-il réellement oublié ou ne faisait-il encore une
fois que se mentir à lui-même se cachant sous un faux prétexte. Est-ce qu’un jour Manu se déciderait à lui parler franchement ? Cyril sourit à sa propre réflexion. Si cela arrivait, ce ne serait
certainement pas tout de suite, il lui faudra du temps…
Cyril finit par se lever, il avait un travail, et après tout, des enfants qui comptaient sur lui. De toute la journée il
ne vit pas Manu, et préféra se concentrer sur son travail avec beaucoup de difficulté au lieu de penser à lui. Le soir venu, il alla directement dans sa chambre, après le repas, ne souhaitant
qu’une chose, retrouver son lit et dormir pour faire une pause dans ses pensées qui ne cessaient de l’envahir. Il prit une longue douche, faisant couler sur son corps une eau chaude bienfaitrice.
Il ne put s’empêcher de penser au fait que cette nuit, il dormirait certainement seul et que Manu ne viendrait certainement pas l’y rejoindre. Il finit par sortir de la douche et se sécha à la
hâte. Il se rendit dans sa chambre, sa serviette nouée autour de sa taille, afin d’aller chercher des vêtements. Alors qu’il allait enlever sa serviette pour enfiler ce vêtement, il fut, arrêté
dans son élan par la porte de sa chambre qui s’ouvrait sur Manu, laissant échappé un hoquet de surprise en découvrant la nudité de son moniteur. Après un instant d’hésitation de la part de Manu,
la porte se referma directement, laissant Cyril de nouveau seul dans sa chambre. Le regard gêné et le léger rougissement qu’il n’aurait jamais pensé voir sur les joues de Manu un jour, firent
sourire Cyril. Certes, il était un peu gêner d’avoir était vu ainsi, mais après tout, il n’avait rien à cacher. Mais ce qui le touchait le plus en cet instant était que Manu était finalement venu
le rejoindre. Même s’il ne le reverrait pas cette nuit, c’était pour une toute autre raison. Il était soulagé de tout cela. Il finit par enfiler son pyjama, et alla rejoindre son lit, le même
sourire affiché sur son visage. Il ferma rapidement les yeux, heureux et apaisé, souriant toujours de cette situation où le plus gêné des deux avait était Manu.
Malheureusement, jamais Manu ne revint, ni ce soir-là, ni les autres. Cyril espéra secrètement que c’était parce qu’il attendait le 25 et qu’il ne voulait pas craquer d’ici là. Pourtant, même en
pensant cela, il vivait tout même assez mal ces évitements continuels. Dès que Cyril entrait dans une pièce, Manu évité de le regarder et tentait à chaque fois d’en sortir sans que personne ne se
doute de quoi que ce soit. Cyril commençait à se poser tout de même beaucoup de question. Plus ils se rapprochaient du 25, plus Cyril se questionnait au sujet de cette pseudo raison de l’attente
du soir de Noël. Cyril se plia pourtant à sa volonté et ne chercha jamais à lui parler ou à le croiser seul à seul. Il en vint même à éviter d’aller fumer dans le parc, ne voulant pas l’obliger à
se trouver face à lui. Pourtant, tout le pousser à le rejoindre chaque soir dans sa chambre et reprendre ce qu’ils avaient arrêté. Cette période était très difficile pour tous les enfants et
nombreux étaient ceux qu’il fallait consoler. Beaucoup se réveillait la nuit, réclamant ceux qu’ils avaient perdu. Les nuits étaient courtes et les nerfs des éducateurs étaient mis à rude
épreuve. Contrairement à tous les autres orphelins, Cyril avait toujours détesté cette période non pas parce que cela lui rappeler sa famille, mais plutôt tous les noëls qu’ils avaient du passé
avec son père. Ces soirées là, avaient toujours étaient un peu spéciales. Il préféra ne pas s’appesantir là dessus et se concentra sur la peine que tous les enfants devaient
ressentir.
