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Ce ne fut pas de voir Manu en pleine nuit face à lui qui le choqua, mais ce fut l’état dans lequel il se trouvait. Il semblait si dévasté, qu’il en oublia même son propre état.
Ses yeux rougis par les larmes, vide de toute expression d’agressivité et de supériorité avait laisser place à un tristesse si grande que le regardait droit dans les yeux donnait l’impression qu’il nous communiquait sa tristesse.
Cyril ne pu s’empêcher de s’en vouloir. Il savait pertinemment qu’il devait être le facteur déclenchant de tout cela : d’abord le cimetière, puis la photo… Le voir dans cet état lui faisait presque regretter tout ce qu’il venait de faire pour lui, bien qu’il sache qu’il faille obligatoirement passer par cet étape là. Semblant prendre conscience de l’état de Cyril, Manu fit tout simplement demi-tour, laissant Cyril désemparé.
Cette rencontre nocturne l’avait sortit de sa stupeur et lui avait fait légèrement oublier pour un court instant le passé dans lequel il était en train de replonger. Après s’être passer une deuxième fois de l’eau sur le visage, il regagna lentement sa chambre, craignant les cauchemars dans lesquels il pourrait replonger.
Etendu sur son lit, il n’arriva pas à fermer l’œil une seule fois de la nuit. Il ne cessa de penser à de multiples choses. Ses pensées principales se portait sur Manu et son état. Il se doutait que rare était ceux qui l’avait vu dans un tel état. Il aurait tant voulu faire quelque chose pour lui, mais aucune idée ne lui venait à l’esprit. Cet enfant semblait si seul, qu’il paraissait inatteignable. Comme parvenir à toucher un cœur si renfermer, comme parvenir à soigner celui-ci, si d’épais murs le séparait du reste du monde ? Longtemps il chercha une solution possible mais aucune ne parut lui convenir. Ce n’est que lorsque le soleil tapa sur sa vitre, qu’il se décida à se lever.
Après un douche rapide, il enfila un jean, un t-shirt et un pull, car il n’avait pas l’air de faire très chaud, puis il prit la direction du réfectoire. Là, après une bref présentation aux autres éducateurs qu’il n’avait pas vu la veille, il alla prendre place à la table de Manu qui n’était pas encore arrivé. Il se mis au même endroit, souhaitant lui faire de nouveau face, bien qu’il appréhendait sa réaction après ce qu’il s’était passer la veille.
Pourtant, lorsque Manu vint prendre place en face de lui, faisait comme si de rien était. Cyril eut beau chercher à croiser son regard, il ne le parvient à aucun moment. Une chose était évidemment : Manu évitait son regard, et à aucun moment celui-ci lui lança un regard provocateur comme il savait si bien le faire. Cela inquiéta Cyril plus qu’il n’y laissa paraître.
Lorsqu’il vit Manu se lever, il se hâta de finir son petit déjeuner et sortit pour fumer sa clope. Une fos dehors, il fit quelques pas et s’assit sur les marches. Il ferma les yeux un court instant, réalisant qu’il était épuisé.
Soudain, il entendit quelque approchait. C’était Manu, il sortit directement, passant devant lui, faisant comme s’il n’était pas là, et alla s’assoire sur son banc habituel. Pensant que tout ça ne pouvait plus continuer ainsi, il se leva et alla le rejoindre. Arrivant à sa hauteur, il marcha à ses côtés, l’incitant à entamer un dialogue avec lui. Celui-ci s’arrêta en soupirant. Enervé, il lui dit sèchement :
- Qu’est-ce que tu veux ?
Cyril prit mal ses quelques mots. Quel idiot d’avoir cru qu’il aurait changer en si peu de temps. Il ne se laissa par pour autant démonter et répliqua :
- Dis bonjour au moins
-
Si ce n’est que ça pour avoir la paix, bonjour ! Maintenant, dégage !
Manu recommença à marcher mais fut encore une fois arrêté par la voix de Cyril, qui restait plus loin. Il ne pouvait pas laisser les choses en l’état, et devait à tout
pris avoir un semblant discussion avec lui :
- Ce… que tu as vu cette nuit, je… commença péniblement Cyril.
Lui parlait de cet instant était plus dur qu’il ne se l’était imaginé. Mais alors qu’il allait reprendre son courage à deux main, il fut coupé par Manu.
-
Écoute le nouveau, répondit Manu en se rapprochant un peu plus de lui.
Je vais mettre les choses au clair tout de suite. J’en ai rien à foutre de quiconque ici. Ce n’est pas parce que tu essaies de m’attendrir en faisant ce dont j’ai envie que forcément, je vais
devenir comme tout le monde… J’aime qu’on me laisse tranquille, c’est compris ?
- Très bien. Dit simplement Cyril, apparemment un peu vexé.
Comment les paroles d’un simple enfant pouvaient-elles autant l’affecter. Lui qui avait fait le premier pas pour l’aider, venait de se faire rejeter aussi sec. En même
temps il savait qu’il ne fallait pas s’attendre à mieux avec Manu, mais il avait bêtement espérer. Il faudrait du temps, mais il était prêt à attendre. Malgré cela, la manière dont il l’avait
rejeter l’avait blessé plus qu’il ne l’aurait pensé.
Cyril se retourna et s’en alla, laissa Manu regretter ce qu’il avait dit.
Il se rendit alors dans sa chambre, puis entama sa ronde des couloirs comme Marc lui avait recommander. après avoir interlocuté et
réprimandé deux orphelins préparant un mauvais tour.
Alors qu’il finissait de réprimander deux orphelins se bagarrant dans les couloir, il entendit des hurlement dans les couloirs s’approcher d’eux.
- Tu es vraiment le pire des cas que j’ai eu dans ma carrière. Aller voler une photo !! Depuis quand est-ce que les choses te tiennent à cœur ?
- Ce n’est pas moi ! hurla Manu en se retournant vivement vers Marc.
- Qui est-ce alors ? Qui pourrait bien te rendre service? Personne ne t’apprécie ici !!!
Cyril jura intérieurement. Comment Marc avait-il trouvé cette photo. Il n’avait pas penser qu’il irait jusqu’à fouillé sa chambre. Sa rythme cardiaque s’accéléra lorsque Manu pointa discrètement le regard vers lui. Il finit par baisser les yeux. Il ne pouvait pas avouer. Même s’il le voulait, les répercutions sur son travail serait trop grave. Marc ne chercherait pas midi à quatorze heure, il le virerait et il ne pourrait plus jamais exercé de métier. Cesser de faire ce qu’il avait fait toute sa vie, non, il ne le pouvait pas. Il était donc impossible pour lui de se dénoncer. Le prix à payé était bien trop cher. Il se maudissait et s’en voulait terriblement que tout retombe sur Manu. Quel idiot il avait-été… Tout cela était de sa faute. En voulant l’aider ,il n’avait fait qu’empirer la situation, et n’était même pas capable de la réparer. Il tressaillit en entendant le rire au combien désagréable qu’employa marque avant de lancer son venin :
- Tu es pathétique, sale morveux ! la directrice revient en fin d’après-midi, tiens-toi prêt à ce que je fasse une réunion avec les collègues et toi pour nous décider du jour de ton
départ.
Il ne faisait que profité de sa position de supériorité sur lui. Aucun enfant ne méritait des mots aussi blessant. Il anéantissait tout l’amour propre de Manu. « Le jour de son départ »… Il avait préférer ne pas se mouillé et c’est Manu qui en payé le prix. Il n’était qu’un lâche… Il détruisait la vie d’un gamin pour protéger la sienne. Il ne faisait en fait que ce que tout le monde avait toujours fait avec Manu. Il faisait ce qu’il avait faite toute sa vie sa vie durant : fuir devant la moindre difficulté. Ployer sous celle-ci… Jamais il ne s’était autant haïs.
Le dernier regard glacial et menaçant que lui lança Manu au moment ou il voulu s’approchait le terrassa. Oui, il se haïssais tout autant que Manu. Il était simplement méprisable et ne mérité plus de l’approcher.
La matinée fut pénible. Il perdait son attention au travail fit quelques erreurs qui ne passèrent pas inaperçues au yeux de Marc qui lui passa un savon. Il ne souhaitait finalement qu’une seule chose partir d’ici, s’éloigne le plus loin possible. La directrice n’aillait pas tarder à rentrer et Marc ne cessait de jubiler quant au moment où il lui apprendrait l’erreur tant espérer que Manu avait enfin commise. Il ne cessait de faire des commentaires cyniques et odieux à son sujet, ce qui ne faisait qu’enfoncer un peu plus Cyril dans sa culpabilité. Une heure avant le déjeuner, il prétexta un malaise et alla s’enfermer dans sa chambre. Il était tellement mal, que cela lui donner envie de gerber.
En chemin, il passa devant la chambre de Manu, s’y arrêta, trop tenté de frapper et de venir s’excuser. Mais il rejeta cette idée, la trouvant cela trop facile, et se dit que Manu n’avait aucune envie de le voir. Il se ferait uniquement jeter et cela n’arrangerait rien à leur états. La mort dans l’âme, il se traîna jusqu’à sa chambre et s’accouda à sa fenêtre ouverte. A chaque instant il s’en voulait un peu plus. Il ne s’inspirait que le mépris. Si Manu était viré, ou même s’il lui arrivait la moindre chose, il ne se le pardonnerait jamais. Il aurait tant espéré remonter le temps et revenir dans le passé. Il avait voulu jouer les héros, mais il était loin d’en être un. Il avait échouer comme il l’avait fait il y a si longtemps au yeux de celui qu’il respectait tant… Il ne méritait même plus de vivre… On lui avait tellement répété qu’aujourd’hui il finissait pas y croire.
Ce n’est qu’à l’heure du repas qu’il sortit de sa chambre, se disant que ses idées devenaient bien trop sombre pour qu’il continue à rester seul dans sa chambre.
Manu n’était pas encore arrivé lorsque Cyril alla prendre place à table. Il s’assit à la même place, ne voulant pas éveillé les soupçon. L’unique sujet de conversation portait bien évidemment sur le probable départ de Manu. Cyril aurait voulu se bouches les oreilles et se masquer les yeux ; il aurait voulu disparaître pour ne plus avoir à ressentir ce qu’il ressentait. Il pria pour que ces chuchotements malsains cessent lorsque Manu reviendrait.
Mais ce ne fut qu’un espoir vain, car au moment ou celui-ci pénétra dans le réfectoire, il ne firent qu’augmenter. Il s’assit en silence en face de lui. Il ne laissait rien paraître, mais à sa façon d’être, Cyril comprit qu’il était bouleversé et qu’il lui en voulait terriblement. Et il n’avait que trop raison ! C’était tout ce qu’il méritait. Cyril ne parvenait pas à cesser de le regarder, comme pour se punir et culpabiliser un peu plus. Le regard plein de haine que Manu lui lança alors ne fit que remplir l’effet rechercher. Il frémit sous ce regard accusateur.
Mais, cela n’allait pas s’arrêter là… A peine Manu fut-il servit et qu’il commença à manger, qu’un des orphelins prénommé John, se mêla de
l’affaire ; se sentant certainement fort par la situation critique dans laquelle était Manu :
- Alors Manu, tu as déjà fais tes valises ?
- Ta gueule !!
- Tu vas peut-être enfin avoir la monnaie de ta pièce. Après toutes ces années où tu nous as fais toutes ces saloperies… Comme si tout le monde n’étaient pas assez malheureux ici.
- Je te signale qu’on est tous dans la même situation, alors ferme-la.
Cyril espéra secrètement que John se taise. S’il continué, il savait que Manu allait finir par craquer, ce n’était qu’une question de temps. Il aurait aimer intervenir
mais il resta sans voix devant les paroles humiliantes que lui lança John.
- Toi, dans la même situation ? Ha, laisse-moi rire ! A croire que tu n’en as rien à foutre que tes parents soient six pieds sous terre !
