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Lundi 20 août 2007

Ce ne fut pas de voir Manu en pleine nuit face à lui qui le choqua, mais ce fut l’état dans lequel il se trouvait. Il semblait si dévasté, qu’il en oublia même son propre état.

Ses yeux rougis par les larmes, vide de toute expression d’agressivité et de supériorité avait laisser place à un tristesse si grande que le regardait droit dans les yeux donnait l’impression qu’il nous communiquait sa tristesse.

Cyril ne pu s’empêcher de s’en vouloir. Il savait pertinemment qu’il devait être le facteur déclenchant de tout cela : d’abord le cimetière, puis la photo… Le voir dans cet état lui faisait presque regretter tout ce qu’il venait de faire pour lui, bien qu’il sache qu’il faille obligatoirement passer par cet étape là. Semblant prendre conscience de l’état de Cyril, Manu fit tout simplement demi-tour, laissant Cyril désemparé.

Cette rencontre nocturne l’avait sortit de sa stupeur et lui avait fait légèrement oublier pour un court instant le passé dans lequel il était en train de replonger. Après s’être passer une deuxième fois de l’eau sur le visage, il regagna lentement sa chambre, craignant les cauchemars dans lesquels il pourrait replonger.

Etendu sur son lit, il n’arriva pas à fermer l’œil une seule fois de la nuit. Il ne cessa de penser à de multiples choses. Ses pensées principales se portait sur Manu et son état. Il se doutait que rare était ceux qui l’avait vu dans un tel état. Il aurait tant voulu faire quelque chose pour lui, mais aucune idée ne lui venait à l’esprit. Cet enfant semblait si seul, qu’il paraissait inatteignable. Comme parvenir à toucher un cœur si renfermer, comme parvenir à soigner celui-ci, si d’épais murs le séparait du reste du monde ? Longtemps il chercha une solution possible mais aucune ne parut lui convenir. Ce n’est que lorsque le soleil tapa sur sa vitre, qu’il se décida à se lever.

Après un douche rapide, il enfila un jean, un t-shirt et un pull, car il n’avait pas l’air de faire très chaud, puis il prit la direction du réfectoire. Là, après une bref présentation aux autres éducateurs qu’il n’avait pas vu la veille, il  alla prendre place à la table de Manu qui n’était pas encore arrivé. Il se mis au même endroit, souhaitant lui faire de nouveau face, bien qu’il appréhendait sa réaction après ce qu’il s’était passer la veille.

Pourtant, lorsque Manu vint prendre place en face de lui, faisait comme si de rien était. Cyril eut beau chercher à croiser son regard, il ne le parvient à aucun moment. Une chose était évidemment : Manu évitait son regard, et à aucun moment celui-ci lui lança un regard provocateur comme il savait si bien le faire. Cela inquiéta Cyril plus qu’il n’y laissa paraître.

Lorsqu’il vit Manu se lever, il se hâta de finir son petit déjeuner et sortit pour fumer sa clope. Une fos dehors, il fit quelques pas et s’assit sur les marches. Il ferma les yeux un court instant, réalisant qu’il était épuisé.

Soudain, il entendit quelque approchait. C’était Manu, il sortit directement, passant devant lui, faisant comme s’il n’était pas là, et alla s’assoire sur son banc habituel. Pensant que tout ça ne pouvait plus continuer ainsi, il se leva et alla le rejoindre. Arrivant à sa hauteur, il marcha à ses côtés, l’incitant à entamer un dialogue avec lui.  Celui-ci s’arrêta en soupirant. Enervé, il lui dit sèchement :


- Qu’est-ce que tu veux ?

Cyril prit mal ses quelques mots. Quel idiot d’avoir cru qu’il aurait changer en si peu de temps. Il ne se laissa par pour autant démonter et répliqua :

 

-          Dis bonjour au moins

-          Si ce n’est que ça pour avoir la paix, bonjour ! Maintenant, dégage !

Manu recommença à marcher mais fut encore une fois arrêté par la voix de Cyril, qui restait plus loin. Il ne pouvait pas laisser les choses en l’état, et devait à tout pris avoir un semblant discussion avec lui  :
- Ce… que tu as vu cette nuit, je… commença péniblement Cyril.

 

Lui parlait de cet instant était plus dur qu’il ne se l’était imaginé. Mais alors qu’il allait reprendre son courage à deux main, il fut coupé par Manu.

-          Écoute le nouveau, répondit Manu en se rapprochant un peu plus de lui.
Je vais mettre les choses au clair tout de suite. J’en ai rien à foutre de quiconque ici. Ce n’est pas parce que tu essaies de m’attendrir en faisant ce dont j’ai envie que forcément, je vais devenir comme tout le monde… J’aime qu’on me laisse tranquille, c’est compris ?

-          Très bien. Dit simplement Cyril, apparemment un peu vexé.

 

Comment les paroles d’un simple enfant pouvaient-elles autant l’affecter. Lui qui avait fait le premier pas pour l’aider, venait de se faire rejeter aussi sec. En même temps il savait qu’il ne fallait pas s’attendre à mieux avec Manu, mais il avait bêtement espérer. Il faudrait du temps, mais il était prêt à attendre. Malgré cela, la manière dont il l’avait rejeter l’avait blessé plus qu’il ne l’aurait pensé.
Cyril se retourna et s’en alla, laissa Manu regretter ce qu’il avait dit.

Il se rendit alors dans sa chambre, puis entama sa ronde des couloirs comme Marc lui avait recommander.  après avoir interlocuté et réprimandé deux orphelins préparant un mauvais tour.
Alors qu’il finissait de réprimander deux orphelins se bagarrant dans les couloir, il entendit des hurlement dans les couloirs s’approcher d’eux.


- Tu es vraiment le pire des cas que j’ai eu dans ma carrière. Aller voler une photo !! Depuis quand est-ce que les choses te tiennent à cœur ?
- Ce n’est pas moi ! hurla Manu en se retournant vivement vers Marc.
- Qui est-ce alors ? Qui pourrait bien te rendre service? Personne ne t’apprécie ici !!!

Cyril jura intérieurement. Comment Marc avait-il trouvé cette photo. Il n’avait pas penser qu’il irait jusqu’à fouillé sa chambre. Sa rythme cardiaque s’accéléra lorsque Manu pointa discrètement le regard vers lui. Il finit par baisser les yeux. Il ne pouvait pas avouer. Même s’il le voulait, les répercutions sur son travail serait trop grave. Marc ne chercherait pas midi à quatorze heure, il le virerait et il ne pourrait plus jamais exercé de métier. Cesser de faire ce qu’il avait fait toute sa vie, non, il ne le pouvait pas. Il était donc impossible pour lui de se dénoncer. Le prix à payé était bien trop cher. Il se maudissait et s’en voulait terriblement que tout retombe sur Manu. Quel idiot il avait-été… Tout cela était de sa faute. En voulant l’aider ,il n’avait fait qu’empirer la situation, et n’était même pas capable de la réparer. Il tressaillit en entendant le rire au combien désagréable qu’employa marque avant de lancer son venin :

 


- Tu es pathétique, sale morveux ! la directrice revient en fin d’après-midi, tiens-toi prêt à ce que je fasse une réunion avec les collègues et toi pour nous décider du jour de ton départ.

Il ne faisait que profité de sa position de supériorité sur lui. Aucun enfant ne méritait des mots aussi blessant. Il anéantissait tout l’amour propre de Manu. « Le jour de son départ »… Il avait préférer ne pas se mouillé et c’est Manu qui en payé le prix. Il n’était qu’un lâche… Il détruisait la vie d’un gamin pour protéger la sienne. Il ne faisait en fait que ce que tout le monde avait toujours fait avec Manu. Il faisait ce qu’il avait faite toute sa vie sa vie durant : fuir devant la moindre difficulté. Ployer sous celle-ci… Jamais il ne s’était autant haïs.

Le dernier regard glacial et menaçant que lui lança Manu au moment ou il voulu s’approchait le terrassa. Oui, il se haïssais tout autant que Manu. Il était simplement méprisable et ne mérité plus de l’approcher.

La matinée fut pénible. Il perdait son attention au travail fit quelques erreurs qui ne passèrent pas inaperçues au yeux de Marc qui lui passa un savon. Il ne souhaitait finalement qu’une seule chose partir d’ici, s’éloigne le plus loin possible. La directrice n’aillait pas tarder à rentrer et Marc ne cessait de jubiler quant au moment où il lui apprendrait l’erreur tant espérer que Manu avait enfin commise. Il ne cessait de faire des commentaires cyniques et odieux à son sujet, ce qui ne faisait qu’enfoncer un peu plus Cyril dans sa culpabilité. Une heure avant le déjeuner, il prétexta un malaise et alla s’enfermer dans sa chambre. Il était tellement mal, que cela lui donner envie de gerber.

En chemin, il passa devant la chambre de Manu, s’y arrêta, trop tenté de frapper et de venir s’excuser. Mais il rejeta cette idée, la trouvant cela trop facile, et se dit que Manu n’avait aucune envie de le voir. Il se ferait uniquement jeter et cela n’arrangerait rien à leur états. La mort dans l’âme, il se traîna jusqu’à sa chambre et s’accouda à sa fenêtre ouverte. A chaque instant il s’en voulait un peu plus. Il ne s’inspirait que le mépris. Si Manu était viré, ou même s’il lui arrivait la moindre chose, il ne se le pardonnerait jamais. Il aurait tant espéré remonter le temps et revenir dans le passé. Il avait voulu jouer les héros, mais il était loin d’en être un.  Il avait échouer comme il l’avait fait il y a si longtemps au yeux de celui qu’il respectait tant… Il ne méritait même plus de vivre… On lui avait tellement répété qu’aujourd’hui il finissait pas y croire.

Ce n’est qu’à l’heure du repas qu’il sortit de sa chambre, se disant que ses idées devenaient bien trop sombre pour qu’il continue à rester seul dans sa chambre.

Manu n’était pas encore arrivé lorsque Cyril alla prendre place à table. Il s’assit à la même place, ne voulant pas éveillé les soupçon. L’unique sujet de conversation portait bien évidemment sur le probable départ de Manu. Cyril aurait voulu se bouches les oreilles et se masquer les yeux ; il aurait voulu disparaître pour ne plus avoir à ressentir ce qu’il ressentait. Il pria pour que ces chuchotements malsains cessent lorsque Manu reviendrait.

Mais ce ne fut qu’un espoir vain, car au moment ou celui-ci pénétra dans le réfectoire, il ne firent qu’augmenter. Il s’assit en silence en face de lui. Il ne laissait rien paraître, mais à sa façon d’être, Cyril comprit qu’il était bouleversé et qu’il lui en voulait terriblement. Et il n’avait que trop raison ! C’était tout ce qu’il méritait. Cyril ne parvenait pas à cesser de le regarder, comme pour se punir et culpabiliser un peu plus. Le regard plein de haine que Manu lui lança alors ne fit que remplir l’effet rechercher. Il frémit sous ce regard accusateur.

Mais, cela n’allait pas s’arrêter là… A peine Manu fut-il servit et qu’il commença à manger, qu’un des orphelins prénommé John,  se mêla de l’affaire ; se sentant certainement fort par la situation critique dans laquelle était Manu :
- Alors Manu, tu as déjà fais tes valises ?
- Ta gueule !!
- Tu vas peut-être enfin avoir la monnaie de ta pièce. Après toutes ces années où tu nous as fais toutes ces saloperies… Comme si tout le monde n’étaient pas assez malheureux ici.
- Je te signale qu’on est tous dans la même situation, alors ferme-la.

Cyril espéra secrètement que John se taise. S’il continué, il savait que Manu allait finir par craquer, ce n’était qu’une question de temps. Il aurait aimer intervenir mais il resta sans voix devant les paroles humiliantes que lui lança John.
- Toi, dans la même situation ? Ha, laisse-moi rire ! A croire que tu n’en as rien à foutre que tes parents soient six pieds sous terre !
Le regard de Manu changea, derrière toute cette violence, si l’on regardait avec attention, on pouvait se noyait dans la tristesse qu’il en émanée. Manu était à bout, et il tenta une dernière fois de se maîtriser. Il devait lui falloir une force incroyable pour parvenir à le faire… A sa place, Cyril aurait déjà craqué…Et pourtant, John se jeta la tête la première dans la rage folle de Manu. Il rajouta la phrase de trop :
- Je peux les comprendre en même temps, avoir un fils comme toi devait être ingérable…
Manu n’hésita alors plus une seconde et ne perdit pas son temps. Il monta sur la table et jeta littéralement sur John, les deux jeunes tombèrent rapidement… Manu se mit à mettre les coups de poings les plus forts qu’il pouvait malgré la douleur. Cyril et quelques éducateurs se levèrent pour les séparer. Manu se releva alors, John en fit de même mais il se contenta de rire :
- Tu es tellement pathétique ! Tu ne sais rien faire à part te battre. Tu aurais du être à la place de tes parents, tout le monde aurait eu la paix !!!
Celui-ci ne s’attendit pas du tout à ce que Manu réagisse en le voyant se tourner comme s’il partait, mais en réalité, il prit un plateau sur la table et frappa de toutes ses forces sur la table de John, qui s’étala alors de tout son long. Cyril intervint à ce moment et parvint à séparer Manu, mais le jeune n’ayant pas tout régler, se retourna et sans trop s’en rendre compte, frappa également Cyril au visage qui reçut le coup assez facilement malgré la douleur que cela devait faire… C’était loin d’être le premier coup qu’il recevait, et avait eut le temps d’apprendre à les encaisser par le passé. Jamais il n’avait vu une telle rage se déchaîner sous ses yeux.

Cependant, soudainement et de manière immédiate, Manu sembla voir quelque chose qu’il l’arrêta immédiatement. Il releva directement les main et recula lentement, comme un bête de proie. Ce n’était plus de la haine que l’on pouvait lire dans ses yeux, mais un crainte sourde.  Le ton de sa voix aussi avait changée…

- C’est bon, je me calme ! Mais ne me faites pas ça !

Cyril regarda alors ce que fixé depuis son changement brusque de comportement, et vit un seringue dans la main de Marc. Avait-il le droit d’utiliser ce moyen, cela était tellement petit. Il n’arrivait pas à le maîtriser alors il utiliser un autre moyen misérable aux yeux de Cyril.
- On sait les conséquences que ça a sur toi, mais si tu nous obliges à le faire, on n’hésitera pas une seconde. Dit Marc semblant encore une fois, jubiler de sa suprématie.
- Ok ! Je vais dans ma chambre mais surtout, éloignez cette putain de seringue !
Manu recula encore jusqu’à la sortie et partit. L’effet qu’avait souhaiter Marc était réussit et il affichait un regard méprisant de satisfaction de soi.

 

Il s’approcha alors de lui, dans le but de comprendre son comportement. C’est alors qu’il entendirent un grand bruit et un adolescent arriver en courant et crié un grand sourire au visage :

 

-          Manu vient de briser une chaise en la jetant pas la fenêtre qu’il a bien sur fracassée, il y a du verre partout, c’est…Il est complètement barge ce mec !!!

 

Marc afficha un sourire de satisfaction et avec trois autre éducateur ils se rendirent directement à sa chambre. Cyril les suivit, marchant au côté de Marc. Tout arrêter en dévoilant la vérité était bien évidemment inutile. Tout était trop tard.

 

-          Il va enfin avoir ce qu’il mérite.

-          Qu’entendez vous par là, qu’allez vous lui faire ?

-          Observe et savoure cet instant. Dit Marc en souriant, content de lui.

 

Lorsqu’il les vit arriver, Manu fit quelques pas en arrière et les supplia, ne sachant même plus retenir ses larmes :

-          Pitié, non ! J’ai pas envie de cette saloperie ! Je vais me camer, je vous le promets.
- Paroles en l’air, commet d’habitude. Répondit l’éducateur qui préparait la seringue tandis que les deux autres tentèrent de bloquer Manu au sol.

Paralysé par la scène qui s’offrait à lui, Cyril ne pu qu’être spectateur. Durant des scènes comme celle-ci, il perdait tout ses moyens, il ne pouvait pas supporter, il… Les larmes lui virent aux yeux… Comment pouvait-on faire tout cela à un enfant ?

Mais celui-ci en voyant l’aiguille s’approcher de son bras, essaya une dernière fois de se débattre et parvint à shooter dans un éducateur :
- Putain sale morveux, plus tu te débattras et plus dure ce sera pour nous de te piquer alors, laisse-toi faire !!
- Vous me le paierai bande de salopards !
- Mais bien sur ! Aller, arrête de bouger !

Le cœur de Cyril se serra si fort qu’il failli exploser. Tout son être le pousser à venir à son aide, mais un je ne sais quoi le retenait…Lorsque Manu ne parvint alors plus à bouger, maintenu trop fermement pour arriver à se dégager , il ferma les yeux en continuant à pleurer.

Cyril ne parvint pas à supporter la vision ce l’aiguille s’enfonçant dans le bras de Manu. Il ferma les yeux le temps de celle-ci. Les larmes continuer à perler sur ses joues, il tenta de les sécher d’un revers de manche.

Pleurer, c’est tout ce qu’il avait su faire, il n’avait même pas était capable de venir à son aide.

Une fois la piqûre faite, les éducateurs lâchèrent Manu un à un, qui plongeait déjà dans un autre monde. Avec Marc, ils s’approchèrent de lui.

Cyril se risqua a demander :
- Qu’est-ce qu’ils lui ont injecté ?
- Un super tranquillisant ! c’est nécessaire, vu le nombre de crises de nerfs qu’on peut avoir parfois… Mais sur Manu, ça a certaines conséquences…
- Genre ?
- C’est comme s’il récupérait ses heures de sommeil manquantes dû à ses insomnies… Il dort pendant des jours entiers et les seuls moments où il est à moitié éveillé, il reste dans son lit parce que son corps ne tient pas debout. Ca fait du bien à tout le monde de ne pas le voir pendant trois ou quatre jours…
Ne sachant plus quoi dire, trop anéanti par ce que venait de dire Marc, trop peiné parce qu’il venait de faire à Manu, trop dévasté par ce qu’il venait de voir, il s’accroupi près de Manu, étendu à même le sol et passa discrètement sa main dans la sienne tentant de lui montrer qu’il n’était pas seul… Le simple regard empli de tristesse que Manu lui renvoya avant de sombré dans un sommeil artificiel, lui souleva le cœur. Il eut soudainement envie de le prendre, de le serrer fort dans ses bras. Mais la présence des autres éducateurs l’en empêché…

 

-          Bon, on va le remettre dans son lit ce merdeux. Je…

-          Je m’en charge le coupa immédiatement Cyril. S’il vous plait laissez moi m’en occuper.

-          Très bien, pour tout te dire, ça nous arrange. Au fait, dans deux heures réunion avec la directrice.

 

Les éducateurs sortirent à la suite de Marc, le laissant seul avec le corps inerte de Manu étendu sur le sol. Il se mit alors à observer son visage endormi. La peau de son visage légèrement halée, semblait si douce que Cyril fut prit d’une envie de l’effleurée. Voyant encore quelques larme sur ses joues, il en profita et passa délicatement sa main sur celle-ci, les effaçant du mieux qu’il pouvait. Son physique était loin d’être repoussant, et au contraire, Cyril aurait presque pu se laisser aller à dire qu’il était attirant. La beauté froide qui émanée de ce corps endormi réchauffé celui de Cyril involontairement.