Les jours défilèrent lentement, et bientôt, cette fameuse veille de Noël arriva. La journée se passa comme les précédentes
à s’occuper de ceux qui étaient triste et à conserver le moral de ceux qui l’avaient. La seule personne qu’il ne vit pas de la journée fut Manu. C’était pourtant le seul à qui il avait envie de
parler. Il savait pertinemment que cette journée devait être pénible pour lui, et c’est à lui qu’il aurait voulu apporter son soutient. Mais Manu l’aurait-il seulement acceptait…
Alors qu’il était en train d’aider des enfants à mettre les décorations en équilibre sur une chaise, totalement perdu dans ses pensées, il ne vit pas Manu approcher les mains dans les poches.
Lorsqu’il entendit la voix de celui qu’il rêvait d’entendre, il tressaillit.
- Cyril…
Il faillit chuter en se retournant, pour constater que c’était bel et bien Manu qui venait de l’interpeller. Heureusement, cela n’éveilla aucuns doutes aux autres enfants. Cyril descendit
immédiatement de sa chaise tandis que Manu s’éloignait déjà. Pourquoi venait-il de l’appeler pour ensuite repartir et surtout pourquoi avait-il attendu tout ce temps ? Il commença immédiatement à
s’inquiéter, et s’excusa auprès des enfants afin d’aller rejoindre Manu. Avait-il un problème que Cyril n’avait pas réussit à déceler ? Lui arrivait-il quelque chose de grave ? Lorsqu’il entra
dans la chambre de Manu, il vit que celui-ci l’attendait au milieu de la pièce. Il ferma la porte derrière lui, souhaitant préserver leur intimité et demanda sur un ton légèrement angoissé, ne
parvenant pas à masquer son trouble :
- Manu, ça va.. ?
- Oui, bien sur…
Cyril ne sut pas vraiment quoi faire, voyant l’adolescent devant lui, les mains dans les poches semblant hésiter à faire
quelque chose. Il finit cependant par faire bouger, et sans dire un mot de plus, il se faufila dans les bras de Cyril, en cachant son visage dans son torse. Cyril l’entoura de ses bras,
comprenant la mélancolie qui devait envahir Manu en cet instant. Il ne fit aucun commentaire, lui rendant son étreinte, trop heureux de cette confiance qu’il lui faisait. C’était uniquement
lorsqu’ils se trouvaient tous les deux que Cyril baissait peut à peu ses gardes et se laisser aller à être lui-même : quelqu’un de foncièrement sensible. Sentant la détresse de l’adolescent et
son besoin de réconfort, il le serra un peu plus fort pour le rassurer tout en déposant quelques baisers sans ses cheveux avant d’y passer la main. Il sentit peu à peu le corps de Manu
s’alourdir, comme s’il sombrait dans le sommeil, Cyril se recula très légèrement et le regarda :
- Tu as dormis cette nuit ?
- Pas beaucoup…
- Je comprends.
- Non, ça n’a rien à voir avec ce que tu crois…
- A quoi alors ?
En même temps que Cyril posa sa question et à la manière ou celui-ci réagit, Cyril comprit à quoi faisait allusion le
jeune homme. Le voyant rougir et ne souhaitant pas lui imposait une réponse, il préféra dévier un peu le sujet. Il descendit ses mains beaucoup plus bas que sur ses épaules et s’approcha de
l’oreille de Manu, en prenant directement une voix bien différente :
- Au fait… Tu sais ce qui nous attend ce soir ?
- Ca tient toujours ? demanda Manu étonné et ravis.
- Bah..bien sur ! Pourquoi est-ce qu’on aurait encore reporté ça ?
Le jeune homme baissa immédiatement le regard.
- Je croyais qu’avec ce que je t’avais dis, tu m’en voulais à mort…
- Ne t’inquiète pas..c’est oublié. Et puis, tu avais raison quand même.
- Je suis soulagé… répondit-t-il immédiatement dans un souffle, faisant le mouvement d’épaules.
- Tant que ça ? demanda Cyril en train de chipoter aux cheveux de Manu, apparemment concentré dessus.
- J’avais tellement envie que j’ai été obligé de te nier pendant deux jours et en plus de..