Le regard de Manu changea, derrière toute cette violence, si l’on regardait avec attention, on pouvait se noyait dans la tristesse qu’il en émanée. Manu était à bout, et il tenta une dernière
fois de se maîtriser. Il devait lui falloir une force incroyable pour parvenir à le faire… A sa place, Cyril aurait déjà craqué…Et pourtant, John se jeta la tête la première dans la rage folle de
Manu. Il rajouta la phrase de trop :
- Je peux les comprendre en même temps, avoir un fils comme toi devait être ingérable…
Manu n’hésita alors plus une seconde et ne perdit pas son temps. Il monta sur la table et jeta littéralement sur John, les deux jeunes tombèrent rapidement… Manu se mit à mettre les coups de
poings les plus forts qu’il pouvait malgré la douleur. Cyril et quelques éducateurs se levèrent pour les séparer. Manu se releva alors, John en fit de même mais il se contenta de rire :
- Tu es tellement pathétique ! Tu ne sais rien faire à part te battre. Tu aurais du être à la place de tes parents, tout le monde aurait eu la paix !!!
Celui-ci ne s’attendit pas du tout à ce que Manu réagisse en le voyant se tourner comme s’il partait, mais en réalité, il prit un plateau sur la table et frappa de toutes ses forces sur la table
de John, qui s’étala alors de tout son long. Cyril intervint à ce moment et parvint à séparer Manu, mais le jeune n’ayant pas tout régler, se retourna et sans trop s’en rendre compte, frappa
également Cyril au visage qui reçut le coup assez facilement malgré la douleur que cela devait faire… C’était loin d’être le premier coup qu’il recevait, et avait eut le temps d’apprendre à les
encaisser par le passé. Jamais il n’avait vu une telle rage se déchaîner sous ses yeux.
Cependant, soudainement et de manière immédiate, Manu sembla voir quelque chose qu’il l’arrêta immédiatement. Il releva directement les main et recula lentement, comme un bête de proie. Ce n’était plus de la haine que l’on pouvait lire dans ses yeux, mais un crainte sourde. Le ton de sa voix aussi avait changée…
- C’est bon, je me calme ! Mais ne me faites pas ça !
Cyril regarda alors ce que fixé depuis son changement brusque de comportement, et vit un seringue dans la main de Marc. Avait-il le droit d’utiliser ce moyen, cela
était tellement petit. Il n’arrivait pas à le maîtriser alors il utiliser un autre moyen misérable aux yeux de Cyril.
- On sait les conséquences que ça a sur toi, mais si tu nous obliges à le faire, on n’hésitera pas une seconde. Dit Marc semblant encore une fois, jubiler de sa suprématie.
- Ok ! Je vais dans ma chambre mais surtout, éloignez cette putain de seringue !
Manu recula encore jusqu’à la sortie et partit. L’effet qu’avait souhaiter Marc était réussit et il affichait un regard méprisant de satisfaction de soi.
Il s’approcha alors de lui, dans le but de comprendre son comportement. C’est alors qu’il entendirent un grand bruit et un adolescent arriver en courant et crié un grand sourire au visage :
- Manu vient de briser une chaise en la jetant pas la fenêtre qu’il a bien sur fracassée, il y a du verre partout, c’est…Il est complètement barge ce mec !!!
Marc afficha un sourire de satisfaction et avec trois autre éducateur ils se rendirent directement à sa chambre. Cyril les suivit, marchant au côté de Marc. Tout arrêter en dévoilant la vérité était bien évidemment inutile. Tout était trop tard.
- Il va enfin avoir ce qu’il mérite.
- Qu’entendez vous par là, qu’allez vous lui faire ?
- Observe et savoure cet instant. Dit Marc en souriant, content de lui.
Lorsqu’il les vit arriver, Manu fit quelques pas en arrière et les supplia, ne sachant même plus retenir ses larmes :
-
Pitié, non ! J’ai pas envie de cette saloperie ! Je vais me camer, je vous le promets.
- Paroles en l’air, commet d’habitude. Répondit l’éducateur qui préparait la seringue tandis que les deux autres tentèrent de bloquer Manu au sol.
Paralysé par la scène qui s’offrait à lui, Cyril ne pu qu’être spectateur. Durant des scènes comme celle-ci, il perdait tout ses moyens, il ne pouvait pas supporter, il… Les larmes lui virent aux yeux… Comment pouvait-on faire tout cela à un enfant ?
Mais celui-ci en voyant l’aiguille s’approcher de son bras, essaya une dernière fois de se débattre et parvint à shooter dans un éducateur :
- Putain sale morveux, plus tu te débattras et plus dure ce sera pour nous de te piquer alors, laisse-toi faire !!
- Vous me le paierai bande de salopards !
- Mais bien sur ! Aller, arrête de bouger !
Le cœur de Cyril se serra si fort qu’il failli exploser. Tout son être le pousser à venir à son aide, mais un je ne sais quoi le retenait…Lorsque Manu ne parvint alors plus à bouger, maintenu trop fermement pour arriver à se dégager , il ferma les yeux en continuant à pleurer.
Cyril ne parvint pas à supporter la vision ce l’aiguille s’enfonçant dans le bras de Manu. Il ferma les yeux le temps de celle-ci. Les larmes continuer à perler sur ses joues, il tenta de les sécher d’un revers de manche.
Pleurer, c’est tout ce qu’il avait su faire, il n’avait même pas était capable de venir à son aide.
Une fois la piqûre faite, les éducateurs lâchèrent Manu un à un, qui plongeait déjà dans un autre monde. Avec Marc, ils s’approchèrent de lui.
Cyril se risqua a demander :
- Qu’est-ce qu’ils lui ont injecté ?
- Un super tranquillisant ! c’est nécessaire, vu le nombre de crises de nerfs qu’on peut avoir parfois… Mais sur Manu, ça a certaines conséquences…
- Genre ?
- C’est comme s’il récupérait ses heures de sommeil manquantes dû à ses insomnies… Il dort pendant des jours entiers et les seuls moments où il est à moitié éveillé, il reste dans son lit parce
que son corps ne tient pas debout. Ca fait du bien à tout le monde de ne pas le voir pendant trois ou quatre jours…
Ne sachant plus quoi dire, trop anéanti par ce que venait de dire Marc, trop peiné parce qu’il venait de faire à Manu, trop dévasté par ce qu’il venait de voir, il s’accroupi près de Manu, étendu
à même le sol et passa discrètement sa main dans la sienne tentant de lui montrer qu’il n’était pas seul… Le simple regard empli de tristesse que Manu lui renvoya avant de sombré dans un sommeil
artificiel, lui souleva le cœur. Il eut soudainement envie de le prendre, de le serrer fort dans ses bras. Mais la présence des autres éducateurs l’en empêché…
- Bon, on va le remettre dans son lit ce merdeux. Je…
- Je m’en charge le coupa immédiatement Cyril. S’il vous plait laissez moi m’en occuper.
- Très bien, pour tout te dire, ça nous arrange. Au fait, dans deux heures réunion avec la directrice.
Les éducateurs sortirent à la suite de Marc, le laissant seul avec le corps inerte de Manu étendu sur le sol. Il se mit alors à observer son visage endormi. La peau de son visage légèrement halée, semblait si douce que Cyril fut prit d’une envie de l’effleurée. Voyant encore quelques larme sur ses joues, il en profita et passa délicatement sa main sur celle-ci, les effaçant du mieux qu’il pouvait. Son physique était loin d’être repoussant, et au contraire, Cyril aurait presque pu se laisser aller à dire qu’il était attirant. La beauté froide qui émanée de ce corps endormi réchauffé celui de Cyril involontairement.
Les yeux fermés, Manu avait presque un visage doux… On aurait presque pu s’y méprendre et le confondre avec un visage paisible et insouciant. Pourtant le dernier regard empli de tristesse que Manu lui avait lancé ne cessait de hanter son esprit. Ses cheveux noirs, tombant habituellement un peu sur ses yeux ne faisait qu’augmenter sa beauté ténébreuse. Manu était un très beau jeune homme, et deviendrait dans peu de temps un très bel homme. Cyril avait du mal à se l’avouer, mais Manu avait un charme fou, malgré son caractère fort. Perdu dans la contemplation de son visage, Cyril ne vit pas le temps passé, et ce n’est que lorsqu’il jeta un rapide coup d’œil à sa montre qu’il réalisa le temps qu’il venait de passer accroupi très de lui.
Il fallait qu’il se dépêche de le soulever et de le mettre au lit. Lorsqu’il commença à tenter de le soulever en le saisissant derrière l’épaule afin de passer son bras sous lui, et de s’en servir de levier, il fut surprit par le poids d’un corps inerte. Mettant plus de vigueur à la tache, il parvient à le soulever et à le porter jusqu’à son lit, non sans quelques vacillements.
Lorsqu’il le posa sur son lit, il bascula au dessus de lui, et se retrouva allongé sur lui. Horriblement gêné par cette situation, il se releva et s’écarta de quelques pas. Le pire dans tout cela c’est qu’être si prêt de ce corps ne l’avait pas déplu particulièrement. Il sourit en imaginant ce que manu aurait pu dire dans un telle situation.
Se reprenant, il se dirigea vers le placard, et chercha un pyjama dans ses affaires sans trop fouiller ne voulant pas violer son intimité. Il s’approcha alors du corps endormi de Manu et déglutit avant de se lancer. Lentement, il lui enleva son t-shirt, effleurant malgré lui à plusieurs reprise sa peau si douce et chaude. Ben que ce geste ne soit pas utile à ce qu’il devait faire, il passa délicatement sa main sur le torse musclé se soulevant lentement sous la respiration de Manu. Il rougit sous l’audace de son geste et se repris. Il était comme hypnotisait par ce corps étendu prêt de lui. Afin de chasser toute pensées hasardeuses qu’il n’était pas habituée à avoir, il lui enfila son haut assez rapidement.
Maintenant, il ne lui restait plus que le bas… Délicatement, il déboutonna un à un les boutons de son jeans. Sans pouvoir se contrôler, sa main trembla légèrement. Il se redressa afin de pouvoir lui enlever plus facilement son pantalon. Ses yeux se posèrent alors sur son boxer. Se rendant compte de ce qu’il venait de faire, gêné il détourna immédiatement le regard pour saisir le bas de pyjama. Il ne le débarrassa bien évidemment pas de son boxer, cela aurait était au dessus de ses force. En enfilant son bas, il passa une main sur ses fesses, et une fois de plus il s’empourpra des idées qui l’envahirent. Cependant, elles ne durèrent pas très longtemps et furent vite remplacé par des souvenirs dont il aurait souhaiter faire disparaître à jamais de sa mémoire. Tendrement, il le couvrit et le borda, après avoir plier ses vêtements qu’il rangea sur sa chaise.
Alors qu’il s’apprêter à partir, il vit Manu s’agiter légèrement et froncer les sourcils. Il devait certainement faire un mauvais rêve. Ne pouvant humainement pas le laisser ainsi, il s’assit à ses côté et prit de nouveau sa main dans la sienne. Là, il vit une mèche rebelle qu’il replaça q’un simple geste délicat de la main, une fois encore surprit par la douceur de cette peau. Ce n’est que lorsque celui-ci sembla parfaitement calme qu’il se dégagea, non sans quelques difficultés de la main qui s’était resserrée sur la sienne.
Puis, il sortit se rendant immédiatement au bureau de la directrice, les deux heures devant être largement passées.
Il frappa timidement plusieurs coup à la porte, et ce fit Marc qui sortit rageusement de la pièce laissant la porte ouverte.
Une voix féminine ce fit alors entendre :
- Cyril je présume, le nouvel éducateur, entrez je vous prie…
Cyril ne se fit pas prier et entra rapidement, refermant la porte derrière lui.
- Asseyez vous…
Il prit place sur la chaise indiquée par la directrice.
- Je vais commencer avant de vous laisser la parole. Je viens d’apprendre ce qu’il s’est passé il y a quelques heures, et j’ai clairement exprimé mon point de vue à Marc. Je trouve ça tout bonnement inadmissible. Je suis désolée que vous ayez du voir cela. Sachez que cela s’est toujours produit sans mon assentiment. Et je suis tellement désolée pour ce jeune homme. La photo aurait pu être une raison de renvoie, certes, mais ce qu’ils viennent de lui faire subir annule tout menace de renvoie. Je ne sais pas par contre, ce qui me retiens de virer Marc…
La directrice prit un pause, pendant que Cyril la regardait ébahit. C’était la première personne censée qu’il entendait parler dans cet orphelinat.