Les yeux fermés, Manu avait presque un visage doux… On aurait presque pu s’y méprendre et le confondre avec un visage paisible et insouciant. Pourtant le dernier regard empli de tristesse que Manu lui avait lancé ne cessait de hanter son esprit. Ses cheveux noirs, tombant habituellement un peu sur ses yeux ne faisait qu’augmenter sa beauté ténébreuse. Manu était un très beau jeune homme, et deviendrait dans peu de temps un très bel homme. Cyril avait du mal à se l’avouer, mais Manu avait un charme fou, malgré son caractère fort.  Perdu dans la contemplation de son visage, Cyril ne vit pas le temps passé, et ce n’est que lorsqu’il jeta un rapide coup d’œil à sa montre qu’il réalisa le temps qu’il venait de passer accroupi très de lui.

Il fallait qu’il se dépêche de le soulever et de le mettre au lit. Lorsqu’il commença à tenter de le soulever en le saisissant derrière l’épaule afin de passer son bras sous lui, et de s’en servir de levier, il fut surprit par le poids d’un corps inerte. Mettant plus de vigueur à la tache, il parvient à le soulever et à le porter jusqu’à son lit, non sans quelques vacillements.

Lorsqu’il le posa sur son lit, il bascula au dessus de lui, et se retrouva allongé sur lui. Horriblement gêné par cette situation, il se releva et s’écarta de quelques pas. Le pire dans tout cela c’est qu’être si prêt de ce corps ne l’avait pas déplu particulièrement. Il sourit en imaginant ce que manu aurait pu dire dans un telle situation.

Se reprenant, il se dirigea vers le placard, et chercha un pyjama dans ses affaires sans trop fouiller ne voulant pas violer son intimité. Il s’approcha alors du corps endormi de Manu et déglutit avant de se lancer. Lentement, il lui enleva son t-shirt, effleurant malgré lui à plusieurs reprise sa peau si douce et chaude. Ben que ce geste ne soit pas utile à ce qu’il devait faire, il passa délicatement sa main sur le torse musclé se soulevant lentement sous la respiration de Manu. Il rougit sous l’audace de son geste et se repris. Il était comme hypnotisait par ce corps étendu prêt de lui. Afin de chasser toute pensées hasardeuses qu’il n’était pas habituée à avoir, il lui enfila son haut assez rapidement.

Maintenant, il ne lui restait plus que le bas… Délicatement, il déboutonna un à un les boutons de son jeans. Sans pouvoir se contrôler, sa main trembla légèrement. Il se redressa afin de pouvoir lui enlever plus facilement son pantalon. Ses yeux se posèrent alors sur son boxer. Se rendant compte de ce qu’il venait de faire, gêné il détourna immédiatement le regard pour saisir le bas de pyjama. Il ne le débarrassa bien évidemment pas de son boxer, cela aurait était au dessus de ses force. En enfilant son bas, il passa une main sur ses fesses, et une fois de plus il s’empourpra des idées qui l’envahirent. Cependant, elles ne durèrent pas très longtemps et furent vite remplacé par des souvenirs dont il aurait souhaiter faire disparaître à jamais de sa mémoire. Tendrement, il le couvrit et le borda, après avoir plier ses vêtements qu’il rangea sur sa chaise.

Alors qu’il s’apprêter à partir, il vit Manu s’agiter légèrement et froncer les sourcils. Il devait certainement faire un mauvais rêve. Ne pouvant humainement pas le laisser ainsi, il s’assit à ses côté et prit de nouveau sa main dans la sienne. Là, il vit une mèche rebelle qu’il replaça q’un simple geste délicat de la main, une fois encore surprit par la douceur de cette peau. Ce n’est que lorsque celui-ci sembla parfaitement calme qu’il se dégagea, non sans quelques difficultés de la main qui s’était resserrée sur la sienne.

Puis, il sortit se rendant immédiatement au bureau de la directrice, les deux heures devant être largement passées.

Il frappa timidement plusieurs coup à la porte, et ce fit Marc qui sortit rageusement de la pièce laissant la porte ouverte.

Une voix féminine ce fit alors entendre :

 

-          Cyril je présume, le nouvel éducateur, entrez je vous prie…

 

Cyril ne se fit pas prier et entra rapidement, refermant la porte derrière lui.

 

-          Asseyez vous…

 

Il prit place sur la chaise indiquée par la directrice.

 

-          Je vais commencer avant de vous laisser la parole. Je viens d’apprendre ce qu’il s’est passé il y a quelques heures, et j’ai clairement exprimé mon point de vue à Marc. Je trouve ça tout bonnement inadmissible. Je suis désolée que vous ayez du voir cela. Sachez que cela s’est toujours produit sans mon assentiment. Et je suis tellement désolée pour ce jeune homme. La photo aurait pu être une raison de renvoie, certes, mais ce qu’ils viennent de lui faire subir annule tout menace de renvoie. Je ne sais pas par contre, ce qui me retiens de virer Marc…

 

La directrice prit un pause, pendant que Cyril la regardait ébahit. C’était la première personne censée qu’il entendait parler dans cet orphelinat.

Elle lui tendit alors un papier.

 

-          Tenez voici la photo. Rendez la lui discrètement et dites-lui de la cacher afin que Marc ne la retrouve plus. Je ne savais pas qu’elle pouvait avoir autant d’importance pour lui. Cela reste entre nous. Bon revenons en à vous. Est ce que cet orphelinat vous conviens ? Etes vous bien installé ?

-          Je… euh oui, très bien.

-          Bien excellent. Des questions, une requête ?

-          Non aucune.

-          Bien. Apparemment, Marc m’a dit qu’à plusieurs reprise vous avez pris plus ou moins indirectement la défense de Manu, et que vous ne réalisiez pas à quel point c’était un monstre. Je pense que vous être donc le mieux placé pour cela, je vous laisse vous occuper de lui.

-          Comment… Je…

 

Après ce qu’il venait de se passer, Manu n’accepterait plus aucune aide de sa part. Il ne savait même pas si celui-ci souhaiterait lui adresser la parole. Alors devoir s’occuper uniquement de lui…

 

-          Ces quelques jours vont être pénible pour lui… Je suis déjà peiné de ce qu’il va devoir vivre. Ses nuits sont particulièrement agités et il faut profiter de ces quelques moments de conscience pour l’hydrater et le nourrir un minimum. A vous de rester à son chevet et de prendre soin de lui. Je l’aurais bien fait faire à Marc pour le punir, mais je ne pense pas que cela soit bénéfique pour Manu. Je vous laisse commencer dès maintenant votre travail et je vais vous laissez, j’ai beaucoup de travail à rattraper. Bonne fin d’après midi Cyril.

-          Merci madame.

 

Totalement abasourdit, Cyril sortit du bureau et se rendit dans sa chambre afin d’attraper son paquet de cigarette et du feu. Il devait fumer une clope avant de retourner au chevet de Manu. Il avait besoin de s’aérer, et une dose de nicotine l’aiderait à surmonter la fin de cette journée.

Après être passé en cuisine pour attraper quelques petits truc à grignoter, ne souhaitant pas assister au repas, il se dirigea de nouveau vers la chambre de Manu.

Il prit une chaise qu’il posa à côté du lit de Manu et s’y assit. Il regarda Manu, celui-ci n’avait pas bouge d’un pouce. Instinctivement, il posa sa main dans la sienne. Celle-ci se referma automatiquement sur la sienne. Il passa de longues heures à le contempler, perdu dans ses pensées. Qu’allait-il se passer à son réveil ? Comment Manu allait-il réagir et qu’allait-il lui dire ?

Il finit finalement par fermer les yeux et par sombrer dans le sommeil. Cela ne faisait que trop longtemps qu’il n’avait pas dormi.

 

La journée du lendemain fut assez monotone. A aucun moment Manu ouvrit les yeux, continuant à dormir d’un profond sommeil. Les seuls moments ou Cyril sortit, fut pour s’alimenter un petit peu et fumer ses quelques clopes, et se laver. Il prenait son travail très au sérieux, et les quelques fois où il s’éclipsait de la chambre était les plus courtes possibles.

Ce ne fut qu’en fin de soirée, qu’il finit par s’endormir de nouveau sur sa chaise dans une position tout aussi inconfortable que la veille.

 

« -  Cyril ! Cyril ! Viens ici tout de suite, sors de ce placard, je sais que tu t’y caches.

Lentement, un jeune garçon chétif sortit d’un placard entrouvert…

-          Répète le encore !!!

-          Je déteste les hommes…

-          Encore et la suite !!!

-          Je déteste les hommes et plus jamais je ne…

 

Les larmes commencèrent à couler de nouveau sur ses joues. Un violent choc au visage, le fit s’éffondrer lourdement sur le sol. Il ne tenta pas de se protéger, ni de se rouler en boule, sachant que son père n’attendait que cela. Mais ses larmes il ne put les retenir…

-          Un homme un vrai ne pleur pas… Tu n’es qu’un tapette, tu n’es pas mon fils et tu ne mérites pas de l’être.

 

L’homme envoya un violent coup de pied dans les côtes de Cyril, lui arrachant un cri… »

 

Un cri qu’il prononça autant dans son rêve que dans la réalité. Brusquement, il ouvrit les yeux. Haletant, le corps tout en sueur, il mit un temps avant de se rappeler où il était. Ce ne fut que lorsque ses yeux se posèrent sur le lit de Manu qu’il revient pleinement dans la réalité. Seulement, un détail particulier attira son attention : Manu avait les yeux grands ouverts. Lorsqu’il croisa son regard, celui-ci lança :

 

-          Non mais tu es complètement malade. Hurler comme ça dans ma chambre en pleine nuit. Non mais qu’est ce que tu fiches ici et qu’est ce que…

 

Manu écarta vivement sa main de celle de Cyril.

Il voulut se redresser pour se retrouver à sa hauteur, mais trop faible par la sous alimentation et encore sous l’effet du puissant sédatif, il due se rallonger.

Paralysé, encore sous le choc de son rêve, Cyril ne savait plus quoi rétorquer.

 

-          Tu dégages de là, tout de suite !!!

 

Cyril pris son courage à deux mains et se lança. Il avait longuement réfléchi à ce qu’il lui dirait et c’était le moment ou jamais :

 

-          Manu… Je … Je sais que ce que je vais te dire va être inutile et que cela ne servira probablement à rien, alors avant de me jeter, laissa moi te dire pardon… Je suis sincèrement désolé de tout ce qui t’es arrivé uniquement par ma faute. Je suis entièrement responsable de tout ce qu’on vient de te faire. Je sais que tu dois m’en vouloir horriblement et que tu n’acceptera plus jamais aucun geste de ma part, et je peux tt à fait le comprendre. Cependant si tu as besoin de quoi que ce soit et bien…

 

Cyril fit un pause avant de reprendre :

 

-          Je sais qu’on ne peut pas revenir en arrière et j’espère qu’un jour tu me pardonneras. Je tiens juste à te dire que tu n’es pas viré. La directrice m’a parler et il est hors de question que tu sois renvoyer ? Je ne te dis pas l’état de rage dans lequel se trouvait Marc… Tiens.

 

Cyril lui tendit la photo.

 

-          Elle m’a donnée ça pour toi.

 

Il la posa sur sa table devant la non réaction de Manu.

 

-          Elle te dis que tu peux la garder, mais de mieux la cacher cette fois-ci. Je… Je m’en veux tellement Manu…

 

Celui-ci le regardait toujours avec le même regard froid et distant, ne laissant place à aucune émotion. Une larme coula sur sa joue. Oui, il s’en voulait tellement…

Il se leva et sortit de la chambre en murmurant un dernier :

 

-          Je ne suis qu’un lâche.

 

Il se rendit directement en cuisine et prit sur un plateau de quoi faire un petit déjeuner à Manu. L’angoisser au ventre il retourna jusqu’à la chambre de Manu, et après avoir frapper quelques coups il entra. Manu ne s’était pas encore rendormi. Il s’approcha de lui, et avec un léger sourire gêner il dit faiblement :

 

- Ordre de la directrice… Je dois te nourrir…

 

Fébrilement il s’approcha de lui et posa son plateau sur le lit à coté de Manu, appréhendant la moindre réaction. Jamais il n’avait eu aussi peur, et n’avait autant culpabilisé…

 

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Samedi 18 août 2007
Une fois garé sur le parking de l’orphelinat, Cyril s’adressa à Manu une dernière fois :
- Avant que l’on sorte de la voiture, je voulais te remercier de m’avoir suivit, de m’avoir écouté et de m’avoir fait confiance, tout comme je t’ai fait confiance. J’ai passé une très agréable soirée en ta compagnie. Merci…
- Merci à toi… marmonna entre ses dents et sortit de la voiture rapidement.
Il marchait en directement du bâtiment d’un pas lent et peu motivé quand Cyril le fit à nouveau sortir de ses songes :
- Demain soir, même heure, si ça te dis. Ah et encore une chose, pas un mot sur nos virées nocturnes et aucunes allusions.
Décidemment, il devait forcément reprendre ses airs de grand manitou dès que tout cela était fini, ce besoin de croire qu’il avait une parfaite autorité l’agaçait profondément :
- Ca va, je suis pas con non plus…
Il refit quelques pas et sourit… Ce Cyril était très bizarre ! Il semblait autant le comprendre qu’essayer de le remettre sur le droit chemin alors qu’il ne le connaissait même pas. Un soupçon de gentillesse et de tendresse envers lui, lui donna envie de se retourner une dernière fois :
- Bonne nuit l’nouveau.
- Bonne nuit Manu.
De surprises en surprises, Manu le regarda une petite secondes en souriant. C’était bien la première fois qu’il l’appelait Manu… Avait-il oublié après cette soirée son petit jeu ? Il rentra dans la plus grande discrétion jusqu’à ce qu’il rencontre Marc. Ne l’ayant pas vu, Manu eut juste le temps de se cacher derrière un couloir en reprenant sa respiration de stress, et attendit qu’il s’éloigne en priant qu’il ne vienne pas de son côté. Heureusement pour lui, il l’entendit s’éloigner et parvint à se faufiler dans sa chambre tant bien que mal. Il se changea rapidement et remit le pyjama qu’il avait laissé quelques heures plus tôt, sentant que la fatigue le submergeait déjà. Pour une fois, il n’allait peut-être pas passer la moitié de la nuit à attendre de s’endormir…
Mais à peine fut-il couché et qu’il parvint à tomber dans un semi-sommeil, quelqu’un frappa à la porte et le fit sursauter. Manu se releva difficilement et jura en se dirigeant vers la porte qu’il ouvrit brusquement. Il jura une deuxième fois en voyant qu’il n’y avait personne mais fut arrêté quand il remarqua une photo… Où Cyril avait-il bien pu aller la chercher ? Cette photo qu’on lui a arraché des mains le jour de son arrivée parce qu’il enchaînait déjà conneries sur conneries. Il referma alors la porte et alla se coucher en fixant la photo jusqu’à ce que, pour la première fois en des années, il éclata littéralement en sanglots. Tout ce mal-être sortait, toute cette souffrance enfouie en lui, ce manque… Les questions qu’il s’était arrêté de poser revenaient petit à petit, tous ces « pourquoi » se bousculaient dans sa tête. Comment se faire comprendre qu’il était malheureux comme jamais, que ses parents lui manquaient au point qu’il se croyait mort avec eux ? La solitude le rongeait de plus en plus chaque jour et le poussait à s’exclure davantage. Ce fut après un long moment qu’il considéra comme un des pires son admission à l’orphelinat, qu’il se releva tant bien que mal en abandonnant cette photo sur son bureau et se refusant de la revoir pour se diriger à la salle de bain. Il avait envie d’une douche malgré qu’elles étaient interdites après le couvre-feu, logiquement…En voyant de la lumière, il rentra lentement en se demandant qui pouvait encore être levé à cette heure-ci et imaginait surtout la tête qu’allait faire la personne en voyant dans quel état lamentable Manu devait être. Il avait pleuré au point qu’il en avait mal aux yeux, et surtout au point qu’il devait se forcer pour ne pas continuer encore et encore. Quand il entra, il reconnut immédiatement Cyril, qui s’était appuyé sur l’évier. Celui-ci se retourna, laissait alors montrer un visage aussi défait que Manu qui resta quelques secondes à le fixer jusqu’à ce qu’il fasse quelques pas en arrière sans ajouter un mot à Cyril, perdu de le voir ainsi. Finalement, il fit demi-tour… Il aurait voulu lui demander ce qu’il se passait, mais dès que ses sentiments de haine se transformaient en tendresse avec quelqu’un, il bloquait littéralement. Aucunes émotions n’émanaient de lui à part tout ce que l’on détestait. Alors, voir quelqu’un qui était monté bien plus dans son estime qu’il ne se l’avouait, c’était bien frustrant et gênant… Manu retourna dans sa chambre rapidement et se recoucha dans son lit dans un soupir, sentant bien qu’il n’allait pas tarder à s’endormir, préférant ne plus toucher à cette maudite photo.