Manu se tut assez tôt pour ne rien dire, mais malheureusement pas pour éveiller la curiosité de Cyril, qui réagit soudainement :
- De.. ? Obligé de quoi.. ?
Il comprit rapidement en voyant Manu rougir de plus belle, et fit un « ho » très peu étonné, mais amusé. Il émit un léger rire et se rapprocha finalement de l’oreille de Manu doucement :
- Alors… Mon corps te plaît ?
Voir Manu rougir et perdre toute sa belle assurance, fit craquer Cyril deux fois plus fort. Il fit un vif « oui » de la tête sans pour autant oser le regarder dans les yeux. Le voir ainsi aussi déstabilisé et troublé, faisait paradoxalement chaud au cœur de Cyril. Il avait quelque par réussis à briser sa carapace, tout comme Manu avait brisé la sienne. Malgré tout, une question à laquelle Manu n’avait toujours pas répondu, continuer à trotter dans sa tête, bien qu’il connaisse la réponse. Cyril lui remonta le visage d’un geste de son doigt sous son menton et le regarda avec un léger sourire :
- Tu as été obligé de faire quoi pour tenir le coup… ? Dis-le-moi.
Tout en prononçant cette phrase, Cyril se rapprochait de Manu qui reculait semblant vouloir éviter de trop s’emballer. Mais bientôt il ne put plus, bloqué par son bureau. S’attendant à un rejet, Cyril ne tenta pas non plus de le forcé, mais c’est à ce moment là que Manu s’empara de sa bouche. Cyril répondit au baiser avec la même excitation qui était maintenant pour tous deux à la limite du supportable. Mais alors que Manu semblait vouloir aller plus loin, Cyril eut une idée. Il recula légèrement le visage de Manu, ne souhaitant pas imaginait ce qu’il avait du faire, il voulait le voir de ses yeux :
- Refais-le Manu… Fais-le devant moi.
- Quoi ? demanda-t-il semblant septique.
- Ce que tu as été obligé de te faire pour ne pas te jeter sur moi… Fais-le devant moi.
- N..non !
- Pourquoi ? Tu dois m’ouvrir l’appétit pour ce soir.
Manu n’eut même pas le temps de répondre que déjà, Cyril ouvrait le bouton de son jean et lui ouvrait la braguette. Il prit la main du jeune et le força à lui mettre dedans :
- Vas-y Manu… Fais-toi du bien… Montre-moi, excite-moi…
Cyril se surprenait lui-même à se lâcher autant. Rare étaient les fois où il avait pu faire cela, pour ne pas dire jamais. Pourquoi un tel changement de comportement il ne le savait même pas
lui-même ? A cette dernière phrase, Manu craqua. Cyril l’accompagna de sa main pour lui donner un peu de courage sans pourtant autant lâcher leur regard. Cyril commença d’abord à caresser le sexe
de Manu à travers son boxer tout en le regardant avec un sourire satisfait… Manu garda sa main sur celle de Cyril, semblant avoir du mal à se maintenir debout sous l’effet que cela lui
produisait. Il fallut peu de temps à Cyril pour plonger sa main dans son boxer et commencer le caresser à même la peau. Manu, lui, enleva sa main s’accrocha à l’épaule de Cyril tout en se
rapprochant de lui, ne semblant plus en pouvoir. Sentir le corps tout le corps de Manu brûler sous ce contact, donner tout autant de chaleur à Cyril. Il commença à la masturbe lentement, s’y
prenant avec délicatesse et savoir-faire. Les gémissements qu’il commençait à avoir du mal à contenir ne faisaient qu’exciter Cyril plus qu’il ne l’était déjà. Bientôt le bassin de Manu ondula
légèrement comme pour lui faire comprendre qu’il souhait que Cyril accélère le mouvement, ce qu’il comprit et fit bien vite. N’y tenant plus de rester à cette distance, sans goûter à cette peau
si particulière, il commença à embrasser le cou de Manu, profitant pour inspirer son odeur qui lui avait tant manqué ces derniers temps. Rapidement, sa langue dévia sur sa pomme d’Adam et passa
ensuite sur la peau peu découverte de son torse. Manu n’en pouvait apparemment plus, car il s’agrippa à Cyril en gémissant le moins possible et le plus silencieusement qu’il le pouvait jusqu’à ce
que son éducateur le regarde avec un sourire en coin :
- Il va falloir que tu te taises si tu ne veux pas te faire entendre…
- Alors calme-toi !!! s’écria presque Manu en empoignant davantage le pull de Cyril.