Elle lui tendit alors un papier.
- Tenez voici la photo. Rendez la lui discrètement et dites-lui de la cacher afin que Marc ne la retrouve plus. Je ne savais pas qu’elle pouvait avoir autant d’importance pour lui. Cela reste entre nous. Bon revenons en à vous. Est ce que cet orphelinat vous conviens ? Etes vous bien installé ?
- Je… euh oui, très bien.
- Bien excellent. Des questions, une requête ?
- Non aucune.
- Bien. Apparemment, Marc m’a dit qu’à plusieurs reprise vous avez pris plus ou moins indirectement la défense de Manu, et que vous ne réalisiez pas à quel point c’était un monstre. Je pense que vous être donc le mieux placé pour cela, je vous laisse vous occuper de lui.
- Comment… Je…
Après ce qu’il venait de se passer, Manu n’accepterait plus aucune aide de sa part. Il ne savait même pas si celui-ci souhaiterait lui adresser la parole. Alors devoir s’occuper uniquement de lui…
- Ces quelques jours vont être pénible pour lui… Je suis déjà peiné de ce qu’il va devoir vivre. Ses nuits sont particulièrement agités et il faut profiter de ces quelques moments de conscience pour l’hydrater et le nourrir un minimum. A vous de rester à son chevet et de prendre soin de lui. Je l’aurais bien fait faire à Marc pour le punir, mais je ne pense pas que cela soit bénéfique pour Manu. Je vous laisse commencer dès maintenant votre travail et je vais vous laissez, j’ai beaucoup de travail à rattraper. Bonne fin d’après midi Cyril.
- Merci madame.
Totalement abasourdit, Cyril sortit du bureau et se rendit dans sa chambre afin d’attraper son paquet de cigarette et du feu. Il devait fumer une clope avant de retourner au chevet de Manu. Il avait besoin de s’aérer, et une dose de nicotine l’aiderait à surmonter la fin de cette journée.
Après être passé en cuisine pour attraper quelques petits truc à grignoter, ne souhaitant pas assister au repas, il se dirigea de nouveau vers la chambre de Manu.
Il prit une chaise qu’il posa à côté du lit de Manu et s’y assit. Il regarda Manu, celui-ci n’avait pas bouge d’un pouce. Instinctivement, il posa sa main dans la sienne. Celle-ci se referma automatiquement sur la sienne. Il passa de longues heures à le contempler, perdu dans ses pensées. Qu’allait-il se passer à son réveil ? Comment Manu allait-il réagir et qu’allait-il lui dire ?
Il finit finalement par fermer les yeux et par sombrer dans le sommeil. Cela ne faisait que trop longtemps qu’il n’avait pas dormi.
La journée du lendemain fut assez monotone. A aucun moment Manu ouvrit les yeux, continuant à dormir d’un profond sommeil. Les seuls moments ou Cyril sortit, fut pour s’alimenter un petit peu et fumer ses quelques clopes, et se laver. Il prenait son travail très au sérieux, et les quelques fois où il s’éclipsait de la chambre était les plus courtes possibles.
Ce ne fut qu’en fin de soirée, qu’il finit par s’endormir de nouveau sur sa chaise dans une position tout aussi inconfortable que la veille.
« - Cyril ! Cyril ! Viens ici tout de suite, sors de ce placard, je sais que tu t’y caches.
Lentement, un jeune garçon chétif sortit d’un placard entrouvert…
- Répète le encore !!!
- Je déteste les hommes…
- Encore et la suite !!!
- Je déteste les hommes et plus jamais je ne…
Les larmes commencèrent à couler de nouveau sur ses joues. Un violent choc au visage, le fit s’éffondrer lourdement sur le sol. Il ne tenta pas de se protéger, ni de se rouler en boule, sachant que son père n’attendait que cela. Mais ses larmes il ne put les retenir…
- Un homme un vrai ne pleur pas… Tu n’es qu’un tapette, tu n’es pas mon fils et tu ne mérites pas de l’être.
L’homme envoya un violent coup de pied dans les côtes de Cyril, lui arrachant un cri… »
Un cri qu’il prononça autant dans son rêve que dans la réalité. Brusquement, il ouvrit les yeux. Haletant, le corps tout en sueur, il mit un temps avant de se rappeler où il était. Ce ne fut que lorsque ses yeux se posèrent sur le lit de Manu qu’il revient pleinement dans la réalité. Seulement, un détail particulier attira son attention : Manu avait les yeux grands ouverts. Lorsqu’il croisa son regard, celui-ci lança :
- Non mais tu es complètement malade. Hurler comme ça dans ma chambre en pleine nuit. Non mais qu’est ce que tu fiches ici et qu’est ce que…
Manu écarta vivement sa main de celle de Cyril.
Il voulut se redresser pour se retrouver à sa hauteur, mais trop faible par la sous alimentation et encore sous l’effet du puissant sédatif, il due se rallonger.
Paralysé, encore sous le choc de son rêve, Cyril ne savait plus quoi rétorquer.
- Tu dégages de là, tout de suite !!!
Cyril pris son courage à deux mains et se lança. Il avait longuement réfléchi à ce qu’il lui dirait et c’était le moment ou jamais :
- Manu… Je … Je sais que ce que je vais te dire va être inutile et que cela ne servira probablement à rien, alors avant de me jeter, laissa moi te dire pardon… Je suis sincèrement désolé de tout ce qui t’es arrivé uniquement par ma faute. Je suis entièrement responsable de tout ce qu’on vient de te faire. Je sais que tu dois m’en vouloir horriblement et que tu n’acceptera plus jamais aucun geste de ma part, et je peux tt à fait le comprendre. Cependant si tu as besoin de quoi que ce soit et bien…
Cyril fit un pause avant de reprendre :
- Je sais qu’on ne peut pas revenir en arrière et j’espère qu’un jour tu me pardonneras. Je tiens juste à te dire que tu n’es pas viré. La directrice m’a parler et il est hors de question que tu sois renvoyer ? Je ne te dis pas l’état de rage dans lequel se trouvait Marc… Tiens.
Cyril lui tendit la photo.
- Elle m’a donnée ça pour toi.
Il la posa sur sa table devant la non réaction de Manu.
- Elle te dis que tu peux la garder, mais de mieux la cacher cette fois-ci. Je… Je m’en veux tellement Manu…
Celui-ci le regardait toujours avec le même regard froid et distant, ne laissant place à aucune émotion. Une larme coula sur sa joue. Oui, il s’en voulait tellement…
Il se leva et sortit de la chambre en murmurant un dernier :
- Je ne suis qu’un lâche.
Il se rendit directement en cuisine et prit sur un plateau de quoi faire un petit déjeuner à Manu. L’angoisser au ventre il retourna jusqu’à la chambre de Manu, et après avoir frapper quelques coups il entra. Manu ne s’était pas encore rendormi. Il s’approcha de lui, et avec un léger sourire gêner il dit faiblement :
- Ordre de la directrice… Je dois te nourrir…
Fébrilement il s’approcha de lui et posa son plateau sur le lit à coté de Manu, appréhendant la moindre réaction. Jamais il n’avait eu aussi peur, et n’avait autant culpabilisé…
Pourquoi Cyril était-il en train de faire cela ? Il n’en avait aucune idée. Tout ce qu’il savait c’est qu’il se devait de le faire et d’aider cet être souffrant tant. Jamais personne ne semblait avoir rien fait pour lui. Cyril s’était décider à lui offre ce dont lui enfant avait toujours rêvé. Il savait parfaitement ce que l’on pouvait ressentir lorsqu’on ne sortait pas d’un même lieu pendant des années l’ayant lui-même vécu. Et voir une autre personne vivre la même chose lui était insupportable. Ce n’était certainement par pitié qu’il faisait tout cela. Il le faisait juste pour Manu, sans raison particulière. Tout son être lui hurlait de l’aider.
Pourquoi jouait-il ainsi avec le feu ? Il savait pourtant pertinemment qu’à tout instant Manu pouvait
d’échapper et lui faire une crasse. Mais l’intuition qui primait était tout autre. Si l’on s’occupait de lui, si l’on portait une attention sur lui, si l’on lui parlait d’égal à égal sans le
prendre pour ce qu’il n’était pas, alors peut-être changerait-il petit à petit. Peut-être s’ouvrirait-il petit à petit au monde. Cyril était parfaitement sur que sous
cette arrogance, se cachait une hypersensibilité. Ainsi tout cela n’était qu’une façade qu’il allait devoir ôter petit à petit, le laissant faire à son propre rythme.
Ayant eu sa réponse en voyant Manu se lever, Cyril sortit avec toute la discrétion dont il était capable. Il remercia l’expérience qu’il avait acquis au fil de ses années
d’orphelinat.
Arrivait à sa voiture, ayant parcourut les couloirs sans encombre, il s’y adossa et attendit Manu.
Son cœur battait sous l’excitation de ce moment. Braver les interdits ; ce la faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait pas fait et pourtant, il avait toujours était très fort pour le faire. Mai tout cela avait changé lorsqu’il était passé de l’autre côté…
Manu n’arrivait toujours pas et Cyril commençait à s’inquiéter. Plusieurs hypothèses lui vinrent alors à l’esprit : soit il s’était fait attraper par Marc dans les couloirs, chose peu probable, soit il avait décidé de ne pas le suivre. C’est vrai après tout, pourquoi suivrait il un homme qu’il connaissait à peine. Il n’avait que trop raison de se méfier. Après tout pour quelle raison ferait-il confiance à qui que ce soit, puisque depuis des années personne ne lui faisait confiance.
Il jeta alors un coup d’œil à la fenêtre de Manu, tentant de voir si celui-ci était toujours à l’intérieur.
C’est là qu’il le vit se pencher par sa fenêtre et comprit immédiatement son intention. Mais quelle insouciance, lorsqu’il lui avait dit de sortir discrètement, il ne lui avait pas demandait non
plus de risquer sa vie. Lorsque celui-ci sauta sur le toit du réfectoire, il eut tellement peur qu’il eut l’impression que son cœur avait cessait de battre un court instant.
Jamais il n’avait autant stressé et angoissé pour quelqu’un. Ce qu’il faisait était vraiment dangereux et il risquait à tout moment de se briser le
coup. Il ne voulait surtout pas avoir une mort sur la conscience. Alors qu’il sauta cette fois ci du toit du réfectoire, apparemment sur de lui, Cyril le vit chuter. Il alla immédiatement vers
lui, trop effrayé à l’idée de ce qui avait pu lui arriver. Il pria le ciel pour qu’il n’ait rien. En le voyant se relever et lui sourire lui indiquant qu’il allait bien. L’inquiétude fut alors
remplacée par la colère de ce qu’il avait failli faire et celui ci lui dit en le voyant arriver en trottinant vers lui :
- Tu étais obligé de sauter de deux étages ?
- Tu crois que c’est la première fois ? Je maîtrise…
- Surtout en te pétant la gueule en sautant du toit du réfectoire…
- Ho écoute, je préfère ça que de me faire choper par l’autre connard !
Cyril sentit qu’il devait le recadrer tout de suite. Il devait à tout prit affirmer son autorité, pour ne pas se faire marcher sur les pieds. Après ce qu’il s’apprêtait à faire, c’était obligatoire. C’est pourquoi, il imposa tout de suite une limite en lui disant :
- N’oublie quand même pas que tu parles de mes collègues alors, garde les insultes pour toi. Encore une de ce genre et on ne sortira pas. Et je dirai même, que je t’ai vu traîner
dans les couloirs, habillé pour aller à l’extérieur...
Manu lui lança un œil noir mais ne lui répondit rien à ce sujet là, il se contenta de dire trop impatient de parti d’ici :
- Bon, on se casse ?
Cyril fit le tour de la voiture et jeta un dernier coup d’œil avant de rentrer dedans, en prenant une grande inspiration. Manu, lui, était déjà rentré
et avait posé un pied sur le siège, apparemment déjà de trop pour l’éducateur :
- Vire ton pied de là !
- Hey, si c’est pour continuer à me faire chier ainsi, je peux toujours rentrer !