7h00, l’éducateur chargé du réveil des orphelins vint dans la chambre de Manu, ouvrant la porte brusquement comme aux habitudes pour le réveiller :
- Manu, il est 7h00, lève-toi.
- Dégages, putain !!
Celui-ci ne répondit rien mais s’en alla en laissant bien entendu la porte ouverte. Manu resta encore une dizaine de minutes pour finalement se relever en jurant, comme aux habitudes, de mauvaise humeur. Ce fut après une douche rapide et après avoir déjà agressé quelques autres enfants qu’il se dirigea jusqu’au réfectoire, où la plupart y étaient déjà, y compris Cyril qui s’était mis encore une fois en face de lui. Collant et agaçant…
Manu fit donc comme si de rien était, préférant mettre de côté ce qu’il avait vu quelques heures auparavant et ne pas montrer sa légère gêne. Le déjeuner se passa rapidement… Il se sentait visé chaque seconde par Cyril qu’il évitait de regard et se releva une fois fini pour se diriger vers sa chambre, prit sa veste et alla à l’extérieur, mais s’arrêta subitement en voyant que son éducateur était également en train de fumer près de l’entrée, assis sur une marche… Manu l’ignora et alla vers son banc en prenant la peine de fermer sa veste en chemin par la fraîcheur du temps. En voyant que Cyril commençait à marcher à ses côtés, Manu s’arrêta et soupira :
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Dis bonjour au moins
- Si ce n’est que ça pour avoir la paix, bonjour ! Maintenant, dégage !
Manu recommença à marcher mais fut encore une fois arrêté par la voix de Cyril, qui restait plus loin :
- Ce… que tu as vu cette nuit, je…
- Écoute le nouveau, répondit Manu en se rapprochant un peu plus de lui.
Je vais mettre les choses au clair tout de suite. J’en ai rien à foutre de quiconque ici. Ce n’est pas parce que tu essaies de m’attendrir en faisant ce dont j’ai envie que forcément, je vais devenir comme tout le monde… J’aime qu’on me laisse tranquille, c’est compris ?
- Très bien. Dit simplement Cyril, apparemment un peu vexé.
Cyril se retourna et s’en alla, laissa Manu regretter ce qu’il avait dit. C’était incroyable ce pressentiment qu’il allait passer une journée totalement merdique. Voir le regard de Cyril se noircir quand il l’envoyait voir ailleurs, le rendait mal et il ne comprenait pas pourquoi.
Le jeune fuma alors rapidement sa cigarette et se dirigea machinalement jusqu’à sa chambre quand il y vit soudainement Marc, planté au milieu de la pièce, à l’attendre. Mani l’ignora et posa sa veste quand enfin l’éducateur prit la parole :
- Peux-tu m’expliquer comment tu as réussis à faire ça !
- Qu’est-ce que j’ai encore fais ? demanda Manu dans un soupir en croisant les bras.
Marc montra alors la photo de ses parents en haussant directement le ton, Manu en avait des crampes à l’estomac. Qu’allait-il dire ? La vérité ? Jamais Marc ne le croirait…
- Comment es-tu allé dans le bureau ? Tu as encore réussi à entrer, malgré la serrure ?
- Arrêtes, c’est moi ! cria-t-il.
- Qui veux-tu que ce soit d’autre, hein ? Avoues au moins que c’est toi, tu ne t’es jamais gêné pour faire quoi que ce soit ici de toute façon…
Manu le regarda quelques secondes et préféra finalement quitter sa chambre, fou de rage. Pourtant, Marc le suivit dans les couloirs, sans se gêner de faire un scandale devant tous les autres orphelins et éducateurs, dont Cyril qui était en train de s’occuper d’autres enfants :
- Tu es vraiment le pire des cas que j’ai eu dans ma carrière. Aller voler une photo !! Depuis quand est-ce que les choses te tiennent à cœur ?
- Ce n’est pas moi ! hurla Manu en se retournant vivement vers Marc.
- Qui est-ce alors ? Qui pourrait bien te rendre service? Personne ne t’apprécie ici !!!
Manu pointa discrètement le regard vers Cyril et finit pas baisser les yeux. Même s’il le dénonçait, Marc n’en croirait pas un seul mot, jugeant sur base de son opinion personnel sur lui. L’éducateur rit alors, sentant pour une fois qu’il prenait le dessus sur Manu :
- Tu es pathétique, sale morveux ! la directrice revient en fin d’après-midi, tiens-toi prêt à ce que je fasse une réunion avec les collègues et toi pour nous décider du jour de ton départ.
Il laissa Manu sur ces mots, qui sentit la haine lui ronger le ventre pour ne pas se jeter sur son éducateur. Il jeta un dernier regard des plus glacials et menaçants à Cyril qui voulait s’approcher et repartit dans sa chambre en claquant la porte.
Il n’y sortit plus jusqu’au moment du diner… Bizarrement, son espoir de voir arriver Cyril était incroyablement fort. Chaque minute, il regardait la porte en priant que son éducateur rentre et vienne lui parler, même s’il savait très bien qu’à des moments pareils, il l’aurait peut-être frapper tellement la rage l’envahissait… Il alla s’assoir au réfectoire en silence, remarquant par certains regards et chuchotements que la nouvelle avait déjà fait le tour. Une fois assis, il fit attention directement à l’insistance des yeux de Cyril posés sur lui, mais se contenta de lui relancer un regard plein de haine. A peine fut-il servit et qu’il commença à manger que John, l’un des orphelins avec qui il avait le plus de problèmes, se mêla de l’affaire ; se sentant fort par la situation critique dans laquelle était Manu :
- Alors Manu, tu as déjà fais tes valises ?
- Ta gueule !!
- Tu vas peut-être enfin avoir la monnaie de ta pièce. Après toutes ces années où tu nous as fais toutes ces saloperies… Comme si tout le monde n’étaient pas assez malheureux ici.
- Je te signale qu’on est tous dans la même situation, alors ferme-la.
- Toi, dans la même situation ? Ha, laisse-moi rire ! A croire que tu n’en as rien à foutre que tes parents soient six pieds sous terre !
Manu serra son poing et le regarda avec le plus de haine et de violence qu’il avait, mais apparemment pas assez pour arrêter John, qui rajouta la phrase de trop :
- Je peux les comprendre en même temps, avoir un fils comme toi devait être ingérable…
Manu n’hésita alors plus une seconde et ne perdit pas son temps. Il monta sur la table et jeta littéralement sur John, les deux jeunes tombèrent rapidement… Manu se mit à mettre les coups de poings les plus forts qu’il pouvait malgré la douleur. Cyril et quelques éducateurs se levèrent pour les séparer. Manu se releva alors, John en fit de même mais il se contenta de rire :
- Tu es tellement pathétique ! Tu ne sais rien faire à part te battre. Tu aurais du être à la place de tes parents, tout le monde aurait eu la paix !!!
Celui-ci ne s’attendit pas du tout à ce que Manu réagisse en le voyant se tourner comme s’il partait, mais en réalité, il prit un plateau sur la table et frappa de toutes ses forces sur la table de John, qui s’étala alors de tout son long. Cyril intervint à ce moment et parvint à séparer Manu, mais le jeune n’ayant pas tout régler, se retourna et sans trop s’en rendre compte, frappa également Cyril au visage qui reçut le coup assez facilement malgré la douleur que cela devait faire…
Seulement, en remarquant qu’un éducateur arrivait dans la pièce avec une seringue, Manu releva directement les mains et recula lentement :
- C’est bon, je me calme ! Mais ne me faites pas ça !
- On sait les conséquences que ça a sur toi, mais si tu nous obliges à le faire, on n’hésitera pas une seconde.
- Ok ! Je vais dans ma chambre mais surtout, éloignez cette putain de seringue !
Manu recula encore jusqu’à la sortie et partit alors, sans pour autant être réellement calme… A peine était-il plus éloigné que les phrases de John lui revinrent en tête. Cela lui faisait tellement mal que les larmes ne tardèrent plus à arriver. La peine et la rage mélangée, il ne put s’empêcher de continuer à extérioriser. Il saisit une chaise et la lança sur une fenêtre qui, fatalement, se brisa en morceaux… Les éducateurs entendirent bien sur le bruit et trois d’entre eux arrivèrent tandis que Marc parlait à Cyril en marchant vers lui. Manu fit quelques pas en arrière et les supplia, ne sachant même plus retenir ses larmes :
- Pitié, non ! J’ai pas envie de cette saloperie ! Je vais me camer, je vous le promets.
- Paroles en l’air, commet d’habitude. Répondit l’éducateur qui préparait la seringue tandis que les deux autres tentèrent de bloquer Manu au sol.
Mais celui-ci en voyant l’aiguille s’approcher de son bras, essaya une dernière fois de se débattre et parvint à shooter dans un éducateur :
- Putain sale morveux, plus tu te débattras et plus dure ce sera pour nous de te piquer alors, laisse-toi faire !!
- Vous me le paierai bande de salopards !
- Mais bien sur ! Aller, arrête de bouger !
Manu ne parvint alors plus à bouger, maintenu trop fermement pour arriver à se dégager et ferma les yeux en continuant à pleurer quand il sentit la seringue dans son bras.
Tout se passa rapidement… Il vit que Manu et Cyril s’approchaient de lui, encore assez « conscient » pour qu’il comprenne :
- Qu’est-ce qu’ils lui ont injecté ?
- Un super tranquillisant ! c’est nécessaire, vu le nombre de crises de nerfs qu’on peut avoir parfois… Mais sur Manu, ça a certaines conséquences…
- Genre ?
- C’est comme s’il récupérait ses heures de sommeil manquantes dû à ses insomnies… Il dort pendant des jours entiers et les seuls moments où il est à moitié éveillé, il reste dans son lit parce que son corps ne tient pas debout. Ca fait du bien à tout le monde de ne pas le voir pendant trois ou quatre jours…
Manu, malgré le brouillard qui lui voilait les yeux petit à petit, vit Cyril s’accroupir près de lui et sentit qu’il passait discrètement sa main sur la sienne. Ne pouvant même plus réagir, il se contenta de le regarder tristement jusqu’à ce qu’il sente la fatigue l’emporter et s’endormit sans le vouloir… Ce tranquillisant était pire que tout, il ne faisait que forcer Manu à garder sa tristesse et sa colère pour lui…

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Mercredi 15 août 2007

 

Pourquoi Cyril était-il en train de faire cela ? Il n’en avait aucune idée. Tout ce qu’il savait c’est qu’il se devait de le faire et d’aider cet être souffrant tant.  Jamais personne ne semblait avoir rien fait pour lui. Cyril s’était décider à lui offre ce dont lui enfant avait toujours rêvé. Il savait parfaitement ce que l’on pouvait ressentir lorsqu’on ne sortait pas d’un même lieu pendant des années l’ayant lui-même vécu. Et voir une autre personne vivre la même chose lui était insupportable.  Ce n’était certainement par pitié qu’il faisait tout cela. Il le faisait juste pour Manu, sans raison particulière. Tout son être lui hurlait de l’aider. 

Pourquoi jouait-il ainsi avec le feu ? Il savait pourtant pertinemment qu’à tout instant Manu pouvait d’échapper et lui faire une crasse. Mais l’intuition qui primait était tout autre. Si l’on s’occupait de lui, si l’on portait une attention sur lui, si l’on lui parlait d’égal à égal sans le prendre pour ce qu’il n’était pas, alors peut-être changerait-il petit à petit. Peut-être s’ouvrirait-il petit  à petit au monde. Cyril était parfaitement sur que sous cette arrogance, se cachait une hypersensibilité. Ainsi tout cela n’était qu’une façade qu’il allait devoir ôter petit à petit, le laissant faire à son propre rythme.
Ayant eu sa réponse en voyant Manu se lever, Cyril sortit avec toute la discrétion dont il était capable. Il remercia l’expérience qu’il avait acquis au fil de ses années d’orphelinat.

Arrivait à sa voiture, ayant parcourut les couloirs sans encombre, il s’y adossa et attendit Manu.

Son cœur battait sous l’excitation de ce moment. Braver les interdits ; ce la faisait tellement longtemps qu’il ne l’avait pas fait et pourtant, il avait toujours était très fort pour le faire. Mai tout cela avait changé lorsqu’il était passé de l’autre côté…

Manu n’arrivait toujours pas et Cyril commençait à s’inquiéter. Plusieurs hypothèses lui vinrent alors à l’esprit : soit il s’était fait attraper par Marc dans les couloirs, chose peu probable, soit il avait décidé de ne pas le suivre. C’est vrai après tout, pourquoi suivrait il un homme qu’il connaissait à peine. Il n’avait que trop raison de se méfier. Après tout pour quelle raison ferait-il confiance à qui que ce soit, puisque depuis des années personne ne lui faisait confiance.

Il jeta alors un coup d’œil à la fenêtre de Manu, tentant de voir si celui-ci était toujours à l’intérieur. C’est là qu’il le vit se pencher par sa fenêtre et comprit immédiatement son intention. Mais quelle insouciance, lorsqu’il lui avait dit de sortir discrètement, il ne lui avait pas demandait non plus de risquer sa vie. Lorsque celui-ci sauta sur le toit du réfectoire, il eut tellement peur qu’il eut l’impression que son cœur avait cessait de battre un court instant.
Jamais il n’avait autant stressé et angoissé pour quelqu’un. Ce qu’il faisait était vraiment dangereux et il risquait  à tout moment de se briser le coup. Il ne voulait surtout pas avoir une mort sur la conscience. Alors qu’il sauta cette fois ci du toit du réfectoire, apparemment sur de lui, Cyril le vit chuter. Il alla immédiatement vers lui, trop effrayé à l’idée de ce qui avait pu lui arriver. Il pria le ciel pour qu’il n’ait rien. En le voyant se relever et lui sourire lui indiquant qu’il allait bien. L’inquiétude fut alors remplacée par la colère de ce qu’il avait failli faire et celui ci lui dit en le voyant arriver en trottinant vers lui :


- Tu étais obligé de sauter de deux étages ?
- Tu crois que c’est la première fois ? Je maîtrise…
- Surtout en te pétant la gueule en sautant du toit du réfectoire…
- Ho écoute, je préfère ça que de me faire choper par l’autre connard !

 

Cyril sentit qu’il devait le recadrer tout de suite. Il devait à tout prit affirmer son autorité, pour ne pas se faire marcher sur les pieds. Après ce qu’il s’apprêtait à faire, c’était obligatoire. C’est pourquoi, il imposa tout de suite une limite en lui disant :


- N’oublie quand même pas que tu parles de mes collègues alors, garde les insultes pour toi. Encore une de ce genre et on ne sortira pas. Et je dirai même, que je t’ai vu traîner dans les couloirs, habillé pour aller à l’extérieur...
Manu lui lança un œil noir mais ne lui répondit rien à ce sujet là, il se contenta de dire trop impatient de parti d’ici :

- Bon, on se casse ?
Cyril fit le tour de la voiture et jeta un dernier coup d’œil avant de rentrer dedans, en prenant une grande inspiration.  Manu, lui, était déjà rentré et avait posé un pied sur le siège, apparemment déjà de trop pour l’éducateur :
- Vire ton pied de là !
- Hey, si c’est pour continuer à me faire chier ainsi, je peux toujours rentrer !
Il démarra alors la voiture ignorant totalement la remarque de Manu et s’en alla discrètement, soupirant de soulagement en voyant que plus personne ne pouvait les voir à présent. Cyril eut la désagréable sensation de se sentir alors observer. Ne pouvant pas vraiment tourner la tête vers lui car il devait regarder la route, Cyril supportait en silence ce regard mauvais poser sur lui. C’était étrange, mais il avait encorne une fois l’impression d’être juger par celui-ci. Voulant arrêter cela au plus cite, il décida de mettre de la musique, afin de détourner son attention. Manu réagit immédiatement en déclarant surpris :


- T’écoute ce groupe-là ?
- Y a un problème ?
- Ben un peu qu’il y en a un ! C’est de la musique de bourrin, c’est… ma musique !

 

Sans le montrer, cela piqua l’orgueil de Cyril. Il le prenait pour un si vieux que cela ? Après tout, il n’avait que quelques années de plus que lui, et il était loin d’être vieux. C’est pourquoi il lui répondit ;
- Je n’ai que 24 ans, je n’écoute pas encore de la musique classique pour le plaisir. J’aime le bon son…
Cyril bougea alors ses mains sur le volant, profitant du rythme de cette musique qu’il appréciait tout autant que Manu. Ne se sentant plus observé, il tourna la tête vers Manu un bref instant et le vit observer l’extérieur.  Il sourit intérieurement, trop heureux de faire plaisir à Manu. Ne voulant pas gâcher cet instant, il ne prononça pas un seul mot durant le trajet. Il conduisit ainsi une vingtaine de minute jusqu’à la ville et s’arrêta dans un parking, apparemment, beaucoup de monde se trouvait là… Il éteignit le moteur et regarda Manu, voulant régler encore certains points rien qu’à voir sa tête :
- Bon… On va aller faire un tour à la foire qu’il y a en ville, ça te va ?
- Un peu que ça me va. Répondit Manu, déjà impatient.
- S’il y a la moindre chose, un problème minime… je te promets qu’une soirée comme celle-ci ne se produira plus ! Si tu restes calme par contre, je pourrai envisager qu’on recommence. Est-ce que je me suis bien fais comprendre ?
Manu ne répondit rien et préféra sortir de la voiture… Cyril soupira en sortant à son tour, espérant avoir été le plus clair possible. Le temps n’était pas des plus agréables, et Cyril ne regretta pas son pull. Il vit Manu refermer un peu plus sa veste et mettre ses mains dans sa poche, comme pour se protéger un peu plus. Mais ce n’était pas uniquement pour le froid que Manu faisait cela, se dit Cyril, c’était aussi pour se protéger du monde extérieur. Voir les yeux illuminés de l’adolescent lui fit chaud au cœur et l’empli d’une joie sans nom, et effaça en un instant toutes ses craintes quant à un éventuel problème futur. Manu partit devant et Cyril le rejoignit. Il ne fallait surtout pas qu’il le lâche d’une seule semelle.

 

Après quelques minutes de marches au milieu de cette foule, Cyril proposa à Manu :
- Tu veux manger quoi ? Parce que la bouffe à l’orphelinat, ça laisse franchement à désirer.
- Enfin quelqu’un qui est d’accord avec moi sur cette bouffe dégueulasse !! Mais c’est bon, je prends rien.
- Si c’est qu’une question d’argent, c’est bon tu sais… Tu peux te goinfrer, il n’y a aucuns problèmes.

Cyril vit alors Manu s’arrêter et lever sa tête légèrement vers lui, et lui dire méfiant, non sans une certaine arrogance :
- Ca veut dire quoi toutes ces conneries ?
- Quoi comme conneries ?

 

Cyril ne comprenait pas ou Manu voulait en venir.


- Tout ça là… Que tu viennes me chercher pour qu’on aille faire un tour, et maintenant, me payer un tas de trucs ! T’es quoi, mère Theresa ?

 

Cyril voulut se défendre :


- J’ai juste appris que tu n’étais pas sorti depuis 12 ans !
- Désolé, mais j’ai pas envie qu’on ait pitié de moi ! Si c’est comme ça, je préfère encore rentrer !

 

Pourquoi Manu voyait-il le mal partout ! Cela était normal vu ce qu’il vivait, mais pénible pour quelqu’un qui n’était pas comme tout les autres avec lui.
Voyant Manu faire demi-tour et recommencer à marcher vers la voiture, Cyril le rattrapa par le bras. Celui-ci réagit automatiquement de manière très violente, rappelant à Cyril ce dont il était capable Après tout, il y a quelques heures, il l’avait plaqué contre le mur prêt à le frapper. Cyril qui reprit la parole calmement :
- Maintenant qu’on a réussi tous les deux à se barrer sans que personne ne nous voie, tu pourrais tout de même faire un effort et accepter ! Et je ne vois pas pourquoi j’aurai pitié d’un gamin qui m’a empoigné tout à l’heure, n’oublie pas.
Cyril mit sa main sur l’épaule de Manu, qui continuait à le regarder d’un air de méfiance mais finit par céder et lui répondit :
- Je rêve d’un hamburger depuis 10 ans…
L’éducateur rit de bon cœur et se remit à côté de Manu en lui entourant son bras autour de ses épaules. Manu le repoussa alors, pour une fois sans agressivité, mais restant malgré tout lui-même :
- Hey, vire-toi de là ! C’est pas pour ça qu’on est devenu pote. Si je fais ça, c’est pour te faire plaisir !
- Mais bien sur ! répondit Cyril en rigolant.

Très vite, Manu revint aux côtés de Cyril qui s’était légèrement éloigné. La foule avait l’air de le rendre  extrêmement nerveux. Cyril alla commander les hamburgers et Manu alla l’attendre sur un banc.