Pour toute réponse, Cyril serra très légèrement sa main sur le sexe de Manu et fit un mouvement bien plus intense. Il aurait aimé que Manu se laisse aller à crier de plaisir, mais cela était bien évidemment impossible. Cette situation avait-elle aussi sa part d’excitation. Manu se colla contre lui de nouveau, et l’embrassa avidement pour étouffer son gémissement. Sentant qu’il était sur le point de craque, Cyril fit les derniers vas et viens pour que Manu éjacule. Celui-ci se serra encore un peu plus près de lui, en gémissant dans son cou. Manu resta quelques minutes avant d’être enfin sortit de ses émotions par Cyril qui s’approcha de son oreille :
- Imagine ce que ce sera ce soir si tu étais déjà presque septième ciel avec si peu…
Il s’approcha encore un peu de son oreille pour la lécher et rajouter dans une voix sensuelle :
- Imagine ma bouche dessus… Ma langue…
A ces mots, il passa sa langue sur les lèvres de Manu et rajouta d’une voix cette fois-ci qui ramena le jeune à la réalité :
- Bon, c’est pas tout ça mais…t’as pas un mouchoir ? Je crois que si on me voit avec ça sur la main, on se posera quelques questions.
Manu rougit de plue belle en entendant cela et lui tendit rapidement un mouchoir en baissant les yeux. Cyril jeta le
mouchoir à la poubelle et préféra sortir, sentant qu’il ne pourrait rester plus longtemps avec lui dans cette pièce seul avec lui, sans lui sauter dessus de nouveau. Il se dirigea vers la porte
en disant un « à ce soir » explicite. Mais alors qu’il allait ouvrir la porte, Manu accourut pour la fermer avant qu’il ne sorte et resta quelques secondes immobile avant de le regarder. Semblant
bloqué une fois de plus pour parler, , Manu se contenta de dire qu’il n’y avait rien et le laissa partir. Cyril déposa un léger baiser sur ses lèvres et le laissa. Une fois sortit, Cyril sembla
réalisé ce qu’il venait de faire. Lui-même n’aurait jamais pensé être capable de faire tout cela. Mais Manu avait réussi à lui faire oublier toute pudeur, et dès qu’il était près de lui, il ne
parvenait plus à se retenir. Une chose était maintenant sur, après ce qu’il venait de faire, il venait de se prouver qu’il pouvait nier son passé. Alors qu’il allait rejoindre les enfants qu’il
avait abandonnés, il faillit heurter un des enfants qui courait dans les couloirs. Il s’arrêta un peu gêner et avant que Cyril n’aie eut le temps de dire quoi que ce soit, l’enfant déclara :
- La directrice veut vous voir dans son bureau tout de suite, elle dit que c’est très urgent.
Inquiet, Cyril remercia le gamin et alla directement au beau de la directrice. Il frappa quelques coup, avant d’ouvrir. Que pouvait-elle lui vouloir ? Cela avait-il un rapport avec Manu ?
- Ah, vous voilà enfin. Asseyez-vous.
Cyril s’exécuta, l’angoisse commençant à sérieusement se faire insupportable.
- Nous avons eut un appel de l’hôpital pour vous, une personne souhaite vous voir et c’est urgent. Je vous donne vous fin de journée.
- Tenez.
La directrice lui tendit un papier.
- L’adresse de cet hôpital est marquée dessus.
- Je… Pour moi vous êtes sur ?
- Bien sur ! Allez, filez, j’ai promis que vous partiez à l’instant.