Il démarra alors la voiture ignorant totalement la remarque de Manu et s’en alla discrètement, soupirant de soulagement en voyant que plus personne ne pouvait les voir à présent.
Cyril eut la désagréable sensation de se sentir alors observer. Ne pouvant pas vraiment tourner la tête vers lui car il devait regarder la route, Cyril supportait en silence ce regard mauvais
poser sur lui. C’était étrange, mais il avait encorne une fois l’impression d’être juger par celui-ci. Voulant arrêter cela au plus cite, il décida de mettre de la musique, afin de détourner son
attention. Manu réagit immédiatement en déclarant surpris :
- T’écoute ce groupe-là ?
- Y a un problème ?
- Ben un peu qu’il y en a un ! C’est de la musique de bourrin, c’est… ma musique !
Sans le montrer, cela piqua l’orgueil de Cyril. Il le prenait pour un si vieux que cela ? Après tout, il
n’avait que quelques années de plus que lui, et il était loin d’être vieux. C’est pourquoi il lui répondit ;
- Je n’ai que 24 ans, je n’écoute pas encore de la musique classique pour le plaisir. J’aime le bon son…
Cyril bougea alors ses mains sur le volant, profitant du rythme de cette musique qu’il appréciait tout autant que Manu. Ne se sentant plus observé, il tourna la tête vers Manu un
bref instant et le vit observer l’extérieur. Il sourit intérieurement, trop heureux de faire plaisir à Manu. Ne voulant pas gâcher cet instant, il ne prononça pas un
seul mot durant le trajet. Il conduisit ainsi une vingtaine de minute jusqu’à la ville et s’arrêta dans un parking, apparemment, beaucoup de monde se trouvait là… Il éteignit le moteur et regarda
Manu, voulant régler encore certains points rien qu’à voir sa tête :
- Bon… On va aller faire un tour à la foire qu’il y a en ville, ça te va ?
- Un peu que ça me va. Répondit Manu, déjà impatient.
- S’il y a la moindre chose, un problème minime… je te promets qu’une soirée comme celle-ci ne se produira plus ! Si tu restes calme par contre, je pourrai envisager qu’on
recommence. Est-ce que je me suis bien fais comprendre ?
Manu ne répondit rien et préféra sortir de la voiture… Cyril soupira en sortant à son tour, espérant avoir été le plus clair possible. Le temps n’était pas des plus agréables, et
Cyril ne regretta pas son pull. Il vit Manu refermer un peu plus sa veste et mettre ses mains dans sa poche, comme pour se protéger un peu plus. Mais ce n’était pas uniquement pour le froid que
Manu faisait cela, se dit Cyril, c’était aussi pour se protéger du monde extérieur. Voir les yeux illuminés de l’adolescent lui fit chaud au cœur et l’empli d’une joie sans nom, et effaça en un
instant toutes ses craintes quant à un éventuel problème futur. Manu partit devant et Cyril le rejoignit. Il ne fallait surtout pas qu’il le lâche d’une seule semelle.
Après quelques minutes de marches au milieu de cette foule, Cyril proposa à Manu :
- Tu veux manger quoi ? Parce que la bouffe à l’orphelinat, ça laisse franchement à désirer.
- Enfin quelqu’un qui est d’accord avec moi sur cette bouffe dégueulasse !! Mais c’est bon, je prends rien.
- Si c’est qu’une question d’argent, c’est bon tu sais… Tu peux te goinfrer, il n’y a aucuns problèmes.
Cyril vit alors Manu s’arrêter et lever sa tête légèrement vers lui, et lui dire méfiant, non sans une certaine
arrogance :
- Ca veut dire quoi toutes ces conneries ?
- Quoi comme conneries ?
Cyril ne comprenait pas ou Manu voulait en venir.
- Tout ça là… Que tu viennes me chercher pour qu’on aille faire un tour, et maintenant, me payer un tas de trucs ! T’es quoi, mère Theresa ?
Cyril voulut se défendre :
- J’ai juste appris que tu n’étais pas sorti depuis 12 ans !
- Désolé, mais j’ai pas envie qu’on ait pitié de moi ! Si c’est comme ça, je préfère encore rentrer !
Pourquoi Manu voyait-il le mal partout ! Cela était normal vu ce qu’il vivait, mais pénible pour quelqu’un
qui n’était pas comme tout les autres avec lui.
Voyant Manu faire demi-tour et recommencer à marcher vers la voiture, Cyril le rattrapa par le bras. Celui-ci réagit automatiquement de manière très violente, rappelant à Cyril ce
dont il était capable Après tout, il y a quelques heures, il l’avait plaqué contre le mur prêt à le frapper. Cyril qui reprit la parole calmement :
- Maintenant qu’on a réussi tous les deux à se barrer sans que personne ne nous voie, tu pourrais tout de même faire un effort et accepter ! Et je ne vois pas pourquoi j’aurai
pitié d’un gamin qui m’a empoigné tout à l’heure, n’oublie pas.
Cyril mit sa main sur l’épaule de Manu, qui continuait à le regarder d’un air de méfiance mais finit par céder et lui répondit :
- Je rêve d’un hamburger depuis 10 ans…
L’éducateur rit de bon cœur et se remit à côté de Manu en lui entourant son bras autour de ses épaules. Manu le repoussa alors, pour une fois sans agressivité, mais restant malgré
tout lui-même :
- Hey, vire-toi de là ! C’est pas pour ça qu’on est devenu pote. Si je fais ça, c’est pour te faire plaisir !
- Mais bien sur ! répondit Cyril en rigolant.
Très vite, Manu revint aux côtés de Cyril qui s’était légèrement éloigné. La foule avait l’air de le rendre extrêmement nerveux. Cyril alla commander les hamburgers et Manu alla l’attendre sur un banc.
Une fois les hamburgers dans une main, il alla le rejoindre et lui tendit le sien en s’asseyant à côté de lui.
Mais au lieu de se jeter dessus, Manu appuya ses coudes sur ses genoux et finit par mordre dedans après l’avoir regardé longuement. Ne voyant pas l’expression de satisfaction qui devait ornait
son visage à cause de la capuche, Cyril la lui enleva en lui disant :
- Enlèves ça bad boy, je veux voir ta réaction en mangeant un truc aussi bon après 12 ans sans y toucher.
Manu se releva subitement du banc et s’éloigna d’un mètre, mais finit par lui avouer malgré qu’il lui tournait le dos :
- Putain, je ne me rappelais plus du goût que ça avait !
- J’espère que c’est en bien…
- Un peu que c’est en bien ! C’est…
Il ne termina même pas sa phrase et finit son hamburger sans ajouter un mot de plus. Cyril sourit et n’ajouta rien le laissant savourer cet instant. Un petit plaisir ne pouvait pas
faire de mal à cet adolescent, et il ne regrettait pas d’avoir insisté.
Cyril se releva après avoir terminé de manger et proposa à Manu de continuer leur tour. Celui-ci le suivait à
la trace, mais ne fit pas plus attention que cela à son éducateur, trop occupé à admirer un bon nombre de choses, refusant cependant de toucher à une quelconque chose ou de faire une attraction
malgré les propositions insistantes de son Cyril. Par contre, lorsque celui-ci apprit qu’il n’avait jamais mangé de hot dog, il ne lui laissa pas le choix et lui ordonna d’en prendre un en
faisait l’éloge de cette nourriture. Manu finit par craquer et accepta. Ils firent demi-tour en mangeant, l’heure devait certainement avancer à une vitesse folle
jusqu’à ce que Manu se fasse bousculer par quelqu’un. Il se retourna pour le regarder agressivement mais changea vite de regard en voyant le canon en tort s’excuser avec un léger sourire. Ils se
sourirent un moment, tous les deux continuant leur chemin en arrière. Cyril eut alors un petit pincement au cœur. Etait-ce de la jalousie ? Il n’effleura même pas cette idée, il fit comme
s’il n’avait rien ressenti et le força à se retourner avec un peu de violence :
- Hé le tombeur, regardes où tu marches !
- Tu sais pas m’appeler Manu comme tout le monde au lieu de mon prénom ou de ces surnoms débiles ?
- Tiens, la voiture est là, ignora Cyril en prenant déjà ses clefs et rigola, laissant Manu râler intérieurement.
Ils rentrèrent dans la voiture, Cyril alluma rapidement le chauffage et remarque qu’il était déjà minuit.
Il lui restait pourtant un deuxième lieu ou se rendre. Un lieu beaucoup moins joyeux, mais inévitable. Arrivé à cet endroit, Cyril se gara et coupa le moteur.
Manu jeta un bref regard autour de lui, et fit un léger sourire à Cyril, un regard plein de sous-entendu, qu’il était loin s’appréciait et ne craignait que trop que de le comprendre.
Son cœur se mis à battre lorsqu’il entendit :
- Voilà la raison pour laquelle tu m’as emmené… Tu crèves d’envie de me baiser !
Cyril senti alors la main de Manu se mettre directement sur sa cuisse et monter légèrement jusqu’à son entre-jambe, s’approchant de lui pour l’embrasser. Cyril choisit ce moment là
pour tourner la tête. Il enleva la main du jeune homme pensant très fort « Non, jamais cela. ».
Agacé par la crainte qu’il ressentait, il lui dit, revenant à la raison de leur venu dans ce lieu :
-
Tu n’as rien compris ! Tu ne te souviens pas de cet endroit ?
- Je devrai m’en souvenir… ? demanda-t-il en regardant devant lui.
- Regardes à ma gauche.
Manu s’exécuta et se pencha exprès un peu plus vers Cyril pour regarder, quand il se rendit enfin compte de l’endroit, il s’écarta tout de suite et s’enfonça dans son siège. Son
regard avait totalement changé, et toute tentative de séduction disparue.
- Viens on va les voir !
Manu se redressa directement sur son siège, la voix des plus glaciales :
- Démarre ! Je n’ai aucune envie d’aller voir une pierre tombale !!
- Ce sont tes parents… répondit Cyril après un temps.
- Mes parents sont sûrement décomposés à l’heure qu’il est. C’est pas un endroit où ils ont été jetés qui va me donner envie d’aller les voir comme tu dis.
- Peut-être que tu as raison. Mais tu ne peux pas nier le fait que ça fait du bien et qu’on a l’impression d’être plus proche d’eux…
Cyril détestait les cimetières. Il savait l’importance que cela avait pour les orphelins de si rendre. Mais pour son propre cas, il s’était toujours refuser d’y aller, la rancœur étant encore bien trop grande dans son cœur. Il avait trop attendu et il était maintenant trop tard. Mais pour Manu s’était différent. Il devait aller sur leur tombe, cela ne serait que bénéfique pour lui.
Il ouvrit alors sa porte et prit une lampe de poche à l’arrière pour se diriger ensuite dans le cimetière, laissant Manu prendre seul sa décision. Il fut heureux d’entendre la porte de la voiture s’ouvrir et se fermer ainsi que des pas s’approcher derrière lui. Manu courut jusqu’à lui et une fois arrivés à sa hauteur, Cyril lui tendit directement la lampe et attendit qu’il y aille.
Manu le regarda quelques secondes et finit par faire un pas. Il saisit la lampe et se dirigea vers la tombe de ses parents. Il le suivit de loin et s’arrêta un peu avant lui, lui laissant l’intimité nécessaire à ces moments là. Ce n’était pas le premier orphelin qu’il emmenait au cimetière et il savait parfaitement qu’ils avaient tout besoin de solitude.
Cyril attendit patiemment pendant presque une heure avant de regarder de nouveau l’heure et de ses ire qu’il
était vraiment plus que temps de rentrer. Il l’appela déjà et eu l’impression de le faire revenir de très loin. Il s’approcha u peu plus de lui et lui dit :
- Il va falloir y aller, il est tard.
Manu tourna légèrement la tête vers Cyril et abaissa une dernière fois le regard sur ces photos, essayant de cacher les quelques larmes coulées sur son visage en passant rapidement
ses doigts dessus tout en espérant que Cyril ne voit rien. Celui-ci les avait très bien vu, mais fait comme si de rien était. Il avait vu de nombreuses larmes coulaient, mais jamais il n’avait
ressentit autant d’empathie en voyant celle de Manu couler. Manu se releva et ils reprirent le chemin de la voiture, n’échangeant aucune parole durant le trajet. Aucune parole, aucun mot n’aurait
été à la hauteur d’interrompre ce que chacun ressentait et vivait.