Une fois les hamburgers dans une main, il alla le rejoindre et lui tendit le sien en s’asseyant à côté de lui. Mais au lieu de se jeter dessus, Manu appuya ses coudes sur ses genoux et finit par mordre dedans après l’avoir regardé longuement. Ne voyant pas l’expression de satisfaction qui devait ornait son visage à cause de la capuche, Cyril la lui enleva en lui disant : 
- Enlèves ça bad boy, je veux voir ta réaction en mangeant un truc aussi bon après 12 ans sans y toucher.
Manu se releva subitement du banc et s’éloigna d’un mètre, mais finit par lui avouer malgré qu’il lui tournait le dos :
- Putain, je ne me rappelais plus du goût que ça avait !
- J’espère que c’est en bien…
- Un peu que c’est en bien ! C’est…
Il ne termina même pas sa phrase et finit son hamburger sans ajouter un mot de plus. Cyril sourit et n’ajouta rien le laissant savourer cet instant. Un petit plaisir ne pouvait pas faire de mal à cet adolescent, et il ne regrettait pas d’avoir insisté.

Cyril se releva après avoir terminé de manger et proposa à Manu de continuer leur tour. Celui-ci le suivait à la trace, mais ne fit pas plus attention que cela à son éducateur, trop occupé à admirer un bon nombre de choses, refusant cependant de toucher à une quelconque chose ou de faire une attraction malgré les propositions insistantes de son Cyril. Par contre, lorsque celui-ci apprit qu’il n’avait jamais mangé de hot dog, il ne lui laissa pas le choix et lui ordonna d’en prendre un en faisait l’éloge de  cette nourriture. Manu finit par craquer et accepta. Ils firent demi-tour en mangeant, l’heure devait certainement avancer à une vitesse folle jusqu’à ce que Manu se fasse bousculer par quelqu’un. Il se retourna pour le regarder agressivement mais changea vite de regard en voyant le canon en tort s’excuser avec un léger sourire. Ils se sourirent un moment, tous les deux continuant leur chemin en arrière. Cyril eut alors un petit pincement au cœur. Etait-ce de la jalousie ? Il n’effleura même pas cette idée, il fit comme s’il n’avait rien ressenti et le força à se retourner avec un peu de violence :
- Hé le tombeur, regardes où tu marches !
- Tu sais pas m’appeler Manu comme tout le monde au lieu de mon prénom ou de ces surnoms débiles ?
- Tiens, la voiture est là, ignora Cyril en prenant déjà ses clefs et rigola, laissant Manu râler intérieurement.
Ils rentrèrent dans la voiture, Cyril alluma rapidement le chauffage et remarque qu’il était déjà minuit.

Il lui restait pourtant un deuxième lieu ou se rendre. Un lieu beaucoup moins joyeux, mais inévitable. Arrivé à cet endroit, Cyril se gara et coupa le moteur.

Manu jeta un bref regard autour de lui, et fit un léger sourire à Cyril, un regard plein de sous-entendu, qu’il était loin s’appréciait et ne craignait que trop que de le comprendre.

Son cœur se mis à battre lorsqu’il entendit : 
- Voilà la raison pour laquelle tu m’as emmené… Tu crèves d’envie de me baiser !
Cyril senti alors la main de Manu se mettre directement sur sa cuisse et monter légèrement jusqu’à son entre-jambe, s’approchant de lui pour l’embrasser. Cyril choisit ce moment là pour tourner la tête. Il enleva la main du jeune homme pensant très fort « Non, jamais cela. ».  

Agacé par la crainte qu’il ressentait, il lui dit, revenant à la raison de leur venu dans ce lieu :

-          Tu n’as rien compris ! Tu ne te souviens pas de cet endroit ?
- Je devrai m’en souvenir… ? demanda-t-il en regardant devant lui.
- Regardes à ma gauche.
Manu s’exécuta et se pencha exprès un peu plus vers Cyril pour regarder, quand il se rendit enfin compte de l’endroit, il s’écarta tout de suite et s’enfonça dans son siège. Son regard avait totalement changé, et toute tentative de séduction disparue. 
- Viens on va les voir !
Manu se redressa directement sur son siège, la voix des plus glaciales :
- Démarre ! Je n’ai aucune envie d’aller voir une pierre tombale !!
- Ce sont tes parents… répondit Cyril après un temps.
- Mes parents sont sûrement décomposés à l’heure qu’il est. C’est pas un endroit où ils ont été jetés qui va me donner envie d’aller les voir comme tu dis.
- Peut-être que tu as raison. Mais tu ne peux pas nier le fait que ça fait du bien et qu’on a l’impression d’être plus proche d’eux…

Cyril détestait les cimetières. Il savait l’importance que cela avait pour les orphelins de si rendre. Mais pour son propre cas, il s’était toujours refuser d’y aller, la rancœur étant encore bien trop grande dans son cœur. Il avait trop attendu et il était maintenant trop tard. Mais pour Manu s’était différent. Il devait aller sur leur tombe, cela ne serait que bénéfique pour lui. 

Il ouvrit alors sa porte et prit une lampe de poche à l’arrière pour se diriger ensuite dans le cimetière, laissant Manu prendre seul sa décision.  Il fut heureux d’entendre la porte de la  voiture s’ouvrir et se fermer ainsi que des pas s’approcher derrière lui.  Manu courut jusqu’à lui et une fois arrivés à sa hauteur, Cyril lui tendit directement la lampe et attendit qu’il y aille.

 

 

Manu le regarda quelques secondes et finit par faire un pas. Il saisit la lampe et se dirigea vers la tombe de ses parents. Il le suivit de loin et s’arrêta un peu avant lui, lui laissant l’intimité nécessaire à ces moments là. Ce n’était pas le premier orphelin qu’il emmenait au cimetière et il savait parfaitement qu’ils avaient tout besoin de solitude.

Cyril attendit patiemment pendant presque une heure avant de regarder de nouveau l’heure et de ses ire qu’il était vraiment plus que temps de rentrer. Il l’appela déjà et eu l’impression de le faire revenir de très loin. Il s’approcha u peu plus de lui et lui dit :
- Il va falloir y aller, il est tard.
Manu tourna légèrement la tête vers Cyril et abaissa une dernière fois le regard sur ces photos, essayant de cacher les quelques larmes coulées sur son visage en passant rapidement ses doigts dessus tout en espérant que Cyril ne voit rien. Celui-ci les avait très bien vu, mais fait comme si de rien était. Il avait vu de nombreuses larmes coulaient, mais jamais il n’avait ressentit autant d’empathie en voyant celle de Manu couler. Manu se releva et ils reprirent le chemin de la voiture, n’échangeant aucune parole durant le trajet. Aucune parole, aucun mot n’aurait été à la hauteur d’interrompre ce que chacun ressentait et vivait.

 

Une fois garés sur le parking de l’orphelinat, Cyril dit à Manu ;

 

-          Avant que l’on sorte de la voiture, je voulais te remercier de m’avoir suivit, de m’avoir écouter et de m’avoir fait confiance, tout comme je t’ai fait confiance. J’ai passé un très agréable soirée en ta compagnie. Merci…

 

Manu marmonna quelque chose que Cyril ne parvint pas à entendre bien que celui-ci se douter de ce qu’il venait de dire.

Il sortit de la voiture à son tour et dit plus haut à l’attention de Manu :

 

-          Demain soir, même heure, si ça te dit. Ah et encore une chose, pas un mot sur nos virés nocturnes et aucune allusions.

 

Un peu agacé, Manu répondit :

 

-          Ca va, je suis pas con  non plus...

 

Après un temps, celui-ci rajouta un peu plus pas.

 

-          Bonne nuit l’nouveau.

-          Bonne nuit Manu.

 

Cyril ne rentra pas tout de suite dans l’établissement. Il chercha un clope dans sa poche et un briquet, et se fuma une cigarette pour se remettre de cette soirée fatigante mine de rien.

Puis il entra et se dirigea jusqu’à sa chambre. Alors qu’il allait tournait à droite au détour d’un couloir, il tomba nez à nez avec Marc.

 

-          Cyril ? Mais qu’est ce que tu fou là ?

-          Je n’arrivais pas à dormir alors je suis allé m’en fumer une.

-          Bonne nuit.

-          Merci, toi aussi.

-          Mhh Marc, est ce que je peux aller chercher un truc dans le bureau. Dans le dossier que je t’ai donné à mon sujet, j’ai laissé ma carte d’identité et j’aimerai la…

 

Marc le coupa et lui tendit les clefs.

 

-          Tu n’oublies pas de me les rendre demain.

-          Pas de problèmes.

 

Cyril se rendit au bureau en pressant le pas. Lorsqu’il parvient enfin à le trouver, il se dirigea automatiquement vers le grand placard qu’il avait automatiquement remarqué lors de son arrivé ici, sur lesquels il était inscrit en toute lettre : « DOSSIER ORPHELINS ».

Il ne mit pas longtemps à trouver le dossier de Manu qu’il sortit et posa sur le bureau. La, il l’ouvrit et le parcourut rapidement des yeux, cherchant quelque chose de précis. L’insistance avec laquelle Manu avait regardé les photos de ses parents lui avait mis la puce à l’oreille. Il ne devait pas en posséder, mais son dossier si. Il sourit heureux d’en avoir trouvé une, et rangea tout, prenant garde à effacer toute trace de son passage.

Après cela il sortit en prenant soin de fermer la porte et se dirigea vers la porte de la chambre de Manu. Une fois devant celle-ci il glissa la photo sous sa porte et frappa un léger coup avant de regagner sa chambre. En chemin il entendit la porte de Manu s’ouvrir et se refermer. Il espéra avoir eut une bonne idée.

Arrivé dans sa chambre, il se dévêtis et se glissa en boxer sous la chaleur promise de sa couette. Il régla son réveil, ferma les yeux et ne tarda pas à s’endormir.

 

Voilà longtemps que son père n’avait plus posé les yeux sur lui. Voilà longtemps que son père ne lui avait plus adressait la parole comme à un être humain normal. Vivant seul avec lui, voilà longtemps qu’il n’avait plus eu d’échange avec quiconque depuis que son père avait su. Plus de sortie, plus de vie sociale, plus rien à part sa chambre fermée à clef et les visites quotidiennes de son père si crainte. Pourtant ce matin, son père était venu frapper à sa chambre sans y entrer et lui avait dit tout simplement :

 

-          Habille-toi, on part en voyage.

 

Cyril ne s’était pas fait prier et deux minutes plus tard, celui-ci se tenait droit comme un « i » devant la porte clause de sa chambre, unique lieu de vie depuis des mois. Son père avait ouvert la porte et lui avait dit :

 

-          Suis-moi, j’ai enfin la solution à tous nos problèmes fils.

 

Fils… Voilà longtemps qu’il ne l’avait plus surnommé ainsi. Naïf, il avait cru à un radical changement de situation, et l’avait suivit docilement.

 

Les voilà tous deux dans la voiture pour partir en "voyage". Le jeune garçon se laisse peu à peu aller. Il s’enfonce dans son fauteuil et admire le paysage.

Et puis, ils se sont arrêtés dans le parking désert d’une vulgaire zone industriel. C’était un dimanche. Son père avait reculé et s’était mis face à un mur de béton. Il  avait passé  la première et la seconde, et la troisième, augmentant au fur et à mesure la vitesse. Ils s’approchaient au fur et à mesure un peu plus près de ce mur, un peu plus près de la mort. Leur cœur de Cyril battait la chamade, sachant qu’il le faisait pour la dernière fois.

A une centaine de mètres de celui-ci, son avait tourné la tête dans sa direction et lui avait dit :

 

-          Tu n’as que ce que tu mérites, grâce à moi, je te lave de tes péchés. L’unique solution est…

 

Le choc fut violent, ne laissant à première vue,  aucune chance de survit aux passagers.

Tout devint noir.

 

Un long hurlement retentit dans la nuit. Cyril se réveilla en sursauts, réveillé par son propre cri. Il n’avait pas du être le seul. Le corps tout en sueur, il se leva se débattant dans avec les draps pour sortir au plus vite. Il sortit de sa chambre. Voilà longtemps qu’il n’avait plus rêvé de cela.

Une fois arrivé à la salle de bain, il se passa de l’eau fraîche sur le visage tentant d’oublier tout ce qu’il s’était forcé à oublier durant toutes ses années. C’est alors qu’il entendit la porte de la salle de bain s’ouvrir. Il ne voulut surtout pas se tourner vers celle-ci, ne voulant pas montrer l’étant dans lequel il était. Pourtant, il entendit les pas se rapprocher. Il prit une grande inspiration et se tourna, décidant de lui faire face.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Mardi 14 août 2007
Manu regardait depuis un moment le plafond. Il fulminait de ce qu’il venait de se passer, il haïssait Cyril au point qu’il se serait bien lever pour aller lui casser la figure. Bizarrement, il avait réveillé en lui ce que personne n’arrivait à part la colère et la haine. Cyril, lui, lui avait donné envie de pleurer alors que cela n’était plus arrivé depuis des années. Comparé à Marc, il était encore plus insupportable, mais pour une fois semblait être un éducateur qui ne s’occupait pas des préjugés que les autres membres du personnel pouvaient raconter sur lui.
Mais ce fut une heure après que l’éducateur de nuit ne soit passé pour qu’il éteigne, que Manu entendit que l’on frappait à sa porte. Agacé que l’on vienne le déranger, il préféra ne pas répondre, de toute façon, trop occupé à penser à un bon nombre de choses différentes. Ce fut en sentant que quelqu’un rentrait qu’il remarqua qu’il s’agissait en réalité de Cyril. Que venait-il faire encore ici après ce qu’il s’était passé ? Il n’avait pas l’air d’avoir compris la leçon… Il s’apprêta à lui hurler dessus pour vider les lieux que Cyril mit un doigt sur sa bouche pour lui faire comprendre de se taire, apparemment loin d’être accordé à venir le dérangé une heure après ce fichu couvre-feu.  Il le vit ensuite fermer la porte derrière lui doucement pour ne pas se faire entendre, mais à peine fut-elle fermée que Manu lui cracha à la figure :
      -     Qu’est ce que tu viens foutre ici bordel, dégage, je n’ai aucune envie de voir ta tête de blaireau. Si tu viens pour me baiser, tu viens trop tard.
      -      Tiens.
Manu regarda un cd que Cyril lui tendait, dans la plus totale incompréhension :
      -      C’est le cd que tu as brisé sur le mur tout à l’heure. J’ai le même, et comme je me sens un peu coupable pour tout à l’heure, je te le donne.
Il regarda finalement Cyril, perplexe et recommença directement à l’agresser :
     -       Tu crois vraiment que je vais le prendre, que je vais te pardonner, qu’on va se serrer dans les bras      et qu’on va devenir les meilleurs amis du monde juste pour un cd pourri !!! Franchement tu peux te le garder et te le mettre là où je pense.
- Ce que je pense, c’est que tu vas prendre ce cd, sans rien ajouter. Je te le donne car c’est de ma faute si tu l’as cassé. Je n’espère rien en retour, je répare juste mes erreurs.