Cyril prit le papier et lu l’adresse. Il soupira en voyant que l’hôpital se situait dans sa ville natale à une bonne heure de route d’ici. Depuis l’accident avec son père, il avait toujours
cherché à éviter cet endroit devenu beaucoup trop difficile à vivre pour lui. De plus, qui pouvait bien chercher à le voir ? Sa curiosité et son inquiétude l’emportant sur sa réserve, il prit
congé auprès de la directrice et fila dans sa chambre pour prendre sa veste et ses clefs de voiture. En partant, il fit un détour vers la chambre de Manu, et ne l’y trouva pas. Il fit un rapide
tour des lieux, tentant vraiment de le trouver, mais il finit par partir n’ayant pas le temps de traîner plus longtemps. Il rentrerait certainement assez tôt pour son cadeau de Noël, car il ne
comptait pas y rester longtemps. Il aurait seulement aimé le voir avant de partir pour se donner un peu de courage. A contre-cœur, il monta dans sa voiture, avec le mauvais pressentiment que ce
voyage ne serait pas de tout repos. Ses mains se crispèrent sur son volant durant tout le trajet. Une boule naissait au creux de son ventre, et il ne savait pas vraiment s’il arriverait à
destination. C’était bête à dire, mais il aurait aimé que Manu l’accompagne. Il sourit ironiquement à sa propre réflexion. Qu’est ce qu’il en aurait eu à faire de l’accompagner ? Manu n’était pas
de ce genre là, et Cyril devait régler ses problèmes seuls. Manu avait déjà assez de problèmes comme cela. Lorsqu’il entra dans la ville, sa poitrine se serra si fort, qu’il eut l’impression
d’étouffer. Revoir tous ces lieux ne faisaient que le replonger un peu plus dans son passé alors qu’il avait presque réussit à l’oublier. Il finit tout de même par arriver devant l’hôpital et mit
du temps à trouver une place. Une fois celle-ci trouvé, il resta de longues minutes dans sa voiture, ne parvenant pas vraiment à avoir de réaction. Lorsqu’il sortit enfin, il alla directement à
l’accueil.
- Bonjour Monsieur vous cherchez ?
- Bonjour, on m’a appelé, je devais voir quelqu’un de toute urgence… Seulement je ne sais pas qui c’est.
- Etes vous le fameux Cyril ? demanda-t-elle avec un sourire.
- Euh… c’est bien mon nom.
- Chambre 268, vous prenez l’ascenseur, deuxième étage, et c’est tout de suite sur votre droite. Dit-elle d’un air soudain beaucoup plus grave.
- Je… Merci.
Cyril comprenait de moins en moins ce qu’il se passait. Cependant, il se souvenait parfaitement de cet endroit… Lorsqu’il s’y était réveillé après l’accident. Lorsqu’il avait apprit qu’il était
le seul survivant, et le regard de pitié qu’on lui avait lancé découvrant l’état de son corps et ce qu’il avait subit. Il inspira profondément. Il fallait qu’il reprenne son calme. Maintenant,
après toutes ses années, l’hôpital avait changé et personne ne reconnaîtrait le pauvre gamin violé et battu par son père suicidé. Mais cela était comme le disait l’expression : « plus facile à
dire qu’à faire. ». Pourquoi le destin s’acharnait-il ainsi contre lui ? Pourquoi alors qu’il parvenait à oublier tout les évènements le poussaient à se rappeler ? Etait-il condamné à vivre son
passé éternellement ?