Une fois garés sur le parking de l’orphelinat, Cyril dit à Manu ;
- Avant que l’on sorte de la voiture, je voulais te remercier de m’avoir suivit, de m’avoir écouter et de m’avoir fait confiance, tout comme je t’ai fait confiance. J’ai passé un très agréable soirée en ta compagnie. Merci…
Manu marmonna quelque chose que Cyril ne parvint pas à entendre bien que celui-ci se douter de ce qu’il venait de dire.
Il sortit de la voiture à son tour et dit plus haut à l’attention de Manu :
- Demain soir, même heure, si ça te dit. Ah et encore une chose, pas un mot sur nos virés nocturnes et aucune allusions.
Un peu agacé, Manu répondit :
- Ca va, je suis pas con non plus...
Après un temps, celui-ci rajouta un peu plus pas.
- Bonne nuit l’nouveau.
- Bonne nuit Manu.
Cyril ne rentra pas tout de suite dans l’établissement. Il chercha un clope dans sa poche et un briquet, et se fuma une cigarette pour se remettre de cette soirée fatigante mine de rien.
Puis il entra et se dirigea jusqu’à sa chambre. Alors qu’il allait tournait à droite au détour d’un couloir, il tomba nez à nez avec Marc.
- Cyril ? Mais qu’est ce que tu fou là ?
- Je n’arrivais pas à dormir alors je suis allé m’en fumer une.
- Bonne nuit.
- Merci, toi aussi.
- Mhh Marc, est ce que je peux aller chercher un truc dans le bureau. Dans le dossier que je t’ai donné à mon sujet, j’ai laissé ma carte d’identité et j’aimerai la…
Marc le coupa et lui tendit les clefs.
- Tu n’oublies pas de me les rendre demain.
- Pas de problèmes.
Cyril se rendit au bureau en pressant le pas. Lorsqu’il parvient enfin à le trouver, il se dirigea automatiquement vers le grand placard qu’il avait automatiquement remarqué lors de son arrivé ici, sur lesquels il était inscrit en toute lettre : « DOSSIER ORPHELINS ».
Il ne mit pas longtemps à trouver le dossier de Manu qu’il sortit et posa sur le bureau. La, il l’ouvrit et le parcourut rapidement des yeux, cherchant quelque chose de précis. L’insistance avec laquelle Manu avait regardé les photos de ses parents lui avait mis la puce à l’oreille. Il ne devait pas en posséder, mais son dossier si. Il sourit heureux d’en avoir trouvé une, et rangea tout, prenant garde à effacer toute trace de son passage.
Après cela il sortit en prenant soin de fermer la porte et se dirigea vers la porte de la chambre de Manu. Une fois devant celle-ci il glissa la photo sous sa porte et frappa un léger coup avant de regagner sa chambre. En chemin il entendit la porte de Manu s’ouvrir et se refermer. Il espéra avoir eut une bonne idée.
Arrivé dans sa chambre, il se dévêtis et se glissa en boxer sous la chaleur promise de sa couette. Il régla son réveil, ferma les yeux et ne tarda pas à s’endormir.
Voilà longtemps que son père n’avait plus posé les yeux sur lui. Voilà longtemps que son père ne lui avait plus adressait la parole comme à un être humain normal. Vivant seul avec lui, voilà longtemps qu’il n’avait plus eu d’échange avec quiconque depuis que son père avait su. Plus de sortie, plus de vie sociale, plus rien à part sa chambre fermée à clef et les visites quotidiennes de son père si crainte. Pourtant ce matin, son père était venu frapper à sa chambre sans y entrer et lui avait dit tout simplement :
- Habille-toi, on part en voyage.
Cyril ne s’était pas fait prier et deux minutes plus tard, celui-ci se tenait droit comme un « i » devant la porte clause de sa chambre, unique lieu de vie depuis des mois. Son père avait ouvert la porte et lui avait dit :
- Suis-moi, j’ai enfin la solution à tous nos problèmes fils.
Fils… Voilà longtemps qu’il ne l’avait plus surnommé ainsi. Naïf, il avait cru à un radical changement de situation, et l’avait suivit docilement.
Les voilà tous deux dans la voiture pour partir en "voyage". Le jeune garçon se laisse peu à peu aller. Il s’enfonce dans son fauteuil et admire le paysage.
Et puis, ils se sont arrêtés dans le parking désert d’une vulgaire zone industriel. C’était un dimanche. Son père avait reculé et s’était mis face à un mur de béton. Il avait passé la première et la seconde, et la troisième, augmentant au fur et à mesure la vitesse. Ils s’approchaient au fur et à mesure un peu plus près de ce mur, un peu plus près de la mort. Leur cœur de Cyril battait la chamade, sachant qu’il le faisait pour la dernière fois.
A une centaine de mètres de celui-ci, son avait tourné la tête dans sa direction et lui avait dit :
- Tu n’as que ce que tu mérites, grâce à moi, je te lave de tes péchés. L’unique solution est…
Le choc fut violent, ne laissant à première vue, aucune chance de survit aux passagers.
Tout devint noir.
Un long hurlement retentit dans la nuit. Cyril se réveilla en sursauts, réveillé par son propre cri. Il n’avait pas du être le seul. Le corps tout en sueur, il se leva se débattant dans avec les draps pour sortir au plus vite. Il sortit de sa chambre. Voilà longtemps qu’il n’avait plus rêvé de cela.
Une fois arrivé à la salle de bain, il se passa de l’eau fraîche sur le visage tentant d’oublier tout ce qu’il s’était forcé à oublier durant toutes ses années. C’est alors qu’il entendit la porte de la salle de bain s’ouvrir. Il ne voulut surtout pas se tourner vers celle-ci, ne voulant pas montrer l’étant dans lequel il était. Pourtant, il entendit les pas se rapprocher. Il prit une grande inspiration et se tourna, décidant de lui faire face.
Peu de temps après que Manu soit partit, Marc vint à sa rencontre. Ne voyant pas de paquet de cigarette dans ses mains, il lui demanda :
- Tu en veux une ?
- Non merci je ne fume pas. Je venais juste te voir et vérifier que tout ce passe bien. Il ne t’a rien fait pendant le repas ? Et là, je viens de le voir partir, tout s’est bien passé. Ce
morveux est vraiment insupportable, je m’attends à tout avec lui. Je me demande quand est ce que la directrice ouvrira les yeux et se décidera enfin à le virer. Une telle erreur de la nature ne
mérite vraiment pas sa place ici. Autant te dire, je n’attends qu’une chose, qu’il est dix-huit ans et qu’il se casse d’ici au plus
vite.
Cyril était choqué par les paroles de Marc. D’accord Manu n’était pas facile à vivre, mais ce n’était pas une raison pour dire des choses aussi violentes. Après tout, ce n’était encore qu’un enfant même s’il n’en avait pas l’apparence. Cyril avait toujours pensé qu’aucun cas n’était désespérer et qu’avec beaucoup de patience, tout pouvait changer. Il était évidemment que si l’on ne cessait de répéter cela à l’adolescent il n’allait jamais avoir envie de faire un effort quelconque et s’enfermerait chaque jour un peu plus dans sa colère et sa rancune envers les autres. Après tout, et par expérience, il savait parfaitement que c’était les plus grandes gueules dont il fallait se méfier. Ce sont finalement celles qui cachent le plus de choses et qui finalement se sente le plus mal dans leur peau. Elles ne cherchent qu’à cacher par un moyen détourné leur souffrance. Etre si tranchant écœuré Cyril. Il détesté ce genre de propos. C’est pourquoi il se contenta de dire sèchement :
- Je n’ai eu aucun problème particulier avec lui. Pourquoi autant le diaboliser, ce n’est qu’un enfant après tout.
- Le diaboliser, mais justement, c’est le diable incarné !!!
- Il t’a fait quelque chose de particulier pour que tu le haïsses ainsi, ou alors te contentes tu de répéter bêtement ce que tout le monde dit. Je suis désolé, mais je n’aime pas les
préjugées, c’est pourquoi, je vais te demander de cesser de me parler de lui. Je vais me faire d’abord ma propre opinion et nous en reparlerons ensuite.
- Tu vas vite perde ton assurance le nouveau, crois moi.
- Nous verrons cela. Répondit aussitôt Cyril.
Cyril avait toujours aimé avoir le dernier mot, et son attitude calme et posé face à la colère ou l’excitation d’autrui avait toujours était un atout important au cours de sa vie. Lorsqu’il était orphelin, il inspirait le respect à tous les autres pour cela. Agacé par l’assurance et la froideur de Cyril, Marc se contenta d’ajouter :
- Tu viens, nous n’acon pas fini notre visite. Il nous reste les sales de repos, la bibliothèque, la salle télé, et euh, nous verrons en chemin si j’ai zappé quelque chose.
Cyril acquiesça avant de jeter son mégot et de suivre Marc. Le chemin jusqu’à la salle de télévision se fit un silence. Cyril avait bel et bien jeté un froid entre eux deux,
mais il n’aurait pas pu le laisser continuer à dire te telles horreur un minute de plus. Mieux valait la franchise. Arrivée à dans la salle télé, Cyril put entrapercevoir Manu avachi sur un
fauteuil la télécommande à la main. Il avait toujours cet air si froid et si distant…
A peine Marc fut-il apparut dans la pièce qu’un garçon se rua sur lui pour se plaindre.
- Putain, Marc… Manu fait vraiment chier !
- Ton langage s’il-te plait John.
- Pardon.
- Bon, qu’est-ce qui se passe encore ?
- Manu vient toujours emmerder tout le monde ! Y en a marre ! Quand est-ce que vous le virerez ?
- Ce n’est de un pas à moi d’y penser, et de deux, on ne parle pas comme ça de ses camarades !
Cyril avait toujours détesté ce genre de personne qui rapportait au lieu de faire face au problème seul. Il n’aurait jamais laissé John continuer, et se serait contenter de
lui répondre de se débrouiller tout seul comme un grand. Comme il le présentait, Manu ne mis pas longtemps avant de réagir, et sitôt la phrase de Marc prononcée qu’il éleva la voix de plus loin
en zappant :
- Comme si t’en pensais pas moins Marc.
- Penses ce que tu veux sale merdeux, je n’en ai plus rien à faire ! Ca fait sept ans que je suis là et je n’ai pas vu l’ombre d’un changement, alors excuse-moi d’y penser ne fut-ce qu’un
peu.
Cyril fut une nouvelle fois choquer par les paroles blessantes de Marc. Mais ce qui le surprit le plus, ce fut le bref regard peiner de Manu qui se changea très vite en haine. Manu n’était donc
pas totalement insensible comme le clamé si fièrement Marc. Au contraire, de telles paroles le blessaient même s’il n’en laissait rien paraître. Il était presque sur d’être le seul à avoir perçut
la peine de Manu. Tous était aveuglé par ce qu’ils pensaient de lui, ne lui laissant alors aucune chance.
Manu se releva du divan, donna la télécommande au garçon en lui lançant le regard haineux qu’il méritait.
- Tiens ! T’es content, tu as eu ce que tu voulais espèce de..
- Manu !! On s’en fout de tes remarques ! répliqua Marc d’un ton des plus agressifs.
- Fais gaffe Marc, à ton âge on risque l’infarctus en s’énervant.
Il les laissa sur ces mots, poussant Cyril de son épaule pour qu’il le laisse passer. Cyril ne pouvait pas le laisser partir ainsi. Il ne pouvait pas laisser passer cela. Ils s’étaient mis tous
contre lui, ne lui laissant qu’une seule solution : fuir. Il le suivit et l’appela, voulant lui dire deux trois mots. Il ne réfléchi pas vraiment lorsqu’il prononça son nom et se maudit en le
disant. S’il voulait dialoguer avec lui, ce n’était vraiment pas la chose à faire.
- Emmanuel…
- Lâches-moi les bask’ le nouveau, tu commences franchement à m’emmerder ! Et évites de m’appeler encore Emmanuel ou je risque de m’énerver.