Cyril n’attendit aucune réponse et alla poser le cd sur la pile près de la chaîne ifi, laissant Manu se poser un tas de questions. Mais il vit tout à coup Cyril se retourner à nouveau vers lui, le regard obstiné à la limite de la folie :
- Je vais te proposer quelque chose mais à une condition.
- Il n’est pas né celui qui me posera des conditions. Mais vas- y dit toujours, je suis curieux de savoir cela.
- J’ai appris que tu n’étais pas sorti depuis ton arrivé ici.
- Oh, je vais verser une petite larme attention… répondit-il avec ironie.
- Laisse-moi parler s’il te plait, si tu m’interromps encore une fois, je sors et je te laisse là.
Manu soupira alors, agacé par ce mec. Il ne comprenait pas pourquoi il n’arrivait jamais à en caser une comme il avait l’art de le faire. Il préféra le laisser continuer, la curiosité l’emporta tout de même :
      -       Bon je reprends. Si tu me promets de m’écouter et de ne pas faire le con, tu vas te lever,                                                                                        t’habiller pendant que je t’attends dehors, et à cette condition seule, je t’offre une sortie clandestine. Ajoutant les gestes à la parole, Cyril lui montra ses clefs de voiture.
- Est-ce que je peux te faire confiance ?
- Tu es complètement taré, tu risques ton job et toute ta carrière tu le sais ça ?
- Depuis quand est-ce que tu te soucies des autres ? Oui, je risque mon travail, c’est pourquoi j’ai besoin de ta promesse. Tu ne chercheras pas à t’enfuir et tu m’écouteras.
Manu n’en revenait pas… Cyril risquait toute sa vie professionnelle pour une sortie qu’il n’avait pas faite depuis 12 ans. Personne n’avait jamais fait cela pour lui, et il ne comprenait pas pourquoi ce nouveau commençait à faire des choses qu’aucuns éducateurs n’avaient jamais tenté de faire rien que pour son plaisir. Il continua à le regarder, s’attendant à un piège quand il fut dérangé par l’empressement de Cyril :
- Tu me suis ?
Pour toute réponse, Manu se leva, tout de même énormément curieux de la couleur du monde extérieur de nos jours. Il avait beau lui faire confiance cette fois, la crainte que tout cela ne soit qu’un jeu ou une vengeance de sa part… Son cœur battait horriblement fort, jamais il n’avait commis une effraction assez grande que pour sortir de l’établissement, pourtant ce n’était pas faute d’avoir essayé. Cyril paraissait pourtant satisfait de voir qu’il se levait, prêt à recevoir les dernières « instructions » :
- Je t’attends à l’entrée de l’orphelinat. Je suis sur que doué comme tu es, tu ne te feras pas prendre. Mais si on nous croise tous les deux, nous aurons des problèmes. Alors dans 10 minutes à l’extérieur.
Il vit alors partit Cyril dans une discrétion des plus exemplaires en prenant la peine de faire un clin d’œil, apparemment fier de lui, et ferma la porte. Manu regarda quelques secondes la porte sans réagir… Il ne comprenait toujours pas ce qu’il se passait. Lui qui rêvait depuis des années de sortir de cet endroit qui le rendait dingue, il allait enfin voir autre chose que cette propriété. 12 ans d’enfermement… 12 ans à se demander ce que devaient ressembler toutes les choses et les gens avec qui il vivait avant de devoir vivre dans cet endroit, devoir supporter les mêmes personnes, en voir arriver et d’autres repartir sans cesse. Manu se décida finalement à s’habiller en pensant aux quelques minutes restantes. Il se changea rapidement, enfilant un simple jean, préférant tout de même se couvrir vu la température qu’il devait faire et n’oublia pas ses cigarettes… Il voulut ouvrir la porte, mais pensa que s’il y avait la moindre personne dans les couloirs, même un enfant, tout le monde allait le savoir rapidement. Il préféra donc la manière un peu moins habituelle mais plausible, la fenêtre. En ouvrant la fenêtre, il remarqua directement Cyril, qui s’était appuyé contre sa voiture, se redresser en paniquant déjà. Mais sachant parfaitement ce qu’il faisait, il jeta un dernier coup d’œil à sa chambre pour voir s’il n’avait rien oublié et sauta sur le toit du réfectoire qui se trouvait à l’étage juste en dessous. En se redressant, il voyait bien à la tête de Cyril qu’il faisait quelque chose de totalement dangereux et stressant mais Manu, lui, trouvait ça excitant et l’avait de toute façon, fait plus d’une fois. Mais en sautant par-dessus le toit du réfectoire, il tomba derrière un buisson. Heureusement pour lui, il ne sentit absolument rien et se redressa en voyant que Cyril avait déjà fais quelques pas vers lui, trop inquiet. Il sourit en le regardant comme pour lui montrer qu’il avait réussi et remit ses vêtements en place avant de se mettre à trottiner jusqu’à son éducateur, qui n’était pas ravi :
- Tu étais obligé de sauter de deux étages ?
- Tu crois que c’est la première fois ? Je maîtrise…
- Surtout en te pétant la gueule en sautant du toit du réfectoire…
- Ho écoute, je préfère ça que de me faire choper par l’autre connard !
- N’oublie quand même pas que tu parles de mes collègues alors, garde les insultes pour toi. Encore une de ce genre et on ne sortira pas. Et je dirai même que je t’ai vu traîner dans les couloirs, habillé pour aller à l’extérieur...
Manu lui lança un œil noir mais préféra laisser passer, trop impatient de se casser de cet endroit devenu insupportable :
- Bon, on se casse ?
Cyril fit le tour de la voiture et jeta un dernier coup d’œil avant de rentrer dedans, Manu, lui, était déjà rentré et avait posé un pied sur le siège, apparemment déjà de trop pour l’éducateur :
- Vire ton pied de là !
- Hey, si c’est pour continuer à me faire chier ainsi, je peux toujours rentrer !
Il démarra alors la voiture, apparemment ignorant totalement la remarque de Manu et s’en alla discrètement, soupirant de soulagement en voyant que plus personne ne pouvait les voir à présent. Manu sourit en voyant cela, toujours cette crainte et ce regard mauvais contre le conducteur… Aucune confiance n’était à prévoir tout de suite, tout était encore bien trop bizarre à son gout. Ce fut quand Cyril mit la musique que Manu fut étrangement heureux, sans pour autant le montrer :
- T’écoute ce groupe-là ?
- Y a un problème ?
- Ben un peu qu’il y en a un ! C’est de la musique de bourrin, c’est… ma musique !
- Je n’ai que 24 ans, je n’écoute pas encore de la musique classique pour le plaisir. J’aime le bon son…
Manu le regarda quelques instants, remarquant que Cyril bougeait les mains sur son volant sous le rythme de la musique. Un gars qui semblait en effet, loin d’être vieux. Il fut rapidement sortit de cette musique qu’il adorait par-dessous tout, et admirait littéralement le paysage. Il ne semblait pas extraordinaire pour qui que ce soit, mais pour lui, c’était plus beau que n’importe quoi. Il voyait enfin autre chose… Manu s’accouda sur le rebord de la vitre passager et regarda de son côté pendant tout le trajet sans ajouter un mot, bien trop envouté par la nouveauté. Cyril conduit ainsi une vingtaine de minute jusqu’à la ville et s’arrêta dans un parking, apparemment, beaucoup de monde se trouvait là… Il éteignit le moteur et regarda Manu, voulant régler encore certains points rien qu’à voir sa tête :
- Bon… On va aller faire un tour à la foire qu’il y a en ville, ça te va ?
- Un peu que ça me va. Répondit Manu, déjà impatient.
- S’il y a la moindre chose, un problème minime… je te promets qu’une soirée comme celle-ci ne se produira plus ! Si tu restes calme par contre, je pourrai envisager qu’on recommence. Est-ce que je me suis bien fais comprendre ?
Manu ne répondit rien et préféra sortir de la voiture… Le temps n’était pas des plus agréables. Un froid glacial traversait les vêtements de quiconque et venait geler les os. Il referma un peu plus sa veste et regardait autour de lui en mettant ses mains en poches. C’était impressionnant… Toute cette vie, ces lumières, le nombre de personnes qu’il ne connaissait absolument pas ! Rien que cela l’excitait comme s’il était redevenu un enfant, mais n’y fit rien paraître et préféra regarder autour de lui. Cyril le rejoignit finalement Manu le suivit, ne connaissant bien entendu plus aucun endroit et fut ébloui en arrivant à l’endroit promis. Tout semblait différent tout à coup, bien plus sympathique et accueillant que cet éternel bâtiment bien qu’il était très beau pour ceux qui ne restaient là qu’un temps. Ils ne marchèrent que depuis quelques minutes, que déjà Cyril lui proposa quelque chose :
- Tu veux manger quoi ? Parce que la bouffe à l’orphelinat, ça laisse franchement à désirer.
- Enfin quelqu’un qui est d’accord avec moi sur cette bouffe dégueulasse !! Mais c’est bon, je prends rien.
- Si c’est qu’une question d’argent, c’est bon tu sais… Tu peux te goinfrer, il n’y a aucuns problèmes.
Mais Manu s’arrêta subitement, levant alors la tête légèrement pour voir Cyril, sa capuche lui cachant légèrement la vue. Il était agacé de cette gentillesse, qu’est-ce que tout cela signifiait ?
- Ca veut dire quoi toutes ces conneries ?
- Quoi comme conneries ?
- Tout ça là… Que tu viennes me chercher pour qu’on aille faire un tour, et maintenant, me payer un tas de trucs ! T’es quoi, mère Theresa ?
- J’ai juste appris que tu n’étais pas sorti depuis 12 ans !
- Désolé, mais j’ai pas envie qu’on ait pitié de moi ! Si c’est comme ça, je préfère encore rentrer !
Manu fit demi-tour et recommença à marcher vers la voiture, dans un état d’énervement et de déception incroyable jusqu’à ce que Cyril le rattrape en lui agrippant le bras. Mais tout de même stressé de toute cette nouveauté, Manu retira son bras dans une violence qu’il montrait rarement. Il regardait Cyril qui reprit la parole calmement :
- Maintenant qu’on a réussi tous les deux à se barrer sans que personne ne nous voie, tu pourrais tout de même faire un effort et accepter ! Et je ne vois pas pourquoi j’aurai pitié d’un gamin qui m’a empoigné tout à l’heure, n’oublie pas.
Cyril mit sa main sur l’épaule de Manu, qui continuait à le regarder d’un air de méfiance mais finit pas céder et lui répondit :
- Je rêve d’un hamburger depuis 10 ans…
L’éducateur rit de bon cœur et se remit à côté de Manu en lui entourant son bras autour de ses épaules. Manu le repoussa alors, pour une fois sans agressivité, mais restant malgré tout lui-même :
- Hey, vire-toi de là ! C’est pas pour ça qu’on est devenu pote. Si je fais ça, c’est pour te faire plaisir !
- Mais bien sur ! répondit Cyril en rigolant.
Très vite, Manu revint aux côtés de Cyril qui s’était légèrement éloigné. La foule le rendait extrêmement nerveux, il avait toujours l’impression qu’il allait se perdre, habitué à ces éternels mètres carrés qu’il connaissait sur le bout des doigts. En attendant Cyril qui commandait les hamburgers, il s’assit sur un banc un peu plus loin et le regardait. Il devait avouer que Cyril était vraiment attirant malgré son caractère insupportable… Son jean lui moulait légèrement les fesses et rien que ça, donnait déjà envie à Manu d’aller repérer les détails. Il remarqua alors quand il revenait avec, sa démarche féline, presque prédatrice. Son regard était par contre tout le contraire : très accueillant et chaleureux restant pourtant perçant. Manu avait raison depuis le début ; une vraie bombe ! Cyril s’assit à côté de lui et lui tendit l’hamburger que Manu eut du mal à croire qu’il en avait un. Il s’appuya ses coudes sur ses genoux et finit pas mordre dedans après l’avoir regardé longuement. Jamais il n’avait autant savouré une bouchée de quoi que ce soit. Il ferma les yeux sous l’extase que cela lui procurait jusqu’à ce qu’il soit gêné par Cyril qui lui enleva sa capuche, l’empêchant de le voir :
- Enlèves ça bad boy, je veux voir ta réaction en mangeant un truc aussi bon après 12 ans sans y toucher.
Manu se releva subitement du banc et s’éloigna d’un mètre, mais finit pas lui avouer malgré qu’il lui tournait le dos :
- Putain, je ne me rappelais plus du goût que ça avait !
- J’espère que c’est en bien…
- Un peu que c’est en bien ! C’est…
Il ne termina même pas sa phrase et finit son hamburger sans ajouter un mot de plus. Cyril se releva après avoir terminé le sien et proposa à Manu de continuer leur tour. Celui-ci le suivait à la trace, mais ne fit pas plus attention que cela à son éducateur, trop occupé à admirer un bon nombre de choses, refusant cependant de toucher à une quelconque chose ou de faire une attraction. Il accepta seulement de manger un hot-dog que Cyril lui ordonna de prendre quand il apprit que Manu n’en avait jamais gouté… Il lui offrit après lui avoir dit pendant une grosse dizaine de minutes à quel point c’était incroyable de n’avoir jamais gouté cela. Manu trouvait Cyril et le nom de cette bouffe totalement ridicules, mais devait avouer qu’il s’en amusait à la fin… Ils firent demi-tour en mangeant, l’heure devait certainement avancer à une vitesse folle jusqu’à ce que Manu se fasse bousculer par quelqu’un. Il se retourna pour le regarder agressivement mais changea vite de regard en voyant le canon en tort s’excuser avec un léger sourire. Ils se sourirent un moment, tous les deux continuant leur chemin en arrière quand Cyril le força à se retourner avec un peu de violence :
- Hé le tombeur, regardes où tu marches !
- Tu sais pas m’appeler Manu comme tout le monde au lieu de mon prénom ou de ces surnoms débiles ?
- Tiens, la voiture est là, ignora Cyril en prenant déjà ses clefs et rigola, laissant Manu râler intérieurement.
Ils rentrèrent dans la voiture, Cyril alluma rapidement le chauffage et remarque qu’il était déjà minuit. Au moment où Manu sentit la fatigue venir et qu’il était sur le point de s’endormir, il sentit que Cyril s’arrêtait. Etant près d’un bois, il crut directement que l’histoire allait prendre une autre tournure. Il regarda Cyril avec un léger sourire :
- Voilà la raison pour laquelle tu m’as emmené… Tu crèves d’envie de me baiser !
Manu mit directement sa main sur la cuisse de Cyril et monta légèrement jusqu’à son entrejambes tout en approchant de lui pour l’embrasser mais celui-ci tourna la tête de l’autre côté et retira la main du jeune homme après un moment :
- Tu n’as rien compris ! Tu ne te souviens pas de cet endroit ?
- Je devrai m’en souvenir… ? demanda-t-il en regardant devant lui.
- Regardes à ma gauche.
Manu s’exécuta et se pencha exprès un peu plus vers Cyril pour regarder, quand il se rendit enfin compte de l’endroit et murmura à lui-même :
- Ho putain, non…
- Viens on va les voir !
Manu se redressa directement sur son siège, la voix des plus glaciales :
- Démarre ! Je n’ai aucune envie d’aller voir une pierre tombale !!
- Ce sont tes parents… répondit Cyril après un temps.
- Mes parents sont sûrement décomposés à l’heure qu’il est. C’est pas un endroit où ils ont été jetés qui va me donner envie d’aller les voir comme tu dis.
- Peut-être que tu as raison. Mais tu ne peux pas nier le fait que ça fait du bien et qu’on a l’impression d’être plus proche d’eux…
Il ouvrit alors sa porte et prit une lampe de poche à l’arrière pour se diriger ensuite dans le cimetière, Manu restait là sans bouger, pétrifié. Ses mains tremblaient légèrement tellement ce moment n’était que trop dure pour lui. Mais voyant Cyril partir, il se sentit obligé de le suivre et remit donc sa capuche et ses mains en poches en courant jusqu’à lui. Cyril lui tendit directement la lampe et attendit qu’il y aille. Manu le regarda quelques secondes et finit pas faire un pas, se souvenant étonnement où ils se trouvaient. Il arriva à l’endroit voulu, Manu remarqua alors que ce n’était plus qu’une tombe à l’abandon… Il s’en voulut directement de ne pas avoir été là pour l’entretenir. Mais en pensant à Cyril, il paniqua subitement qu’il l’ait laissé seul et se retourna vivement pour vérifier. Heureusement, il s’était arrêté un peu plus loin et attendait patiemment.
C’était totalement fou… Tout ce dont Manu souhaitait désespérément, Cyril le lui apportait en une soirée. Cela en était presque à devenir méfiant. Mais bien vite, Manu se rappela à l’ordre et s’accroupit pour ne fut-ce qu’aérer l’endroit, et vit alors en enlevant quelques feuilles, deux photos de ses parents… 12 ans sans les voir une seule fois en photo. Il en avait totalement leurs visages. Les voir là fut un chamboulement massif. Manu tomba sur les genoux et fixa ces deux photos en les illuminant comme il le pouvait. Tous ces souvenirs lui revenaient. Seulement cinq et demi aux côtés de ses parents que la vie lui a arraché par cet horrible… Il se rappela de ce stupide camion que son père essaya d’éviter et cette route en travaux. Tout s’était passé extrêmement vite et pourtant, Manu se rappelait de chaque détail. C’était grâce à sa mère qu’il s’en était tiré… Elle l’avait détaché de son siège en remarquant que l’eau montait de plus en plus, pleurant parce que son mari, le père de Manu, était déjà mort par le choc du volant et qu’elle savait que ça allait certainement être à son tour. Elle n’avait cessé de lui répéter les merveilleux souvenirs à garder en soi et lui fit promettre d’être toujours un garçon sage et bien élevé… A croire que depuis toutes ces années, Manu ne faisait que les narguer. Il se rappelait de tout ce sang qui coulait de son père et de l’angoisse de cette voiture dans le fleuve dont l’eau était presque assez haute pour parvenir à ouvrir une fenêtre. Sa mère l’avait finalement, aidé à sortir et Manu arriva à remonter malgré qu’il ne savait pas bien nager. Il sortit de l’eau à bout de souffle et fut sortit rapidement par des gens qui avaient suivit la scène. Bizarrement, il se doutait que sa mère n’allait pas arriver à remonter, et sa dernière image d’elle fut son corps inerte que l’on repêcha, le visage de ses parents le hantant alors pendant des années chaque nuits jusqu’à ce qu’il oublie peu à peu à quoi ses parents ressemblaient… Mais il n’eut pas le temps d’y penser très longtemps que Cyril l’appelait déjà, comme pour le faire revenir à la réalité. Il s’était approché de Manu sans qu’il s’en rende compte et le fit sortir de ses songes :
- Il va falloir y aller, il est tard.
Manu tourna légèrement la tête vers Cyril et abaissa une dernière fois le regard sur ces photos, essayant de cacher les quelques larmes coulées sur son visage en passant rapidement ses doigts dessus tout en espérant que Cyril ne voit rien, même s’il savait qu’il n’était pas dupe…
Il se releva finalement et marcha jusqu’à la voiture, sans ajouter un seul mot durant le trajet.

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Lundi 13 août 2007

Peu de temps après que Manu soit partit, Marc vint à sa rencontre. Ne voyant pas de paquet de cigarette dans ses mains, il lui demanda :

- Tu en veux une ?
- Non merci je ne fume pas. Je venais juste te voir et vérifier que tout ce passe bien. Il ne t’a rien fait pendant le repas ? Et là, je viens de le voir partir, tout s’est bien passé. Ce morveux est vraiment insupportable, je m’attends à tout avec lui. Je me demande quand est ce que la directrice ouvrira les yeux et se décidera enfin à le virer. Une telle erreur de la nature ne mérite vraiment pas sa place ici. Autant te dire, je n’attends qu’une chose, qu’il est dix-huit ans et qu’il se casse d’ici au plus vite.                        

Cyril était choqué par les paroles de Marc. D’accord Manu n’était pas facile à vivre, mais ce n’était pas une raison pour dire des choses aussi violentes. Après tout, ce n’était encore qu’un enfant même s’il n’en avait pas l’apparence. Cyril avait toujours pensé qu’aucun cas n’était désespérer et qu’avec beaucoup de patience, tout pouvait changer. Il était évidemment que si l’on ne cessait de répéter cela à l’adolescent il n’allait jamais avoir envie de faire un effort quelconque et s’enfermerait chaque jour un peu plus dans sa colère et sa rancune envers les autres. Après tout, et par expérience, il savait parfaitement que c’était les plus grandes gueules dont il fallait se méfier. Ce sont finalement celles qui cachent le plus de choses et qui finalement se sente le plus mal dans leur peau. Elles ne cherchent qu’à cacher par un moyen détourné leur souffrance. Etre si tranchant écœuré Cyril. Il détesté ce genre de propos. C’est pourquoi il se contenta de dire sèchement :

- Je n’ai eu aucun problème particulier avec lui. Pourquoi autant le diaboliser, ce n’est qu’un enfant après tout.
- Le diaboliser, mais justement,  c’est le diable incarné !!!
- Il t’a fait quelque chose de particulier pour que tu le haïsses ainsi, ou alors te contentes tu de répéter bêtement ce que tout le monde dit. Je suis désolé, mais je n’aime pas les préjugées, c’est pourquoi, je vais te demander de cesser de me parler de lui. Je vais me faire d’abord ma propre opinion et nous en reparlerons ensuite.
- Tu vas vite perde ton assurance le nouveau, crois moi.
- Nous verrons cela. Répondit aussitôt Cyril.

Cyril avait toujours aimé avoir le dernier mot, et son attitude calme et posé face à la colère ou l’excitation d’autrui avait toujours était un atout important au cours de sa vie. Lorsqu’il était orphelin, il inspirait le respect à tous les autres pour cela. Agacé par l’assurance et la froideur de Cyril, Marc se contenta d’ajouter :

- Tu viens, nous n’acon pas fini notre visite. Il nous reste les sales de repos, la bibliothèque, la salle télé, et euh, nous verrons en chemin si j’ai zappé quelque chose.

Cyril acquiesça avant de jeter son mégot et de suivre Marc. Le chemin jusqu’à la salle de télévision se fit un silence. Cyril avait bel et bien jeté un froid entre eux deux, mais il n’aurait pas pu le laisser continuer à dire te telles horreur un minute de plus. Mieux valait la franchise. Arrivée à dans la salle télé, Cyril put entrapercevoir Manu avachi sur un fauteuil la télécommande à la main. Il avait toujours cet air si froid et si distant…
A peine Marc fut-il apparut dans la pièce qu’un garçon se rua sur lui pour se plaindre.

- Putain, Marc… Manu fait vraiment chier !
- Ton langage s’il-te plait John.
- Pardon.
- Bon, qu’est-ce qui se passe encore ?
- Manu vient toujours emmerder tout le monde ! Y en a marre ! Quand est-ce que vous le virerez ?
- Ce n’est de un pas à moi d’y penser, et de deux, on ne parle pas comme ça de ses camarades !

Cyril avait toujours détesté ce genre de personne qui rapportait au lieu de faire face au problème seul. Il n’aurait jamais laissé John continuer, et se serait contenter de lui répondre de se débrouiller tout seul comme un grand. Comme il le présentait, Manu ne mis pas longtemps avant de réagir, et sitôt la phrase de Marc prononcée qu’il éleva la voix de plus loin en zappant :
- Comme si t’en pensais pas moins Marc.
- Penses ce que tu veux sale merdeux, je n’en ai plus rien à faire ! Ca fait sept ans que je suis là et je n’ai pas vu l’ombre d’un changement, alors excuse-moi d’y penser ne fut-ce qu’un peu.
Cyril fut une nouvelle fois choquer par les paroles blessantes de Marc. Mais ce qui le surprit le plus, ce fut le bref regard peiner de Manu qui se changea très vite en haine. Manu n’était donc pas totalement insensible comme le clamé si fièrement Marc. Au contraire, de telles paroles le blessaient même s’il n’en laissait rien paraître. Il était presque sur d’être le seul à avoir perçut la peine de Manu. Tous était aveuglé par ce qu’ils pensaient de lui, ne lui laissant alors aucune chance.
Manu se releva du divan, donna la télécommande au garçon en lui lançant le regard haineux qu’il méritait.