Enfin arrivé devant la chambre, il porta sa main tremblante à la poignée après avoir frapper plusieurs petits coups. Un seul homme se tenait dans cette pièce, et seul le bruit des machines
semblant le tenir en vie, régnait dans la pièce. Cyril, ne comprenant pas vraiment, s’approcha un peu plus prêt et cru défaillir lorsqu’il reconnut l’homme allongeait dans le lit. Il avait beau
avoir vieilli, il avait beau être malade, rien n’aurait pu l’empêcher de reconnaître les traits si fins et si particuliers de cet homme. Pourquoi était-il dans cet état là, et pourquoi avait-il
fait appel à lui. Si son père les voyait. Tout avait commencé avec lui… Son premier amant : Cédric. Semblant encore endormit, Cédric ne prit pas conscience de sa présence. Encore sous le choc
Cyril ne put que s’asseoir et se souvenir. Se souvenir de ce jour qui avait changé sa vie à jamais, ce jour où son père les avait surprit dans sa chambre. Il ferma les yeux, se remémorant la
manière dont il avait rejeté la faute sur son amant et la lâcheté dont il avait fait preuve. Ce jour là, le regard aimant que son père lui portait c’était changer en haine et en répulsion. Oui c
jour là, il avait dégoûté son père à jamais et avait compris que plus jamais il ne serait considéré comme son fils. Depuis ce jour-là, plus jamais il n’avait revu Cédric, alors que leur relation
avait était très forte. Son tout premier amant, amour mais aussi son dernier jusqu’à Manu. Son père l’avait peu à peu coupé du monde jusqu’à l’enfermer dans cette chambre et lui faire subir cette
correction. Voir son fils se faire prendre et crier de plaisir, l’avait rendu totalement fou, jusqu’au jour il décida de mettre fin à tout cela, fin de son calvaire et début d’un autre cauchemar.
Jamais il n’avait confié à personne ce que son père lui avait fait, jamais il n’avait osé avoué et jamais il ne le ferait.
C’est au moment ou des larmes muettes commencèrent à perler sur ses joues qu’une infirmière entra.
- Vous êtes Cyril ?
Celui-ci acquiesça.
- Je suis désolée de devoir vous annoncé cela, mais il n’en plus que pour longtemps… Il a eut son dernier moment de conscience il y a quelques heures et ne cesser de vous réclamer. Nous avons
réussi à vous retrouver et… vous connaissez la suite. Je vous laisse seul avec lui. Ah, tenez, il nous a donné cela pour vous.
Elle tendit une lettre à Cyril, qui la prit fébrilement, ayant du mal à encaisser ce qu’elle venait de lui apprendre. A peine venait-il de le retrouver, qu’il allait le quitter. L’infirmière fit
demi-tour après ces quelques phrases, sentant qu’ils devaient rester seuls à seuls. Cyril mit du temps avant d’oser ouvrir l’enveloppe. Il finit par le faire et la lu d’une traire. Il crut ne
jamais parvenir jusqu’à la fin de celle-ci. Plus il avançait dans sa lecture, plus il sentait son cœur se déchirait. Les larmes troublèrent sa vue et il eut de plus en plus de mal à lire.
Lorsqu’il la finit, il la plia la fourra dans sa poche, avant de porter son attention sur l’homme en train de mourir par sa faute. Connaissant maintenant la cause de sa maladie, il posa doucement
sa main sur la sienne et d’accouda avec l’autre sur le lit, posa sa tête dans le creux de sa main. Il ne parvenait pas à faire cesser ses sanglots qui devenaient de plus en plus bruyant. Après
l’avoir jeter de la manière la plus abjecte qui soit, Cédric avait fait le con, se détruisant un peu plus chaque jour. Il avait finit par attraper le sida et ceci expliquer la raison de sa
présence ici. Il avait tenu à voir Cyril pour lui remettre cette lettre dans laquelle il lui avait parlé franchement comme personne ne l’avait fait jusqu’ici. C’était une lettre d’adieu qui avait
complètement dévaster Cyril. Soudain il sentit la main de Cédric se resserrer dans la sienne. Il leva immédiatement la tête et plongeas ses yeux larmoyant dans ceux maintenant ouvert de Cédric.
Ils ne prononcèrent pas un seul mot et ses contentèrent de se fixer l’un l’autre, Cédric ayant tout dit dans sa lettre et Cyril n’ayant rien à y répondre. Il ne sut combien d’heures il restèrent
ainsi à se fixer, et à se transmettre mutuellement ce que seul le silence pouvait faire. Jusqu’au moment ou le regard de Cédric changea subitement. Cyril ne sut pas vraiment comme le décrire,
mais il avait l’impression que Cédric regardait maintenant quelque chose qui n’appartenait plus au monde des vivants. Sa respiration s’accéléra jusqu’à ce qu’elle se termine définitivement,
accompagné du bruit continu d’une machine indiquant la mort de Cédric. Cyril ne pleura pas. Il n’en avait plus la force. Les infirmières accoururent priant Cyril de s’écarter. Cyril se leva et
s’effondra sur le sol. Il ferma les yeux. Il n’avait même plus la force de se maintenir debout, ni même de garder les yeux ouverts. Il sombra peu à peu dans un monde ou seule la nuit régnait.