Manu tenta de le semer en se dirigeant assez rapidement dans sa chambre, et rentra à l’intérieur en fermant derrière lui. Encore une fois, sans vraiment réfléchir et en se
laissant guider par son intuition, Cyril entra dans la chambre de Manu, sans prendre la peine de frapper. Il devait à tout prix lui parler. Evidemment, cela ne plus pas à Manu.
- Putain, qu’est-ce que tu fous là toi ? Qui t’as dis d’entrer ? Dégages ! répliqua Manu en s’approchant de Cyril.
- Tu pourrais arrêter de disparaître ainsi ? Ca me simplifierait les choses !
- Si je disparais, c’est peut-être que j’ai une raison ! Lâche-moi, t’entends ? cria Manu.
Manu se dirigea ensuite vers sa musique et ne laissa pas répondre Cyril en mettant son « bruit » à fond, lui faisant comprendre qu’il n’avait absolument envie de rien
entendre. Mais Cyril n’avait pas dis son dernier mot et s’abaissa pour débrancher directement la chaine-ifi de Manu, qui lui avait tourné le dos depuis. Manu releva la tête, et se tourna avec le
regard le plus noir qu’il avait en stock. Cyril sentit à ce moment même qu’il était allé trop loin. Mais il ne fallait surtout pas revenir en arrière. Il se devait de continuer. S’il s’arrêtait
maintenant, il perdrait tout ce qu’il avait fait jusqu’alors et surtout, toute sa crédibilité. Les nerfs de Manu étaient à vif et il en avait parfaitement conscience. Manu s’approcha alors
lentement de lui, et s’arrêta à une dizaine de centimètre de son visage :
- A quoi tu joues ?
Ne pas céder, continuer sur la même voie, ne rien laisser passer. Aller jusqu’au bout était sa seule solution.
- Je t’ai déjà dis de me vouvoyer, Emmanuel !
Cyril appuya bien sur le prénom du jeune, ce qui le fit totalement sortir de ses gonds. Celui-ci prit le col de son éducateur et continuait à le regarder, ses yeux étaient des plus glacials.
Cyril ne répondit pas à cette violence. Il savait que cela ne servait à rien, en ayant eu l’expérience par le passé. Répondre à la violence par la violence amenait beaucoup trop loin. Bien qu’il
craignait ce qu’il allait ce passer, et ne rejetait pas l’idée de se prendre un coup, il lui demanda très calmement :
- Lâche-moi Emmanuel..
Son prénom sortit sans qu’il s’en rende compte à voir ses yeux qui le regrettaient directement, Manu, lui, le prit comme s’il tournait le couteau dans la plaie. Il le plaqua au mur sans pour
autant lâcher son col et reprenait, cette fois le ton encore plus énervé, au bord de l’explosion, la voix à la limite du tremblement d’énervement :
- Arrêtes de m’appeler par mon prénom ! Il faudra que je te le dise combien de fois ?
- Calmes-toi… ne parvint qu’à répondre Cyril commençant à être effrayé par tant de fureur, mais ne voulant rien laisser paraître.
- Que je me calme ? Pourquoi est-ce que je te ferai ce plaisir ? Et arrêtes de me demander ça gentiment, ça me rend dingue ! Tu me hurleras dessus quand même un jour ou l’autre, autant
prendre les bonnes habitudes tout de suite.
Cyril comprit tout de suite à quoi faisait allusion Manu, et il profita de cette occasion pour lui parlait de ce qu’il avait prévu au départ.
- Je remarque bien que te hurler dessus ne sert à rien. Tu es comme tous les autres gosses… J’ai bien vu tout à l’heure !
- Vu quoi ? demanda Manu en resserrant son étreinte et tapant légèrement Cyril contre le mur, fou de rage.
- Ca t’as affecté ce qu’à dis Marc !!
Manu desserra les points immédiatement, mais ne le lâcha pas. Cyril continua alors, n’ayant pas d’autres choix :
- Tu te fais peut-être passer pour un sale morveux, tu es en fait encore plus malheureux que tous les autres ! Et plus les autres te détesteront, plus tu seras peiné et tu seras encore plus
insupportable ! J’avoue qu’il m’a fallu plus de temps que je ne croyais pour te cerner mais maintenant voilà… j’ai compris !
- La ferme ! hurla pratiquement Manu.
Il lâcha Cyril et s’éloigna dans la pièce et recommença à ranger ses cd en tournant à nouveau le dos à l’éducateur, qui resta là malgré l’agressivité de plus en plus forte du jeune. Cyril
lacha un léger soupire de soulagement. Il avait touché juste et se risqua tout de même à rajouter :
- Je me demande à quel point tu dois te sentir seul pour être devenu si repoussant.
Chose qu’il regretta amèrement. Cette phrase fut celle de trop. Manu lança subitement son cd contre le mur, celui-ci explosa en morceaux et tomba. Son regard tourna lentement vers Cyril, l’air
presque meurtrier. Mais au lieu d’aller le frapper, il s’avança rapidement vers lui et le poussa violemment de telle sorte qu’il fut sortit de la chambre en moins de temps qu’il ne fallait pour
le dire… Cyril le regardait d’une étrange façon, mais semblait satisfait de lui, ce qui énerva davantage Manu. Il ferma la porte le plus violemment possible, et Cyril l’entendit frapper un grand
coup de poing dans sa porte. Il l’avait mis à bout et il le savait parfaitement. Mai sil avait été obligé de passer par là. La guérison d’un blessure infectée passer toujours pas la réouverture
de celle-ci afin de faire sortir l’infection.
Cyril sortit à l’extérieur s’aérer un peu. Ce qu’il venait de vivre n’avait pas était si facile que cela. Etre exposé à une telle fureur était plus qu’éprouvant.
Après avoir fumer une cigarette, une idée lui vint à l’esprit. Il ne pouvait pas laisser seul Cyril après ce qu’il venait de lui dire. Il fallait dès lors, l’aider à penser ses blessures
désormais béantes. C’est pourquoi il alla directement en direction du bureau du directeur, pensant y trouver Marc. Il frappa plusieurs coup à la porte, jusqu’à ce qu’il entende un « c’est ouvert
» très bref.
A la vue de Cyril, Marc se contenta d’un :
- Ah c’est toi ? Un problème avec Manu ?
- Non, du tout. Cela a certes un rapport avec lui, mais non, ce n’est pas d’un problème avec lui qu’il s’agit.
Jamais Cyril ne parlerai de ce qu’il venait de se passer. C’était son problème avec Manu et Marc n’avait pas à s’y mêler.
- Je t’écoute ?
- Depuis quand Manu n’est-il pas sorti de cet endroit.
- Humm… ça ne va pas être compliqué, les sorties sont réservées aux enfants sages, ce qui est loin d’être son cas. Alors jamais il n’est sortit d’ici.
Cyril s’attendait à un nombre réduit de fois, mais surtout pas à une telle réponse. Il ajouta sans vraiment y croire :
- Et je suppose que si je vous demandais qu’il sorte avec moi un après midi, cela serait hors de question.
- Quelle perspicacité, je pense que tu n’as même pas besoin que je te réponde…
Un silence s’installa entre eux. Cyril n’avait plus rien çà ajouter ayant le renseignement qu’il souhaitait.
- Autre chose ?
- Non, c’est bon merci… Bonne soirée. Au fait, le couvre feu est à quelle heure ?
- Vingt-et-une heure.
- Merci.
Cyril s’en alla sans rien ajouter, et se dirigea jusqu’à sa chambre, il était neuf heure moins le quart, il lui restait à peut près une heure, avant de faire ce qu’il avait
prévu. Il en profita pour prendre une douche et se changer. Il ne mit pas un pyjama, mais se contenta de mettre une jean et un pull sortit de son placard. Les nuits étaient fraîches. Il regarda
sa montre : 22h00. Il rangea ses dernières affairent rangeaient négligemment, et sourit en tombant sur un cd. Il le prit, attrapa ses clef de voiture, et n’entendant plus un seul bruit dans les
couloirs, il sortit et se dirigea le plus discrètement possible en direction de la chambre de Manu.
Il frappa un léger coup et devant la non réponse, il tourna la poignée et glissa la tête dans sa chambre. La il le vit étendu sur son lit les yeux dans le vide. Sentant sa présence, il se tourna
immédiatement dans sa direction et changea immédiatement de regard : un regard haineux et rancunier, n’oubliant pas ce qu’il lui avait fait quelques heures auparavant. Alors qu’il allait ouvrir
la bouche pour l’envoyer chié, il s’arrêta en voyant Cyril mettre son doigt sur sa bouche l’incitant à se taire. Cyril rentra et referma la porte le plus doucement possible, ne voulant surtout
pas réveiller tout le monde. Cela ferait alors échouer tout ses plans.
Une fois la porte fermé, Manu se lâcha :
- Qu’est ce que vient foutre ici bordel, dégage, je n’ai aucune envie de voir ta tête de blaireau. Si tu viens pour me baiser, tu viens trop tard.
- Tiens.
Manu regarda ave un air d’incompréhension le cd que lui tendait Cyril.
- C’est le cd que tu as brisé sur le mur tout à l’heure. J’ai le même, et comme je me sens un peu coupable pour tout à l’heure, je te le donne.
Manu le regarda avec une moue dubitative avant de dire :
- Tu crois vraiment que je vais le prendre, que je vais te pardonner, qu’on va se serrer dans les bras et qu’on va devenir les meilleurs amis du monde juste pour un cd
pourri !!! Franchement tu peux te le garder et te le mettre là ou je pense.
- Ce que je pense, c’est que tu vas prendre ce cd, sans rien ajouter. Je te le donne car c’est de ma faute si tu l’as cassé. Je n’espère rien en retour, je répare juste mes erreurs.
Cyril n’attendit aucune réponse et alla poser le cd sur la pile près de la chaîne ifi. Puis il se tourna vers lui et lui dit :
- Je vais te proposer quelque chose mais à une condition.
- Il n’est pas naît celui qui me posera des conditions. Mais vas- y dit toujours, je suis curieux de savoir cela.
- J’ai appris que tu n’étais pas sorti depuis ton arrivé ici.
- Oh, je vais verser une petite larme attention…
- Laisse-moi parler s’il te plait, si tu m’interromps encore une fois, je sors et je te laisse là.
Manu soupira mais étonnement, ne rajouta rien.
- Bon je reprends. Si tu me promets de m’écouter et de ne pas faire le con, tu vas te lever, t’habiller pendant que je t’attends dehors, et à cette condition seule, je t’offre une sortie clandestine.
Ajoutant les gestes à la parole, Cyril lui montra ses clefs de voiture.
- Est-ce que je peux te faire confiance ?
- Tu es complètement taré, tu risques ton job et toute ta carrière tu le sais ça ?
- Depuis quand est ce que tu te soucis des autres ? Oui je risque mon travail c’est pourquoi j’ai besoin de ta promesse. Tu ne chercheras pas à t’enfuir et tu m’écouteras.
Manu le regarda, il semblait totalement déstabilisé par les propos de Cyril.
- Tu me suis ?
Pour toute réponse, Manu se leva nonchalamment.
- Je t’attends à l’entrée de l’orphelinat. Je suis sur que doué comme tu es, tu ne te feras pas prendre. Mais si on nous croise tout les deux, nous aurons des problèmes. Alors dans 10 minutes à l’extérieur.
Manu se rendit à nouveau dans sa chambre après un dernier petit quart d’heure de « ronde », et écouta le dernier quart d’heure avant le souper, sa musique qui faisait
éclater tympans de chaque éducateur. Ils demandaient à chaque fois de baisser le son, sans succès… Manu répondait toujours avec un « excusez-moi » et baissait le son pour mieux le remettre dès
que la porte se refermait. Il se dirigea lentement vers le réfectoire, les mains éternellement dans ses poches et alla s’asseoir comme aux habitudes, près de la fenêtre. Les repas… Ses seuls
moments où il se sentait tranquille, tant que l’on ne lui adressait pas la parole. Il attendit donc, sans adresser la parole à qui que ce soit, que le repas arrive jusqu’à ce qu’il voit Cyril
arriver. Les autres ne le connaissant pas encore, le regardaient fixement tandis que Manu prenait un malin plaisir à le narguer du regard. Le voir se présenter plutôt timidement l’aurait bien
fait rire, mais se contenta de râler intérieurement de l’avoir en face de lui. Il pouvait être une bombe, mais il semblait bien lourd et collant comme éducateur… Il attendit que le souper arrive,
l’obligeant à s’arrêter de regarder à l’extérieur, et prit presque le plat aux mains de Cyril, sans spécialement s’en rendre compte. Pour lui, c’était quotidien, se servir quand il en avait envie
et quand ça venait et donc, prenait ce dont il avait besoin pour que son repas soit à la hauteur. Il mangea calmement, ne cherchant même pas à entamer une conversation avec tous ces mômes qui
l’auraient bien fait gerber. Les voir aussi souriants, semblant aussi heureux le rendait malade. Il n’avait jamais rigolé à plein poumons, ou avait pris un plaisir à faire quoi que ce soit de bon
depuis qu’il était ici, il considérait qu’il n’y avait pas de quoi rire dans un endroit tel que celui-ci.