- Tiens ! T’es content, tu as eu ce que tu voulais espèce de..
- Manu !! On s’en fout de tes remarques ! répliqua Marc d’un ton des plus agressifs.
- Fais gaffe Marc, à ton âge on risque l’infarctus en s’énervant.
Il les laissa sur ces mots, poussant Cyril de son épaule pour qu’il le laisse passer. Cyril ne pouvait pas le laisser partir ainsi. Il ne pouvait pas laisser passer cela. Ils s’étaient mis tous contre lui, ne lui laissant qu’une seule solution : fuir. Il le suivit et l’appela, voulant lui dire deux trois mots. Il ne réfléchi pas vraiment lorsqu’il prononça son nom et se maudit en le disant. S’il voulait dialoguer avec lui, ce n’était vraiment pas la chose à faire.

- Emmanuel…
- Lâches-moi les bask’ le nouveau, tu commences franchement à m’emmerder ! Et évites de m’appeler encore Emmanuel ou je risque de m’énerver.

Manu tenta de le semer en se dirigeant assez rapidement dans sa chambre, et rentra à l’intérieur en fermant derrière lui. Encore une fois, sans vraiment réfléchir et en se laissant guider par son intuition, Cyril entra dans la chambre de Manu, sans prendre la peine de frapper. Il devait à tout prix lui parler.  Evidemment, cela ne plus pas à Manu.
- Putain, qu’est-ce que tu fous là toi ? Qui t’as dis d’entrer ? Dégages ! répliqua Manu en s’approchant de Cyril.
- Tu pourrais arrêter de disparaître ainsi ? Ca me simplifierait les choses !
- Si je disparais, c’est peut-être que j’ai une raison ! Lâche-moi, t’entends ? cria Manu.


Manu se dirigea ensuite vers sa musique et ne laissa pas répondre Cyril en mettant son « bruit » à fond, lui faisant comprendre qu’il n’avait absolument envie de rien entendre. Mais Cyril n’avait pas dis son dernier mot et s’abaissa pour débrancher directement la chaine-ifi de Manu, qui lui avait tourné le dos depuis. Manu releva la tête, et se tourna avec le regard le plus noir qu’il avait en stock. Cyril sentit à ce moment même qu’il était allé trop loin. Mais il ne fallait surtout pas revenir en arrière. Il se devait de continuer. S’il s’arrêtait maintenant, il perdrait tout ce qu’il avait fait jusqu’alors et surtout, toute sa crédibilité. Les nerfs de Manu étaient à vif et il en avait parfaitement conscience. Manu s’approcha alors lentement de lui, et s’arrêta à une dizaine de centimètre de son visage :
- A quoi tu joues ?
 Ne pas céder, continuer sur la même voie, ne rien laisser passer. Aller jusqu’au bout était sa seule solution.

- Je t’ai déjà dis de me vouvoyer, Emmanuel !
Cyril appuya bien sur le prénom du jeune, ce qui le fit totalement sortir de ses gonds. Celui-ci prit le col de son éducateur et continuait à le regarder, ses yeux étaient des plus glacials. Cyril ne répondit pas à cette violence. Il savait que cela ne servait à rien, en ayant eu l’expérience par le passé. Répondre à la violence par la violence amenait beaucoup trop loin. Bien qu’il craignait ce qu’il allait ce passer, et ne rejetait pas l’idée de se prendre un coup, il lui demanda très calmement :
- Lâche-moi Emmanuel..
Son prénom sortit sans qu’il s’en rende compte à voir ses yeux qui le regrettaient directement, Manu, lui, le prit comme s’il tournait le couteau dans la plaie. Il le plaqua au mur sans pour autant lâcher son col et reprenait, cette fois le ton encore plus énervé, au bord de l’explosion, la voix à la limite du tremblement d’énervement :
- Arrêtes de m’appeler par mon prénom ! Il faudra que je te le dise combien de fois ?
- Calmes-toi… ne parvint qu’à répondre Cyril commençant à être effrayé par tant de fureur, mais ne voulant rien laisser paraître.
- Que je me calme ? Pourquoi est-ce que je te ferai ce plaisir ? Et arrêtes de me demander ça gentiment, ça me rend dingue ! Tu me hurleras dessus quand même un jour ou l’autre, autant prendre les bonnes habitudes tout de suite.
Cyril comprit tout de suite à quoi faisait allusion Manu, et il profita de cette occasion pour lui parlait de ce qu’il avait prévu au départ.
- Je remarque bien que te hurler dessus ne sert à rien. Tu es comme tous les autres gosses… J’ai bien vu tout à l’heure !
- Vu quoi ? demanda Manu en resserrant son étreinte et tapant légèrement Cyril contre le mur, fou de rage.
- Ca t’as affecté ce qu’à dis Marc !!
Manu desserra les points immédiatement, mais ne le lâcha pas. Cyril continua alors, n’ayant pas d’autres choix :
- Tu te fais peut-être passer pour un sale morveux, tu es en fait encore plus malheureux que tous les autres ! Et plus les autres te détesteront, plus tu seras peiné et tu seras encore plus insupportable ! J’avoue qu’il m’a fallu plus de temps que je ne croyais pour te cerner mais maintenant voilà… j’ai compris !
- La ferme ! hurla pratiquement Manu.
Il lâcha Cyril et  s’éloigna dans la pièce et recommença à ranger ses cd en tournant à nouveau le dos à l’éducateur, qui resta là malgré l’agressivité de plus en plus forte du jeune. Cyril lacha un léger soupire de soulagement. Il avait touché juste et se risqua tout de même à rajouter :
- Je me demande à quel point tu dois te sentir seul pour être devenu si repoussant.
Chose qu’il regretta amèrement. Cette phrase fut celle de trop. Manu lança subitement son cd contre le mur, celui-ci explosa en morceaux et tomba. Son regard tourna lentement vers Cyril, l’air presque meurtrier. Mais au lieu d’aller le frapper, il s’avança rapidement vers lui et le poussa violemment de telle sorte qu’il fut sortit de la chambre en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire… Cyril le regardait d’une étrange façon, mais semblait satisfait de lui, ce qui énerva davantage Manu. Il ferma la porte le plus violemment possible, et Cyril l’entendit frapper un grand coup de poing dans sa porte. Il l’avait mis à bout et il le savait parfaitement. Mai sil avait été obligé de passer par là. La guérison d’un blessure infectée passer toujours pas la réouverture de celle-ci afin de faire sortir l’infection. 

Cyril sortit à l’extérieur s’aérer un peu. Ce qu’il venait de vivre n’avait pas était si facile que cela. Etre exposé à une telle fureur était plus qu’éprouvant.
Après avoir fumer une cigarette, une idée lui vint à l’esprit.  Il ne pouvait pas laisser seul Cyril après ce qu’il venait de lui dire. Il fallait dès lors, l’aider à penser ses blessures désormais béantes. C’est pourquoi il alla directement en direction du bureau du directeur, pensant y trouver Marc. Il frappa plusieurs coup à la porte, jusqu’à ce qu’il entende un « c’est ouvert » très bref. 
A la vue de Cyril, Marc se contenta d’un :

- Ah c’est toi ? Un problème avec Manu ?
- Non, du tout. Cela a certes un rapport avec lui, mais non, ce n’est pas d’un problème avec lui qu’il s’agit.

Jamais Cyril ne parlerai de ce qu’il venait de se passer. C’était son problème avec Manu et Marc n’avait pas à s’y mêler.

- Je t’écoute ?
- Depuis quand Manu n’est-il pas sorti de cet endroit.
- Humm… ça ne va pas être compliqué, les sorties sont réservées aux enfants sages, ce qui est loin d’être son cas. Alors jamais il n’est sortit d’ici.

Cyril s’attendait à un nombre réduit de fois, mais surtout pas à une telle réponse. Il ajouta sans vraiment y croire :

- Et je suppose que si je vous demandais qu’il sorte avec moi un après midi, cela serait hors de question.
- Quelle perspicacité, je pense que tu n’as même pas besoin que je te réponde…

Un silence s’installa entre eux. Cyril n’avait plus rien çà ajouter ayant le renseignement qu’il souhaitait.

- Autre chose ?
- Non, c’est bon merci… Bonne soirée. Au fait, le couvre feu est à quelle heure ?
- Vingt-et-une heure.
- Merci.

Cyril s’en alla sans rien ajouter, et se dirigea jusqu’à sa chambre, il était neuf heure moins le quart, il lui restait à peut près une heure, avant de faire ce qu’il avait prévu. Il en profita pour prendre une douche et se changer. Il ne mit pas un pyjama, mais se contenta de mettre une jean et un pull sortit de son placard. Les nuits étaient fraîches. Il regarda sa montre : 22h00. Il rangea ses dernières affairent rangeaient négligemment, et sourit en tombant sur un cd. Il le prit, attrapa ses clef de voiture, et n’entendant plus un seul bruit dans les couloirs, il sortit et se dirigea le plus discrètement possible en direction de la chambre de Manu.
Il frappa un léger coup et devant la non réponse, il tourna la poignée et glissa la tête dans sa chambre. La il le vit étendu sur son lit les yeux dans le vide. Sentant sa présence, il se tourna immédiatement dans sa direction et changea immédiatement de regard : un regard haineux et rancunier, n’oubliant pas ce qu’il lui avait fait quelques heures auparavant. Alors qu’il allait ouvrir la bouche pour l’envoyer chié, il s’arrêta en voyant Cyril mettre son doigt sur sa bouche l’incitant à se taire. Cyril rentra et referma la porte le plus doucement possible, ne voulant surtout pas réveiller tout le monde. Cela ferait alors échouer tout ses plans.
Une fois la porte fermé, Manu se lâcha :

- Qu’est ce que vient foutre ici bordel, dégage, je n’ai aucune envie de voir ta tête de blaireau. Si tu viens pour me baiser, tu viens trop tard.
- Tiens.

Manu regarda ave un air d’incompréhension le cd que lui tendait Cyril.

- C’est le cd que tu as brisé sur le mur tout à l’heure. J’ai le même, et comme je me sens un peu coupable pour tout à l’heure, je te le donne.

Manu le regarda avec une moue dubitative avant de dire :

- Tu crois vraiment que je vais le prendre, que je vais te pardonner, qu’on va se serrer dans les bras et qu’on va devenir les meilleurs amis du monde juste pour un cd pourri !!! Franchement tu peux te le garder et te le mettre là ou je pense.
- Ce que je pense, c’est que tu vas prendre ce cd, sans rien ajouter. Je te le donne car c’est de ma faute si tu l’as cassé. Je n’espère rien en retour, je répare juste mes erreurs.

Cyril n’attendit aucune réponse et alla poser le cd sur la pile près de la chaîne ifi. Puis il se tourna vers lui et lui dit :

- Je vais te proposer quelque chose mais à une condition.
- Il n’est pas naît celui qui me posera des conditions. Mais vas- y dit toujours, je suis curieux de savoir cela.
- J’ai appris que tu n’étais pas sorti depuis ton arrivé ici.
- Oh, je vais verser une petite larme attention…
- Laisse-moi parler s’il te plait, si tu m’interromps encore une fois, je sors et je te laisse là.

Manu soupira mais étonnement, ne rajouta rien.

- Bon je reprends. Si tu me promets de m’écouter et de ne pas faire le con, tu vas te lever, t’habiller pendant que je t’attends dehors, et à cette condition seule, je t’offre une sortie clandestine.

Ajoutant les gestes à la parole, Cyril lui montra ses clefs de voiture.

- Est-ce que je peux te faire confiance ?
- Tu es complètement taré, tu risques ton job et toute ta carrière tu le sais ça ?
- Depuis quand est ce que tu te soucis des autres ? Oui je risque mon travail c’est pourquoi j’ai besoin de ta promesse. Tu ne chercheras pas à t’enfuir et tu m’écouteras.

Manu le regarda, il semblait totalement déstabilisé par les propos de Cyril.

- Tu me suis ?

Pour toute réponse, Manu se leva nonchalamment.

- Je t’attends à l’entrée de l’orphelinat. Je suis sur que doué comme tu es, tu ne te feras pas prendre. Mais si on nous croise tout les deux, nous aurons des problèmes. Alors dans 10 minutes à l’extérieur.