Il se réveilla allongé dans un lit. Une infirmière se jeta sur lui, en lui demandant comment il se sentait. Cyril prenant conscience de la luminosité qu’il régnait dans la pièce, revint peu à peu
à la réalité et à tout ce qui venait de se passer.
- Vous avez fait un malaise. On vous a mis ici et vous avez dormit pendant un bon moment. Joyeux Noël.
Encore dans le cirage, Cyril demanda :
- Quelle heure est-il ?
- 10h00 du matin.
- Comment ? s’écria-t-il en se redressant subitement.
Les pensée de Cyril se tournèrent immédiatement vers Manu et à l’état dans lequel il devait se trouver… Attendre son cadeau de noël, qui n’était finalement jamais arrivé…
- Recouchez-vous monsieur, prenez le temps de vous réveiller.
Cyril se recoucha, sentant sa tête lui tourner et tout vacillait autour de lui.
Il ne put partir qu’une heure après, sous les recommandations des infirmières de surtout se reposer et de prendre quelques jours de congé.
Cyril conduisit le plus rapidement possible, rageant à chaque feu rouge, sans pour autant dépassé les limitations de vitesse. Lorsqu’il arriva à l’orphelinat, il était midi passé. Il sortit de la
voiture, et se alla directement vers la chambre de Manu. Il était terriblement inquiet, rien qu’à l’idée de l’état dans lequel il devait se trouver. Il frappa plusieurs coups et n’eut aucune
réponse. Il poussa la porte de sa chambre et vit que celle-ci était vide. Instinctivement, il alla dehors, et fut soulagé de le voir simplement assis sur son banc en train de fumer une cigarette.
Rien qu’à la posture qu’il avait, il devina que Manu était plus qu’en colère lorsqu’il vit Cyril venir dans sa direction. Anxieux, Cyril s’approcha de Manu, sachant pertinemment qu’il était en
train de se jeter dans la gueule du loup et qu’il n’en ressortirait pas indemne. Après tout, même si ce n’était pas entièrement sa faute, ce qu’il avait fait était impardonnable.
Cyril n’eut même pas le temps de dire quoi que ce soit que Manu lui lança agressivement :
- Dégage, tu es vraiment la dernière personne que je veux voir.
- Manu, je…
- Et j’ai encore moins envie de t’entendre toi et tes excuses à la con !! Hurla-t-il.
- Tu ne veux même pas entendre la raison de mon absence ?
Manu se redressa et le toisa de toute sa hauteur. Le coup partit tout seul et Cyril se retrouva étendu sur le sol. Manu se jeta sur lui tel une furie en hurlant qu’il
n’était qu’un salaud, pire que les autres, encore pire que Marc lui-même. Les coups pleuvaient sur sont torses et certains sur son visage. Cyril ne parvenait même pas à se défendre, trop choquer
par la réaction de Manu et par les coups qu’il recevait. Rien n’aurait pu raisonner la détresse et le désespoir qu’il pouvait lire dans les yeux de l’adolescent. Il finit par s’arrêter,
s’écartant de Cyril en lui tourna le dos.