Il prit finalement le pain de son voisin en voyant qu’il lui en manquait, faisant bien comprendre qu’il n’admettait aucun commentaire, même s’il savait très bien que plus personne n’en faisait
depuis tout ce temps… Il le mangea en regardant le ciel à présent totalement noirci par l’hiver qui promettait d’être rude et bien précoce. Ce sentiment de vouloir s’enfuir… De partir de cet
endroit qu’il n’avait jamais eu le droit de quitter depuis 12 ans, cela le rendait dingue. Il avait l’impression d’être emprisonné et de payer la mort de ses parents. Mais tous ces sentiments de
tristesse et d’enfermement n’étaient à présent plus que de la colère et de la moquerie qu’il avait finalement appris à apprécier, ne trouvant de toute façon plus rien à faire d’autre à part se
foutre de tout le monde. Il termina son repas plus rapidement que d’habitude, le regard de Cyril posé sur lui toutes les cinq secondes commençait sérieusement à le rendre hors de lui surtout en
sachant qu’il ne faisait que le juger de chaque geste qu’il pouvait faire. Il n’avait maintenant même plus envie de se faire prendre par ce mec, il avait juste envie de le foutre dehors… Il le
détestait déjà, et préparait déjà quelques petites choses dans sa tête pour s’en débarrasser. Ah, il va s’occuper de mon cas, et bien je vais lui montrer ce qu’est de s’occuper d’Emmanuel Gordon
!! pensa-t-il en lui lançant un dernier regard haineux.
Il se releva et partit, sans chercher à avoir un quelconque accord pour quitter la table. Manu fit vite un léger détour pour mettre sa veste et alla s’asseoir sur son banc, seul moment où
personne ne venait jamais le déranger, devenant alors serein pour les rares fois dans la journée. Les quelques lampes misent à l’extérieur montrèrent rapidement que Cyril arrivait près de Manu.
Celui-ci soupira en reconnaissant sa silhouette, mais attendit de voir la suite. La chose qui le mit en rogne fut de voir Cyril s’asseoir à côté de lui, sachant très bien que Manu avait
certainement horreur de ça :
- Hé l’nouveau, si tu ouvres les yeux, tu verras qu’il y a pleins d’autres bancs. Alors t’es bien gentil, mais tu dégages ton petit cul d’ici
et tu vas le poser ailleurs.
- Il t’appartient ?
Manu le regarda quelques secondes, mais préféra ne rien répondre. Il n’avait d’ailleurs aucuns arguments à lui sortir. Déstabilisant !! Il était totalement déstabilisant, mais ne fit rien
paraître et tira sur sa cigarette, jusqu’à ce que Cyril lui demande :
- Merde j’ai pas prit mon feu, tu peux me filer ton briquet ?
Manu allait lui répondre qu’il n’avait qu’à aller le chercher, fier qu’il soit enfin un peu « con » dans l’histoire et qu’il l’envoi merder de toute beauté, mais fut arrêté dans son enthousiasme
en voyant que Cyril le sortait de sa poche et lui répondait que ça allait et qu’il en avait un.
Pour toute réponse, Manu mit sa capuche, une petite imitation de fourrure la contournant pour lui faire comprendre de ne plus le déranger. Il ne lui dit pas un mot, et même si Cyril avait
l’intention de lui parler d’une quelconque chose, il en comptait pas lui répondre. Personne ne le dérangeait, et il ne voyait pas pourquoi ce type, à peine arrivé, allait commencer à l’emmerder
avec son autorité « exemplaire ». Il ne comptait pas devenir un jour d’honnête, il trouvait tout cela dégradant et faible.
Et pourtant, Cyril l’intriguait beaucoup… Il ne semblait pas aussi con que la plupart des autres éducateurs qui avait pu arriver. Il semblait avoir en effet, bien plus d’expérience. Mais tout
cela ne lui donna pas envie d’abandonner, tout cela était peut-être même encore plus excitant de savoir que cela n’allait pas être facile. Il espérait juste qu’il allait rapidement voir une
faiblesse, bien qu’il ait déjà remarqué une petite chose intéressante : « Monsieur » semblait avoir horreur d’être dragué par un homme, alors il allait en bouffer ! Il se releva du dossier du
banc et lança son mégot dans le lac d’un geste de deux doigts et expira sa dernière bouffée avant de redescendre et laissa Cyril poireauter là sans dire quoi que ce soit. Il finit par aller
prendre une douche, traversant le couloir en croisant quelques autres orphelins qui étaient déjà mis en pyjama et rigolaient, mais se calmant juste le temps de passer à côté de Manu. Celui-ci
resta dans l’eau pendant un temps incroyablement long, comme toujours et enfila un t-shirt et un short avant de se rendre dans un des salons pour aller prendre la télécommande à quelqu’un et
s’installer dans le fauteuil en changeant bien entendu le poste. Le garçon qui se trouvait à côté regarda Manu avec un œil qui essayait de faire peur quand il vit Marc arriver avec Cyril, qui lui
montrait apparemment les lieux. Le jeune homme se leva directement en expliquant à Marc le très léger incident qui s’était et qui risquait de se produire… :
- Putain, Marc… Manu fait vraiment chier !
- Ton langage s’il-te plait John.
- Pardon.
- Bon, qu’est-ce qui se passe encore ?
- Manu vient toujours emmerder tout le monde ! Y en a marre ! Quand est-ce que vous le virerez ?
- Ce n’est de un pas à moi d’y penser, et de deux, on ne parle pas comme ça de ses camarades !
Manu réagit immédiatement à la phrase, et éleva la voix de plus loin en zappant :
- Comme si t’en pensais pas moins Marc.
- Penses ce que tu veux sale merdeux, je n’en ai plus rien à faire ! Ca fait sept ans que je suis là et je n’ai pas vu l’ombre d’un
changement, alors excuse-moi d’y penser ne fut-ce qu’un peu.
Manu regarda Marc avec un soupçon de peine, mais n’y laissa presque rien paraître. Certaines phrases faisaient très mal de la part des éducateurs, et plus ils disaient ce genre de paroles, plus
le jeune homme allait s’endurcir encore et encore. Il se releva de son divan et donna la télécommande au garçon en lui lançant un regard des plus haineux, prenant bien la peine de lui faire mal
en lui tapant contre la poitrine :
- Tiens ! T’es content, tu as eu ce que tu voulais espèce de..
- Manu !! On s’en fout de tes remarques ! répliqua Marc d’un ton des plus agressifs.
- Fais gaffe Marc, à ton âge on risque l’infarctus en s’énervant.
Il les laissa sur ces mots, poussant Cyril de son épaule pour qu’il le laisse passer, seulement, fut à nouveau arrêté par celui-ci dans le couloir :
- Emmanuel…
- Lâches-moi les bask’ le nouveau, tu commences franchement à m’emmerder ! Et évites de m’appeler encore Emmanuel ou je risque de
m’énerver.
Manu tenta de le semer en se dirigeant assez rapidement dans sa chambre, et rentra à l’intérieur en fermant derrière lui, croyant être tranquille. Il mit ses mains dans ses poches et baissa la
tête en soupirant… Tout cela était vraiment pénible ! Des soirées telles que celles-là, c’était presque rare qu’il n’y en ait pas. Dès qu’il y avait des éducateurs, les autres orphelins ne se
gênaient plus pour parler de Manu devant lui, se sentant tous alors protégés malgré qu’ils savaient alors qu’ils risquaient gros une fois seuls.
Il regarda le sol en haïssant par la pensée toutes ces personnes qui n’arrivaient pas à le comprendre malgré qu’il était insupportable, jusqu’à ce qu’il soit à nouveau dérangé par Cyril qui
rentrait dans sa chambre sans frapper :
- Putain, qu’est-ce que tu fous là toi ? Qui t’as dis d’entrer ? Dégages ! répliqua Manu en s’approchant de Cyril.
- Tu pourrais arrêter de disparaître ainsi ? Ca me simplifierait les choses !
- Si je disparais, c’est peut-être que j’ai une raison ! Lâche-moi, t’entends ? cria Manu.
Il se dirigea ensuite vers sa musique et ne laissa pas répondre Cyril en mettant son « bruit » à fond, lui faisant comprendre qu’il n’avait absolument envie de rien entendre. Mais Cyril n’avait
apparemment pas dis son dernier mot et s’abaissa pour débrancher directement la chaine-ifi de Manu, qui lui avait tourné le dos depuis. Il releva la tête, et se tourna avec le regard le plus noir
qu’il avait en stock. Rentrer dans sa chambre sans frapper, lui parler de cette manière, lui donner des ordres et en plus, éteindre sa musique de cette façon… Tout pour jouer avec les nerfs de
Manu, déjà à vifs. Il reposa la boite de son cd sur son bureau de telle manière qu’il se fit comprendre immédiatement que tout allait trop loin à présent et s’approcha de Cyril lentement pour
s’arrêter à une dizaine de centimètres de son visage :
- A quoi tu joues ?
- Je t’ai déjà dis de me vouvoyer, Emmanuel !
Cyril appuya bien sur le prénom du jeune, ce qui le fit totalement sortir de ses gonds. Celui-ci prit le col de son éducateur et continuait à le regarder, ses yeux étaient des plus glacials, il
croyait que Cyril allait vraiment l’encourager à le frapper, et ainsi arriver à ses fins mais il restait incroyablement calme bien qu’il avait un soupçon de crainte dans ses yeux :
- Lâche-moi Emmanuel..demanda-t-il calmement.
Son prénom sortit sans qu’il s’en rende compte à voir ses yeux qui le regrettaient directement, Manu, lui, le prit comme s’il tournait le couteau dans la plaie. Il le plaqua au mur sans pour
autant lâcher son col et reprenait, cette fois le ton encore plus énervé, au bord de l’explosion, la voix à la limite du tremblement d’énervement :
- Arrêtes de m’appeler par mon prénom ! Il faudra que je te le dise combien de fois ?
- Calmes-toi…
- Que je me calme ? Pourquoi est-ce que je te ferai ce plaisir ? Et arrêtes de me demander ça gentiment, ça me rend dingue ! Tu me hurleras
dessus quand même un jour ou l’autre, autant prendre les bonnes habitudes tout de suite.
- Je remarque bien que te hurler dessus ne sert à rien. Tu es comme tous les autres gosses… J’ai bien vu tout à l’heure !
- Vu quoi ? demanda Manu en resserrant son étreinte et tapant légèrement Cyril contre le mur, fou de rage.
- Ca t’as affecté ce qu’à dis Marc !!
Manu desserra les points immédiatement, mais ne le lâcha pas. Que pouvait-il donc raconter ? Pour qui se prenait-il à raconter des choses aussi stupides ? Cyril continua alors :
- Tu te fais peut-être passer pour un sale morveux, tu es en fait encore plus malheureux que tous les autres ! Et plus les autres te
détesteront, plus tu seras peiné et tu seras encore plus insupportable ! J’avoue qu’il m’a fallu plus de temps que je ne croyais pour te cerner mais maintenant voilà… j’ai compris !
- La ferme ! hurla pratiquement Manu.
Il lâcha Cyril, ne comprenant pas pourquoi il disait toutes ces choses insupportables à entendre. Manu s’éloigna dans la pièce et recommença à ranger ses cd en tournant à nouveau le dos à
l’éducateur, qui resta là malgré l’agressivité de plus en plus forte du jeune.