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Dimanche 12 août 2007

Manu se rendit à nouveau dans sa chambre après un dernier petit quart d’heure de « ronde », et écouta le dernier quart d’heure avant le souper, sa musique qui faisait éclater tympans de chaque éducateur. Ils demandaient à chaque fois de baisser le son, sans succès… Manu répondait toujours avec un « excusez-moi » et baissait le son pour mieux le remettre dès que la porte se refermait. Il se dirigea lentement vers le réfectoire, les mains éternellement dans ses poches et alla s’asseoir comme aux habitudes, près de la fenêtre. Les repas… Ses seuls moments où il se sentait tranquille, tant que l’on ne lui adressait pas la parole. Il attendit donc, sans adresser la parole à qui que ce soit, que le repas arrive jusqu’à ce qu’il voit Cyril arriver. Les autres ne le connaissant pas encore, le regardaient fixement tandis que Manu prenait un malin plaisir à le narguer du regard. Le voir se présenter plutôt timidement l’aurait bien fait rire, mais se contenta de râler intérieurement de l’avoir en face de lui. Il pouvait être une bombe, mais il semblait bien lourd et collant comme éducateur… Il attendit que le souper arrive, l’obligeant à s’arrêter de regarder à l’extérieur, et prit presque le plat aux mains de Cyril, sans spécialement s’en rendre compte. Pour lui, c’était quotidien, se servir quand il en avait envie et quand ça venait et donc, prenait ce dont il avait besoin pour que son repas soit à la hauteur. Il mangea calmement, ne cherchant même pas à entamer une conversation avec tous ces mômes qui l’auraient bien fait gerber. Les voir aussi souriants, semblant aussi heureux le rendait malade. Il n’avait jamais rigolé à plein poumons, ou avait pris un plaisir à faire quoi que ce soit de bon depuis qu’il était ici, il considérait qu’il n’y avait pas de quoi rire dans un endroit tel que celui-ci.
Il prit finalement le pain de son voisin en voyant qu’il lui en manquait, faisant bien comprendre qu’il n’admettait aucun commentaire, même s’il savait très bien que plus personne n’en faisait depuis tout ce temps… Il le mangea en regardant le ciel à présent totalement noirci par l’hiver qui promettait d’être rude et bien précoce. Ce sentiment de vouloir s’enfuir… De partir de cet endroit qu’il n’avait jamais eu le droit de quitter depuis 12 ans, cela le rendait dingue. Il avait l’impression d’être emprisonné et de payer la mort de ses parents. Mais tous ces sentiments de tristesse et d’enfermement n’étaient à présent plus que de la colère et de la moquerie qu’il avait finalement appris à apprécier, ne trouvant de toute façon plus rien à faire d’autre à part se foutre de tout le monde. Il termina son repas plus rapidement que d’habitude, le regard de Cyril posé sur lui toutes les cinq secondes commençait sérieusement à le rendre hors de lui surtout en sachant qu’il ne faisait que le juger de chaque geste qu’il pouvait faire. Il n’avait maintenant même plus envie de se faire prendre par ce mec, il avait juste envie de le foutre dehors… Il le détestait déjà, et préparait déjà quelques petites choses dans sa tête pour s’en débarrasser. Ah, il va s’occuper de mon cas, et bien je vais lui montrer ce qu’est de s’occuper d’Emmanuel Gordon !! pensa-t-il en lui lançant un dernier regard haineux.
Il se releva et partit, sans chercher à avoir un quelconque accord pour quitter la table. Manu fit vite un léger détour pour mettre sa veste et alla s’asseoir sur son banc, seul moment où personne ne venait jamais le déranger, devenant alors serein pour les rares fois dans la journée. Les quelques lampes misent à l’extérieur montrèrent rapidement que Cyril arrivait près de Manu. Celui-ci soupira en reconnaissant sa silhouette, mais attendit de voir la suite. La chose qui le mit en rogne fut de voir Cyril s’asseoir à côté de lui, sachant très bien que Manu avait certainement horreur de ça :
-          Hé l’nouveau, si tu ouvres les yeux, tu verras qu’il y a pleins d’autres bancs. Alors t’es bien gentil, mais tu dégages ton petit cul d’ici et tu vas le poser ailleurs.
-          Il t’appartient ?
Manu le regarda quelques secondes, mais préféra ne rien répondre. Il n’avait d’ailleurs aucuns arguments à lui sortir. Déstabilisant !! Il était totalement déstabilisant, mais ne fit rien paraître et tira sur sa cigarette, jusqu’à ce que Cyril lui demande :
-          Merde j’ai pas prit mon feu, tu peux me filer ton briquet ?
Manu allait lui répondre qu’il n’avait qu’à aller le chercher, fier qu’il soit enfin un peu « con » dans l’histoire et qu’il l’envoi merder de toute beauté, mais fut arrêté dans son enthousiasme en voyant que Cyril le sortait de sa poche et lui répondait que ça allait et qu’il en avait un.
Pour toute réponse, Manu mit sa capuche, une petite imitation de fourrure la contournant pour lui faire comprendre de ne plus le déranger. Il ne lui dit pas un mot, et même si Cyril avait l’intention de lui parler d’une quelconque chose, il en comptait pas lui répondre. Personne ne le dérangeait, et il ne voyait pas pourquoi ce type, à peine arrivé, allait commencer à l’emmerder avec son autorité « exemplaire ». Il ne comptait pas devenir un jour d’honnête, il trouvait tout cela dégradant et faible.
Et pourtant, Cyril l’intriguait beaucoup… Il ne semblait pas aussi con que la plupart des autres éducateurs qui avait pu arriver. Il semblait avoir en effet, bien plus d’expérience. Mais tout cela ne lui donna pas envie d’abandonner, tout cela était peut-être même encore plus excitant de savoir que cela n’allait pas être facile. Il espérait juste qu’il allait rapidement voir une faiblesse, bien qu’il ait déjà remarqué une petite chose intéressante : « Monsieur » semblait avoir horreur d’être dragué par un homme, alors il allait en bouffer ! Il se releva du dossier du banc et lança son mégot dans le lac d’un geste de deux doigts et expira sa dernière bouffée avant de redescendre et laissa Cyril poireauter là sans dire quoi que ce soit. Il finit par aller prendre une douche, traversant le couloir en croisant quelques autres orphelins qui étaient déjà mis en pyjama et rigolaient, mais se calmant juste le temps de passer à côté de Manu. Celui-ci resta dans l’eau pendant un temps incroyablement long, comme toujours et enfila un t-shirt et un short avant de se rendre dans un des salons pour aller prendre la télécommande à quelqu’un et s’installer dans le fauteuil en changeant bien entendu le poste. Le garçon qui se trouvait à côté regarda Manu avec un œil qui essayait de faire peur quand il vit Marc arriver avec Cyril, qui lui montrait apparemment les lieux. Le jeune homme se leva directement en expliquant à Marc le très léger incident qui s’était et qui risquait de se produire… :
-          Putain, Marc… Manu fait vraiment chier !
-          Ton langage s’il-te plait John.
-          Pardon.
-          Bon, qu’est-ce qui se passe encore ?
-          Manu vient toujours emmerder tout le monde ! Y en a marre ! Quand est-ce que vous le virerez ?
-          Ce n’est de un pas à moi d’y penser, et de deux, on ne parle pas comme ça de ses camarades !
Manu réagit immédiatement à la phrase, et éleva la voix de plus loin en zappant :
-          Comme si t’en pensais pas moins Marc.
-          Penses ce que tu veux sale merdeux, je n’en ai plus rien à faire ! Ca fait sept ans que je suis là et je n’ai pas vu l’ombre d’un changement, alors excuse-moi d’y penser ne fut-ce qu’un peu.
Manu regarda Marc avec un soupçon de peine, mais n’y laissa presque rien paraître. Certaines phrases faisaient très mal de la part des éducateurs, et plus ils disaient ce genre de paroles, plus le jeune homme allait s’endurcir encore et encore. Il se releva de son divan et donna la télécommande au garçon en lui lançant un regard des plus haineux, prenant bien la peine de lui faire mal en lui tapant contre la poitrine :
-          Tiens ! T’es content, tu as eu ce que tu voulais espèce de..
-          Manu !! On s’en fout de tes remarques ! répliqua Marc d’un ton des plus agressifs.
-          Fais gaffe Marc, à ton âge on risque l’infarctus en s’énervant.
Il les laissa sur ces mots, poussant Cyril de son épaule pour qu’il le laisse passer, seulement, fut à nouveau arrêté par celui-ci dans le couloir :
-          Emmanuel…
-          Lâches-moi les bask’ le nouveau, tu commences franchement à m’emmerder ! Et évites de m’appeler encore Emmanuel ou je risque de m’énerver.
Manu tenta de le semer en se dirigeant assez rapidement dans sa chambre, et rentra à l’intérieur en fermant derrière lui, croyant être tranquille. Il mit ses mains dans ses poches et baissa la tête en soupirant… Tout cela était vraiment pénible ! Des soirées telles que celles-là, c’était presque rare qu’il n’y en ait pas. Dès qu’il y avait des éducateurs, les autres orphelins ne se gênaient plus pour parler de Manu devant lui, se sentant tous alors protégés malgré qu’ils savaient alors qu’ils risquaient gros une fois seuls.
Il regarda le sol en haïssant par la pensée toutes ces personnes qui n’arrivaient pas à le comprendre malgré qu’il était insupportable, jusqu’à ce qu’il soit à nouveau dérangé par Cyril qui rentrait dans sa chambre sans frapper :
-          Putain, qu’est-ce que tu fous là toi ? Qui t’as dis d’entrer ? Dégages ! répliqua Manu en s’approchant de Cyril.
-          Tu pourrais arrêter de disparaître ainsi ? Ca me simplifierait les choses !
-          Si je disparais, c’est peut-être que j’ai une raison ! Lâche-moi, t’entends ? cria Manu.
Il se dirigea ensuite vers sa musique et ne laissa pas répondre Cyril en mettant son « bruit » à fond, lui faisant comprendre qu’il n’avait absolument envie de rien entendre. Mais Cyril n’avait apparemment pas dis son dernier mot et s’abaissa pour débrancher directement la chaine-ifi de Manu, qui lui avait tourné le dos depuis. Il releva la tête, et se tourna avec le regard le plus noir qu’il avait en stock. Rentrer dans sa chambre sans frapper, lui parler de cette manière, lui donner des ordres et en plus, éteindre sa musique de cette façon… Tout pour jouer avec les nerfs de Manu, déjà à vifs. Il reposa la boite de son cd sur son bureau de telle manière qu’il se fit comprendre immédiatement que tout allait trop loin à présent et s’approcha de Cyril lentement pour s’arrêter à une dizaine de centimètres de son visage :
-          A quoi tu joues ?
-          Je t’ai déjà dis de me vouvoyer, Emmanuel !
Cyril appuya bien sur le prénom du jeune, ce qui le fit totalement sortir de ses gonds. Celui-ci prit le col de son éducateur et continuait à le regarder, ses yeux étaient des plus glacials, il croyait que Cyril allait vraiment l’encourager à le frapper, et ainsi arriver à ses fins mais il restait incroyablement calme bien qu’il avait un soupçon de crainte dans ses yeux :
-          Lâche-moi Emmanuel..demanda-t-il calmement.
Son prénom sortit sans qu’il s’en rende compte à voir ses yeux qui le regrettaient directement, Manu, lui, le prit comme s’il tournait le couteau dans la plaie. Il le plaqua au mur sans pour autant lâcher son col et reprenait, cette fois le ton encore plus énervé, au bord de l’explosion, la voix à la limite du tremblement d’énervement :
-          Arrêtes de m’appeler par mon prénom ! Il faudra que je te le dise combien de fois ?
-          Calmes-toi…
-          Que je me calme ? Pourquoi est-ce que je te ferai ce plaisir ? Et arrêtes de me demander ça gentiment, ça me rend dingue ! Tu me hurleras dessus quand même un jour ou l’autre, autant prendre les bonnes habitudes tout de suite.
-          Je remarque bien que te hurler dessus ne sert à rien. Tu es comme tous les autres gosses… J’ai bien vu tout à l’heure !
-          Vu quoi ? demanda Manu en resserrant son étreinte et tapant légèrement Cyril contre le mur, fou de rage.
-          Ca t’as affecté ce qu’à dis Marc !!
Manu desserra les points immédiatement, mais ne le lâcha pas. Que pouvait-il donc raconter ? Pour qui se prenait-il à raconter des choses aussi stupides ? Cyril continua alors :
-          Tu te fais peut-être passer pour un sale morveux, tu es en fait encore plus malheureux que tous les autres ! Et plus les autres te détesteront, plus tu seras peiné et tu seras encore plus insupportable ! J’avoue qu’il m’a fallu plus de temps que je ne croyais pour te cerner mais maintenant voilà… j’ai compris !
-          La ferme ! hurla pratiquement Manu.
Il lâcha Cyril, ne comprenant pas pourquoi il disait toutes ces choses insupportables à entendre. Manu s’éloigna dans la pièce et recommença à ranger ses cd en tournant à nouveau le dos à l’éducateur, qui resta là malgré l’agressivité de plus en plus forte du jeune.
-          Je me demande à quel point tu dois te sentir seul pour être devenu si repoussant.
Cette phrase fut celle de trop. Manu lança subitement son cd contre le mur, celui-ci explosa en morceaux et tomba. Son regard tourna lentement vers Cyril, l’air presque meurtrier. Mais au lieu d’aller le frapper, il s’avança rapidement vers lui et le poussa violemment de telle sorte qu’il fut sortit de la chambre en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire… Cyril le regardait d’une étrange façon, mais semblait satisfait de lui, ce qui énerva davantage Manu. Il ferma la porte le plus violemment possible et posa son front dessus en fronçant les sourcils en frappant de son poing dessus. Il ne le supportait pas, dès le premier soir, Cyril l’avait rendu dingue de colère. Mais également de tristesse. Manu ne comprenait plus vraiment, mais il savait très bien que des sentiments comme il les ressentait en ce moment n’étaient que très rares. Il avait un débordement de peine tout à coup qui lui donnait envie de pleurer, mais se ressaisit avant de laisser ses larmes couler. Il préféra ramasser ce qu’il avait lancé au mur en se maudissant de l’avoir brisé et préféra finalement aller se coucher sans prendre la peine de rentrer dans les couvertures, partit pour encore une fois, une nuit blanche interminable...

Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Samedi 11 août 2007
Adossé sur le mur blanc de l’établissement, Cyril jeta son mégot de cigarette d’une manière nonchalante. Il l’observa quelques instant se consumer sur le sol avant de l’écraser à l’aide de la pointe du pied afin de l’éteindre. Puis, il se redressa et s’approcha du portail. Il était quatre heure moins cinq et il avait rendez vous à seize heure. Parfait. Il jeta un coup d’œil rapide sur sa tenue, se passa une main dans les cheveux tentant de lisser les quelques mèches rebelles qui lui tombaient sur le visages. Enfin, jugeant qu’il était présentable, il sonna plusieurs coups bref au portail de l’orphelinat. Puis, droit comme un "i", il attendit que quelqu’un ne daigne venir l’accueillir.
Voilà maintenant plusieurs années qu’il exerçait le métier d’éducateur ou de surveillant dans de multiples orphelinat. Jusqu’à aujourd’hui, il n’avait pas eu l’occasion d’exercer un poste à longue durée, et avait toujours été le remplaçant temporaire de certains pendant un temps déterminé en attendant qu’un place permanente se libère.
Ce fameux jour était enfin arrivait et c’était non sans une légère appréhension qu’il avait commençait cette journée. Pour la première fois de sa vie, il allait pouvoir exercé toute année le même métier dans le même lieu, et construire de véritable liens avec les orphelins.
Trop heureux pour contenir la joie que lui procurait cette idée, un large sourire se dessinait sur son visage.
Il vit enfin une silhouette s’approcher au loin. C’était un homme d’une trentaine d’année environ. Il lui fit un sourire amical avant de lui dire ces quelques mots :
 
-          Bonjour, vous devais être Monsieur James je me trompe ?
-          Bonjour, non non, c’est bien moi… Et vous vous êtes ?
-          Je m’appelle Marc, appelait moi simplement Marc, ce sera amplement suffisant. Nous allons être des collèges de travail et ne vois pas l’intérêt de s’encombrer de fausses politesse.
-          Dans ce cas, appelez moi Cyril.
-          Très bien enchanté Cyril et bien venu dans cet orphelinat.
 
Sur ces dernières paroles, Marc lui ouvrit la portail et l’invita à le suivre, ce que Cyril s’empressa de faire.
Il pénétrèrent dans cet immense bâtiment que Cyril avait déjà pu entrapercevoir de l’orphelinat. Toujours sans un mot, ils parcoururent un long dédale de couloir jusqu’à arrivé devant une porte devant laquelle Marc s’arrêta. Si l’on avait demandé à Cyril de ressortir en prenant le même chemin, il en aurait bien été incapable. Marc sembla chercher quelque chose dans sa poche, et ce fut une petite clef qu’il en sortit. Il regarda alors Cyril et lui dit :
 
-          Nous avons eut quelques problèmes de vol dans ce bureau, alors nous avons préféré le fermé à clef. Je suis le seul avec la directrice à la posséder. Bien, en son absence exceptionnel, je la remplace et donc vous accueil. Excusez moi, je peux vous tutoyer, ça serait plus…
-          Oui, répondis aussitôt Cyril, ne voyant pas d’inconvénients à cette requête.
-          Très bien il en est de même pour moi. Vas-y, entre…
 
Cyril s’exécuta et pénétra dans ce bureau. Il prit place en face du bureau, et Marc vint se mettre de l’autre côté. Il s’assirent tout deux et Marc prit de nouveau la parole :
 
-          Bon et bien, il ne reste plus qu’à signer ton contrat et tu seras embauché définitivement dans cet établissement. Tu as une période d’essai de quinze jour, durant laquelle nous évaluerons tes capacités. Je pense que vu ton dossier, tu n’auras aucune difficulté à t’adapter et à t’intégrer.
 
Après la signature du contrat, ils remplir encore quelques formalités avant de faire une visite des lieux et de la chambre de Cyril.
 
-          Tes affaires sont arrivés ce matin, nous avons posé tes sac au pied du lit, je te laisserai t’installer après la visite.
-          Ok, pas de soucis.
-          Bon et bien, je crois qu’il ne reste plus qu’à te montrer le parc, lieu ou tu pourra aller fumer ta clope et t’aérer un peu, et nous aurons fini la visite.
 
Comme il l’avait dit, ils prirent la direction du parc. En sortant, Cyril prit une grande bouffée d’air. Il n’était pas habitué à des endroits si spacieux, et parcourir tous ses couloirs tels des labyrinthes lui avait donné l’impression d’étouffé. La vue qui s’offrait à lui, lui coupa le souffle. Ce parc bordait un lac qui faisait penser à un paysage de vacance. Son ami avait eu raison en lui parlant de ce lieu, il était vraiment magnifique et spacieux. Mais quelque chose clochait. Pourquoi avait-il été pris aussi rapidement et facilement vu son jeune âge et ses faibles qualifications. Où était donc le piège ? C’est au moment où il se posa cette question que Marc reprit la parole.
 
-          Bon, tu devras t’occuper de tous les enfants, mais tu devras en portait particulièrement plus à celui que tu vois assit sur le banc en face de nous là-bas, dit il en le pointant d’un simple geste de la tête.
 
Cyril remarqua automatiquement quelque chose qui clochait et en fit a remarque.
 
-          Excusez moi, mais… les enfants ont le droit de fumer dans cet établissement ?
-          Non, bien sur que non, mais essaye de lui interdire et tu constateras par toi même ce qu’il se passera.
-          Tu veux dire qu’il fait sa loi ici.
-          Et le terme est faible. Bon, je vais être franc tout de suite, ta venu ici n’est pas sans arrière pensée. Officiellement tu va devoir t’occuper de tous les gamins, mais officieusement tu vas devoir t’occuper de lui. Tu n’es bien évidemment pas le premier à être venu ici pour ça, et désolé de te le dire, mais tu ne sera pas le dernier. Je vais quand même te donner les quelques conseils que je donne à chacun. Si tu veux ne tenir ne serait-ce qu’un petit moment, Ne lui montre jamais une seule de tes faiblesses, sinon s’en est fini de toi. Ne te laisse à aucune moment marcher dessus, ne laisse rien passer. Ne…
-          Vous savez, j’ai côtoyer des orphelins toute ma vie, étant moi même orphelin, ce n’est pas un simple gamin qui va me faire tout c e que vous prédisez.
-          Oui, oui, pleins de gamins, mais jamais ce démon. Je n’ai juste qu’une chose à te dire, méfie-toi… Tiens le voilà qui approche, tu vas pouvoir en avoir un aperçu. Au fait, on le surnomme la « Terreur » et ça lui va comme un gant.
 
Cyril vit alors approcher l’enfant. La seule chose qui le frappa fut son regard glacial, agressif et provocateur. Il eut l’impression de se sentir juger et humilié à l’instant même ou celui-ci croisa son regard. Le sourire qui se dessiné sur ses lèvres plein d’arrogance, ne donne qu’une envie : lui mettre une baffe. Ce gamin n’était qu’insolence.
Le ton de sa voix ne faisait qu’échos à son attitude. Le simple « Bonjour Marc, comment ça va ? » qu’il prononça illustrait en une seconde tout ce que Marc venait de dire. Manu poursuivit son chemin en tapant légèrement l’épaule de Marc, qui se laissa faire sous l’œil étonné de Cyril.
Dès que celui-ci fut assez loin, Cyril s’adressa à Marc et lui dit :
 
-          Et, tu te laisses faire, tu ne dis rien…
 
Au regard haineux que lui adressa Marc, il n’insista pas et regretta ses paroles.
Celui-ci ne put se retenir de hurler :

- Faux, tu entends? Tout est faux chez lui!!!
 
Cyril ne n’ajouta rien et se contenta de le laisser se calmer. Lorsque celui-ci déserra ses poings, il fit face à Cyril et lui déclara :
 
-          Bon courage et surtout bonne chance. Occupe toi de lui, moi je ne peux plus le voir et encore moins le supporter.Juste une dernière question.
-          Oui ?
-          Son nom ?
-          Emmanuel, mais il déteste qu’on l’appelle ainsi, alors, il se fait appeler Manu.
-          Il y a une raison ?
-          S’il y en a une, je ne la connais pas. Je te laisse te débrouiller, j’ai beaucoup de chose à faire, et ça va être l’heure du repas. A tout à l’heure.
-          Merci, à tout à l’heure.
 
Marc laissa Cyril sur ces derniers mots. Après un dernier coup d’œil sur le lac, il reprit la direction du bâtiment. Il lui restait un peu de temps avant d’aller souper pour ranger ses affaires et s’installer à sa guise. Bien évidemment, il ne trouva pas sa chambre tout de suite, et se perdit dans les couloirs.
Alors qu’il pensait avoir retrouvé son chemin, il croisa Manu. Son sourire provocateur le fit frissonner mais il n’en laissa rien paraître. Il devait se ressaisir, après tout, ce n’était qu’un enfant et ce n’était pas la première « terreur » qu’il rencontrait. Ayant été orphelin lui même, il avait grandit avec eux et avait passé pas mal de temps à s’occuper de plus jeunes que lui. Arrivé à 18ans, lorsqu’on lui avait demander ce qu’il voulait faire, il avait choisit de faire à son tour éducateur. Il ne se voyait pas vivre ailleurs. C’était son reperd, et c’était une des seules choses dans lesquels il excellait. Plusieurs fois, lorsqu’il était encore l’orphelin et non l’éducateur il avait réussis à résoudre des problèmes auxquels les éducateurs ne trouvaient pas de solution. Il aimait faire cela, et il avait décidé de le poursuivre toute sa vie. Cela avait quelque part un côté rassurant dans sa vie qui avait loin d’être facile.
Pensant que cette entrevu allait s’arrêtait là, il voulut aller rejoindre sa chambre.
Mais il vit alors une scène qu’il détestait au plus au point.
Manu attrapa un gamin plus petit que lui, donc plus faible, par le col et se positionna d’une telle manière que Cyril ne put voir ce qu’ils traficotaient. Bien sur, il se douter de la nature de leur échange.
Il ne parvint pas non plus à entendre leur échange, si bien qu’il dut s’approcher un peu plus. Il entendit seulement l’autre enfant se dire faiblement :
 
-          Ce n'est pas ton argent!! risqua-t-il.
 
Du raquette… Bien évidemment, ce ne pouvait être que ce genre de chose. Il voulu observer la réaction de Manu avant d’agir, pour voir ses méthodes d’action, bien qu’il s’en douté fortement. Il fallait toujours observer avant d’agir. Comme il s’y attendait, Manu utilisa la violence pour asseoir sa puissance. Il le prit par le col et se servit dans ses poches sans aucune gène. L’enfant tremblait, s’attendant certainement à bien pire.
Puis, une fois qu’il eut ce qu’il souhaitait, il lâcha le gamin qui parti en courant, et sans un regard pour l’éducateur, il partit. Cyril le suivit, ne voulant pas laisser passer cela. A ce genre de personne, il ne fallait jamais céder. Il dut presser le pas, car il n’avait pas envie d’être semer, bien qu’il se douter de l’intention de Manu. Il le vit tourner à droite, et disparaître du couloir. Cyril accéléra encore une peu, ne voulant pas se laisser semer. Au moment ou il arriva à sa hauteur sans pour autant le voir, celui-ci lui sauta dessus en criant "bouh". Il sursauta, et se maudit en entendant le rire moquer et insupportable du ce gosse.
Ne voulant pas rester sur cela, il décida à son tour de l’attaquer. Leur rapport n’allait être qu’un duel sans fin et il le savait pertinemment. A aucun moment il ne se devait de faiblir, et au fur et à mesure, il allait devoir prendre le dessus, et surtout, ne jamais faire l’inverse. S’il lui céder ne serait-ce qu’une petite parcelle de terrain, s’en serait fini pour lui. il n’aimait pas qu’on l’appelle Emmanuel, c’était bien cela…

- Tu t'appelles Emmanuel c'est ça?