Cyril se releva, non sans quelques difficultés, son corps étant devenu douloureux suite à la furie qu’avait envahit Manu. Il aurait voulu lui parler, mais il ne pouvait plus, il était comme
paralyser. Il se mit debout, se tenant avec difficulté sur ses jambes. Il essuya un filet de sang coulant le long de sa joue naissant dans la commissure de ses lèvres. Il marcha en direction du
bâtiment, et alla directement à l’infirmerie, ne tourna jamais la tête en direction de Manu. L’infirmière poussa un cri de surprise en le voyant arriver. Elle se hâta
de le soigné tout en lui demanda qui lui avait fait cela. Cyril ne répondit pas, se contentant de détourner le regard. Jamais il ne dévoilerait le véritable coupable de ces coups. Il frissonna
encore au souvenir de la violence dont Manu avait fait preuve. Il commença à trembler comme un enfant. Une seule personne avait osé un jour lever la main sur lui. Cette personne n’était plus de
ce monde. Au moins, elle lui avait apprit à encaisser les coups. Il fut comme envahi une seconde fois de sa terreur enfantine, ne voyant le monde extérieur comme hostile. L’infirmière finit par
le laisser seul, pour revenir quelques temps après avec la directrice. Ce court instant ou l’on le laissa seul l’aida à reprendre un minimum ses esprits.
- Mon dieu Cyril, qui vous a fait cela ? s’exclama la directrice.
Cyril chercha un faux coupable et répliqua le plus rapidement possible :
- Ca s’est passé à l’hôpital.
Il remercia le ciel que personne ne l’ai vu rentrer avant sa rencontre avec Manu. Septique la directrice demanda :
- Vous en êtes sur ?
Agacé Cyril répondit :
- Je crois que je suis tout de même apte à savoir qui m’a frappé.
- Bien…
- Est-ce que je pourrais prendre quelques jours de repos ?
- Bien sur. Vous y êtes même obligé.
Elle s’adressa à l’infirmière.
- Veuillez finir de le soigner et raccompagnez-le à sa chambre. Décidément c’est un Noël mouvementé !
Intrigué Cyril demanda :
- Comment ça ?
- Si vous aviez vu la crise que nous a fait Manu cette nuit ! Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu ainsi. C’est pour cela que je me demandais s’il n’était pas le coupable de vos
blessures.
- Ah bon, tenta de feindre Cyril, non ce n’est pas lui.
La directrice lui sourit et sortie.
L’infirmière s’exécuta et une fois les derniers soins et les dernières recommandations donnés, elle le raccompagna jusqu’à sa chambre, le soutenant légèrement. Evidemment, il fallut qu’ils
tombent nez à nez avec Manu. Cyril ne supporta même pas de le regarder et heureusement Manu passa rapidement devant eux, les ignorant, et ne laissant passer aucune émotion sur son
visage. L’infirmière aida Cyril à se coucher, et laissa rapidement celui-ci seul dans sa chambre, seul avec ses angoisses et ses questions. Ainsi, Manu n’avait pas
supporté la non-présence de Cyril… Si seulement il savait ce qu’il avait du vivre cette nuit là… Si seulement il lui avait laissé le temps de s’expliquer. Mais ce qui l’inquiétait le plus, était
ce qu’il avait ressentit lorsqu’il avait croisé Manu dans les couloirs, non de la peine, non de la compassion, non de la colère, mais de la peur, une peur sourde de se faire frapper de nouveau.
Il savait que jamais il ne pourrait porter la main sur lui, et n’avait donc aucun moyen de se défendre. Supporter les coups dans aucune réaction était un enfer pour lui, un enfer du passé.
Epuisé, à bout, sans force, vidé de tout, il ferma les yeux, tentant vainement de se reposer. Il finit par se recroqueviller en boule et se mettre en position fœtale. Comment la situation
avait-elle pu dégénérer à ce point ? Il fut prit d’une crise qu’il ne connaissait que trop bien et qu’il avait eut un bon nombre de fois dans son passé suite à chaque traumatisme. Son corps
ne supportait plus que qu’il avait vécu en si peu de temps et réclamait que tout cela finisse. Il fut prit de tremblement violant et eut presque l’impression d’étouffer. Il finit par hurler,
enfouissant sa tête dans son oreiller pour masquer le bruit déchirant de celui-ci. Il finit par s’endormir une longue heure après, d’épuisement et non de sommeil. Cyril était à deux doigts de
craquer, à deux doigts de la folie et il n’enavait même plus conscience…
ATTENTION,
CECI EST LA
DEUXIEME PARTIE DU CHAPITRE
PREMIERE PARTIE
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