- Je me demande à quel point tu dois te sentir seul pour être devenu si repoussant.
Cette phrase fut celle de trop. Manu lança subitement son cd contre le mur, celui-ci explosa en morceaux et tomba. Son regard tourna lentement vers Cyril, l’air presque meurtrier. Mais au lieu
d’aller le frapper, il s’avança rapidement vers lui et le poussa violemment de telle sorte qu’il fut sortit de la chambre en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire… Cyril le regardait d’une
étrange façon, mais semblait satisfait de lui, ce qui énerva davantage Manu. Il ferma la porte le plus violemment possible et posa son front dessus en fronçant les sourcils en frappant de son
poing dessus. Il ne le supportait pas, dès le premier soir, Cyril l’avait rendu dingue de colère. Mais également de tristesse. Manu ne comprenait plus vraiment, mais il savait très bien que des
sentiments comme il les ressentait en ce moment n’étaient que très rares. Il avait un débordement de peine tout à coup qui lui donnait envie de pleurer, mais se ressaisit avant de laisser ses
larmes couler. Il préféra ramasser ce qu’il avait lancé au mur en se maudissant de l’avoir brisé et préféra finalement aller se coucher sans prendre la peine de rentrer dans les couvertures,
partit pour encore une fois, une nuit blanche interminable...
Voilà presque 12 ans que Manu vivait dans cet orphelinat.
Il y avait été admis quand il perdit ses parents à l'âge de 5 ans et demi et maintenant qu'il allait sur ses 17 ans, il avait gravé son territoire. Les éducateurs l'appelait tout simplement "La
Terreur" depuis déjà un bout de temps. La raison pour laquelle personne ne lui trouvait de qualités était parce qu'il n'en montrait aucunes... Son physique était loin d'être repoussant, bien au
contraire. Une peau de nature légèrement hâlée, les yeux sombres et ses cheveux noirs tombaient un peu sur ses yeux ne faisaient qu'accentuer la noirceur de son regard d'une expression
choquante... Son mètre 80 effrayait davantage les plus petits et son agressivité verbale repoussaient les plus âgés, il se montrait fier de ce qu'il était... Quequ'un qui, au fil des années, est
devenu glacial, agressif, moqueur, provocateur... Tout ce que les éducateur haïssaient et n'arrivaient pas à surmonter. Il se permettait de faire absolument tout et plus aucuns surveillants
n'osaient ne fut-ce qu'une seule fois se mettre contre lui et lui faire face. Chaque enfants logeaient à deux, Manu lui, avait tout fait pour se retrouver seul et avait sa chambre individuelle à
l'âge de 9 ans déjà.
Chaque mots qu'il prenait de travers le rentrait dans un état second. Il ne connaissait à ces moments-là, que la violence et les injures. Plus aucuns des orphelins
n'osaient l'approcher et rentrer seul dans la même pièce que lui. Même certains éducateurs "trop beaux" à son goût devaient éviter de lui faire face trop longtemps...
D'autres d'entre eux avaient abandonnés depuis bien longtemps, et certains s'obstinaient encore à lui hurler dessus sans jamais avoir de résultats. Manu riait de ces gens, il se fichait
totalement d'eux et arrivait toujours à avoir ce qu'il voulait d'eux. Il était devenu le seul à être autorisé de fumer, le dernier éducateur qui lui avait refusé d'y aller était sortit de la
pièce avec une dent en moins. Il lui était donc accordé qu'il aille fumer à l'extérieur, les nouveaux orphelins tentaient d'aller fumer avec lui à leurs risques et périls.
Manu allait fumer une cigarette toutes les trois heures précises, incroyablement méticuleux sur le temps car il trouvait que ceux qui n'étaient pas précis et maniaques n'arrivaient à rien
dans la vie.
Après donc 12 ans d'orphelinat, Manu venait de faire démissionner le quinzième éducateurs chargé de son cas précisément. Cela en était devenu un jeu finalement et était à chaque fois
impatient de voir à quoi ressemblait le nouveau participant et combien de temps tout cela allait durer, voulant battre son recors qui était de cinq jours...
Comme à chaque fois, il allait fumer sa cigarette en s'asseyant sur le dossier d'un banc se trouvant en face d'un lac. Celui-ci se trouvait au milieu d'un parc situé à l'arrière du bâtiment
contenant à présent un bon nombre de pièces. 35 chambres pour accepter 50 orphelins et 10 éducateurs, 1 gigantesque réfectoire, 2 bibliothèqes, 3 salles de jeux, 3 salons et deux salles de bains
se trouvaient à chaque étages, c'est-à-dire huit...
Manu s'état installé comme aux habitudes seul, en face du bâtiment pour voir ce qu'il s'y passait... Il trouvait toujours quelque chose d'intéressant à voir à cette place, surtout quand les
enfants étaient à l'extérieur mais le temps glacial du mois du novembre se faisait sentir et personne à part Emmanuel ne sortait. Cette fois, il vit un éducateur dont il se moquait
particulièrement, nommé Marc, sortir avec un jeune homme. Manu sourit intérieurement en voyant le canon sortir avec lui et il se dit qu'il allait rapidement en venir aux choses sérieuses avec
lui. Il avait fait viré plusieurs éducateurs déjà auparavant en admettant clairement qu'il s'était fait baisé par eux et à présent, beaucoup évitaient pour cette raison de se retrouver seul avec.
Il arrivait à chaque fois à combler son manque de sexe avec les jeunes éducateurs qui manquaient d'expérience. Il avait même fait en sorte avec un de ses surveillants qu'il détestait
particulièrement de se faire voir par le supérieur et n'avait jamais avoué que c'était lui le responsable, étant la provocation et la séduction même. La seule chose qui ne le faisait pas virer de
cet orphelinat était qu'il n'avait aucunes preuves contre Manu et donc, il les regardait partir les un après les autres, toujours avec cet éternel sourire de vainqueur...
Il vit cette fois, l'homme le regarder de loin, les mains des les poches tandis que Marc devait certainement lui dire ô combien il était horrible et qu'il fallait s'en méfier. Manu se
releva en écrasant son mégot à terre, chose qu'il n'avait pas le droit de faire et expira sa dernière bouffée tout en se dirigeant vers les deux hommes, les mains dans les poches de son jean.
Arrivé près d'eux, il put enfin voir à quoi l'autre homme ressemblait plus en détails. Apparemment, il devait frôler le mètre 90, corps élancé, châtain foncé et les yeux d'un bleu tellement clair
qu'il crut au départ qu'ils étaient blanc... Manu émit tout de suite son sourire et son regard attendrissant à Marc en passant à côté d'eux, tout étant clairement forcé:
- Bonjour Marc, comment ça va?
Il lui tappa légèrement l'épaule en passant à côté de lui et regarda une seconde le nouveau en lui faisant bien comprendre qu'il faisait la loi dans cet endroit. Quand il rentra à
l'intérieur, il entendit pendant que la porte se fermait lentement:
- Faux, tu entends? Tout est faux chez lui!!!
Manu se dirigea en souriant de Marc vers sa chambre et déposa sa veste sur son lit avant de repartir faire le tour du bâtiment, comme aux habitudes. Il remarqua à la seconde où il sortit de
la pièce, la présence du nouveau. Il se retourna pas plus d'une seconde en marchant les mains dans les poches et lança son éternel sourire provocateur mais s'arrêta subitement en voyant un plus
petit arriver. Il l'attrapa par le col et s'appuya contre le mur de son épaule. Il positionna le gamin de telle sorte que l'éducateur ne sache pas le voir et tendit la main vers lui:
- Alors Nicolas... T'as ce que je t'ai demandé l'autre jour?
- Je ne l'ai pas Manu, je suis désolé! répondit l'enfant en baissant les yeux, déjà les larmes aux yeux.
- Ecoutes, tu m'as déjà dis ça la dernière fois et maintenant, je perds patience. Passe-moi mon fric!!
- Ce n'est pas ton argent!! risqua-t-il.
Manu le prit à nouveau par le col et mit directement ses mains dans les poches du garçon pour lui prendre la monnaie qu'il avait. Il le lâcha finalement et le poussa pour le dégager de sa
vue en comptant ce qu'il y avait, tandis que le gosse s'en allait en courant et pleurant. Manu se retourna à nouveau et vit que l'éducateur avait bien suivit toute la scène, tout cela était bien
entendu fait exprès pour qu'il montre tout de suite à quoi il ressemblait, pour ne pas que cet inconnu vienne le déranger plus longtemps. Ce fut quelques minutes plus tard qu'il commença
sérieusement à être agacé de sentir qu'il le suivait si indiscrètement et décida de lui faire son coup de "cache-cache". Il pouvait semer n'importe qui dans cet endroit, avec tous les couloirs
différents... Même parfois quand la directrice le cherchait, elle ne parvenait pas à le retrouver après l'avoir perdu de vue. Seulement, au lieu de le semer, il le laissa le chercher une petite
minute derrière un couloir... L'éducateur arriva à côté de lui, mais ne le voyant pas, Manu profita de lui faire peur. Il sauta presque sur l'homme en criant "bouh", rigolant alors de le voir
sursauter. L'éducateur lui adressa enfin la parole:
- Tu t'appelles Emmanuel c'est ça? demanda-t-il en sachant très bien que le jeune détestait qu'on l'appelle ainsi.
- Ce sera Manu, personne ne m'appelle par mon prénom!! Alors comme ça, c'est toi le nouveau?
Manu tourna descendit directement le regard vers le corps de l'éducateur et tourna autour de lui lentement, apparemment intéressé:
- Dis donc, ils ont été cherchés dans les beaux morceaux cette fois! Je dois avouer que c'est assez rare... Mais on fait avec! Tu t'appelles..?
- Si tu pouvais me vouvoyer, ce serait bien mieux!!
- Et depuis quand je le ferai? demanda Manu dans un léger rire.
Il se demanda pour qu'il se prenait, être là depuis seulement quelques heures peut-être et déjà imposer ses lois. Cela n'allait pas se passer ainsi, il le jurait sur la tombe de ses défunts
parents!
- Depuis que je suis ici!! répondit le nouveau, avant de continuer.
Ce sera Cyril, monsieur, et tu me diras "vous", ça changera.
- C'est ça l'nouveau... ironisa Manu en voulant partir.
Mais celui-ci fut arrêter par la main de Cyril qui le retenait par le bras, chose qu'il ne fallait pas faire bien souvent avec Emmanuel. Avant même qu'il essaie de le repousser, Cyril mit
sa main également dans le jean de Manu pour reprendre l'argent, le jeune sourit et força un gémissement quand il sentit qu'il se collait légèrement à lui:
- Mmh, tu commences déjà... Je sens que le C4 va arriver vite!!! Enfin, tant que tu me baises, moi ça m..
- Dans tes rêves le morveux!! Je ne suis pas pour les enfants, et surtout pas pour les mecs!!
- C'est ce qu'ils disent tous chéri et ils finissent toujours par me défoncer le cul!
Cyril, les sous en mains, le repoussa légèrement de lui, apparemment choqué de ses paroles, chose que Manu ne devait jamais remarquer. La moindre faiblesse, il la saisissait et il devait
adorer que ce genre de jeu l'excitait dans tous les sens du terme! Il sentait qu'il n'allait pas s'ennuyer avec lui, et en était déjà impatient de voir la suite. Mais avant même que Cyril s'en
rende compte, il reprit l'argent de ses mains et cette fois-ci, les rentra dans son jean en souriant toujours, le regard amusé et provocateur:
- Je pense pas que le gentil éducateur ait encore envie de récupérer l'argent!! Je sens qu'on va vraiment bien s'amuser toi et moi! En plus, un canon comme toi qui me regarde de cette
façon, c'est sur... On finira par la baise! Aller, on se retrouve au souper le nouveau!!
Manu le laissa sur ces mots, extrêmement fier de lui. Un canon pareil, c'était certain, il allait absolument tout faire pour le chauffer et faire en sorte qu'il lui saute dessus. C'était
bien rare qu'il soit autant ravi d'essayer de faire virer quelqu'un, et sentait qu'il allait particulièrement prendre plaisir à le faire enrager...
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