- Ce sera Manu, personne ne m'appelle par mon prénom!! Alors comme ça, c'est toi le nouveau?
 
Manu descendit directement le regard vers le corps de l'éducateur et tourna autour de lui lentement, apparemment intéressé. Cyril avait horreur de se faire détailler ainsi, mais il n’en laissa rien paraître et gardant son sang froid.

- Dis donc, ils ont été cherchés dans les beaux morceaux cette fois! Je dois avouer que c'est assez rare... Mais on fait avec! Tu t'appelles..?
 
Sentant qu’il commencer à se laisser marcher dessus, il décida de commencer dès maintenant à asseoir son autorité :

- Si tu pouvais me vouvoyer, ce serait bien mieux!!

- Et depuis quand je le ferai? demanda Manu dans un léger rire.
 
"Depuis que je dois me charger de toi sale merdeux" pensa Cyril. San cillé, il lui répondit :
 
-          Depuis que je suis ici!! répondit le nouveau, avant de continuer.
Ce sera Cyril, monsieur, et tu me diras "vous", ça changera.

- C'est ça l'nouveau... ironisa Manu en voulant partir.
 
Cyril n’en n’avait pas finit avec lui, et ce surplus d’insolence commencer à l’irrité sérieusement. Il lui saisit le bras fermement afin de le retenir. Au regard que lui lança Manu, il faillit presque regretter. Mais, il se ressaisi et glissa directement sa main dans la poche du jean de manu afin de récupérer l’argent du gosse. Une nouvelle fois le jeune sourit, mais ajouta à cela un gémissement forcé lorsque Cyril se cola légèrement à lui dans le but de récupérer l’argent.

- Mmh, tu commences déjà... Je sens que le C4 va arriver vite!!! Enfin, tant que tu me baises, moi ça m..
 
C’est à ce moment que Cyril réalisa pleinement le pourquoi des renvois de tous les éducateurs… Il tenta vainement de le recadrer tout de suite :

- Dans tes rêves le morveux!! Je ne suis pas pour les enfants, et surtout pas pour les mecs!!

- C'est ce qu'ils disent tous chéri et ils finissent toujours par me défoncer le cul!

Cyril, les sous en mains, le repoussa légèrement de lui, choqué de ses paroles, chose que Manu ne devait jamais remarquer. Et bien évidemment, celui-ci profita de l’occasion pour reprendre l’argent. Ne jamais montrer aucune faiblesse, ne pas se laisser déstabiliser, il devait pourtant le savoir. Mais, sans le savoir, il venait de toucher un point sensible de Cyril, et l’avait déstabiliser. Cet enfant ne savait donc que provoquer… Immobile, il écouta sans aucune réaction les dernières paroles de Manu.

- Je pense pas que le gentil éducateur ait encore envie de récupérer l'argent!! Je sens qu'on va vraiment bien s'amuser toi et moi! En plus, un canon comme toi qui me regarde de cette façon, c'est sur... On finira par la baise! Aller, on se retrouve au souper le nouveau!!

Cet enfant n’avait donc aucune limite. Enfant… le terme n’était même plus approprié, autant dire, cet enfant qui n’en été plus un depuis trop longtemps. Le faire céder… Qu’il essaye, il donnerait sa main à couper que jamais il ne se passerait quoi que ce soit. Manu se trompé sur toute la ligne, et il était tombé sur la mauvaise personne. Furieux contre Manu et contre lui-même, il regarda sa montre : dix-neuf heures…Le repas était prévu dans une demi heure, il ne lui restait plus qu’à chercher sa chambre de nouveau et à prendre une douche avant de se rendre au réfectoire.
Arrivé dans sa chambre après un léger détour inutile, il rangea négligemment ses affaires dans le placard et constatant l’heure avancée, et après s’être rafraîchi, il se rendit directement au réfectoire remettant la douche à plus tard. Il détestait être en retard, et ce n’était pas aujourd’hui que cela commencerait.
 
En entrant au réfectoire déjà rempli d’enfants de tous âges, il tomba nez à nez avec Marc.
 
-          Bien installé, pas eu de problèmes particuliers ? lui demanda t-il.
 
Ne préférant pas lui parler de l’incident avec Manu, il préféra se taire sur ce point là et se contenta de répondre :
 
-          Oui tout va bien.
-          Bien, je te présenterai à tout le monde demain matin, car ce soir tout le monde n’attends qu’une chose : manger. Tu vas te mettre à la table de Manu. Chaque soir, il y a un éducateur par table. Tu verras pour Manu, le repas c’est un des moments les plus agréables. Il est calme, ferme sa gueule et n’embête personne. Profites-en un maximum.
-          Euh, d’accord.
 
Cyril se rendit donc à la table désignée par Marc, et prit place juste en face de Manu. Il fit cela pour deux raison : tout d’abord parce qu’il ne restait plus que celle-ci ou celle à l’autre bout de la table, et ensuite afin de pouvoir l’observer au mieux.
Les autres enfants qui riaient jusqu’à son approche s’arrêtèrent immédiatement et le regardèrent tous fixement, s’échangeant des messes basses.
Voulant cesser au plus vite cet instant désagréable, Cyril se présenta :
 
-          Bonsoir, je suis le nouvel éducateur. On m’a demandé de manger avec vous, alors me voilà. Je m’appelle Cyril, et je suis enchanté de vous connaître.
 
Tous lui répondirent poliment "bonsoir", puis portèrent subitement leur attention sur les plats qui commençaient à arriver. Tous sauf un, qui se contenta de lui lancer un regard supérieur en y ajoutant un regard moqueur avant de tourner de nouveau la tête en direction de la fenêtre.
Et c’est seulement au moment ou le plat fut poser sur la table que Manu tourna la tête en sa direction. Au lieu de se jeter sur le plat, les enfants le firent passer jusqu’à Cyril, mais au moment où il parvint à sa hauteur, ce fut Manu qui le saisit. Celui-ci se servit copieusement avant de le tendre avec à l’éducateur sans un regard pour lui. Cyril se servit une dose moins importante que les autres. Ce soir, il ne dirait rien, il se contenterai d’observer afin de voir l’étendue des dégâts et jusqu’où Manu allait.
Arrivé au fromage, et n’ayant plus de pain, Manu prit celui de son voisin sans la moindre geste. Celui-ci n’osa même pas le regarder, et fit comme s’il ne s’était rien passé, se contentant de baisser les yeux. Choqué par cette scène, et surtout irrité, Cyril eut beaucoup de mal à se contenir. Cependant, il ne fit aucune remarque, s’en tenant à ce qu’il avait prévu. Son repas finit légèrement avant les autres, Manu se leva et sortit, n’attendant aucune permission. Avant que celui-ci ne sorte du réfectoire, il remarqua la présence d’un paquet de cigarette dans sa main gauche.
Ce n’est qu’une fois que tout le monde eut fini, que Cyril se leva à son tour de table et prit la même direction que Manu. Lui aussi, une bonne clope lui ferait le plus grand bien.
Il ne s’était pas trompé, Manu était assit sur le même banc que cet après-midi. Cyril vint s’asseoir juste à côté de lui, ce qui le fit réagir immédiatement.
 
-          Hé l’nouveau, si tu ouvres les yeux, tu verras qu’il y a pleins d’autres banc. Alors t’es bine gentil, mais tu dégage ton petit cul d’ici et tu vas le poser ailleurs.
-          Il t’appartient ?
 
Manu ne lui répondit pas et se contenta de l’ignorer.
 
-          Merde j’ai pas prit mon feu, tu peux me filer ton briquet ?
 
Manu le regarda et sourit, s’apprêtant à lancer une réplique bien placée. Mais, à ce moment-là Cyril retrouva le sien et ajouta.
 
-          Ah non c’est bon merci.
 
Ils fumèrent tout deux en silence, jusqu’à ce que Manu se lève et s’en aille, continuant de l’ignorer tout simplement. Cyril pensa alors que ce gamin allait être vraiment difficile à cerner. Pour une fois son travail aller être mouvementé, et ne serait pas de tout repos. Cependant, il était prêt à tenter sa chance, après tout, tout n’était pas impossible…
Par Lutraah/Lybertys - Publié dans : Just a word
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Jeudi 9 août 2007

Voilà presque 12 ans que Manu vivait dans cet orphelinat. Il y avait été admis quand il perdit ses parents à l'âge de 5 ans et demi et maintenant qu'il allait sur ses 17 ans, il avait gravé son territoire. Les éducateurs l'appelait tout simplement "La Terreur" depuis déjà un bout de temps. La raison pour laquelle personne ne lui trouvait de qualités était parce qu'il n'en montrait aucunes... Son physique était loin d'être repoussant, bien au contraire. Une peau de nature légèrement hâlée, les yeux sombres et ses cheveux noirs tombaient un peu sur ses yeux ne faisaient qu'accentuer la noirceur de son regard d'une expression choquante... Son mètre 80 effrayait davantage les plus petits et son agressivité verbale repoussaient les plus âgés, il se montrait fier de ce qu'il était... Quequ'un qui, au fil des années, est devenu glacial, agressif, moqueur, provocateur... Tout ce que les éducateur haïssaient et n'arrivaient pas à surmonter. Il se permettait de faire absolument tout et plus aucuns surveillants n'osaient ne fut-ce qu'une seule fois se mettre contre lui et lui faire face. Chaque enfants logeaient à deux, Manu lui, avait tout fait pour se retrouver seul et avait sa chambre individuelle à l'âge de 9 ans déjà.
Chaque mots qu'il prenait de travers le rentrait dans un état second. Il ne connaissait à ces moments-là, que la violence et les injures. Plus aucuns des orphelins n'osaient l'approcher et rentrer seul dans la même pièce que lui. Même certains éducateurs "trop beaux" à son goût devaient éviter de lui faire face trop longtemps...
D'autres d'entre eux avaient abandonnés depuis bien longtemps, et certains s'obstinaient encore à lui hurler dessus sans jamais avoir de résultats. Manu riait de ces gens, il se fichait totalement d'eux et arrivait toujours à avoir ce qu'il voulait d'eux. Il était devenu le seul à être autorisé de fumer, le dernier éducateur qui lui avait refusé d'y aller était sortit de la pièce avec une dent en moins. Il lui était donc accordé qu'il aille fumer à l'extérieur, les nouveaux orphelins tentaient d'aller fumer avec lui à leurs risques et périls.
Manu allait fumer une cigarette toutes les trois heures précises, incroyablement méticuleux sur le temps car il trouvait que ceux qui n'étaient pas précis et maniaques n'arrivaient à rien dans la vie.
Après donc 12 ans d'orphelinat, Manu venait de faire démissionner le quinzième éducateurs chargé de son cas précisément. Cela en était devenu un jeu finalement et était à chaque fois impatient de voir à quoi ressemblait le nouveau participant et combien de temps tout cela allait durer, voulant battre son recors qui était de cinq jours...

Comme à chaque fois, il allait fumer sa cigarette en s'asseyant sur le dossier d'un banc se trouvant en face d'un lac. Celui-ci se trouvait au milieu d'un parc situé à l'arrière du bâtiment contenant à présent un bon nombre de pièces. 35 chambres pour accepter 50 orphelins et 10 éducateurs, 1 gigantesque réfectoire, 2 bibliothèqes, 3 salles de jeux, 3 salons et deux salles de bains se trouvaient à chaque étages, c'est-à-dire huit...
Manu s'état installé comme aux habitudes seul, en face du bâtiment pour voir ce qu'il s'y passait... Il trouvait toujours quelque chose d'intéressant à voir à cette place, surtout quand les enfants étaient à l'extérieur mais le temps glacial du mois du novembre se faisait sentir et personne à part Emmanuel ne sortait. Cette fois, il vit un éducateur dont il se moquait particulièrement, nommé Marc, sortir avec un jeune homme. Manu sourit intérieurement en voyant le canon sortir avec lui et il se dit qu'il allait rapidement en venir aux choses sérieuses avec lui. Il avait fait viré plusieurs éducateurs déjà auparavant en admettant clairement qu'il s'était fait baisé par eux et à présent, beaucoup évitaient pour cette raison de se retrouver seul avec. Il arrivait à chaque fois à combler son manque de sexe avec les jeunes éducateurs qui manquaient d'expérience. Il avait même fait en sorte avec un de ses surveillants qu'il détestait particulièrement de se faire voir par le supérieur et n'avait jamais avoué que c'était lui le responsable, étant la provocation et la séduction même. La seule chose qui ne le faisait pas virer de cet orphelinat était qu'il n'avait aucunes preuves contre Manu et donc, il les regardait partir les un après les autres, toujours avec cet éternel sourire de vainqueur...
Il vit cette fois, l'homme le regarder de loin, les mains des les poches tandis que Marc devait certainement lui dire ô combien il était horrible et qu'il fallait s'en méfier. Manu se releva en écrasant son mégot à terre, chose qu'il n'avait pas le droit de faire et expira sa dernière bouffée tout en se dirigeant vers les deux hommes, les mains dans les poches de son jean. Arrivé près d'eux, il put enfin voir à quoi l'autre homme ressemblait plus en détails. Apparemment, il devait frôler le mètre 90, corps élancé, châtain foncé et les yeux d'un bleu tellement clair qu'il crut au départ qu'ils étaient blanc... Manu émit tout de suite son sourire et son regard attendrissant à Marc en passant à côté d'eux, tout étant clairement forcé:

- Bonjour Marc, comment ça va?

Il lui tappa légèrement l'épaule en passant à côté de lui et regarda une seconde le nouveau en lui faisant bien comprendre qu'il faisait la loi dans cet endroit. Quand il rentra à l'intérieur, il entendit pendant que la porte se fermait lentement:

- Faux, tu entends? Tout est faux chez lui!!!

Manu se dirigea en souriant de Marc vers sa chambre et déposa sa veste sur son lit avant de repartir faire le tour du bâtiment, comme aux habitudes. Il remarqua à la seconde où il sortit de la pièce, la présence du nouveau. Il se retourna pas plus d'une seconde en marchant les mains dans les poches et lança son éternel sourire provocateur mais s'arrêta subitement en voyant un plus petit arriver. Il l'attrapa par le col et s'appuya contre le mur de son épaule. Il positionna le gamin de telle sorte que l'éducateur ne sache pas le voir et tendit la main vers lui:

- Alors Nicolas... T'as ce que je t'ai demandé l'autre jour?

- Je ne l'ai pas Manu, je suis désolé! répondit l'enfant en baissant les yeux, déjà les larmes aux yeux.

- Ecoutes, tu m'as déjà dis ça la dernière fois et maintenant, je perds patience. Passe-moi mon fric!!

- Ce n'est pas ton argent!! risqua-t-il.

Manu le prit à nouveau par le col et mit directement ses mains dans les poches du garçon pour lui prendre la monnaie qu'il avait. Il le lâcha finalement et le poussa pour le dégager de sa vue en comptant ce qu'il y avait, tandis que le gosse s'en allait en courant et pleurant. Manu se retourna à nouveau et vit que l'éducateur avait bien suivit toute la scène, tout cela était bien entendu fait exprès pour qu'il montre tout de suite à quoi il ressemblait, pour ne pas que cet inconnu vienne le déranger plus longtemps. Ce fut quelques minutes plus tard qu'il commença sérieusement à être agacé de sentir qu'il le suivait si indiscrètement et décida de lui faire son coup de "cache-cache". Il pouvait semer n'importe qui dans cet endroit, avec tous les couloirs différents... Même parfois quand la directrice le cherchait, elle ne parvenait pas à le retrouver après l'avoir perdu de vue. Seulement, au lieu de le semer, il le laissa le chercher une petite minute derrière un couloir... L'éducateur arriva à côté de lui, mais ne le voyant pas, Manu profita de lui faire peur. Il sauta presque sur l'homme en criant "bouh", rigolant alors de le voir sursauter. L'éducateur lui adressa enfin la parole:

- Tu t'appelles Emmanuel c'est ça? demanda-t-il en sachant très bien que le jeune détestait qu'on l'appelle ainsi.

- Ce sera Manu, personne ne m'appelle par mon prénom!! Alors comme ça, c'est toi le nouveau?

Manu tourna descendit directement le regard vers le corps de l'éducateur et tourna autour de lui lentement, apparemment intéressé:

- Dis donc, ils ont été cherchés dans les beaux morceaux cette fois! Je dois avouer que c'est assez rare... Mais on fait avec! Tu t'appelles..?

- Si tu pouvais me vouvoyer, ce serait bien mieux!!

- Et depuis quand je le ferai? demanda Manu dans un léger rire.

Il se demanda pour qu'il se prenait, être là depuis seulement quelques heures peut-être et déjà imposer ses lois. Cela n'allait pas se passer ainsi, il le jurait sur la tombe de ses défunts parents!

- Depuis que je suis ici!! répondit le nouveau, avant de continuer.
Ce sera Cyril, monsieur, et tu me diras "vous", ça changera.

- C'est ça l'nouveau... ironisa Manu en voulant partir.

Mais celui-ci fut arrêter par la main de Cyril qui le retenait par le bras, chose qu'il ne fallait pas faire bien souvent avec Emmanuel. Avant même qu'il essaie de le repousser, Cyril mit sa main également dans le jean de Manu pour reprendre l'argent, le jeune sourit et força un gémissement quand il sentit qu'il se collait légèrement à lui:

- Mmh, tu commences déjà... Je sens que le C4 va arriver vite!!! Enfin, tant que tu me baises, moi ça m..

- Dans tes rêves le morveux!! Je ne suis pas pour les enfants, et surtout pas pour les mecs!!

- C'est ce qu'ils disent tous chéri et ils finissent toujours par me défoncer le cul!

Cyril, les sous en mains, le repoussa légèrement de lui, apparemment choqué de ses paroles, chose que Manu ne devait jamais remarquer. La moindre faiblesse, il la saisissait et il devait adorer que ce genre de jeu l'excitait dans tous les sens du terme! Il sentait qu'il n'allait pas s'ennuyer avec lui, et en était déjà impatient de voir la suite. Mais avant même que Cyril s'en rende compte, il reprit l'argent de ses mains et cette fois-ci, les rentra dans son jean en souriant toujours, le regard amusé et provocateur:

- Je pense pas que le gentil éducateur ait encore envie de récupérer l'argent!! Je sens qu'on va vraiment bien s'amuser toi et moi! En plus, un canon comme toi qui me regarde de cette façon, c'est sur... On finira par la baise! Aller, on se retrouve au souper le nouveau!!

Manu le laissa sur ces mots, extrêmement fier de lui. Un canon pareil, c'était certain, il allait absolument tout faire pour le chauffer et faire en sorte qu'il lui saute dessus. C'était bien rare qu'il soit autant ravi d'essayer de faire virer quelqu'un, et sentait qu'il allait particulièrement prendre plaisir à le faire enrager...

Par Lutraah - Publié dans : Just a word
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